Un symptƓme frƩquent impactant la santƩ et la qualitƩ de vie

La nycturie chez la personne Ć¢gĆ©e est un symptĆ“me frĆ©quent avec des consĆ©quences importantes sur lā€™ā€Šā€ŠĆ©tat de santĆ© et la qualitĆ© de vie. Lā€™ā€Šā€ŠĆ©tiologie est souvent multifactorielle et il est important dā€™ā€Šā€Šavoir une vision globale qui va conduire Ć  des dĆ©marches diagnostiques et thĆ©rapeutiques appropriĆ©es.

Selon la dĆ©finition de la sociĆ©tĆ© internationale de continence, la nycturie est le besoin de se rĆ©veiller la nuit pour uriner, chaque miction Ć©tant prĆ©cĆ©dĆ©e et suivie dā€™ā€Šā€Šune pĆ©riode de sommeil (1).
La dĆ©finition a variĆ©, ce qui rend difficile lā€™ā€ŠĆ©tablissement dā€™ā€Šun chiffre de prĆ©valence prĆ©cis. Environ 60ā€Š% des sujets de plus de 70 ans se lĆØvent au moins deux fois la nuit (2) et les personnes qui urinent trois fois ou plus durant la nuit ont un excĆØs de mortalitĆ© significativement plus Ć©levĆ© (3). La nycturie est-elle une maladie ou une consĆ©quence du vieillissement physiologique? Lā€™ā€Šā€Šā€Šapproche de la nyct-
urie comme une maladie a lā€™ā€Šā€ŠintĆ©rĆŖt dā€™ā€Šā€Šinciter le mĆ©decin Ć  rĆ©aliser une recherche Ć©tiologique.
Lā€™ā€Šā€ŠĆ©tiologie est souvent multifactorielle et comprend des maladies systĆ©miques, des affections de voies urinaires basses, des troubles du sommeil et des facteurs comportementaux rendant complexe la prise en charge. Les diffĆ©rents spĆ©cialistes (urologues, gynĆ©cologues, endocrinologues, neurologues) ont souvent une approche spĆ©cifique basĆ©e sur leur domaine de compĆ©tence. Pour la prise en charge dā€™ā€Šā€Šun patient Ć¢gĆ© souffrant de nycturie, il est important dā€™ā€Šā€Šavoir une vision globale du problĆØme. AprĆØs une anamnĆØse soigneuse et un examen physique, en particulier cardio-vasculaire et urogĆ©nital, le calendrier mictionnel reprĆ©sente un outil de base validĆ© par lā€™ā€Šā€Šā€ŠICUD-SIU (International Consultation on Urological Diseases-SociĆ©tĆ© Internationale dā€™ā€Šā€ŠUrologie) pour le bilan de la nycturie qui nous permet de rĆ©colter les informations prĆ©cises sur les symptĆ“mes urinaires dans les conditions de vie quotidienne. Il est nĆ©cessaire de bien dĆ©finir les Ć©lĆ©ments qui participent Ć  la nycturie et sont renseignĆ©s par le calendrier mictionnel (tab.1).

Un calendrier mictionnel inclutā€Š:
– Le volume et le nombre de mictions sur 24-48h
– Le dĆ©but et la fin du sommeil
– Lā€™ā€Šā€Šapport hydrique : type, volume et temps

Pathophysiologie et classification

Selon le calendrier mictionnel de 24 h et le mĆ©canisme de la nycturie, nous catĆ©gorisons les maladies dĆ©clenchantes en quatre groupes (fig. 1, 4, 5, 6):
1. Polyurie globale
2. Polyurie nocturne
3. Diminution de la capacitƩ vƩsicale fonctionnelle
4. Mixte

Polyurie globale signifie une augmentation de dĆ©bit urinaire Ć  plus de 40 ml / kg / 24 h (1). La cause la plus frĆ©quente est la polydipsie primaire. La polyurie est un mĆ©canisme compensatoire dans le cadre dā€™ā€Šā€Šune dĆ©compensation diabĆ©tique hyperosmolaire, elle reprĆ©sente la cause la plus frĆ©quente dā€™ā€Šā€Šune polyurie globale chez les personnes Ć¢gĆ©es. Le diabĆØte insipide se manifeste Ć©galement par une polyurie. Chez les personnes Ć¢gĆ©es, cette pathologie est relativement rare.

Polyurie nocturne

La polyurie nocturne est prĆ©sente chez 80 % des patients souffrant dā€™ā€Šā€Šune nycturie et peut ĆŖtre facilement ratĆ©e si le calendrier mictionnel nā€™ā€Šā€Šest pas complĆ©tĆ© (4, 5, 6).
Chez les personnes Ć¢gĆ©es de plus de 65 ans, nous parlons de polyurie nocturne lorsque la diurĆØse nocturne reprĆ©sente plus de 33 % de la diurĆØse totale sur 24 h. Chez les individus jeunes une polyurie nocturne est significative quand la diurĆØse nocturne reprĆ©sente 20 % de la diurĆØse totale (1, 4).
DiffĆ©rentes situations peuvent conduire Ć  la polyurie nocturne. Chez les personnes Ć¢gĆ©es souffrant de nycturie, les taux dā€™ā€Šā€ŠADH nocturne sont souvent diminuĆ©s en raison de la perte ou lā€™ā€Šā€ŠattĆ©nuation du rythme nycthĆ©mĆ©ral de production dā€™ā€Šā€ŠADH et de la diminution de la rĆ©ponse hypothalamique aux variations de lā€™ā€Šā€ŠosmolaritĆ© (7).
La sĆ©crĆ©tion dā€™ā€Šā€ŠADH peut ĆŖtre altĆ©rĆ©e Ć©galement par des lĆ©sions du systĆØme nerveux central (SNC) avec atteinte de lā€™ā€Šaxe hypothalamo-pituitaire et altĆ©ration du rythme circadien (8). Lā€™ā€Šaugmentation de la diurĆØse nocturne peut Ć©galement ĆŖtre provoquĆ©e par une inhibition de lā€™ā€Šā€Šeffet de lā€™ā€Šā€ŠADH au niveau rĆ©nal induite par prostaglandines E-2, lā€™ā€Šā€ŠhypercalcĆ©mie, lā€™ā€Šā€ŠhypokaliĆ©mie, le lithium et les tĆ©tracyclines (6).
Dā€™ā€Šā€Šautres pathologies, telles que lā€™ā€Šin-suffisance cardiaque, lā€™ā€Šinsuffisance veineuse, lā€™ā€Šhypo-albuminĆ©mie, le syndrome nĆ©phrotique, peuvent induire une nycturie.
Lā€™ā€Šā€Šaugmentation significative de BNP (brain natriuretic peptide) et ANP (Atrial natriuretic peptid) chez lā€™ā€Šinsuffisant cardiaque stimule la natriurĆØse et lā€™ā€Šā€ŠexcrĆ©tion dā€™ā€Šā€Šeau dans les urines. Dans ce contexte, une place Ć  part doit ĆŖtre faite au syndrome de lā€™ā€Šā€ŠapnĆ©e obstructive du sommeil (SAOS). Lā€™ā€Šā€ŠhypoxĆ©mie chronique induit une vasoconstriction pulmonaire qui augmente la pression intra-murale de lā€™ā€Šā€Šoreillette droite et provoque la sĆ©crĆ©tion dā€™ā€Šā€ŠANP (4, 5). La prise de diurĆ©tiques et dā€™ā€Šanticalciques le soir provoque une augmentation de la diurĆØse nocturne et favorise la nycturie.

Diminution de la capacitƩ vƩsicale fonctionnelle

Le vieillissement de lā€™ā€Šā€Šappareil urinaire peut se manifester par une dĆ©nervation du muscle de la vessie, une prolifĆ©ration des fibres collagĆØnes au niveau de la paroi vĆ©sicale et une diminution des fibres musculaires lisses, entraĆ®nant une perte dā€™ā€Šā€ŠĆ©lasticitĆ© de la vessie et une perte de contractilitĆ©.
Les pathologies des voies urinaires basses se manifestent souvent avec une pollakiurie, accompagnĆ©e ou non dā€™ā€Šautres symptĆ“mes. Toutes les pathologies gĆ©nĆ©rant une hyper-activitĆ© vĆ©sicale (AVC, lĆ©sion mĆ©dullaire, alcool, cafĆ©ine), ou au contraire une hypoactivitĆ© vĆ©sicale (lĆ©sion mĆ©dullaire, queue de cheval) et une vessie neurogĆØne ainsi que les pathologies structurelles (fibrose, nĆ©oplasie, calculs, et obstacles sous vĆ©sicaux) (fig. 1) vont crĆ©er une diminution de la capacitance vĆ©sicale et se manifester par une nycturie. En cas d’une vessie hyperactive ou d’un dĆ©trusor fortement Ć©paissi avec une compliance rĆ©duite, la perte de capacitĆ© de la vessie peut ĆŖtre absolue. Une diminution fonctionnelle est Ć©galement observĆ©e en cas de trouble de vidange et d’urine rĆ©siduelle.

Nycturie mixte

Les patients prƩsentant une nycturie ont souvent plusieurs Ʃtiologies. Beaucoup sont atteints de polyurie nocturne et de pathologies provoquant la diminution de la capacitƩ vƩsicale fonctionnelle.

Impact de la nycturie chez les personnes âgées

Lā€™ā€Šā€Šimpact de la nycturie sur la santĆ© et la qualitĆ© de vie est trĆØs important. Lā€™ā€Šā€Šaugmentation progressive du nombre de mictions a des effets nĆ©gatifs sur le sommeil et la qualitĆ© de vie (9, 10). Les chutes liĆ©es Ć  une nycturie augmentent significativement le nombre de fractures du col du fĆ©mur (11). Lā€™ā€Šā€Šimpact sur la santĆ© du proche aidant et la dĆ©cision dā€™ā€Šā€Šune entrĆ©e en institution sont aussi Ć  considĆ©rer (12).

Prise en charge

La prise en charge de la nycturie chez la personne Ć¢gĆ©e nĆ©cessite lā€™ā€Šā€Šidentification du mĆ©canisme avec une anamnĆØse bien ciblĆ©e sur les pathologies potentiellement responsables, ainsi que sur lā€™ā€Šā€Šimpact sur la qualitĆ© de vie. La recherche de syndromes gĆ©riatriques associĆ©s favorisant la nycturie sā€™ā€ŠavĆØre trĆØs importante dans lā€™ā€Šā€Šorientation diagnostique (12, 16) Les troubles du sommeil sont souvent la cause d’une pseudonycturie donc une anamnĆØse de sommeille approfondie est cruel dans le dĆ©termination de la prise en charge. Dans ce sens, il existe de nombreux outils de prise en charge validĆ©s, tels que le questionnaire de consultation internationale dā€™ā€Šā€Šincontinence, Pittsburgh sleep quality Index, Nocturia – specific Qol (13). Une anamnĆØse sociale auprĆØs de lā€™ā€Šentourage est trĆØs utile pour dĆ©terminer la suite de la prise en charge.
Le calendrier mictionnel est un outil trĆØs fiable dans la dĆ©termination de la nycturie et reprĆ©sente la base de la dĆ©marche diagnostique aprĆØs lā€™ā€Šā€ŠĆ©valuation clinique (fig. 1). Un ultrason abdominal doit toujours ĆŖtre effectuĆ© dans la recherche dā€™ā€Šā€Šun rĆ©sidu post-mictionnel (> 200 ml). Les examens de laboratoires suivants sont recommandĆ©s : Ć©lectrolytes, urĆ©e, crĆ©atininĆ©mie, glycĆ©mie, BNP ou NT-proBNP la recherche dā€™ā€Šune bactĆ©riurie, dā€™ā€Šune leucocyturie ou dā€™ā€Šune hĆ©maturie. D’autres pathologies de la vessie doivent Ć©galement ĆŖtre exclues (tumeurs de la vessie, inflammations chroniques abactĆ©riennes).
Certains mĆ©dicaments peuvent favoriser la nycturie par plusieurs mĆ©canismes (tab. 2). Cā€™ā€Šā€Šest pourquoi une rĆ©vision du traitement mĆ©dicamenteux est recommandĆ©e (13).

Modifications comportementales et du mode de vie

Lā€™ā€Šā€Šenvironnement pour obtenir un bon sommeil doit ĆŖtre optimisĆ© en accordant une attention particuliĆØre Ć  la tempĆ©rature, le bruit, lā€™ā€Šā€ŠĆ©clairage et les heures du coucher. Lā€™ā€Šā€Šexercice physique rĆ©gulier peut conduire Ć  un sommeil plus profond et une augmentation de la capacitĆ© de la vessie. La gestion des facteurs psychologiques, financiers et familiaux amĆ©liore aussi la qualitĆ© du sommeil (14, 19). Une rĆ©duction de consommation de boissons avant le coucher, en particulier celles stimulant le dĆ©trusor (boissons cafĆ©ines ) est recommandĆ©e. La consommation d’alcool a un effet inhibiteur sur le dĆ©trusor et peut conduire Ć  la rĆ©tention urinaire. Lā€™ā€Šā€Šhoraire de la prise des diurĆ©tiques doit ĆŖtre adaptĆ© afin de limiter autant que possible une polyurie nocturne iatrogĆØne. En cas dā€™ā€Šā€ŠÅ“dĆØmes des membres infĆ©rieurs liĆ©s Ć  une insuffisance veineuse, les diurĆ©tiques sā€™ā€ŠavĆ©reront inappropriĆ©s, ils peuvent en effet ĆŖtre responsables dā€™ā€Šā€Šorthostatisme, de chutes, dā€™ā€Šā€Šun Ć©tat confusionnel et de dĆ©shydratation (12, 15, 18). Pour ces patients, lā€™ā€Šutilisation de bas de compression et lā€™ā€ŠĆ©lĆ©vation des jambes dans lā€™ā€ŠaprĆØs-midi sā€™ā€Šā€Šest avĆ©rĆ© efficace.

Traitement mƩdicamenteux

Chez les patients diabĆ©tiques, une diminution de la glycĆ©mie sous le seuil rĆ©nal est Ć  obtenir. Chez les patients souffrant dā€™ā€Šā€Šune polyurie nocturne provoquĆ©e par des maladies systĆ©miques (insuffisance cardiaque, insuffisance rĆ©nale, SAOS), une amĆ©lioration des symptĆ“mes est observĆ©e aprĆØs identification de la cause et instauration dā€™ā€Šā€Šun traitement Ć©tiologique.
Le desmopressine (analogue dā€™ā€Šā€Šhormone anti-diurĆ©tique) a dĆ©montrĆ© son efficacitĆ© en cas de polyurie nocturne. Avec une dose optimale de 0.1-0.2 mg / jour, une diminution des symptĆ“mes de la nycturie nocturne et une augmentation de la durĆ©e du sommeil ont Ć©tĆ© observĆ©es dans diffĆ©rentes Ć©tudes (19, 20). En raison du risque Ć©levĆ© dā€™ā€Šā€ŠhyponatrĆ©mie et de la contre-indication en cas dā€™ā€Šā€Šinsuffisance cardiaque et dā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale, lā€™ā€Šā€Šutilisation chez les patients Ć¢gĆ©s fragiles reste trĆØs limitĆ©e et discutable (21, 12). En cas dā€™ā€Šā€Šhyperplasie bĆ©nigne de la prostate, le traitement standard est alpha-1-bloquants (la silodosine, la tamsulosine) associĆ© Ć  un anticholinergique (chlorure de trospium, solifĆ©nacine) ou souvent un agoniste bĆŖta-3-adrĆ©nergique (mirabĆ©gron).
Les patients avec nycturie due Ć  la diminution de la capacitĆ© vĆ©sicale nĆ©cessitent une Ć©valuation et suivi urologique. Chez les hommes souffrant dā€™ā€Šā€Šobstruction de la vessie, les traitements sont moins efficaces sur la nycturie contrairement aux obstructions sous-vĆ©sicales (hypertrophie prostatique). Les α-1-bloquants ont montrĆ© une lĆ©gĆØre amĆ©lioration du nombre dā€™ā€ŠĆ©pisodes nocturnes. Lā€™ā€Šā€Šeffet dā€™ā€Šā€ŠamĆ©lioration est Ć  mettre en corrĆ©lation avec la gravitĆ© de la nycturie. Toutefois, les α-bloquants doivent ĆŖtre prescrits avec prudence, en particulier chez les personnes Ć¢gĆ©es en raison dā€™ā€Šune hypotension posturale souvent associĆ©e.
Pour lā€™ā€Šā€ŠhyperactivitĆ© vĆ©sicale, les anticholinergiques sont bien validĆ©s, mĆŖme si leur efficacitĆ© est loin dā€™ā€Šā€ŠĆŖtre absolue, ils peuvent nĆ©anmoins favoriser une rĆ©tention urinaire ou des Ć©tats confusionnels notamment en cas de troubles cognitifs prĆ©existants. Dans tous les cas, un suivi urologique est indispensable pour bien contrĆ“ler l’effet de traitements mĆ©dicamenteux et le rĆ©sidu urinaire Ć©ventuel. En cas d’inefficacitĆ© du traitement une clarification urodynamique pour Ć©valuer la fonction vĆ©sicale reste Ć  effectuer.

Chirurgie de la prostate

La chirurgie prostatique (TURP) montre une efficacitĆ© sur la nycturie surtout chez les patients jeunes. Les rĆ©sultats chirurgicaux sont moins efficaces en cas dā€™ā€Šā€Šune nycturie mixte avec polyurie nocturne (13). Les changements inflammatoires de la prostate jouent Ć©galement un rĆ“le importante raison la quelle l’indication et l’avantage d’un TUR-P reste objet d’une Ć©valuation urologique.

Dr Stojan Todorov

Service de la gƩriatrie aiguƫ et rƩadaptation gƩriatrique
HFR-Riaz
Case postale 70
1632 Riaz

stojan.todorov@h-fr.ch

Dr AndrƩ Laszlo

MƩdecin-chef
Service de la gƩriatrie aiguƫ et rƩadaptation gƩriatrique
HFR-Riaz
Case postale 70
1632 Riaz

Les  auteurs nā€™ā€Šā€Šā€Šā€Šont aucun conflit dā€™ā€Šā€Šā€Šā€ŠintĆ©rĆŖts en relation avec cet article.

  • Chez la personne Ć¢gĆ©e la nycturie est un problĆØme frĆ©quent impactant la santĆ© et la qualitĆ© de vie de maniĆØre trĆØs importante.
  • Lā€™ā€Šā€ŠĆ©tiologie est souvent multifactorielle.
  • Une anamnĆØse soigneuse, un examen physique ciblĆ© et le calendrier mictionnel permettent dĆ©jĆ  de poser un diagnostic et dā€™ā€Šā€Šinitier un traitement dans bon nombre de cas en mĆ©decine de premier recours.

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AutomƩdication et douleur

Lā€™ā€ŠautomĆ©dication pour des symptĆ“mes douloureux est trĆØs frĆ©quente, souvent parfaitement acceptable, mais jamais dĆ©nuĆ©e de tout risque ni de dĆ©rive irrationnelle. Cette pratique nā€™ā€Šest souvent pas connue du mĆ©decin traitant. Cet article revoit diffĆ©rents enjeux de lā€™ā€ŠautomĆ©dication concernant les antalgiques et propose quelques recommandations pour le praticien.

On trouve plusieurs dĆ©finitions de lā€™ā€ŠautomĆ©dication dans la littĆ©rature mĆ©dicale, comme par exemple Ā«ā€Šle comportement par lequel un individu recourt de sa propre initiative Ć  un mĆ©dicament, cā€™ā€Šest-Ć -dire Ć  une substance dont il attend un effet de type pharmacologique bĆ©nĆ©fique pour sa santĆ©, que ce soit en vue dā€™ā€Šune prĆ©vention primaire, dā€™ā€Šune amĆ©lioration de sa condition ou de ses performances, du soulagement de ses symptĆ“mes ou dā€™ā€Šune modification du cours dā€™ā€Šune maladie qui lā€™ā€Šaffecteā€Šā€ŠĀ» (1). Lā€™ā€ŠautomĆ©dication englobe tant la prise de produits achetĆ©s en pharmacie sans ordonnance (Over The Counter, OTC) que la rĆ©utilisation de mĆ©dicaments prĆ©cĆ©demment prescrits ou le partage dā€™ā€Šun traitement donnĆ© Ć  un proche.

ƉpidĆ©miologie

Lā€™ā€Šampleur de lā€™ā€ŠautomĆ©dication dans la population est difficile Ć  estimer prĆ©cisĆ©ment. Elle varie fortement entre les pays, selon les cultures et les politiques de santĆ© (elle est typiquement importante aux Etats-Unis, où les mĆ©dicaments sont largement disponibles dans le commerce). Selon lā€™ā€Šā€ŠEnquĆŖte Suisse sur la SantĆ© (ESS 2017), une personne sur deux prend des mĆ©dicaments chaque semaine et 16ā€Š% de ces mĆ©dicaments sont pris sans prescription mĆ©dicale. La Suisse vient ainsi en tĆŖte des pays europĆ©ens concernant la consommation de mĆ©dicaments non prescrits (2). De nombreuses Ć©tudes indiquent que lā€™ā€ŠautomĆ©dication est plus frĆ©quente chez les femmes et augmente avec lā€™ā€ŠĆ¢ge (1).
Les antalgiques reprĆ©sentent la classe pharmaceutique la plus largement consommĆ©e (24ā€Š% des sondĆ©s ont pris un antidouleur dans les 7 jours prĆ©cĆ©dant lā€™ā€ŠenquĆŖte ESS 2017), Ć  hauteur dā€™ā€Šenviron 50ā€Š% en automĆ©dication. Les substances les plus utilisĆ©es sont le paracĆ©tamol et les anti-inflammatoires non stĆ©roĆÆdiens (AINS) (3, 4).
Une rĆ©cente enquĆŖte belge portant sur la consommation dā€™ā€Šantalgiques en OTC relĆØve que la majoritĆ© des participants avaient consultĆ© un mĆ©decin pour leur plainte douloureuse actuelle et quā€™ā€Šenviron 75ā€Šā€Š% Ć©taient au courant du diagnostic retenu par le mĆ©decin (migraine, suivie de lā€™ā€Šarthrose, des hernies et de la fibromyalgie par ordre de prĆ©valence). Parmi ces patients, 62ā€Š% utilisaient uniquement un traitement non prescrit et 38ā€Š% combinaient des mĆ©dicaments non prescrits avec une antalgie prescrite par le mĆ©decin (4).

Motifs de lā€™ā€ŠautomĆ©dication

Comme le montre lā€™ā€Šanthropologue Sylvie Fainzang, la pratique de lā€™ā€ŠautomĆ©dication est essentiellement influencĆ©e par les connaissances acquises auprĆØs des professionnels de santĆ©, les expĆ©riences propres des individus et leurs reprĆ©sentations du mĆ©dicament, Ā«ā€Šdont les logiques symboliques court-circuitent parfois les logiques pharmacologiquesā€ŠĀ» (5).
Plusieurs raisons peuvent amener un patient Ć  lā€™ā€ŠautomĆ©dicationā€Š: des considĆ©rations pratiques telles que la difficultĆ© dā€™ā€Šobtenir un rendez-vous mĆ©dical, des conditions Ć©conomiques difficiles, lā€™ā€Šexigence dā€™ā€Šune rĆ©ponse thĆ©rapeutique immĆ©diate, des considĆ©rations en lien avec la maladie (que le trouble soit interprĆ©tĆ© comme dā€™ā€Šimportance secondaire, ou quā€™ā€Šil suscite au contraire la crainte dā€™ā€Šune maladie grave, ou encore quā€™ā€Šil soit habituel et son traitement bien connu du patient). Choisir soi-mĆŖme sa mĆ©dication reprĆ©sente aussi une forme de recherche dā€™ā€Šautonomie. Enfin la crainte, le scepticisme ou une posture critique vis-Ć -vis de la mĆ©decine peuvent Ć©galement dĆ©boucher sur lā€™ā€ŠautomĆ©dication (3-11).
Insistons sur le fait que la prise de mĆ©dicaments en automĆ©dication est rĆ©guliĆØrement passĆ©e sous silence par le patient lors des consultations mĆ©dicales. Plusieurs craintes peuvent retenir le patientā€Š: dā€™ā€Šavoir mal fait, de dĆ©voiler une faiblesse, de froisser le prescripteur ou de rester incompris (1).

BƩnƩfices et risques des antalgiques en automƩdication

Tant quā€™ā€Šelle permet au patient de se responsabiliser et de renforcer sa confiance dans ses capacitĆ©s Ć  prendre en charge sa santĆ©, lā€™ā€ŠautomĆ©dication mĆ©rite dā€™ā€ŠĆŖtre encouragĆ©e. Politiquement, elle est vue comme un moyen de baisser les coĆ»ts de la santĆ© en rĆ©duisant les consultations chez le mĆ©decin. Une facilitation de lā€™ā€ŠautomĆ©dication va rĆ©sulter de la rĆ©vision des catĆ©gories de remise et de lā€™ā€Šassouplissement de la dispensation en pharmacie, entrĆ©s en vigueur en 2019 en Suisse.
Cependant, les risques associĆ©s Ć  lā€™ā€ŠautomĆ©dication sont multiplesā€Š: difficultĆ©s de lā€™ā€Šautodiagnostic, effets indĆ©sirables, interactions pharmacocinĆ©tiques ou pharmacodynamiques, cumul de principes actifs, surdosage, erreur de produit, de posologie ou de durĆ©e de traitement, risque dā€™ā€Šabus ou de dĆ©pendance (3). Ces risques sont plus Ć©levĆ©s chez les patients Ć¢gĆ©s, souvent polymorbides, polymĆ©diquĆ©s et plus sensibles aux effets indĆ©sirables. Soulignons Ć©galement les risques liĆ©s Ć  lā€™ā€Šachat de mĆ©dicaments sur internet, dont les compositions exactes ne sont souvent ni connues ni vĆ©rifiĆ©es.
Les antidouleurs viennent en tĆŖte concernant ces risques. Ainsi en France, jusquā€™ā€ŠĆ  70ā€Š% des annonces de pharmacovigilance pour les mĆ©dicaments non prescrits concernent des antalgiques (6). Lā€™ā€ŠhĆ©patotoxicitĆ© du paracĆ©tamol et les hĆ©morragies liĆ©es Ć  lā€™ā€Šaspirine ou aux AINS sont bien connus. La prise dā€™ā€ŠAINS augmente aussi les valeurs tensionnelles et, si elle nā€™ā€Šest pas connue du mĆ©decin, favorise lā€™ā€Šintensification du traitement antihypertenseur (12).
Un autre risque spĆ©cifique aux antalgiques est la survenue de cĆ©phalĆ©es par abus mĆ©dicamenteux : la consommation chronique dā€™ā€Šantidouleurs pour des cĆ©phalĆ©es primaires (migraines, cĆ©phalĆ©es de tension) peut conduire Ć  une augmentation de la frĆ©quence et de lā€™ā€ŠintensitĆ© des douleurs et induire ainsi un cercle vicieux, transformant lā€™ā€Šantalgique en agent Ć©tiologique des cĆ©phalĆ©es.
La grossesse reprĆ©sente une pĆ©riode Ć  risque pour lā€™ā€ŠautomĆ©dication, notamment pour les antalgiques puisque les AINS sont contre-indiquĆ©s Ć  partir du 2ĆØme trimestre. La prise de mĆ©dicaments hors prescription est cependant frĆ©quente dans cette population : selon une Ć©tude franƧaise, elle concerne un quart des patientes, incluant 19ā€Š% dā€™ā€Šantalgiques (13)ā€Š; de plus, un tiers des femmes ignoraient en 2008 le risque associĆ© Ć  la prise dā€™ā€ŠAINS en fin de grossesse (14). Si Internet reprĆ©sente maintenant la premiĆØre source dā€™ā€Šinformation vers laquelle se tournent les futures mĆØres pour la sĆ©curitĆ© des mĆ©dicaments, cela reste non dĆ©nuĆ© de risquesā€Š: une revue des Ć©changes sur des forums franƧais entre 2008 et 2012 au sujet de la sĆ©curitĆ© des traitements durant la grossesse souligne la mauvaise qualitĆ© de ces conseils glanĆ©s sur internet (15).

PrƩvention des risques et recommandations

DĆ©tection de lā€™ā€ŠautomĆ©dication et information au patient

Lā€™ā€Šutilisation de mĆ©dicaments en automĆ©dication doit ĆŖtre systĆ©matiquement questionnĆ©e lors des consultations mĆ©dicales, particuliĆØrement dans lā€™ā€Šinvestigation des causes possibles de nouveaux symptĆ“mes et lors de la prescription de nouveaux mĆ©dicaments. Il est recommandĆ© dā€™ā€Šaccueillir ces informations avec tact, empathie et sans prĆ©jugĆ©. En cas de recours dĆ©raisonnable au mĆ©dicament, on tentera patiemment de dĆ©construire le rĆ©flexe symptĆ“me-prise mĆ©dicamenteuse en informant le patient des risques encourus.
De plus, une information de prĆ©vention adaptĆ©e au contexte clinique mĆ©rite dā€™ā€ŠĆŖtre donnĆ©e concernant certains risques liĆ©s Ć  lā€™ā€ŠautomĆ©dication, pour susciter les bons rĆ©flexes en cas de recours Ć  des mĆ©dicaments non prescrits. Un exemple typique concerne lā€™ā€ŠĆ©viction des AINS en cas dā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale. La posture du mĆ©decin peut ĆŖtre dĆ©licate entre dĆ©sir de responsabiliser le patient face Ć  sa prise en charge et conseils restrictifs sur sa prise mĆ©dicamenteuse.

Communication mƩdecin-patient et relation thƩrapeutique

Seul un dialogue ouvert permettra de favoriser lā€™ā€Šautonomie du patient tout en prĆ©venant les risques liĆ©s Ć  lā€™ā€ŠautomĆ©dication. La dĆ©cision partagĆ©e (Shared Decision Making, SDM) telle que recommandĆ©e par la FMH est lā€™ā€ŠidĆ©al Ć  viser. Selon ce modĆØle, mĆ©decin et patient dĆ©cident ensemble dā€™ā€Šun traitement spĆ©cifique, en prenant en compte systĆ©matiquement les prĆ©fĆ©rences du patient dans la dĆ©marche. Le tableau 1 propose une liste non-exhaustive des attitudes propices au SDM et Ć  la formation du patient sur sa maladie (16).

LittƩratie de la mƩdication

La promotion des compĆ©tences en santĆ© des patients, en particulier la littĆ©ratie de la mĆ©dication joue un rĆ“le important dans la prĆ©vention des risques. Ce concept dĆ©crit Ā«ā€Šla capacitĆ© de lā€™ā€Šindividu Ć  obtenir, Ć©valuer et comprendre les informations Ć  propos de leurs mĆ©dicaments, dans le but de prendre une dĆ©cision appropriĆ©e concernant lā€™ā€Šutilisation adĆ©quate de leur mĆ©dication, indĆ©pendamment de la maniĆØre dont le contenu est dĆ©livrĆ©ā€ŠĀ» (17,ā€Š18). DiffĆ©rentes techniques Ć  disposition des professionnels de santĆ© permettent dā€™ā€ŠamĆ©liorer cette littĆ©ratie (17,ā€Š19-22).

Collaboration mƩdecin-pharmacien

Les pharmaciens jouent un rĆ“le important dans la promotion de la littĆ©ratie en santĆ©. Ils sont aussi susceptibles de dĆ©tecter un risque liĆ© Ć  lā€™ā€ŠautomĆ©dication et de contacter le mĆ©decin prescripteur (23). Une bonne collaboration mĆ©decin-pharmacien favorise la sĆ©curitĆ© de lā€™ā€ŠautomĆ©dication (23, 24). On encouragera toutefois une attitude critique face aux biais commerciaux dā€™ā€Šune littĆ©rature promotionnelle souvent diffusĆ©e par les canaux pharmaceutiques.

Cas particulier des douleurs chroniques

De maniĆØre gĆ©nĆ©rale, lā€™ā€ŠautomĆ©dication est dĆ©conseillĆ©e pour traiter des affections chroniques, au vu des risques associĆ©s. Or les patients ont frĆ©quemment recours Ć  cette pratique lors de douleurs chroniques, notamment de migraines (4). Il vaut la peine de dispenser des conseils tels que Ā«ā€Šsi sur un mois vous prenez plus de deux antalgiques par semaine, consultez votre mĆ©decinā€ŠĀ». A ne pas oublier, les approches non mĆ©dicamenteuses complĆ©mentaires dans la prise en charge de ces patients (approches corporelles ou psychologiques) qui peuvent procurer une rĆ©elle amĆ©lioration de la qualitĆ© de vie (10, 25-27).

Dre LƩonore Diezi

Service de pharmacologie clinique
Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV)
Rue du Bugnon 17
1011 Lausanne

leonore.diezi@chuv.ch

AurƩlia Monney

psychologue
Service de pharmacologie clinique
Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV)
Rue du Bugnon 17
1011 Lausanne

aurelia.monney@chuv.ch

Pr Thierry Buclin

Service de pharmacologie clinique
Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV)
Rue du Bugnon 17
1011 Lausanne

thierry.buclin@chuv.ch

Les auteurs ne dĆ©clarent aucun conflit dā€™ā€ŠintĆ©rĆŖt en relation avec lā€™ā€Šarticle.

  • Admettre que le recours Ć  lā€™ā€ŠautomĆ©dication est une pratique trĆØs courante
  • Favoriser un climat relationnel dans la consultation propice Ć  sa dĆ©tection
  • Inclure lā€™ā€ŠĆ©tiologie mĆ©dicamenteuse dans le diagnostic diffĆ©rentiel de tout trouble nouveau ou aggravĆ©
  • Obtenir et rĆ©viser pĆ©riodiquement la liste complĆØte des mĆ©dicaments, prescrits et non prescrits
  • Informer rĆ©guliĆØrement le patient sur le recours rationnel et la prĆ©vention des risques concernant lā€™ā€ŠautomĆ©dication

La stéatose hépatique non alcoolique et le diabète

Pr Roger Lehmann, Zurich, est intervenu lors de la confĆ©rence annuelle de la SGAIM Ć  BĆ¢le sur le thĆØme de la „steatose non alcoolique“. Il est motivĆ© par la forte prĆ©valence de cette maladie dans le monde occidental et par la reconnaissance que la combinaison avec le diabĆØte est excessivement frĆ©quente

La combinaison du diabĆØte et et de la stĆ©atose hĆ©patique non alcoolique nā€™ā€Šest pas du tout rare et cā€™ā€Šest pourquoi le Pr Roger Lehmann prend position dans son exposĆ© sur la question de la prĆ©valence de diffĆ©rentes formes de la stĆ©atose non alcoolique. Il est Ć  noter que la stĆ©atose non alcoolique non progressive (NAFL) est gĆ©nĆ©ralement une maladie bĆ©nigne et stable, alors que la stĆ©atopathie mĆ©tabolique (en anglais: Ā«non-alcoholic fatty liver diseaseĀ» (NAFLD) peut se transformer en stĆ©atohĆ©patite non alcoolique (SHNA, en anglais NASH), ce qui peut Ć©voluer vers la fibrose hĆ©patique, la cirrhose et un carcinome hĆ©patocellulaire (CHC). La prĆ©valence de la NAFLD dans le monde occidental est dā€™ā€Šenviron 25ā€Šā€Š%, et on peut supposer quā€™ā€Šenviron ¼ dā€™ā€Šentre eux souffrent de SHNA.
Dans lā€™ā€Šexclusion clinique dā€™ā€Šune maladie hĆ©patique alcoolique, la prĆ©sence dā€™ā€Šune augmentation du poids corporel, dā€™ā€Šun taux de glycĆ©mie Ć  jeun Ć©levĆ© respectivement dā€™ā€Šun taux dā€™ā€ŠHbA1c Ć©levĆ© et dā€™ā€Šune augmentation de lā€™ā€ŠALT parlent en faveur dā€™ā€Šune stĆ©atose hĆ©patique non alcoolique, alors que lā€™ā€ŠanamnĆØse dā€™ā€Šune consommation dā€™ā€Šalcool supĆ©rieure Ć  20 g chez la femme, supĆ©rieure Ć  30 g chez lā€™ā€Šhomme, une valeur dā€™ā€ŠAST augmentĆ©e, un rapport AST:ALT augmentĆ©, une GGT Ć©levĆ©e, un taux de cholestĆ©rol HDL Ć©levĆ© et un MCV augmentĆ© parlent pour dā€™ā€Šune maladie hĆ©patique alcoolique. En cas de doute, les diagnostics diffĆ©rentiels tels que les hĆ©patites de type B et C en particulier doivent ĆŖtre Ć©cartĆ©s sur la base dā€™ā€Šune sĆ©rologie appropriĆ©e, de mĆŖme quā€™ā€Šune infection de type VIH ainsi que les hĆ©patopathies auto-immunes. Il est ensuite nĆ©cessaire de confirmer la suspicion de maladie hĆ©patique, en premier lieu par une ultrasonographie dĆ©montrant lā€™ā€Šaspect typiquement hĆ©tĆ©rogĆØne du foie ou par tomographie computĆ©risĆ©e dans laquelle le foie apparait typiquement hypodense en comparaison avec la rate et les veines hĆ©patiques. De plus, il est important de dĆ©terminer sā€™ā€Šil existe dĆ©jĆ  une fibrose avancĆ©e. La prĆ©sence dā€™ā€Šun diabĆØte sucrĆ© est le facteur prĆ©dictif le plus important de la fibrose avancĆ©e avec un OR de 18,2, suivi par lā€™ā€ŠobesitĆ©. Un IMC supĆ©rieur Ć  30 prĆ©dit une fibrose avec un OR de 9,1, alors que lā€™ā€Šhypertension artĆ©rielle et lā€™ā€ŠĆ¢ge en soi ne sont pas des facteurs prĆ©dictifs. Le risque de fibrose peut Ć©galement ĆŖtre calculĆ© Ć  lā€™ā€Šaide de diverses constellations de laboratoire typiques, comme avec lā€™ā€Šindice de fibrose 4, calculĆ© Ć  partir de lā€™ā€ŠĆ¢ge, de lā€™ā€ŠAST, de lā€™ā€ŠALT et des thrombocytes, ou encore le score de fibrose NAFLD, qui prend Ć©galement en compte le taux dā€™ā€Šalbumine, le IMC et la prĆ©sence dā€™ā€Šun diabĆØte. Des applications et des calculateurs sont maintenant disponibles sur internet Ć  cette fin. Enfin, la prĆ©sence et lā€™ā€ŠĆ©tendue de la fibrose peuvent ĆŖtre Ć©valuĆ©es de maniĆØre non invasive par fibroscan ou Ć©lastographie par rĆ©sonance magnĆ©tique.
Lā€™ā€Šexamen de rĆ©ference reste la biopsie du foie, grĆ¢ce Ć  laquelle le stade de fibrose peut ĆŖtre divisĆ© en stades F0 Ć  F4, dans le sens que F0 signifie absence de fibrose, F1 fibrose minime, F2 fibrose modĆ©rĆ©e, F3 fibrose sĆ©vĆØre et F4 cirrhose.
Sur la base de ces investigations, les patients atteints de stĆ©atose hĆ©patique peuvent ĆŖtre divisĆ©s en 3 groupes: les patients jeunes, sans surpoids et sans diabĆØte prĆ©sentent un risque faible, et les tests non invasifs ne montrent gĆ©nĆ©ralement pas de fibrose. Ces patients peuvent ĆŖtre suivis de maniĆØre conservatrice, avec adaptation des facteurs de risque. Un risque moyen est prĆ©sent chez les patients obĆØses, Ć¢gĆ©s de plus de 40 ans, avec de multiples indicateurs dā€™ā€Šun syndrome mĆ©tabolique et des indicateurs de fibrose Ć  la limite. Dans ces cas une biopsie du foie peut ĆŖtre envisagĆ©e. Les patients Ć  risque Ć©levĆ© prĆ©sentent un AST significativement Ć©levĆ© par rapport Ć  lā€™ā€ŠALT, une thrombopĆ©nie et montrent des signes de fibrose hĆ©patique dans les Ć©tudes non invasives. Ces patients doivent ĆŖtre investiguĆ©s plus activement (Figure 1).

1/5 des patients atteints de fibrose hépatique de stade F3 et F4 développent une progression sur les 2 années suivantes. Les patients avec une image complète de stéatohépatite nonalcoolique ont un risque 8 fois plus élevé de développer un CHC.
La prise en charge de la stĆ©atose comprend des modifications du mode de vie, en particulier une perte de poids de 8 Ć  10ā€Š%, le contrĆ“le dā€™ā€Šautres facteurs de risque, en particulier les statines si nĆ©cessaire; la chirurgie bariatrique peut ĆŖtre envisagĆ©e si ces mesures ne donnent pas de rĆ©sultat. En prĆ©sence d’une SHNA, la liraglutide est utilisĆ©e comme agoniste du rĆ©cepteur GLP-1 et les inhibiteurs du SGLT-2. La pioglitazone sā€™ā€Šest Ć©galement rĆ©vĆ©lĆ©e efficace, mais cette substance nā€™ā€Šest pratiquement plus utilisĆ©e comme sensibilisant Ć  lā€™ā€Šinsuline en Suisse.
Dans lā€™ā€Šensemble, lā€™ā€Šalgorithme de traitement des patients atteints de prĆ©diabĆØte / diabĆØte de type 2 et de SHNA ne diffĆØre pas fondamentalement du traitement moderne du diabĆØte (Figure 2).

Source: CongrĆØs de printemps de la SSMIG, BĆ¢le, Speciale Lecture 06.06.2019

Dr. med. Hans-Kaspar Schulthess

Facharzt FMF Innere Medizin und Gastroenterologie
Neuhausstrasse 18
8044 Zürich

Schulthess_hk@swissonline.ch

Experteninterviews ESMO 2019

Im GesprƤch mit PD Dr. med. Richard Cathomas, Chur

Welches waren Ihre Highlights am ESMO 2019 ?

Der diesjƤhrige ESMO Kongress war sehr gut organisiert und meiner Meinung nach von sehr hoher QualitƤt, sowohl was die QualitƤt der prƤsentierten Studien wie auch die QualitƤt der Educational sessions betrifft. ESMO hat es mit einer klugen und flexiblen Politik
geschafft, dass viele der wichtigsten klinischen Studien neuerdings zuerst in Europa prƤsentiert werden. Eine erfreuliche Entwicklung. SƤmtliche drei presidential sessions waren hervorragend und kƶnnen qualitativ gut mit der plenary session am ASCO Kongress mithalten.

Welche Resultate/Erkenntnisse haben Sie überrascht? Positiv oder negativ?

Beim metastasierten Blasenkarzinom wurde die erste randomisierte Phase III Studie mit Immuntherapie (Chemo mit Platin/Gem vs Chemo + Atezolizumab vs Atezolizumab mono) für die Erstlinientherapie vorgestellt (IMvigor 130, LBA14_PR). Dabei zeigte sich eine signifikante Verbesserung des PFS (primärer Endpunkt) aber noch kein OS Benefit. Hier muss noch etwas abgewartet werden, bevor sich die Praxis ändern kann. Spannend waren erste Resultate einer kleinen Phase II Studie (N=45) beim vorbehandelten Blasenkarzinom, welche das antidbody drug conjugate Enfortumab vedotin in Kombination mit Pembrolizumab prüfte und hohe Ansprechrate von 71% nachwies (901O).

Welche Erkenntnisse haben für Ihre tägliche Praxis eine grosse Bedeutung?

Im Bereich des Prostatakarzinoms gab es mehrere Studien mit Relevanz für die Praxis. Die wichtigste Erkenntnis brachte die RADICALS Studie aus England. Diese zeigte auf, dass die «salvage» Radiotherapie der adjuvanten Radiotherapie beim lokalisierten Prostatakarzinom ebenbürtig ist (LBA49_PR). Zwei Studien untersuchten beim metastasierten kastrationsresistenten Prostatakarzinom (mCRPC) die optimale Sequenz. Beide wiesen nach, dass man nach einer Therapie mit einem neuartigen Antihormon (Abiraterone oder Enzalutamid) nicht auf das jeweils andere Medikament, sondern auf eine Chemotherapie (CARD Studie, BLA13) oder auf eine Therapie mit PARP-Inhibitor , falls ein DNA repair defect vorliegt, wechseln soll (PROFOUND Studie, LBA12_PR). Entsprechend empfiehlt sich bereits während der Erstlinientherapie die Testung der mCRPC Patienten auf das Vorliegen von DNA Reparaturdefekten.

Welches sind Bereiche mit noch grƶsstem Forschungsbedarf?

Weiterhin fehlen bei den urogenitalen Tumoren die prädiktiven Biomarker weitgehend. Mit dem PAPR Inhibitor Olaparib wurde beim Prostatakariznom nun erstmals ein gewisser Erfolg bei einer selektionierten Patientengruppe erzielt (LBA12_PR) , aber dies ist hoffentlich nur der Anfang. Beim Blasenkarzinom und vor allem dem Nierenzellkarzinom sind wir noch deutlich von einer prädiktiven Patientenselektion entfernt. Auch müssen die Kombinationen der neuartigen Therapie weiter vorangetrieben werden, neben interessanten Resultaten zeigten sich hier leider auch Fehlschläge (z.B. BISCAY Studie beim Blasenkarzinom, Präsentation 902O).

Wie sehen Sie die Schweiz als Forschungsplatz am ESMO reprƤsentiert?

Am diesjährigen ESMO konnten wiederum verschiedene Projekte aus der Schweiz prominent platziert werden. So präsentierte Yannis Metaxas aus Chur die Resultate der SAKK 17/16 Studie in der Proffered Paper Session für Lungentumore. Diese Phase II Studie prüfte das neuartige Chemotherapeutikum Lurbinectedin bei vorbehandelten Patienten mit Pleuramesotheliom und zeigte erfreulich positive Resultate. Daneben waren einige Schweizer Experten als Discussants oder Chairs tätig und zeigten meines Erachtens, dass die klinische Onkologieforschung in der Schweiz lebt und gelebt wird.

Eleonore E. Droux

Im Gespräch mit Prof. Dr. med. Reinhard Dummer, UniversitätsSpital Zürich

Welches waren Ihre Highlights am ESMO 2019 ?

Am diesjährigen ESMO sind im Bereich Melanom wieder einige sehr wichtige Studienergebnisse vorgestellt worden. Aus meiner Sicht waren die Highlights vier Late-breaker-Präsentationen zur Behandlung des metastasierenden Melanoms. Die erste berichtete über eine prospektiv randomisierte Studie, die den neoadjuvanten Einsatz des replizierenden genetisch modifizierten Herpesvirus Talimogen laherparepvec (T-VEC) untersuchte, kombiniert mit Chirurgie im Vergleich zu Chirurgie alleine. Der Kontrollarm mit Chirurgie alleine stellt den heutigen Standardtherapieansatz dar. Eine zusätzliche adjuvante Therapie war erlaubt. Die zweite sehr positive Studie war die IMMUNED-Studie, die den adjuvanten Einsatz von Nivolumab der Kombination Ipilimumab und Nivolumab versus Placebo in einer kleinen, prospektiv randomisierten Doppelblindstudie der Arbeitsgemeinschaft der dermatologischen Onkologie (ADO) untersuchte.
Dann kam es zu einem Update der Ergebnisse der CheckMate 067-Studie, die die 5- Jahres-Überlebensdaten dieser grossen prospektiv randomisierten Studie zeigte, bei der Ipilimumab allein versus Nivolumab alleine gegenüber der Kombination aus den beiden Medikamenten miteinander vergleicht.
Und letztlich sahen wir die Ergebnisse einer prospektiv randomisierten Studie, bei der Pembrolizumab als Kontrollgruppe diente und die Kombination des Anti-PD-L1 Antikƶrpers Atezolizumab mit dem MEK-Inhibitor Cobimetinib untersuchte. Diese Studie wird IMspire170 genannt.

Welche Resultate/Erkenntnisse haben Sie überrascht? Positiv oder negativ?

Erwartet hatte ich die Resultate der CheckMate 067-Studie.
Die Studie bestätigte im Wesentlichen die Ergebnisse der letztjährigen Auswertung. Das Gesamtüberleben der Patienten, die nur Ipilimumab erhalten, lag nach 5 Jahren bei 26% versus 44% für Nivolumab-Monotherapie versus 52% für die Kombination Ipilimumab und Nivolumab. Die Hazard Ratio für den Vergleich Monotherapie Nivolumab zu Kombinationsbehandlung Ipilimumab und Nivolumab lag bei 0.83. Diese Ergebnisse beweisen, dass die Kombination der Monotherapie überlegen ist, wobei der Unterschied jedoch nicht gewaltig ist. Es muss im Einzelfall besprochen werden, ob diese Verbesserung im Gesamtüberleben die erhöhte Toxizität der Kombinationsbehandlung rechtfertigt. Als besonders positiv hervorzuheben ist, dass 74% der Patienten im Kombinationsarm nach Beendigung der Studie keine weiteren therapeutischen Massnahmen benötigten.
Besonders positiv überraschten mich die Ergebnisse der sogenannten IMMUNED-Studie. Im Rahmen dieser relativ kleinen Studie wurden nur ca. 160 Patienten eingeschlossen und auf drei Arme mit jeweils gut 50 Patienten randomisiert. Prinzipiell hätte ich aufgrund dieser kleinen Fallzahl keine klaren Ergebnisse erwartet.
Überraschenderweise zeigten sich sehr deutliche Unterschiede: Im Vergleich zum Placeboarm verbesserte die Behandlung mit Nivolumab-Monotherapie die Prognose mit einer Hazard Ratio von 0.56 und die Behandlung mit Ipi Nivo sogar mit einer Hazard Ratio von 0.23. Das sind äusserst eindrückliche Unterschiede, die meines Erachtens bereits heute Einfluss auf unsere zukünftigen Behandlungsstrategien in der adjuvanten Situation bei vollständig resezierten Fernmetastasen haben.
Sehr interessant war auch neoadjuvante Therapie mit T-VEC. Nur 6 Injektionen mit diesem Medikament führten bei einer Nachbeobachtungszeit von 2 Jahren zu einem signifikant verbesserten Gesamtüberleben mit einer Hazard Ratio unter 0.5. Das hatte ich auch in keiner Art und Weise erwartet.
Etwas enttäuschend waren die Ergebnisse der IMspire170-Studie. Hier sprach meines Erachtens alles für ein positives Resultat. Dies wurde jedoch nicht erreicht. Es stellt sich nun die Frage wieso. Meines Erachtens hat die Patientenselektion (Ausschluss von BRAF-mutierten Patienten) dazu geführt, dass vermehrt ältere Patienten mit normaler LDH eingeschlossen werden, die besonders gut auf die Monotherapie mit Pembrolizumab ansprachen.

Welche Erkenntnisse haben für Ihre tägliche Praxis eine grosse Bedeutung?

Am wichtigsten sind für mich die Ergebnisse der IMMUNED-Studie. Wir werden die Kombinationsbehandlung Ipi Nivo in der adjuvanten Situation bei Patienten mit Stadium IV auf jeden Fall diskutieren.

Welches sind Bereiche mit noch grƶsstem Forschungsbedarf?

Der wichtigste Forschungsbedarf steht in der Identifizierung von prognostischen Parametern. Wir müssen unbedingt wissen, welche Patienten im Stadium IV von der Kombinationsbehandlung profitieren. Heute setzen wir nur klinische Parameter ein wie erhöhte LDH bei eher jungen Patienten sowie BRAF-Mutationsstatus. Hierzu ist es notwendig, wichtige Biomarker zu etablieren (siehe unten).

Gibt es Fortschritte bei der Identifizierung von Biomarkern, die als Prädiktoren für das Ansprechen der Immuntherapie eine ausreichende Zuverlässigkeit garantieren?

Leider gibt es noch keine Biomarker, die das Ansprechen auf Immuntherapie zuverlässig vorhersagen. Wir verstehen jedoch schon wesentlich mehr. So ist die Kombination aus erhöhter Mutationslast und einer Interferon-gamma Transkriptionssignatur ein wichtiger Faktor, der für ein schnelles und langfristiges Ansprechen spricht. In diese Signatur passt auch die Expression von PD-L1 im Tumorgewebe.

Wie sehen Sie die Schweiz als Forschungsplatz am ESMO reprƤsentiert?

Die Schweiz ist als führender Forschungsplatz in Europa etabliert. Leider sind nicht alle Krebsentitäten gut bearbeitet, das Melanom jedoch schon. Im Bereich der Hautkrebsforschung ist der Beitrag der Schweiz zu den positiven Entwicklungen deutlich sichtbar. Andere Länder holen jedoch auf, unter anderem Italien und Spanien. Diese Länder zentralisieren ihre klinischen und translationalen Forschungsaktivitäten auf wenige Zentren.
In der Schweiz ist jedoch eine gegenteilige Entwicklung zu bemerken. Immer mehr Patienten mit Hautkrebs werden auch in der Peripherie in kleinen Zentren behandelt und stehen damit nicht für zentral angebotene grosse klinische Forschungsprojekte einschliesslich der translationalen Forschung zur Verfügung.
Falls diese Entwicklung nicht umgekehrt wird, wird die Schweiz ihre international anerkannten und qualitativ hochstehenden AktivitƤten in diesem Bereich nicht fortsetzen kƶnnen.

Im GesprƤch mit PD Dr. med. Christian Rothermundt, Kantonsspital St. Gallen

Welches waren Ihre Highlights am ESMO 2019 ?

Mein Fokus beim ESMO in Barcelona lag auf urogenitalen Tumoren und Sarkomen. Spannend waren die Daten der IMvigor130-Studie, welche erstmalig eine IO-Chemotherapie-Kombination bei Patienten mit metastasiertem Urothelkarzinom prüfte. Der primƤre Endpunkt PFS wurde erreicht (mPFS = 8.2 Monate gegenüber 6.3  Monate im Kontrollarm; HR = 0.82, (95% CI: 0,70-0,96; p =v0,007)), zudem zeigt sich in der Interim-Analyse ein – aktuell statistisch noch nicht signifikanter – Überlebensvorteil. Auch die komplette Remissionsrate von 13% ist ein Argument für den Einsatz der IO-Chemotherapie-Kombination.
Die Kombination aus dem Antibody Drug Conjugate Enfortumab Vedontin und dem Immuncheckpoint-Inhibitor Pembrolizumab zeigt sehr überzeugende Ansprechraten beim Platin-ineligiblen Blasenkarzinom – das lƤsst auf mehr positive Daten zu diesem Thema hoffen.
Persƶnliches Highlight war, dass ich in Vertretung von Frau Dr. Antonia Digklia und den Co-Investigatoren ein Poster zum Phase-I-Teil der SAKK 57/16 NAPAGE-Studie prƤsentieren konnte. Die Daten weisen auf eine gute VertrƤglichkeit von nab-Paclitaxel 150 mg/m2 und Gemcitabine 1000 mg/m2 alle 2 Wochen bei Patienten mit metastasiertem Weichteilsarkom hin. Besonders froh bin ich, dass wir als SAKK Sarcoma Working Group solch eine Studie bei einer seltenen TumorentitƤt durchführen kƶnnen. Die Zusammenarbeit ist ausgezeichnet und aufgrund der hohen Motivation werden die Patienten rasch rekrutiert.

Welche Resultate/Erkenntnisse haben Sie überrascht? Positiv oder negativ?

Positiv überrascht und überzeugt haben mich die genetische und epigenetische Charakterisierung cholangiozellulärer Karzinome und die daraus resultierenden zielgerichteten Therapien, z. B. der Einsatz von Ivosidenib (IDH1-Inhibitor) beim IDH1 mutierten Cholangiokarzinom. Dr. Ian Chau vom Royal Marsden Hospital hat die Daten auch mit grosser Begeisterung kommentiert.

Welche Erkenntnisse haben für Ihre tägliche Praxis eine grosse Bedeutung?

Praxisrelevant sind die Ergebnisse der CARD-Studie: Cabazitaxel vs. Abirateron Acetat oder Enzalutamid – nach vorgƤngiger Therapie mit Docetaxel und dem jeweils anderen Androgenrezeptor-Signalweg-Inhibitor beim kastrationsresistenten Prostatakarzinom. Nun ist dank dieser Studie geklƤrt, dass nach stattgehabter Chemotherapie mit Docetaxel und nur kurzem Ansprechen (< 12 Monate) auf Abirateron Acetat oder Enzalutamid der Einsatz von Cabazitaxel mit einem besseren PFS und OS verbunden ist. Dies spricht gegen einen Wechsel von einem Androgenrezeptor-Signalweg-Inhibitor zum nƤchsten.

Wie sehen Sie die Schweiz als Forschungsplatz am ESMO reprƤsentiert?

Erfreulich ist insbesondere, dass junge Forscher aus der Schweiz Daten aus SAKK- Studien vorstellen konnten: Frau Dr. Antonia Digklia, Dr. Yannis Metaxas und Dr. Michael Mark. Ansonsten sind natürlich prominente Vertreter aus der Schweiz als Chairs, Presenter und Discussants am ESMO in Erscheinung getreten: Die Professorinnen Solange Peters und Silke Gillessen sowie Prof. Miklos Pless – um nur einige zu nennen.

Eleonore E. Droux

Im Gespräch mit Dr. med. Yannis Metaxas, Kantonsspital Graubünden, Chur

Welches waren Ihre Highlights am ESMO 2019 ?

Wie fast an allen grossen Kongressen in den letzten Jahren beschäftigte sich ein sehr grosser Teil der Studien mit der Rolle der Immuntherapie in unterschiedlichen Entitäten. ESMO 2019 war keine Ausnahme und ich würde auf drei Studien hinweisen.
Die CheckMate 067-Phase-III-Studie bei metastasierten Melanomen hat nun das 5-Jahre-Follow-Up gezeigt. Hier wurden Patienten mit metastasiertem Melanom 1:1:1 randomisiert, um eine Therapie entweder mit Nivolumab+Ipilimumab, Nivolumab allein oder Ipilimumab allein zu bekommen. Nach dem 5 Jahres-Follow-up ist das mediane OS noch nicht erreicht im Kombinationsarm (>60 Monate) vs 36.9 Monate mit Nivolumab und 19.9 Monate mit Ipilimumab. In Anbetracht der sehr infausten Prognose des metastasierten Melanoms bis vor wenigen Jahren, ist es erstaunlich, dass mehr als die HƤlfte der Patienten nach 5  Jahren noch am Leben sind.
Im Weiteren wurden in der CheckMate 227-Studie Patienten mit metastasiertem Lungenkarzinom in der Erstlinien-Therapie 1:1:1 randomisiert, um entweder Nivolumab + Ipilimumab oder Nivolumab allein oder Chemotherapie mit Platinum-Pemetrexed allein zu erhalten; dies, wenn sie eine PD-L1 Expression von > = 1% hatten. Sonst erhielten die Patienten entweder Nivolumab+Ipilimumab oder Nivolumab + Chemotherapie oder Chemotherapie allein. Der Arm mit Nivolumab + Ipilimumab hat gegenüber dem Chemotherapie-mono-Arm eine signifikante VerlƤngerung des OS unabhƤngig von PD-L1 Status gezeigt. Bei Patienten mit einer PD-L1 Expression von < 1% war dieser Unterschied sehr eindeutig mit einem HR von 0.62 (median OS 17.2 vs 12.2 zugunsten Nivolumab+Ipilimumab).
Schliesslich ist zu erwähnen, dass nicht überall die Immuntherapie besser als die Chemotherapie ist: In der Phase-III-PROMISE-meso Studie wurden Patienten mit progredientem Mesotheliom 1:1 entweder zu einer Therapie mit Pembrolizumab oder zu einer Mono-Chemotherapie mit Gemcitabine oder Navelbine randomisiert. Der primäre Endpunkt dieser Studie war das PFS, welches bei den beiden Gruppen identisch ist. Auch das OS war nicht unterschiedlich, wobei ca. 63% im Chemotherapie-Arm nach initialer Progression Immuntherapie bekamen.

Welche Resultate/Erkenntnisse haben Sie überrascht? Positiv oder negativ?

Wie gesagt, wir haben wiederum sehr spannende Daten über die Rolle der Immuntherapie gehört. Dass andererseits dass die Immuntherapie z.B. bei Mesotheliomen nicht so wirksam gegenüber «klassischer» Chemotherapie erscheint, war sicher eine negative Überraschung.

Welche Erkenntnisse haben für Ihre tägliche Praxis eine grosse Bedeutung?

Es ist faszinierend zu wissen, dass mit einer Immuntherapie > 50% der Melanom-Patienten ein so langes Überleben haben kƶnnen, was sicher diese Behandlung zu einer Standardbehandlung bei Melanomen macht. Gleichzeitig muss man im Hinterkopf behalten, dass jede TumorentitƤt anders ist und es keine Ā«goldene RegelĀ» gibt; was in einer EntitƤt sehr versprechend sein kann, kann bei einem anderen Tumor unwirksam sein.

Welches sind Bereiche mit noch grƶsstem Forschungsbedarf?

Ich komme nochmals auf das Beispiel der Melanom-Patienten zurück. Obwohl 50% der Patienten ein sehr langes Überleben haben können, stirbt die andere Hälfte deutlich schneller. Man soll nun auf diese Gruppe fokussieren und versuchen, die dahinterliegenden Gründe zu eruieren.

Gibt es Fortschritte bei der Identifizierung von Biomarkern, die als Prädiktoren für das Ansprechen der Immuntherapie eine ausreichende Zuverlässigkeit garantieren?

In letzter Zeit ist sowohl die Rolle der PD-L1 Expression als auch die Bedeutung der Tumor Mutation Load gross untersucht worden. In vielen klinischen Studien sind Patienten entsprechend stratifiziert, so wie das z.B. auch in der CheckMate 227 gemacht wurde. Allerdings erbrachte diese Klassifizierung, ähnlich wie bei vielen anderen Beispielen, keine eindeutige Aussage für die prognostische/ prädiktive Rolle dieser Biomarker, wie die Autoren in der entsprechenden Subgruppen-Analyse gezeigt hatten. Hier gibt es sicher ein sehr offenes Feld für die Forschung.

Wie sehen Sie die Schweiz als Forschungsplatz am ESMO reprƤsentiert?

Wir hatten das Privileg, drei unserer Studien an diesem ESMO zu prƤsentieren. Die Studien SAKK 57/16 sowie die SAKK 95/16 wurden als Poster gezeigt, die SAKK 17/16 sogar als Oral Presentation. Die 57/16 Phase-I/II-Studie untersuchte eine Chemotherapie mit Gemcitabine und Nab-Paclitaxel in metastasierten Sarkomen und am ESMO wurden die Resultate des Phase-I-Teils gezeigt; nun lƤuft der Phase-II-Teil, dessen Resultate mit grossem Interesse erwartet werden.
Die SAKK 95/16-Studie analysierte das alltägliche Behandlungsmuster (pattern of care) für Patienten mit ossären Metastasen in der Schweiz, welches den Therapieschemata in den entsprechenden prospektiven Studien nicht immer entspricht. Das macht solche Analysen sehr signifikant für den klinischen Alltag!
Die prospektive Phase-II-SAKK-Studie 17/16 schliesslich untersuchte die Rolle eines neuen Moleküls, Lurbinectedin, in progredienten malignen Pleuramesotheliomen. Die Studie erreichte ihren primäreren Endpunkt, nämlich progressionsfreies Überleben nach 12 Wochen, und zeigte viel versprechende PFS- und OS-Daten gegenüber historischen Daten. Dieses Molekül soll nun in einer grösseren, randomisierten Studie analysiert werden, um zu evaluieren, ob dies ein neuer Standard-of-Care für diese Entität sein könnte.

Im Gespräch mit PD Dr. Alexandra Curioni, Universitätsspital Zürich

Welches waren Ihre Highlights am ESMO 2019 ?

– Die Resultate der FLAURA-Studie mit einer Verbesserung des gesamten Überlebens in Patienten, die Osimertinib bekamen
– Die OS-Daten von CheckMATE 227: Immuntherapie
Kombi ohne Chemotherapie in der Erstlinien-Behandlung: Vielleicht kƶnnen wir den Patienten eine Chemotherapie ersparen

Welche Resultate / Erkenntnisse haben Sie überrascht? Positiv oder negativ?

– Positiv :
– Die NVALT19-Studie mit Gemcitabine als Erhaltungstherapie nach Erstlinien-Chemotherapie, die sehr vielversprechend ist
– Die Daten von Lenvantinib von der REMORA-Studie bei Thymus-Karzinom mit einer Ansprechrate von knapp 40%
– Negativ:
– Die Daten von Pembrolizumab im Vergleich mit Chemotherapie in der Zweitlinien-Behandlung des Mesothelioms

Welche Erkenntnisse haben für Ihre tägliche Praxis eine grosse Bedeutung?

– Die Daten der FLAURA-Studie unterstützen die Einleitung einer Erstlinien-Therapie mit Osimertinib.

Welches sind Bereiche mit noch grƶsstem Forschungsbedarf?

– Prospektive Analysen z.B. bezüglich TMB für Immuntherapie in der Erstlinie
– Ein Vergleich zwischen Chemo-Immuntherapie in der Erstlinie vs 2x Immuntherapie wƤre wünschenswert.
– Die Daten der FLAURA-Studie zeigen, dass nur wenige Patienten auf Zweitlinientherapie kommen; hier müssen wir verstehen, welches die beste Therapie ist und welches die Resistenzmechanismen (basiert auf Tumor und nicht nur Liquid Biopsy) sind.
– Die Systemtherapie bei Mesotheliom ergab noch keine neuen Hinweise auf das Ansprechen, wir sollten noch weitere Therapie entwickeln.

Gibt es Fortschritte bei der Identifizierung von Biomarkern, die als Prädiktoren für das Ansprechen der Immuntherapie eine ausreichende Zuverlässigkeit garantieren?

– Genau das ist etwas Neues und Unerwartetes vom ESMO 2019: die OS-Daten von CheckMATE 227 sind unabhƤngig von der TMB, das heisst es braucht noch Forschung zu diesem Thema, um die Patienten genauer zu identifizieren.

Wie sehen Sie die Schweiz als Forschungsplatz am ESMO reprƤsentiert?

– Die Schweiz ist ziemlich aktiv, vor allem in Bezug auf die Immunonkologie-Forschung (prƤklinisch und klinisch).

Eleonore E. Droux

Im Gespräch mit PD Dr. med. Ulf Petrausch, Klinik Hirslanden, Zürich

Welches waren Ihre Highlights am ESMO 2019 ?

Die 5-Jahres-Daten beim metastasierten Melanom sind sicherlich der finale Beweis für die Wirksamkeit der Checkpointblockade. Diese Studie schliesst aber aus meiner Sicht auch die Ƅra der alleinigen Checkpointblockade beim Melanom und bei anderen metastasierten Krebserkrankungen ab, da ca. 50% der Patienten noch nicht langfristig profitieren. Somit ist nun Zeit für innovative Kombinationstherapien gekommen. Was mich sehr fasziniert hat waren die VortrƤge zum Mikrobiom und dem Ansprechen auf Checkpointblockade. Hier ƶffnet sich gerade ein ganz neues Spektrum für die Immuntherapie.

Welche Erkenntnisse haben für Ihre tägliche Praxis eine grosse Bedeutung?

Spannend ist die Beobachtung, welche sicher mit Vorsicht zu geniessen ist, da sie retrospektiv ist, dass Antibiotikagaben einen Einfluss auf das Ansprechen einer Checkpointblockade haben kƶnnten. Somit muss der Einsatz von Antibiotika noch kritischer hinterfragt werden, gerade zu Beginn einer Therapie mit Checkpointblockern. Auch hier kƶnnte das Mikrobiom einen grossen Einfluss haben.

Welches sind Bereiche mit noch grƶsstem Forschungsbedarf?

Nach wie vor ist die PrƤdiktion des Ansprechens oder Nichtansprechens auf Checkpointblocker von immenser Wichtigkeit. Es werden zwar immer mehr Faktoren wie PD-L1, TMB oder Immunprofile beschrieben, die einen gewissen prƤdiktiven Wert haben, aber das Zusammenspiel dieser Faktoren ist nicht verstanden. Mir scheint, dass es hier ein komplexeres VerstƤndnis braucht als die Suche nach dem einen Marker.

Wie sehen Sie die Schweiz als Forschungsplatz am ESMO reprƤsentiert?

Die SAKK konnte wieder Beiträge zu verschiedenen Themen zeigen (2 Poster (SAKK 57/16 und SAKK 95/16), 2 Oral Presentations (SAKK 17/16 und ETOP promise-meso)), bei der Lunge konnte Dr. Metaxas aus Chur eine Studie beim SCLL als Präsentation vorstellen. Frau Dr. Curioni und ich haben eine sehr innovative Studie mit CARs beim Mesotheliom (FAPME-1) als Poster zeigen dürfen.

Eleonore E. Droux

Schlaglichter auf den St. Galler Breast Cancer Consensus

Burstein HJ et al. Estimating the benefits of therapy for early stage breast cancer. The St Gallen International Consensus Guidelines for the Primary Therapy of Early Breast Cancer 2019. Ann Oncol 2019; doi.org/10.1093/annonc/mdz235.

Zusammenfassung: Hier ist er: der neuste Bericht über die sog. St. Galler Breast Cancer Consensus Conference, die ihren Namen stur beibehƤlt, obwohl der Kongress aus kommerziellen Gründen nach Wien verfrachtet wurde. Eine Zusammenfassung der Breast Cancer G’schichten aus dem Wienerwald scheint mir unnƶtig. Ich stelle stattdessen ein paar SƤtze aus dem Text ins Scheinwerferlicht, die mir beim Lesen auffielen.

Tamoxifen adjuvant bei ER-POS Mammakarzinom Luminaltypen A und B

Yu NY et al. Assessment of Long-term Distant Recurrence-Free Survival Associated With Tamoxifen Therapy in Postmenopausal Patients With Luminal A or Luminal B Breast Cancer. JAMA Oncol 2019; doi: 10.1001/jamaoncol.2019.1856

Zusammenfassung: Frauen mit ER-POS Mammakarzinom profitieren von der adjuvanten Therapie mit Tamoxifen (TAM); ein Restrisiko für Rezidive kann allerdings lange im Verlauf bestehen bleiben, je nach Karzinomtyp. Im Lichte der modernen Diagnostik wƤre es nun sinnvoll, Mammakarzinom Typ Luminal A versus B getrennt zu diskutieren. Studien mit Ā«altenĀ» Daten und Langzeitresultaten stammen aber aus der Zeit, als man die Luminaltypen noch nicht kannte. Die schwedische Studie STO-3 randomisierte in den Jahren 1976-1990 total 1846 postmenopausale Patientinnen mit Mammakarzinom in einen Arm mit Tamoxifen (40 mg wƤhrend 2 Jahren) versus Placebo (was man damals ethisch noch vertreten konnte). Ab dem Jahr 1983 wurden Frauen, die in den ersten zwei Studienjahren noch kein Rezidiv erlebt hatten, randomisiert für drei weitere Jahre TAM versus Placebo. Da das Schwedische Brustkrebsregister praktisch alle FƤlle von Mammakarzinom im Land umfasst, konnten fast alle Studienpatientinnen ab 2012 für Langzeitresultate abgerufen werden. Bei 808 Patientinnen (d.h. knapp der HƤlfte) war paraffin-fixiertes Tumormaterial vorhanden, und bei 652 (einem Drittel) der FƤlle konnten die modernen diagnostischen Methoden angewandt werden, um Luminal-A- von Luminal-B-Karzinomen zu unterscheiden. Die FƤlle verteilten sich – le hasard fit bien les choses – etwa zu gleichen Teilen auf die beiden Studienarme. Luminal-A-Karzinome zeigten einen Langzeitnutzen von TAM. Sie sind genau die Mammakarzinome, die noch nach 20-25 Jahren Rezidive aufweisen kƶnnen. Der Nutzen der adjuvanten Therapie bei Luminal-B-Karzinomen hingegen fand sich vor allem in den ersten 5 Jahren, was eher durch die andere Biologie dieser Tumoren als durch die Therapie bedingt ist. Das rezidivfreie Überleben von unbehandelten Patientinnen mit Luminal-A-Karzinom war lƤnger als das der Frauen mit Luminal-B-Karzinom unter TAM!

Geschickte Neukombinationen bekannter Chemotherapeutika

Al Batran SE et al. Perioperative chemotherapy with fluorouracil plus leucovorin, oxaliplatin, and docetaxel versus fluorouracil or capecitabine plus cisplatin and epirubicin for locally advanced, resec-table gastric or gastro-oesophageal junction adenocarcinoma (FLOT4): a randomised phase 2/3 trial. Lancet 2019; 393: 1948

Zusammenfassung: Prä- und postoperative Therapie mit FLOT (d.h. einer Chemotherapie mit Oxaliplatin und einem Taxan) ergibt bei resektablem Adenokarzinom im oesophagogastrischen Übergang oder im Magen deutlich längeres Überleben (median 50 Monate) als ein Cisplatin-/Epirubicinhaltiges Regime (median 35 Monate).

Lektion aus dem Olaratumab-Marktrückzug

Tap WD et al: Olaratumab and doxorubicin versus doxorubicin alone for treatment of softtissue sarcoma: an open-label phase 1b and randomised phase 2 trial. Lancet 2016; 388: 488

ESMO Guidelines Committee: Appendix 3: Soft tissue sarcoma: MCBS eUpdate published online 5 May 2017 (www.esmo.org/Guidelines/Sarcoma-and-GIST). Ann Oncol 2017; 28 (Suppl 4): iv147–iv148, 2017 doi:10.1093/annonc/mdx241

Tobias A et al. Olaratumab for advanced soft tissue sarcoma. Expert Rev Clin Pharmacol. 2017 ; 10: 699. doi: 10.1080/17512433.2017.1324295.
Epub 2017 May 5.

https://clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT02451943: A Study of Doxorubicin Plus Olaratumab (LY3012207) in Participants With Advanced or Metastatic Soft Tissue Sarcoma (ANNOUNCE). Clini-calTrials.gov Identifier: NCT02451943

Zusammenfassung: Plateletderived growth factor (PDGF) und sein Rezeptor (PDGFR) spielen in der Biologie der mesenchymalen Zellen eine Rolle. Die Studiengruppe testete deshalb einen anti-PDGF und anti-PDGFR-Antikƶrper, Olaratumab, als Therapeutikum in Kombination mit Doxorubicin für inoperable Weichteilsarkome. Progressionfree survival (PFS – der primƤre Endpunkt der Phase II-Studie) war 6.6 Monate in der Kombination und 4.1 Monate für Doxorubicin alleine (HR 0.67, 95% CI 0.44-1.02). Medianes Überleben (OS – geplant als sekundƤrer Endpunkt) war 26.5 Monate dank der Kombination versus 14.7 Monate mit Doxorubicin alleine. Demnach hebelte der Antikƶrper eine Verbesserung des Gesamtüberlebens um fast ein Jahr heraus. Er wurde demzufolge im Herbst 2017 als Medikament registriert, auch in der Schweiz unter dem Markennamen LartruvoĀ®. Das ESMO Guidelines Committee publizierte eilends einen Ā«alertĀ» Artikel mit dem Kommentar Ā«The observed PFS benefit is associated with an ESMO Magnitude of Clinical Benefit Scale (ESMO-MCBS) score of 4, because of the magnitude of improvement on OS.Ā» Eine Phase III-Studie (ANNOUNCE ClinicalTrials.gov Identifier NCT02451943) mit OS als primƤrem Endpunkt war im Hintergrund am Laufen.
Und nun folgt eine Meldung der Firma Eli Lilly (Brief vom 30.07.2019), dass die ANNOUNCE-Studie keinen OS-Vorteil für den Antikörper zeige. Das Medikament wird vom Markt genommen.

Prof. em. Dr. med. Martin Fey

Bern

martin.fey@insel.ch

Beratungsmandat bei NestlƩ Health Sciences, Epalinges. Aktien bei Novartis, Roche und Johnson & Johnson.

Quizartinib versus Salvage-Chemotherapie

Quizartinib versus Salvage-Chemotherapie bei rezidivierter oder refraktƤrer FLT3-ITD akuter myeloischer LeukƤmie (QuANTUM-R): eine multizentrische, randomisierte, kontrollierte, Open-label Phase 3-Studie

Quelle: Corten JF et al. Quizartinib versus salvage chemotherapy in relapsed or refractory FLT3-ITD acute myeloid leukaemia (QuANTUM-R): a multicentre, randomised, controlled, open-label, phase 3 trial. Lancet Oncol 2019; 20: 984–97.

Hintergrund

Patienten mit rezidivierter oder refraktƤrer FLT3 Internal Tandem Duplication (FLT3-ITD)-positiver akuter myeloischer LeukƤmie haben eine schlechte Prognose – einschliesslich einer hohen Rezidivinzidenz, eines schlechteren Ansprechens auf Salvage-Chemotherapie – und ein kürzeres Gesamtüberleben als bei FLT3-Wildtyp AML. In der vorliegenden Arbeit prüften die Autoren, ob die Monotherapie mit Quizartinib, einem oralen, hochwirksamen und selektiven Typ II FLT3-Inhibitor, das Gesamtüberleben im Vergleich zur Salvage Chemotherapie verbessern kann.

Methoden

QuANTUM-R ist eine randomisierte, kontrollierte Phase-3-Studie, die in 152 KrankenhƤusern und Krebszentren in 19 LƤndern durchgeführt wurde. Einschliessbare Patienten im Alter von 18 Jahren oder Ƥlter mit ECOG 0-2 und rezidivierendem oder refraktƤrem Verlauf (Dauer der ersten kompletten Remission ≤ 6 Monate) einer FLT3-ITD akuten myeloischen LeukƤmie nach Standard Therapie mit oder ohne allogene hƤmatopoetische Stammzelltransplantation wurden randomisiert (2:1; permutiert, Blockgröße 6; stratifiziert nach Ansprechen auf eine frühere Therapie und Wahl der Chemotherapie über ein telefonisches und webbasiertes interaktives Antwortsystem) behandelt mit Quizartinib (60 mg[30 mg Einleitung) oral einmal tƤglich) oder nach Wahl des Prüfarztes vorgewƤhlter Chemotherapie: subkutan niedrig dosiertes Cytarabin (subkutane Injektion von Cytarabin 20 mg zweimal tƤglich) an den Tagen 1-10 von 28-Tage-Zyklen); intravenƶse Infusionen von Mitoxantron (8 mg/m² pro Tag), Etoposid (100 mg/m²) pro Tag und Cytarabin (1000 mg/m² pro Tag an den Tagen 1-5 mit bis zu zwei 28-Tage-Zyklen); oder intravenƶsem Granulozyten Kolonie-stimulierendem Faktor (300 µg/m² pro Tag oder 5 µg/kg pro Tag subkutan an den Tagen 1-5), Fludarabin (intravenƶse Infusion 30 mg/m² pro Tag an den Tagen 2-6), Cytarabin (intravenƶse Infusion 2000 mg/m² pro Tag an den Tagen 2-6) und Idarubicin (intravenƶse Infusion 10 mg/ m² pro Tag an den Tagen 2-4 mit bis zu zwei Zyklen von 28-Tagen). Patienten, die nach Quizartinib eine hƤmatopoetische Stammzelltransplantation erhielten konnten die Quizartinib Therapie nach hƤmopoetischer Stammzelltransplantation wieder aufnehmen.
Der primäre Endpunkt war das Gesamtüberleben in der Intention-to-Treat-Population. Die Studie ist unter ClinicalTrials.gov, Nummer NCT02039726 registriert und die Follow-up Phase ist noch aktiv.

Resultate

Zwischen dem 7. Mai 2014 und dem 13. September 2017 wurden 367 Patienten in die Studie eingschlossen, wobei 245 in die Quartizinib-Gruppe und 122 in die Chemotherapie-Gruppe randomisisert wurden. Vier Patienten in der Quizartinib-Gruppe und 28 in der Chemotherapie-Gruppe wurden nicht behandelt. Die mediane Nachbeobachtungszeit betrug 23.5 Monate (IQR 15.4-32.3). Das Gesamtüberleben war unter Quizartinib lƤnger als unter Chemotherapie (Hazard Ratio 0.76 ; 95% CI 0.58-0.98; p = 0-02). Das mediane Gesamtüberleben betrug 6.2 Monate (5.3-7.2) in der Quizartinib-Gruppe und 4.7 Monate (4.0-5.5) in der Chemotherapie-Gruppe. Die hƤufigsten nicht-hƤmatologischen Grad 3-5 behandlungsbezogenen Nebenwirkungen (innerhalb ≤ 30 Tagen nach letzter Dosis oder >30 Tagen bei Verdacht auf ein Therapie-bedingtes Ereignis) waren für Patienten unter Quartizinib (241) und Chemotherapie (94) Sepsis oder septischer Schock (Quizartinib: 46, 19%; Chemotherapie: 18, 19%), Lungenentzündung (Quizartinib: 29, 12%; Chemotherapie: 8, 9%) und HypokaliƤmie (Quizartinib: 28, 2%; Chemotherapie: 8, 9%). Die hƤufigsten behandlungsbedingten schweren Nebenwirkungen waren febrile Neutropenie (18, 7%), Sepsis oder septischer Schock (11, 5%), QT-VerlƤngerung (5, 2%) und Übelkeit (5, 2%) in der Quizartinib-Gruppe, und febrile Neutropenie (5, 5%), Sepsis oder septischer Schock (4, 4%), Lungenentzündung (2, 2%) und Fieber (2, 2%) in der Chemotherapie-Gruppe. Eine Grad 3 QT-VerlƤngerung in der Quizartinib-Gruppe war selten (8, 3% bei zentraler Beurteilung; 10, 4% im Bericht des Prüfers); es traten keine Grad 4 Nebenwirkungen auf. In der Quizartinib-Gruppe wurden 80 (33%) TodesfƤlle im Zusammenhang mit der Therapie registriert. Davon waren 31 (3%) auf unerwünschte Ereignisse zurückzuführen. In der Chemotherpie-Gruppe traten 16 (17%) TodesfƤlle auf, wovon 9 (10%) auf unerwünschte Ereignisse zurückzuführen waren.

Interpretation

Die Behandlung mit Quizartinib zeigte einen Überlebensvorteil gegenüber der Chemotherapie und wies ein kontrollierbares Sicherheitsprofil bei Patienten mit schnell proliferierender Erkrankung und sehr schlechter Prognose auf. Quizartinib könnte ein neuer Versorgungsstandard werden. Da es nur wenige Behandlungsmöglichkeiten gibt, unterstreicht diese Studie die Relevanz die FLT3-ITD-Treibermutation mit einem hochwirksamen und selektiven FLT3-Inhibitor anzugreifen.

Rasche Progression bei adulter T-Zell-LeukƤmie/Lymphom als tumorinfiltrierende T reg-Zellen nach PD-1 Blockade

Quelle: Rauch DA et al. Rapid Progression of Adult T-Cell Leukemia/Lymphoma as Tumor Infiltrating Treg Cells after PD-1 Blockade. Blood 2019;. pii: blood.2019002038.

Immun-Checkpoint-Hemmer sind ein leistungsstarkes neues Instrument in der Krebsbehandlung, mit verlängertem Ansprechen bei mehreren Krankheiten, einschließlich hämatologischer Malignome wie dem Hodgkin-Lymphom. In einem kürzlich erschienenen Bericht haben die Autoren jedoch gezeigt, dass der PD-1-Inhibitor Nivolumab zu einer schnellen Progression bei Patienten mit adulter T-Zell-Leukämie/Lymphom (ATLL) (NCT02631746) führte.
In der vorliegenden Studie wurden primäre Patientenzellen mit adulter T-Zell-Leukämie /Lymphom (ATLL) untersucht, um die Ursache dieser Hyperprogression zu bestimmen. Analysen der Klonalität, der somatischen Mutationen und der Genexpression in den malignen Zellen bestätigten den Bericht über die schnelle klonale Expansion nach PD-1-Blockade bei diesen Patienten, identifizierten einen bisher nicht bekannten Ursprung dieser neoplastischen Zellen, zeigten eine neue Interaktion zwischen ATLL-Zellen und tumorresidenten Tregs und wiesen eine tumorsupprimierende Rolle für PD-1 bei ATLL nach. Die Identifizierung der Mechanismen, die zu diesen alarmierenden Verläufen bei mit Nivolumab behandelten ATLL führen, könnte sehr informativ für die zunehmende Problematik der raschen Progression unter Therapie mit Immuncheckpoint-Inhibitoren sein.

Prof. Dr. med.Markus G. Manz

Zentrum für Hämatologie und Onkologie
UniversitätsSpital Zürich

PD Dr. med. Alexandre Theocharides

Zentrum für Hämatologie und Onkologie
UniversitätsSpital Zürich

Alexandre.Theocharides@usz.ch