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Syndrome des jambes sans repos: une revue
Le SJSR est un trouble du mouvement lié au sommeil qui touche environ 3 % de la population adulte aux ÂÉtats-Unis de manière cliniquement significative, et qui peut entraîner des troubles du sommeil importants.
Observation clinique
Le SJSR se caractérise par une envie irrésistible de Âbouger les membres, généralement les jambes, souvent accompagnée de sensations désagréables dans les membres (douleurs, fourmillements, etc.). Les symptômes s’atténuent avec le mouvement et apparaissent généralement le soir ou la nuit, ou sont alors plus prononcés. Ces symptômes peuvent entraîner des troubles de l’endormissement, du sommeil ou du réveil. Selon des études menées auprès de la population, environ 8 % des adultes aux États-Unis présentent des symptômes du SJSR de manière variable chaque année, et 3 % souffrent de symptômes modérés à sévères et invalidants au moins deux fois par semaine. Les patients atteints de ce syndrome ont une qualité de vie réduite et présentent un risque accru de maladies cardiovasculaires (29.6 % souffrent d’une maladie coronarienne, d’un accident vasculaire cérébral ou d’une insuffisance cardiaque), de dépression (30.4 %) et de pensées suicidaires ou d’automutilation (0.35 cas pour 1000 personnes-années). La polysomnographie n’est pas recommandée pour poser le diagnostic. En cas de taux de ferritine sérique inférieur ou égal à 100 ng/ml ou de saturation de la transferrine inférieure à 20 %, une supplémentation en fer par sulfate ferreux (325 à 650 mg par jour ou tous les deux jours) ou par voie intraveineuse (1000 mg) est recommandée.
Si possible, il faut arrêter les médicaments associés au SJSR, notamment les antidépresseurs sérotoninergiques, les antagonistes de la dopamine et les antihistaminiques H1 à action centrale (par exemple, la diphénhydramine). Les gabapentinoïdes (par exemple, la gabapentine, la gabapentine enacarbil ou la prégabaline) constituent le traitement pharmacologique de premier choix. Dans des essais cliniques randomisés, environ 70 % des patients traités par gabapentinoïdes ont présenté une amélioration significative ou très Âsignificative des symptômes du SJSR, contre enÂviron 40 % des patients ayant reçu un placebo (P < 0.001). Les agonistes de la dopamine (par exemple, le ropinirole, le pramipexole ou la rotigotine) ne sont plus recommandés comme traitement de première intention en raison du risque d’aggravation iatrogène des symptômes du SJSR, qui survient avec ces médicaments à une incidence annuelle de 7 à 10 %. Les Âpatients qui ne présentent aucune amélioration avec le Âtraitement de première intention ou qui voient leurs symptômes s’aggraver peuvent bénéficier d’opioïdes à faible dose (par exemple, de la méthadone à raison de 5 à 10 mg par jour).
Conclusion et pertinence
Le syndrome des jambes sans repos touche environ 3 % de la population adulte et peut avoir des effets négatifs sur le sommeil et la qualité de vie. Le traitement initial comprend l’arrêt des médicaments qui aggravent la maladie et une supplémentation en fer chez les patients dont les taux de fer sont bas. Si un traitement médicamenteux est indiqué, les gabapentinoïdes constituent le traitement de première intention.
Pr Walter F. Riesen
Source
Winkelman JW, Wipper B. Restless legs syndrome: a review. JAMA. 2026;335(8):703–714. doi:10.1001/jama.2025.23247. Published online January 21, 2026.
Rupture du ménisque et douleurs au genou: les exercices à domicile aussi efficaces que les thérapies plus coûteuses
Contexte
Un tiers des personnes d’âge moyen et 80 % des patients atteints d’arthrose du genou présentent une déchirure du ménisque. Il est difficile de déterminer si les douleurs au genou sont causées par la déchirure du ménisque, par l’arthrose, ou par les deux. Plusieurs études randomisées ont montré qu’une méniscectomie partielle arthroscopique n’avait aucun effet positif sur la douleur et la fonction un an après l’intervention. Aux États-Unis, 400 000 interventions de ce type sont encore pratiquées chaque année. Selon les directives, la première mesure thérapeutique pour ces patients doit être une physiothérapie ou des exercices sous supervision. On ignore si l’amélioration des symptômes (douleur et fonction) est due aux exercices, à l’interaction avec les physiothérapeutes ou aux deux.
Cette étude a cherché à déterminer si des aides-mémoire pour la réalisation d’exercices à domicile ou une physiothérapie supplémentaire apportaient un bénéfice supplémentaire par rapport à la seule pratique d’exercices à domicile (1). Elle a également comparé l’efficacité de la physiothérapie à celle d’une physiothérapie fictive, avec une interaction thérapeutique similaire.
Critères d’inclusion
• des personnes âgées de 45 à 85 ans souffrant de douleurs au genou et présentant une déchirure du ménisque confirmée par IRM dans le compartiment douloureux, c’est-à -dire soit latéral, soit médial;
• présence d’au moins un ostéophyte;
• un défaut cartilagineux, partiel ou complet, dans l’un des compartiments.
Conception de l’étude et méthode
Étude randomisée
Lieu de l’étude: plusieurs cliniques aux États-Unis.
Interventions
(avec une description succincte)
• Groupe 1:
exercices à domicile. Les Âpatients ont reçu des instructions Â(étirement des Âquadriceps, du tendon d’Achille et du muscle gastrocnémien, renforcement de différents muscles).
• Groupe 2:
exercices à domicile et Ârappels; en plus des instructions pour les exercices, les participants ont reçu trois SMS par Âsemaine pour renforcer leur motivation et deux lettres par mois pour les encourager à faire les exercices régulièrement;
• Groupe 3:
exercices à domicile, rappels et physiothérapie fictive (14 séances au total ÂÂcomprenant un examen approfondi du genou, une pseudo-échographie et Âl’application de crèmes sans effet pharmacologique).
• Groupe 4:
exercices à domicile, rappels et physiothérapie standard (14 séances au total, comprenant un examen approfondi du genou, une pseudo-échographie et l’application de crèmes sans effet pharmacologique).
Résultat principal
Modification du score de douleur «Knee Injury and Osteoarthritis Outcome Score» (KOOS), un questionnaire validé pour l’évaluation des douleurs au genou, 3 mois après le début du traitement.
Résultats secondaires
• pourcentage de patients ne répondant pas au traitement, c’est-à -dire ne présentant pas d’amélioration d’au moins 8 points du score de douleur KOOS (ce qui correspond à la différence minimale cliniquement significative).
• Chez combien de patients ayant obtenu une amélioration du score de 8 points ou plus, l’effet du traitement était-il persistant après un an?
Conclusion
Sur les plus de 26 000 patients évalués pour leur aptitude à participer à l’étude, 879 ont été randomisés. Chaque groupe comptait un peu plus de 200 patients.
L’âge moyen était de 60 ans, un peu plus de la moitié des patients étaient des femmes et deux tiers présentaient un stade Kellgren-Lawrence (largeur de l’interligne articulaire) compris entre 0 et 2 (c’est-à -dire des stades peu avancés sur le plan radiologique).
Aucune différence pertinente ou significative n’a été constatée entre les différents groupes, que ce soit pour les critères d’évaluation primaires ou secondaires.
La plus grande différence, avec 2.5 points dans le score de douleur KOOS, mais qui n’était pas statistiquement significative, a été observée entre les groupes 1 (exercices à domicile) et 4 (exercices à domicile, rappels et physiothérapie standard): le groupe 4 était meilleur que le groupe 1.
Commentaire
Chez les patients présentant une rupture du ménisque et des douleurs au genou, la physiothérapie standardisée associée à des rappels écrits pour motiver la pratique d’exercices à domicile n’était pas plus efficace que les exercices à domicile sans autres interventions telles que la physiothérapie et les rappels.
Il n’est pas encore possible de savoir si ces résultats auront une influence sur les recommandations futures (exercices à domicile uniquement, sans physiothérapie).
Pr Johann Steurer
Source
1. Katz JN et al. A Randomized Trial of Physical Therapy for Meniscal Tear and Knee Pain. N Engl J Med. 2025; 393: 1694-703





