Aujourdā€™ā€Šhui, demain ou jamaisā€Š?

Des preuves toujours plus Ć©videntes montrent quā€™ā€Šavec un programme de dĆ©pistage prĆ©coce du cancer pulmonaire, Ć  lā€™ā€Šaide dā€™ā€Šune computertomographie Ć  faible dose (LDCT), permet de rĆ©duire la mortalitĆ© au sein dā€™ā€Šune population Ć  risque de maniĆØre significative. De nouvelles donnĆ©es dĆ©montrent quā€™ā€Šune stricte sĆ©lection des participant-e-s dans un programme de dĆ©pistage par LDCT et une mesure volumĆ©trique des nodules pulmonaires rĆ©duit la frĆ©quence des faux positifs. Le Ā«ā€Šgroupe suisse dā€™ā€ŠimplĆ©mentation du dĆ©pistage du cancer du poumonā€ŠĀ» (CH – LSIG), une communautĆ© de travail multidisciplinaire de groupes dā€™ā€ŠintĆ©rĆŖt et dā€™ā€Šexpert-e-s, soutient la mise en place dā€™ā€Šun programme suisse de dĆ©pistage du cancer du poumon. Le prĆ©sent article traite du dĆ©pistage du cancer pulmonaire, qui est par ailleurs un des projets de dĆ©marrage de la Ā«ā€Šcommission dā€™ā€Šexperts pour la dĆ©tection prĆ©coce du cancerā€ŠĀ» mis en œuvre en 2018, dans le cadre du projet pilote de la stratĆ©gie nationale de lutte contre le cancer.

Le cancer pulmonaire, avec 3ā€Š200 dĆ©cĆØs par annĆ©e, est la cause la plus frĆ©quente de dĆ©cĆØs associĆ©e Ć  un cancer en Suisse (1). Chaque annĆ©e, 4 300 nouveaux cas de cancer pulmonaire sont diagnostiquĆ©s (4ā€‰ā€Š363 en 2015, 4ā€‰ā€Š252 en 2014, 4ā€‰ā€Š293 en 2013). Le principal facteur de risque pour le cancer du poumon est le tabagisme, avec un laps de temps de 20 Ć  30 ans entre lā€™ā€Šincidence et la mortalitĆ©. Ceci explique aussi pourquoi, en Suisse, la mortalitĆ© chez les patient-e-s du cancer du poumon baisse chez les hommes, mais augmente encore chez les femmes.

Grâce à la computertomographie à faible dose, il est possible de dépister précocement un cancer du poumon

Le cancer pulmonaire a une phase prĆ©clinique de plusieurs annĆ©es, durant laquelle il est dĆ©tectable, mais souvent asymptomatique ; pendant cette pĆ©riode, un traitement chirurgical efficace et curatif est une option. Cā€™ā€Šest pourquoi diverses mĆ©thodes de dĆ©pistage prĆ©coce ont Ć©tĆ© Ć©tudiĆ©es ces 20 derniĆØres annĆ©es. La computertomographie Ć  faible dose (LDCT) est un procĆ©dĆ© dā€™ā€Šimagerie sensible qui permet de dĆ©tecter le cancer pulmonaire Ć  un stade prĆ©coce. Aujourdā€™ā€Šhui, de plus en plus de preuves dĆ©montrent quā€™ā€Šune stratĆ©gie de diagnostic et thĆ©rapeutique adĆ©quate peut faire baisser le taux de mortalitĆ©, non seulement pour le cancer pulmonaire mais la mortalitĆ© de maniĆØre gĆ©nĆ©rale. Lā€™ā€ŠĆ©tude amĆ©ricaine du National Lung Screening Trial (NLST) a pu abaisser la mortalitĆ© liĆ©e au cancer du poumon de 20ā€Š% (rĆ©duction du risque relatif), ce qui correspond Ć  un Ā«number needed-to-screenĀ» dā€™ā€Šenviron 320 pour prĆ©venir un dĆ©cĆØs par cancer pulmonaire (2). A la confĆ©rence mondiale du cancer pulmonaire en 2018, les rĆ©sultats de lā€™ā€ŠĆ©tude NELSON – menĆ©e en Hollande et en Belgique – avaient Ć©tĆ© prĆ©sentĆ©s pour la premiĆØre fois. Il avait Ć©tĆ© dĆ©montrĆ© que la mortalitĆ© liĆ©e au cancer pulmonaire pouvait baisser de 26ā€Š% (3). Au sein dā€™ā€Šun sous-groupe de femmes, le dĆ©pistage par LDCT avait mĆŖme pu permettre de faire baisser le taux de mortalitĆ© de 50ā€Š%. Lā€™ā€ŠĆ©tude NELSON est importante, car elle analyse les nodules pulmonaires suspects avec la volumĆ©trie, ce qui permet de rĆ©duire significativement les faux positifs, en comparaison avec le NLST. Lā€™ā€ŠĆ©tude italienne MILD et lā€™ā€ŠĆ©tude allemande LUSI, publiĆ©es rĆ©cemment, ont pu dĆ©montrer sur une pĆ©riode de 8-10 ans lā€™ā€Šavantage dā€™ā€Šun dĆ©pistage prĆ©coce par LDCT, avec 36 Ć  39ā€Š% de rĆ©duction du risque relatif de mortalitĆ© du cancer pulmonaire et une rĆ©duction du risque relatif de la mortalitĆ© gĆ©nĆ©rale de 20ā€Š% (4, 5). Il devient ainsi Ć©vident quā€™ā€Šun dĆ©pistage prĆ©coce peut permettre de sauver des vies.
En outre, une Ć©tude de micro-simulation, publiĆ©e il y a peu, a pu dĆ©montrer quā€™ā€Šen Suisse cela serait fort probablement une intervention efficiente au niveau des coĆ»ts (environ 30 000 francs suisse par annĆ©e de vie sauvĆ©e) (6). Les Ɖtats-Unis, la Grande Bretagne et la Pologne sont pour lā€™ā€Šinstant les seuls pays où un programme de dĆ©pistage par LDCT est menĆ© ou en prĆ©paration sur le conseil de plusieurs communautĆ©s dā€™ā€Šexperts. En Europe, de nombreux pays attendent la publication de lā€™ā€ŠĆ©tude NELSON et le renouvellement de lā€™ā€ŠĆ©valuation des technologies de santĆ©, sur laquelle sera basĆ©e lā€™ā€Šintroduction dā€™ā€Šun programme de dĆ©pistage du cancer pulmonaire. Cette hĆ©sitation est en partie imputable au taux de rĆ©sultats dā€™ā€Šanalyses faussement positifs du NSLT, avec de potentiels effets secondaires dĆ» Ć  un diagnostic invasif, des examens ou traitements supplĆ©mentaires. Bien que le dĆ©pistage par LDCT sera fort probablement efficace au niveau des coĆ»ts (cela reste relatif), il faut prendre en compte des surcoĆ»ts substantiels (soit des coĆ»ts absolus) : avec un taux de participation au dĆ©pistage de 10ā€Š% sur la population potentiellement Ć  risque, on peut chiffrer une surcharge de 16 millions de francs par annĆ©e en Suisse.
Le dƩpistage prƩcoce par LDCT est dƩjƠ proposƩ depuis de nombreuses annƩes Ơ des personnes asymptomatiques par des prestataires suisses, notamment une fondation (http://www.lungendiagnostik.ch), avec des hƓpitaux privƩs associƩs.
Aujourdā€™ā€Šhui, il existe en Suisse un vide pour le dĆ©pistage du cancer pulmonaire. Pour une mise en œuvre et un financement durable dā€™ā€Šun programme de dĆ©pistage par LDCT de haute qualitĆ©, il sera nĆ©cessaire de prendre en compte, dans la stratĆ©gie future, divers groupes dā€™ā€ŠintĆ©rĆŖts, des potentiel-le-s participant-e-s aux prestataires de service en passant par divers acteurs du domaine de la santĆ©.

DonnƩes actuelles et preuves

Il a Ć©tĆ© tentĆ© de calculer lā€™ā€Šimpact, lā€™ā€Šefficience des coĆ»ts, la viabilitĆ© et le financement du dĆ©pistage par LDCT en Suisse. Comme dĆ©jĆ  mentionnĆ©, une Ć©tude de modĆ©lisation a pu montrer que le dĆ©pistage par LDCT du cancer du poumon pourrait rĆ©duire la mortalitĆ© en Suisse Ć  un rapport acceptable entre le risque et les coĆ»ts– sachant que le pays a un haut taux de fumeurs. Bien que la viabilitĆ© nā€™ā€Šait pas Ć©tĆ© systĆ©matiquement Ć©tudiĆ©e pour lā€™ā€Šinstant, des premiĆØres expĆ©riences Ć  lā€™ā€ŠhĆ“pital universitaire de Zürich montrent que pour intĆ©grer un programme de dĆ©pistage dans lā€™ā€Šactuelle routine clinique, il faut prendre en compte des ressources de personnel substantielles, une adaptation du processus ainsi que des infrastructures adaptĆ©es. Ainsi, pour rĆ©pondre aux exigences dā€™ā€Šun programme de dĆ©pistage par LDCT du cancer du poumon, il est nĆ©cessaire dā€™ā€Šavoir une Ć©quipe spĆ©cifique au sein de radiologie, pneumologie et chirurgie thoracique (Pr T. Frauenfelder, communication orale). En outre, ces adaptations ne concernent que les personnes souhaitant vraiment se soumettre Ć  un dĆ©pistage (probablement environ 10-20ā€Š%). Il nā€™ā€Šexiste encore aucune structure pour ĆŖtre informĆ© au sujet dā€™ā€Šun programme de dĆ©pistage et du processus de prise de dĆ©cision. Dans dā€™ā€Šautre pays, comme la Pologne, ce premier pas se fait auprĆØs du mĆ©decin de famille, alors quā€™ā€Šen Suisse, on pourrait imaginer que cela se fasse autant auprĆØs du mĆ©decin de famille quā€™ā€ŠauprĆØs dā€™ā€Šune organisation de la santĆ©, comme par exemple la Ligue Pulmonaire.

Le CH-LSIG (Lung Cancer Screening Implementation Group ou groupe suisse dā€™ā€ŠimplĆ©mentation du dĆ©pistage du cancer du poumon) a publiĆ© un communiquĆ© au sujet du dĆ©pistage par LDCT du cancer du poumon dans lequel il Ć©tablit les exigences de bases pour un futur programme de dĆ©pistage prĆ©coce (7). Dans ce communiquĆ©, un groupe cible Ć  risque de 300 000 femmes et hommes est dĆ©fini comme potentiellement qualifiĆ© pour faire recours Ć  un dĆ©pistage par LDCT. Le groupe dā€™ā€Šexpert-e-s conclut quā€™ā€Šun programme de dĆ©pistage dans tout le pays serait faisable, grĆ¢ce Ć  la rĆ©partition gĆ©ographique des centres de santĆ© et des prestataires de service qui peuvent proposer un dĆ©pistage, ainsi quā€™ā€ŠĆ  la nature sĆ©lective de lā€™ā€Šexamen.

Les donnĆ©es concernant le financement dā€™ā€Šun programme de dĆ©pistage du cancer du poumon sont pour lā€™ā€Šinstant incomplĆØtes. Bien que lā€™ā€ŠĆ©tude de modĆ©lisation mentionnĆ©e plus haut suppose quā€™ā€Šun tel programme de dĆ©pistage prĆ©coce pourrait selon toute probabilitĆ© ĆŖtre mis en œuvre avec un rapport coĆ»t-bĆ©nĆ©fice acceptable de moins de 100 000 francs suisses par annĆ©e de vie sauvĆ©e, certains points concernant les coĆ»ts absolus et la rĆ©partition entre les potentiels porteurs de coĆ»ts (assurances maladies, patient-e-s ayant recours au programme de dĆ©pistage et des organisations Ć  but non-lucratif comme la Ligue Pulmonaire) restent Ć  Ć©claircir.
Lā€™ā€Šā€ŠOffice fĆ©dĆ©ral de la santĆ© publique (OFSP) a repoussĆ© lā€™ā€ŠĆ©valuation et la dĆ©cision de lā€™ā€ŠĆ©tablissement dā€™ā€Šun programme national de dĆ©pistage du cancer du poumon jusquā€™ā€ŠĆ  la publication des donnĆ©es de lā€™ā€ŠĆ©tude NELSON.
Les donnĆ©es disponibles Ć  ce jour sont Ć©galement insuffisantes en ce qui concerne la volontĆ© des participant-e-s potentiel-le-s au programme de dĆ©pistage de prendre en charge une partie des coĆ»ts ou la possibilitĆ© que les prestataires de services prennent en charge les coĆ»ts pour les ressources nĆ©cessaires en personnel et l’adaptation de l’infrastructure.
A lā€™ā€Šoccasion de la confĆ©rence mondiale du cancer pulmonaire en septembre 2018, les rĆ©sultats de lā€™ā€ŠĆ©tude NELSON ont Ć©tĆ© prĆ©sentĆ©s, montrant une rĆ©duction relative du risque de 26% auprĆØs des hommes – ce qui a provoquĆ© un large soutien au niveau international des sociĆ©tĆ© mĆ©dicales pour la mise en place de programmes de dĆ©pistage nationaux (3). Cette idĆ©e sā€™ā€ŠĆ©tait dĆ©jĆ  propagĆ©e Ć  la publication de 2017 du Ā«European position statement on lung cancer screeningĀ» (8). A lā€™ā€Šheure actuelle, un programme de dĆ©pistage est dĆ©marrĆ© en Pologne et au Royaume Uni, le NHS est en train d’Ć©tendre le programme pilote existant. La sociĆ©tĆ© europĆ©enne pour les images thoraciques (European Society for Thoracic Imaging, ESTI) est en train dā€™ā€ŠĆ©tablir un processus de certification des radiologues pour le dĆ©pistage du cancer du poumon. Cette action est soutenue par les sociĆ©tĆ©s europĆ©ennes pour la radiologie et se base sur des webinars ainsi que des cours sur le diagnostic de nodules pulmonaires et lā€™ā€Šutilisation de lā€™ā€Šaide au diagnostic mĆ©dical (computer-aided diagnosis, CAD).
Il reste, malgrĆ© tout, plusieurs questions fondamentales sans rĆ©ponses jusquā€™ā€Šici, ce qui pourra ĆŖtre illustrĆ© par le processus de dĆ©pistage (schĆ©ma 1). Un aspect important est le fait que le dĆ©pistage du cancer du poumon est bien plus complexe que la rĆ©alisation d’un seul test de dĆ©pistage. Le processus commence par lā€™ā€Šinformation des participant-e-s issu-e-s de la population Ć  risque (par exemple catĆ©gorie dā€™ā€ŠĆ¢ge de 60 Ć  80 ans et au moins 30 paquets par annĆ©e ou des critĆØres supplĆ©mentaires/autres). Le but est que les participant-e-s du programme de dĆ©pistage puissent prendre une dĆ©cision informĆ©e de se soumettre ou non Ć  un dĆ©pistage par LDCT. Une consultation a lieu aprĆØs le premier LDCT, afin de discuter des rĆ©sultats de lā€™ā€Šexamination, des facteurs de risque et de dĆ©cider quels examens encore mener. Dans le cas de lĆ©sions suspectes, cela pourrait signifier une procĆ©dure de diagnostic ou dā€™ā€Šautres contrĆ“les par la suite. Ce processus de dĆ©pistage peut aussi mener Ć  un traitement, qui comprend Ć©galement un monitoring spĆ©cifique.
Il existe de plus en plus de preuves scientifiques en faveur de chaque Ć©tape de la procĆ©dure du dĆ©pistage. Les Ć©tudes NSLT, MILD, LUSI et NELSON, ainsi que lā€™ā€ŠĆ©tude de modĆ©lisation de Tomonaga et al. vont permettre une Ć©valuation future dĆ©taillĆ©e du processus par son utilitĆ©, les effets secondaires et les coĆ»ts.

Pertinence du dƩpistage du cancer pulmonaire dans le contexte suisse

En Suisse et en Europe, le cancer pulmonaire prĆ©sente le taux de mortalitĆ© associĆ© au carcinome le plus Ć©levĆ©, surtout en raison d’un diagnostic tardif Ć  un stade avancĆ©, qui ne permet plus une approche thĆ©rapeutique curative. Plusieurs Ć©tudes sur le dĆ©pistage du cancer du poumon avec le LDCT montrent clairement une rĆ©duction significative de la mortalitĆ© liĆ©e au cancer du poumon.
Aujourdā€™ā€Šhui, des programmes de dĆ©pistage du cancer du poumon sont mis en place aux Ɖtats-Unis, et plusieurs pays europĆ©ens en font de mĆŖme. En Suisse, un dĆ©bat politique a lieu en ce moment Ć  propos des coĆ»ts des soins de la santĆ©, avec des critiques envers les mesures de prĆ©vention mises en place, comme le programme de dĆ©pistage du cancer du sein. Cā€™ā€Šest pourquoi la future prĆ©vention du cancer pulmonaire nĆ©cessitera l’Ć©tablissement d’un programme de dĆ©pistage fondĆ© sur des donnĆ©es probantes, ainsi que lā€™ā€Šimplication active des groupes de personnes concernĆ©es.
Le CH-LSIG soutient donc un programme coordonnĆ© au niveau national pour la collecte et l’Ć©valuation scientifique des donnĆ©es et des rĆ©sultats. Le CH-LSIG ne recommande pas de dĆ©pistage Ā«ā€Šopportunisteā€ŠĀ», menĆ© en dehors d’un programme. Toutefois, si les patient-e-s souhaitent tout de mĆŖme subir un examen par LDCT, ils/elles doivent ĆŖtre informĆ©-e-s Ć  l’avance des risques et des bĆ©nĆ©fices.
Un futur programme suisse devrait ĆŖtre Ć©tabli avec une approche Ā«ā€Šbottom-upā€ŠĀ», incluant les diffĆ©rentes parties prenantes et accompagnĆ© scientifiquement par une analyse de la mise en œuvre – lā€™ā€Šobjectif principal Ć©tant de rĆ©duire la mortalitĆ© liĆ©e au cancer du poumon et les rĆ©sultats faussement positifs.
Une stratĆ©gie aussi large et inclusive vise Ć  intĆ©grer toutes les parties prenantes au cours du processus de mise en œuvre, ce qui constitue une approche novatrice tant au niveau national qu’international. La Suisse peut donc jouer un rĆ“le important dans l’introduction d’un programme de dĆ©pistage du cancer du poumon par LDCT, basĆ© sur les meilleures preuves disponibles et utilisant les forces du systĆØme de santĆ© suisse.

Questions ouvertes sur la faisabilitƩ

  • Quelles organisations sont en contact avec les participant-e-s potentiel-le-s Ć  un dĆ©pistage, issu-e-s de la population Ć  risque ?
  • Quels critĆØres dĆ©finissent la population Ć  risque, pour Ć©tablir un Ā«number needed to screenĀ» et un Ā«number harmedĀ» ?
  • Quels aspects entravent et quels sont ceux qui simplifient la mise en place durable d’un programme de dĆ©pistage par LDCT pour les prestataires de soins de santĆ© ?
  • Quels prestataires de soins de santĆ© mettent en place des Ć©quipes interdisciplinaires et fournissent l’infrastructure nĆ©cessaire pour offrir un programme de dĆ©pistage par LDCT ?
  • Comment intĆØgre-t-on le sevrage tabagique dans le programme de dĆ©pistage par LDCT afin atteindre le nombre maximum de fumeurs et fumeuses ?
  • Quel rĆ©gime de dĆ©pistage la Suisse devrait-elle utiliser, quels sont les dĆ©tails du programme de dĆ©pistage par LDCT ?
  • Comment et par qui les nodules sont-ils dĆ©tectĆ©s, analysĆ©s et signalĆ©s, quel algorithme est mis en œuvre pour la gestion ?
  • Quelles sont les possibilitĆ©s de collecte de donnĆ©es, de registre et de programme de d’accompagnement de qualitĆ© en Suisse ?

Questions ouvertes sur le financement et la durabilité :

  • Comment sont financĆ©es l’information, les consultations et la spiromĆ©trie avant le LDCT ? Les participant-e-s seraient-ils/elles prĆŖt-e-s Ć  assumer eux-mĆŖmes une partie des coĆ»ts ?
  • Est-ce quā€™ā€Šune taxe supplĆ©mentaire sur le tabac pourrait financer une partie du programme de dĆ©pistage par LDCT ?
  • A quelle hauteur lā€™ā€Šassurance maladie obligatoire devrait-elle contribuer pour assurer une mise en place durable d’un programme de dĆ©pistage par LDCT ?
  • Comment les prestataires de service de la santĆ© financent-ils les ressources humaines, les Ć©quipements techniques, la formation et les infrastructures supplĆ©mentaires, indĆ©pendamment du remboursement par les caisses d’assurance maladie ?
  • Comment sont financĆ©s la collecte de donnĆ©es, les registres et les programmes de qualitĆ© ?
  • Comment sont traitĆ©es les dĆ©couvertes fortuites (par exemple, les maladies cardiovasculaires) pour Ć©viter des coĆ»ts Ć©levĆ©s et inutiles pour le systĆØme de santĆ© ?

Le CH-LSIG (Lung Cancer Screening Implementation Group)

J. Plojoux (HoĢ‚pitaux Universitaires de GeneĢ€ve), A. Azzola (Luzerner Kantonsspital), J. Bremerich (Universitätsspital Basel), U. Bürgi (Luzerner Kantonsspital), M. Brutsche (Kantonsspital St. Gallen), A. Christe (Insel- spital und Tiefenauspital), L. Ebner (Inselspital), C. Eich (Zürich), D. Franzen (Universitätsspital Zürich), A. Flatz (Krebsliga Schweiz), Ph. Giroud (Lungenliga Schweiz), J. Heverhagen (Inselspital), N. Horwarth (Clinique des Grangettes), M. Kohler (Universitätsspital Zürich), A. Lovis (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois), R. Meuli (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois), M. Menig (BAG), X. Montet (HoĢ‚pitaux Universitaires de GeneĢ€ve), L. Nicod (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois), T. Niemann (Kantonsspital Baden), H.-B. Ris (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois), D. Schneiter (Universitätsspital Zürich), S. Stöhr (SUVA), P. Vock (BAG), W. Weder (Universitätsspital Zürich)

Prof. Dr. méd. Paola Gasche-Soccal, Service de Pneumologie, Hôpitaux Universitaires de Genève, Genève
Dr. mƩd. Catherine Beigelmann-Aubry, Service de Radiodiagnostic et Radiologie Interventionnelle, Centre Hospitalier Universitaire Vaudois, Lausanne
Prof. Dr. méd. Thomas Frauenfelder, Institut für diagnostische und interventionelle Radiologie, Universitätsspital Zürich, Zürich
Prof. Dr. mƩd. Oliver Gautschi, Medizinische Onkologie, Luzerner Kantonsspital, Luzern
Prof. Dr. méd. Isabelle Schmitt-Opitz, Klinik für Thoraxchirurgie, Universitätsspital Zürich, Zürich
Dr. méd. Yuki Tomonaga, Institut für Epidemiologie, Biostatistik und Prävention, Universität Zürich, Zürich
Prof. Dr. méd. Stefan Neuner-Jehle, Kollegium f. Hausarztmedizin, Zürich
Prof. Dr. méd. Oliver Senn, Institut für Hausarztmedizin, Universität Zürich, Zürich
Dr. méd. Alexander Turk, Klinik für Innere Medizin, See-Spital, Horgen und Kilchberg
Prof. Dr. méd. Milo Puhan, Institut für Epidemiologie, Biostatistik und Prävention Institute, Universität Zürich, Zürich

Article traduit de Ā«onkologie » 05_2019.

Prof. Dr. med.Christophe von Garnier

Centre Hospitalier Universitaire Vaudois
Lausanne

christophe.von-garnier@chuv.ch

1. Specific causes of death. https://www.bfs.admin.ch/bfs/en/home/statistics/health/ state-health/mortality-causes-death/specific.html (accessed April 24, 2019).
2. Aberle DR, Adams AM, Berg CD, Black WC, et al. Reduced lungcancer morta- lity with lowdose computed tomographic screening. N Engl J Med. 2011 Aug 4;365(5):395-409.
3. De Koning H, Van Der Aalst C, Ten Haaf K, Oudkerk M. PL02.05 Effects of Volu- me CT Lung Cancer Screening: Mortality Results of the NELSON Randomised- Controlled Population Based Trial. J Thorac Oncol 2018; 13: S185.
4. Pastorino U, Silva M, Sestini S, et al. Prolonged Lung Cancer Screening Redu- ced 10-year Mortality in the MILD Trial. Ann Oncol 2019; published online April 1. DOI:10.1093/annonc/mdz117.
5. Becker N, Motsch E, Trotter A, Heussel CP, et al. Lung cancer mortality reduction by LDCT screening-Results from the randomized German LUSI trial. Int J Cancer. 2019 Jun 4. doi: 10.1002/ijc.32486.
6. Tomonaga Y, ten Haaf K, Frauenfelder T, et al. Costeffectiveness of low-do-se CT screening for lung cancer in a European country with high preva-lence of smoking—A modelling study. Lung Cancer 2018. DOI:10.1016/j.lung- can.2018.05.008.
7. Frauenfelder T, Puhan MA, Lazor R, et al. Early detection of lung cancer: A statement from an expert panel of the swiss university hospitals on lung cancer screening. Respiration 2014; 87: 254–64.
8. Oudkerk M, Devaraj A, Vliegenthart R, et al. European position statement on lung cancer screening. Lancet Oncol. 2017. DOI:10.1016/S1470-2045(17)30861-6.

Recommandations 2020 de la SSED pour le traitement du diabète sucré de type 2

La SociĆ©tĆ© Suisse dā€™ā€ŠEndocrinologie et de DiabĆ©tologie (SSED/SGED) a Ć©tĆ© lā€™ā€Šune des premiĆØres sociĆ©tĆ©s professionnelles Ć  publier des recommandations modernes qui se focalisent sur lā€™ā€ŠĆ©tat actuel des connaissances concernant le risque cardiovasculaire.

Depuis 2008, la Federal Drug Administration (FDA) exige des Ć©tudes cliniques sur la sĆ©curitĆ© cardiovasculaire qui recourent Ć  des critĆØres de jugement (primaires et secondaires) significatifs. Cette Ć©volution a conduit Ć  des dĆ©veloppements complĆØtement nouveaux dans les recommandations de thĆ©rapie pour le diabĆØte sucrĆ© de type 2. ƀ ce jour, environ deux tiers des patients atteints de diabĆØte sucrĆ© de type 2 meurent dā€™ā€Šun Ć©vĆ©nement cardiovasculaire. En consĆ©quence lā€™ā€Šaccent sera mis Ć  lā€™ā€Šavenir sur les thĆ©rapies qui rĆ©duisent le risque cardiovasculaire et prĆ©viennent les dĆ©cĆØs.
Actuellement, ces donnĆ©es existent pour les inhibiteurs du SGLT2 et pour les analogues du GLP-1, dont il a Ć©tĆ© dĆ©montrĆ© qu,ils rĆ©duisent le risque dā€™ā€ŠĆ©vĆ©nements cardiovasculaires ainsi que la mortalitĆ© et quā€™ā€Šils protĆØgent les reins. Il a Ć©galement Ć©tĆ© dĆ©montrĆ© que les inhibiteurs du SGLT2 ont un effet positif sur lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque et la progression de lā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale. Les analogues du GLP1 ont en outre montrĆ© une rĆ©duction du risque dā€™ā€Šaccident ischĆ©mique cĆ©rĆ©bral. Pour lā€™ā€Šempagliflozine, un inhibiteur du SGLT2, et le liraglutide, un analogue du GLP-1, une rĆ©duction de la mortalitĆ© totale a Ć©tĆ© dĆ©montrĆ©e. Une Ć©tude de comparaison directe des deux classes ou une Ć©tude des paramĆØtres cardiovasculaires avec une combinaison des deux classes de substances nā€™ā€Šest pas disponible Ć  ce jour. NĆ©anmoins, il existe des analyses post hoc qui indiquent un effet additif sur lā€™ā€Šabaissement de lā€™ā€ŠHbA1c, la rĆ©duction du poids et la rĆ©duction du risque cardiovasculaire (Ć©vĆ©nements et mortalitĆ©).

La procƩdure dans la pratique quotidienne

Nous allons maintenant prĆ©senter systĆ©matiquement les aspects les plus importants du traitement du diabĆØte sucrĆ© de type 2 sur la base des maladies et des facteurs de risque antĆ©rieurs. En outre, une modification notable du mode de vie (arrĆŖt de la nicotine, exercice physique, etc.) est importante en tant que fondement de la thĆ©rapie. Les questions suivantes devraient servir dā€™ā€Šaide-mĆ©moire dans la pratique quotidienne. En rĆ©sumĆ©, les figures 1 et 2 contiennent toutes les informations importantes.

1. Le patient a-t-il besoin dā€™ā€Šinsuline ?

Sā€™ā€Šil existe des indications dā€™ā€Šun Ć©tat mĆ©tabolique catabolique comme expression dā€™ā€Šune carence en insuline, telles que la perte de poids, la polyurie, la polydipsie ou si le taux dā€™ā€ŠHbA1c est supĆ©rieur Ć  10ā€Šā€Š%, lā€™ā€Šinsuline comme thĆ©rapie primaire nā€™ā€Šest jamais mauvaise. Lā€™ā€Šinsuline doit ĆŖtre administrĆ©e en cas de pancrĆ©atite chronique et/ou de cĆ©tonurie, vu quā€™ā€Šil sā€™ā€Šagit dā€™ā€Šune situation de Redflag. Lors du choix de lā€™ā€Šinsuline de base, une insuline Ć  action ultra-lente (lā€™ā€Šinsuline dĆ©gludec (Tresiba) ou lā€™ā€Šinsuline glargine U300 (Toujeo)) est appropriĆ©e, Ć©tant donnĆ© que ce rĆ©gime produit manifestement moins dā€™ā€ŠhypoglycĆ©mies.

2. Dans quel Ć©tat se trouve la fonction rĆ©naleā€Š? Une question importante, puisque la plupart des produits thĆ©rapeutiques ne peuvent plus ĆŖtre admi-nistrĆ©s si le dĆ©bit de filtration glomĆ©rulaire estimĆ© (DFGe/eGFR) est au-dessous de 30ml/minā€Š:

eGFR 30-45ml/min
Selon le Compendium, les inhibiteurs du SGLT2 peuvent ĆŖtre administrĆ©s jusquā€™ā€ŠĆ  un eGFR de 45 ml/min (sauf lā€™ā€Šertugliflozine, qui ne peut ĆŖtre administrĆ©e que jusquā€™ā€ŠĆ  un eGFR de 60 ml/min). Les donnĆ©es rĆ©centes des Ć©tudes sur les rĆ©sultats cardiovasculaires avec lā€™ā€Šempagliflozine (Jardiance) et la canagliflozine (Invokana) montrent que les deux mĆ©dicaments peuvent ĆŖtre prescrites sans danger jusquā€™ā€ŠĆ  un eGFR de 30 ml/min. Les effets positifs en termes de paramĆØtres cardiovasculaires ou de protection rĆ©nale demeurent, bien que lā€™ā€Šeffet dā€™ā€Šabaissement de lā€™ā€ŠHbA1c soit rĆ©duit.
Il nā€™ā€Šest plus recommandĆ© de commencer une thĆ©rapie avec la metformine et si une thĆ©rapie Ć©tablie existe dĆ©jĆ , une rĆ©duction de la dose Ć  1000 mg par jour est raisonnable.

eGFR < 30ml/min
Les agonistes du GLP1 (si lā€™ā€ŠIMC > 28 kg/m2) peuvent ĆŖtre administrĆ©s jusquā€™ā€ŠĆ  un eGFR de 15 ml/min, et mĆŖme jusquā€™ā€ŠĆ  la dialyse. Les inhibiteurs de la DPP4 sont sĆ»rs, mais nā€™ā€Šont aucun effet positif sur la mortalitĆ© globale. Pour la linagliptine (Trajenta), aucun ajustement de dose nā€™ā€Šest nĆ©cessaire, mĆŖme si une dialyse est nĆ©cessaire. Pour la sitagliptine, un ajustement de la dose est nĆ©cessaire. Seule la saxagliptine a montrĆ© des indices dā€™ā€Šune augmentation du taux dā€™ā€Šinsuffisance cardiaque. La metformine doit ĆŖtre arrĆŖtĆ©e.

3. Le patient souffre-t-il dā€™ā€Šune insuffisance cardiaque ou faut-il la prĆ©venirā€Š?

Un inhibiteur du SGLT2 et la metformine devraient ĆŖtre Ć©tablis car celui-ci peut rĆ©duire de maniĆØre significative le risque cardiovasculaire. Il existe de solides preuves dā€™ā€Šune insuffisance cardiaque avec fraction dā€™ā€ŠĆ©jection rĆ©duite (HFREF), cependant, un effet positif sur lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque avec fracture dā€™ā€ŠĆ©jection prĆ©servĆ©e (HFPEF), en tant que forme la plus courante chez les patients atteints de diabĆØte sucrĆ© de type 2, est pathophysiologiquement probable. MĆŖme si tous les facteurs de risque sont ajustĆ©s de maniĆØre optimale pour le diabĆØte sucrĆ© de type 2, le risque dā€™ā€Šinsuffisance cardiaque est Ć©levĆ© de 45ā€Š%.

4. Quel est lā€™ā€Šobjectif de lā€™ā€ŠHbA1cā€Š?

Chez les jeunes patients sans lĆ©sions secondaires des organes, le taux dā€™ā€ŠHbA1c doit ĆŖtre rĆ©duit Ć  6,5ā€Š%, tant quā€™ā€Šil nā€™ā€Šy a pas dā€™ā€ŠhypoglycĆ©mie. Si le taux dā€™ā€ŠHbA1c baisse en dessous de 6,5ā€Š%, par exemple lors dā€™ā€Šun traitement par un agoniste du GLP1, la thĆ©rapie ne doit pas ĆŖtre rĆ©duite Ć  cause de cela.
Les personnes Ć¢gĆ©es et les patients polymorbides qui prennent de lā€™ā€Šinsuline ou des sulfonylurĆ©es ne doivent pas prĆ©senter dā€™ā€ŠhypoglycĆ©mie et un taux dā€™ā€ŠHbA1c de <ā€Š8ā€Š% est appropriĆ©.

Source : Recommandations suisses de la SociĆ©tĆ© dā€™ā€Šendocrinologie et de diabĆØte (SGED/SSED) pour le traitement du diabĆØte de type 2 (2019). Elles seront accessibles prochainement sur le site www.sgedssed.ch

Pr Roger Lehmann

Clinique d’endocrinologie, de diabĆ©tologie et nutrition clinique
HƓpital universitaire de Zurich
RƤmistrasse 100
8091 Zurich

Roger.Lehmann@usz.ch

Dr Matthias Ernst

UniversitätsSpital Zürich
RƤmistrasse 100
8091 Zurich

matthias.ernst@usz.ch

RL: Participation à des Advisory Boards et honoraires de conférencier de Novo Nordisk, Sanofi, MSD, Boehringer Ingelheim, Servier et Astra Zeneca. ME: Frais de voyage et de congrès de Novo Nordisk, Eli Lilly et Ipsen.

  • Lā€™ā€Šobjectif thĆ©rapeutique principal dans le diabĆØte sucrĆ© de type 2 consiste en la rĆ©duction du risque cardiovasculaire et la nĆ©phroprotection.
  • Lā€™ā€ŠhypoglycĆ©mie doit ĆŖtre Ć©vitĆ©e et une perte de poids est souhaitĆ©e.
    Pour cette raison les inhibiteurs du SGLT2 et les agonistes du GLP1 ou une combinaison des deux sont recommandƩs en premier lieu.
  • En combinaison, les bĆ©nĆ©fices en termes dā€™ā€Šinsuffisance cardiaque (inhibiteurs du SGLT2) et en termes de rĆ©duction de lā€™ā€Šapoplexie (analogues du GLPā€Š-ā€Š1) sont pleinement rĆ©alisĆ©s et les effets sur la rĆ©duction de lā€™ā€ŠHbA1c et la perte de poids sont additifs.

CRISE DE FOI

Ā«ā€Šā€ŠSodomaā€Šā€ŠĀ» est un volumineux ouvrage de plus de 600 pages paru au printemps 2019, dans lequel FrĆ©dĆ©ric Martel, Ć©crivain et sociologue, rapporte les rĆ©sultats dā€™ā€Šune enquĆŖte minutieuse sur la face cachĆ©e de lā€™ā€Šā€ŠEglise, quā€™ā€Šil a menĆ©e pendant quatre ans aussi bien Ć  lā€™ā€ŠintĆ©rieur du Vatican que dans une trentaine de pays. Il a, dit-il, rencontrĆ© et interrogĆ© une centaine de cardinaux et dā€™ā€ŠĆ©vĆŖques et plus de deux-cents prĆŖtres et sĆ©minaristes, rĆ©alisant 1500 entretiens.
Un rĆ©sumĆ© nā€™ā€Šest guĆØre possible tant sont nombreux et complexes les faits et les tĆ©moignages ahurissants relatifs aux pontificats de Paul VI (1963 - 1978), Jean-Paul II (1978-2005), BenoĆ®t XVI (2005 - 2013) et FranƧois (2013 - ).
La triste quintessence qui en ressort rĆ©vĆØle lā€™ā€Šexistence de lā€™ā€Šune des plus grandes communautĆ©s homosexuelles au monde où rĆØgnent hypocrisie, luxure, double vie, scandales sexuels, rĆ©seaux de prostitution (essentiellement masculine), dĆ©tournements dā€™ā€Šargent, comptes parallĆØles, le tout couvert par lā€™ā€Šomerta.

Rappel des pages sombres de lā€™ā€Šhistoire des Borgia

Lā€™ā€Šimagination dans le mensonge, la constance dans les intrigues et la violence des rĆØglements de compte sā€™ā€ŠĆ©tendent bien au-delĆ  du petit Etat, particuliĆØrement, mais pas seulement, en AmĆ©rique latine. Un Garde suisse, hĆ©tĆ©rosexuel, dĆ©nonce la drague soutenue voire agressive de certains cardinaux. Parmi beaucoup dā€™ā€Šautres, deux phrases de lā€™ā€Šauteur sont Ć©loquentes : « Coucher avec son secrĆ©taire privĆ© : ce modĆØle est omniprĆ©sent dans lā€™ā€Šhistoire du Vatican ». « DerriĆØre la majoritĆ© des affaires dā€™ā€Šabus sexuels se trouvent des prĆŖtres et des Ć©vĆŖques qui ont protĆ©gĆ© les agresseurs en raison de leur propre homosexualitĆ© par peur quā€™ā€Šelle puisse ĆŖtre rĆ©vĆ©lĆ©e en cas de scandale. La culture du secret qui Ć©tait nĆ©cessaire pour maintenir le silence sur la forte prĆ©valence de lā€™ā€ŠhomosexualitĆ© dans lā€™ā€ŠEglise a permis aux abus sexuels dā€™ā€ŠĆŖtre cachĆ©s et aux prĆ©dateurs dā€™ā€Šagir » (1).
Vatileaks I livre en 2012 Ć  la presse quantitĆ© de documents compromettants sur les moeurs du Vatican et contribue Ć  la chute de BenoĆ®t XVI. Vatileaks II Ć©clate sous FranƧois mais commence sous Joseph Ratzinger. On y dĆ©couvre lā€™ā€ŠopacitĆ© de la banque du Vatican (nombreux comptes-courants illĆ©gaux, transferts de capitaux illicites) et le luxe des appartements des cardinaux dont un refait avec lā€™ā€Šargent de la fondation dā€™ā€Šun hĆ“pital pĆ©diatrique (1).
VoilĆ  qui nā€™ā€Šest pas sans rappeler les pages sombres de lā€™ā€Šhistoire des Borgia.
On comprend mieux, sans rien excuser, comment en de nombreux pays ont pu ĆŖtre perpĆ©trĆ©s et occultĆ©s tant dā€™ā€Šactes pĆ©dophiles par des reprĆ©sentants de Dieu sur terre, mĆŖme si lā€™ā€ŠhomosexualitĆ© pratiquĆ©e entre adultes (plus ou moins) consentants nā€™ā€Šest pas la pĆ©dophilie, qualifiĆ©e par la thĆ©ologienne VĆ©ronique Margron (nĆ©e en 1957) de « pĆ©docriminalité » (2).
Sans doute bien des hommes dā€™ā€ŠEglise sont-ils honnĆŖtes dans leur sacerdoce et dĆ©vouĆ©s Ć  leurs ouailles mais, lā€™ā€Šexemple devant, selon lā€™ā€Šadage, venir dā€™ā€Šen haut, on est consternĆ© par celui que donne le « Quartier gĆ©nĆ©ral » de la Grande ProstituĆ©e des bords du Tibre et ses officiers dans le monde. De pourpre ou de violet vĆŖtus, de puissants prĆ©lats, Ć¢gĆ©s pour la plupart, profitant sans rĆ©serve dā€™ā€Šun matĆ©rialisme terrestre auquel ils sont sĆ»rs dā€™ā€Šavoir droit, « guident » 1,2 milliard de croyants (le catholicisme est actuellement la deuxiĆØme religion de la planĆØte, derriĆØre lā€™ā€ŠIslam devenue la premiĆØre avec plus de 1,3 milliard dā€™ā€Šadeptes) dont beaucoup sont pauvres, faibles mais fidĆØles Ć  leur foi.
Les hauts dignitaires du Vatican, comme la plupart des hommes politiques quā€™ā€Šils sont dā€™ā€Šailleurs en partie, ignorent ou ont oubliĆ© cette saisissante citation de Montaigne (1533-1592) : « Au plus Ć©levĆ© trĆ“ne du monde, on nā€™ā€Šest jamais assis que sur son cul ». Il est vrai quā€™ā€Šils ont, avec les cardinaux de Richelieu (1585-1642) et Mazarin (1602-1661), dā€™ā€Šillustres prĆ©dĆ©cesseurs !

La foi vƩritable est dangereuse pour les Eglises

Si la foi (du latin fides = confiance, sans connotation religieuse) conduit Ć  une relation directe avec Dieu, les grandes religions monothĆ©istes que sont le Christianisme, lā€™ā€ŠIslam et le JudaĆÆsme, qui partagent le mĆŖme rĆ©cit de la crĆ©ation du monde en six jours, initiĆ©es par leurs prophĆØtes respectifs, apparaissent dā€™ā€Šabord comme une affaire dā€™ā€Šhommes. La promesse dā€™ā€Šune vie Ć©ternelle, Ć  certaines conditions bien sĆ»r, leur confĆØre un trĆØs fort pouvoir sur la masse des croyants que la perspective de leur propre disparition terrestre angoisse. La culpabilitĆ© (Ć©vacuĆ©e au confessionnal), lā€™ā€Šimposition des dogmes et lā€™ā€ŠobĆ©issance aux rites en sont les armes. « La sociĆ©tĆ© et les religions ont Ć©touffĆ© la foi pour imposer leurs croyances. La foi vĆ©ritable est dangereuse pour les Eglises car elle les prive de tout pouvoir sur les fidĆØles » (3).
Une religion impose le couvre-chef Ć  qui pĆ©nĆØtre dans un lieu saint au contraire dā€™ā€Šune autre pour laquelle il faut se dĆ©couvrir tandis quā€™ā€Šune troisiĆØme exige, contrairement aux deux autres, le dĆ©chaussement. Les rituels festifs, vestimentaires et alimentaires diffĆØrent de lā€™ā€Šune Ć  lā€™ā€Šautre.

La relativitĆ© de toute certitude dā€™ā€Šordre divin

TroisiĆØme religion de la planĆØte avec 1,1 milliard de disciples, lā€™ā€Šune des plus anciennes (2000 ans av. J.-C.) encore pratiquĆ©es, lā€™ā€ŠIndouisme est polythĆ©iste avec toutefois un dieu suprĆŖme, Brahma, mais sans vĆ©ritable fondateur. Les Indous croient en la rĆ©incarnation de lā€™ā€ŠĆ¢me, une faƧon de concevoir la vie Ć©ternelle.
La diffĆ©rence des croyances et des pratiques religieuses dĆ©montre la relativitĆ© de toute certitude, fĆ»t-elle dā€™ā€Šordre divin ou prĆ©tendue telle, laquelle au demeurant nā€™ā€Šassure en rien un comportement irrĆ©prochable.
Lā€™ā€ŠadhĆ©sion Ć  une religion a ceci de commun avec la langue maternelle quā€™ā€Šelle dĆ©pend essentiellement de lā€™ā€Šendroit et du milieu de la naissance. Chacun a sa vĆ©ritĆ© qui lā€™ā€Šemporte sur celle des autres.
Mais la conviction peut devenir intolĆ©rance, Ć  lā€™ā€Šexemple des « ultra-orthodoxes » juifs et, quand elle nourrit des ambitions de suprĆ©matie politico-religieuse, elle menace la libertĆ© de penser et les fondements de la dĆ©mocratie. Zineb El Rhazoui (nĆ©e en 1982), journaliste et militante des droits de lā€™ā€Šhomme franco-marocaine, rĆ©vĆØle la stratĆ©gie dā€™ā€Šexpansion du fascisme islamique en Occident et dĆ©nonce la complaisance des uns et lā€™ā€Šaveuglement des autres Ć  son endroit. Parmi les Musulmans, « les islamistes sont ceux qui estiment que leur pratique personnelle de la religion islamique doit prĆ©valoir sur les lois de la RĆ©publique » (4).
Si toutes les guerres quā€™ā€Ša connu lā€™ā€ŠHumanitĆ© ne peuvent ĆŖtre imputĆ©es aux seules religions, il ne fait guĆØre de doute que ces derniĆØres, par le fanatisme (du latin fanaticus = serviteur du temple) de certains protagonistes, ont jouĆ© et jouent encore un rĆ“le, des guerres de religion du XVIe siĆØcle au djihad dā€™ā€Šaujourdā€™ā€Šhui, lequel Ć©tait dĆ©jĆ  pratiquĆ© par Mahomet (571-632) (4).
En rĆ©action au mal, Albert Camus (1913-1960) sā€™ā€Šexclame : « Ou nous ne sommes pas libres et Dieu tout-puissant est responsable du mal, ou nous sommes libres et responsables, mais Dieu nā€™ā€Šest pas tout puissant » (5).

La philosophie comme « spiritualitĆ© laĆÆqueā€ŠĀ»

Quid alors de lā€™ā€Šagnostique et plus encore de lā€™ā€ŠathĆ©e qui, par une justice transcendante, se verraient privĆ©s de la vie Ć©ternelle ? Et si certains dā€™ā€Šentre eux la refusaient au prĆ©texte que leur brĆØve vie charnelle leur suffit et quā€™ā€Šils ne souhaitent la prolonger sous aucune forme ?
La philosophie telle que la conƧoit Luc Ferry (nĆ© en 1951) offre une option : « La philosophie est avant tout une « doctrine du salut » avec toutefois cette particularitĆ© trĆØs remarquable quā€™ā€Šelle est une doctrine du salut sans Dieu, une « spiritualitĆ© laĆÆqueā€ŠĀ». Contrairement aux grandes religions, en effet, la philosophie promet Ć  ceux qui veulent y consacrer leur vie quā€™ā€Šils peuvent parvenir Ć  se sauver par eux-mĆŖmes et par la raison au lieu que les grandes religions nous promettent dā€™ā€ŠaccĆ©der au salut, certes, mais par un Autre, par Dieu (et non par soi-mĆŖme) et par la foi (et non par la luciditĆ© de la raison) » (6).
Semblable conception Ć©mane dĆ©jĆ  de DiogĆØne de Synope (404-323 av. J.-C.), le plus cĆ©lĆØbre reprĆ©sentant de lā€™ā€ŠEcole cynique grecque : « Il nā€™ā€Šest pas un athĆ©e militant qui voudrait Ć  tout prix extirper de la tĆŖte de ses contemporains lā€™ā€ŠidĆ©e de Dieu ; simplement il constate que cette idĆ©e, qui ne trouve de preuve ni dans lā€™ā€ŠexpĆ©rience ni dans le raisonnement, est contradictoire avec lā€™ā€Šapathie (du grec apatheia = impassibilitĆ©, Ć©tat de sĆ©rĆ©nitĆ© totale) que lui-mĆŖme souhaite pour lā€™ā€Šhomme. Aussi se contente-t-il de professer un agnosticisme de bon aloi, qui lā€™ā€ŠamĆØne Ć  mettre le concept de divinitĆ© entre parenthĆØses et Ć  engager les autres sur la voie dā€™ā€Šun bonheur construit de main dā€™ā€Šhomme, sans le recours Ć  une quelconque transcendance qui risquerait de nā€™ā€ŠĆŖtre quā€™ā€Šune illusion de plus parmi tant dā€™ā€Šautresā€ŠĀ» (7).

La liberté de croire ou non devrait être garantie à chacun

La libertĆ© de croire ou non en une puissance divine et de sacrifier aux rites quā€™ā€Šimpose lā€™ā€Šune ou lā€™ā€Šautre de ses reprĆ©sentations devrait ĆŖtre garantie Ć  chacun. Ce nā€™ā€Šest malheureusement pas le cas, ce que prouvent deux exemples : la politique anti-religieuse du rĆ©gime soviĆ©tique sous Staline et, Ć  lā€™ā€Šinverse, la condamnation pour apostasie, par lā€™ā€ŠIslam, de toute personne se dĆ©clarant athĆ©e ou se convertissant Ć  une autre religion.
Le dĆ©bat ne sera clos quā€™ā€Šavec la disparition de lā€™ā€ŠHumanitĆ©.
IndĆ©pendamment de toute appartenance religieuse, lā€™ā€Šessentiel nā€™ā€Šest-il pas de privilĆ©gier, au cours de la vie qui nous est prĆŖtĆ©e (et non pas donnĆ©e puisquā€™ā€Šelle nous est reprise), lā€™ā€Šouverture dā€™ā€Šesprit et la tolĆ©rance, signes dā€™ā€Šintelligence et de gĆ©nĆ©rositĆ© ?
« Aller Ć  lā€™ā€ŠĆ©glise ne vous fait pas plus chrĆ©tien quā€™ā€Šaller au garage ne fait de vous un mĆ©canicien » (L. Peter (1919-1990). « Le plus beau cadeau que vous puissiez faire Ć  vos enfants est de les Ć©pargner de toute Ć©ducation religieuse, tout en les rendant attentifs aux valeurs essentielles de la vie » (3).
Peut-ĆŖtre nā€™ā€Šest-il pas vain de se rappeler les principes moraux dā€™ā€ŠAntisthĆØne (445-360 av. J.-C.), hĆ©ritier spirituel de Socrate, guide moral de DiogĆØne, contemporain de Platon et lā€™ā€Šun des premiers Cyniques grecs : « La vertu relĆØve des actes ; fondĆ©e sur lā€™ā€Šeffort qui est un bien, elle se rĆ©vĆØle une arme imprenable ; cā€™ā€Šest elle la vraie richesse ; elle nā€™ā€Ša rien de commun avec les biens extĆ©rieurs qui font courir les hommes au-delĆ  de toute raison » (7).

Pr Jean Jacques Perrenoud

Cardiologue FMH
Chemin Thury 12
1206 GenĆØve

jean-jacques.perrenoud@unige.ch

1. Martel F. Sodoma, enquĆŖte au cœur du Vatican. Editions Robert Laffont, Paris, 2019.
2. Margron V, Cordelier J. Un moment de vƩritƩ. Editions Albin Michel, Paris, 2019.
3. Baechler A. Religions-spiritualitƩ. https://a-baechler.net/blog/regards
4. Zineb. DƩtruire le fascisme islamique. Editions Ring, Paris, 2016.
5. Camus A. Le Mythe de Sisyphe. Editions Gallimard, Paris, 1942.
6. Ferry L. Philosophie. In Dictionnaire amoureux de la philosophie. Editions Plon,
Paris, 2018.
7. Goulet-Caze M-O. Avant-propos. In Les Cynique grecs, LƩonce Paquet. Edition
Librairie GƩnƩrale FranƧaise, Paris, 1992.

Die hebammengeleitete Geburt

Die Geburt ist ein lebensveränderndes Ereignis. Die Qualität der Betreuung und das Erleben der Frau haben das Potential, Frauen physisch und emotional kurz- sowie auch langfristig zu verändern. Eine gelungene Kommunikation, Unterstützung, Einfühlungsvermögen und die Berücksichtigung der individuellen Wünsche und Befürchtungen tragen entscheidend zur positiven Erfahrung der gebärenden Frau und ihrer Begleitperson bei (1).

L’accouchement est un Ć©vĆ©nement qui change la vie. La qualitĆ© de la prise en charge et l’expĆ©rience de la parturiente peuvent potentiellement changer la femme, physiquement et Ć©motionnellement, dans le court-terme, mais aussi dans le long-terme. Une communication rĆ©ussie, un soutien sans faille, de l’empathie et la prise en compte des dĆ©sirs et craintes individuels contribuent de maniĆØre dĆ©terminante au vĆ©cu positif de la parturiente et de son conjoint (1).

Die Gestaltung der Betreuung während der Geburt erfolgt international unterschiedlich. Dies ist von der Kultur, Traditionen und Finanzierbarkeit des Gesundheitssystems abhängig. Im letzten Jahrhundert haben die verbesserten Lebensumstände, allgemeine Kenntnisse der Hygiene und verschiedene medizinische Fortschritte zur massiven Senkung der Mortalität und Morbidität für Mutter und Kind geführt. Die Hausgeburtshilfe ist sukzessiv zu Gunsten der Spitalgeburtshilfe geschrumpft. In den letzten Jahrzehnten beobachten wir eine Zunahme der Häufigkeit der medizinischen Interventionen (Kaiserschnitt, Periduralanästhesie, usw.), ohne jedoch eine weitere Senkung der Mortalität oder der Morbidität für Mutter und Kind feststellen zu können. Die Kaiserschnittrate zum Beispiel liegt in der Schweiz bei aktuell 32%. Die WHO empfiehlt eine Kaiserschnittrate von maximal 10-15 % für hochentwickelte Länder wie die Schweiz. Ein Grund für diese Entwicklung kann eine fehlende kontinuierliche Betreuung der Gebärenden sein.
Internationale Studien betonen die Bedeutung einer Eins-zu-eins-Betreuung und einer kontinuierlichen Unterstützung während der Geburt für ein verbessertes Geburtsergebnis. Gemäss einer Studie von Saultz von 2004 ist die personelle Kontinuität der Faktor mit dem grössten Einfluss auf die Zufriedenheit und auf das Outcome (2). Unter diesem Aspekt bleibt die Situation in vielen Geburtenabteilungen prekär.
Weltweit sind verschiedene Modelle der hebammengeleiteten Geburtshilfe beschrieben. In einem Cochrane review konnten bei einem Kollektiv von über 16000 low risk Geburten, grosse Vorteile in der sog. «midwife-led continuity model of care» identifiziert werden wie zum Beispiel kleinerer Bedarf an Periduralanästhesie (average risk ratio (RR) 0.83, 95% confidence interval 0.76-0.90), Episiotomie (average RR 0.83, 95% CI 0.76-0.92) und instrumenteller Geburtsbeendigung (average RR 0.88, 95% CI 0.81-0.96). Es wurden keine gesundheitlichen Nachteile für Mutter oder Kind gefunden (3). Diese Art der Betreuung stärkt die Fähigkeit der Frauen, eine risikoarme Geburt in der Regel ohne Interventionen zu meistern.

Wir benötigen ein Triagekonzept für die Geburtshilfe

In Grossbritannien wird seit über 30 Jahren eine frauenzentrierte, hebammengeleitete Geburtshilfe praktiziert. Das konsequente risikoadaptierte Vorgehen soll die Qualität der geburtshilflichen Versorgung steigern, den Bedürfnissen der werdenden Eltern nach einer angepassten Betreuung entsprechen und nachhaltig Kosten im öffentlichen Gesundheitssystem senken. Die britische Gesundheitsbehörde NHS (National Health Service) veröffentlichte im 2014 ihre neuste Richtlinie. Dabei wird festgehalten, dass von Hebammen geleitete Geburten zu Hause, im Geburtshaus oder in getrennten Einheiten im Spital für gebärende Frauen mit einem niedrigen geburtshilflichen Risiko (45%) verbunden und somit sicherer sind als Spitalgeburten im ärztlich geleiteten Setting (Abb. 1) (4). In den Niederlanden wird die gebärende Frau risikoadaptiert von der Hebamme triagiert und dann im jeweils an die Ressourcen angepassten Prozess weiterbetreut. Dieses Konzept ist aus Sicht der niederländischen Regierung sicher, kostengünstig und entspricht den Bedürfnissen der Frauen.

Aktuell werden in der Schweiz nur 2,5% aller Geburten durch Hebammen triagiert und in einem hebammengeleiteten Modell für Low-Risk Geburten betreut (5). Dies obwohl Hebammen fachlich für die selbständige Leitung von physiologischen Geburten ausgebildet werden und dadurch eine 1:1 Betreuung gewährleistet werden kann. Zudem ist dieses Modell kostengünstiger.
Ein Triagekonzept kennen wir in der Schweiz von anderen Fachdisziplinen wie zum Beispiel in gut organisierten Notfallstationen. Dort werden Patienten gemäss evaluiertem Risiko überwacht und behandelt. Eine solche Triage wurde für die Geburtshilfe in der Schweiz bis jetzt nicht etabliert.

Überbehandlung vermeiden

Eine kontinuierliche 1:1 Betreuung in einem interventionsfreien Umfeld kann bei den meisten Low-Risk Geburten im Spital, obwohl absolut wünschenswert, leider nicht geboten werden. Alle Frauen durchlaufen einheitliche «Routine-Interventionen». Beispielhaft sind hier das Eintritts-CTG oder aber auch die medikamentöse Leitung der Plazentarphase zu erwähnen. Was bei gemischten Risikogruppen sinnvoll ist, stellt jedoch für Frauen mit geringem Geburtsrisiko durch aufeinander aufbauende Intervantionskaskaden potentiell die Gefahr einer Überbehandlung dar, ohne dabei ein verbessertes geburtshilfliches Outcome zu erreichen Zusätzlich werden die medizinischen Kosten unnötig erhöht.
Nach Aussage der WHO verlaufen weltweit 2/3 aller Geburten ohne Komplikationen. Bei pathologischen Verläufen profitieren Frauen und Kinder ganz klar von medizinischen Interventionen. Interventionen bei einem risikoarmen Kollektiv werden hingegen zunehmend in Frage gestellt (keine positiven Effekte im Outcome messbar, dafür jedoch negative Auswirkungen auf die Gesundheit von Mutter und Kind) (6,7).
Die Qualitätskennzahlen der Geburtshilfe in der Schweiz zeigen diese hohen Interventionsraten ohne ein deulich besseres Outcome im Vergleich zu interventionsärmeren und kostengünstigeren Systemen.

Geburtshaus auf dem Spitalareal

In Anlehnung an internationale Modelle wurde die hebammengeleitete Geburtshilfe am Kantonsspital Aarau nach wissenschaftlichen Kriterien evaluiert. Nach Überprüfung der Wirksamkeit, Zweckmässigkeit und Wirtschaftlichkeit sowie nach der Regelung der medicolegalen Aspekte und der Rahmenbedingungen der Zusammenarbeit mit einem aufwendigen Vertragswerk wird seit Mai 2017 eine hebammengeleitete Geburtshilfe auf dem Spitalareal angeboten. Gesunde Schwangere ohne geburtshilfliche Risikofaktoren werden bereits in der Schwangerschaft alternierend durch den Frauenarzt und durch die Hebamme betreut. Bei physiologischem Verlauf wird die Geburt durch die zuständige Hebamme in einem Haus am Rande des Spitalareals betreut. Die Überwachung der Geburt erfolgt nach den Richtlinien der Hausgeburt und in voller Verantwortung der Hebamme (inklusive Versorgung der allfälligen Geburtsverletzungen und Geburtsbericht). Nach erfolgter Geburt bleiben Mutter, Vater und Kind für das Wochenbett im gleichen Zimmer und werden regelmässig von der Hebamme besucht und betreut. Das Kind wird vom Kinderarzt vor Austritt untersucht. Bei Abweichungen vom physiologischen Verlauf erfolgt die Verlegung in die Frauenklinik. Die transparente Übergabe und lückenlose weitere Betreuung durch das Spitalteam wird durch die Dokumentation der Geburt im gleichen Klinikinformationssystem unterstützt.
Die Qualität wird mittels Statistik jährlich überprüft und das Team der Beleghebammen trifft sich 1x im Monat zu Fallbesprechungen. Bei interprofessionellen Themen wird direkt das Gespräch mit den beteiligten Professionen gesucht (Hebammen Frauenklinik, Chefarzt Neonatologie etc.) Alle im Modell der hebammengeleiteten Geburtshilfe angestellten Hebammen sind zusätzlich zu regelmässiger Supervision und Intervision verpflichtet und erfüllen die allgemeine kantonale Fortbildungspflicht.
Im 2018 wurden über 2000 Kinder im Kantonsspital Aarau geboren. 112 Frauen hatten sich für die Hebammenbetreuung entschieden. 28 (25%) wurden noch während der Geburt in die Frauenklinik verlegt. Die Gründe waren Geburtsstillstand, Schmerzintoleranz oder fehlende Wehentätigkeit nach Blasensprung. Zwei wurden in der Plazentarperiode verlegt. Insgesamt konnten 108 Frauen (96.4%) vaginal gebären. Die Sectiorate war bei diesen Frauen lediglich 3.6% (Abb. 2). Bei der Auswertung der Zufriedenheit gaben 98.3% der 112 Frauen an, zufrieden bis sehr zufrieden mit der Qualität der Betreuung zu sein.

Ƅrzte in Weiterbildung zum Facharzt GynƤkologie und Geburtshilfe betreuen weiterhin physiologische Geburten im Spital, weil sich momentan nur eine Minderheit der Frauen für das Modell entscheiden. Es besteht bereits jetzt für interessierte AssistenzƤrzte die Mƶglichkeit bei einer solchen Geburt zu hospitieren. Das Angebot hilft der Kommunikation zwischen den Teams und fƶrdert das VerstƤndnis der Physiologie der Geburt. In Zukunft ist die Betreuung von Hebammenstudierenden zur Ausbildung vorgesehen.

Copyright bei Aerzteverlag medinfo AG

Dr. med. Monya Todesco Bernasconi

ChefƤrztin Geburtshilfe und Perinatalmedizin Kantonsspital Aarau
Tellstrasse 10
5000 Aarau

monya.todesco@ksa.ch

Die Autorin hat in Zusammenhang mit diesem Artikel keine Interessenskonflikte deklariert.

  • Die hebammengeleitete Geburt auf dem Spitalareal ist für Mutter und Kind sicher und kostengünstig.
  • Sie erhƶht die Wahrscheinlichkeit einer vaginalen Geburt auch nach Verlegung in die Frauenklinik.
  • Die Zufriedenheit der Frauen ist sehr gross unabhƤngig ob eine Verlegung stattfand oder nicht.

Messages Ć  retenir

  • L’accouchement sous la direction exclusive de la sage-femme, dans une structure dĆ©diĆ©e dans le pĆ©rimĆØtre de l’hĆ“pital, est Ć©conomique et sĆ»r pour la mĆØre et l’enfant.
  • Cette prise en charge augmente la probabilitĆ© d’un accouchement par voie vaginale, mĆŖme aprĆØs transfert dans le service d’obstĆ©trique de l’hĆ“pital.
  • La satisfaction des femmes est trĆØs grande, si un tranfert a Ć©tĆ© necessaire ou non

1. Olza I, Leahy-Warren P, Benyamini Y, et al. Women’s psychological experiences of physiological childbirth: a meta-synthesis.BMJ Open 2018;8:e020347. doi: 10.1136/bmjopen-2017-020347
2. JW Saultz, W. Albedaiwi. Interpersonal continuity of care an patient satisfaction: a critical review. Ann Fam Med 2004; 2(5): 455-51
3. Sandall J, Soltani H, Gates S, Shennan A, Deva. Midwife-led continuity models versus other models of care for childbearing women (Review). The Cochrane Library 2013, Issue 8
4. https://www.nice.org.uk/guidance/cg190/chapter/Recommendations#place-of-birth
5. https://digitalcollection.zhaw.ch/bitstream/11475/1180/1/2016-10-26%20Statistikbericht%202015%20d.pdf
6. Robbie E. Davis-Floyd, Lesley Barclay, Jan Tritten, Betty-Anne Daviss. Birth Models That Work. Verlag University of California Press, 2009
7. Macfarlane AJ, Blondel B, Mohangoo AD, et al. Wide differences in mode of delivery within Europe: risk-stratified analyses of aggregated routine data from the Euro-Peristat study. BJOG. 2016 Mar;123(4):559-68. doi: 10.1111/1471-0528.13284. Epub 2015 Mar 9.

Spitzensportlerinnen mit Stƶrungen der Geschlechtsentwicklung

1932 wurde die Frage erstmals debattiert, ob Sportlerinnen, die gemäss ihrer Geburtsurkunde Frauen, aber nach ihren Chromosomen Männer sind, an Spitzenwettkämpfen teilnehmen dürfen. Damals hatte eine Polin mit männlichen Geschlechtschromosomen olympisches Gold gewonnen. Seither haben immer wieder Athletinnen mit nicht-eindeutig weiblichen sekundären Geschlechtsmerkmalen und meist XY-Chromosomen bestimmte Laufsportarten dominiert, insbesondere Mittel- bis Langstrecken. Heute wird aus gesellschaftspolitischen Gründen das Gender- gegen das Sex-Geschlecht ausgespielt.

La question, si une athlĆØte, femme dā€™ā€ŠaprĆØs son acte de naissance, mais homme selon ses chromosomes, pouvait ĆŖtre autorisĆ©e Ć  participer Ć  des compĆ©titions de haut niveau, a Ć©tĆ© dĆ©battue pour la premiĆØre fois en 1932. Cette annĆ©e-lĆ , une athlĆØte polonaise avec des chromosomes masculins avait gagnĆ© lā€™ā€Šor olympique. Depuis, de maniĆØre rĆ©pĆ©tĆ©e, des athlĆØtes avec des caractĆ©ristiques sexuelles secondaires non-clairement fĆ©minines et pour la plupart aux chromosomes XY, ont dominĆ© la course Ć  pied, surtout de demi-fond et de longue distance. Ainsi, pour des raisons socio-politiques, le genre (identitĆ© subjective) et le sexe biologique sont mis en opposition.

Seit wenigen Jahren ist diese Frage wegen zweier aktueller gleichartiger Fälle erneut in allen Medien. Eine betroffene südafrikanische Sportlerin hat einen Entscheid des Internationalen Sportgerichts TAS an die nächsthöhere Instanz weitergezogen. Dieser Entscheid hatte eine Regelung des Leichtathletik-Weltverbandes für rechtlich zulässig erklärt, die eine Testosteron-Limite für Mittelstreckenläuferinnen mit intersexuellen Anlagen festsetzt. Die betroffenen Athletinnen und deren Verbände haben mit der Begründung dagegen appelliert, die Athletinnen seien sozial Frauen (Gender weiblich), und sie beharren auf der unbeschränkten Zulassung dieser. Umgekehrt fordern Sportlerinnen mit XX-Chromosomen und deren Vertreter ein Verbot der Zulassung intersexueller Sportlerinnen zu Weltklasse-Wettkämpfen mit dem Argument, diese seien «biologisch männlich».

Gender gegen Sex?

Dieser rechtlichen Auseinandersetzung liegt die Frage zugrunde, wem der Vorrang gelten soll: der Gender-IdentitƤt oder der Sex-IdentitƤt.
Gender ist ein subjektives, form- und veränderbares selbst wahrgenommenes soziales Konstrukt, welches die individuelle Genderrrolle und -orientierung eines Individuums definiert. Ausgelöst durch biologische, persönliche und gesellschaftliche Formen kann die willentliche Expression des Gender praktisch jede Form annehmen (zwei Genders, kein Gender, ein drittes Gender etc). Grenzen sind nur durch die Vorstellungskraft gesetzt. Die soziale Ausprägung und Akzeptanz von «Gender» wird zunehmend durch die Politik mitbestimmt («Recht auf Gender»).
SEX ist ein objektiver spezifischer biologischer Zustand, mit unterschiedlich fixierten Fakten: Diese umfassen genetische, chromosomale, gonadale und hormonale Gegebenheiten, die Genitalien und die phƤnotypische AusprƤgung der Person. All diese Kriterien haben eine charakteristisch definierte binƤre Form. Beim Gesunden sind alle Facetten des Sexes gleichgerichtet angelegt, so dass die Zuteilung zu einem Geschlecht bei der Geburt eindeutig ist.
Gender und biologischer Sex stimmen in der Regel von Geburt an überein. Medizinisch gilt dies als Norm. Kollidieren zwei oder mehr Merkmale des biologischen Sexes und sind sie entgegengerichtet ausgeprägt, wird dies als Störung der Geschlechtsentwicklung (Disorder of Sex Development, DSD) bezeichnet (früher: Intersexualität oder Hermaphroditismus). Heute wird dieses Dilemma meist durch die soziale und berufliche Integration in die Gruppe des Gender-Geschlechts gelöst. Dies ist unbestritten, so lange das darunterliegende biologische Geschlecht (Sex-Geschlecht) zu keinem konfliktuellen Vorteil führt. Genau hier liegt das Problem beim Spitzensport.

Stƶrungen der Geschlechtsentwicklung oder DSD (1)

(«Disorders (or Differences) of Sex Development» (Kasten I und II).
DSD sind nach ICD-10/2019 als Krankheit definiert. Zu den DSD gehƶren v.a.

  • die verschiedenen Formen des Androgen-Resistenz-Syndroms (inkl. TestikulƤre Feminisierung)
  • der 5-alpha-Reduktase-Mangel.

DSD sind selten. Die Inzidenz eines uneindeutigen Genitales bei Geburt wird auf etwa 1:4500 bis 1:5500 geschƤtzt und findet sich also nur bei ca. 0,007 Prozent der Neugeborenen. Zum Vergleich: Von einem PCOS sind in Europa 6-16% der Frauen betroffen.

A) Komplette Androgen-Insensivität (CAIS): kongenitaler Rezeptor-Defekt «Testikuläre Feminisierung» (2-6):

  • externe Genitalien weiblich
  • Testes; produzieren ab der PubertƤt Testosteron (T) mit Serumwerten im mƤnnlichen Bereich)
  • T-Rezeptoren bei der klassischen Form zu 100% defekt (gilt auch für Rezeptoren der Skelettmuskulatur)
  • Mullerian Inhibiting Hormone (MIH) normal, das innere Genitale (Uterus, innere 2/3 der Vagina) bildet sich zurück
  • da aus Testosteron über die periphere Aromatisierung normal Oestradiol gebildet wird, ist der klinische PhƤnotyp weiblich (Brustentwicklung, Kƶrperproportionen). Das sekundƤre weibliche Behaarungsmuster fehlt wegen des T-Rezeptordefekts (Ā«hairless womenĀ»)

B) Partielles Androgen-InsensitivitƤts-Syndrom (PAIS) (7-9)

Das PAIS kann klinisch bei Neugeborenen mit 46,XY-Gonaden je nach Ausmass der Androgen-Insensivität im Sinne eines phänotypischen Kontinuums unter dem Bild «weiblicher» äusserer Genitalien mit Klitorishypertrophie bis zu demjenigen einer Hypospadie beim Knaben auftreten.
In der Mehrzahl der FƤlle liegt dem Syndrom ein Defekt der 5-alpha-Reduktase zu Grunde. Chromosomal liegt eine XY-Konstellation vor. FamiliƤr oder sporadisch auftretende FƤlle eines 5-alpha-Reduktasedefekts finden sich vor allem in der Dominikanischen Republik (ca. 50 Familien), dann im Mittelmeerraum, in Mexiko und Neuguinea.
Die häufigste Form ist ein 5-alpha-Reduktase Typ 2-Mangel mit einer Mutation im codierenden Gen SRD5A2. Betroffen ist eine von drei Isoformen der Steroid-5α-Reduktase Typ 2.
Die Mutation blockiert die Umwandlung von Testosteron (T) zu Dihydrotestosteron (DHT). Damit differenzieren sich alle DHT-abhƤngigen Organ- und Gewebeteile vor der Geburt nicht mƤnnlich, sondern bleiben phƤnotypisch weiblich.

Intrauterin kommt es zum Ausbleiben

  • der normalen Maskulinisierung der chromosomal mƤnnlichen Fƶten.
  • einer Penis- und Skrotum-Bildung
  • dem Deszensus der Hoden in den Hodensack (bleiben im Bauchraum liegen oder enden Ā«unterwegsĀ», zum Bsp. im Leistenkanal)

In weniger als einem Drittel der FƤlle ist die Ursache ein inkompletter Androgen-Rezeptor Defekt, dessen Mechanismen zum Teil noch ungeklƤrt sind. Der PhƤnotyp hƤngt massgeblich vom Ausmass der noch verbleibenden AktivitƤt der Androgen-Rezeptoren ab.
Differentialdiagnostisch kann ein PAIS sehr selten bei einem 17-beta-Hydroxysteroid-Dehydrogenase-Mangel Typ 3 auftreten, der als Folge der konsekutiven Testosteron-Synthesestörung zu einem klinisch identischen Bild führt.

Physiologische und soziale Folgen

Die meisten der betroffenen Neugeborenen werden bei Geburt als MƤdchen registriert und in Kindheit als MƤdchen erzogen und sozialisiert. Die PubertƤt kann die klinische und manchmal auch die soziale IdentitƤt massiv verƤndern. Kinder mit 5-alpha-Reduktase Typ 2-Mangel durchlaufen eine endokrin typisch mƤnnliche PubertƤt. Die Hoden produzieren Testosteron im normalen mƤnnlichen Bereich. Es kommt zu einer Maskulinisierung:

• Muskulatur, Skelett und nicht-DHT-abhƤngige Hautregionen entwickeln ein mƤnnliches Muster
• Stimmabsenkung
• Phalluswachstum -> (Mikro-) Penis
• Hoden: mit der PubertƤt ist ein spƤter Deszensus mƶglich
• HƤmoglobinanstieg (besserer Sauerstofftransport).
• Psyche wird mƤnnlich geprƤgt
Somit kann bei bestimmten Formen durch das Überwiegen des männlichen Phänotyps als Erwachsener nach einer Kindheit als Mädchen ein sozialer Rollenwechsel zum Mann möglich werden. Dies ist die Regel in bestimmten Familien in der Dominikanischen Republik. Trotz einer Unterentwicklung der Prostata sind diese Männer meist fruchtbar (9).

Folgen einer DSD für den Spitzensport

Spitzensportlerinnen aus dem Formenkreis des 5-alpha-Reduktase-Mangels weisen dank dem Einfluss von Testosteron auf Muskulatur und Hämoglobinkonzentration gegenüber XX-Frauen einen Vorteil auf. Dieser Wettkampf-Vorteil bei Individuen mit erhöhten Testosteron-Werten wurde in einem RCT auch experimentell bestätigt (10). Nach einer anderen Studie (11) schneiden bei Wettbewerben auch gesunde Frauen mit höheren Testosteronwerten innerhalb des weiblichen Normbereiches besser ab als Frauen mit tieferem Testosteron. Der Testosteron-Grenzwert zwischen den beiden Gruppen liegt bei 2nmol/l.
Der beim PAIS ab der Pubertät resultierende «ergogene Effekt» (Wirkung auf die Leistung) ist somit relevant (12). Athletinnen mit weiblichem Gender und männlichem Sex besitzen durch ihre stärkere Muskulatur, ihr höheres Hämoglobin (besserer O2-Transport) und ihre grössere Aggressivität einen Wettbewerbsvorteil, wie dies bei Läuferinnen und Schwimmerinnen nachgewiesen wurde. Die Grösse der Klitoris kann als «Bioassay» verwendet werden. Im Wettkampf ist bei Menschen mit DSD und 46,XY ein messbar höherer Wert von 10-12% gegenüber 46,XX als Vorteil ausreichend (12).

Fairness im Spitzensport

Zur Fairness im Spitzensport müssen unter dem Aspekt der DSD folgende drei Grundregeln gelten:
1. Wenn Spitzenwettkämpfe als die organisierte Durchführung von sportlichen Wettbewerben nach bestimmten Regeln definiert werden, so müssen als erstes klare Teilnahme-Bestimmungen darüber entscheiden, dass Fairness und Chancengleichheit garantiert sind.
2. Wenn Gender die alleinige Basis für die Zulassung zum Wettbewerb wäre, so könnten Athletinnen nach ihrem subjektiven Gefühl frei wählen, wo sie antreten möchten. Dies gälte dann auch in nach Sex (46,XX resp. 46,XY) ausgeschriebenen Wettbewerben, wie dies bei Olympiaden und Weltcups der Fall ist. Nach dem oben Gesagten verletzt dies die Chancengleichheit.
3. Bei Gesundheitsstörungen mit Krankheitsdefinition müssen daher zur Garantie der Chancengleichheit klare Grenzen festgelegt werden. Bei DSD ist dies ein Grenzwert für Testosteron zwischen dem normalen weiblichen und dem normalen männlichen Bereich bei Erwachsenen.

Etablierung eines soliden Testosteron-Grenzwertes

Der im neuen Reglement festgelegte Testosteron-Grenzwert wurde durch eine Studie bei normalen gesunden SpitzenlƤuferinnen (Distanzen: 400 m bis 1500 m) ermittelt (10). Die statistischen Analysen bei 1102 Athletinnen ergaben mit einem p-Wert = 0.003 eine hoch signifikante Korrelation zwischen T-Spiegeln und Wettkampf-Resultat.
Gestützt auf diese Studien (10, 11) lautet der Vorschlag einer Expertengruppe zur Festsetzung eines Testosteron-Grenzwertes für den Entscheid über eine Zulassung zum Wettbewerb:

1. Der Grenzwert liegt bei < 5nmol/l Testosteron (T)
2. Entscheidend dafür ist der Vertrauensbereich des Grenzwertes bei Frauen mit PCO-S:
Obere VI-Limite für Serum T bei Frauen mit PCO-S:
Vertrauensintervall (VI) Wahrscheinlichkeit
99.99% 1 :10 000
SD one-side two-sided
3.72 4.77 4.95
3. Somit ist die Wahrscheinlichkeit, dass eine 46,XX-Frau auch mit einem PCO-S über dem Grenzwert von < 5 nmol/l liegt, und als falsch-positiv für ein DSD erfasst wird, Ƥusserst gering.
4. Der Testosteron-Grenzwert von < 5 nmol/l unterscheidet sich klar vom Wert von > 8 nmol/l, dem Testosteronwert, der in der mƤnnlichen PubertƤt erreicht wird, und der die pubertƤre Virilisierung beim Knaben bestimmt.
5. Die Voraussetzungen dafür, dass dieser Grenzwert für den Entscheid über die Teilnahme an Wettkampf angewendet werden darf, sind folgende: alle methodischen Grundregeln sind eingehalten. Dazu gehört bei der Hormonbestimmung die Beachtung altersabhängiger, zyklusabhängiger und circadiane Unterschiede. Die Hormon-Bestimmung erfolgt mittels «liquid chromatography-tandem mass spectrometry», die Reproduzierbarkeit ist gewährleistet, individuelle Unterschiede werden berücksichtigt.
6. Dopingregeln dürfen nicht unbesehen auf eine endogene hormonelle Anomalie angewendet werden. Findet sich bei aussergewöhnlich guter Leistung ein hoher endogener Testosteronwert, so muss immer gesichert sein, dass die Leistung der Sportlerin allein darauf zurückzuführen ist, und sie nicht noch andere Merkmale hat, welche die erzielte Spitzenleistung erklären können. Diese Abklärung hat zu erfolgen, bevor irgendwelche Massnahmen gegen sie ergriffen werden.

Die Einführung eines Grenzwertes hat vor allem zwei indirekte Folgen:

Es entsteht ein «Zwang» zu einer kompletten Abklärung. Zudem besteht bei Überschreiten des Testosteron-Grenzwertes der «Zwang» zu einer hormonell-medikamentösen Senkung des Serum-Testosterons (Pille, GnRH-Analoge etc.), um an Wettbewerben starten zu können. Diese «Zwänge» werden von einigen Athletinnen mit DSD als unzumutbar angesehen.

Copyright bei Aerzteverlag medinfo AG

Prof. em. Dr. med. Martin BirkhƤuser

Gartenstrasse 67
4052 Basel

martin.birkhaeuser@bluewin.ch

Der Autor hat keine Interessenskonflikte im Zusammenhang mit diesem Beitrag deklariert.

  • Wie gezeigt wurde, bringt das Vorliegen eines DSD messbare Wettbewerbsvorteile gegenüber gesunden Frauen mit 46,XX. Aus Gründen der Chancengleichheit innerhalb der für Frauen reservierten Wettkampfkategorien ist daher vor allem im Laufsport die Anwendung von Testosteron-Grenzwerten bei Verdacht auf DSD aus endokrinologischer Sicht sinnvoll, in der Praxis nicht zu vermeiden und für die Athletinnen zumutbar.
  • Trotz des Festlegens eines wissenschaftlich korrekt ermittelten
    soliden Grenzwertes für Testosteron, der die endokrine Fairness bei der Zulassung zu internationalen Spitzenwettkämpfen garantiert, erheben Athletinnen und ihre Supporter (Verbände) Einsprache gegen eine Teilnahme-Sperre, die auf diesen objektiven medizinischen Kriterien beruht. Sie begründen dies mit ihrem Recht auf das subjektive «Gender»-Geschlecht, und lehnen alles ab, was ihre objektive Sex-Identität («biological male or female») mit Fakten wie Chromosomenanalysen oder Bestimmung von Hormonwerten beweisen könnte.
  • Damit wird aus gesellschaftspolitischen Gründen das Gender- gegen das Sex-Geschlecht ausgespielt. Oder sollte hier im Hintergrund noch ein anderer nicht-hormonaler Faktor, nƤmlich Preisgelder und MarketingvertrƤge, eine Rolle spielen?

Messages Ć  retenir

  • Comme dĆ©veloppĆ© dans lā€™ā€Šā€Šarticle, le fait de prĆ©senter un DSD (Disorder of Sex Development) apporte Ć  la femme concernĆ©e un avantage quantifiable dans la compĆ©tition par rapport Ć  une femme saine 46,XX. Pour des raisons dā€™ā€ŠĆ©galitĆ© des chances dans les compĆ©titions internationales rĆ©servĆ©es aux femmes, surtout dans les disciplines de course Ć  pied, lā€™ā€Šapplication dā€™ā€Šune valeur limite pour la testostĆ©rone en cas de suspicion de DSD est judicieuse du point de vue endocrinologique. Elle est inĆ©vitable dans la pratique et supportable pour les athlĆØtes concernĆ©es.
  • Cette valeur limite a Ć©tĆ© Ć©tablie de maniĆØre scientifique et sur des bases solides. Elle garantit lā€™ā€ŠĆ©quitĆ© du point de vue endocrinien pour lā€™ā€Šadmis-sion Ć  des compĆ©titions internationales de haut niveau. MalgrĆ© cela,
    des athlĆØtes ainsi que leurs associations (leurs supporters) font recours contre le refus d’ĆŖtre admise, quoique celui-ci repose sur des critĆØres mĆ©dicaux objectifs. Lā€™ā€Šargument avancĆ© est leur droit Ć  lā€™ā€ŠidentitĆ© sexuelle subjective (genre, « sexe subjectif », angl. gender sex). Elles refusent de se soumettre Ć  toutes investigations (analyse des chromosomes, dĆ©termination de taux hormonaux) qui pourraient prouver leur identitĆ© sexuelle objective (Ā«biologiquement masculin ou fĆ©mininĀ», « sexe biologique »).
  • De ce fait, pour des raisons socio-politiques, le sexe biologique et le genre (sexe subjectif) sont instrumentalisĆ©s lā€™ā€Šun contre lā€™ā€Šautre. On ne peut pas sā€™ā€ŠempĆŖcher de supposer que des intĆ©rĆŖts autres quā€™ā€Šendocrinologiques, Ć  savoir financiers (primes en cas de victoire, contrats de marketing etc.) puissent y jouer un rĆ“le.

1. Gomez-Lobo V. et al. Disorders of Sexual Development in Adult Women. Obstet Gynecol 2016;128: 1162-1173. doi: 10.1097/AOG.0000000000001672
2. Calderon, MG et al. Complete Androgen Insensitivity Syndrome and Literature Review . J Hum Growth Dev. 2019; 29:187-191. DOI: http://doi.org/10.7322/jhgd.v29.9418 187
3. Mongan NP et al. Best Pract Res Clin Endocrinol Metab. 2015;29:569-80. doi: 10.1016/j.beem.2015.04.005.
4. Oakes MB et al. Complete androgen insensitivity syndrome–a review. J Pediatr Adolesc Gynecol. 2008;21:305-10. DOI: https://doi.org/10.1016/j.jpag.2007.09.006
5. Ahmed SF et al. Phenotypic features, androgen receptor binding, and mutational analysis in 278 clinical cases reported as androgen insensitivity syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2000;85:658-65.
6. Rutgers JL and Scully RE. The androgen insensitivity syndrome (testicular feminization): a clinicopathologic study of 43 cases. Int J Gynecol Pathol. 1991;10:126–44.
7. Griffin J. E. and J. D. Wilson. The androgen resistance syndromes: 5a-reductase deficiency, testicular feminization, and related disorders. In: The Metabolic Basis of Inherited Disease. C. R. Scriver, A. L. Beaudet, W. S. Sly, and D. Valle, editors. McGraw-Hill, New York. 1989: 1919-1944.
8. Wilson JD et al. Steroid 5 alpha-reductase 2 deficiency. Endocr Rev. 1993;14:577-93.
9. Kang HJ et al. The effect of 5a-reductase-2 deficiency on human fertility. Fert Ster 2014;101:310–316 http://dx.doi.org/10.1016/j.fertnstert.2013.11.12
10. Hirschberg AL et al. Effects of moderately increased testosterone concentration on physical performance in young women: a RCT http://dx.doi.org/10.1136/bjsports-2018-100525
11. Bermon St et al. Serum androgen levels are positively correlated with athletic performance and competition results in elite female athletes. Br J Sports Med: first published as 10.1136/bjsports-2018-099700 on 7 July 2018
12. Handelsman D et al. Circulating testosterone as the hormonal basis of sex differences in athletic performance. Endocr Rev. In Press. 2018.

Therapie des Mammakarzinoms

Am diesjährigen San Antonio Breast Cancer Symposium (SABCS 2019) kamen die eindrucksvollsten Daten aus zwei Studien zum metastasierten HER2 positiven Mammakarzinom, die zusätzlich zu den Standardregimen mit Trastuzumab, Pertuzumab und T-DM1 neue Hoffnung geben. Bei der Therapie des Hormonrezeptor-positiven, metastasierten Mammakarzinoms gehören die CDK 4/6 Inhibitoren zum neuen Standard. Neben der guten Verträglichkeit sind sie den Standard-Chemotherapien bezüglich progressionsfreiem Überleben (PFS) sogar überlegen. Die Immuntherapie hat sich beim triple negativen Mammakarzinom (TNBC) weiter etabliert. Nach den letztjährigen Daten der IMpassion130 Studie in der Metastasierung, könnten sie auch in der Neoadjuvans zum Standard werden, wie die präsentierten Daten zur pathologischen Komplettremission (pCR) zeigen konnten.

Le San Antonio Breast Cancer Symposium (SABCS 2019) de cette annĆ©e a prĆ©sentĆ© les donnĆ©es trĆØs impressionnantes de 2 Ć©tudes sur le cancer du sein mĆ©tastatisĆ© HER-2-positif. Elles ajoutent un espoir supplĆ©mentaire aux rĆ©sultats obtenus avec les rĆ©gimes standard avec Trastuzumab, Pertuzumab und T-DM1. Pour les cancers mĆ©tastatisĆ©s rĆ©cepteurs-positifs, les inhibiteurs CDK 4/6 font dĆ©sormais partie du nouveau standard thĆ©rapeutique. Ils sont bien tolĆ©rĆ©s et dĆ©passent mĆŖme les chimiothĆ©rapies standards dans la survie sans progression (PFS). Pour les cancers triple nĆ©gatifs (TNBC) l’immunothĆ©rapie s’établit de plus en plus. D’aprĆØs les donnĆ©es de l’étude IMpassion130 (prĆ©sentĆ©es il y a une annĆ©e) pour les tumeurs mĆ©tastatisĆ©es et de celles prĆ©sentĆ©es actuellement (taux de rĆ©missions histologiques complĆØtes (pCR) amĆ©liorĆ©), l’immunothĆ©rapie ne tardera pas Ć  devenir le standard dans la situation nĆ©o-adjuvante.

Das Hormonrezeptor-positive Mammakarzinom

VerlƤngerte adjuvante endokrine Therapie mit Letrozol

Auch dieses Jahr wurden die Empfehlungen zur Dauer der endokrinen Therapie mit Aromatasehemmer (5 Jahre oder 10 Jahre) diskutiert.
Dr. Mamounas von der NRG Oncology Gruppe präsentierte die 10-Jahres Daten der NRG Oncology/NSABP B-42 Studie. Nachdem am SABCS 2016 noch kein signifikanter Vorteil auf das krankheitsfreie Überleben (DFS) bei verlängerter Letrozol Gabe gezeigt werden konnte, ist das DFS nach 10 Jahren nun signifikant (HR 0.84). Die Subgruppenanalyse zeigte den positiven Effekt auf das DFS insbesondere bei nodal positiven Patientinnen. Weiterhin statistisch nicht signifikant verbessert ist das Gesamtüberleben.
Daher bleibt die Entscheidung zur VerlƤngerung der endokrinen Standardtherapie mit AI weiterhin eine individuelle Nutzen-Risiko-AbwƤgung. Hierbei sollten die Faktoren wie Tumorcharakteristika, Alter, Nodalstatus, KomorbiditƤten, Informationen zur Knochendichte, VertrƤglichkeit von AI in den ersten 5 Jahren einbezogen werden.
Betreffend Sicherheit kam es nicht zu einer signifikanten Erhƶhung osteoporotischer Frakturen oder arteriell-thrombotischer Ereignisse.

Die Rolle der CDK 4/6 Inhibitoren in der (Neo-) Adjuvans

Basierend auf den Daten der PALOMA 3, MONALEESA 3 und MONARCH 2 Studie mit CDK 4/6 Inhibitoren (1, 2, 3) mit hervorragenden Resultaten in Bezug auf das krankheitsfreie und Gesamtüberleben, werden die Substanzen nun in mehreren Phase III Studien in der Adjuvans evaluiert (z.B. NATALEE, PALLAS und PENELOPE-B).
Der Frage, wie durch Einsatz dieser Substanzen die Chemotherapie weiter deeskaliert werden kann, stellte sich J Gavilà vom Valencia Institut of Oncology. Er präsentierte die Daten der SOLTI-1402 CORALLEEN Phase II Studie zur neoadjuvanten Therapie mit Ribociclib plus Letrozol versus Chemotherapie bei den durch PAM50 definierten Luminal B Mammakarzinomen. Die Gruppe der Hormonrezeptor-positiven, HER2 negativen Mammakarzinome ist klinisch und biologisch sehr heterogen. Der PAM50 luminale Subtyp B macht ca. 30-40% aus und wird bis heute grösstenteils mit einer Chemotherapie behandelt (4). In der Studie wurden postmenopausale Frauen 1:1 randomisiert, entweder zum neoadjuvanten Standardregime AC-T (Adriblastin und Cyclophosphamid gefolgt von Paclitaxel) versus Letrozol und Ribociclib über 6 Monate gefolgt von der operativen Therapie. Dabei wurde der Risk of Recurrence Score (ROR score), berechnet aus Subtyp, Proliferation (Ki-67) und Tumorgrösse bei Behandlungsbeginn, nach 14 Tagen sowie vor der operativen Therapie analysiert. Es konnte gezeigt werden, dass unter neoadjuvanter Therapie mit Ribociclib und Letrozol bei Hochrisiko Luminal-B Mammakarzinomen zum Zeitpunkt der Chirurgie hohe Raten an ROR score low erzielt wurden. Dies wird durch die Chemotherapie ebenso erreicht, jedoch bei höherer Toxizität.

Wieviel Chemotherapie braucht es beim Luminal B/ HER2 nega-tiven, nodal negativen frühen Mammakarzinom und für wen?

Die Verƶffentlichung der Daten aus der TAILORx Studie Ƥnderte die Praxis zur Entscheidungsfindung betreffend adjuvanter Chemotherapie anhand der prognostischen Information aus dem Recurrence Score (RS) (5). Frauen mit einem niedrigen RS von zwischen 0-10 profitieren nicht von einer Chemotherapie. Bei hohem RS > 25 besteht ein klarer Vorteil für die adjuvante Chemotherapie. Neue Daten aus der TAILORx Studie zeigen, dass auch bei intermediƤrem RS zwischen 11 und 25 auf eine adjuvante Chemotherapie verzichtet werden kann. Allerdings steht die Subgruppe der prƤmenopausalen Patientinnen mit intermediƤrem RS und einem Alter ≤ 50 Jahre immer wieder in Diskussion, da hier ein kleiner Vorteil durch die zusƤtzliche Chemotherapie gezeigt werden konnte. Ob der Benefit allein durch die zusƤtzliche Chemotherapie bedingt ist oder durch die chemotherapie-induzierte Menopause, konnte bisher nicht abschliessend geklƤrt werden und wurde am SABCS 2019 erneut durch Dr. Sparano diskutiert. Die Daten aus der TEXT/SOFT Studie unterstützen die These bezüglich der chemotherapie-induzierten Menopause. PrƤmenopausale Frauen aus der TAILORx Studie erhielten überwiegend Tamoxifen und die TEXT/SOFT Studie konnte bei prƤmenopausalen Frauen einen signifikanten Vorteil der ovariellen Funktionssuppression (OFS) in Kombination mit Aromatasehemmer zeigen (6, 7). Die Kombination von klinischem Risiko (CR), basierend auf Tumorgrƶsse und Grading, und genomischem Risiko (RS) führt zu einer besseren prognostischen PrƤzision betreffend Rückfall (8).
Abbildung 1 liefert eine mƶgliche Strategie zum Therapieentscheid bei prƤmenopausalen Patientinnen.

Das HER2 positive Mammakarzinom

Adjuvante Therapie des frühen HER2 positiven Mammakarzinoms

In der adjuvanten Therapie des HER2 positiven, operablen Mammakarzinoms wurde in der APHINITY Studie zwischen Trastuzumab + Pertuzumab (n = 2400) versus Trastuzumab + Placebo (n = 2405) randomisiert, wobei sich nach gut 3 Jahren Nachbeobachtung in Bezug auf das invasive Krankheit-freie Überleben (IDFS) ein statistisch signifikanter Vorteil für die duale HER2-Blockade zeigte (9). Dieser Vorteil war bei den Hormonrezeptor-negativen- sowie den nodal positiven Mammakarzinomen am bedeutendsten, was zur limitierten Zulassung der dualen Antikƶrperblockade beim Hochrisiko-HER2 positiven Mammakarzinom in der Adjuvans führte.
Martine Piccard vom Jules Bordet Institut in Brüssel präsentierte am SABCS 2019 die Interim Gesamtüberleben Analyse der APHINITY Studie nach 6 Jahren Nachbeobachtung. In der APHINITY Studie wurde die Wirksamkeit der dualen Blockade beim HER2- positiven Mammakarzinom als adjuvante Therapie für insgesamt 12 Monate untersucht. Dabei zeigte sich nun mit längerem Follow-up nicht nur für die ER-negativen HER2-positiven Karzinome mit pN+, wie initial im 2017 berichtet wurde, sondern auch für die ER-positiven HER2-positiven Karzinome ein signifikanter Vorteil der dualen Blockade in Bezug auf das IDFS mit einem absoluten Vorteil von 4.5% (95% CI). Betreffend Sicherheit wurden auch unter dualer Antikörperblockade weniger als 1% kardiale Ereignisse verzeichnet. Obwohl weniger Todesfälle in der Pertuzumab-Gruppe verzeichnet wurden, waren die Daten zum Gesamtüberleben aber noch unreif und werden für 2022 erwartet.
An dieser Stelle sei angemerkt, dass – wenn immer mƶglich – Patientinnen mit frühen HER2 positiven Mammakarzinom, wenn nodal positiv oder T2, neoadjuvant behandelt werden sollten. Einerseits, um ein Downstaging zwecks weniger radikaler Chirurgie zu erreichen, andrerseits um das Risiko optimal zu stratifizieren. Patientinnen ohne komplettes Ansprechen haben eine schlechtere Prognose, profitieren aber von einer Eskalation der anti-HER2-gerichteten Therapie nach der neoadjuvanten Behandlung mit T-DM1 anstelle von Trastuzumab (10). Pertuzumab soll in neoadjuvanten Regimes auch ausserhalb von Studien immer enthalten sein, wobei der Nutzen von Pertuzumab bei nodal negativen Patientinnen unklar ist. Ein potenzieller Nutzen besteht in der Erhƶhung der pathologischen Komplettremissionsrate (pCR), was die Notwendigkeit von adjuvantem T-DM1 reduzieren kƶnnte. Eine Übersicht zum aktuellen Behandlungsstandard des frühen, HER2 positiven Mammakarzinoms gibt die Abbildung 2.

Das metastasierte HER2 positive Mammakarzinom

Einer der Hot Topics, die HER2CLIMB-Studie, wurde durch Rashmi K. Murthy vom MD Anderson Cancer Center in Texas prƤsentiert. Beim metastasierten, HER2 positiven Mammakarzinom nach Vortherapie mit Trastuzumab, Pertuzumab und T-DM1 liegt kein weiteres Standardregime mit vergleichbarer Wirksamkeit vor. Zudem entwickelt die HƤlfte der HER2 positiven metastasierten Mammakarzinom-Patientinnen Hirnmetastasen.
Tucatinib ist ein oraler Tyrosinkinase-Inhibitor, Ƥhnlich dem seit lƤngerem zugelassenen Lapatinib, zeigt aber eine viel spezifischere Hemmung von HER2. Die Studie randomisierte 2:1 Tucatinib (n = 410) versus Placebo (n = 202) in Kombination mit Trastuzumab und Capecitabine bei Patientinnen mit oder ohne Hirnmetastasen. Dabei lag die Ansprechrate mit 41% fast doppelt so hoch wie im Placebo Arm mit 23%. Der Vorteil auf das PFS war auch unter der Subgruppe mit Hirnmetastasen konsistent und signifikant. Der Tyrosinkinase-Inhibitor ist hoch selektiv für die Kinase-DomƤne des HER2 mit minimaler Hemmung von EGFR (HER1) und zeigt zudem eine bessere VertrƤglichkeit verglichen mit Neratinib oder Lapatinib betreffend Diarrhoe, eine der Hauptnebenwirkungen von Tyrosinkinaseinhibitoren. Es ist die erste randomisierte Studie, die unter den Teilnehmerinnen mit HER2 positivem, metastasiertem Mammakarzinom auch Patientinnen mit unbehandelten, vortherapierten oder progredienten Hirnmetastasen einschloss. Somit kƶnnte die Kombinationstherapie bei dieser Population zum neuen Behandlungsstandard werden.
Ian Krop, MD vom Dana-Faber Cancer Institut Boston prƤsentierte die DESTINY-BREAST01 Phase II-Studie (n = 243). Diese kann den Behandlungsstandard in der Metastasierung von HER2 positiven Mammakarzinom Patientinnen zukünftig entscheidend beeinflussen. Hierbei wurde bei T-DM1 vortherapierten Patientinnen mit Trastuzumab-Deruxtecan (DS-8201) therapiert. Behandelte oder stabile Hirnmetastasen waren zum Studieneinschluss erlaubt. Dabei handelt es sich wie bei T-DM1 um einen neuartigen Antikƶrper-Medikamenten-Konjugat, bestehend aus Trastzumab, dem Topoisomerase-Inhibitor Deruxtecan und einem spaltbaren Linker. Die Studienpopulation war mit im Mittel 6 Vortherapielinien stark vortherapiert, was die mediane Gesamtansprechrate von 60.9% umso eindrucksvoller macht (Abb. 3). Die Zahlen zum ereignisfreien Überleben (median 16.4 Monate) und Gesamtüberleben müssen aufgrund der Phase II Studie mit Vorsicht interpretiert werden. Zudem sind die Daten in einem nicht randomisierten Studiendesign erhoben und noch unreif, um Angaben zum Gesamtüberleben zu machen.
Das Nebenwirkungsprofil zeigte leichte gastrointestinale Beschwerden und hämatologische Nebenwirkungen. Die kardiale Toxizität ist mit Trastuzumab oder T-DM1 vergleichbar. Ein Risiko stellt die interstitielle Pneumonitis oder Interstitial Lung Disease (ILD) dar, an der in dieser Studie 4 Patientinnen (1.1%) verstarben. Notwendig ist eine gezielte Patientenaufklärung über die Symptome sowie ein sofortiges Sistieren des Medikamentes mit zeitgleichem Beginn von Steroiden.
Es laufen mehrere Phase III Studien zu Trastuzumab-Deruxtecan, worauf wir auf die DESTINY-BREAST04 Studie im Speziellen hinweisen mƶchten. Hierbei wird bei vortherapierten, metastasierten Patientinnen mit HER2 low (Immun-Histochemie: HER2 1 +, 2 + / ISH negativ) zwischen Trastuzumab-Deruxtecan versus chemotherapy of physicians choice 2:1 randomisiert. Das UniversitƤtsspital Zürich wird ab Januar 2020 Patientinnen in die Studie aufnehmen kƶnnen.

Immuntherapie im Vormarsch beim triple negativen Mammakarzinom (TNBC)

Die Prognose ist bei diesem aggressiven Subtyp bekannterweise schlecht, mit mƶglicherweise frühzeitiger Metastasierung und rascher Resistenzentwicklung gegenüber Chemotherapeutika. Die Chemotherapie des frühen Mammakarzinoms wurde in den letzten Jahren, basierend auf den Standardregimes, immer mehr eskaliert, um die Rate an pathologischer Komplettremission (pCR) und somit das Outcome zu verbessern (11, 12). Neben den Standardregimes wurde in vorhergehenden Studien durch die Eskalation mit Bevacizumab und Carboplatin zwar eine Erhƶhung der pCR Rate erreicht, jedoch ohne Verbesserung des ereignisfreien Überlebens (EFS). Zunehmend wird beim TNBC die Immuninfiltration untersucht. Durch die Blockade der Immunsystem-Ā«BremsenĀ» PD-L1 und PD1 kann ein dauerhaftes Ansprechen ermƶglicht werden. In der metastasierten Situation konnte in der IMpassion130 Studie ein verbessertes PFS unter Hinzunahme des PD-L1 Antikƶrpers Atezolizumab zu nab-Paclitaxel bei PD-L1 positiven TNBC gezeigt werden (13). Metastasierte Tumorzellen scheinen jedoch immunologisch inerter zu sein. Beim primƤren Karzinom ist die Anzahl tumor-infiltrierender Lymphozyten (TILs) hƶher. Ebenso die Expression von PD-L1 (14). Dies stellt die Rationale für neoadjuvante Studiendesigns mit Checkpoint-Inhibitoren dar.
Prof. Dr. med. Peter Schmid vom Barts Cancer Institute London präsentierte die Daten zur KEYNOTE-522 Phase III Studie. Dabei wurden die Patientinnen mit Stadium IIA-IIIB 2:1 randomisiert. Das Standardregime war Carboplatin mit Paclitaxel, gefolgt von Doxo- oder Epirubicin mit Cyclophosphamid. Zusätzlich erhielten die Patientinnen durchgehend Pembrolizumab oder Placebo. Nach der Operation wurde im Pembrolizumab-Arm dieses Regime adjuvant während 1-9 Zyklen weitergeführt versus Placebo. In der Pembrolizumab-Gruppe zeigte sich sowohl eine verbesserte pCR Rate (64.8 vs.51.2%) als auch ein Trend zu verbessertem ereignisfreien Überleben (EFS). Die Wirksamkeit ist umso besser, je grösser die Tumorlast und der nodale Befall sind (13). Mehr Therapie bedeutet auch mehr Nebenwirkungen. Unter der Hinzunahme der Immuntherapie kommt es zu vermehrtem Auftreten von immunvermittelten Nebenwirkungen wie Hypo- und Hyperthyreose, Hautreaktionen, Nebenniereninsuffizienz, Pneumonitis, Kolitis. Dies muss bei kurativer Therapieabsicht sicher kritisch betrachtet werden. Insbesondere bei Patientinnen mit sonst relativ guter Prognose (nodale negative und kleine Tumore).

Dr. med. Denise Vorburger

Brustzentrum
Klinik für Gynäkologie
Universitätsspital Zürich
Frauenklinikstr. 10
8091 Zürich

denise.vorburger@usz.ch

PD Dr. med. Konstantin Dedes

Brustzentrum
Klinik für Gynäkologie
Universitätsspital Zürich
Frauenklinikstr. 10
8091 Zürich

Die Autoren haben keine Interessenskonflikte im Zusammenhang mit diesem Artikel deklariert.

  • Die verlƤngerte Therapie mit einem Aromatasehemmer über 10 Jahre kann bei den nodal positiven Patientinnen empfohlen werden, bleibt aber weiterhin eine AbwƤgung von Nutzen und Risiko bei bisher fehlendem Vorteil für das Gesamtüberleben.
  • Beim HER2 positiven frühen Mammakarzinom entscheidet das klinische Stadium (cT und cN) sowohl über die Sequenz der PrimƤrbehandlung (Operation oder Chemo zuerst), als auch über die Eskalation oder Deeskalation der Chemoimmuntherapie.
  • Beim metastasierten HER2 positiven Mammakarzinom zeigen zwei neue Substanzen (Tucatinib und Trastuzumab-Deruxtecan) bei schwer vortherapierten Patientinnen eine hohe Ansprechrate einschliesslich derer mit cerebraler Metastasierung.
  • Die Immuntherapie kƶnnte beim triple negativen Mammakarzinom künftig als Neoadjuvans Einzug halten und lƤsst bei diesem aggressiven Subtyp durch die hƶheren pCR Raten, insbesondere bei nodal positiven Karzinomen, auf eine verbesserte Prognose hoffen.

Messages Ć  retenir

  • Le traitement avec un inhibiteur de l’aromatase prolongĆ© sur 10 ans peut ĆŖtre proposĆ© pour les cancers nodal-positifs. Vu qu’à l’heure actuelle un avantage sur la survie globale manque, l’indication sera toujours posĆ©e au cas par cas en pesant individuellement les bienfaits et les risques.
  • En cas de cancer prĆ©coce HER2-positif, c’est le stade clinique (cT et cN) qui est dĆ©terminant soit pour la sĆ©quence de la thĆ©rapie primaire (opĆ©ration. ou chimio d’abord), soit pour l’escalation voire la dĆ©sescalation de la chimio-immunothĆ©rapie.
  • En cas de cancer mĆ©tastatisĆ© HER2-positif lourdement prĆ©traitĆ©, deux nouvelles substances (Tucatinib und Trastuzumab-Deruxtecan) montrent un taux de rĆ©ponse Ć©levĆ©, en particulier chez les patientes avec mĆ©tastases cĆ©rĆ©brales.
  • L’immunothĆ©rapie pourrait faire son entrĆ©e comme traitement nĆ©o-adjuvant pour les cancers triple nĆ©gatifs. Dans ce sousgroupe agressif, l’espoir d’une amĆ©lioration du pronostic est permis du fait d’un taux plus important de rĆ©missions complĆØtes histologiques (pCR), surtout en cas de tumeurs nodal-positives.

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