Les abcĆØs et les fistules ano-rectales entrent dans le groupe des pathologies proctologiques frĆ©quemment rencontrĆ©es. Leur incidence est de 2 cas sur 10ā000 habitants. Elles doivent ĆŖtre connues du praticien qui est en mesure dāen faire le diagnostic et dāinitier la prise en charge sans dĆ©lais. Cet article aborde le traitement des abcĆØs anaux et des fistules ano-rectales.
Pour la petite histoire
Le roi-soleil Louis XIV souffrait de crises rĆ©cidivantes de maladie fistuleuse ano-rectale. Les mĆ©decins du Roy, Ć leur tĆŖte Antoine Daquin, impuissants Ć le traiter firent appel au barbier Charles FranƧois FĆ©lix. Ils Ć©tudiĆØrent et planifiĆØrent une section directe de la fistule Ć lāāāaide dāāun fistulotome inspirĆ© de mĆ©thodes italiennes. AprĆØs une pĆ©riode dāāessais Ā«ācliniquesĀ» auprĆØs de condamnĆ©s de la Bastille et de volontaires, lāāintervention de la fistule royale eut lieu le 18 novembre 1696 et le roi soleil fut dĆ©barrassĆ© dĆ©finitivement de sa maladie fistuleuse. En guise de rĆ©compense, outre de riches prĆ©sents octroyĆ©s par Louis XIV, Louis XV son petit fils crĆ©a Ā«āla royale acadĆ©mie chirurgicaleĀ» et donna ainsi ses lettres de noblesse Ć la confrĆ©rie des barbiers, tant dĆ©criĆ©s par les MĆ©decins du Roy. Pour rendre grĆ¢ce Ć cette guĆ©rison Lulli composa un hymne Ā«āGrand Dieu sauve le RoyāĀ» qui fut repris 28 ans plus tard par Haendel et devint le God save the King (Queen) hymne national Anglais actuel.
La frĆ©quence des abcĆØs anaux et des fistules est Ć©levĆ©e. Ils surviennent de prĆ©fĆ©rence chez lāāhomme jeune. Ces pathologies trouvent leur origine au niveau des glandes anales situĆ©es dans lāāespace inter-sphinctĆ©rien. Leur classification dĆ©pend de leur localisation par rapport aux sphincters de lāāanus. Lāāhistoire de la maladie et lāāexamen clinique du patient suffisent en gĆ©nĆ©ral Ć poser le diagnostic et Ć©laborer le traitement chirurgical. Des investigations complĆ©mentaires (endoscopie, endosonographie, rĆ©sonance magnĆ©tique) sont utiles en cas dāāabcĆØs ou de fistules complexes. Le but de la chirurgie lors dāāabcĆØs est de drainer lāāinfection tout en prĆ©servant lāāintĆ©gritĆ© anatomique des sphincters. Le risque de rĆ©cidive de lāāabcĆØs ou son Ć©volution vers une fistule est limitĆ©. Il peut rĆ©sulter dāāun drainage insuffisant. Le traitement de la fistule dans le mĆŖme temps du drainage de lāāabcĆØs est rĆ©servĆ© aux fistules superficielles qui nāāinterfĆ©rent pas avec le sphincter. Il doit ĆŖtre rĆ©alisĆ© par un chirurgien expĆ©rimentĆ©. Tous les autres types de fistules doivent ĆŖtre traitĆ©s en un second temps. Le traitement de la fistule est chirurgical il peut ĆŖtre rĆ©alisĆ©, en fonction du type de la fistule par les techniques suivantes :
- Drainage par fil de sƩton, fistulotomie, fistulectomie
- Plastie et reconstruction du sphincter (sphinctƩroplastie, lambeau muqueux, LIFT), techniques endo luminales (VAAFT)
- Techniques dāāocclusion (fibrine, plug, clip, laserā¦).
Seules les fistules dont le trajet est distal peuvent ĆŖtre traitĆ©es par fistulotomie ou fistulectomie. Toutes les fistules hautes doivent bĆ©nĆ©ficier dāāune technique protĆ©geant le sphincter et par la mĆŖme la continence du patient. Les rĆ©sultats des diffĆ©rentes techniques de reconstruction et de plastie du sphincter sont superposables. Les techniques dāāocclusions sont grevĆ©es dāāun taux de rĆ©cidive plus Ć©levĆ©. Notre propos sāāattachera Ć donner les clĆ©s du diagnostic et du traitement des abcĆØs et des fistules basĆ© sur notre expĆ©rience et la revue de la littĆ©rature.
Les abcĆØs ano-rectaux et les fistules anales sont parmi les pathologies les plus frĆ©quemment rencontrĆ©es en pratique proctologique. Leur incidence est de 2 cas par 10ā000 habitants. Elles doivent ĆŖtre connues du praticien qui est parfaitement Ć mĆŖme dāāen initier le traitement (1).
LāāabcĆØs ano-rectal et la fistule anale sont deux entitĆ©s mentionnĆ©es souvent sĆ©parĆ©ment. Elles reprĆ©sentent en fait les phases successives dāāune mĆŖme pathologie, la maladie fistuleuse ano-rectale (2).
Etiologie
La majoritĆ© des abcĆØs et des fistules anales (90āā%) sont dāāorigine crypto-glandulaire. La maladie dĆ©bute dans une des glandes lubrificatrices dāāHermann et DesfossĆ©s situĆ©es dans lāāespace inter-sphinctĆ©rien de lāāappareil sphinctĆ©rien, suite Ć la diminution ou lāāabolition du drainage glandulaire (Fig. 1) (3).
Lāāinfection glandulaire Ć©volue rapidement en abcĆØs Ć germes intestinaux et se draine dans les espaces pĆ©rianaux et pĆ©rinĆ©aux de moindre rĆ©sistance. Comme lāāhomme a plus de glandes lubrificatrices que la femme la maladie fistulaire est plus frĆ©quente chez lāāhomme entre 30 et 50 ans dans un ratio 2/3 ā 1/3 (1, 4).
Certains facteurs favorisants la venue de ces abcĆØs ont Ć©tĆ© dĆ©crits comme le diabĆØte, lāāobĆ©sitĆ©, lāāalcoolisme et le tabagisme (5,ā6). De mĆŖme la station assise prolongĆ©e, le sĆ©dentarisme, les poussĆ©es lors de la dĆ©fĆ©cation et le stress psychosocial sont considĆ©rĆ©s comme facteur de risques par certains auteurs (7,ā8).
Cette phase aiguĆ« de la maladie fistuleuse crypto-glandulaire doit ĆŖtre diffĆ©renciĆ©e dāāun abcĆØs compliquant une maladie sous-jacente. Parmi ces abcĆ©dations dites secondaires, il faut mentionner les abcĆØs liĆ©s Ć une fissure, Ć une hidrosadĆ©nite suppurĆ©e (maladie des glandes apocrines), Ć lāāinfection dāāune glande sĆ©bacĆ©e, Ć un sinus pilonidal proche de lāāanus ou Ć une infection sexuellement transmise ano-rectale. En prĆ©sence de rĆ©cidive ou de trajets fistuleux multiples, la question dāāune maladie de Crohn sous-jacente doit ĆŖtre posĆ©e et la maladie inflammatoire recherchĆ©e. Finalement, les abcĆØs compliquent frĆ©quemment les plaies traumatiques ano-rectales (lĆ©sion sur corps Ć©tranger, plaie pĆ©nĆ©trante, lĆ©sion iatrogĆØne chirurgicale, obstĆ©tricale ou endoscopique) et peuvent ĆŖtre difficiles Ć relier Ć leur cause, en particulier si celles-ci sont ignorĆ©es ou occultĆ©es volontairement par le patient Ć son mĆ©decin (Tab.ā1).
Voies de dissƩmination
Lāāextension et les voies de drainage spontanĆ© des abcĆØs de la rĆ©gion ano-rectale sont rĆ©gies par les lois des pressions. Aux structures fermes sāāopposent des zones de moindre rĆ©sistance, crĆ©ant ainsi des voies de facilitation de la dissĆ©mination de lāāinfection. Pour mieux le comprendre, lāāimage dāāun labyrinthe peut ĆŖtre empruntĆ©e. Les cloisons sont le muscle sphincter interne, le muscle sphincter externe, le raphĆ© ano-coccygien et le muscle releveur de lāāanus.
LāāabcĆØs situĆ© Ć lāāorigine dans lāāespace inter-sphinctĆ©rien est guidĆ© par les structures Ć haute rĆ©sistance et peut diffuser soit distalement dans la rĆ©gion para-anale, soit proximalement dans lāāespace pelvi-rectal, au-dessus des muscles Ć©lĆ©vateurs de lāāanus, soit Ć travers le muscle sphinctĆ©rien externe en direction de la fosse ischio-rectale ou plus superficiellement vers le pĆ©rinĆ©e (Fig.ā2.)
LāāabcĆØs tout dāāabord inter-sphinctĆ©rien Ć©volue ainsi respectivement en abcĆØs para-anal, pelvi-rectal, ischio-rectal ou pĆ©rinĆ©al (Fig.ā3).
LāāabcĆØs en fer Ć cheval se dĆ©veloppe postĆ©rieurement au-dessus du raphĆ© ano-coccygien. Il diffuse bilatĆ©ralement en direction des deux fosses ischio-rectales (9). Les abcĆØs para-anaux et pĆ©rinĆ©aux reprĆ©sentent environ 50ā% des cas, les abcĆØs ischio-rectaux 25ā%.
Tableau clinique des abcĆØs ano-rectaux
Les symptĆ“mes cardinaux classiques des abcĆØs ano-rectaux sont les mĆŖmes que ceux de toute pathologie infectieuse abcĆ©dĆ©e. Ils associent douleur, rougeur, tumĆ©faction et chaleur. Les douleurs sont intenses et pulsatiles, stimulĆ©es par la position assise, la marche ou la dĆ©fĆ©cation. Lorsque la collection est pĆ©rinĆ©ale ou pĆ©ri-anale, une induration palpable de la fesse apparaĆ®t. Un certain degrĆ© de cellulite dāāaccompagnement peut exister. La prise en charge de ces abcĆØs est une urgence chirurgicale.
La fiĆØvre, parfois associĆ©e Ć des frissons est souvent retrouvĆ©e et ceci dāāautant plus que la lĆ©sion est haut situĆ©e et donc de diagnostic plus difficile. Lāāexamen clinique et lāāanuscopie ne permettent dāāidentifier lāāorifice interne primaire que dans 30 Ć 40ā% des cas (2).
LāāabcĆØs inter-sphinctĆ©rien reste un dĆ©fi diagnostique du fait de lāāabsence de signes cliniques extĆ©rieurs associĆ© Ć des douleurs aiguĆ«s rendant tout examen anuscopique impossible. Celui-ci peut ĆŖtre rĆ©alisĆ© sous anesthĆ©sie gĆ©nĆ©rale et laissera palper une petite voussure de la taille dāāun grain de riz dans lāāespace inter-sphinctĆ©rien. LāāĆ©chographie endoanale est une aide diagnostique apprĆ©ciable dans ces situations, elle permet Ć©galement de diriger lāāincision de drainage (Fig. 4) (10).
Si lāāabcĆ©dation nāāest pas prise en charge rapidement, le tableau clinique peut se compliquer et Ć©voluer vers un sepsis sĆ©vĆØre, dont il faut se rappeler lāāimportante mortalitĆ© chez les patients fragiles (11). Une cellulo-fascĆ©ite anaĆ©robie du pĆ©rinĆ©e ou des bourses, nommĆ©e alors gangrĆØne de Fournier (12,ā13) reprĆ©sente un autre mode de complication septique gravissime, qui nĆ©cessitera un dĆ©bridement agressif en extrĆŖme urgence avec parfois nĆ©cessitĆ© Ć confectionner une colostomie de dĆ©charge temporaire (14). Le spectre de telles complications nous rappelle la nĆ©cessitĆ© de traiter adĆ©quatement et dans lāāurgence non diffĆ©rĆ©e tout abcĆØs de la rĆ©gion ano-rectale.
Traitement de la maladie fistuleuse abcƩdƩe
Les abcĆØs de la rĆ©gion pĆ©rinĆ©ale et ano-rectale Ć©voluent lentement et difficilement vers un drainage spontanĆ© Ć lāāissue dāāun trajet plus ou moins complexe. En rĆØgle gĆ©nĆ©rale, ils ne peuvent pas se rĆ©soudre dāāeux-mĆŖmes spontanĆ©ment. La base du traitement est le drainage chirurgical dirigĆ© de la cavitĆ© abcĆ©dĆ©e. La recherche du trajet fistuleux dāāamont ne doit se faire que dans la deuxiĆØme phase lors du traitement de la fistule ano-rectale.
Une antibiothĆ©rapie seule est insuffisante Ć la guĆ©rison de lāāabcĆØs, toujours prĆ©sent dans la maladie fistulaire. Elle tend Ć chroniciser lāāinfection et de ce fait Ć rendre plus complexe le drainage chirurgical (15).
Principe du drainage de lāāabcĆØs
Lāāincision est menĆ©e assez largement pour assurer un bon drainage et Ć©viter une rĆ©tention du pus dans la poche abcĆ©dĆ©e (principe du sablier). Ceci aboutirait Ć un retard de la guĆ©rison, une fermeture prĆ©coce de la plaie opĆ©ratoire, une persistance de lāāabcĆØs. Elle est radiaire dans tous les cas. La recherche de tractus fistuleux et de lāāorifice primaire doit ĆŖtre Ć©vitĆ©e Ć la phase aiguĆ« en raison du risque de fausses routes, dues Ć la dĆ©liquescence des tissus. MĆŖme lāāeffondrement des cloisons et le curetage ne sont pas recommandĆ©s. Un lavage au sĆ©rum physiologique Ć la seringue est amplement suffisant. Une mĆØche Ć but hĆ©mostatique sera mise en place pour les premiĆØres 12 Ć 24 heures. Le traitement des abcĆØs ano-rectaux a la particularitĆ© de pouvoir ĆŖtre pratiquĆ© en anesthĆ©sie locale, sans couverture antibiotique et sans mise en culture du pus.
Nous avons lāāhabitude dāāinciser les abcĆØs para-anaux et pĆ©rinĆ©aux, qui sont les plus frĆ©quents, en anesthĆ©sie locale et selon un mode ambulatoire. Une infiltration douce du derme qui contient les terminaisons nerveuses, par un anesthĆ©sique local tamponnĆ© par du bicarbonate (lidocaĆÆne 0.5ā% 10ml plus NaBic 0.8āmmol 1ml) en regard de lāāabcĆØs et une incision radiaire sans pression assurent une antalgie suffisante (Fig. 5).
Lāāincision dāāun abcĆØs intersphinctĆ©rien sera menĆ©e avec prudence et avec le plus grand respect des sphincters. Les abcĆØs sus-lĆ©vatoriens, ischio-rectaux haut placĆ©s et les abcĆØs en fer Ć cheval requiĆØrent une anesthĆ©sie gĆ©nĆ©rale ou pĆ©ridurale.
Lāāutilisation systĆ©matique dāāan-tibiotiques nāāest pas recommandĆ©e, puisquāāil ne sāāagit pas dāāun traitement causal, celui-ci reposant sur le vieil adage Ā«āubi pus ibi evacuaĀ». Lāāintroduction dāāun traitement antibactĆ©rien doit ĆŖtre discutĆ©e cependant, dans les contextes de patients fragilisĆ©s, immuno supprimĆ©s ou porteurs de valve cardiaque. Les germes habituellement retrouvĆ©s en culture sont des souches intestinales classiques. La mise en culture du pus nāāest donc pas utile de routine, elle sera impĆ©rative et dirigĆ©e lors de suspicion dāāinfections sexuellement transmissible.
Les soins locaux
Ils doivent ĆŖtre facilitĆ©s. La mĆØche est retirĆ©e par le malade lui-mĆŖme le lendemain de lāāintervention et un rinƧage de la plaie opĆ©ratoire par douche anale pluriquotidienne est prescrit. Des antalgiques Ć base de paracĆ©tamol et dāāanti-inflammatoires Ć dose dĆ©gressive sont prescrits. La plaie est contrĆ“lĆ©e Ć 24-48 heures puis de maniĆØre hebdomadaire.
Le bilan intermƩdiaire
4 Ć 6 semaines aprĆØs lāāincision et aprĆØs guĆ©rison de la maladie abcĆ©dĆ©e, Ć distance de la phase aiguĆ« sensible, il est important de faire un bilan de la maladie fistuleuse rĆ©siduelle. Dans 25ā% des cas environ, on constate la fermeture de lāāorifice secondaire, la disparition de la fistule et lāāabsence dāāorifice primaire rĆ©siduel (16,ā17). Dans les autres cas, lāāexamen anal et rectal soigneux retrouvent lāāorifice glandulaire primaire, sous la forme dāāune caroncule palpable, de la taille dāāun grain de riz. Lāāanuscopie en permettra souvent le repĆ©rage visuel. Il est important dāāexclure Ć ce stade toute autre pathologie du canal anal, en particulier un cancer ano-rectal abcĆ©dĆ©.
Tableau clinique des fistules ano-rectales constituƩes
Les plaintes principales du patient porteur dāāune fistule anale constituĆ©e sont des Ć©coulements para-anaux ou mal localisĆ©s du siĆØge, salissant rĆ©guliĆØrement les sous-vĆŖtements. Un prurit dāāirritation pĆ©ri-anal est parfois associĆ©. Les Ć©coulements sont classiquement intermittents. Ils sont rythmĆ©s par la sĆ©quenceā: occlusion du tractus fistulaire ā micro-abcĆ©dation douloureuse ā libĆ©ration purulente Ć lāāorifice secondaire ā Ć©coulements et disparition des douleurs. Les problĆØmes dāāhygiĆØne peuvent devenir handicapants, en particulier lorsque les orifices secondaires se multiplient au cours dāāune maladie fistulaire non traitĆ©e ou dāāune maladie de Crohn.
En cas de trajet fistuleux persistant, et Ć la seule inspection, la rĆØgle de Goodsall garde toute sa valeur dans la prĆ©diction de la localisation de lāāorifice primaire situĆ© Ć la ligne pectinĆ©e en fonction de lāāendroit de drainage cutanĆ© secondaire. Les tractus fistuleux drainĆ©s antĆ©rieurement sont plutĆ“t linĆ©aires, tandis que les trajets postĆ©rieurs sont curvilignes. Un trajet antĆ©rieur Ć plus de 3 cm de la marge anale peut trouver son origine dans la portion postĆ©rieure du canal anal (Fig. 6).
La palpation retrouve souvent un cordon fistuleux entre pouce et index. Lāāanuscopie recherche lāāorifice primaire sous forme dāāune ombilication muqueuse ou de la prĆ©sence de tissu de granulation.
Toute fistule constituĆ©e fera lāāobjet dāāune tentative de mise en place dāāun drainage de sĆ©ton constituĆ© dāāun double monofilament de 4.0 ou 5.0.
Une aiguille boutonnĆ©e sera conduite dans le canal anal depuis lāāorifice secondaire avec prĆ©caution et sans pression afin dāāĆ©viter toute fausse route.
Nous utilisons de lāāair pulsĆ© Ć la seringue pour ouvrir le trajet et en repĆ©rer la permĆ©abilitĆ© sous forme de bulles apparaissant Ć lāāorifice primaire. Les fils de sĆ©ton lĆ¢ches permettent un drainage prolongĆ© et renforcent ainsi la fibrose pĆ©ri-fistulaire. Ils peuvent ĆŖtre laissĆ©s en place de maniĆØre prolongĆ©e de plusieurs mois Ć plusieurs annĆ©es, comme dans le cas particulier de la maladie de Crohn (Fig.ā7).
Le repĆ©rage ultra-sonographique des trajets fistuleux aidĆ© de lāāexamen 3D, peut ĆŖtre utile dans le cas particulier des fistules complexes ou rĆ©cidivantes (18, 19). Il peut Ć©ventuellement ĆŖtre associĆ© Ć une IRM du petit bassin, Ć la recherche dāāune lĆ©sion pelvienne.
Dans des mains expertes, ces 2 examens ont une prĆ©cision diagnostique comparable (20). Notre prĆ©fĆ©rence va Ć lāāĆ©chographie endoanale 3D que nous considĆ©rons comme partie intĆ©grante de lāāexamen dāāune fistule avec pour avantage une rĆ©ponse pendant la consultation et un coĆ»t infĆ©rieur.
Lāāexamen clinique aidĆ© de lāāendosonographie 3D ou de lāāIRM permet de classifier les fistules. La classification la plus utile et la plus utilisĆ©e est celle de Parks (21) (Fig.ā8).
Elle permet dāāassocier le type de fistule Ć un choix de traitement chirurgical en fonction de la quantitĆ© de sphincter inclus dans le trajet. Pour lāāĆ©cole genevoise, les trajets distaux peuvent ĆŖtre traitĆ©s par lāāablation de la fistule avec section du sphincter. Les trajets hauts doivent ĆŖtre traitĆ©s par des techniques respectant le sphincter. Les fistules inter-sphinctĆ©riennes et trans-sphinctĆ©riennes distales re-
prĆ©sentent entre 50 et 60 ā% des cas et les fistules trans-sphinc-tĆ©riennes hautes 25ā%.
Traitement des fistules ano-rectales
Le but du traitement de la fistule ano-rectale est lāāexcision du tractus fistuleux fibreux qui emporte la glande responsable de la fistule, des tractus fistuleux accessoires, la suppression de lāāorifice primaire, la prĆ©servation de la fonction anale par protection du capital sensitif et musculaire.
On peut considƩrer trois groupes de traitement chirurgicaux
Les chirurgies avec section du sphincter
SƩton tracteur, sƩton chimique, Fistulotomie, Fistulectomie
Les chirurgies avec respect des sphincters avec ablation du trajet fistuleux
Fistulectomie et reconstruction du sphincter, Lambeau dāāavancement, LIFT technique
Nouvelles mƩthodes par occlusion du trajet fistuleux
Laser, VAAFT, OTSC clip, Colle de fibrine, Injection de collagĆØne, Injection de cellules germinale autologues, plug.
Les rĆ©cidives restent cependant nombreuses malgrĆ© le dĆ©veloppement rĆ©cent de nouvelles techniques chirurgicales. Les traitements les plus pratiquĆ©s dans notre clinique sont la fistulotomie, la fistulectomie, le lambeau dāāavancement et lāāencollage fistulaire en fonction du type de fistule rencontrĆ©.
Les traitements classiques
SƩton tracteur ou chimique
Cette technique dĆ©jĆ connue de lāāantiquitĆ© et rapportĆ©e par Hippocrate (22) a pour but la section progressive du sphincter compris entre la fistule et la peau. Cette section est due soit Ć la pression du fil soit Ć une destruction chimique par les composants phytothĆ©rapiques du sĆ©ton (Kshara Sutra).
Si on observe une guĆ©rison de la fistule dans 80 Ć 100ā% des cas, le taux dāāincontinence anale rapportĆ©e varie de 0 Ć 92ā% ce qui est largement inacceptable (23, 24). Pour cette raison Ć©vidente le traitement de fistule par section progressive est abandonnĆ©e dans notre service.
Fistulotomie
La fistulotomie consiste en la mise Ć plat et au curetage du Ā«ātunnel fistuleuxĀ». Cette technique est rĆ©servĆ©e aux trajets muco-cutanĆ©s ou trĆØs distaux qui ne touchent pas les fibres musculaires sphinctĆ©riennes. Dans ce cas, la guĆ©rison est obtenue dans pratiquement 84ā% des cas avec un taux de continence et une qualitĆ© de vie comparables Ć celui de la population gĆ©nĆ©rale (25).
Fistulectomie avec ou sans reconstruction du sphincter
Par fistulectomie, on entend lāāexcision complĆØte de lāāensemble du trajet fistuleux et de son orifice primaire. Le revĆŖtement cutanĆ© qui couvre la fistule est excisĆ© avec le cordon fistuleux et la guĆ©rison se fait per secundam. Le muscle sphincter est sectionnĆ© Ć minima et peut ĆŖtre reconstruit par suture directe en cas de nĆ©cessitĆ© (26). Cette technique sāāapplique aux fistules les plus distales, et de prĆ©fĆ©rence postĆ©rieures. Cāāest Ć dire les fistules pĆ©rinĆ©ales, inter-sphinctĆ©riennes ou trans-sphinctĆ©riennes distales. Cette intervention peut ĆŖtre pratiquĆ©e en anesthĆ©sie locale parfois sur un mode ambulatoire. Dans notre expĆ©rience de 983 cas consĆ©cutifs revus de 2010 Ć 2018, 5.2ā% des patients ont rĆ©cidivĆ© et aucun cas dāāincontinence majeure nāāest Ć signaler. Notre expĆ©rience est superposable aux rĆ©sultats de la littĆ©rature qui dĆ©montrent un succĆØs dans 93ā% des cas avec 12ā% de troubles de la continence mineurs aux gaz occasionnellement (27).
Lambeau dāāabaissement rectal (LAR)
Le traitement des fistules ano-rectales hautes ou antĆ©rieures chez la femme reprĆ©sente un risque pour les structures sphinctĆ©riennes et par voie de consĆ©quence peut ĆŖtre grevĆ© dāāun taux non nĆ©gligeable dāāincontinence anale postopĆ©ratoire.
La technique du lambeau dāāabaissement muqueux est une approche chirurgicale Ć©lĆ©gante pour les cures de fistules hautes situĆ©es dans le canal anal. Elle permet de prĆ©server un maximum de tissu de lāāappareil sphinctĆ©rien. Elle sāāadresse donc aux fistules trans sphinctĆ©riennes hautes et aux fistules supra ou extra-sphinctĆ©riennes.
Lāāexcision des fistules nāāest possible quāāen terrain calme, en prĆ©sence de tractus devenus fibreux et si possible drainĆ©s par un fil de sĆ©ton. Lāāabaissement muqueux nĆ©cessite Ć©galement un tissu parfaitement sain. AprĆØs libĆ©ration dāāun lambeau de muqueuse, cette derniĆØre est suturĆ©e sans tension et sans risque dāāischĆ©mie. Une inflammation aiguĆ«, un terrain post-radique, une maladie de Crohn ou nĆ©oplasique, ainsi que des forces de tension sur la ligne de suture sont vouĆ©s Ć lāāĆ©chec de la technique.
Cette intervention est menĆ©e sous antibioprophylaxie sans prĆ©paration intestinale, ni rasage prĆ©opĆ©ratoire. Une stomie dāāamont nāāest jamais rĆ©alisĆ©e.
Le premier temps opĆ©ratoire consiste en lāāexcision complĆØte du trajet fistuleux qui est menĆ©e progressivement Ć partir de lāāorifice secondaire par une dissection au contact du tractus fibreux jusquāāĆ lāāorifice interne. Cette dissection rĆ©alise alors un Ā«ācarottageĀ» trans sphinctĆ©rien qui vise Ć nāāemporter idĆ©alement que le tractus fibreux en respectant le tissu musculaire. Une collerette de muqueuse anale autour de lāāorifice primaire est Ć©galement excisĆ©e. Le deuxiĆØme temps rĆ©alise la fermeture musculaire, par des points sĆ©parĆ©s dāāun mono filament rĆ©sorbable. La mobilisation du lambeau proximal muqueux reprĆ©sente le dernier temps opĆ©ratoire. Celui-ci est abaissĆ© ensuite au-delĆ de la suture musculaire, telle une persienne protĆ©geant une fenĆŖtre sans chevauchement direct des zones suturĆ©es (Fig. 9).
La plaie de lāāorifice secondaire est laissĆ©e ouverte afin dāāen assurer le drainage et recouverte dāāune mĆØche grasse pour 24 Ć 48 heures (28).
En phase postopĆ©ratoire, on doit Ć©viter toute constipation, ou diarrhĆ©e dĆ©lĆ©tĆØre pour le lambeau abaissĆ©. Les douches pluriquotidiennes, six fois minimum de la plaie cutanĆ©e secondaire sont de rigueur. Un contrĆ“le mĆ©dical hebdomadaire jusquāāĆ guĆ©rison complĆØte par lāāopĆ©rateur, sans examen endo-anal jusquāāĆ la 3ĆØme semaine est recommandĆ©. Le taux de rĆ©cidive de ces fistules en fistules complexes dans notre expĆ©rience est de 25ā% (29). Chez les patients fumeurs, ce taux peut doubler. Le tabagisme est donc un facteur important Ć la rĆ©cidive des fistules anales aprĆØs traitement chirurgical. Une des grandes questions est que faire en cas de rĆ©cidive ?
Le lambeau d’avancement rectal (LAR) est une solution thĆ©rapeutique reconnue pour traiter des fistules anales complexes. Peu de donnĆ©es existent sur les rĆ©sultats d’un nouveau lambeau d’avancement sur une fistule rĆ©cidivante dĆ©jĆ opĆ©rĆ©e par cette procĆ©dure. Nous avons rĆ©alisĆ© une Ć©tude afin d’Ć©valuer les rĆ©sultats d’un second lambeau d’avancement comme traitement de la fistule anale complexe rĆ©cidivante aprĆØs un premier lambeau.
Cette Ć©tude rĆ©trospective, mono centrique porte sur 120 patients opĆ©rĆ©s par LAR d’une fistule anale crypto-glandulaire. 38 patients ont prĆ©sentĆ© une rĆ©cidive de fistule (31,6ā%). La rĆ©cidive Ć©tait complexe chez 29 patients (24.1ā%) et simple chez 9 (7.5ā%). Un second LAR a Ć©tĆ© rĆ©alisĆ© chez les 29 ayant une rĆ©cidive complexe. 83ā% (24) de ces patients ont fermĆ© leur fistule, alors que 17ā% (5) ont prĆ©sentĆ© une seconde rĆ©cidive.
Le LAR est une option intĆ©ressante pour la prise en charge d’une rĆ©cidive de fistule anale complexe. Un premier lambeau n’altĆØre pas les chances de guĆ©rison et n’augmente pas la morbiditĆ©. Un effet Ā«ādown-stagingāĀ», avec en particulier 24ā% de fistules simples aprĆØs un premier LAR, et une transformation des fistules complexes hautes (supra-sphinctĆ©riennes ou trans-sphinctĆ©riennes hautes) en basses de 16ā%, permettent une prise en charge plus aisĆ©e de ces rĆ©cidives (30).
NouveautƩs thƩrapeutiques des fistules anales
LIFT (Ligation inter-sphincterial of fistula tract)
Cette technique LIFT, dĆ©crite en 2007 par Rojanasakul (31), a gagnĆ© en popularitĆ© en raison de sa facilitĆ© dāāexĆ©cution et de la prĆ©servation de la continence. Cette technique consiste Ć dĆ©connecter lāāorifice primaire de la fistule du trajet au travers de lāāespace inter- sphinctĆ©rien en rĆ©sĆ©quant la zone de la glande infectĆ©e. Le taux de succĆØs varie de 40 Ć 90ā%. Les rĆ©cidives semblent dues au rĆ©sidu fistuleux laissĆ© en place. Cette technique garanti un succĆØs de 50ā% et aucune lĆ©sion du sphincter avec seulement 5.5ā% de complications post opĆ©ratoires (32). Contrairement au LAR, le nombre de rĆ©cidive augmente avec les rĆ©interventions par LIFT (33).
Le grand avantage du LIFT, par rapport à toutes ces nouvelles techniques, est son coût limité.
VAAFT (Video Assisted Anal Fistula Treatment)
Le trajet de la fistule est visionnĆ© par un endoscope pĆ©diatrique. Il est rincĆ©, curetĆ© puis, soit brĆ»lĆ©, soit rempli de colle de fibrine. Lāāorifice interne est fermĆ© par des fils ou une agrafeuse, ce qui augmente drastiquement le coĆ»t. Le taux de guĆ©rison se situe entre 58 et 87ā% (34,ā35).
Techniques dāāocclusion endo luminales
Injection de fibrine et de collagĆØne
Lāāutilisation de la colle de fibrine dans le traitement des fistules a Ć©tĆ© proposĆ©e en 1982 (36). Les premiers rĆ©sultats Ć©taient encourageants. La technique consiste Ć repĆ©rer le trajet fistuleux, le laver, le cureter. Lāāencollage se fait ensuite Ć lāāaide de colle de fibrine, de collagĆØne de colle biologique (37) ou synthĆ©tique par canulation du trajet de la fistule. La colle de fibrine, outre son effet occlusif, stimulerait selon les auteurs la cicatrisation du trajet fistuleux. Une Ć©tude prospective de Buchana (38) dĆ©montre un taux de succĆØs de 14ā%, 14 mois aprĆØs le traitement. Nous avons appliquĆ© la technique de lāāencollage en cas de fistules complexes comme les fistules urĆ©tro-rectales ou les fistules de Crohn. Dans ces conditions le taux de rĆ©cidive est de 60ā%, comparable Ć celui de la chirurgie avec lāāavantage dāāĆŖtre moins dĆ©lĆ©tĆØre (16).
Injection de cellules germinales autologues
Les cellules mĆ©senchymateuses adultes ont la capacitĆ© de se diffĆ©rencier. On peut les utiliser dans la rĆ©gĆ©nĆ©ration des tissus endommagĆ©s et donc dans les fistules. Quelques Ć©tudes toutes issues dāāEspagne prĆ©lĆØvent ces cellules par lipoaspiration du tissu adipeux. AprĆØs curetage de la fistule elles sont injectĆ©es dans le trajet et lāāorifice primaire est suturĆ©.
Si les rĆ©sultats sont mĆ©diocres (35ā% de succĆØs) pour les fistules crypto glandulaires, ils semblent encourageants pour les fistules de Crohn (39,ā40). Le facteur limitant reste le coĆ»t important de ces techniques.
Plug anal
Le plug anal est un composĆ© lyophilisĆ© issu de tissu porcin dĆ©nuĆ© de cellules. Ce tissu est placĆ© dans le trajet de la fistule aprĆØs avoir nettoyĆ© et dĆ©bridĆ© cette derniĆØre en le tractant Ć lāāaide dāāun fil. Son extrĆ©mitĆ© proximale de diamĆØtre supĆ©rieur est nouĆ©e au sphincter par un nÅud en 8. LāāextrĆ©mitĆ© distale plus fine est sectionnĆ©e au niveau de la peau Ć lāāorifice externe. Les rĆ©sultats encourageants des premiĆØres Ć©tudes nāāont malheureusement pas pu ĆŖtre reproduits, le taux de succĆØs est de 24ā% dans une Ć©tude randomisĆ©e comparant plug et LAR (29). Notre expĆ©rience reflĆØte parfaitement ces rĆ©sultats puisque nous avons placĆ©s 20 plugs avec 1 seul succĆØs.
Laser
Lāāapplication de laser endoluminal a pour but de dĆ©truire lāāĆ©pithĆ©lium rĆ©siduel responsable dāāune partie des rĆ©cidives. Ce laser devrait permettre une oblitĆ©ration thermique de la fistule Le succĆØs initial reportĆ© chez 11 patient est de 81ā% avec un suivi court de
7 mois (41). Une Ć©tude menĆ©e sur 35 patients porteurs de fistules de Crohn montre une guĆ©rison dans 71ā% des cas ce qui est trĆØs surprenant (42). Le guideline allemand sur les abcĆØs et fistules conclut dāāailleurs au sujet de ce traitement : Aucune recommandation ne peut ĆŖtre donnĆ©e en raison des rĆ©sultats actuels (15).
A ce jour, il est difficile de se faire une opinion objective sur ces nouvelles techniques. Beaucoup de questions restent sans rĆ©ponse incluant le bien fondĆ© et surtout les conflits dāāintĆ©rĆŖts Ć©vidents que gĆ©nĆØrent les coĆ»ts liĆ©s Ć ces traitements (43).
De toutes ces nouvelles techniques la seule qui échappe à ce raisonnement est le LIFT.
Conclusions
La pathologie abcédée de la région ano-rectale est extrêmement fréquente et doit être prise en charge sans délai. Son traitement consiste en un drainage chirurgical en urgence sous éventuelle couverture antibiotique. Il peut être réalisé dans la majorité des cas sous anesthésie locale.
Lorsque la phase aiguĆ« est passĆ©e, le ou les trajets fistuleux sont recherchĆ©s. La mise en place dāāun fil de sĆ©ton permet le drainage et gĆ©nĆØre la sclĆ©rose des fistules.
AprĆØs exclusion dāāune maladie sous-jacente ou fistulisante, il est procĆ©dĆ© au traitement chirurgical de la fistule. La technique est adaptĆ©e Ć la quantitĆ© de muscle sphincter mise en danger par lāāincision chirurgicale. De nombreuses techniques existent pour le traitement des fistules, ce qui dĆ©montre la complexitĆ© de cette maladie et la non reproductibilitĆ© des rĆ©sultats de ces traitements.
Dans ces conditions, les techniques classiques gardent toute leur valeur. Le LAR reste lāāintervention de rĆ©fĆ©rence pour traiter les fistules complexes. Le LIFT de par sa simplicitĆ©, son coĆ»t limitĆ© et ses rĆ©sultats encourageants pourrait jouer un rĆ“le important dans le futur du traitement des fistules. Les techniques dāāocclusions sont sĆ©duisantes mais pour lāāinstant les rĆ©sultats sont insuffisants, surtout si on considĆØre le rapport coĆ»t qualitĆ©.
Pour toutes ces raisons, il reste important dāāadapter la technique chirurgicale au type de fistule Ć traiter et non la fistule Ć la technique chirurgicale.
Dr Karel Skala
Pr Roland Chautems
Dr Guillaume Zufferey
Centre de proctopƩrinƩologie Clinique des Grangettes
chemin des Grangettes 7
1224 ChĆŖne-Bougeries
bruno.roche@grangettes.ch
Les auteurs nāont dĆ©clarĆ© aucun conflit dāintĆ©rĆŖts en relation avec cet article.
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