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Les vitamines et leur rôle protecteur dans la santé

L’objectif de cette étude était d’analyser le lien entre les taux sériques de vitamine D, d’acide folique (AF) et de vitamine B12, d’une part, et les troubles cognitifs, d’autre part, chez les personnes âgées.

Les données portaient sur 2582 participants âgés de 60 ans et plus issus de l’étude NHANES 2011–2014. Pour analyser le lien entre les taux sériques de ces vitamines et leur combinaison avec le risque de troubles cognitifs, des modèles de régression logistique pondérée, des modèles de régression bayésienne à noyau (BKMR) et des modèles de somme des quantiles pondérée (WQS) ont été utilisés. Les interactions entre les vitamines ont été étudiées. Des analyses de sensibilité ont été réalisées en tenant compte des compléments vitaminiques, de la dépression et des troubles du sommeil, ainsi que des analyses de sous-groupes mettant l’accent sur les taux élevés de vitamine B12.

Résultats

Après ajustement pour tenir comptedes facteurs de confusion, la vitamine D ­sérique (OR = 0.695, intervalle de confiance (IC) à 95 %: 0.534–0.905, p = 0.003) et la vitamine A (OR = 0.777, IC à 95 %: 0.604–0.999, p = 0.034) étaient inversement corrélées au risque de troubles cognitifs. Ces deux facteurs sont restés robustes dans les analyses de sensibilité, après prise en compte des suppléments vitaminiques et des comorbidités. Le modèle BKMR a révélé une augmentation significative du risque de troubles cognitifs lorsque la teneur totale en vitamines était inférieure au 50e percentile. Une relation en U a été observée entre la vitamine B12 et le risque de troubles cognitifs. La vitamine B12 et l’ AF présentaient des interactions potentielles. Le modèle WQS a révélé que l’ AF contribuait le plus (56.0 %) à l’effet protecteur global contre le risque de troubles cognitifs. La relation avec un taux élevé de vitamine B12 a principalement été observée chez les personnes atteintes de certaines maladies métaboliques, comme les calculs rénaux et l’hypertension.

Conclusions

L’optimisation des taux de vitamine D et d’acide folique reste essentielle pour réduire le risque de troubles cognitifs chez les personnes supplémentées en acide folique. La gestion des taux de vitamine B12 nécessite davantage de précision, car un taux élevé chez certains patients atteints de troubles métaboliques peut indiquer des risques pour la santé. Cette étude apporte de nouvelles connaissances pour mettre en place une intervention nutritionnelle ciblée chez les personnes âgées.

Pr Walter F. Riesen

Source
Miao J et Zhao D, «Relationship Between Serum Vitamins and Cognitive Impairment in the Elderly: A Study Based on the NHANES Database». Brain Behav., janvier 2026; 16(1): e71181. doi: 10.1002/brb3.71181.

Antibiotiques plutôt qu’opération en cas d’appendicite?

Il y a environ deux décennies, la doctrine selon laquelle l’appendicite constituait une indication chirurgicale absolue a été remise en question, et le traitement antibiotique a été envisagé comme une alternative. Dix ans après le début de l’étude multicentrique randomisée APPAC menée dans six hôpitaux finlandais entre novembre 2009 et juin 2012, les données sont désormais disponibles. Cette étude a porté sur 530 patients atteints d’appendicite aiguë non compliquée, diagnostiquée par tomodensitométrie, et traités de manière aléatoire par appendicectomie (n = 273) ou par antibiothérapie (n = 257). L’appendicectomie a été réalisée à ciel ouvert et le traitement antibiotique consistait en une administration intraveineuse d’ertapénem sodique (1 g/j) pendant trois jours, suivie de sept jours de lévofloxacine (500 mg/j) et de métronidazole (1500 mg/j) par voie orale. L’analyse actuelle a évalué le taux de récidive de l’appendicite sur 10 ans chez les patients du groupe ayant reçu un traitement antibiotique.

Au cours de ce suivi de 10 ans, 253 des 257 patients (98.4 %; âge moyen: 33 ans; 102 femmes, soit 40.3 %) ayant reçu des antibiotiques ont été examinés pour détecter une éventuelle récidive d’appendicite. Le taux de récidive d’appendicite (appendicite confirmée par histopathologie) était de 37.8 %, avec un taux cumulé d’appendicectomie de 44.3 %. Au total, le taux cumulé de complications sur 10 ans était de 8.5 % dans le groupe ayant reçu des antibiotiques et de 27.4 % dans le groupe ayant subi une appendicectomie (p < 0.001). Aucune différence significative n’a été observée en termes de qualité de vie entre le groupe sous antibiotiques et le groupe ayant subi une appendicectomie (indice de santé médian de 1.0 pour les deux groupes; p = 0.18).

Conclusion

Chez les patients atteints d’une appendicite aiguë non compliquée (c’est-à-dire sans appendicolite, perforation, abcès ou suspicion de tumeur), le traitement par une combinaison d’antibiotiques à large spectre permet d’éviter la récidive de l’appendicite dans moins de la moitié des cas au cours des 10 années suivantes. Une intervention chirurgicale a été pratiquée dans les 10 ans dans 44.3 % des cas, et une confirmation histologique a été obtenue dans 37.8 % des cas. Le taux cumulé de complications était de 8.5 % chez les patients traités par antibiotiques et de 27.4 % chez les patients opérés; il était statistiquement significativement plus faible en l’absence d’opération. En ce qui concerne la qualité de vie, mesurée à l’aide du questionnaire européen QOL-5 Dimensions (EQ-5D-5L), aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes de l’étude.

Il convient toutefois de noter que la conception de l’étude, réalisée il y a plus de 10 ans, ne correspond pas à l’état actuel des directives thérapeutiques (par exemple, la directive S1 sur le traitement de l’appendicite aiguë chez l’adulte de la Société allemande de chirurgie générale et viscérale). La norme chirurgicale actuelle est l’appendicectomie laparoscopique, qui entraîne moins de complications que l’appendicectomie ouverte. En ce qui concerne le traitement antibiotique, il convient d’éviter d’utiliser des antibiotiques de réserve (carbapénèmes); un essai clinique randomisé (ECR) APPAC IV, actuellement en cours, examine l’efficacité de la moxifloxacine orale par rapport à un placebo.

Il convient de porter une attention particulière à l’incidence croissante des tumeurs malignes de l’appendice au cours des dernières décennies et au risque accru, avec l’âge, qu’une appendicite aiguë cache une tumeur maligne. Dans le cadre de la présente étude, 71 % des patients ayant encore un appendice intact à l’issue de la période d’observation de 10 ans ont subi un examen par résonance magnétique, dont deux présentaient des signes de tumeur de l’appendice. Cependant, la sensibilité de l’IRM dans la détection des tumeurs dans les appendices asymptomatiques est incertaine. Après une appendicectomie et un examen histologique, ces deux tumeurs se sont révélées être des néoplasmes mucineux de bas grade de l’appendice (LAMN), qui n’ont nécessité aucun traitement supplémentaire. La prévalence globale des tumeurs de l’appendice après dix ans était de 1.2 % et ne présentait aucune différence statistiquement significative entre les groupes de traitement.

La décision d’opérer ou non en cas d’appendicite aiguë nécessite une évaluation minutieuse en fonction des circonstances individuelles, les préférences du patient, son âge et sa tolérance au risque jouant un rôle important. Contrairement à ce que l’on pensait auparavant, un traitement antibiotique est une option valable.

KD Dr Marcel Weber

Source
Salminen P. et al. Antibiotic Therapy for Uncomplicated Acute Appendicitis: Ten-Year Follow-Up of the APPAC Randomized Clinical Trial. JAMA 2026 Jan 21. doi: 10.1001/jama.2025.25921. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41563747/

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  • Vol. 15
  • Ausgabe 3
  • Mai 2026