DerniĆØres parutions
Les opioïdes sont inefficaces contre les douleurs lombo- ou cervico-vertébrales aiguës
Avez-vous dĆ©jĆ prescrit des opioĆÆdes dans cette situation ? Une Ć©tude d’efficacitĆ© australienne a examinĆ© des patients souffrant de lombalgies ou de cervicalgies sans symptĆ“mes radiculaires au cours des 12 semaines d’apparition de ces douleurs. Le site L’opioĆÆde utilisĆ© (oxycodone jusqu’Ć 20 mg par jour) n’a pas Ć©tĆ© en mesure d’influencer significativement l’intensitĆ© de la douleur dans les 6 semaines par rapport au placebo. Le „Brief Pain Inventory“ (1), avec une Ć©chelle de 0 Ć 10, un score plus Ć©levĆ© indiquant une douleur plus intense, a Ć©tĆ© utilisĆ© pour Ć©valuer l’intensitĆ© de la douleur. AprĆØs 6 semaines, celle-ci Ć©tait de prĆØs de 2,8 points sous oxycodone et de 2,25 points sous placebo, soit Ć peu prĆØs le mĆŖme nombre de points. Les constipations Ć©taient deux fois plus frĆ©quentes dans le groupe oxycodone, bien que la prĆ©paration Ć©tudiĆ©e contienne Ć©galement de la naloxone (2). Il n’y a donc aucune raison de recourir Ć un traitement opioĆÆde pour cette forme de lombalgie aiguĆ« non spĆ©cifique.
1.āUne version allemande du „Brief Pain Inventory“ se trouve sous www.drk-schmerzzentrum.de
2.The Lancet 2023, doi.org/10.1016/S0140-6736(23)00404-X, rƩdigƩ le 10.07.2023
Faut-il estimer le taux de filtration glomĆ©rulaire sur la base d’un dosage de la crĆ©atinine ou de la cystatine C ?
Faut-il mesurer le dĆ©bit de filtration glomĆ©rulaire sur la base d’une crĆ©atinine ? En fait, il faudrait mesurer le dĆ©bit de filtration glomĆ©rulaire au moins de temps en temps, au cours de l’Ć©volution ou directement en cas de situation critique ! Il faut considĆ©rer comme un progrĆØs le fait qu’il existe bientĆ“t des mĆ©thodes de dĆ©termination plus simples, qui pourraient bientĆ“t rendre obsolĆØte le recueil ambulatoire sur 24 heures, qui est entachĆ© d’erreurs importantes. Le DFG estimĆ©, ou eGFR, prĆ©sente des inconvĆ©nients, qu’il soit calculĆ© sur la base de la cystatine C ou de la crĆ©atinine. En tout Ć©tat de cause, ces eGFR ne sont pas comparables entre eux, que ce soit en ambulatoire (1) ou lors d’hospitalisations aiguĆ«s (2), et les divergences sont plus ou moins courantes. L’eGFR basĆ© sur la cystatine C donne en gĆ©nĆ©ral des valeurs nettement plus basses que l’eGFR basĆ© sur la crĆ©atinine. Il existe des indications indirectes selon lesquelles l’eGFR basĆ© sur la cystatine C est plus proche de la vĆ©ritĆ©, mais aucune preuve rĆ©elle ne vient Ć©tayer cette hypothĆØse.- ou d’un dosage de la cystatine C ?
1.CJASN 2023, DOI: 10.2215/CJN.0000000000000217,
2.American Journal of Kidney Diseases 2023, doi.org/10.1053/j. ajkd.2023.03.005, redigƩ le 13.07.2023
Testez vos connaissances…
sur le tennis elbow
Le tennis elbow ou, en termes plus professionnels, l’Ć©picondylite latente, est une tendinopathie qui apparaĆ®t progressivement et sans antĆ©cĆ©dents de traumatisme. Son incidence serait supĆ©rieure Ć 3 cas pour 1000 personnes par an. Les individus Ć¢gĆ©s de 40 Ć 60 ans, sans prĆ©dominance de sexe, sont prĆ©dominants.
Quelles affirmations concernant le tennis elbow sont correctes (plus d’une rĆ©ponse peut ĆŖtre correcte) ?
1. Un examen radiologique est nƩcessaire pour Ʃtablir le diagnostic.
2. L’examen clinique rĆ©vĆØle une dolence Ć la pression de l’Ć©picondyle latĆ©ral de l’humĆ©rus. Une extension dorsale de la main entraĆ®ne une faiblesse de l’avant-bras et/ou des douleurs.
3. L’Ć©volution spontanĆ©e Ć©tant mauvaise, des injections de glucocorticoĆÆdes sont indiquĆ©es et, en cas d’inefficacitĆ©, une intervention chirurgicale.
4. L’immobilisation et le repos sont importants pour accĆ©lĆ©rer la disparition des symptĆ“mes.
5. 97% des personnes concernƩes sont libƩrƩes de leurs douleurs au bout de 2 ans au plus tard sans aucune intervention.
RƩponse :
Le diagnostic de l’Ć©picondylite latĆ©rale est avant tout clinique. L’absence de traumatisme, la dolence Ć la pression sur l’Ć©picondyle latĆ©ral et le dĆ©clenchement de la douleur/la faiblesse musculaire aprĆØs l’extension dorsale de la main par un examinateur, alors que le patient rĆ©siste activement, sont les signes cliniques classiques.
Les injections de glucocorticoĆÆdes entraĆ®nent une amĆ©lioration Ć court terme, mais semblent aggraver l’Ć©volution globale. Les interventions chirurgicales ne devraient ĆŖtre envisagĆ©es qu’aprĆØs au moins un an de douleurs ou devraient a priori ĆŖtre Ć©vitĆ©es. L’immobilisation (tout comme la physiothĆ©rapie) n’a qu’un bĆ©nĆ©fice thĆ©rapeutique minime, voire nul. La plupart des patients ne souffrent plus de douleurs aprĆØs
12 mois ne prĆ©sentent plus de symptĆ“mes. 97% des 72 chirurgiens orthopĆ©distes qui ont posĆ© le diagnostic d’Ć©picondylite latĆ©rale ont Ć©tĆ© libĆ©rĆ©s de leurs douleurs au plus tard aprĆØs 2 ans et sans intervention chirurgicale.
Les rƩponses 2 et 5 sont donc correctes.
NEJM 2023, doi:10.1056/NEJMcp2216734, rƩdigƩ le 14.07.2023
Toujours et encore controversƩ
Vitamine D et substitution hormonale post-mƩnopausique
Dans les annĆ©es 1990, il n’y avait soudainement plus de rĆ©elle contre-indication Ć la substitution hormonale pendant la mĆ©nopause. Parmi les effets positifs annoncĆ©s, on trouvait Ć©galement une diminution prĆ©sumĆ©e du risque de dĆ©mence. Peu de temps aprĆØs, la vitamine D a connu son heure de gloire et semblait ĆŖtre bonne pour de nombreuses nouvelles indications, notamment comme facteur protecteur.
contre les maladies cardiovasculaires. Cet effet a Ć©tĆ© attribuĆ©, entre autres, Ć la propriĆ©tĆ© d’inhibiteur de la rĆ©nine et, par consĆ©quent, Ć une rĆ©duction de la pression artĆ©rielle. Cependant, les Ć©tudes d’intervention menĆ©es jusqu’Ć prĆ©sent n’avaient pas montrĆ© d’effet protecteur cardiovasculaire convaincant. Ceci est maintenant confirmĆ© par une nouvelle Ć©tude, car 60 000 unitĆ©s de vitamine p.o. par mois n’empĆŖchent pas de maniĆØre significative les Ć©vĆ©nements cardiovasculaires majeurs. Les auteurs suggĆØrent certes qu’il pourrait y avoir un effet protecteur, mais les preuves prĆ©sentĆ©es dans leur publication ne sont pas comprĆ©hensibles (1).
Il en va autrement pour le traitement hormonal substitutif postmĆ©nopausique : Dans une Ć©tude de cohorte danoise, on trouve justement l’inverse de l’effet prĆ©cĆ©dent : Les hormones post-mĆ©nopausiques augmenteraient le risque de dĆ©veloppement de dĆ©mence, indĆ©pendamment de l’Ć¢ge de dĆ©but et de la durĆ©e de prise (2).
La place manque ici pour dĆ©battre de ce phĆ©nomĆØne non rare dans la recherche clinique qu’est le changement des bases factuelles. La conclusion reste sobre et simple : trop peu de preuves pour la vitamine D en tant qu’hormone cardiovasculaire protectrice et trop peu de preuves pour renoncer Ć une substitution hormonale post-mĆ©nopausique uniquement en raison d’un effet supposĆ© sur le dĆ©veloppement de la dĆ©mence.
1.BMJ 2023, doi.org/10.1136/bmj-2023-075230, 2. BMJ 2023, doi.org/10.1136/bmj-2022-072770, redigƩ le 13.07.2023
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