Kongress-Sonderausgabe der info@onkologie

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ImmunogenitƤt von SARS-CoV-2 Messenger RNA Vakzinen bei Patienten mit Krebs

Als die COVID-19-Pandemie im Jahr 2020 ausbrach, stellten sich viele Fragen. Dabei standen die folgenden Probleme im Vordergrund, die Dr. med.Ā  Alfredo Addeo, Genf, in drei Kernfragen zusammenfasste:

1. Haben Krebspatienten ein erhƶhtes Risiko, eine Infektion
mit dem SARS-CoV-2 Virus zu erleiden?
2. Sind Krebspatienten anfälliger für COVID19?
3. Beeinflusst die Anti-Krebs-Therapie die
COVID-19-Ergebnisse?

Die PrƤvalenz von Krebs bei Patienten mit COVID-19 wurde in einer landesweiten Studie in China erhoben. Patienten mit Krebs haben vererbte Risikomerkmale. Ein Vergleich von Krebspatienten und solchen ohne Krebs ergab signifikante Unterschiede im Alter (63,1 vs. 48.7 Jahre), in der Raucheranamnese (22.2% vs. 8.8%), in einem abnormen CT-Scan (94.4% vs. 70.8%) und in der Polypnoe (47.1% vs. 33.5%). In einer retrospektiven Fallstudie in 3 SpitƤlern in Wuhan hatten 28/1276 Patienten eine Vorgeschichte von Krebs, 8 (28.6%) hatten eine im Krankenhaus erworbene Übertragung. Es gab 8 Tote (28.6%) und 15.6 (53.6%) schwere COVID-Ereignisse. In einem Krankenhaus der tertiƤren Versorgung in Wuhan in einer Querschnittstudie bei 1524 Krebspatienten hatten 12/1524 (0.79) COVID-19 im Vergleich zu 41 152/11 081 000 Einwohnern wƤhrend des gleichen Zeitfensters (0.3%): Odds Ratio 2.31 (95% CI 1.89-3.02). Von einem Total von 32 Studien mit 46’499 Patienten (1776 Patienten mit Krebs) geht hervor, dass Krebspatienten ein erhƶhtes MortalitƤtsrisiko haben. ESMO-Stellungnahmen zur Impfung gegen COVID-19 bei Patienten mit Krebs: Patienten mit Krebs haben ein erhƶhtes Risiko für einen schweren COVID-19-Verlauf (d.h. Patienten mit hƤmatologischen Malignomen, die eine Chemotherapie benƶtigen oder einen aktiven soliden Tumor weniger als vor 5 Jahren hatten), sollten unabhƤngig von jeglichen Indikationen (d.h. Alter) mit hoher PrioritƤt gegen SARS-CoV-2 geimpft werden. Patienten, die eine B-Zelldepletion wƤhrend der vergangenen 6 Monate hatten, kƶnnen einen geringeren Schutz erhalten.

Wirksamkeit der BNT162b2mRNA Covid-19 Vakzine Mittlerweile ist der Beweis erbracht: COVID-Impfstoffe schützen Krebskranke Patienten, wie am ESMO-Kongress 2021 in einer Studie an 44 047 Patienten, wovon 3813 eine Vorgeschichte von Malignität hatten, gezeigt wurde.
Anhand einer prospektiven Kohorte hat der Referent mit Mitarbeitern die Serokonversionsraten und den Anti-SARS-CoV-2-SpikeProtein-Antikƶrper-Titer nach der ersten und zweiten Dosis der Impfstoffe BNT162b2 und mRNA-1273 SARS-CoV-2 bei Krebspatienten in den USA und Europa von Januar bis April 2021 untersucht. Von den 131 Patienten erreichten die meisten (94%) eine Serokonversion nach Erhalt von zwei Impfstoffdosen.
Die Serokonversionsraten und Antikörpertiter bei Patienten mit hämatologischen Malignomen waren deutlich niedriger als bei Patienten mit soliden Tumoren. Keiner der Patienten mit einer Vorgeschichte von Anti-CD-20-Antikörpern in den sechs Monaten vor der Impfung entwickelte eine Antikörperreaktion. Die Antikörpertiter waren in den Gruppen mit klinischer Überwachung oder endokriner Therapie am höchsten und in den Gruppen mit zytotoxischer Chemotherapie oder monoklonalen Antikörpern am niedrigsten.

Die dritte Auffrischungsdosis kann die Immunreaktion bei Krebspatienten verbessern, die nach der zweiten Dosis nicht ausreichend geschützt sind. Zahlreiche Forschungsergebnisse belegen übereinstimmend die Sicherheit von Impfstoffen in dieser Bevölkerungsgruppe.

Fazit
Vakzinen sind bei Krebspatienten und wƤhrend der Behandlung sicher.
Vakzinen sind wirksam und induzieren eine humorale und zellulƤre Immunantwort.
Die Antwort kann durch das Alter und die Behandlung beeinflusst werden.
Dritte Dosis? Ja nach 28 Tagen bei «Immunkompromitierten», nach 6 Monaten bei allen anderen.

Seigneur, protĆØge-nous des (pseudo-) experts

Apartir de lā€™ā€Šā€Šhiver 2020, notre quotidien a Ć©tĆ© dominĆ© par la survenue dā€™ā€Šune pandĆ©mie virale qui a rapidement pris des proportions exceptionnelles et qui a eu des effets souvent
tragiques pour toute lā€™ā€ŠhumanitĆ©. Le virus, quelle que soit finalement son origine, rĆ©ussit Ć  combiner une capacitĆ© dā€™ā€Šinfecter avec juste assez de lĆ©talitĆ© pour se rĆ©pandre et rendre malade un maximum de personnes, en profitant probablement dā€™ā€Šune
dĆ©mographie explosĆ©e, de notre obsession de mobilitĆ© et de lā€™ā€Šexistence dā€™ā€ŠĆ©normes rĆ©servoirs de populations dĆ©favorisĆ©es et exposĆ©es sans protection aux maladies transmissibles.

Face au poids Ć©vident de la maladie, aux tĆ©moignages poignants du personnel hospitalier, face aussi Ć  la tristesse des gens ayant perdu un de leur proche, on reste perplexe de voir un nombre impressionnant de citoyens/ennes de ce pays mettre en doute non seulement lā€™ā€ŠefficacitĆ© des diffĆ©rentes mesures, en particulier la vaccination, mais lā€™ā€Šexistence de la maladie mĆŖme, avec le rĆ©sultat que malgrĆ© un effort remarquable au niveau des cantons, presque la moitiĆ© de la population nā€™ā€Šest Ć  ce jour toujours pas vaccinĆ©e. On se demande comment, dans un pays jouissant dā€™ā€Šun niveau dā€™ā€ŠĆ©ducation Ć©levĆ©, autant de gens peuvent mettre en doute quasi lā€™ā€Šensemble de la science et de lā€™ā€ŠĆ©vidence et se rĆ©fugier dans toutes sortes dā€™ā€Šexcuses, allant de lā€™ā€Šignorance au complotisme, en passant par des prises dā€™ā€ŠĆ©sotĆ©risme, typiques pour une sociĆ©tĆ© de riches.

Cette remise en question de la science est contre-productive et prĆ©occupante. Force est malheureusement de reconnaĆ®tre que certains « reprĆ©sentants » de la science et de lā€™ā€ŠĆ©tat y ont contribuĆ© de maniĆØre plus ou moins consentante. Nous avons tous et toutes Ć©tĆ© stupĆ©fait(e)s de dĆ©couvrir combien dā€™ā€Šexperts en pandĆ©mie virale nous avons parmi nous. Sans douter du travail
sĆ©rieux de la plupart des chercheurs/euses dans ce domaine, jā€™ā€Šai Ć©tĆ© progressivement irritĆ© dā€™ā€Šentendre, jour aprĆØs jour, toute sorte dā€™ā€ŠĀ«expertsĀ» sortis de leurs laboratoires et de devant leurs ordinateurs, pour se rĆ©pandre le plus souvent dans des spĆ©culations basĆ©es sur bien peu dā€™ā€ŠexpĆ©rience sur le terrain. La plupart du temps, il sā€™ā€Šagissait de dĆ©clamer que lā€™ā€Šapocalypse Ć©tait devant la porte et quā€™ā€Šil fallait rapidement enfermer les citoyens/ennes – par dĆ©finition infĆ©rieur(e)s en savoir et en intelligence – dans leurs maisons et les empĆŖcher de vivre. Bien sĆ»r que les mĆ©dias adorent les scoops sentant le soufre et quā€™ā€Šune carriĆØre acadĆ©mique prĆ©pare mal Ć  lā€™ā€Šexercice de lā€™ā€Šinterview tĆ©lĆ©visĆ©e, mais on aurait quand mĆŖme souhaitĆ© un peu plus de retenue. Cā€™ā€Šest un jeu dangereux parce que les gens qui ne croient plus les porteurs officiels de lā€™ā€ŠĆ©vidence tendent Ć  se tourner vers les fournisseurs de rĆ©ponses simples et complaisantes.

Les experts ne sont pas les seuls en cause, Ć©videmment. Le virus lui-mĆŖme nous a plusieurs fois pris Ć  contre-pied. Loin de moi de tomber dans le dos du ou des gouvernements, personne ne savait ce qui allait se passer, et la Suisse ne sā€™ā€Šen est pas si mal sortie. Malheureusement, la communication officielle est restĆ©e Ć  ce jour peu professionnelle, scientifiquement souvent douteuse, et nā€™ā€Ša pas toujours soutenu la confiance dans les institutions. Bien sĆ»r, le fĆ©dĆ©ralisme nā€™ā€Šest pas lā€™ā€Šoutil idĆ©al pour affronter une crise aiguĆ«, et la politisation des dĆ©cisions par certains partis a contribuĆ© Ć  rendre les dĆ©cisions difficiles et Ć  semer le doute. Et finalement, il y aura toujours des sceptiques irrĆ©ductibles. Au moins dans notre petit coin de la planĆØte, ils ont le droit et la libertĆ© dā€™ā€Šexprimer leurs doutes.

Une gestion de crise est requise de la part des autoritĆ©s et une rĆ©ponse professionnelle de la communautĆ© scientifique est indispensable lors dā€™ā€Šune crise comme celle de COVID-19. MĆŖme si la libertĆ© dā€™ā€Šexpression est un droit fondamental, lā€™ā€Šopinion publique et le savoir commun ne constituent pas un libre-service pour chaque petit malin, professeur(e) ou non, qui sā€™ā€Šoffre son petit moment de gloire mĆ©diatique. Un scientifique professionnel nā€™ā€Šest pas celui qui montre quā€™ā€Šil sait beaucoup de choses, mais bien celui/celle qui reconnaĆ®t les limites de ce savoir. La virologie, lā€™ā€ŠĆ©pidĆ©miologie et lā€™ā€Šimmunologie ont fait dā€™ā€ŠĆ©normes progrĆØs, mais il reste beaucoup dā€™ā€Šinconnues. Un modĆØle informatique nourri avec des informations incomplĆØtes ne produira jamais que des propositions incomplĆØtes ou mĆŖme fausses. Cela ne le rend pas inutile, mais il est capital de commenter ces informations de maniĆØre critique et en Ć©vitant de parler avant dā€™ā€ŠĆŖtre sĆ»r que lā€™ā€Šon a quelque chose Ć  dire.

Si la solidaritĆ© et la rĆ©silience collectives ne peuvent pas sā€™ā€Šappuyer sur une voix crĆ©dible de la science et des autoritĆ©s, il ne faut pas sā€™ā€ŠĆ©tonner quā€™ā€Šune partie de la population ne croit plus personne et se tourne vers les complotistes et les cinglĆ©s de tout bord.

Dr. med.Urs Kaufmann

Bolligen

urs.kaufmann@hin.ch

Assistance ventriculaire en cabinet de mƩdecine gƩnƩrale

Le traitement des patients insuffisants cardiaques a vu une Ć©norme Ć©volution ces derniĆØres annĆ©es et il existe aujourdā€™ā€Šhui un nombre croissant de patient-e-s qui vivent en dehors de lā€™ā€ŠhĆ“pital et bĆ©nĆ©ficient dā€™ā€Šun systĆØme dā€™ā€Šassistance ventriculaire chronique ou Ventricular Assist Device (VAD), dā€™ā€Šun systĆØme de pompe supportant un cœur gauche insuffisant, en dā€™ā€Šautres termes.

La plupart des patients supportés par VAD ont une vie (presque) normale à domicile. Ils peuvent pratiquer des activités sportives (légères) (1), certains peuvent même reprendre le travail (2). Aussi bien pour le suivi de leur insuffisance cardiaque que pour des problèmes non cardiaques, ces patients sont et doivent absolument être suivis par leur médecin de premier recours (3).

Lā€™ā€Šimplantation dā€™ā€Šun VAD est indiquĆ©e dans lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque terminale rĆ©fractaire au traitement mĆ©dicamenteux, pour permettre la survie des patients jusquā€™ā€ŠĆ  la greffe (4) ou lorsquā€™ā€Šā€Šune greffe ne peut pas ĆŖtre envisagĆ©e. Bien quā€™ā€Šil sā€™ā€Šagisse dā€™ā€Šune thĆ©rapie coĆ»teuse, elle permet une amĆ©lioration significative de la qualitĆ© de vie (5, 6). Lā€™ā€Šimplantation dā€™ā€Šun VAD peut ĆŖtre associĆ©e Ć  dā€™ā€Šautres procĆ©dures chirurgicales, par exemple une intervention valvulaire ou une opĆ©ration de pontage aorto-coronarien (7).

Aspects techniques du systĆØme de support ventriculaire (VAD)

La piĆØce centrale du VAD est une pompe constituĆ©e dā€™ā€Šun rotor en mĆ©tal aspirant le sang Ć  travers une canule implantĆ©e dans le ventricule gauche et lā€™ā€ŠĆ©jectant par un conduit en Goretex dans lā€™ā€Šaorte ascendante, parallĆØlement Ć  lā€™ā€Šaction ventriculaire gauche restante (8). La pompe est alimentĆ©e en courant et contrĆ“lĆ©e par un cĆ¢ble tunnelisĆ© Ć  la peau, lui-mĆŖme connectĆ© Ć  un moniteur externe. Le courant est fourni par 2 batteries (fig. 1). Le patient dispose Ć  domicile dā€™ā€Šune station de recharge de ses batteries et de divers cĆ¢bles dont un cĆ¢ble de secours qui permet de remplacer lā€™ā€Šune des batteries par le courant dĆ©livrĆ© par lā€™ā€Šallume-cigare dā€™ā€Šune voiture.

La « programmation » de la pompe est effectuĆ©e au bloc opĆ©ratoire puis adaptĆ©e au cours de lā€™ā€Šhospitalisation. Le rĆ©glage le plus important est celui de la vitesse de rotation de la pompe. Dā€™ā€Šautres paramĆØtres non essentiels pour le mĆ©decin traitant sont programmĆ©s. Les besoins du patient Ć©voluant au cours du traitement, la vitesse de rotation peut ĆŖtre adaptĆ©e par le cardiologue spĆ©cialisĆ©e sur la base dā€™ā€Šexamens fonctionnels, tels que lā€™ā€ŠĆ©chocardiographie (9), lā€™ā€ŠĆ©tude hĆ©modynamique par cathĆ©ter droit ou la combinaison de ces deux mĆ©thodes (10).

Suivi cardiologique des patients assistƩs par VAD

Le suivi cardiologique des patients porteurs dā€™ā€Šun VAD se fait dans lā€™ā€Šinstitution qui a implantĆ© ces dispositifs. Il a lieu Ć  intervalle rĆ©gulier, a minima tous les 3 mois. Le suivi mĆ©dical non spĆ©cialisĆ© peut se poursuivre de maniĆØre inchangĆ©e auprĆØs du mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste (3). Les problĆØmes techniques (problĆØmes de batterie, de chargeur ou du dispositif porteur), doivent ĆŖtre rĆ©solus par le centre spĆ©cialisĆ©, et ne sont pas sous la responsabilitĆ© du mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste. Les patients reƧoivent une formation sur la maniĆØre de prendre en charge leur appareil au quotidien (11).

La consultation en cabinet de mĆ©decine gĆ©nĆ©rale se dĆ©roule de maniĆØre normale. Le mĆ©decin traitant doit cependant savoir quā€™ā€Šen raison du flux continuel gĆ©nĆ©rĆ© par la pompe, il nā€™ā€Šy a pas de pouls mesurable (pas de systole/diastole) mais une pression de dĆ©bit relativement constante. La tension artĆ©rielle est difficile Ć  mesurer et la saturation en oxygĆØne souvent impossible Ć  capter. Lors de lā€™ā€Šauscultation cardiaque et pulmonaire le bruit de ronflement de la machine prĆ©domine. Lā€™ā€Šexamen abdominal peut ĆŖtre effectuĆ© de maniĆØre habituelle, toutefois en prenant garde Ć  lā€™ā€Šorifice de la Drive Line (DL).

Situations typiques au cabinet de mƩdecine gƩnƩrale

Les patients porteurs de VAD sont dĆ©pendants de leur systĆØme dā€™ā€Šassistance et ont indiscutablement un risque non nĆ©gligeable de complications rĆ©sultant de ce traitement : un problĆØme technique du systĆØme peut rapidement dĆ©boucher sur une situation dā€™ā€Šurgence. En plus, ces patients ont un risque infectieux Ć©levĆ© parce que le systĆØme est un corps Ć©tranger complexe avec une porte dā€™ā€ŠentrĆ©e potentielle permanente au niveau de la sortie du cĆ¢ble de contrĆ“le, et enfin ils doivent ĆŖtre continuellement anticoagulĆ©s, ce qui implique le risque de saignements et de thromboses.

Les urgences

Les situations les plus menaƧantes rĆ©sultent gĆ©nĆ©ralement dā€™ā€Šune dysfonction du systĆØme, dā€™ā€Šun accident vasculaire cĆ©rĆ©bral ou dā€™ā€Šune complication hĆ©morragique. Pour le mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste quatre thĆØmes spĆ©cifiques aux porteurs de VAD devraient ĆŖtre connus (tab. 1) :

Le contrƓle des conditions de fonctionnement optimales de la pompe (VAD) :
Les patients porteurs dā€™ā€Šun VAD doivent ĆŖtre anticoagulĆ©s de maniĆØre stricte et bien contrĆ“lĆ©e avec des anti-vitamines K, parce que le contact du sang avec les parties constituantes du systĆØme (mĆ©tal, titane) entraĆ®ne une activation du systĆØme de coagulation (12). Le monitoring rĆ©gulier de lā€™ā€Šanticoagulation et la communication sans dĆ©lai avec le centre implanteur si la valeur dā€™ā€ŠINR sort des intervalles prĆ©dĆ©finis (habituellement entre 2.0-3.0) est probablement le point le plus crucial de la prise en charge de ces patients par la ou le gĆ©nĆ©raliste au cabinet de mĆ©decine gĆ©nĆ©rale.
La tension artĆ©rielle joue un rĆ“le prĆ©pondĆ©rant dans la performance de la pompe. Plus exactement, la diffĆ©rentielle de pression entre le ventricule gauche (peu modifiable) et la pression rĆ©gnant dans lā€™ā€Šaorte (la pression artĆ©rielle). Plus la diffĆ©rentielle est importante (plus le patient est Ā« hypertendu Ā») moins la pompe pourra produire de dĆ©bit (13). IdĆ©alement, la pression moyenne (MAP) est maintenue autour de 80-90 mmHg (14). Cette pression doit ĆŖtre mesurĆ©e au moyen dā€™ā€Šune manchette manuelle et dā€™ā€Šune sonographie Doppler (3). Lā€™ā€Šabsence de pulsatilitĆ© rend la mesure avec un appareil de mesure automatique souvent impossible. Une MAP inhabituelle et/ou supĆ©rieure Ć  110 mmHg doit ĆŖtre communiquĆ©e au centre implanteur.

Les complications associƩes Ơ la thƩrapie
La complication la plus frĆ©quente est lā€™ā€Šinfection avec une situation septique Ć©ventuelle (15). Elle touche entre 10 et 50 % des patients (16, 17). Une infection prend gĆ©nĆ©ralement son origine au point de sortie cutanĆ© de la DL. Localement, le patient se plaindra de douleur, Ć©ventuellement aiguĆ« (souvent le signe dā€™ā€Šun abcĆØs), mais lā€™ā€Šinfection peut aussi se manifester par une dĆ©mangeaison locale associĆ©e Ć  une augmentation de lā€™ā€ŠĆ©coulement au niveau du pansement. Un examen local est nĆ©cessaire sans toutefois retirer le pansement, Ć  la recherche de signes locaux dā€™ā€Šinfection et pour obtenir tĆ“t des cultures bactĆ©riologiques. Le laboratoire inflammatoire habituel (CRP, rĆ©partitions) est indiquĆ©. Une antibiothĆ©rapie empirique ou guidĆ©e par un antibiogramme nā€™ā€Šest Ć  dĆ©buter quā€™ā€ŠaprĆØs discussion avec le centre implanteur.

Des complications redoutĆ©es sont celles liĆ©es Ć  lā€™ā€Šanticoagulation et lā€™ā€Šanti-agrĆ©gation, avec la survenue aussi bien de thromboses que de saignements. Hormis les symptĆ“mes neurologiques classiques (AVC et AIT), un signe « subtil  » de thrombose est la prĆ©sence dā€™ā€Šune macro-hĆ©moglobinurie (urine « coca-cola »). Celle-ci peut ĆŖtre le signe dā€™ā€Šune dĆ©stabilisation de lā€™ā€ŠhĆ©lice au niveau de la pompe, provoquant une hĆ©molyse massive et peut ĆŖtre associĆ©e Ć  une auscultation typique avec ton rugueux. De nouvelles cĆ©phalĆ©es doivent Ć©galement ĆŖtre agressivement explorĆ©es, dans la mesure où les saignements, particuliĆØrement les hĆ©matomes sous-duraux, peuvent se manifester de maniĆØre atypique. Lā€™ā€Šanticoagulation ne doit toutefois jamais ĆŖtre arrĆŖtĆ©e sans prise de contact avec le centre spĆ©cialisĆ©.
Lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque droite, reflĆ©tĆ©e en gĆ©nĆ©ral par une surcharge volĆ©mique et parfois par une insuffisance rĆ©nale ou hĆ©patique est frĆ©quente. Si les œdĆØmes des membres infĆ©rieurs sont quasiment ubiquitaires et souvent multifactoriels (insuffisance veineuse, effet secondaire des anticalciques), un signe inquiĆ©tant est la diminution des besoins en antivitamine K pour maintenir le mĆŖme INR, la perte dā€™ā€ŠappĆ©tit et/ou la tension sous-diaphragmatique droite (bendopnĆ©e). Le poids est Ć  surveiller trĆØs rĆ©guliĆØrement. Si possible, le patient doit ĆŖtre impliquĆ© dans la gestion de son poids.

Lā€™ā€ŠĆ©tat gĆ©nĆ©ral du patient
Que les patients munis dā€™ā€Šun VAD soient en attente ou pas dā€™ā€Šune transplantation, leur qualitĆ© de vie, leur capacitĆ© Ć  ĆŖtre transplantĆ©s et leur survie aprĆØs la transplantation sont liĆ©es Ć  leur condition physique globale (19). Une optimisation de lā€™ā€ŠhygiĆØne de vie et du poids est donc cruciale. Ici aussi, la collaboration avec le mĆ©decin traitant pour assurer une coordination efficace entre les soins hospitaliers et ambulatoires (diĆ©tĆ©ticien, physiothĆ©rapeute, ergothĆ©rapeute, psychiatre) est importante.

Les comorbiditƩs du patient
Pour que les patients porteurs dā€™ā€Šun VAD puissent profiter du traitement, il est important de continuer Ć  traiter dā€™ā€ŠĆ©ventuelles comorbiditĆ©s. Une attention particuliĆØre doit ĆŖtre portĆ©e aux troubles dĆ©pressifs (20), la bronchopathie obstructive chronique et le diabĆØte (21).
Ces comorbiditĆ©s peuvent ĆŖtre abordĆ©es de maniĆØre classique au cabinet du ou de la gĆ©nĆ©raliste, avec toutefois quelques limitations dues Ć  lā€™ā€Šanticoagulation ou la prĆ©sence dā€™ā€Šun systĆØme mĆ©canique (pas dā€™ā€Šinterruption de lā€™ā€Šanticoagulation sauf hĆ©morragie fatale, donc par exemple impossibilitĆ© de pratiquer une biopsie lors de colonoscopies, remplacement agressif des « dĆ©ficits » en fer, etc…). En cas de doute il faut toujours coordonner avec le centre implanteur.
En raison de lā€™ā€Šinteraction entre le systĆØme immunitaire et les surfaces mĆ©talliques de la pompe (22), mais aussi Ć  cause de lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque elle-mĆŖme (23), les dĆ©fenses immunitaires de ces patients sont amoindries. Il est donc important que les vaccinations soient mises Ć  jour au cabinet mĆ©dical (pneumocoques, hĆ©patite A et B,…) et que le rappel du vaccin contre la grippe soit effectuĆ© annuellement, sachant quā€™ā€Šen cas dā€™ā€Šimmunosuppression (Listing pour une transplantation) certains vaccins ne peuvent pas ĆŖtre administrĆ©s.

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Dr.Bruno Schnegg

Clinique Universitaire de Cardiologie
Inselspital, Freiburgstrasse 18,
3010 Berne

Bruno.schnegg@insel.ch

Dr.Patrick Lombardo

Cabinet mƩdical du Chauderon
Chemin du Chauderon 1
1071 Chexbres

Dr.Michele Martinelli

Clinique Universitaire de Cardiologie
Inselspital
Freiburgstrasse 18
3010 Berne

Les auteurs ont dĆ©clarĆ© nā€™ā€Šavoir aucun conflit
dā€™ā€ŠintĆ©rĆŖts en relation avec cet article.

ā—† Les patients supportĆ©s par VAD sont aujourdā€™ā€Šhui une rĆ©alitĆ© en mĆ©decine ambulatoire.
ā—† Ils peuvent aspirer Ć  une bonne qualitĆ© de vie, mais ils ont besoin dā€™ā€Šun soutien systĆ©matique de lā€™ā€Šensemble de leur rĆ©seau de soins aprĆØs la sortie de lā€™ā€ŠhĆ“pital.
ā—† Ces patients peuvent et doivent ĆŖtre suivis par leur mĆ©decins de premier recours. Mais il faut que ces derniers connaissent les aspects particuliers de ce type de traitement, car ces patients sont dĆ©pendants dā€™ā€Šun appareillage compliquĆ© et peuvent ĆŖtre difficiles Ć  examiner.
◆ De plus, les généralistes connaissent normalement bien leur patient et son entourage ainsi que son histoire, ce qui facilite entre autres la détection précoce de complications.
ā—† Enfin, la mĆ©decine prĆ©ventive (vaccination, optimisation de lā€™ā€ŠĆ©tat gĆ©nĆ©ral du patient) est trĆØs importante (3).
ā—† Le ou la patiente porteur/euse dā€™ā€Šun VAD illustre donc par excellence lā€™ā€Šimportance de rĆ©seaux de soins bien organisĆ©s impliquant une bonne communication entre mĆ©decins hospitaliers et mĆ©decins gĆ©nĆ©ralistes dans le traitement des patients prĆ©sentant des comorbiditĆ©s complexes.

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Lā€™ā€ŠeczĆ©ma analā€Š

Lā€™ā€ŠeczĆ©ma (pĆ©ri-) anal est un motif de consultation assez frĆ©quent dans le cabinet du mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste. En raison dā€™ā€Šun sentiment de honte et de tabou, le premier contact avec un mĆ©decin nā€™ā€Ša souvent lieu que tardivement, lorsque le patient souffre dĆ©jĆ  beaucoup. Il nā€™ā€Šest pas facile de poser un diagnostic, car les symptĆ“mes dĆ©crits et la prĆ©sentation clinique sont gĆ©nĆ©ralement trĆØs hĆ©tĆ©rogĆØnes. Ce bref aperƧu se concentre sur la clarification et le traitement appropriĆ© en fonction de lā€™ā€ŠĆ©tiologie de lā€™ā€ŠeczĆ©ma anal.

PrĆ©sentation de casā€Š:

Un patient de 77 ans a été vu par les collègues du service de gastro-
entĆ©rologie avec des lĆ©sions cutanĆ©es pĆ©rianales qui dĆ©mangeaient beaucoup depuis plusieurs mois. Dans lā€™ā€ŠanamnĆØse le patient dĆ©crit un nettoyage trĆØs minutieux de ses parties intimes et, en plus du papier de toilette, des lingettes sont utilisĆ©s pour le nettoyage quotidien. En outre, il existe une dermatite atopique avec sensibilisation de type I au pollen.
Cliniquement, on observe un Ć©rythĆØme pĆ©rianal avec des lĆ©sions Ć©parses, avec des bords indistincts (fig. 2). Des hemorroĆÆdes ou dā€™ā€Šautres affections proctologiques ont dĆ©jĆ  Ć©tĆ© exclues par les collĆØgues de la gastro-entĆ©rologie. Comme une sensibilisation de contact semblait possible sur la base de lā€™ā€ŠanamnĆØse, un examen Ć©picutanĆ© a Ć©tĆ© effectuĆ©.
Cet examen a rĆ©vĆ©lĆ© une sensibilisation de contact Ć  divers composants de produits topiques dans la zone pĆ©rianale, en particulier Ć  la mĆ©thylisothiazolinone (lingettes humides) et le mĆ©lange de parfums/colophane (ingrĆ©dient de nombreuses crĆØmes) (fig. 1). Le diagnostic dā€™ā€ŠeczĆ©ma anal allergique de contact a donc Ć©tĆ© posĆ© et on a conseillĆ© au patient dā€™ā€ŠarrĆŖter tous les produits de soins de la peau et de passer Ć  la vaseline simple pour les soins de la peau. Avec ces mesures, ainsi quā€™ā€Šune application Ć  court terme dā€™ā€Šun stĆ©roĆÆde topique de classe II, une guĆ©rison complĆØte est survenue en quelques semaines.

Sur la base de lā€™ā€ŠĆ©tiologie on distingue 3 formes dā€™ā€ŠeczĆ©ma anal.
Lā€™ā€ŠeczĆ©ma anal allergique de contact est causĆ© par des ingrĆ©dients (soins de la peau ou parfums) de crĆØmes Ć  application topique, dā€™ā€Šagents proctologiques ou de lingettes humides. Selon le moment de son apparition, lā€™ā€ŠeczĆ©ma anal peut avoir une Ć©volution aiguĆ« ou chronique, cliniquement, la limite est floue (fig. 2). Il est important de recueillir des informations dĆ©taillĆ©es, dā€™ā€Šidentifier lā€™ā€Šā€ŠallergĆØne et de faire un test Ć©picutanĆ© pour identifier lā€™ā€ŠallergĆØne. Les allergĆØnes de contact sont nombreux. Outre les divers parfums, les anesthĆ©siques locaux tels que la lidocaĆÆne et la benzocaĆÆne, le thiomersal (Ć©galement le thimĆ©rosal), la mĆ©thylisothiazolinone (conservateurs dans certaines crĆØmes et mĆ©dicaments), le baume du PĆ©rou (Myroxylon pereirae), lā€™ā€Šextrait de camomille et le menthol ont Ć©tĆ© dĆ©crits comme provoquant des allergies (1, 3).

Lā€™ā€ŠeczĆ©ma anal atopique se rencontre souvent chez les patients ayant une prĆ©disposition atopique. En plus des sites de prĆ©dilection typiques de lā€™ā€ŠeczĆ©ma atopique, comme le visage, les coudes et les jambes, lā€™ā€ŠarriĆØre des genoux, la zone anogĆ©nitale est Ć©galement frĆ©quemment touchĆ©e (fig. 3).

Dans lā€™ā€ŠeczĆ©ma anal atopique, le patient se plaint gĆ©nĆ©ralement dā€™ā€Šun prurit sĆ©vĆØre. Dā€™ā€Šautre part, lā€™ā€Šinspection ne rĆ©vĆØle souvent que des troubles discrets cutanĆ©s discrets. En cas dā€™ā€ŠĆ©volution chronique et de prurit important, il n’est pas rare de trouver un eczĆ©ma lichĆ©nifiĆ© (1, 2).

Lā€™ā€ŠeczĆ©ma anal toxique cumulatif se produit gĆ©nĆ©ralement Ć  la suite de divers facteurs, qui provoquent une irritation Ć  long terme de la peau pĆ©rianale. Il y a souvent une incontinence fĆ©cale ou un problĆØme anatomique, des changements tels que des hĆ©morroĆÆdes ou marisques, qui interfĆØrent avec lā€™ā€ŠhygiĆØne anale et conduisent ainsi Ć  une macĆ©ration gĆ©nĆ©ralement bien dĆ©limitĆ©e de la peau pĆ©rianale (fig. 4). Dā€™ā€Šautres causes peuvent ĆŖtre une transpiration augmentĆ©e (p.ex., en cas dā€™ā€ŠobĆ©sitĆ©) ou un manque de lā€™ā€ŠhygiĆØne intime ou lā€™ā€ŠexcĆØs dā€™ā€ŠhygiĆØne avec des dĆ©tergents agressifs ou du papier toilette rugueux.
Comme diagnostic diffĆ©rentiel une infection par Candida ou par des streptocoques, dans le sens dā€™ā€Šune dermatite pĆ©rianale streptogĆØne doit aussi ĆŖtre envisagĆ©e (1, 2).

Le diagnostic

Afin dā€™ā€ŠĆ©viter les rechutes et la chronification de lā€™ā€ŠeczĆ©ma anal, la recherche de la cause dĆ©clenchante doit se faire au moyen dā€™ā€Šune mĆ©thode aussi standardisĆ©e que possible.

Une anamnĆØse dĆ©taillĆ©e est essentielle afin dā€™ā€Šidentifier la cause de lā€™ā€ŠeczĆ©ma anal. En plus de la date de lā€™ā€Šapparition et lā€™ā€ŠĆ©volution de lā€™ā€ŠeczĆ©ma il faut rechercher les symptĆ“mes principaux tels que des dĆ©mangeaisons, des brĆ»lures, des suintements et des douleurs. Lā€™ā€ŠanamnĆØse doit examiner la possibilitĆ© dā€™ā€Šune Ć©ventuelle diathĆØse atopique et le type dā€™ā€ŠhygiĆØne anale (excessive/insuffisante). En outre, lā€™ā€ŠanamnĆØse doit chercher des troubles proctologiques (hĆ©morroĆÆdes, fistules anales, etc.), et adresser le comportement sexuel (rapports anaux, lubrifiants, utilisation de prĆ©servatifs), les maladies sexuellement transmissibles dans les antĆ©cĆ©dents personnels et pour les personnes Ć¢gĆ©es de plus de 50 ans, une coloscopie antĆ©rieure. Lā€™ā€Šexamen standard comprend lā€™ā€Šinspection et le toucher rectal, qui sont faciles Ć  rĆ©aliser dans le cabinet du mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste. Lā€™ā€Šinspection doit idĆ©alement porter sur lā€™ā€Šensemble du tĆ©gument. Ainsi, dans le cas du psoriasis, par exemple en plus des points de prĆ©dilection typiques sur les cĆ“tĆ©s extenseurs des extrĆ©mitĆ©s (coude, genou) ou sur lā€™ā€Šos du sacrum, des modifications cutanĆ©es typiques sont Ć©galement frĆ©quemment observĆ©es dans la rĆ©gion anogĆ©nitale (fig. 5). Un frottis, par exemple pour dĆ©tecter une dermatite streptococcique pĆ©rianale, peut contribuer Ć  clarifier la situation. Le prĆ©lĆØvement dā€™ā€Šun Ć©chantillon dans le cas de tinea corporis (fig. 6) ou de candidose doit ĆŖtre effectuĆ©e en cas de doute.

En cas de suspicion dā€™ā€ŠeczĆ©ma anal allergique de contact, un test Ć©picutanĆ© doit ĆŖtre rĆ©alisĆ© dans le cadre du bilan de base. Il devrait comprendre la sĆ©rie standard, la sĆ©rie des fragrances et inclure les prĆ©parations ainsi que les produits de soins de la peau du patient. La proctoscopie et la rectoscopie sont rĆ©servĆ©es aux mĆ©decins expĆ©rimentĆ©s. En cas de doute, il convient dā€™ā€Šorienter le patient vers une consultation proctologique. Ceci sā€™ā€Šapplique en particulier lors dā€™ā€Šanomalies Ć  la palpation dans le canal anal, sā€™ā€Šil sā€™ā€Šagit dā€™ā€Šun patient VIH, si lā€™ā€Šon suspecte une nĆ©oplasie intraĆ©pithĆ©liale anale (NIA) et lors de rĆ©sultats qui ne rĆ©pondent pas au traitement dans un dĆ©lai adĆ©quat. Les biopsies doivent Ć©galement ĆŖtre rĆ©alisĆ©es par un dermatologue ou un proctologue (fig. 7).

La thƩrapie

Les mesures dĆ©crites ci-dessous sont Ć©galement valables pour toutes les variantes de lā€™ā€ŠeczĆ©ma. HygiĆØne anale appropriĆ©e : un nettoyage excessif de la zone intime, ainsi quā€™ā€Šune hygiĆØne anale insuffisante peuvent souvent favoriser lā€™ā€ŠeczĆ©ma anal et doivent ĆŖtre corrigĆ©s. Le nettoyage quotidien Ć  lā€™ā€Šeau claire, sans savon est recommandĆ©. La peau doit ensuite ĆŖtre sĆ©chĆ©e Ć  lā€™ā€Šaide dā€™ā€Šune serviette ou dā€™ā€Šun sĆØche-cheveux Ć  air froid. Les vĆŖtements serrĆ©s doivent, si possible, ĆŖtre Ć©vitĆ©s. Les sous-vĆŖtements permettant dā€™ā€ŠĆ©vacuer la transpiration, en coton par exemple, sont Ć  privilĆ©gier.

Ɖviter les substances toxiques cumulĆ©es et les allergĆØnes de contactā€Š: Lā€™ā€ŠĆ©vitement de ces substances est la condition prĆ©alable du traitement dā€™ā€Šun eczĆ©ma anal allergique de contact. Lā€™ā€Šutilisation de lingettes humides, de nettoyants et de dĆ©odorants parfumĆ©s doit ĆŖtre arrĆŖtĆ©e.

Le traitement des maladies proctologiquesā€Š: Les plus courantes sont les hĆ©morroĆÆdes qui provoquent des dĆ©mangeaisons, des douleurs, des saignements ou une sensation de dĆ©fĆ©cation incomplĆØte. La prĆ©sence dā€™ā€Šune fistule anale ou dā€™ā€Šun sinus pilonidal peut Ć©galement entraĆ®ner un suintement et ainsi une macĆ©ration cutanĆ©e, qui peut Ć  son tour entraĆ®ner un eczĆ©ma pĆ©rianal (1). Une perturbation de la continence pour de diverses raisons peut provoquer un changement de lā€™ā€Šenvironnement humide et favoriser ainsi le dĆ©veloppement de lā€™ā€ŠeczĆ©ma pĆ©rianal.

Le traitement topique

Le traitement topique dĆ©pend de lā€™ā€ŠĆ©tiologie sous-jacente et de la morphologie de la dermatose (fig. 8). En cas de lĆ©sions cutanĆ©es aiguĆ«s suintantes ou de transpiration abondante dans la rĆ©gion anale, des astringents peuvent ĆŖtre appliquĆ©s sous la forme de bains de siĆØge (Tannosynt liquide, 1-2x/jour). Les tanins contenus dans le thĆ© noir ont Ć©galement un effet assĆ©chant et peuvent ĆŖtre appliquĆ©es sous forme de compresses humides. En outre, les prĆ©parations Ć  base de zinc, anti-inflammatoires et le plus souvent sans allergĆØnes, favorisent la cicatrisation des plaies. Les topiques avec diffĆ©rents contenus en eau et en graisses sont disponibles (pĆ¢te pour plaies dā€™ā€Šoxyplastine, pĆ¢te ZinCream Medinova), qui peuvent ĆŖtre appliquĆ©s plusieurs fois par jour. Si lā€™ā€Šon soupƧonne un eczĆ©ma de contact, il faut appliquer, si possible, notamment avant les tests Ć©picutanĆ©s, uniquement des topiques sans allergĆØnes, tels que la formulation de base dā€™ā€Šhuile dans de lā€™ā€Šeau Unguentum emulsificans aquosum (formulation magistrale Ung. Emulsificans, p.ex. 30 ad Aqua 100) ou de la vaseline blanche. Comme thĆ©rapie anti-inflammatoire pour tous les eczĆ©mas (pĆ©ri-)anaux, mais surtout lā€™ā€ŠeczĆ©ma atopique, les stĆ©roĆÆdes de classe II sont utilisĆ©s Ć  court terme. Lā€™ā€Šapplication 1x/jour ne doit pas dĆ©passer une pĆ©riode de 2 Ć  3 semaines (diminution progressive) (hydrocortisone, p.ex. Locoid Ć©mulsion fluide ou crĆØme 0.1%) (4).

Il existe un certain nombre de produits combinĆ©s sur le marchĆ©, principalement pour le traitement des hĆ©morroĆÆdes, qui associent des stĆ©roĆÆdes et des anesthĆ©siques locaux ou des antiseptiques (Scheriproct, Synalar, Faktu ong avec disp). Dā€™ā€Šune part, ces prĆ©parations sont efficaces en ce qui concerne les effets analgĆ©siques et antiprurigineux, mais dā€™ā€Šautre part elles ne doivent pas ĆŖtre utilisĆ©es en prĆ©sence dā€™ā€Šinfections bactĆ©riennes ou de mycoses concomitantes. En outre, il existe un risque dā€™ā€Šallergie de contact, et la durĆ©e de lā€™ā€Šapplication ne doit pas dĆ©passer 2 semaines (5).

Les inhibiteurs de la calcineurine tels que le Tacrolimus (ProtopicĀ®) et le Pimecrolimus (ElidelĀ®) sont utilisĆ©s dans lā€™ā€ŠeczĆ©ma persistant (pĆ©ri-) anal pour Ć©conomiser les stĆ©roĆÆdes. Non seulement dans lā€™ā€ŠeczĆ©ma atopique ou de nombreuses autres dermatoses inflammatoires, les deux agents prĆ©sentent un effet anti-inflammatoire Ć©levĆ© sans les effets secondaires typiques des stĆ©roĆÆdes ou une absorption systĆ©mique importante. En outre, les inhibiteurs topiques de la calcineurine nā€™ā€Šentrainent pas assez souvent une amĆ©lioration rapide du prurit, qui est un symptĆ“me majeur de lā€™ā€ŠeczĆ©ma anal. Cependant, sauf dans le cas de la genĆØse atopique, il sā€™ā€Šagit dā€™ā€Šune utilisation Off-label (6, 7).

Article traduit de Ā«ā€Šder informierte arztā€ŠĀ» 03-2021

Copyright Aerzteverlag medinfo AG

Dr. med. univ. Julia Kandinger

Julia Kandinger
Hausarztpraxis Grossfeld
Grossfeldstrasse 1
7310 Bad Ragaz

julia.kandinger@hin.ch

Prof. Dr. med. Dr. sc. nat. Antonio Cozzio

Kantonsspital St. Gallen
Rorschacher Strasse 95
Haus 20
9007 St. Gallen

antonio.cozzio@kssg.ch

Les auteurs nā€™ā€Šont dĆ©clarĆ© aucun conflit dā€™ā€ŠintĆ©rĆŖts en rapport avec cet article.

ā—† Le diagnostic de lā€™ā€ŠeczĆ©ma (pĆ©ri-)anal est souvent retardĆ© par lā€™ā€ŠautothĆ©rapie personnelle du patient ainsi quā€™ā€Šun tabou social ou un sentiment de honte.
ā—† Afin dā€™ā€ŠĆ©viter la rĆ©currence et la chronification de lā€™ā€ŠeczĆ©ma anal, la recherche de la cause dĆ©clenchante doit se faire au moyen dā€™ā€Šune clarification standardisĆ©e (frottis/test allergique/biopsie).
ā—† La thĆ©rapie topique est basĆ©e sur les instructions dā€™ā€Šune hygiĆØne anale correcte ainsi que sur les rĆ©sultats aprĆØs avoir dĆ©terminĆ© lā€™ā€ŠĆ©tiologie et la morphologie sous-jacentes de de la dermatose.
◆ En cas de constatations palpatoires dans le canal anal, chez les patients VIH, lors de suspicion de néoplasie intraépithéliale anale (NIA) et de résultats qui ne répondent pas aux traitements médicaux dans un délai adéquat, une orientation vers une consultation de proctologie pour évaluation et, si nécessaire, une biopsie est indiquée.

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7. Kreuter A, Hochdorfer B, Altmeyer P. Pimecrolimus 1% cream for perianal atopic dermatitis. BJD 2005, 152:176-198
8. Niedner R, Ziegenmeyer J. Dermatika, Therapeutischer Einsatz, Pharmakologie und Pharmazie, Wissenschaftliche Verlagsgesellschaft Stuttgart;1992 (Fig. 4)

Les troubles du sommeil et de lā€™ā€Šā€ŠĆ©veil  – Une mise Ć  jour

Les mĆ©decins gĆ©nĆ©ralistes rencontrent rĆ©guliĆØrement des patients souffrant de troubles du sommeil dans leur cabinet. Les patients se plaignent le plus souvent de fatigue, de somnolence, de difficultĆ©s Ć  sā€™ā€Šā€Šendormir ou Ć  rester endormi, ou dā€™ā€Šā€Šun rĆ©veil prĆ©coce. Avec une prĆ©valence globale dā€™ā€Šā€Šenviron 44% dans les cabinets de mĆ©decine gĆ©nĆ©rale suisses, les troubles du sommeil sont une maladie frĆ©quemment rencontrĆ©e (1).

Tout dā€™ā€Šā€Šā€Šabord, il est important de clarifier les termes avec le patient : la fatigue diurne dĆ©crit une fatigue mentale et physique prĆ©coce, tandis que la somnolence diurne dĆ©crit une forte tendance Ć  sā€™ā€Šā€Šendormir Ć  des moments inappropriĆ©s. Les causes des troubles du sommeil sont multiples et requiĆØrent une approche systĆ©matique afin de pouvoir Ć©tablir un diagnostic et dā€™ā€Šā€Šinitier ā€Šun traitement adaptĆ© (fig. 1).

AnamnĆØse du sommeil

En plus dā€™ā€Šā€Šā€Šune anamnĆØse complĆØte, tenant compte des mĆ©dicaments pris et de la situation professionnelle (travail postĆ©, charge de travail quotidienne/hebdomadaire), un agenda du sommeil sur 2 semaines constitue une premiĆØre Ć©tape diagnostique. Il convient de reprendre avec le patient le dĆ©roulĆ© d’un cycle de 24 heures et de recueillir les Ć©lĆ©ments suivants : heures de coucher et de lever, latence dā€™ā€Šā€Šendormissement, sensations dĆ©sagrĆ©ables ou mouvements des jambes au repos, durĆ©e dā€™ā€Šā€ŠĆ©veil, la frĆ©quence des visites aux toilettes, le temps de latence pour sā€™ā€Šā€Šendormir aprĆØs sā€™ā€Šā€ŠĆŖtre rĆ©veillĆ© pendant la nuit, les rĆŖves pĆ©nibles et les rĆŖves agitĆ©s (2). Une durĆ©e de sommeil allongĆ©e de plus de 90 minutes pendant le week-end comparativement Ć  la semaine fournit des indications dā€™ā€Šā€Šune Ć©ventuelle insuffisance de sommeil.

Les commentaires dā€™ā€Šā€Šun ou dā€™ā€Šā€Šune partenaire fournissent Ć©galement des indications importantes : ronflement, pauses respiratoires nocturnes et mouvements pendant le sommeil. Alors que les parasomnies comme le somnambulisme et les terreurs nocturnes affectent jusquā€™ā€ŠĆ  10ā€Š% des enfants (3), des comportements anormaux pendant le sommeil, tels que la rĆ©alisation des rĆŖves chez les adultes doivent ĆŖtre clarifiĆ©s par un spĆ©cialiste du sommeil.
Lā€™ā€Šā€ŠanamnĆØse du sommeil est complĆ©tĆ©e par le recueil des antĆ©cĆ©dents mĆ©dicaux (maladies chroniques, douleurs). De nombreux mĆ©dicaments perturbent le sommeil ou sont sĆ©datifs et peuvent ainsi provoquer une somnolence diurne (tab. 1). En outre, les valeurs des fonctions hĆ©patiques et rĆ©nales, les paramĆØtres du bilan martial, y compris la ferritine, la vitamine D, la tension artĆ©rielle, le TSH, le poids et la taille du corps doivent ĆŖtre dĆ©terminĆ©s. Un examen rapide de la gorge donne une indication de lā€™ā€Šā€ŠĆ©troitesse des voies aĆ©riennes supĆ©rieures. Ceci, associĆ© Ć  un tour de cou important rend la prĆ©sence de troubles respiratoires liĆ©s au sommeil plus probable (4, 5).

Le patient insomniaque

Une grande partie des patients souffrant de troubles du sommeil et de lā€™ā€Šā€ŠĆ©veil se plaignent de difficultĆ©s Ć  sā€™ā€Šā€Šendormir, Ć  dormir toute la nuit ou dā€™ā€Šā€Šun rĆ©veil prĆ©coce. Si les symptĆ“mes persistent pendant plus dā€™ā€Šā€Šun mois, et si la qualitĆ© de vie en journĆ©e du patient est altĆ©rĆ©e, une insomnie peut ĆŖtre diagnostiquĆ©e (6). Il est important dā€™ā€Šā€ŠĆ©valuer lā€™ā€Šā€Šinsomnie non seulement comme un symptĆ“me concomitant, secondaire d’une pathologie sous-jacente, mais aussi comme une maladie diagnostiquĆ©e indĆ©pendante. En effet, une insomnie non traitĆ©e peut entraĆ®ner une dĆ©pression et lā€™ā€Šā€Šaggravation de comorbiditĆ©s (7-9). Une Ć©tude rĆ©cente montre une prĆ©valence de 36% des symptĆ“mes dā€™ā€Šā€Šinsomnie dans les cabinets de mĆ©decins gĆ©nĆ©ralistes, 11% remplissant les critĆØres de lā€™ā€Šā€Šinsomnie chronique (10).

ƀ lā€™ā€Šā€Šaide de lā€™ā€Šā€ŠanamnĆØse du sommeil, il est possible de faire la distinction entre un problĆØme dā€™ā€Šā€Šinsomnie chronique et un trouble du rythme circadien ou du rythme veille-sommeil (travail postĆ©), un manque de structuration quotidienne des rythmes avec des heures de lever irrĆ©guliĆØres et un chronotype tardif (Ā«night owlĀ»).

Syndrome des jambes sans repos

Les troubles du mouvement liĆ©s au sommeil, tels que le syndrome des jambes sans repos (SJSR) ou des mouvements pĆ©riodiques de jambes, sont des causes souvent mĆ©connues dā€™ā€Šā€Šun trouble de lā€™ā€Šā€Šendormissement ou du maintien du sommeil (11). Les quatre critĆØres cliniques obligatoires pour le diagnostic du SJSR sont :
(i) dysesthĆ©sies dans les jambes associĆ©es Ć  un besoin irrĆ©sistible de bouger les jambes (ii) survenant exclusivement au repos et pendant la relaxation (iii), amĆ©liorĆ©es par le mouvement et (iv) sā€™ā€Šā€Šaccentuant en soirĆ©e. Des antĆ©cĆ©dents familiaux de SJSR, une rĆ©ponse au traitement dopaminergique et la preuve par polysomnographie de mouvements pĆ©riodiques des jambes pendant le sommeil appuient le diagnostic (12). Des causes secondaires du SJSR peuvent ĆŖtre une carence en fer, une insuffisance rĆ©nale grave, certains mĆ©dicaments (ISRS, neuroleptiques, antiĆ©mĆ©tiques et effets paradoxaux du traitement dopaminergique) ou survenir lors dā€™ā€Šā€Šune grossesseā€Š; ces situations se distinguent du SJSR idiopathique. Quelle qu’ en soit la cause, une supplĆ©mentation en fer par voie orale est toujours recommandĆ©e au dĆ©part si le taux de ferritine est infĆ©rieur Ć  75 µg/mL.

Un traitement symptomatique supplĆ©mentaire est administrĆ© en fonction de la gravitĆ© et des comorbiditĆ©s, et consiste principalement en un traitement dopaminergique ou avec des alpha-2-delta ligands (gabapentine, prĆ©gabaline). Avec ces derniers, le risque de syndrome d’augmentation (rĆ©action paradoxale avec expansion temporelle et topographique des symptĆ“mes) est nettement plus faible (13).

Situations de stress

Lā€™ā€Šā€Šinsomnie est souvent associĆ©e Ć  un trouble de lā€™ā€Šā€Šhumeur ou de lā€™ā€Šā€ŠanxiĆ©tĆ©, qui ne remplit toutefois pas les critĆØres dā€™ā€Šā€Šune pathologie mentale primitive. Les cauchemars font Ć©galement partie de cette catĆ©gorie :
ils doivent ĆŖtre pris au sĆ©rieux et peuvent ĆŖtre traitĆ©s efficacement par Imagery Rehearsal Therapy (14). Lā€™ā€Šā€Šindice ISI (Insomnia Severity Index) permet dā€™ā€Šā€ŠĆ©valuer la gravitĆ© de lā€™ā€Šā€Šinsomnie (15). Selon les lignes directrices, une polysomnographie est uniquement recommandĆ©e en cas de suspicion dā€™ā€Šā€Šun trouble respiratoire sous-jacent liĆ© au sommeil, d’une suspicion de mouvements au cours du sommeil ou sā€™ā€Šā€Šil nā€™ā€Šā€Šy a pas dā€™ā€Šā€ŠamĆ©lioration avec le traitement (16).

ThƩrapie cognitivo-comportementale

La thĆ©rapie de choix pour le traitement de lā€™ā€Šā€Šinsomnie est la thĆ©rapie cognitivo-comportementale de lā€™ā€Šā€Šinsomnie (TCCI). Son efficacitĆ© a Ć©tĆ© dĆ©montrĆ©e Ć  la fois Ć  court et Ć  long terme et chez les patients plus Ć¢gĆ©s (17). Ses Ć©lĆ©ments-clĆ©s sont la restriction du temps passĆ© au lit (augmenter la pression du sommeil en rĆ©duisant le temps passĆ© au lit) et le contrĆ“le du stimulus (utiliser le lit uniquement pour dormir). Plus dā€™ā€Šā€Šinformations sur lā€™ā€Šā€ŠĆ©ducation au sommeil, les recommandations dā€™ā€Šā€ŠhygiĆØne du sommeil et les exercices de relaxation sont Ć©galement enseignĆ©s. Les programmes TCCI en ligne (www.somn.io, www.ksm-somnet.ch) se sont rĆ©vĆ©lĆ©s efficaces lors dā€™ā€Šā€Šessais cliniques (18,  19). En outre, des applications sont dĆ©jĆ  disponibles (7SchlƤfer, sleepio). Une thĆ©rapie mĆ©dicamenteuse peut soutenir la TCCI, mais nā€™ā€Šā€Šest pas recommandĆ©e pour un traitement Ć  long terme. Les somnifĆØres peuvent ĆŖtre utiles pour une intervention Ć  court terme, dā€™ā€Šā€Šune durĆ©e maximale de 4 semaines. Les mĆ©dicaments de type composĆ©s Z (zopiclone, zolpidem) sont prĆ©fĆ©rables aux benzodiazĆ©pines classiques en raison du profil dā€™ā€Šā€Šeffets secondaires et du potentiel de dĆ©pendance de ces derniĆØres. Les antidĆ©presseurs stimulant lā€™ā€Šā€Šendormissement, comme la trazodone, constituent une alternative efficace pour amĆ©liorer la qualitĆ© du sommeil (16). Bien que la TCCI est recommandĆ©e dans les directives, seulement 1% des patients dans les cabinets de mĆ©decine gĆ©nĆ©rale suisses reƧoivent actuellement ce traitement (10).

Le patient hypersomniaque

La somnolence diurne excessive dĆ©signe une pression de sommeil accrue avec une tendance insurmontable Ć  dormir pendant la journĆ©e (6). Cela entraĆ®ne une diminution des performances et de la participation dans les tĆ¢ches et activitĆ©s de la vie quotidienne, au travail (circulation routiĆØre) et dans la sociĆ©tĆ©. Lā€™ā€Šā€ŠĆ©chelle de somnolence dā€™ā€Šā€ŠEpworth (ESS) mesure la probabilitĆ© subjective de sā€™ā€Šā€Šendormir dans diffĆ©rentes situations (20). La somnolence excessive pendant le jour est dĆ©finie par un score sur l’ESS ≄ 10 (Ć©chelle de 0 Ć  24). La cause la plus frĆ©quente de la somnolence diurne excessive chez les jeunes est lā€™ā€Šā€Šinsuffisance chronique de sommeil (21, 22). En revanche, la fatigue diurne fait rĆ©fĆ©rence Ć  lā€™ā€Šā€ŠĆ©puisement mental et physique. La fatigue peut ĆŖtre Ć©valuĆ©e par le score de gravitĆ© de la fatigue (Fatigue Severity Scale, FSS) (23).

Troubles respiratoires liƩs au sommeil

Les troubles respiratoires liĆ©s au sommeil font partie des Ć©tiologies frĆ©quentes de somnolence diurne excessive et de fragmentation du sommeil. Il sā€™ā€Šā€Šagit le plus frĆ©quemment dā€™ā€Šā€Šinterruptions ou de limitations de la respiration (apnĆ©es et hypopnĆ©es) pendant le sommeil. Le plus frĆ©quent de ces troubles, le syndrome dā€™ā€Šā€ŠapnĆ©es obstructives du sommeil est diagnostiquĆ© lorsque lā€™ā€Šā€Šindex dā€™ā€Šā€ŠapnĆ©e-hypopnĆ©e (IAH) est > 15/h ou lors dā€™ā€Šā€Šun IAH > 5/h en plus dā€™ā€Šā€Šun autre symptĆ“me typique (6) : ronflement, pauses respiratoires observĆ©es par lā€™ā€Šā€Šentourage, prise de poids, nycturie, bouche sĆØche et maux de tĆŖte. Les femmes prĆ©sentent souvent des symptĆ“mes moins prononcĆ©s que les hommes (voir lā€™ā€Šā€ŠĆ©tude de cas ci-dessous).
Chez les femmes, lā€™ā€Šā€ŠapnĆ©e obstructive du sommeil peut se prĆ©senter de maniĆØre atypique sous forme de troubles du sommeil ou de somnolence diurne. Sā€™ā€Šā€Šil y a une faible probabilitĆ© prĆ©-test dā€™ā€Šā€ŠapnĆ©e du sommeil (STOP-BANG test), une polysomnographie est recommandĆ©e. Si la probabilitĆ© prĆ©-test est Ć©levĆ©e, une polygraphie respiratoire ambulatoire peut ĆŖtre rĆ©alisĆ©e (24, 25). La polysomnographie peut Ć©galement ĆŖtre utilisĆ©e pour diffĆ©rencier lā€™ā€Šā€ŠapnĆ©e centrale du sommeil ou le syndrome dā€™ā€Šā€Šhypoventilation associĆ© au sommeil. Concernant le traitement de lā€™ā€Šā€ŠapnĆ©e du sommeil modĆ©rĆ©e Ć  sĆ©vĆØre (IAH >ā€Š15/h), une ventilation nocturne en pression positive continue ou, en fonction de la limitation du dĆ©bit respiratoire, une orthĆØse d’avancĆ©e mandibulaire est recommandĆ©e. Dā€™ā€Šā€Šautres mesures dā€™ā€Šā€Šaccompagnement sont : la rĆ©duction du poids (une rĆ©duction de 10 % rĆ©duit de moitiĆ© lā€™ā€Šā€ŠIAH et entraĆ®ne souvent une amĆ©lioration des symptĆ“mes (26)), lā€™ā€Šā€Šexercice physique rĆ©gulier, lā€™ā€Šā€ŠentraĆ®nement des muscles des voies aĆ©riennes supĆ©rieures, lā€™ā€Šā€ŠarrĆŖt de la consommation dā€™ā€Šā€Šalcool en soirĆ©e et des mĆ©dicaments myorelaxants (notamment les benzodiazĆ©pines).

Hypersomnies

Lā€™ā€Šā€Šhypersomnie centrale est un diagnostic diffĆ©rentiel rare mais important de somnolence diurne excessive. La narcolepsie, qui est principalement due Ć  une rĆ©action auto-immune contre les neurones hypocrĆ©tinergiques de lā€™ā€Šā€Šhypothalamus, fait partie de ce groupe de maladies. Elle se divise en deux sous-types : dans le cas de la narcolepsie de type 1 (NT1), des cataplexies surviennent en plus dā€™ā€Šā€Šune somnolence diurne excessive. Il sā€™ā€Šā€Šagit de courts Ć©pisodes de perte de tonus musculaire avec une conscience prĆ©servĆ©e, dĆ©clenchĆ©s principalement par une expĆ©rience Ć©motionnelle claire (positive). Les autres symptĆ“mes pouvant survenir au cours du sommeil et de lā€™ā€Šā€ŠĆ©veil sont des paralysies du sommeil (hypnagogiques ou hypnopompiques, si elles surviennent respectivement Ć  lā€™ā€Šā€Šendormissement ou au rĆ©veil), des hallucinations liĆ©es au sommeil et la fragmentation de sommeil. La dĆ©tection dā€™ā€Šā€Šune diminution du niveau dā€™ā€Šā€ŠhypocrĆ©tine dans le liquide cĆ©phalo-rachidien (≤ 110 pg/ml) est spĆ©cifique de la NT1. En revanche, les patients atteints de narcolepsie de type 2 ne prĆ©sentent pas de cataplexies ni de taux abaissĆ©s dā€™ā€Šā€ŠhypocrĆ©tine. Les symptĆ“mes sont moins prononcĆ©s que ceux des patients souffrant de NT1 (27, 28). Un autre sous-type important dā€™ā€Šā€Šhypersomnie centrale est lā€™ā€Šā€Šhypersomnie idiopathique, qui se caractĆ©rise par un sommeil non rĆ©parateur, de longues pĆ©riodes de sommeil (> 10 heures) et une somnolence diurne excessive. Les patients prĆ©sentent gĆ©nĆ©ralement un rĆ©veil difficile (ivresse de sommeil au rĆ©veil) et une somnolence prolongĆ©e (29). La narcolepsie de type 2 et lā€™ā€Šā€Šhypersomnie idiopathique sont toutes deux des diagnostics dā€™ā€Šā€Šexclusion et requiĆØrent un recours Ć  un service spĆ©cialisĆ© en mĆ©decine du sommeil, avec polysomnographie et rĆ©alisation de tests diurnes Ć©valuant la vigilance. Les patients bĆ©nĆ©ficient dā€™ā€Šā€Šun traitement par des mĆ©dicaments stimulants de lā€™ā€Šā€ŠĆ©veil.

Livia G. Fregolente, MD
Dipl. Biol. Albrecht P. A. Vorster
Dr. med. Jurka Meichtry
Prof. Dr. med. Claudio L. A. Bassetti
Universitätsklinik für Neurologie, Inselspital Bern
Freiburgstrasse 18, 3010 Bern
claudio.bassetti@insel.ch

Article traduit de Ā«ā€Šder informierte arztā€ŠĀ» 08-2021

Copyright Aerzteverlag medinfo

Livia G. Fregolente, MD

Universitätsklinik für Neurologie
Inselspital Bern
Freiburgstrasse 18
3010 Bern

Dipl. Biol. Albrecht P. A. Vorster

Universitätsklinik für Neurologie
Inselspital Bern
Freiburgstrasse 18
3010 Bern

Les auteurs nā€™ā€Šā€Šā€Šont dĆ©clarĆ© aucun conflit dā€™ā€Šā€Šā€ŠintĆ©rĆŖts en rapport avec cet article.

ā—† Lā€™ā€Šā€ŠanamnĆØse est un Ć©lĆ©ment central de lā€™ā€Šā€ŠĆ©valuation dā€™ā€Šā€Šun trouble du sommeil et de lā€™ā€Šā€ŠĆ©veil ainsi que la rĆ©alisation d’un agenda du sommeil pendant deux semaines.
ā—† Lā€™ā€ŠanamnĆØse mĆ©dicale est complĆ©tĆ©e par des questionnaires spĆ©cifiques (Epworth-Sleepiness Scale, Fatigue Severity Score, Insomnia Severity Index).
ā—† Si les tableaux cliniques suivants sont suspectĆ©s, nous recommandons d’adresser le patient Ć  un centre de sommeil et de l’éveil pour une co-Ć©valuation : hypersomnie d’origine centrale, syndrome d’augmentation dā€™ā€Šā€Šun SJSR, trouble respiratoire associĆ© au sommeil ayant une faible probabilitĆ© prĆ©-test, parasomnies, insomnie chronique.
ā—† Pour les patients souffrant dā€™ā€Šā€Šinsomnie, la thĆ©rapie cognitivo-comportementale est la thĆ©rapie de premier choix, qui est dĆ©sormais Ć©galement disponible en ligne.

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Progrès, défis et options de traitement du diabète de type 2

Lors de l’Update Refresher Ć  Lausanne le 12.02.2021, les spĆ©cialistes du CHUV ont donnĆ© des confĆ©rences sur les maladies de la thyroĆÆde, les maladies de l’hypophyse et des glandes surrĆ©nales, ainsi que sur le diagnostic et le traitement des complications diabĆ©tiques. Ce rapport rĆ©sume l’exposĆ© sur les progrĆØs, dĆ©fis et options de traitement du diabĆØte de type 2.

Les patients atteints de diabĆØte sont plus exposĆ©s aux complications macrovasculaires et microvasculaires. La prĆ©valence des maladies coronariennes est de 14 Ć  21 %, celle de lā€™ā€Šā€Šinsuffisance cardiaque de 19 Ć  26 %, celle de la maladie artĆ©rielle pĆ©riphĆ©rique de 16 Ć  29 % et celle des accidents vasculaires cĆ©rĆ©braux de 8 Ć  12 %. Parmi les maladies microvasculaires, la prĆ©valence de la rĆ©tinopathie est de 34 %, celle de la neuropathie cardiaque autonome de 31 Ć  73 % et celle de la nĆ©phropathie de 29 Ć  61 %, a indiquĆ© la Pre Anne Wojtusciszyn, Service dā€™ā€Šendocrinologie, diabĆ©tologie et mĆ©tabolisme du CHUV.

« Optimisez le time in range chez les patients avec diabĆØte de type 2 (DT2) pour minimiser les complications microvasculaires ! », a-t-elle proposĆ©. Avec moins de 51 % de time in range, la prĆ©valence de la rĆ©tinopathie diabĆ©tique altĆ©rant la vision est de 9,7% ; avec un time in range de plus de 86 %, elle est Ć  3,5 %.

Complications et diabĆØte – les dĆ©fis

La morbiditĆ©/mortalitĆ© cardiovasculaire a baissĆ© chez le DT2 depuis 1998/1999 – 2012/2013. Elle reste pourtant supĆ©rieure Ć  celle dā€™ā€Šun patient tĆ©moin non diabĆ©tique. MACE prend principalement en compte les dĆ©cĆØs dā€™ā€Šorigine cardiovasculaire, les accidents vasculaires cĆ©rĆ©braux et les infarctus du myocarde. Cependant, les deux complications prĆ©dominantes chez les patients diabĆ©tiques semblent ĆŖtre lā€™ā€ŠartĆ©riopathie pĆ©riphĆ©rique et lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque, a expliquĆ© lā€™ā€Šoratrice.

DiabĆØte type 2 et NAFLD/NASH

On estime Ć  18,2 millions le nombre de personnes vivant avec le DT2 et la stĆ©atose hĆ©patique non alcoolique (NAFLD) aux Ɖtats-Unis, dont 6,4 millions souffrent de stĆ©atohĆ©patite non alcoolique (NASH). Le coĆ»t sur vingt ans de la NAFLD chez ces patients sā€™ā€Šest Ć©levĆ© Ć  55,8 milliards de dollars. Au cours des 20 prochaines annĆ©es, la NASH dans le DT2 sera responsable de 65 000 transplantations, de 1,37 millions de dĆ©cĆØs liĆ©s Ć  la maladie CV et 812 000 dĆ©cĆØs liĆ©s au foie, a indiquĆ© lā€™ā€Šoratrice.

DiabĆØte type 2 et COVID-19

Le risque global de dĆ©cĆØs ou de traitement par COVID-19 en unitĆ© de soins intensifs est sensiblement plus Ć©levĆ© chez les personnes atteintes de DT2 que dans la population gĆ©nĆ©rale. Le risque de dĆ©cĆØs par COVID-19 ou par traitement en soins intensifs, et donc la nĆ©cessitĆ© de mesures de protection spĆ©ciales, varie considĆ©rablement dā€™ā€Šun patient diabĆ©tique Ć  lā€™ā€Šautre, mais peut ĆŖtre raisonnablement prĆ©dit en utilisant lā€™ā€Šhistoire clinique. (McGurnaghan SJ et al. Lancet Diabetes Endocrinol. 2021;9:82-93.)

Les progrĆØs

De nouveaux sous-groupes de DT2 chez lā€™ā€Šadulte

Le diabĆØte est actuellement classĆ© en deux formes principales, le DT1 et le DT2, ce dernier en particulier Ć©tant trĆØs hĆ©tĆ©rogĆØne. Une classification affinĆ©e pourrait fournir un outil puissant pour individualiser les schĆ©mas de traitement et identifier les individus prĆ©sentant un risque accru de complications au moment du diagnostic (Ahlqvist E et al Lancet Diabetes and Endocrinology 2018; 6:361-369). Les auteurs ont identifiĆ© cinq groupes reproductibles de patients diabĆ©tiques qui prĆ©sentaient des caractĆ©ristiques et des risques de complications diabĆ©tiques trĆØs diffĆ©rents (fig. 1). En particulier, les individus du groupe 3 (le plus rĆ©sistant Ć  lā€™ā€Šinsuline) prĆ©sentaient un risque significativement plus Ć©levĆ© de maladie rĆ©nale diabĆ©tique que les individus des groupes 4 et 5, mais ils avaient tous reƧu un traitement similaire contre le diabĆØte. Le groupe 2 (carence en insuline) prĆ©sentait le plus grand risque de rĆ©tinopathie. Pour soutenir ce regroupement, les associations gĆ©nĆ©tiques dans les groupes Ć©taient diffĆ©rentes de celles observĆ©es dans le DT2 traditionnel. Cette nouvelle classification pourrait permettre dā€™ā€Šadapter le traitement prĆ©coce aux patients qui en bĆ©nĆ©ficieraient le plus, ce qui reprĆ©sente un premier pas vers une mĆ©decine de prĆ©cision dans le domaine du diabĆØte.

Effet des GLP-1 RA sur les complications macrovasculaires

Les GLP-1 RA ont montrĆ© un bĆ©nĆ©fice significatif sur lā€™ā€Šinfarctus du myocarde et lā€™ā€Šaccident vasculaire cĆ©rĆ©bral et la mortalitĆ© cardiovasculaire dans lā€™ā€ŠĆ©tude LEADER (liraglutide) et dans lā€™ā€ŠĆ©tude HARMONY (albiglutide). Dans lā€™ā€ŠĆ©tude SUSTAIN 6 le taux de mortalitĆ© cardiovasculaire, dā€™ā€Šinfarctus du myocarde non mortel ou dā€™ā€Šaccident vasculaire cĆ©rĆ©bral non mortel Ć©tait significativement plus faible chez les patients recevant le GLP-1 RA sĆ©maglutide que chez ceux recevant un placebo. Dans lā€™ā€ŠĆ©tude REWIND, le dulaglutide a rĆ©duit de maniĆØre significative le critĆØre dā€™ā€ŠĆ©valuation combinĆ© MACE-3 dans une population dā€™ā€ŠĆ©tude dont la majoritĆ© des patients prĆ©sentaient des facteurs de risque cardiovasculaire mais aucune maladie cardiovasculaire manifeste.

Effet des inhibiteurs SGLT-2 sur lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque

Lā€™ā€ŠannĆ©e 2020 est lā€™ā€ŠannĆ©e des inhibiteurs SGLT-2 comme thĆ©rapie dans lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque chez les patients non diabĆ©tiques.
Les inhibiteurs SGLT-2 se sont rĆ©vĆ©lĆ©s ĆŖtre efficaces pour prĆ©venir lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque et le dysfonctionnement rĆ©nal, mĆŖme chez les patients non diabĆ©tiques, comme le dĆ©montraient les Ć©tudes DAPA HF (dapagliflozine) et EMPA REG (empagliflozine), lā€™ā€ŠĆ©tude DAPA CKD et lā€™ā€ŠĆ©tude EMPEROR, respectivement. Dans ces essais, 50 % des patients nā€™ā€ŠĆ©taient pas diabĆ©tiques. La canagliflozine a Ć©galement rĆ©duit le risque dā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale et dā€™ā€ŠĆ©vĆ©nements cardiovasculaires chez les patients atteints de DT2 et de maladies rĆ©nales par rapport au placebo dans lā€™ā€ŠĆ©tude CREDENCE, avec un suivi mĆ©dian de 2,62 ans.

Les progrĆØs en 2020

    • Une pratique plus personnalisĆ©e, axĆ©e sur les besoins du patient.
    • Metformine en premiĆØre ligne.
    • En association rapide les inhibiteurs SGLT-2 ou les GLP-1 RA sans regarder lā€™ā€ŠHbA1c en fonction des facteurs de risque.
    • Les inhibiteurs SGLT-2 font la dĆ©monstration de leur efficacitĆ© pour prĆ©venir lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque et la dĆ©gradation de la fonction rĆ©nale, y compris chez les non-diabĆ©tiques.
    • En troisiĆØme ligne les GLP-1 RA ou les SGLT-2 inhibiteurs – les nouvelles Ā«starsĀ» de nos ordonnances !
    • Selon les nouvelles recommandations suisses, 3 questions doivent ĆŖtre posĆ©es en premier lieuā€Š: 1) DĆ©ficience en insulineā€Š? 2) Traitement ou prĆ©vention de lā€™ā€Šinsuffisance cardiaqueā€Š? 3) Fonction rĆ©nale (eGFR)ā€Š?
  • Les principales recommandations pour les mĆ©decins gĆ©nĆ©ralistes sont les suivantesā€Š: Motivation pour un changement de mode de vie, traitement multifactorielā€Š: lā€™ā€Šhypertension, les lipides, le sevrage tabagique et le diabĆØte.

    Les options (nouveautƩs pharmacologiques)

  • Lā€™ā€Šinsuline

  • Insuline hebdomadaire (insuline Icodec) pour le DT2 sans traitement prĆ©alable Ć  lā€™ā€Šinsuline. Ce traitement a eu une efficacitĆ© hypoglycĆ©miante et un profil de sĆ©curitĆ© similaire Ć  celui de lā€™ā€Šinsuline glargine U100 Ć  prise unique quotidienne chez les patients atteints DT2 (Rosenstock J et al. N Engl J Med. 2020;383:2107-2116).
  • Le tirzepatide

  • Dans le traitement du DT2, le tirzepatide est un agoniste du double rĆ©cepteur GIP-GLP-1 qui est un peptide synthĆ©tique basĆ© sur la sĆ©quence GIP native (GIP = peptide insulinotrope glucose-dĆ©pendant). Il est administrĆ© une fois par semaine en raison de sa demi-vie de 5 jours. Dans les Ć©tudes PROGRESS de phase 1 et de phase 2, le tirzepatide a dĆ©montrĆ© une rĆ©duction de lā€™ā€ŠHbA1c proportionnelle Ć  la dose jusquā€™ā€ŠĆ  2,4% et une rĆ©duction du poids corporel jusquā€™ā€ŠĆ  11,3 kg chez les patients atteints DT2. Lā€™ā€ŠefficacitĆ© clinique du tirzepatide est supĆ©rieure Ć  celle du GLP-1 RA dulaglutide.
  • Le systĆØme de surveillance du glucose
    en continu (CGMS)

  • Lā€™ā€Šutilisation du CGMS (continuous glucose monitoring system) continue Ć  devenir de plus en plus courant dans la pratique clinique. En tant que composante de lā€™ā€Šautogestion du diabĆØte, son utilisation quotidienne permet dā€™ā€Šobtenir un retour dā€™ā€Šinformation immĆ©diat sur les taux de glycĆ©mie actuels ainsi que sur la direction et les changements des taux de glycĆ©mie. Ces informations permettent aux personnes diabĆ©tiques dā€™ā€Šoptimiser leur consommation alimentaire et leur activitĆ© physique, de prendre des dĆ©cisions de traitement Ć©clairĆ©es concernant les repas et la correction du dosage dā€™ā€Šinsuline et, surtout, de rĆ©agir immĆ©diatement et de maniĆØre appropriĆ©e pour attĆ©nuer ou prĆ©venir les Ć©vĆ©nements glycĆ©miques aigus.
  • Le CGMS et le DT2 – publications au congrĆØs de lā€™ā€ŠAmerican Diabetes Association (ADA)

  • E. Millerā€Š: 84-LB – ADA 2020ā€Š: Ć©valuation des niveaux dā€™ā€ŠHbA1c avant, Ć  6 et 12 mois aprĆØs le rĆ©gime libre dans le DT2 sous insuline ou NON dans 3 ensembles de donnĆ©es croisĆ©es (FSL/Quest/DRG).
    E. Wrightā€Š: 78-LB – ADA 2020 : Ć©valuation du taux dā€™ā€ŠHbA1c aprĆØs un rĆ©gime libre dans les cas de DT2 ne se situant pas dans la fourchette cible (HbA1c > 8 %) dā€™ā€ŠaprĆØs une autre base de donnĆ©es IBM explorĆ©e (n = 1034). La valeur de lā€™ā€ŠHbA1c Ć©tait de 10,11 % avant la prescription dā€™ā€Šun rĆ©gime libre, 8,63% aprĆØs la prescription. Avec insuline 10,13 % avant et 8,98 % aprĆØs, sans insuline 10,11 % avant et 8,49 % aprĆØs. Lā€™ā€Šeffet Ć©tait encore meilleur sans insuline.
  • CGMS et santĆ© publique

  • E. Miller 85-LB-ADA 2929 : Evaluer sā€™ā€Šil existe un registre continu des complications liĆ©es au diabĆØte (hypo/hyper, DKA, HPA ou coma) et des hospitalisations dans le DT2 sans insuline rapide. EvĆ©nements de diabĆØte aigu avant vs. aprĆØsā€Š: HR 0,70 (0,57-0,85), p < 0,001. Le total des hospitalisationsvā€Š: avant vs. aprĆØs HR 0,87 (0,78-0,98) p = 0,025.
    R. Bergenstal 69-OR-ADA2020. Evaluer sā€™ā€Šil existe un registre continu des complications liĆ©es au diabĆØte (hypo/hyper, DKA, HPA ou coma) et des hospitalisations dans le DT2 sous insuline rapide. (« Ancien » diabĆØte avec comorbiditĆ©s) (n = 2463). EvĆ©nements de diabĆØte aigu avant vs. aprĆØs HR 0,40 (0,31-0,51), p<0,001. Le total des hospitalisations avant vs. aprĆØs HR 0,67 (0,58-0,77), p < 0,001.
  • CGMS et patients Ć¢gĆ©s

  • Lā€™ā€ŠĆ©tude DIAMOND rapporte une amĆ©lioration de lā€™ā€ŠHbA1c (100 patients 67 + /- 5 ans), et dans lā€™ā€ŠĆ©tude WISDOM (203 patients en dessus de 60 ans, 30% >70 ans), le glucose self monitoring (SGM) a Ć©tĆ© testĆ©e vs le CGMS pendant 6 mois. Les rĆ©sultats ont Ć©tĆ© une amĆ©lioration de lā€™ā€ŠHbA1c, une rĆ©duction du temps dā€™ā€ŠhypoglycĆ©mie, une hypoglycĆ©mie moins sĆ©vĆØre et moins de fractures (p = 0.08) pour le CGMS.
Prof. Dr. Dr. h.c. Walter F. Riesen

riesen@medinfo-verlag.ch

  • La prĆ©vention du diabĆØte, le dĆ©pistage et lā€™ā€ŠĆ©ducation des patients continuent Ć  ĆŖtre au centre du traitement initial et de la prĆ©vention des complications. Cela est particuliĆØrement vrai pour les personnes Ć  risque dans le contexte de lā€™ā€ŠĆ©pidĆ©mie de SRAS-CoV-2.
  • Les GLP-1 RA oraux hebdomadaires confirment leur efficacitĆ© dans la prĆ©vention de la maladie cardiovasculaire athĆ©romateuse.
  • Les inhibiteurs SGLT-2 ont prouvĆ© un effet prĆ©ventif dans les maladies athĆ©romateuses, lā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale ainsi que lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque, ceci Ć©galement chez les sujets non-diabĆ©tiques.
  • Lā€™ā€Šembuscade de lā€™ā€Šagoniste du double rĆ©cepteur GIP-GLP-1 a montrĆ© un effet spectaculaire sur lā€™ā€ŠHbA1c, le poids, et la NASH.
  • Plus que la pharmacologie, la technologie va Ć©galement rĆ©volutionner le traitement des personnes atteintes de DT2.

FOMF Update Refresher Médecine interne, Endocrinologie et diabète, Lausanne 12.02. 2021.