Les Centenaires: Pourquoi s’y IntĆ©resser ?

Le vieillissement dĆ©mographique est un sujet Ć  impact majeur et aux enjeux multiples dans le domaine de la santĆ©. Cependant, une moindre attention est accordĆ©e Ć  un groupe spĆ©cifique: les centenaires. Cette population en rapide expansion nĆ©cessite une comprĆ©hension approfondie de ses caractĆ©ristiques uniques et il est important que les professionnels de la santĆ© soient sensibilisĆ©s Ć  ces particularitĆ©s, Ć©tant donnĆ© leurs interactions croissantes avec ce groupe d’âge.

Demographic ageing is a subject with a major impact and multiple challenges in the healthcare field. However, less attention is paid to one specific group: centenarians. This rapidly expanding population requires an in-depth understanding of its unique characteristics, and it is important for healthcare professionals to be aware of these particularities, given their increasing interactions with this age group.

Keywords: ageing, centenarians, gerontology, SWISS100
https://wp.unil.ch/swiss100/fr

Selon les Nations Unies (1), le nombre de personnes Ć¢gĆ©es de 100 ans ou plus dans le monde s’élevait Ć  un demi-million en 2015, avec des projections Ć  3.4 millions en 2050 et de plus de 25 millions en 2100. La Suisse suit cette tendance mondiale. D’aprĆØs l’Office fĆ©dĆ©ral de la statistique, le pays comptait 2086 centenaires au 31 dĆ©cembre 2023 (2), comparĆ© Ć  seulement 787 en 2000 (3). Cette augmentation remarquable peut ĆŖtre attribuĆ©e Ć  une convergence de facteurs, dont les avancĆ©es mĆ©dicales et l’amĆ©lioration de la qualitĆ© de vie. Il est reconnu que les progrĆØs dans la gestion des maladies chroniques et la prĆ©vention jouent un rĆ“le crucial, tout comme les facteurs liĆ©s aux modes de vie et Ć  la robustesse individuelle, particuliĆØrement chez les personnes atteignant un Ć¢ge avancĆ©. Ces dĆ©veloppements soulĆØvent des questions cruciales sur les politiques sociales, les infrastructures de soins, et le soutien nĆ©cessaire aux personnes trĆØs Ć¢gĆ©es.

Plusieurs Ć©tudes sur les centenaires ont Ć©tĆ© rĆ©alisĆ©es: elles contribuent Ć  enrichir notre comprĆ©hension des caractĆ©ristiques particuliĆØres de cette population. Des rĆ©sultats de la Fordham Centenarian Study (4), rĆ©alisĆ©e Ć  New York en 2010 ont mis en Ć©vidence qu’une majoritĆ© des centenaires vivait Ć  domicile, Ć©tait veuve et possĆ©dait un niveau d’éducation Ć©levĆ©. La plupart des participants maintenait de bonnes capacitĆ©s cognitives et une perception positive de leur santĆ©, malgrĆ© la prĆ©sence de comorbiditĆ©s. Bien que confrontĆ©s Ć  des difficultĆ©s dans au moins une activitĆ© de la vie quotidienne, la satisfaction de vivre demeurait Ć©levĆ©e. De plus, la majoritĆ© d’entre eux prĆ©sentait des niveaux de symptĆ“mes dĆ©pressifs infĆ©rieurs aux seuils critiques, malgrĆ© un risque d’isolement social. Les facteurs contribuant positivement Ć  leur bien-ĆŖtre mental incluaient la santĆ© subjective, les capacitĆ©s fonctionnelles et le soutien familial, tandis que les caractĆ©ristiques dĆ©mographiques, le nombre de comorbiditĆ©s et le statut cognitif n’affectaient pas significativement leur santĆ© mentale. Ces rĆ©sultats suggĆØrent que les centenaires font preuve de rĆ©silience: en effet, malgrĆ© la prĆ©sence de comorbiditĆ©s et de dĆ©fis fonctionnels, nombre d’entre eux maintien un niveau Ć©levĆ© de bien-ĆŖtre mental (4). Ces constats mettent en lumiĆØre le Ā«paradoxe du bien-ĆŖtreĀ» qui se manifeste au sein de cette population. Être atteint de maladies et dĆ©pendant sur le plan fonctionnel Ć  100 ans ne se traduit pas forcĆ©ment par une Ć©valuation nĆ©gative de sa propre santĆ©. Cet Ć©cart entre les indicateurs objectifs et subjectifs tĆ©moigne de l’aptitude des centenaires Ć  s’adapter et souligne Ć©galement l’importance des ressources personnelles dans la gestion de leur santĆ© (5).

Les enfants jouent un rĆ“le central dans le soutien des centenaires, les aidant Ć  rester Ć  domicile malgrĆ© des problĆØmes de santĆ© (6). Alors que, ceux sans enfants semblent recevoir moins d’aide, mĆŖme en prĆ©sence d’amis ou de voisins (7). Ces centenaires dĆ©pendent souvent d’un nombre limitĆ© de personnes lorsqu’ils ont des besoins Ć©levĆ©s en aide, les rendant plus vulnĆ©rables (8). Le fardeau des aidants des centenaires est un aspect important, avec des rĆ©percussions sur leur santĆ© physique et mentale (9). Une Ć©tude comparative entre les Ɖtats-Unis et le Japon a rĆ©vĆ©lĆ© que le fardeau des aidants des centenaires Ć©tait significativement influencĆ© par la personnalitĆ© de ces derniers (10). Aux Ɖtats-Unis, le nĆ©vrosisme augmentait le fardeau perƧu, tandis que l’agrĆ©abilitĆ© et la conscienciositĆ© le rĆ©duisaient. Au Japon, l’ouverture Ć  l’expĆ©rience et l’agrĆ©abilitĆ© diminuaient Ć©galement le fardeau perƧu (10). MalgrĆ© le risque de fardeau, l’évidence scientifique indique que les enfants septuagĆ©naires ayant au moins un parent centenaire prĆ©sentent des niveaux fonctionnel et cognitif supĆ©rieurs, ainsi qu’une prĆ©valence moindre de certaines maladies (AVC, HTA, entre autres) (11).

En outre, il est important de noter que la diversitĆ© observĆ©e parmi les centenaires dĆ©coule largement des processus de sĆ©lection qu’ils ont surmontĆ©, de leur environnements physique et social, ainsi que de leurs caractĆ©ristiques personnelles telles que le sexe, ce qui influence leur parcours individuel en matiĆØre de santĆ© et crĆ©e des besoins variĆ©s (12). Une approche globale de la santĆ© des centenaires doit tenir compte de cette diversitĆ© et de ses dĆ©terminants multiples.

L’étude des centenaires en Suisse est d’autant plus pertinente qu’il s’agit de l’un des pays ayant l’espĆ©rance de vie et la qualitĆ© de vie les plus Ć©levĆ©es. L’identification des facteurs favorisant le Ā«vieillissement rĆ©ussiĀ» permettrait d’approfondir notre comprĆ©hension du grand Ć¢ge et de fournir des orientations Ć  l’échelle nationale et internationale pour faire face aux dĆ©fis liĆ©s Ć  l’augmentation rapide du nombre de personnes trĆØs Ć¢gĆ©es (13).

Toutefois, en Suisse, la population centenaire a Ć©tĆ© peu Ć©tudiĆ©e, et les besoins spĆ©cifiques de ces personnes restent largement inexplorĆ©s. C’est de cette lacune que naĆ®t la Swiss Centenarian Study (SWISS100): Vulnerability and Resilience at Age 100 (13, 14), financĆ©e par le Fonds national suisse (FNS) de la recherche scientifique.

L’étude SWISS100 (13, 14), premiĆØre Ć©tude nationale sur les centenaires, adopte une approche interdisciplinaire en intĆ©grant les domaines de la mĆ©decine somatique, de la psychiatrie, de la Ā­psychologie, de la sociologie et de la biologie. Elle inclut des centenaires des trois principales rĆ©gions linguistiques, avec des Ć©quipes de recherche Ć  Lausanne et GenĆØve, Zurich et Manno au Tessin, afin d’explorer les spĆ©cificitĆ©s culturelles. Les objectifs de l’étude SWISS100 sont: (1) la crĆ©ation d’une base de connaissances exhaustive sur les caractĆ©ristiques, les conditions de vie, les ressources et les besoins des centenaires vivant en Suisse ; (2) l’identification de la vulnĆ©rabilitĆ© dans ses diffĆ©rentes formes, de ses prĆ©dicteurs et de ses consĆ©quences ; (3) la dĆ©couverte des mĆ©canismes de rĆ©silience qui permettent de faire face Ć  la vulnĆ©rabilitĆ©; et (4) l’analyse de l’impact des caractĆ©ristiques sociĆ©tales et culturelles sur la vie des centenaires en Suisse, en comparaison avec d’autres pays et entre les rĆ©gions linguistiques suisses (14).

Le projet SWISS100 a dĆ©butĆ© en janvier 2020, juste avant que l’Organisation mondiale de la santĆ© ne dĆ©clare une urgence de santĆ© publique mondiale en raison de la propagation du virus SARS-CoV-2. Pour s’adapter Ć  la situation sanitaire, une premiĆØre Ć©tude tĆ©lĆ©phonique a Ć©tĆ© lancĆ©e, permettant le recrutement alĆ©atoire de centenaires et de leurs proches dans tous les cantons suisses, sans mettre en danger ces individus potentiellement vulnĆ©rables. Cette phase exploratoire, conduite de dĆ©cembre 2020 Ć  juin 2022, avait pour but de tester la faisabilitĆ© de cette approche, d’évaluer la pertinence des questions pour l’étude principale (entretiens face-Ć -face), et d’identifier les ajustements nĆ©cessaires. L’exercice s’est avĆ©rĆ© trĆØs satisfaisant sur le plan de la faisabilitĆ©. Les donnĆ©es recueillies auprĆØs de 169 centenaires ou de leurs proches comprenaient des informations sociodĆ©mographiques, des donnĆ©es sur la santĆ©, le rĆ©seau social, le bien-ĆŖtre, les Ć©motions, et la prĆ©sence de symptĆ“mes dĆ©pressifs. L’âge moyen des participants Ć©tait de 102 ans ; 75 % Ć©taient des femmes, 76 % Ć©taient veufs, et 64 % rĆ©sidaient dans un Ć©tablissement mĆ©dico-social (EMS) (15). Parmi les 36 % habitant Ć  domicile, la moitiĆ© vivait seule (15). La majoritĆ© des Ā­participants (56 %) Ć©valuait sa santĆ© comme bonne, trĆØs bonne ou excellente, et presque tous (92 %) exprimaient une satisfaction de vie Ć©levĆ©e (15). Le niveau de satisfaction de vie Ć©tait supĆ©rieur en comparaison avec les rĆ©sultats des Ć©tudes prĆ©cĆ©dentes (4,6), ce qui pourrait reflĆ©ter une rĆ©action spĆ©cifique au contexte de la pandĆ©mie de COVID-19. Cette situation a pu favoriser des processus de comparaison particuliers, incitant les centenaires Ć  augmenter leur Ć©valuation personnelle. Il a Ć©galement Ć©tĆ© observĆ© que les centenaires rĆ©sidant en EMS prĆ©sentaient un risque significativement plus Ć©levĆ© de dĆ©velopper des symptĆ“mes dĆ©pressifs pendant la pandĆ©mie (16).

L’étude principale de SWISS100, de type longitudinal, a dĆ©butĆ© en septembre 2022 dans six cantons suisses (Vaud, GenĆØve, Zurich, Berne, BĆ¢le-Ville et Tessin). L’échantillon initial, sĆ©lectionnĆ© de maniĆØre alĆ©atoire, est composĆ© de 276 centenaires, rĆ©partis de maniĆØre Ć©quitable dans les trois rĆ©gions linguistiques. Actuellement, la troisiĆØme vague de collecte des donnĆ©es est en cours, ce qui permettra d’étudier les trajectoires des centenaires sur une pĆ©riode de 12 mois. Cette Ć©tude a visĆ© une collecte des donnĆ©es plus exhaustive sur les aspects socio-dĆ©mographiques, de soins, de santĆ© physique et fonctionnelle, de cognition, ainsi que divers aspects psychologiques et psychiatriques. Des Ć©chantillons biologiques, comprenant l’identification de marqueurs d’inflammation et cardio-mĆ©taboliques, sont prĆ©levĆ©s auprĆØs des centenaires consentants. L’analyse des donnĆ©es est prĆ©vue en 2024, et les rĆ©sultats seront diffusĆ©s Ć  travers des publications scientifiques et des participations Ć  des confĆ©rences nationales et internationales.

En conclusion, le projet SWISS100 vise à enrichir notre compréhension du vieillissement en Suisse grâce à une approche interdisciplinaire unique. En explorant le grand âge sous divers angles, ce projet ouvre de nouvelles perspectives sur les défis de la longévité extrême. Cette approche pourrait contribuer à la conception de modèles de services de santé et de politiques publiques adaptés, répondant ainsi aux besoins spécifiques des personnes très âgées et de leurs proches.

Carla Gomes da Rocha 1, 2, 3
Pr Daniela S. Jopp 4, 5
Pr Stefano Cavalli 6
Pr FranƧois Herrmann 7
Pr Armin von Gunten 1
1 Service universitaire de psychiatrie de l’âge avancĆ© (SUPAA), Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), Lausanne.
2 Institut de sciences biomƩdicales Abel Salazar (ICBAS), UniversitƩ de Porto, Porto.
3 Haute Ɖcole de SantĆ©, HES-SO Valais-Wallis, Sion.
4 Institut de Psychologie, UniversitƩ de Lausanne (UNIL), Lausanne.
5 Swiss center of expertise in life course research LIVES, UniversitƩ de Lausanne (UNIL), Lausanne.
6 Centre de compƩtences sur le vieillissement, Haute Ʃcole spƩcialisƩe de la Suisse italienne (SUPSI), Manno.
7 Service de gériatrie et de réadaptation, HÓpital des Trois-Chêne, HÓpitaux Universitaires de Genève (HUG), ThÓnex.

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Carla Gomes da Rocha

– Service universitaire de psychiatrie de l’âge avancĆ© (SUPAA),
Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), Lausanne.
– Institut de sciences biomĆ©dicales Abel Salazar (ICBAS),
UniversitƩ de Porto, Porto.
– Haute Ɖcole de SantĆ©, HES-SO Valais-Wallis, Sion.

Pr Daniela S. Jopp

– Institut de Psychologie, UniversitĆ© de Lausanne (UNIL), Lausanne.
– Swiss center of expertise in life course research LIVES,
UniversitƩ de Lausanne (UNIL), Lausanne.

Pr Armin von Gunten

Service universitaire de psychiatrie de l’âge avancĆ© (SUPAA),
Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), Lausanne.

Les auteurs n’ont pas dĆ©clarĆ© de conflit d’intĆ©rĆŖts en rapport avec cet article.

1. United Nations. World Population Ageing 2013. ST/ESA/SER.A/348. United Nations, New York; 2013.
2. Office fĆ©dĆ©ral de la statistique. Communication personnelle concernant l’effectif calculĆ© Ć  partir de la liste nominale au 31 dĆ©cembre 2023 transmise par l’OFS Ć  l’un des investigateurs principaux (FH). 2023.
3. Office fƩdƩral de la statistique. Vivre 100 ans et au-delƠ. [Internet]. Disponible sur : https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/population/vieillissement/centenaires.html
4. Jopp DS, Park MK, Lehrfeld J, et al. Physical, cognitive, social, and mental health in near-centenarians and centenarians living in New York City: findings from the Fordham Centenarian Study. BMC Geriatr. 2016;16(1). https://doi.org/10.1186/s12877-015-0167-0
5. AraĆŗjo L, Teixeira L, Ribeiro O, PaĆŗl C. Objective vs. Subjective Health in Very Advanced Ages: Looking for Discordance in Centenarians. Front Med (Lausanne). 2018 Jun 26;5:189. https://doi.org/10.3389/fmed.2018.00189
6. Jopp DS, Rott C, Boerner K, Boch K, Kruse A. Zweite Heidelberger HundertjƤhrigen-Studie: Herausforderungen und StƤrken des Lebens mit 100 Jahren. Stuttgart, Germany: Robert Bosch Stiftung GmbH; 2013.
7. Boerner K, Jopp DS, Park MK, Rott C. Whom do centenarians rely on for support? Findings from the Second Heidelberg Centenarian Study. J Aging Soc Policy. 2016;28(3):165-186. https://doi.org/10.1080/08959420.2016.1160708
8. Jopp D, Lampraki C, Meystre C. VulnƩrabilitƩ et rƩsilience chez les centenaires. Gerontol Sociol. 2018;40(157):111-130. https://doi.org/10.3917/gs1.157.0111
9. Freeman S, Kurosawa H, Ebihara S, Kohzuki M. Caregiving burden for the oldest old: a population based study of centenarian caregivers in Northern Japan. Arch Gerontol Geriatr. 2010;50(3):282-291. https://doi.org/10.1016/j.archger.2009.04.008
10. Cho J, Nakagawa T, Martin P, Gondo Y, Poon LW, Hirose N. Caregiving centenarians: Cross-national comparison in Caregiver-Burden between the United States and Japan. Aging Ment Health. 2020;24(5):774-783. https://doi.org/10.1080/13607863.2018.1544221
11. Bucci L, Ostan R, Cevenini E, Pini E, Scurti M, Vitale G, Mari D, Caruso C, Sansoni P, Fanelli F, Pasquali R, Gueresi P, Franceschi C, Monti D. Centenarians’ offspring as a model of healthy aging: a reappraisal of the data on Italian subjects and a comprehensive overview. Aging. 2016;8(3):510-519. https://doi.org/10.18632/aging.100912
12. World Health Organization. Ageing and Health. [Internet]. Available from: https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/ageing-and-health
13. Swiss National Science Foundation. Swiss Centenarian Study (SWISS100): Vulnerability and Resilience at Age 100 [Internet]. Synergia Project Switzerland; 2019. Available from: https://wp.unil.ch/swiss100/fr/
14. Jopp D, von Gunten A, Herrmann F, Cavalli S. Swiss Centenarian Study (SWISS100): Vulnerability and Resilience at Age 100. In: SNSF – Swiss National Science Foundation, editor. Synergia Project Switzerland, 2019.
15. Falciola J. Les centenaires en Suisse: rĆ©sultats de l’étude SWISS100. PrĆ©sentĆ©e au: 1er CongrĆØs National Focus Vieillesse de Pro Senectute Suisse; 2024 Jan 18; Bienne, Suisse.
16. Gomes da Rocha C, von Gunten A, Falciola J, Uittenhove K, Cavalli S, Herrmann F, Martin M, Jopp D. Depressive Symptoms in Centenarians During the Covid-19 Pandemic: Findings From the SWISS100 Study. Innovation in Aging. 2023 Dec;7(Supplement_1):276-277. https://doi.org/10.1093/geroni/igad104.0919

Ponction et infiltration articulaire: Pour et Contre

Les ponctions et infiltrations articulaires sont des procĆ©dures mĆ©dicales frĆ©quentes, particuliĆØrement rĆ©alisĆ©es par les rhumatologues. En premier lieu, il y a le genou en raison de sa grande taille et de son accessibilitĆ©, ainsi que sa frĆ©quente implication dans des maladies rhumatismales ou mĆ©caniques. Les Ć©paules, poignets, hanches, chevilles, ainsi que des petites articulations telles que les articulations des doigts sont Ć©galement souvent ponctionnĆ©es ou infiltrĆ©es. Cet article abordera certains principes de base ainsi que les controverses entourant la ponction et l’ infiltration articulaires.

Joint punctures and infiltrations are frequent medical procedures, particularly carried out by rheumatologists. First and foremost is the knee, due to its large size and accessibility, as well as its frequent involvement in rheumatic or mechanical diseases. The shoulders, wrists, hips, ankles and small joints such as the finger joints are also often punctured or infiltrated. This article will look at some of the basic principles and controversies surrounding joint puncture and infiltration.
Key Words: joint infiltration, arthrocnetesis, arthritis

Aspects techniques

Nous distinguons la ponction diagnostique, la plus courante, de la ponction thĆ©rapeutique. Dans un tableau clinique clair comme une chondrocalcinose et un bon Ć©tat gĆ©nĆ©ral, la ponction diagnostique et l’ infiltration thĆ©rapeutique des glucocorticoĆÆdes sont effectuĆ©es simultanĆ©ment. L’ échographie a grandement simplifiĆ© la ponction et infiltration intraarticulaire. Un Ć©panchement articulaire bien ponctionnable est identifiable par une structure hypoĆ©chogĆØne. Dans certain cas (par exemple dans l’ articulation de la hanche, certaines bourses ou en cas de peu d’ épanchement), la ponction articulaire doit ĆŖtre rĆ©alisĆ©e sous surveillance Ć©chographique. GĆ©nĆ©ralement, un simple marquage suffit. En cas de peu d’ épanchement, la main non Ć©chogĆØne ou non ponctionnante peut ĆŖtre utilisĆ©e pour pousser le liquide synovial du cĆ“tĆ© opposĆ© vers la sonde ou l’ aiguille. Un effet secondaire bienvenu est le Ā«contrĆ“le de la porteĀ», c’ est-Ć -dire que la pression de la main envoie des affĆ©rences antalgiques vers la moelle Ć©piniĆØre. On connaĆ®t cela lorsque l’ on frotte une partie du corps en cas de douleur. Bien entendu, les prĆ©cautions stĆ©riles doivent ĆŖtre respectĆ©es, au minimum la technique de non-contact recommandĆ©e. En gĆ©nĆ©ral, nous recommandons de tenir l’ aiguille d’ une main et de crĆ©er ainsi une dĆ©pression pendant la ponction pour obtenir l’ aspirat rapidement et de maniĆØre atraumatique.

Pour la ponction et l’ infiltration articulaire

1. UtilitĆ© diagnostique: Le premier objectif est d’ exclure une arthrite septique ou bactĆ©rienne. Attention: le prĆ©lĆØvement de Gram a une sensibilitĆ© de seulement 50 %. Le standard d’ or est la culture. Pour certaines questions spĆ©cifiques, comme la dĆ©tection de la borrĆ©liose ou de Tropheryma whipplei, une PCR est rĆ©alisĆ©e (1). La microscopie en polarisation peut dĆ©tecter des cristaux frĆ©quents dans l’ arthrite, tels que l’ urate et le pyrophosphate de calcium (illustration 1). Le nombre de cellules diffĆ©rencie un Ć©tat inflammatoire (>2000 cellules par mm3) d’ un Ć©tat non inflammatoire, comme souvent dans l’ arthrose. Une arthrose activĆ©e devrait Ć  notre avis ĆŖtre diagnostiquĆ©e au moins une fois par ponction. L’ injection d’ anesthĆ©siques locaux (souvent mĆ©langĆ©s Ć  des stĆ©roĆÆdes) peut dĆ©terminer si la cause de la douleur est rĆ©ellement intra-articulaire.
2. Traitement ciblĆ©: L’ injection directe du mĆ©dicament dans l’ articulation affectĆ©e permet une action ciblĆ©e sur la zone problĆ©matique, sans affecter le reste du corps ni interagir avec d’ autres mĆ©dicaments. Dans le cas d’ une monoarthrite, par exemple rĆ©active, lors d’ une polyarthrite rhumatoĆÆde ou d’ une arthrose activĆ©e, l’ inflammation peut ĆŖtre traitĆ©e spĆ©cifiquement par infiltration de glucocorticoĆÆdes. Bien que cela ne modifie pas la maladie, cela rĆ©duit considĆ©rablement la douleur et l’ immobilitĆ©. Dans une nouvelle Ć©tude, un stĆ©roĆÆde intra-articulaire Ć  longue durĆ©e d’ action a montrĆ© un effet significatif sur l’ arthrose pendant 52 semaines (2). Pour la polyarthrite rhumatoĆÆde, les stĆ©roĆÆdes peuvent Ć©galement ĆŖtre utilisĆ©s en complĆ©ment de la thĆ©rapie de base (3). ƀ ce jour, il n’ existe pas de Ā«mĆ©dicaments modifiant l’ arthroseĀ». L’ acide hyaluronique agit via le blockage de son rĆ©cepteur CD44 de maniĆØre anti-inflammatoire, cet effet est peut-ĆŖtre mĆŖme plus fort que l’ effet rhĆ©ologique en tant que Ā«lubrifiant articulaireĀ» (4). Le plasma riche en plaquettes (PRP) est Ć©galement utilisĆ© pour ses effets anti-inflammatoires et rĆ©gĆ©nĆ©ratifs. Cependant, il manque de donnĆ©es durables pour les inclure dans la routine. Chez les patients avec des comorbiditĆ©s cardiovasculaires, gastro-entĆ©rologiques ou autres, l’ infiltration articulaire avec des glucocorticoĆÆdes ou de l’ acide hyaluronique peut-ĆŖtre une alternative aux mĆ©dicaments administrĆ©s systĆ©miquement pour Ć©viter les effets secondaires ou les interactions.

Contre l’ infiltration articulaire

1. Risque d’ infections: Bien que le risque soit trĆØs faible, chaque infiltration articulaire comporte le risque d’ une arthrite septique. Les facteurs de risque incluent notamment des infiltrations rĆ©pĆ©tĆ©es dans la mĆŖme articulation, une immunosuppression et un manque d’ hygiĆØne. Ce risque doit toujours ĆŖtre mis en balance avec le bĆ©nĆ©fice potentiel. La question ne se pose gĆ©nĆ©ralement pas pour la ponction diagnostique.

2. Effets secondaires possibles: L’ infiltration de stĆ©roĆÆdes dans les articulations superficielles, comme les articulations des doigts, peut entraĆ®ner des atrophies cutanĆ©es et des dĆ©pigmentations (illustration 2). Cela survient gĆ©nĆ©ralement 2–3 mois aprĆØs l’ infiltration et se normalise d’ elle-mĆŖme aprĆØs jusqu’ à deux ans (5). Cela peut Ć©galement survenir dans des articulations profondes comme les articulations facettaires de la colonne lombaire. Non seulement l’ administration orale, mais aussi l’ administration intra-articulaire rĆ©pĆ©tĆ©e de stĆ©roĆÆdes Ć  effet prolongĆ© peut entraĆ®ner un syndrome de Cushing ou d’ autres dommages induits par les corticostĆ©roĆÆdes comme l’ ostĆ©oporose, la peau de parchemin, etc. Cependant, il faut considĆ©rer que l’ alternative Ć  l’ infiltration articulaire est souvent des anti-inflammatoires oraux, qui ont Ć©galement des effets secondaires qui doivent ĆŖtre mis en contexte.

3. Solution Ć  court terme: Souvent, l’ infiltration articulaire ne fournit qu’ un soulagement temporaire, par exemple des stĆ©roĆÆdes pour l’ arthrose activĆ©e ou l’ arthrite cristalline. La cause n’ est pas traitĆ©e, Ć  part la rĆ©duction de l’ acide urique dans la goutte. Pour le patient individuel, cependant, le soulagement Ć  court terme de la douleur peut avoir une grande valeur.

4. Dommages potentiels aux tissus articulaire: Des injections frĆ©quentes de glucocorticoĆÆdes, mais aussi d’ anesthĆ©siques locaux, peuvent endommager le tissu cartilagineux (6). Certains centres n’ infiltrent plus gĆ©nĆ©ralement d’ anesthĆ©siques locaux dans l’ articulation. Cependant, ces donnĆ©es sont principalement basĆ©es sur des expĆ©riences in vitro et ne sont pas nĆ©cessairement reproductibles dans des Ć©tudes cliniques (8).

5. Preuves incertaines pour la viscosupplĆ©mentation dans l’ arthrose: Diverses sociĆ©tĆ©s professionnelles, telles que l’ ACR, dĆ©conseillent le traitement intra-articulaire avec de l’ acide hyaluronique en raison des donnĆ©es disponibles (7). OARSI recommande un tel traitement pour les patients ayant des comorbiditĆ©s qui ne sont pas Ć©ligibles Ć  un traitement par AINS ou stĆ©roĆÆdes intra-articulaires.

RƩsumƩ et Perspectives

L’ infiltration articulaire est un outil diagnostique important dans les maladies articulaires et peut ĆŖtre une mĆ©thode efficace pour soulager la douleur et rĆ©duire l’ inflammation chez de nombreux patients souffrant d’ arthrite. Ceci est valable pour les arthrites induites par des cristaux, l’ arthrose, ainsi que pour les arthrites issues du spectre rhumatismal. Il est cependant important de considĆ©rer les risques potentiels et les effets secondaires et de les discuter avec le patient.

Dans le traitement de l’ arthrose, une approche globale doit toujours ĆŖtre prĆ©sente. Cela signifie que les facteurs biomĆ©caniques doivent ĆŖtre pris en compte et, par exemple, en cas de malalignement, traitĆ©s par une orthĆØse. Une prudence particuliĆØre est nĆ©cessaire dans le cas de l’ infiltration articulaire (rĆ©pĆ©titive), notamment dans les syndromes de douleur chronique et la fibromyalgie. Ceci est particuliĆØrement vrai pour l’ infiltration de la colonne vertĆ©brale, par exemple des articulations facettaires. De nouvelles approches thĆ©rapeutiques pour l’ arthrose de certaines articulations visent spĆ©cifiquement une administration intra-articulaire plutĆ“t que systĆ©mique. On peut espĆ©rer que, du point de vue diagnostique, en plus du nombre de cellules, de l’ analyse des cristaux et de la bactĆ©riologie, de nouveaux biomarqueurs du liquide synovial soient disponibles, par exemple pour diffĆ©rencier une arthrite rĆ©active d’ une polyarthrite rhumatoĆÆde ou pour mieux prĆ©voir le pronostic et la rĆ©ponse dans la polyarthrite rhumatoĆÆde.

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Pr Thomas Hügle

HƓpital orthopƩdique
Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV)
Avenue Pierre Decker
1011 Lausanne

L’  auteur n’  a pas dĆ©clarĆ© de conflits d’  intĆ©rĆŖts en rapport avec cet article.

ā—† Les ponctions articulaires sont la voie directe pour le diagnostic
des arthrites associƩes aux cristaux et peuvent diffƩrencier entre les arthrites dƩgƩnƩratives et inflammatoires.
ā—† En particulier, les monarthrites peuvent ĆŖtre infiltrĆ©es avec des Ā­glucocorticoĆÆdes au lieu d’ un traitement systĆ©mique.
ā—† Dans le cas de l’ arthrose, les infiltrations de glucocorticoĆÆdes ou
d’ acide hyaluronique ont une importance symptomatique, bien qu’ elles n’ affectent pas l’ évolution radiologique.

1. Aguero-Rosenfeld ME, Wang G, Schwartz I, Wormser GP. Diagnosis of lyme borreliosis. Clin Microbiol Rev. Jul 2005;18(3):484-509. doi:10.1128/CMR.18.3.484-509.2005
2. Spencer-Green G, Hunter D, Schnitzer T, et al. A Phase 3 Study of Repeat Injection of TLC599 in Osteoarthritis of the Knee: Benefits to 52 Weeks. ABSTRACT NUMBER: L19. ACR Convergence 2023 San Diego.2023.
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Früherkennung von Frailty Geriatrisches Assessment in der Hausarztpraxis

Der demographische Wandel wird sich sehr schnell auch in der hausärztlichen Sprechstunde bemerkbar machen. Die dort gesehenen älteren Patienten sind bereits jetzt zahlreich und werden in Zukunft noch älter und zahlreicher! Für deren adäquate Betreuung wird nicht das chronologische, sondern das biologische Alter (einhergehend mit Gesundheitszustand und vorhandenen funktionellen Reserven) entscheidend sein. Eine auf Alltagsfunktionalität basierte Frailty-Klassifikation (wie z.B. die Frailty-Klassifikation nach Fried) kann hier nicht nur schnell Klarheit schaffen, sondern auch die Indikationsstellung für weitere Diagnostik und Therapie beeinflussen. Ein umfassendes Frailty-Assessment ist sehr zeitaufwändig und im ambulanten Setting meist unrealistisch. Gezielt gewählte kurze geriatrische Assessments können hier ebenso zielführend sein, einen frühen Abbau in den wichtigsten Gesundheitsdimensionen zu identifizieren und entsprechend anzugehen. Frühe Interventionen haben die grösste Chance, Frailty zu verhindern oder zu verzögern und damit die Unabhängigkeit und hohe Lebensqualität von Patienten so lange wie möglich zu sichern.

Demographic change will very quickly make itself felt in GP consultations. The older patients seen there are already numerous and will become even older and more numerous in the future! It is not chronological age, but biological age (together with state of health and existing functional reserves) that will be decisive for their adequate care. A frailty classification based on everyday functionality (such as Fried’s frailty classification) can not only quickly provide clarity here, but also influence the indication for further diagnostics and therapy. A comprehensive frailty assessment is very time-consuming and usually unrealistic in an outpatient setting. Targeted, brief geriatric assessments can be just as effective in identifying and addressing early deterioration in the most important health dimensions. Early interventions have the greatest chance of preventing or delaying frailty and thus ensuring patients‘ independence and high quality of life for as long as possible.
Key words: elderly patients, frailty, geriatric assessments

Einleitung

Die von HausƤrzten und stationƤren medizinischen Gesundheitsinstitutionen zu behandelnden hochaltrigen Patienten werden – angesichts der immer noch steigenden Lebenserwartung – nicht nur stetig Ƥlter, sie nehmen auch zahlenmƤssig aus demographischen Gründen zu. Viele Hochaltrige sind heute – im Vergleich zu vor 20 Jahren – in viel besserem, ja ausgezeichnetem Gesundheitszustand. So hat sich z.B. das Durchschnittsalter für operative Wahleingriffe zum Hüftersatz massiv nach oben verschoben. Im Gegensatz zur Altersmedizin und Inneren Medizin, wo invasive diagnostische oder therapeutische Interventionen mit mƶglichen Zusatzrisiken für den Patientengesamtzustand eher die Ausnahme bilden, sind z.B. Grundversorger bei der Indikationsstellung für chirurgische Eingriffe bei Ƥlteren und hochaltrigen Pa-tienten zunehmend gefordert, Eingriffsrisiken hinsichtlich Operationsbenefit und -risiko abzuwƤgen. Unter den medizinischen (Spezial-)Disziplinen besteht zunehmend Einigkeit, dass hier nicht primƤr das chronologische Alter, sondern die individuelle VulnerabilitƤt (Ā«FrailtyĀ») eines Ƥlteren Patienten berücksichtigt werden muss. Dass diese VulnerabilitƤt für Operations-Outcomes entscheidend ist, wird allgemein nicht bestritten, aber wie diese VulnerabilitƤt Ƥlterer Patienten erkannt respektive definiert werden soll, ist – je nach medizinischer Disziplin und Sichtweise – sehr verschieden. Aus Hausarztperspektive ist neben der bewussten Diagnosestellung einer bereits existierenden Ā«FrailtyĀ» für die bewusste Indikationsstellung weiterführender Spezialuntersuchungen/-eingriffe, die frühzeitige Erfassung eines beginnenden Frailty-Prozesses und rechtzeitig eingeleitete PrƤventivmassnahmen von grƶsster Bedeutung.

Der vor 2 Jahren publizierte und in chirurgisch behandelten Ƥlteren Patienten validierte modifizierte Frailty Index (FI) Ā«mFI-5Ā» basiert auf 5 KomorbiditƤts-Risikofaktoren (Herzinsuffizienz, Diabetes mellitus, chronisch obstruktive Lungenerkrankung oder Pneumonie, abhƤngiger funktioneller Status (total oder partiell) zum Zeitpunkt der Operation, arterielle Hypertonie) (Tab. 1) (1). Im Vergleich zu einer jüngeren Patientenpopulation wurde der Ā«mFI-5Ā» in einer geriatrischen Patientenpopulation als schlechter, aber immer noch effektiver PrƤdiktor für MortalitƤt und postoperative Komplikationen befunden.

Der Ā«Study of Osteoporotic Fractures (SOF) frailty indexĀ» (2) ist ein weiterer sehr einfach anwendbarer Index, der lediglich aus drei Items besteht: a) Nicht intentionaler Gewichtsverlust von > 5 % binnen des letzten Jahres, b) Verneinung der Frage Ā«Fühlen Sie sich energiegeladen?Ā», c) UnfƤhigkeit, 5-mal vom Stuhl aufzustehen und sich wieder hinzusetzen. Die Klassifizierung als Frail tritt dann ein, wenn mindestens 2 der 3 genannten Kriterien erfüllt werden. Hierdurch kann es unter medizinischen Akutbedingungen zu systematischen ÜberschƤtzungen der FrailtyprƤvalenz kommen. Dennoch hat sich der SOF als valides Untersuchungsinstrument behauptet und die konvergente ValiditƤt zu umfangreicheren anderen FIs bestƤtigen kƶnnen.

Mehrere nationale und internationale Empfehlungen, unter anderem die «Entscheidungen über die Zuteilung von Ressourcen in der Notfall- und der Intensivmedizin im Kontext der COVID-19-Pandemie» der Deutschen Interdisziplinären Vereinigung für Intensiv- und Notfallmedizin (DIVI) heben klar die Bedeutung der Verwendung der Clinical Frailty Scale (CFS) / deutsch: Klinischen Frailty Skala hervor. Ziel ist die Identifizierung von Pa-tienten mit einem erhöhten Risiko für einen ausbleibenden Behandlungserfolg, welche nicht von einer intensivmedizinischen Intervention profitieren dürften. Die CFS (deutsch: Klinische Frailty Skala) kann von allen adäquat geschulten Fachkräften im Gesundheits- oder Pflegedienst durchgeführt werden. Die Skala besteht aus 9 Kategorien (Abb. 1) (3).

Frailty: die altersmedizinische Sicht

Das geriatrische Frailty-Konzept basiert auf einer funktionellen Sichtweise und definiert sich als physiologische Vulnerabilität, die durch reduzierte homeostatische Reserven mit daraus resultierender verminderter Stressresistenz zustande kommt (4). Anders als in den obengenannten rein Diagnosen- oder Komorbiditäten-basierten Assessments kommen hier auch funktionelle, am Patienten gemessene Parameter zur Anwendung: Gewichtsverlust, empfundene Erschöpfung, körperliche Aktivität, Ganggeschwindigkeit und Handschlusskraft (Abb. 2). Die erhaltenen Messresultate werden anhand von Normwerten beurteilt. Bei 3 oder mehr positiven Kriterien gilt der Patient als «frail». Dieser Frailty-Phänotyp war in der Originalstudie (auf drei Jahre) unabhängig prädiktiv für Stürze, verschlechterte Mobilität oder eingeschränkte ADLs, Hospitalisation, und Tod mit Risikoassoziationen von 1.82 bis 4.46. Die Studie zeigte auch, dass Frailty weder Synonym für Komorbidität noch körperliche Behinderung war, sondern vielmehr Komorbidität ein ätiologischer Risikofaktor für und Behinderung ein Resultat von Frailty ist! Die Messung der Hirnleistung ist nicht Teil der Fried Frailty Klassifikation. Da eine demenzielle Entwicklung immer auch zu einer Frailty beitragen kann, muss die Fried-Klassifikation immer in Kombination eines kognitiven Assessments erfolgen!

Ob ein Patient als Ā«frailĀ» oder Ā«fitĀ» klassifiziert wird, hat wesentliche Voraussagekraft bei Auftreten von Stressoren wie z.B. Infekten. Ein fitter Patient wird bei einer Pneumonie nach anfƤnglicher Verschlechterung des Gesundheitszustandes wieder schnell seinen gesundheitlichen Vorzustand erreichen. Anders bei einem fragilen Patienten: Hier wird der Genesungsprozess deutlich lƤnger dauern und – ganz wesentlich – er wird gesundheitsmƤssig nicht mehr das Niveau seines Vorzustandes erreichen. Im konkreten Beispiel eines hospitalisierten, zuhause lebenden Seniors, der vor einer Pneumonie-Erkrankung bereits einen voll ausgeschƶpften Unterstützungsbedarf von drei tƤglichen SPITEX-Visiten hatte, muss eine Rückkehr nach Hause – nach abgeheilter Pneumonie – bereits bei Spitaleintritt als unrealistisch gesehen werden. Entsprechend gilt es hier, sehr schnell eine Institutionalisierung zu planen (Abb. 3a).

Die Kenntnis des Frailty-Status eines Patienten kann aber auch für andere medizinische Entscheide und Aussagen wesentliche Bedeutung haben. In der Sekundärprävention (z.B. Hypercholesterinämie und Verordnung von Statinen!) ist es bei hochaltrigen Patienten hilfreich, deren mittlere Lebenserwartung zu kennen. Je nach Frailty-Status ist dies bei einem 90-jährigen Mann 5.8 Jahre (fit), 3.2 Jahre (am Übergang zu «frail») oder 1.5 Jahre («frail») (Tab. 2).

Pathophysiologie und klinische Symptome von Frailty

Frailty entsteht durch reduzierte physiologische Reserven in meist mehreren Organsystemen. Die dadurch entstandene verminderte Stressresistenz wird bei plötzlich auftretenden Stressfaktoren wie z.B. Infekten, Schmerzen, Operationen etc. sichtbar mittels drei «stereotyper» Hauptsymptome: Stürze, Delirium oder fluktuierender Behinderung (Abb. 3b) (7).

Das Geriatrische Assessment als Instrument zur Identifizierung von funktionellen Ressourcen

Ein vollumfängliches geriatrisches Assessment eines älteren Patienten (Abb. 4) zeigt nicht nur allfällige Defizite auf, sondern lässt auch sinnvolle und realistische Behandlungsziele für einen besseren Gesundheitsgesamtzustand sichtbar werden. Bei einem elektiv geplanten chirurgischen Eingriff kann dies z.B. eine Möglichkeit sein, den Patienten in einen für die Operation besseren Vorzustand zu bringen. Die Durchführung eines geriatrischen Assessments ist zeitaufwändig und gehört in die Hände eines geriatrischen Spezialisten-Teams. Nicht nur müssen die richtigen Assessment-Instrumente gewählt (zur Vermeidung von Boden- resp. Deckeneffekten), sondern auch die therapierbaren Defizite identifiziert und festgelegt ­werden. Als stellvertretendes Beispiel für therapeutische Möglichkeiten soll hier die gezielte Behandlung eines Proteindefizits mit Leucin-verstärkten Molkeprotein-Supplementen sein, womit Mobilität und Muskelkraft (ohne Training!) selbst bei Pflegeheimbewohnern substanziell verbessert werden kann (8). Eine derartige Vorbereitung z.B. bei einem chirurgischen Elektiv-Eingriff kann für die postoperative Rekonvaleszenz- und Rehabilitationsphase (und letztlich für das Operationsresultat) entscheidend sein!

Aus obigen Gründen und als Beispiel einer gesamtheitlichen Betreuung Ƥlterer Patienten hat sich in den letzten 10 Jahren vielerorts eine enge Zusammenarbeit zwischen Altersmedizin und operativen Disziplinen wie OrthopƤdie/Traumatologie mit der formalen Gründung von Alters-Traumazentren etabliert (9). Hier werden – unter Einhaltung von QualitƤtsstandards – Ƥltere Patienten entsprechend ihrer Gesamtbedürfnisse vor und nach der Operation interdisziplinƤr behandelt.

Der «Timed Up & Go Test» als modernes und schnelles Screening für Mobilität und Kognition

Um sich – auch ohne direkten Einbezug eines Geriaters – schnell und informativ zu MobilitƤt und kognitiver Fitness eines Patienten ein Bild machen zu kƶnnen, gibt es einfache Screening-Tests, die sich ohne grosse Kosten oder Platzbedürfnisse auch in der hausƤrztlichen Praxis durchführen lassen.

Mobilität und «Frailty»: Für den Timed Up & Go Test (Abb. 5) (10) braucht es z.B. lediglich einen Stuhl mit Armlehnen und ein drei Meter davor aufgestelltes Ziel (Verkehrskonus, Flasche etc.), sowie eine Stopp-Uhr. Der Patient nimmt im Stuhl Platz. Auf das Kommando «Los» (Beginn der Zeitmessung) soll er aufstehen (normal, keine Kompetition, wenn nötig mit Gehhilfe!), nach vorne und um den Verkehrskonus herumgehen und sich wieder im Stuhl niedersetzen. Berührt sein Gesäss die Stuhlfläche, ist die Zeitmessung beendet. Braucht der Patient dafür länger als 10 Sekunden, steht eine mögliche «Frailty» im Raum (11). Ab 13.5 Sekunden besteht ein erhöhtes Sturzrisiko (12), mit für den Alltag relevanten Mobilitätsproblemen ist ab 20 Sekunden zu rechnen (10, 12).

Motorisch-kognitives Dual-Tasking (Exekutivfunktion): Ein weiter entwickelter Ā«Imagined Timed Up&GoĀ» (13) kann auch sehr schnell über die kognitive Fitness (Exekutivfunktion) eines Patienten Auskunft geben: Dazu lƤsst man den Patienten – nach Durchführung des obigen Ā­Testablaufs – im Stuhl die gleiche Aufgabe nochmals durchführen, allerdings nur in seiner Vorstellung. Auf das Kommando Ā«LosĀ» macht er sich – in seiner Vorstellung – nochmals auf denselben Parcours und sagt Ā«StoppĀ», wenn er sich wieder auf dem Stuhl zurückbefindet. Braucht der Patient für diese imaginƤre Aufgabe weniger als halb so lang wie in Wirklichkeit, ist von einer erheblichen Hirnleistungsstƶrung (mit z.B. potentiellem postoperativem Delir-Risiko!) auszugehen (Abb. 6)!

Kognition und Emotion

Ist der Ā«Imagined Timed Up&GoĀ» Test pathologisch, lohnt es sich allenfalls, einen Ā«BrainCheckĀ» durchzuführen. Hier kann mittels drei einfacher Fragen an den Patienten, 7 Fragen an den nƤchsten Angehƶrigen und einem Uhrentest in 90 % Sicherheit zwischen Ā«normalĀ» oder Ā«weiter abklƤrungsbedürftigĀ» unterschieden werden (14, https://braincheck.ch/de). Nicht selten kann auch eine depressive Verstimmung (im Alter am hƤufigsten verpasste psychiatrische Diagnose) die Hirnleistung verschlechtern. Hier lohnt sich die Durchführung eines kurzen Screenings mittels Ā«Geriatric Depression ScaleĀ» (GDS) (Tab. 3, (15)).

Sarkopenie und Malnutrition

Dass Ƥltere Menschen zum Erhalt ihrer Muskelmasse und -kraft sich nicht nur bewegen, sondern auch mehr Proteine essen müssen als jüngere Erwachsene, ist mittlerweile bekannt (16). Die frühe Identifizierung einer beginnenden Sarkopenie/Malnutrition hat – insbesondere auch angesichts der hier verfügbaren und therapeutisch sehr wirksamen Leucin-angereicherten Molkeprotein-Supplementen – für den Erhalt von MobilitƤt und funktioneller UnabhƤngigkeit entscheidende Bedeutung. Zur klinischen Diagnosestellung reicht meist die Bestimmung der Handschlusskraft (Vigorimetrie nach Martin, Abb. 7 (17)). Noch einfacher: auch die Messung des Wadenumfangs (Abb 8, (18)) kann hier schnell richtungsweisend sein.

Copyright
Aerzteverlag medinfo AG

Prof. Dr. med. Reto W. Kressig

Ƅrztlicher Direktor & Klinischer Professor für Geriatrie
UniversitƤre Altersmedizin FELIX PLATTER & UniversitƤt Basel
Burgfelderstrasse 101
4002 Basel

RetoW.Kressig@felixplatter.ch

Der Autor hat keinen Interessenkonflikt im Zusammenhang mit diesem Artikel deklariert.

Ein kurzes, klinisch orientiertes geriatrisches Assessment in der Hausarztpraxis kann Patienten mit beginnender oder bereits etablierter Frailty identifizieren, gleichzeitig aber auch allfällig vorhandene therapeutisch nutzbare Ressourcen aufzeigen. Dies kann einerseits für die sinnhafte Indikationsstellung weiterer Untersuchungen/Interventionen hilfreich sein, aber auch Hinweise auf mögliche therapeutische/präventive Massnahmen zur Verbesserung/Verzögerung von Frailty geben.

1. Subramanian S, Aalberg JJ, Soriano RP, Divino CM. The 5-Factor Modified Frailty Index in the Geriatric Surgical Population. The American Surgeon 2021;87:1420-1425.
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6. Walter LC, Covinsky KE. Cancer screening in elderly patients: a framework for individualized decision making. JAMA.2001;285(21):2750-6. doi: 10.1001/jama.285.21.2750. PMID: 11386931.
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15. Yesavage JA, Brink TL, Rose TL, Lum O, Huang V, Adey M, Leirer VO. Development and validation of a geriatric depression screening scale: a preliminary report. J Psychiatr Res 1982-1983;17(1):37-49. doi: 10.1016/0022-3956(82)90033-4. PMID: 7183759.
16. Ernährungsempfehlungen für Seniorinnen und Senioren, BLV 2022; https://www.blv.admin.ch/blv/de/home/lebensmittel-und-ernaehrung/ernaehrung/empfehlungen-informationen/lebensphasen-und-ernaehrungsformen/ernaehrung-fuer-aeltere-menschen.html
17. Gagesch M, Wieczorek M, Abderhalden LA, Lang W, Freystaetter G, Armbrecht G, Kressig RW, Vellas B, Rizzoli R, Blauth M, Orav EJ, Egli A, Bischoff-Ferrari HA. Grip strength cut-points from the Swiss DO-HEALTH population. Eur Rev Aging Phys Act 2023;20(1):13. doi: 10.1186/s11556-023-00323-6. PMID: 37543639; PMCID: PMC10403936.
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Harninkontinenz im Alter

Die Urininkontinenz ist bei Ƥlteren Patientinnen und Patienten ein hƤufiges und die LebensqualitƤt oft erheblich beeintrƤchtigendes Problem. Weil neben der somatischen Problematik oft auch die psychische und soziale Ebene tangiert ist, muss die Urininkontinenz als ein multidimensionales Problem bezeichnet und auch so behandelt werden. Durch die Bindung von erheblichen materiellen und personellen Ressourcen stellt die Problematik bereits heute eine sozio-ƶkonomische Belastung dar, diese wird vor dem Hintergrund einer stetig alternden Bevƶlkerung aber noch deutlich akzentuiert werden. Urininkontinenz gilt leider auch heutzutage immer noch an vielen Orten als Tabu-Thema, mit den Folgen von sozialer Isolation bis hin zur Depression Betroffener. Dabei kann oft bereits mit einfachen Massnahmen die LebensqualitƤt Betroffener deutlich verbessert werden. Urininkontinenz muss nicht einfach hingenommen werden – sprechen wir mit unseren Patientinnen und Patienten offen darüber.

Urinary incontinence is a most prevalent problem in elderly people with substantial negative impact on quality of life. Beside the somatic bother, the problem affects psychological and social dimensions of life often as well, hence it must be seen and treated as a multi-dimensional problem. Due to the enormous resources needed for care and treatment of urinary incontinence, urinary incontinence leads, especially taking the ongoing aging of the population in mind, to a substantial socio-economic burden. Sadly, but true, urinary incontinence is still considered a taboo by society with all consequences of social isolation and depression in affected people. It is even more sad, since often, already with simple measures, a substantial improvement in quality of life of affected patients can be achieved. Urinary incontinence should not be reluctantly endured – let’s talk with our patients about the topic.
Key words: elderly patients, urinary incontinence, diagnosis and therapy

Einführung

Die Harninkontinenz, definiert als der unwillkürliche Verlust von Urin, ist ein Ƥusserst prƤvalentes Problem bei Ƥlteren Menschen; die Inzidenz steigt mit zunehmendem Alter stetig an. Im Kollektiv der über 80-JƤhrigen liegt die PrƤvalenz bei gut 25 %, bei Bewohnerinnen und Bewohnern von Pflegeinstitutionen bei bis zu 70 % (1, 2). Da das Thema oft mit Scham belegt ist und leider auch heute noch oft ein gesellschaftliches Tabu-Thema darstellt, ist die Dunkelziffer Betroffener vermutlich hoch und die wahre PrƤvalenz somit mƶglicherweise noch hƶher. Zwei Dinge sind zentral für das VerstƤndnis: erstens, die Urininkontinenz in dieser Population ist nicht einfach Ā«normalĀ», respektive ein normaler Teil des Alt-Seins oder -Werdens (3) und zweitens, für die Betroffenen oft eine grosse und multidimensionale Belastung mit grosser Auswirkung auf die LebensqualitƤt. Diverse Studien haben lƤngst den negativen Einfluss der Urininkontinenz auf die psychische und physische Gesundheit Betroffener gezeigt (4, 5). Sozialer Rückzug bis hin zur sozialen Isolierung und Depression sowie funktionelle Behinderung mit erhƶhter Inzidenz von Stürzen, Frakturen oder Traumata und dementsprechend MorbiditƤt bis hin zur MortalitƤt sind klar belegt (6). Vor dem Hintergrund einer stetig alternden Bevƶlkerung stellt die Urininkontinenz aber nicht nur für eine immer grƶsser werdende Population ein medizinisches Problem dar, sondern auch für das Gesundheitswesen eine enorme Belastung und Herausforderung: für die Pflege sowie die medizinische Versorgung der hƤufig auftretenden Komplikationen sind erhebliche personelle Ressourcen notwendig, zusammen mit den hohen Kosten für Materialien und Medikamente ergeben sich daraus substanzielle finanzielle Belastungen für die KostentrƤger und somit die Gesellschaft.

Ein Blick auf die Evidenz in der Literatur zeigt, dass all das Wissen um diese Probleme keineswegs neu ist, trotzdem scheinen viele Aspekte, allem voran der gesellschaftliche Umgang mit dem Thema, ungelöst. Dabei ist die Urininkontinenz kein Zustand, welcher einfach hingenommen werden muss, und in den meisten Fällen kann allein durch eine Optimierung der Hilfsmittel eine erhebliche Verbesserung der Situation erreicht werden mit deutlichem Benefit für die Lebensqualität Betroffener. Einer der wichtigsten Schritte in der Behandlung der Urininkontinenz ist dabei das schlichte Erkennen des Problems!

An dieser Stelle kommen Mitarbeiterinnen und Mitarbeiter des Gesundheitswesens im pflegerischen und ärztlichen Bereich in eine ganz besondere Pflicht, indem das leider auch in diesen Berufsgruppen oft noch mit einem Tabu belegte Thema aktiv überwunden und im konkreten Fall angesprochen wird. Dabei sind einfachste Beobachtungen bei den Patientinnen und Patienten oft genügend, um die simple Frage: «Haben Sie eventuell ein Problem der Harn-Kontinenz?» zu rechtfertigen. Und in den allermeisten Fällen ist nichts weiter notwendig als diese eine simple Frage, um die Barrieren für ein anschliessendes Gespräch zu öffnen.

Die gründliche und präzise Diagnostik mit Identifizierung des Inkontinenz-Typus und der klinischen Hauptprobleme sowie die anschliessende Integration dieser Problematik in die individuelle Gesamtsituation der betroffenen Person ist dabei der Schlüssel für die Findung der optimalen Therapie. Insbesondere in der Population der hochbetagten Personen sollte die Urininkontinenz zudem nicht nur als eine isolierte Problematik, sondern vielmehr als ein multidimensionales Problem gesehen werden, welches neben der organischen auch die psychische und soziale Ebene tangiert. Bei gebrechlichen Patientinnen und Patienten ist der Einbezug von Bezugspflege-Personen oder Angehörigen in die Therapie-Findung wichtig. Diese Punkte sollen in den folgenden Abschnitten beleuchtet werden.

Die verschiedenen Formen und Einteilungen der Urin-Inkontinenz

Verschiedene Formen der Blasenfunktionsstƶrung kƶnnen mit einer Inkontinenz einhergehen, diese wiederum kann nach verschiedenen Kriterien eingeteilt werden. Dabei gibt es drei mƶgliche Gruppen: 1. Einteilung nach der Ƅtiologie, 2. Einteilung nach der klinischen PrƤsentation / FunktionalitƤt und 3. Einteilung nach dem zeitlichen Verlauf.

Ƅtiologisch kƶnnen zentral-nervƶs neurogenen Ursachen (wie zum Beispiel im Rahmen von neuro-degenerativen Erkrankungen wie Demenz, Parkinson, Multipler Ā­Sklerose, …) von peripher-organischen Ursachen der Harntraktes selbst (wie zum Beispiel einem Obstruktionssyndrom oder einer altersbedingt myogenen Detrusor-SchwƤche) und diese wiederum von funktionellen, Harntrakt-fernen Ursachen (wie zum Beispiel bei ImmobilitƤt mit konsekutiver UnfƤhigkeit zum rechtzeitigen Erreichen der Toilette oder Dekompensation des Harntraktes durch ausschwemmend diuretische Medikamente) unterschieden werden. Gerade diese letztere, sogenannte funktionelle Inkontinenz, welche sich neben dem isolierten Auftreten natürlich zu den anderen Formen der Inkontinenz dazugesellen kann, ist in der Population der betagten Patientinnen und Patienten ein hƤufiges Problem.

Bei der zeitlichen Einteilung der Inkontinenz können sogenannte transiente und chronische Inkontinenz-Formen unterschieden werden. Der transienten Inkontinenz liegt ein vorübergehender Faktor, respektive eine Ursache (wie zum Beispiel eine Harnwegsinfektion, eine medikamentös induzierte Polyurie oder ein Delir) zugrunde. Bei einer neu aufgetretenen Harn-Inkontinenz, gerade bei betagten Patientinnen und Patienten, muss in diesem Fall an die möglichen, oft reversiblen Elemente der funktionellen Inkontinenz gedacht werden. Bei der chronischen Inkontinenz liegt eine solche vorübergehende ­Ursache nicht vor, ein klassisches Beispiel ist die Belastungsinkontinenz bei Sphinkter-Insuffizienz.

Bei der Einteilung nach klinischer PrƤsentation lƤsst sich die Inkontinenz in die Kategorien der Blasenspeicher- und der Blasenentleerungsstƶrungen einteilen. Die Blasenspeicherstƶrung geht mit Drang oder eben auch Drang-Inkontinenz einher bei überaktivem Detrusor-Muskel. Der Begriff «überaktive BlaseĀ» (oder OAB, overactive bladder) sollte hier mit Vorsicht verwendet werden, respektive im Wissen, dass damit nicht eine prƤzise Diagnose, sondern die pauschale Beschreibung der Symptomatik bei überaktivem Detrusor-Muskel gemeint ist. Mit anderen Worten, mehrere Formen einer Blasenfunktionsstƶrung kƶnnen sich klinisch als überaktive Blase bemerkbar machen. Eine weitere Form der Blasenspeicherstƶrung kommt durch einen insuffizienten Verschlussmechanismus der Urethra im Rahmen von Sphinkter-Insuffizienzen zustande. Hier wird von Belastungs-Inkontinenz gesprochen, welche eben bezeichnenderweise nicht mit begleitenden Drangbeschwerden einhergeht und dann auftritt, denn der Abdominal-Druck den Sphinkter-Verschlusstonus übersteigt (wie zum Beispiel beim Niesen, Husten, Lachen oder Aufstehen). Neben den Blasenspeicherstƶrungen kann auch eine Blasenentleerungsstƶrung bei Dekompensation mit einer sogenannten Überlauf-Inkontinenz vergesellschaftet sein (Beispiele hierfür sind ein dekompensiertes Prostataobstruktions-Syndrom oder eine myogene Detrusor-Insuffizienz). Des Weiteren kommen Mischformen, respektive Misch-Inkontinenz-Formen aus Blasenspeicher- und Entleerungsstƶrungen vor; in der Population der betagten Personen ist diese Mischform, insbesondere bei MƤnnern, sehr hƤufig und dementsprechend die Behandlung anspruchsvoll. Abbildung. 1 gibt einen Überblick über die entsprechende Einteilung (Abb. 1).

Die Figur zeigt die Urin-Inkontinenz-Problematik in ihrer KomplexitƤt und Vielschichtigkeit schƶn auf. Fokussiert man diese Problematik nun auf die Population von betagten Patientinnen und Patienten, so geht schnell hervor, dass Ƥtiologisch hƤufig mehrere, wenn nicht sogar alle Kategorien betroffen sind. Auf funktioneller Seite liegt hƤufig ein Mischbild vor. Zudem sind – wie oben angetƶnt – meist weitere gesundheitliche Dimensionen im psychischen und sozialen Bereich durch die Inkontinenz-Problematik mindestens tangiert, oft aber relevant eingeschrƤnkt. Vor diesem Hintergrund wird klar, dass es oft nicht eine schnelle und einfache Lƶsung gibt und der sinnvollen Therapie eine sorgfƤltige Diagnostik vorausgehen muss. Es ist wichtig, betroffenen Patientinnen und Patienten, aber auch Angehƶrigen diesen Sachverhalt von Beginn weg klar darzulegen, damit keine falschen Erwartungshaltungen bezüglich allfƤlliger Therapieerfolge vorliegen. Der folgende Abschnitt beleuchtet nun die Schritte der AbklƤrung und Therapie.

AbklƤrung und Therapie

Wie oben erwƤhnt, ist die Eintrittspforte in den konsekutiven Vorgang der AbklƤrung und Therapiefindung das schlichte Erkennen des Problems. Diese an sich selbsterklƤrende Tatsache kann aber bei diesem Thema nicht genug betont werden. Wie üblich beginnt der Prozess dann mit einer gründlichen Anamnese, wobei es in der Regel Sinn macht, zuerst den funktionellen Aspekt der Inkontinenz mit Einteilung in Blasenspeicher- und Entleerungs-Stƶrung zu eruieren. Die sorgfƤltige Erfassung von Nebendiagnosen und Medikamenten sowie der zeitliche Verlauf der Problematik ergƤnzen dann die in Abbildung 1 zusammengefassten Aspekte. Auch Begleitprobleme somatischer Art (wie zum Beispiel Dermatitis) oder im psychischen oder sozialen Bereich sollten von Beginn weg immer berücksichtigt und erfasst werden. Natürlich benƶtigt dieser Vorgang Zeit und oft auch Geduld. Leider stellt genau dies aber in der gesundheitspolitischen Situation hierzulande ein reales Problem dar, denn Zeit zum Zuhƶren, Zeit für ein GesprƤch und Zeit für die gemeinsame Planung von massvollen weitergehenden Massnahmen schlƤgt – ganz im Gegensatz zu technischen Leistungen – punkto Vergütung mit einem sehr schlechten Gegenwert zu Buche; die Erfahrung und Expertise der Ƅrztin / des Arztes ist in diesem Punkt sogar belanglos. Vielleicht ist dies neben dem genannten Tabu ein weiterer Grund, warum die Problematik oft nicht aktiv angesprochen wird. Es bleibt zu hoffen, dass sich hier künftig wieder ein Richtungswechsel und eine Besinnung auf wichtige Werte der Ƥrztlichen TƤtigkeit mit entsprechender Vergütung zeigen wird; dies als kleine Exkursbemerkung.

PrimƤr einfache Untersuchungen wie kƶrperliche Untersuchung (inklusive Genital-Untersuchung und digital rektaler Untersuchung), Urinanalysen sowie sonographische Resturinkontrollen und Erfassung der AbflussverhƤltnisse im oberen Harntrakt liefern in einer ersten Instanz ohne weitere invasive oder fachƤrztlich-geleitete Diagnostik die wichtigen Aspekte zur Erfassung der Situation. Weitergehende Untersuchungen wie Zystoskopie, Schichtbildgebungen (CT, MRI) oder Urodynamik sind oft primƤr nicht notwendig und sollten betreffend Indikation im Einzelfall dann erst im Anschluss an eine fachƤrztliche Beurteilung folgen. Je komplexer allerdings die Situation, desto niederschwelliger sollte von Beginn weg ein interdisziplinƤrer Ansatz zur AbklƤrung und Therapiefindung gewƤhlt werden.

Die prƤzise Diagnose triggert wie üblich auch hier die Therapie. Bei betagten Patientinnen und Patienten ist auf Aspekte der funktionellen Inkontinenz dabei ganz speziell zu achten. Wenn immer mƶglich, sollte die Therapie bei betagten Personen konservativ sein (7). Der Einbezug der individuellen Wünsche Betroffener, im Pflegefall auch der Bezugspflegepersonen und Angehƶrigen, ist wichtig. Die KomplexitƤt der Situation erlaubt es leider nicht immer, dass ein optimales Ziel erreicht werden kann. Die Identifizierung (i) des Aspekts der Inkontinenz, der die LebensqualitƤt am meisten einschrƤnkt, und (ii) der Aspekte der Inkontinenz, die therapeutisch behandelt werden kƶnnen, ist dabei essenziell. Trotzdem, auch wenn nur Etappenziele erreicht werden kƶnnen, kann das die LebensqualitƤt Betroffener substanziell verbessern. Die offene Kommunikation und ein gemeinsames Abstecken der real erreichbaren Ziele sind somit zentral, um falsche Erwartungen und unrealistische Zielvorstellungen zu vermeiden – bei Betroffenen, wie auch bei Angehƶrigen.

Abbildung 2 gibt einen Überblick über die AbklƤrung und Therapien sowie erweiterte Massnahmen – ohne Anspruch auf VollstƤndigkeit.
In der Population von betagten Patientinnen und Patienten sollte immer auch ein spezielles Augenmerk auf die Harntrakt fernen Massnahmen geworfen werden (Abb. 2). Diese meist nicht-invasiven und nicht-medikamentƶsen Massnahmen kƶnnen im Einzelfall wesentlich zur Verbesserung der Situation beitragen, ohne ihrerseits wiederum ein potenziell unerwünschtes Nebenwirkungsprofil zu bergen. Bei der medikamentƶsen Therapie ist insbesondere bei Verwendung von anticholinergen Substanzen Vorsicht geboten. Wichtig ist hier die stimmige Indikation für solch ein an sich sehr gut wirksames und darum auch wertvolles Medikament. So benƶtigt nicht jede überaktive Blase primƤr diese Therapie. Beispielsweise kann ein Prostataobstruktions-Syndrom mit deutlich irritativen Beschwerden bis hin zur Drang-Inkontinenz vergesellschaftet sein; die primƤre Problematik ist aber eine Entleerungs- und nicht eine Speicherstƶrung. Wenn anticholinerge Substanzen eingesetzt werden, dann ist die sorgfƤltige Motorisierung der potenziellen Nebenwirkungen, gerade bei betagten Personen, wichtig. Wenn alle Massnahmen scheitern und die Inkontinenz somit akzeptiert werden muss, dann ist von Beginn weg die Optimierung der Hilfsmittel zentral und kann bei richtiger Wahl und guter Pflege auch alleinig schon oft eine deutliche Verbesserung der Situation bewirken.

Zusammenfassung

Die Urininkontinenz ist bei Ƥlteren Patientinnen und Patienten ein hƤufiges und oft die LebensqualitƤt erheblich beeintrƤchtigendes Problem. Daneben stellt die Problematik durch die für die Pflege und Therapie notwendigen erheblichen materiellen und personellen Ressourcen eine reale und grƶsser werdende gesellschaftspolitische Herausforderung dar. Urininkontinenz gilt leider auch heutzutage immer noch an vielen Orten als Tabu-Thema. Dabei kann oft bereits mit einfachen Massnahmen die LebensqualitƤt Betroffener deutlich verbessert werden. Urininkontinenz muss nicht einfach hingenommen werden – sprechen wir mit unseren Patientinnen und Patienten offen darüber.

Copyright Aerzteverlag medinfo AG

PD Dr. med.Martin H. Umbehr

Klinik für Urologie
Stadtspital Zürich
Birmensdorferstrasse 497
8063 Zürich

Prof. Dr. med. Michael Müntener

Klinik für Urologie
Stadtspital Zürich
Birmensdorferstrasse 497
8063 Zürich

Die Autoren haben keinen Interessenkonflikte im Zusammenhang mit diesem Artikel deklariert.

  • Die Inzidenz der Urin-Inkontinenz steigt stetig mit Ā­zunehmendem Alter; die PrƤvalenz im Alterskollektiv über
    80 Jahren liegt je nach Setting zwischen 25–70 %.
  • Urin-Inkontinenz im Alter ist trotz der hohen PrƤvalenz kein
    «Normalzustand» und verursacht bei Betroffenen oft erheblichen Leidensdruck mit Auswirkungen nicht nur im somatischen, sondern auch im psychischen und sozialen Bereich.
  • Urin-Inkontinenz ist auch heutzutage leider immer noch an vielen Orten, auch im Gesundheitswesen selbst, ein Tabu-Thema. Dieses gilt es zu durchbrechen. Oft kann schon mit einfachen Mitteln die LebensqualitƤt Betroffener substanziell verbessert werden.

1. Promoting continence in older people. Mathias Schlƶgl et al, Age and Aging 2022; 51:1–5
2. Urinary incontinence in the Elderly. Tomas L. Griebling. Clin Geriatr Med 20 (2009) 445-457
3. The aging urinary tract. DuBeau CE. J Urol 2006; 175:S11–5
4. The impact of urinary incontinence on quality of life of the elderly.
Ko Y et al. Am J Manag Care 2005; 11:S103–11
5. ā€œIt always can happenā€: the impact of urinary incontinence on elderly men and women. Teunissen D et al. Scand J Prim Health Care 2006; 24:166–73
6. Lower urinary tract symptoms, incontinence and falls in elderly people: time for an intervention study. Morris V et al. Int J Clin Pract 2007; 61:320–3
7. Albers C, Bojack B, Heckmann J, Kirschner-Herrmanns R, Kümmerle S, Mueller H, Mühlich S, Nemitz G, Pfisterer M, Schlusche-Flömer B, and Wiedemann A. Leitlinie Harninkontinenz der Deutschen Gesellschaft für Geriatrie. 2005 Jul 1. Report Nº.: Eur J Ger Suppl 7 Nº 2.

Wer entscheidet über die Zumutbarkeit ­einer Therapie?

Die PrƤimplantationsdiagnostik ist ein noch junges, spannendes Gebiet. Auf den ersten Blick scheinen die gesetzlichen Vorgaben in Bezug auf die Fortpflanzungsmedizin (FMedG) klar und sind doch beim nƤheren Betrachten unscharf.

Eine junge Frau ist heterozygote TrƤgerin einer MLH1-Mutation. Solche Mutationen sind für ein hochpenetrantes Lynch-Syndrom verantwortlich, welches mit einem Lebenszeitrisiko von über 75-85 % für Kolon- und/oder Endometriumkarzinom, sowie einem relevant erhƶhten Risiko für weitere Karzinome einhergeht. Die Mutter der Patientin ist mit 46 Jahren an einem metastasierenden Kolonkarzinom verstorben; die Krankheitsgeschichte und der Verlust der Mutter sind für die Patientin prƤgend. Die empfohlenen hƤufigen Surveillance Untersuchungen und die prƤsente TumorĀ­angst bei einem ungewissen Restrisiko sind belastend. Diese Belastung mƶchte sie ihren Nachkommen mƶglichst nicht zumuten und entscheidet sich für eine In-vitro-Fertilisation (IVF) und eine gezielte Testung der Embryonen auf die für das Lynch-Syndrom bekannte Genmutation MLH1. Dieser Entscheid ist gut nachvollziehbar und international besteht ein breiter Konsens, dass P/LP-MLH1-Mutationen für eine PGT-M (PrƤimplantations-Gentest zur Erkennung von monogenen Krankheiten) qualifizieren. Wo liegt also das Problem?

Die gesetzlichen Bestimmungen in der Schweiz verlangen für eine PGT-M, dass es sich um eine vererbbare und schwere Krankheit handelt und diese vor dem 50. Altersjahr auftritt. Diese Bedingungen werden mit einem Lynch-Syndrom sicher erfüllt. Weiter verlangt das Gesetz, dass für die Krankheit keine wirksamen und zweckmƤssigen Therapieoptionen vorliegen. Dieser Punkt kann kontrovers diskutiert werden und zeigt die UnschƤrfe der gesetzlichen Vorgaben. GrundsƤtzlich gibt es wirksame und zweckmƤssige Vorsorgeuntersuchungen und Therapieoptionen für Tumorerkrankungen, allerdings wissen wir auch, dass diese aufwƤndig, für die Patienten belastend und leider nicht immer erfolgreich sind. Ƅhnlich verhƤlt es sich mit den BRCA1/2-Mutationen, welche mit einem im Vergleich zur Normalbevƶlkerung massiv erhƶhten Brust- und Ovarialkarzinom einhergehen. Mit dem Argument, dass eine sorgfƤltige Vorsorgeuntersuchung und rechtzeitige bilaterale Mast-/Salpingo-Ovarektomie eine wirksame und zweckmƤssige Therapieoption darstellt, wird teilweise dem Wunsch nach einer PGT-M aus rechtlicher und medizinethischer Sicht nicht entsprochen.

In den 2022 verfassten Richtlinien zur PGT-M der NEK (Nationale Ethikkommission) steht, dass eine Therapie zweckmässig ist, wenn die Risiken und Belastungen der Therapie für die von der schweren Krankheit betroffene Person und für das Paar zumutbar sind. Wer bestimmt, was und für wen und in welcher Situation zumutbar ist?

Aus meiner langjährigen internistischen Tätigkeit weiss ich, dass ein Mammakarzinom oder Colonkarzinom nicht immer langfristig beherrscht werden kann, dass häufige Vorsorgeuntersuchungen wie z.B. beim Lynch-Syndrom grosse Sorgen und Unsicherheiten auslösen können und dass eine elektive bilaterale Mastektomie für die betroffene Frau eine massive emotionale Belastung darstellt.

In der Schweiz wird jeder einzelne Fall in einem individuellen PGT-M Board behandelt und gegebenenfalls auch über den Aspekt der Zumutbarkeit einer Therapie entschieden. In den UK wird von der Human Fertilization and Embryology Authority (HFEA) eine Liste mit über 600 Krankheiten/Mutationen geführt, welche für eine PGT-M qualifizieren, so dass vergleichbare Fälle gleich beurteilt werden. Und selbstverständlich gibt es auch Länder ohne jegliche Regulationen in Bezug auf genetische Testung von Embryonen.

Die genetische Testung von Embryonen muss ein unbedingt wichtiges gesellschaftliches und politisches Thema bleiben.
Eine Selektion von Embryonen mittels polygenetischer Testung (PGT-P) und Risikoscores sind bereits in diversen Ländern Realität und lassen aufhorchen. Auch mit der in der Schweiz erlaubten monogenetischen Testung müssen mit dem Wunschpaar sorgfältige Gespräche geführt werden und immer die Option offengelassen werden, dass nicht gleichzeitig auch eine Testung auf Aneuploidie (Abweichung der Chromosomenzahl) erfolgen muss. Aber es liegt mir sehr am Herzen, dass auch Gynäkologen, Onkologen und Internisten, welche die Belastung betroffener Patienten z.B. Lynch-Syndrom oder BRCA1/2-Mutation kennen, in die medizinethische Diskussion rund um Wirksamkeit und Zumutbarkeit einer Therapie miteinbezogen werden und möglichst eine einheitliche, transparente und rechtsgleiche Praxis in Bezug auf PGT-M in der Schweiz erreicht werden kann.

Dr. med. Vera Stucki-HƤusler

Dr. med.Vera Stucki-HƤusler

Aerzteverlag medinfo AG
Dr. med. Vera Stucki-HƤusler
Seestrasse 141
8703 Erlenbach

stucki@medinfo-verlag.ch

Journal Watch von unseren Experten

Alzheimer Krankheit: Potenziell neuer Therapieansatz in Sicht

Die nach ihrem Entdecker, dem deutschen Arzt Alois Alzheimer, benannte Alzheimer-Krankheit ist eine neurodegenerative Erkrankung, die in ihrer hƤufigsten Form bei Personen über dem 65. Lebensjahr auftritt und durch zunehmende Demenz gekennzeichnet ist. Sie ist für ungefƤhr 60 % der weltweit etwa 25 Mio. Demenzerkrankungen verantwortlich.

Seit Jahren wird intensiv an der Entwicklung einer Therapie dieser Krankheit geforscht, die immer mehr Menschen weltweit betrifft. Die Alzheimer-Krankheit ist charakterisiert durch das Auftreten von Amyloid-Plaques und Ablagerungen des Proteins Tau. Das von der FDA in einem beschleunigten Verfahren zugelassene Medikament Lecanemab besteht aus einem humanisierten monoklonalen Antikörper, der gegen das im Hirn abgelagerte β-Amyloid gerichtet ist. Lecanemab ist nicht in der Lage, den Krankheitsverlauf zu stoppen, jedoch kann es diesen um fünf bis sieben Jahre verlängern, was einen beachtlichen Fortschritt darstellt. Nach Jahrzehnten, in denen nahezu ausschließlich die β-Amyloid-Plaques und die Tau-Protein-Ablagerungen als Ursache der Neurodegeneration erforscht wurden, ist es einem Wissenschaftskonsortium um Prof. Bart de Strooper, Direktor des UK Dementia Institute London, gelungen, das Absterben von Hirnzellen im Tiermodell vollständig zu stoppen. Die Forscher fanden heraus, dass die Hemmung des MEG3-Molküls das Absterben von Gehirnzellen verzögern kann, was möglicherweise zu einer ganz neuen Linie der Arzneimittelentwicklung führen könnte (1).

MEG3 – Bindeglied zwischen der Akkumulation der Amyloidplaques oder Tau-Fibrillen und dem Absterben der Hirnzellen?
Der Verlust von Nervenzellen stellt einen entscheidenden Vorgang bei der Alzheimer-Krankheit dar. Die zugrunde liegenden Mechanismen wurden durch die Arbeit von Balusu et al. (1) in ein völlig anderes Licht gerückt. Diese Autoren transplantierten menschliche Neuronen in Mäusegehirne, die Amyloid-Plaques enthielten. Die menschlichen Neuronen, nicht jedoch die Mausneuronen, wiesen eine ausgeprägte Alzheimer-Pathologie auf, einschließlich Protein-Tau-Tangles und Nekroptose. Menschliche Neuronen regulierten das neuronenspezifische maternal exprimierte Gen 3 (MEG3) als Reaktion auf Amyloid-Plaques hoch. Allein das Vorhandensein von MEG3 reichte aus, um die Nekroptose in vitro auszulösen. Die orale Verabreichung von RIP-Kinase-1- und -3-Inhibitoren (Receptor Interacting Proteins) führte zu einer Unterdrückung der MEG3-Überexpression und Nekroptose. Die Herabregulierung von MEG3 schützte die Neuronen vor dem Absterben im Xenograft-Modell der Alzheimer-Krankheit. Die Manipulation von Signal-Kinasen im Nekroptose-Signalweg, die MEG3 nachgeschaltet sind, konnte die Neuronen schützen. Dies deutet auf einen möglichen Ansatz für therapeutische Maßnahmen gegen die Alzheimer-Krankheit hin.

Prof. Dr.  Dr. h.c. Walter Riesen
1. Balusu S et al. MEG3 activates necroptosis in human neuron xenografts modeling Alzheimer’s disease

Syphilis und kardiovaskulƤres Risiko: ein taiwanesisches Register
Wird eine alte Krankheit unterschƤtzt?

Ā«Syphilis ist nach wie vor ein bedeutendes globales Gesundheitsproblem. Angesichts des rasanten Anstiegs der PrƤvalenz, in den Jahren 2018-2022 um 79 % in USA, kƶnnten insbesondere Kliniker und Kardiologen bereits in den nƤchsten Jahren mit den lebensbedrohlichen oder sogar tƶdlichen Folgen der Syphilis konfrontiert werden (1)Ā».

In einer grossen Kohortenstudie aus Taiwan (2) wurde von 2010-2015 insgesamt 20 601 Patienten mit Syphilis analysiert und mit einem gleich grossen Kollektiv (alters-, geschlechts- und komorbi-ditƤts-angepassten Personen) ohne Syphilis verglichen. Diese Studie zeigt, dass Patienten mit Syphilis ein hƶheres Risiko für kardiovaskulƤre Ereignisse und eine hƶhere GesamtmortalitƤt haben. So wurden folgende kardiovaskulƤre Ereignisse mit einem RR signifikant hƤufiger nachgewiesen: ein akuter Myokardinfarkt mit 38 %, eine HI mit 88 %, eine Aortenklappeninsuffizienz mit 81 %, ein VHFLi mit 45 %, ein ischƤmischer Schlaganfall mit 68 %, ein hƤmorrhagischer Schlaganfall mit 114 % und eine venƶse Thromboembolie (tiefe Venenthrombose u. LE) mit 67 %. Der kardiovaskulƤre- und der Gesamttod waren mit 155 % (HR:2.55) resp. 196 % (HR: 2,96) deutlich erhƶht. In dieser Zeitspanne von lediglich 5 Jahren waren die Aortenaneurysmen und Dissektionen nicht signifikant gehƤuft – HR:1.32.

Die Syphilis (Lues) ist eine nahezu ausschließlich sexuell übertragene, in mehreren klinischen Stadien verlaufende, chronische Infektionskrankheit durch die Spirochäte Treponema pallidum. Patienten können je nach Stadium der Erkrankung eine Vielzahl von Anzeichen und Symptomen aufweisen.
Nach der Frühsyphilis (primƤr + sekundƤr + frühlatent), oft unbemerkt, folgt ein SpƤt-Latenzstadium. Dieses kann 1-30 Jahre dauern. Der Erreger ist aber immer noch im Kƶrper aktiv. Entsprechend besteht auch im Latenzstadium immer noch ein gewisses Infektionsrisiko. Die folgende TertiƤr- oder SpƤtsyphilis, nicht behandelter FƤlle (25-40 %), nimmt ihren Anfang mit einem erneuten Ausbruch der Krankheit durch Befall von Organen (kutan, kardiovaskulƤr, Knochen, intestinal und neurologisch).

Die kardiovaskulƤre (cv) Lues stellt die hƤufigste systemische Manifestation der Erkrankung nach hƤmatogener Ausbreitung des Erregers Treponema pallidum dar, die in der Regel 4–10 Wochen nach der primƤren LƤsion ohne Therapie auftritt. Die klinischen Manifestationen der CV-Syphilis sind jedoch eher 10-25 Jahre nach dem ersten Kontakt mit dem Erreger zu erwarten. So sind auch die kleinen und grossen GefƤsse (Vaskulitis der Vasa vasorum) befallen. Bei den Koronarien kommt es neben der Vaskulitis oft zu einer ostialen Stenose. VerƤnderungen an der Aorta (Aorten-wurzelvaskulitis) mit Aneurysmen und Dissektionen werden erst nach 10-20 Jahren beobachtet.

Dafür war diese Studie mit einer Beobachtung über 5 Jahre nicht angelegt; auch hat diese noch weitere wichtige Einschränkungen und Limitationen, welche evt. zu einer Überschätzung der Resultate führten (1,2).

Es lohnt sich die aktuelle Originalarbeit und das Editorial im EHJ zu lesen; ist doch dieses Krankheitsbild uns Ƅrzten ohne venerologische Erfahrungen vor allem aus dem Studium als RaritƤt bekannt. Wichtig bleibt dabei die Latenzzeit bis zum Ausbruch der beschriebenen kardiovaskulƤren Ereignisse, bei einer positiven Serologie eine frühe Antibiotika-Therapie (meist Penicillin-G) und das konsequente Suchen dieser Folgeerkrankungen resp. die Erweiterung der Anamnese nach einer früheren Lues. Patienten mit einer gummatƶsen oder kardiovaskulƤren Infektion sollten vor Beginn der Therapie eine Untersuchung der Zerebrospinalflüssigkeit durchführen lassen, um eine Neurosyphilis festzustellen – Up To Date 2023.

Dr. med. Urs Dürst
1. Arnold N. and Koenig W., Infection, inflammation, and cardiovascular risk: are we underestimating an old disease?, Eur Heart J, ehae183, https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehae104
2. Wu V.CC. et al, Syphilis and cardiovascular risk: a Taiwanese registry, Eur Heart J, ehae183, https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehae183

Bewegung gegen Depressionen

Diese Netzwerk-Meta-Analyse untersuchte die optimale Dosis und die ModalitƤt von Bewegungsübungen zur Behandlung einer schweren depressiven Stƶrung im Vergleich zu Psychotherapie, Antidepressiva und Kontrollbedingungen. In 218 Einzelstudien mit insgesamt 495 Armen und 14’170 Teilnehmenden wurden moderate Reduktionen der Depression für Gehen oder Joggen (n=1210, 95 % Vertrauensintervall -0,80 bis -0,45), Yoga (n=1047, -0,73 bis -0,36), Krafttraining (n=643, -0,69 bis -0,29), gemischte Aerobic-Übungen (n=1286, -0,61 bis -0,24) und Tai Chi oder Qigong (n=343, -0,65 bis -0,21) gefunden. Die Auswirkungen des Trainings waren proportional zur verordneten IntensitƤt. Krafttraining und Yoga schienen die akzeptabelsten ModalitƤten zu sein.
Fazit: Bewegung ist eine wirksame Behandlung für Depressionen. Gehen oder Joggen, Yoga und Krafttraining stehen an oberster Stelle und haben mit grösserer Intensität bessere Wirkung. Diese Wirksamkeit ist unabhängig von Komorbiditäten oder dem Ausgangswert der Depression. Alle Bewegungsmodalitäten werden gut vertragen. Ein körperliches Training sollte neben Psychotherapie und Antidepressiva als Kernbehandlung für Depressionen empfohlen werden.

KD Dr. med. Marcel Weber
Noetel M. Effect of exercise for depression: systematic review and network meta-analysis of randomised controlled trials.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38355154/

Wechsel von Vitamin K-Antagonisten zu Nicht-Vitamin K-Antagonisten erhƶht bei gebrechlichen Patienten mit Vorhofflimmern das Blutungsrisiko

Hintergrund
Die meisten Patienten mit einem Vorhofflimmern werden zur Reduktion des Schlaganfallrisikos antikoaguliert; heute vorwiegend mit Nicht-Vitamin K-Antagonisten (DOAC). Es gibt aber noch eine betrƤchtliche Anzahl Patienten, die schon seit Jahren mit einem Vitamin K-Antagonisten (VKA) antikoaguliert werden. Der Nachteil der VKA ist, dass im Gegensatz zu DOAC regelmƤssig der INR-Wert bestimmt und eventuell die Dosierung angepasst werden muss. In verschiedenen Studien mit Patienten mit Vorhofflimmern, in denen die Wirksamkeit und Sicherheit von VKA mit DOAC verglichen wurden, schnitten DOACs besser ab.

Ein Teil der Patienten, die seit Jahren mit Vitamin K-Antagonisten behandelt werden, sind älter und auch gebrechlich («frail»). Diese Patienten waren in den genannten Studien nur in sehr kleiner Zahl vertreten.

Aus dem Grund untersuchten die Autoren die Frage der Wirksamkeit und Sicherheit der beiden Arten der Antikoagulation bei Ƥlteren, gebrechlichen Menschen.

Einschlusskriterien

• Patienten mit Vorhofflimmern ≄ 75 Jahre und
• vor Studienbeginn behandelt mit einem Vitamin K-Antagonisten und
• Groningen Frailty Index ≄ 3 (ein validierter Fragebogen zur Erfassung der Gebrechlichkeit; Steverink et al. Gerontologist 2001; 41: 236-237) und
• sie waren bereit, auf Nicht-Vitamin K-Antagonisten zu wechseln

Ausschlusskriterien

• Vorhofflimmern und Klappenerkrankung (mechanische Herzklappe; schwere Mitralstenose)
• eGFR < 30 ml/min/1.73m²

Outcome

PrimƤrer Outcome
• Eine grosse (fatal, Blutung an kritischem Ort, wie Gehirn oder Retroperitoneum) oder eine klinisch relevante nicht so grosse Blutung (nach internationalen Kriterien klassifiziert)
SekundƤre Outcomes
• Thromboembolische Ereignisse
• Tod

Studiendesign und Methode:

Multizentrische, randomisierte, nicht-verblindete Studie
Studienort: 8 Zentren (Dutch thrombosis services) in den Niederlanden

Interventionen:

Gruppe 1: Stoppen der Antikoagulation mit einem Vitamin K-Antagonisten und Umstellung auf ein DOAC-PrƤparat, wenn der INR < 1.3 war. Initial wurde mit einem DOAC-PrƤparat (konnte von den behandelnden Personen frei gewƤhlt werden) begonnen, wenn der INR-Wert < 2 war. Dabei wurden aber in der Umstellungsphase einige Blutungskomplikationen beobachtet.

Gruppe 2: weiterhin Antikoagulation mit einem Vitamin K-Antagonisten.

Resultat

• 1330 Patienten wurden randomisiert, 662 wechselten von Vitamin K-Antagonisten zu DOAC. Das mittlere Alter lag bei 83 Jahren; der mediane Ā«Groningen fraility IndexĀ» lag bei 4. Fast 40  % waren Frauen.
• Nachdem 163 primƤre Outcomes beobachtet wurden, 101 (15.3  %) im DOAC-Arm und 62 (9.4  %) im VKA-Arm wurde die Studie abgebrochen. Die Anzahl Blutungen war in der DOAC-Gruppe bei der abschliessenden Analyse um fast 70  % hƶher als in der VKA Gruppe.
• Bei den thromboembolischen Ereignissen und bei der MortalitƤt waren keine signifikanten Unterschiede zwischen den beiden Gruppen beobachtbar.

Kommentar:

• Die Ergebnisse dieser Studie sind ein Hinweis darauf, dass bei gebrechlichen Patienten mit Vorhofflimmern nach einer Umstellung der Antikoagulation von Vitamin K Antagonisten auf Nicht-Vitamin K Antagonisten die Blutungswahrscheinlichkeit (deutlich) steigt.
• Mit dieser Studie kann die Frage bezüglich eines Unterschiedes an thromboembolischen Ereignissen (ischƤmischer Insult) nicht konklusiv beantwortet werden. In der Studie gab es aber keine Hinweise auf einen Unterschied zwischen den beiden Gruppen.
• Die Autoren kommen zum Schluss, dass bei diesen Patienten von einer Umstellung auf Nicht-Vitamin K Antagonisten ohne zwingenden Grund abzuraten ist.

Prof. em. Dr.  med. Johann Steurer
1. Joosten L.P.T. et al. Safety of switching from a Vitamin K Antagonist of an Non-Vitamin K Antagonist Oral Anticoagulant in frail older patients with atrial fibrillation: Results for FRAIL-AF Randomized Controlled Trial. Circulation 2024; 149: 279 – 289.