L’ environnement enrichi en institution gĆ©riatrique

Le vieillissement de population fait converger vers les institutions gĆ©riatriques un nombre croissant de personnes Ć¢gĆ©es prĆ©sentant des fragilitĆ©s, des polypathologies et une dĆ©pendance qui affectent leur santĆ© et leur qualitĆ© de vie. L’ environnement physique du rĆ©sident Ć¢gĆ© a Ć©tĆ© dĆ©crit comme un facteur susceptible d’ influencer de faƧon significative sur son bien-ĆŖtre. Il manque cependant de recommandations prĆ©cises et scientifiquement validĆ©es pour y contribuer. L’ environnement enrichi (EE), a mis en Ć©vidence sur le modĆØle murin, son effet positif sur la plasticitĆ© cĆ©rĆ©brale ainsi que sur de nombreux marqueurs fonctionnels de santĆ© avec un intĆ©rĆŖt majeur pour la gĆ©riatrie. La transposition de l’ EE aux institutions gĆ©riatriques initiĆ©e depuis 10 ans, prĆ©sente dĆ©jĆ  des rĆ©sultats prometteurs en favorisant la santĆ© et le bien-ĆŖtre des rĆ©sidents.

The population’ s ageing is leading to a growing number of people entering geriatric care, with frailties, polypathologies and dependency affecting their health and quality of life. The physical environment of residents has been described as a factor likely to influence their well-being significantly. However, there is a lack of accurate, scientifically-validated recommendations to help achieve this. The enriched environment (EE) has proven its positive effect on cerebral plasticity and numerous functional health markers in murine models, and is of major interest to geriatric medicine. The transposition of EE to geriatric institutions, initiated 10 years ago, is already showing promising results in promoting the health and well-being of residents.
Key words: gerontology, geriatric care, frailty, polypathologies, quality of life

Contexte

L’ accroissement continu de la part de la population Ć¢gĆ©e liĆ© Ć  la transition dĆ©mographique, s’ accompagne de besoins importants pour la prise en charge par les institutions gĆ©riatriques de fragilitĆ©s, de polypathologies chroniques et de niveaux de dĆ©pendance Ć©levĆ©s (1). De fortes attentes sociĆ©tales s’ expriment pour offrir Ć  ces personnes Ć¢gĆ©es des rĆ©ponses adaptĆ©es susceptibles d’ assurer leur santĆ© et leur qualitĆ© de vie. Il existe depuis les origines, une conviction que l’ environnement et la santĆ© sont Ć©troitement liĆ©s (2). L’ homme considĆØre aujourd’ hui comme une Ć©vidence que sa relation Ć  l’ environnement est essentielle pour prĆ©server sa santĆ©. Cette relation avec l’ environnement s’ est construite principalement dans l’ objectif de le prĆ©server de nuisances potentielles. Le rapport de l’ Organisation mondiale de la SantĆ© (OMS) sur le vieillissement (3) dĆ©clare qu ’ «un milieu physique adaptĆ© peut faire toute la diffĆ©rence entre indĆ©pendance et dĆ©pendance pour tous les individus, mais il revĆŖt une importance particuliĆØre pour les personnes Ć¢gĆ©esĀ». Il convient de citer les nombreux travaux de recherches conduits par des Ć©quipes engagĆ©es sur la question, tels que Lawton (4), Marquardt (5), Zeisel (6), Fleming (7) ou Sloane (8) pour n’ en mentionner que quelques-uns. Si ces recherches ont permis de faire Ć©merger des lignes directrices utiles, elles s’ inscrivent dans la dĆ©marche traditionnelle Ć  savoir Ā«comment amĆ©nager l’ environnement afin qu’ il n’ amplifie pas les troubles et fragilitĆ©s observĆ©es chez la personne Ć¢gĆ©e en particulier lorsqu’ elle est atteinte de dĆ©mence.
Une relation avec l’ environnement susceptible d’ amĆ©liorer la santĆ© humaine est une idĆ©e dĆ©veloppĆ©e par Antonovsky (9) en 1979 Ć  travers sa thĆ©orie intitulĆ©e SalutogenĆØse. Ce changement de paradigme où l’ environnement ne serait plus seulement un facteur dont il faut se prĆ©server mais deviendrait promoteur de la santĆ© constitue en soi une approche innovante dont la mise en œuvre peine Ć  se dĆ©velopper dans les institutions gĆ©riatriques.

L’ environnement enrichi et le modĆØle murin

Nos travaux ont pris pour inspiration la richesse extraordinaire de connaissances dĆ©veloppĆ©es par les recherches en neurosciences sur l’ environnement enrichi. D. Hebb (10) dans ses travaux pionniers en 1949, a dĆ©veloppĆ© le concept d’ environnement enrichi dĆ©crivant la relation entre l’ environnement et la plasticitĆ© cĆ©rĆ©brale. Ces recherches se sont poursuivies pendant des dĆ©cennies en produisant des connaissances d’ un intĆ©rĆŖt majeur en particulier en gĆ©riatrie. De nombreuses publications ont mis en Ć©vidence les avantages de l’ enrichissement environnemental (EE) en tant que stimulation significative de l’ anatomie et de la physiologie du cortex cĆ©rĆ©bral, aux niveaux biochimiques et molĆ©culaires, prĆ©venant ou inversant les dĆ©ficits liĆ©s au vieillissement (11) (12) (13) (14). Des protocoles robustes et normalisĆ©s ont permis d’ étudier diversement les effets de l’ EE sur diverses maladies et troubles liĆ©s Ć  l’ âge sur le modĆØle murin, ce qui suggĆØre que celui-ci pourrait former une rĆ©ponse valable Ć  de nombreux problĆØmes de santĆ© chez l’ homme.

Transposition de l’ EE en institution gĆ©riatrique

Depuis plus de 10 ans, des Ć©tudes cliniques menĆ©es Ć  l’ hĆ“pital universitaire Charles Foix ont confirmĆ© la validitĆ© de la transposition Ć  l’ humain de ces travaux jusque-lĆ  rĆ©servĆ©s aux neurosciences.

Premières études sur le jardin enrichi

Les premiĆØres transpositions du concept d’ EE ont Ć©tĆ© effectuĆ©es sur les espaces extĆ©rieurs d’ institution gĆ©riatrique – du fait de la moindre pression des normes architecturales et des coĆ»ts plus rĆ©duits de l’ amĆ©nagement d’ un dispositif expĆ©rimental. C’ est ainsi qu’ a Ć©tĆ© dĆ©crit le concept de Ā«jardin enrichiĀ»(15). Ce concept de jardin enrichi intĆ©grait un changement de paradigme majeur en plaƧant le patient au centre de la conception et en confiant Ć  l’ environnement des missions spĆ©cifiques de promotion de la santĆ© et de bien-ĆŖtre des patients accueillis.

L’ enrichissement du jardin se forme par l’ amĆ©nagement de Ā«modulesĀ» spĆ©cifiques constituant la matiĆØre active du jardin. Ils ont Ć©tĆ© conƧus en fonction d’ objectifs thĆ©rapeutiques prĆ©cis correspondants aux troubles et fragilitĆ©s observĆ©s parmi les rĆ©sidents (troubles cognitifs, du comportement, de l’ humeur, perte d’ indĆ©pendance …) Les interactions que le rĆ©sident Ć©tablit spontanĆ©ment avec ces modules participent de stimulations cognitivo- comportementales et sensorielles destinĆ©es Ć  produire des effets bĆ©nĆ©fiques sur sa santĆ©. Reprenant les principes dĆ©crits dans les Ć©tudes sur le modĆØle murin, l’ EE est associĆ© Ć  des interactions rĆ©guliĆØres du visiteur (env. 4 fois / semaine) et un renouvellement rĆ©gulier des modules d’ enrichissement.

Le jardin enrichi est un dispositif expĆ©rimental visant Ć  Ć©valuer par la transposition Ć  la personne Ć¢gĆ©e du concept d’ EE, les liens entre l’ environnement physique avec la santĆ© et le bien-ĆŖtre des rĆ©sidents.

Les Ć©tudes sur le Ā«jardin enrichiĀ» ont Ć©galement explorĆ© la notion d’ appropriation spatiale par le rĆ©sident (16) – une dimension essentielle dans le contexte d’ un Ć©vĆ©nement majeur dans un parcours de vie, reliĆ©e au sentiment d’ être chez soi et fondateur de la construction de l’ identitĆ© de chaque individu. Nos observations, davantage que de valider la logique domiciliaire actuellement trĆØs dĆ©fendue dans les projets architecturaux, ont soulignĆ© plusieurs mĆ©diateurs dĆ©terminants de l’ appropriation spatiale. Il convient de mentionner l’ esthĆ©tique de l’ espace suggĆ©rant la fiertĆ© d’ y rĆ©sider, la convivialitĆ© et le sentiment de libertĆ© s’ écartant de la pression de la vie en collectivitĆ© et enfin la possibilitĆ© d’ y laisser librement une trace ou son empreinte.

Les Ć©tudes cliniques multicentriques, randomisĆ©es et contrĆ“lĆ©es conduites par notre Ć©quipe sur le concept de jardin enrichi sur des populations atteintes de la maladie d’ Alzheimer Ć  un stade avancĆ© ont mis en Ć©vidence une relation significative entre sa frĆ©quentation rĆ©guliĆØre et la rĆ©cupĆ©ration de capacitĆ© cognitive, l’ amĆ©lioration de l’ indĆ©pendance fonctionnelle, les troubles perturbateurs du comportement et la prĆ©vention des chutes. Ces Ć©tudes ont consistĆ© Ć  recruter des rĆ©sidents en institution gĆ©riatrique prĆ©sentant un diagnostic confirmĆ© de la maladie d’ Alzheimer Ć  un stade avancĆ© (10<MMSE< 20) disposant d’ une autonomie suffisante Ć  la marche pour frĆ©quenter un jardin sans aide humaine et ne souffrant pas de troubles majeurs perturbateurs du comportement (17).

Les participants étaient répartis en plusieurs groupes: contrÓle, fréquentant un jardin sensoriel ou un jardin enrichi. Cette fréquentation était motivée par des incitations régulières par les professionnels de santé.

Les rĆ©sultats ont mis en Ć©vidence que les groupes Ā«contrĆ“leĀ» et Ā«jardin sensorielĀ» prĆ©sentaient Ć  l’ issue de l’ intervention des profils identiques sur les marqueurs fonctionnels suivants: MMSE, ADL, CMAI, station unipodale, test UpnGo. Le groupe Ā«jardin enrichiĀ» se caractĆ©risait systĆ©matiquement par une amĆ©lioration significative de ces scores par rapport aux autres groupes d’ une part et par rapport aux mesures faites au dĆ©marrage de l’ étude.

Travaux en cours et perspectives

De nombreux travaux complĆ©mentaires restent Ć  rĆ©aliser afin de rĆ©duire les risques de biais observĆ©s dans ces Ć©tudes pilotes. Ces rĆ©sultats ouvrent la voie Ć  une transposition plus large des connaissances acquises par les neurosciences sur l’ EE. Daffner et al (18) soulignent que les Ć©tudes sur l’ EE sur le modĆØle murin peuvent aider Ć  identifier les facteurs favorisant un vieillissement rĆ©ussi. En effet, ces Ć©tudes sur l’ influence de l’ EE sur les marqueurs fonctionnels liĆ©s Ć  l’ âge ont prĆ©sentĆ© des effets significatifs et bĆ©nĆ©fiques sur la dĆ©pression, l’ anxiĆ©tĆ©, les troubles du comportement, la dĆ©sorientation spatiale, la mĆ©moire spatiale et la mĆ©moire de travail, les troubles du sommeil et de la nutrition, l’ indĆ©pendance fonctionnelle et la prĆ©servation des relations sociales.

Les Ć©tudes complĆ©mentaires en cours visent Ć  Ć©tendre le concept d’ environnement enrichi Ć  l’ ensemble des espaces des institutions gĆ©riatriques – notamment l’ architecture gĆ©nĆ©rale de l’ établissement, les espaces collectifs et individuels, les espaces extĆ©rieurs. L’ enrichissement de l’ environnement permet ainsi d’ ajuster une action de promotion de la santĆ© et du bien-ĆŖtre par l’ intĆ©gration et le renouvellement des Ā«modules d’ enrichissementĀ» en fonction du tableau clinique des rĆ©sidents. Il en est ainsi du projet de rĆ©novation de l’ hĆ“pital gĆ©riatrique du Centre Hospitalier de la MĆ©tropole de Savoie (CHMS) Ć  Aix les Bains (France).

Il convient aussi de renforcer les connaissances sur la notion d’ appropriation spatiale. L’ ensemble de ces efforts s’ inscrivent dans une vision salutogĆ©nique plus large visant produire des recommandations basĆ©es sur des connaissances scientifiques solides, pour l’ environnement d’ institution gĆ©riatrique dans lequel le rĆ©sident se sente chez lui et favorisant la prĆ©servation et la promotion de la santĆ© et de la qualitĆ© de vie de la personne Ć¢gĆ©e.

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Dr Etienne Bourdon

PhD SantĆ© publique –
MSc GĆ©rontologie – PsychogĆ©riatrie
HƓpital gƩriatrique Charles Foix-
Assistance Publique HƓpitaux de Paris (APHP)
Laboratoire Ɖducation et Promotion de la SantĆ© (LEPS UR 3412)
UniversitƩ Sorbonne Paris Nord
etienne.bourdon-ext@aphp.fr

etiennepbourdon@gmail.com

L’ auteur ne prĆ©sente aucun conflit d’ intĆ©rĆŖt avec le sujet prĆ©sentĆ© dans cet article

La richesse des connaissances acquises sur la capacitĆ© de l’ environnement enrichi Ć  agir positivement sur le cortex cĆ©rĆ©bral et les marqueurs fonctionnels de santĆ© prĆ©sente un intĆ©rĆŖt pour la gĆ©riatrie. Les premiers travaux de transposition de l’ EE Ć  l’ environnement des institutions gĆ©riatriques donnent des perspectives trĆØs encourageantes

1. Belmin J, Chassagne P, Friocourt P. Gériatrie (collection Pour le praticien 4ème édition). Elsevier Masson. Issy les Moulineaux; 2023. 939 p.
2. Berridge V. Environment, health and history. Basingstoke: Palgrave Macmillan; 2012.
3. World Health Organization. World report on ageing and Health.pdf [Internet]. GenĆØve: WHO; 2015 p. 260. Disponible sur: http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/186463/9789240694811_eng.pdf
4. Lawton MP. The elderly in context: Perspectives from environmental psychology and gerontology. Environ Behav. 1985;17(4):501‑19.
5. Marquardt G, Schmieg P. Dementia-friendly architecture. Environments that facilitate wayfinding in nursing homes. Z Gerontol Geriatr. 2009;42(5):402‑7.
6. Zeisel J. Environmental design effects on Alzheimer symptoms in long-term care residences. World Hosp Health Serv Off J Int Hosp Fed. 2000;36(3):27‑31, 36, 38.
7. Fleming R, Goodenough B, Low LF, Chenoweth L, Brodaty H. The relationship between the quality of the built environment and the quality of life of people with dementia in residential care. Dement Lond Engl. 2016;15(4):663‑80.
8. Sloane PD, Williams CS, Mitchell CM, Preisser JS, Wood W, Barrick AL, et al. High-intensity environmental light in dementia: effect on sleep and activity. J Am Geriatr Soc. oct 2007;55(10):1524‑33.
9. Mittelmark MB, Bauer GF, Vaandrager L, Pelikan JM, Sagy S, Eriksson M, et al., Ʃditeurs. The handbook of Salutogenesis [Internet]. Cham: Springer International Publishing; 2022. Disponible sur: https://link.springer.com/10.1007/978-3-030-79515-3
10. Hebb D. The organization of behavior; a neuropsychological theory. New-York: Wiley; 1949.
11. Diamond MC, Krech D, Rosenzweig MR. The effects of an enriched environment on the histology of the rat cerebral cortex. J Comp Neurol. 1964;123(1):111‑9.
12. Berardi N, Braschi C, Capsoni S, Cattaneo A, Maffei L. Environmental enrichment delays the onset of memory deficits and reduces neuropathological hallmarks in a mouse model of Alzheimer-like neurodegeneration. J Alzheimers Dis. 2007;11(3):359‑70.
13. Faherty CJ, Raviie Shepherd K, Herasimtschuk A, Smeyne RJ. Environmental enrichment in adulthood eliminates neuronal death in experimental Parkinsonism. Mol Brain Res. 2005;134(1):170‑9.
14. van Gool WA, Mirmiran M. Effects of aging and housing in an enriched environment on sleep-wake patterns in rats. Sleep. 1986;9(2):335‑47.
15. Bourdon E, Belmin J. Le concept de jardin enrichi, une innovation en gƩriatrie. Soins Gerontol. 2022;27(157).
16. Bourdon E, Belmin J. L’ appropriation de l’ espace par le rĆ©sident en institution gĆ©riatrique : une Ć©tude qualitative sur le jardin enrichi en Ehpad. NPG Neurol – Psychiatr – GĆ©riatrie. 2022;(24).
17. Bourdon E, Belmin J. Enriched gardens improve cognition and independence of nursing home residents with dementia: a pilot controlled trial. Alzheimers Res Ther. 2021;13:116.
18. Daffner KR. Promoting successful cognitive aging: A comprehensive review. J Alzheimers Dis. 11 mars 2010;19(4):1101‑22.

Cœur et obĆ©sitĆ©

Based on a session with three very informative presentations at this year’s 90th Annual Meeting of the DGK in Mannheim and good publications on this highly topical subject, we would like to provide a brief summary. Obesity, a chronically progressive disease, is a major health problem today and in the near future, particularly in cardiovascular medicine. However, it also has metabolic, oncolog¬ical and other medical implications. It is therefore an enormous challenge for patients, doctors and the healthcare system.
Key words: Adipositas, Cardiovascular disease and Mortality, Semaglutide, Weight reduction, HFpEF

L’obĆ©sitĆ© est une comorbiditĆ© cardiologique importante. Elle augmente de maniĆØre disproportionnĆ©e dans le monde entier. En 2022, les personnes obĆØses Ć©taient selon l’OFSP, 12 % de la population suisse Ć©tait obĆØse ; en tenant compte en outre de la surcharge pondĆ©rale, ce chiffre Ć©tait de 43 %. En l’espace de 30 ans, la proportion de personnes obĆØses a doublĆ© en Suisse. Au cours des 35 derniĆØres annĆ©es (1980–2015), la prĆ©valence a augmentĆ© dans plus de 70 pays, chez les femmes comme chez les hommes. (1). Parmi les dĆ©cĆØs associĆ©s Ć  l’obĆ©sitĆ©, surtout les maladies cardiovasculaires ont fortement augmentĆ©, avec 41 %.

Aujourd’hui, une personne sur huit est obĆØse. En 2035, plus de la moitiĆ© de la population mondiale sera probablement en surpoids ou obĆØse. Selon une trĆØs grande Ć©tude de cohorte amĆ©ricaine, le surpoids/l’obĆ©sitĆ© augmente le risque cardiovasculaire avec une augmentation des accidents vasculaires cĆ©rĆ©braux, l’infarctus du myocarde,l’ insuffisance cardiaque et les dĆ©cĆØs cardiovasculaires.

Selon l’OMS, l’obĆ©sitĆ© correspond Ć  un IMC ≄30 kg/m2. L’ IMC varie en fonction du sexe, de l’âge et de l’ethnie. Le problĆØme est l’accumulation viscĆ©rale de graisse, c’est pourquoi le tour de taille est Ć©galement discutĆ© comme mesure. L’IMC est bien corrĆ©lĆ© Ć  la graisse corporelle totale. Ainsi, il reste pour l’instant toujours comme mesure. Les maladies cardiovasculaires occupent la premiĆØre place des maladies non infectieuses dans le monde, avec environ 6.5 %.

Outre les facteurs de risque non modifiables (Ć¢ge, sexe, gĆ©nĆ©tique, ethnicitĆ©), il y a les facteurs de risque modifiables. Il s’agit de l’ hypertension, l’hyperlipidĆ©mie, l’obĆ©sitĆ©, le diabĆØte sucrĆ© de type 2 (DT2), le tabagisme et l’inactivitĆ© physique. Plus de 50 % du risque cardiovasculaire peut ĆŖtre influencĆ© par ces facteurs. En prĆ©vention primaire, l’hypertension est le principal facteur de risque modifiable.

L’obĆ©sitĆ© est associĆ©e Ć  ces facteurs de risque cardiovasculaires, elle favorise certains d’entre eux. Cinq facteurs de risque cardiovasculaire modifiables sont associĆ©s aux maladies cardiovasculaires et les dĆ©cĆØs de toute origine (l’indice de masse corporelle, la pression artĆ©rielle systolique, le cholestĆ©rol non-HDL, le tabagisme et le diabĆØte). Les donnĆ©es d’une cohorte mondiale ont montrĆ© que 57.2 % et 52.6 % des cas de maladies cardiovasculaires, chez les femmes et les hommes, respectivement, et 22.2 % respectivement 19.1 % des dĆ©cĆØs de toute cause sont liĆ©s Ć  ces facteurs de risque (3).

En ce qui concerne l’hypertension la rĆ©duction du poids corporel est un objectif thĆ©rapeutique important, qui peut ĆŖtre atteint en premier lieu par l’exercice physique et la modification de l’alimentation. Les lignes directrices mettent l’accent sur une perte de poids. Par kg de perte de poids chez les personnes en surpoids (IMC ≄25 kg/m2) ou obĆØse (IMC ≄30) une baisse de la pression artĆ©rielle systolique de 0,5 Ć  2 mmHg peut ĆŖtre attendue.

Sur le plan physiopathologique, il se produit dans le tissu adipeux viscĆ©ral une dans le cas d’adipocytes hypertrophiĆ©s, une inflammation systĆ©mique avec augmentation de l’interleukine 6 et de l’IL-β et d’autres cytokines et du TNF-α. Cela conduit Ć  un dysfonctionnement endothĆ©lial, une oxydation des LDL avec dyslipidĆ©mie, la formation de plaques et des Ć©vĆ©nements cardiovasculaires ultĆ©rieurs. De plus, il en rĆ©sulte une rĆ©sistance Ć  l’insuline et une diminution de la sĆ©crĆ©tion d’insuline avec un diabĆØte sucrĆ© de type 2 (DT2) (Fig. 1) (4). Les cancers gastrointestinaux sont plus frĆ©quents en cas d’obĆ©sitĆ©. Il convient de mentionner la stĆ©atose hĆ©patique non alcoolique et d’autres affections internes, neurologiques, psychiques et orthopĆ©diques (5). L’obĆ©sitĆ© est aujourd’hui reconnue comme une maladie chronique et Ć©volutive.

Pour la prĆ©vention, il y a la forme individuelle et la forme basĆ©e sur la population. Dans le premier cas, les mesures relatives au mode de vie (activitĆ© physique, rĆ©duction du poids, alimentation saine Ć  faible teneur en Ć©nergie) et des interventions spĆ©cifiques sont au premier plan. D’autres facteurs de risque cardiovasculaire sont Ć  Ć©viter. Dans la deuxiĆØme forme, des mesures supplĆ©mentaires liĆ©es Ć  l’environnement et des dĆ©cisions de la politique sont nĆ©cessaires. Un taux significatif de perte de poids de ≄ 5–10 % est nĆ©cessaire pour un effet cardiovasculaire protecteur. Jusqu’à rĆ©cemment, cela n’était atteint que par la chirurgie bariatrique. Dans une trĆØs grande Ć©tude de cohorte menĆ©e aux Ɖtats-Unis, il a Ć©tĆ© possible de rĆ©duire les facteurs de risque cardiovasculaire de maniĆØre significative en 4 Ć  7 ans (dĆ©cĆØs, IDM, HI, AVC) (6).

Avec les GLP1-RA, nous disposons aujourd’hui d’un mĆ©dicament, qui, en tant qu’antidiabĆ©tique, entraĆ®ne Ć©galement une rĆ©duction significative du poids. Les GLP1-RA imitent l’action des hormones endogĆØnes GLP-1 et du peptide insulinotrope dĆ©pendant du glucose (GIP); en cas de DT2, leur sĆ©crĆ©tion est rĆ©duite, ce qui entraĆ®ne une rĆ©duction de l’ effet incrĆ©tin, c’est-Ć -dire un effet hypoglycĆ©miant (Fig. 2) (7, 8).

Dans l’étude STEP-4 une rĆ©duction de poids de 18 % a Ć©tĆ© obtenue aprĆØs 68 semaines chez 902 patients plus jeunes avec un IMC moyen de 38 kg/m2, qui Ć©taient traitĆ©s avec une dose de 2.4 mg de sĆ©maglutide 1x/semaine sc. Lorsque le mĆ©dicament Ć©tait arrĆŖtĆ© aprĆØs 20 semaines, le taux de glycĆ©mie est reparti Ć  la hausse et le poids a de nouveau augmentĆ© (9).

Dans l’étude SUSTAIN-6 sur le DT2 et les patients Ć  trĆØs haut risque cardiovasculaire, la substance, administrĆ©e Ć  une dose plus faible de 0.5 ou 1 mg 1 x /semaine sc pendant 2 ans, protĆØge contre les Ć©vĆ©nements cardiovasculaires avec un taux de 74 % (dĆ©cĆØs cardiovasculaire, IDM, AVC) avec un HR de 0.74. On a Ć©galement observĆ© une baisse significative de l’HbA1c et du poids corporel (10). Chez les patients avec DT2 et ceux Ć  trĆØs haut risque cardiovasculaire, l’insuline protĆØge contre les Ć  des doses plus faibles de 0.5 et 1 mg 1 x /semaine sc pendant 2 ans contre les Ć©vĆ©nements cardiovasculaires (dĆ©cĆØs cardiovasculaire, infarctus du myocarde, AVC) avec un HR de 0.74. Il y a eu Ć©galement une baisse significative de l’HbA1c et du poids corporel (10).

Dans l’étude SELECT, chez 17 604 patients obĆØses non diabĆ©tiques souffrant de maladies cardiovasculaires (ASCVD) et prĆ©sentant un IMC ≄27, IMC moyen de 33 kg/m2, le taux d’évĆØnements aprĆØs 3.2 ans avec titration de la dose de 2.4 mg 1x/semaine sc. de sĆ©maglutide a Ć©tĆ© rĆ©duit de 20 %. Il y a eu significativement moins de dĆ©cĆØs cardiovasculaire, d’infarctus du myocarde non fatals et d’accidents vasculaires cĆ©rĆ©braux non fatals et moins d’hospitalisations pour insuffisance cardiaque Ć  40 mois. La perte de poids a Ć©tĆ© de –8.5 %, le tour de taille a diminuĆ© de 7.6 %. Une observation trĆØs intĆ©ressante Ć©tait que l’effet protecteur, indĆ©pendamment du poids initial, du prĆ©diabĆØte, du DFG, de l’insuffisance cardiaque, a Ć©tĆ© trĆØs rapide (24 %), ce qui ne pouvait pas ĆŖtre expliquĆ© par la perte de poids. On suppose que l’inflammation systĆ©mique est rapidement rĆ©duite et que les Ć©vĆØnements cardiovasculaires sont influencĆ©s positivement chez tous dĆØs la phase prĆ©coce.
La hs-CRP a diminuĆ© de 37.8 %, la pression artĆ©rielle de 3.3 mmHg (rĆ©duction du poids) et du LDL de 2.2 %. Les effets secondaires gastro-intestinaux et hĆ©patobiliaires Ć©taient nettement plus prononcĆ©s que le placebo, avec 16.6 % contre 8.2 %. Ceux-ci peuvent ĆŖtre traitĆ©s par des mesures individuelles et une augmentation lente de la dose peuvent souvent ĆŖtre rĆ©duits (11). Les donnĆ©es manquent chez les jeunes obĆØses en bonne santĆ©. Ā«SELECTĀ» identifie pour la premiĆØre fois l’obĆ©sitĆ© comme un facteur de risque cardiovasculaire traitable, ouvrant ainsi la voie Ć  un nouveau domaine pour la cardiologie. La rĆ©duction des dĆ©cĆØs, des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cĆ©rĆ©braux grĆ¢ce Ć  la sĆ©maglutide a Ć©tĆ© observĆ©e, en plus d’un bon traitement conforme aux lignes directrices.

Les rĆ©sultats Ć©taient cohĆ©rents dans tous les sous-groupes. Ā«Il est notamment intĆ©ressant de constater que les patients du groupe IMC faible de 27–30 kg/m2 ont au moins autant profitĆ© de l’expĆ©rience, voire mĆŖme plus fortementĀ», a Ć©crit le Prof.Laufs (Leipzig) en novembre 2023 dans Ā«HerzmedizinĀ» de la Soc. Allemande de Cardiologie.

Depuis plus de 20 ans, nous savons que l’obĆ©sitĆ© est associĆ©e Ć  l’insuffisance cardiaque (IC), en particulier Ć  la HFpEF en prĆ©sence de nombreuses comorbiditĆ©s. Le plus souvent une hypertension dans 60 Ć  80 % des cas, un Ć¢ge avancĆ©, une maladie coronarienne, le sexe fĆ©minin, une incompĆ©tence chronotrope, l’obĆ©sitĆ© dans 30–40 % et bien d’autres. L’obĆ©sitĆ© aggrave les symptĆ“mes de l’IC, la qualitĆ© de vie et le pronostic (12). Sur le plan pathophysiologique, on observe un dysfonctionnement diastolique avec diminution de l’élasticitĆ© du ventricule avec une diminution de la compliance. On constate une augmentation de la rĆ©sistance vasculaire pulmonaire avec des valeurs de pression pulmonaire Ć©levĆ©es, y compris VR et RA, et des pressions de remplissage Ć©levĆ©es. Avec le temps, un dysfonctionnement du VR apparaĆ®t. Les patients avec HFpEF obĆØses ont une valeur BNP/NT-pro-BNP plus basse que les personnes de poids normal pour une pression de Wedge identique. ƀ l’effort, baisse de l’indice cardiaque et augmentation disproportionnĆ©e des valeurs de pression/pression de remplissage pulmonaire. En particulier chez les femmes ayant un infarctus du myocarde, le volume sanguin est Ć©galement augmentĆ©. Le tissu adipeux pĆ©ricardique a un effet restrictif. Cliniquement, œdĆØmes pĆ©riphĆ©riques, orthopnĆ©e et dyspnĆ©e d’effort, augmentation du NT-pro BNP (12, 13). AprĆØs une chirurgie bariatrique, il y a, selon une Ć©tude suĆ©doise avec 2 registres sur prĆØs de 40 000 patients un nombre de cas d’insuffisance cardiaque nettement infĆ©rieur Ć  celui observĆ© lors d’un changement de rĆ©gime intensif du mode de vie (14).
Dans l’étude STEP-HFpEF, il a Ć©tĆ© possible, chez 529 patients bien prĆ©traitĆ©s par des mĆ©dicaments, sans DT2 (encore sans SGLT2-I., seulement 3.6 %) avec un Ć¢ge moyen de 69 ans et une FEVG ≄ 45 % avec un IMC ≄ 30 kg/m2 (mĆ©diane 37) avec une HFpEF (NYHA II-IV), une limitation de la qualitĆ© de vie et des antĆ©cĆ©dents cardiovasculaires. Tous les patients en ont bĆ©nĆ©ficiĆ©, indĆ©pendamment de leur infarctus du myocarde de dĆ©part. Le bĆ©nĆ©fice Ć©tait particuliĆØrement marquĆ© en cas de perte de poids importante. Les femmes Ć©taient globalement plus affectĆ©es et prĆ©sentaient une amĆ©lioration subjective plus importante – cf. physiopathologie. Outre la rĆ©duction de la hs-CRP, le NT-pro-BNP (–16 %) a Ć©galement Ć©tĆ© nettement rĆ©duit (15). Le sĆ©maglutide reprĆ©sente une nouvelle option thĆ©rapeutique prĆ©cieuse pour le traitement des patients avec HFpEF et obĆ©sitĆ©.

Dans l’étude STEP-HFpEF DM prĆ©sentĆ©e Ć  l’ACC 2024, menĆ©e auprĆØs de 616 patients prĆ©sentant une HFpEF en cas d’obĆ©sitĆ© et un DT2, une rĆ©duction de poids de moins 6.4 % et une nette amĆ©lioration de la qualitĆ© de vie ont Ć©tĆ© obtenues sur une pĆ©riode de 52 semaines. Le NT-pro BNP a Ć©tĆ© rĆ©duit de 23.2 %, l’HbA1c a diminuĆ© de 0.7 %; ceci avec une titration de la dose sur 16 semaines Ć  2.4 mg de sĆ©maglutide 1 x/semaine sc. 33 % avaient en plus un inhibiteur du SGLT2 (16).

Copyright Aerzteverlag medinfo AG

Cet article est une traduction de Ā«der informierte arzt – die informierte ƤrztinĀ» 05_2024.

Dr Urs Dürst

Zelglistrasse 17
8127 Forch

L‘ auteur n’a pas dĆ©clarĆ© de conflit d’intĆ©rĆŖts en rapport avec cet article.

  • L’obĆ©sitĆ© en tant que comorbiditĆ© cardiovasculaire continue de Ā­progresser et est en forte augmentation.
  • Outre les maladies cv ischĆ©miques, l’obĆ©sitĆ© favorise Ć©galement le dĆ©veloppement d’une FPF.
  • Le dĆ©veloppement d’une HFpEF et d’une fibrillation auriculaire;
    30 Ć  40 % des patients HFpEF prĆ©sentent une obĆ©sitĆ©. Ces derniers prĆ©sentent des caractĆ©ristiques modifications hĆ©modynamiques dĆ©favorables (femmes > hommes).
  • Une rĆ©duction substantielle du poids de ≄ 5–10 % chez les patients obĆØses ASCVD a entraĆ®nĆ© une rĆ©duction du taux d’évĆ©nements
    cv (Ć©tude SELECT). Possiblement par le biais d’une rĆ©duction de Ā­l’inflammation au-delĆ  de la perte de poids proprement dite.
  • Chez les patients souffrant d’HFpEF et d’obĆ©sitĆ©, le GLP1-RA est associĆ© Ć  la sĆ©lĆ©nite.
  • Le sĆ©maglutide est associĆ© Ć  une amĆ©lioration plus importante des symptĆ“mes, des performances et de la qualitĆ© de vie, avec une Ā­amĆ©lioration significative, une rĆ©duction du poids et de l’inflammation par rapport au placebo.
  • Un traitement Ć  long terme est nĆ©cessaire avec le sĆ©maglutide; les effets indĆ©sirables les plus frĆ©quents sont gastro-intestinaux.
  • Le remboursement des coĆ»ts Ć©levĆ©s d’OzempicĀ®, WegovyĀ®, etc. doit ĆŖtre clarifiĆ© individuellement – voir la liste des spĆ©cialitĆ©s de l’OFSP.

1. The GBD 2015 Obesity Collaborators, Health effects of overweight and obesity in 195 countries over 25 years, N Engl J Med 2017;377:13–27, DOI: 10.1056/NEJMoa1614362
2. Khan S.S. et al., Association of body mass index with lifetime risk of cardiovascular disease and compression of morbidity, JAMA Cardiol. 2018 Apr 1; 3(4):280–287, doi: 10.1001/jamacardio.2018.0022
3. GCRC, Global Effect of Modifiable Risk Factors on Cadovascular Disease and Mortality, N Engl J Med 2023;389:1273–1285, DOI: 10.1056/NEJMoa2206916
4. Yao L. et al., Roles of the Chemokine System in Development of Obesity, Insulin Resistance, and Cardiovascular Disease, Journal of Immunology Research Volume 2014, Article ID 181450, 11 pages http://dx.doi.org/10.1155/2014/181450
5. Müller T.D. et al., Adipositastherapie – werden Pharmakotherapien die Alternative zur metabolischen Chirurgie sein?, Innere Medizin 2023, 64 : 629–635
6. Mentias A. et al., Long-term cardiovascular outcomes after bariatric surgery in the Medicare population, JACC 19. April 2022; 79(15):1429–1437, doi: 10.1016/j.jacc.2022.01.047
7. Vontobel J. et al., Diabetes + HerzĀ» – 2023 ESC-Guideline: ein Summary, info@herz+gefƤss, Vol.14, 02, Ausgabe April, S.:10–15
8. Drucker D. et al.,The Cardiovascular Biology of Glucagon-like Peptide-1, Cell Metab 2016;24(1):15–30
9. Rubino D. et al., Effect of Continued Weekly Subcutaneous Semaglutide vs Placebo on Weight Loss Maintenance in Adults With Overweight or Obesity: The STEP 4 Randomized Clinical Trial, JAMA 2021 Apr 13;325(14):1414–1425. doi: 10.1001/jama.2021.3224
10. Marso S.P. et al., Semaglutide and Cardiovascular Outcomes in Patients with Type 2 Diabetes, N Engl J Med 2016 Nov 10;375(19):1834–1844. doi: 10.1056/NEJMoa1607141. Epub 2016 Sep 15
11. Lincoff A.M. et al., Semaglutid and Casrdiovascular Outcomes in Obesity without Diabetes, N Engl J Med 2023;389:2221–2232, DOI: 10.1056/NEJMoa2307563
12. Anker S.D. et al., Patient phenotype profiling in heart failure with preserved ejection fraction to guide therapeutic decision making. A scientific statement…., EJ Heart Failure 2023, 25:936–955
13. Borlaug BA. et al., Heart Failure with Preserved Ejection Fraction, JACC Scientific Statement, JACC 2023;81 (18): 1810–1834
14. Sundstrƶm J. et al., Weight loss and Heart Failure, Circulation 2017;135:1577–1585
15. Kosiborod M.N. et al., Semaglutide in Patients with Heart Failure with Preserved Ejection Fraction and Obesity, N Engl J Med 2023;389:1069–1084, DOI: 10.1056/NEJMoa2306963
16. Kosiborod M.N. et al., Semaglutide in Patients with Obesity-Related Heart Failure and Type 2 Diabetes, N Engl J Med 2024;390:1394–1407, DOI: 10.1056/NEJMoa2313917

L’importance d’un traitement prĆ©coce du diabĆØte de type 2

Une perspective sur le premier et unique agoniste des récepteurs GIP/GLP-1: Mounjaro® (Tirzetrapide) était le sujet de la présentation de la Pre Jardena Puder, CHUV.

Vignette de cas

L’intervenante a commencĆ© par la prĆ©sentation de la vignette de cas reprĆ©sentatif: la patiente Mme M.A., une femme de 46 ans, souffre de diabĆØte de type 2, diagnostiquĆ© en 2009. Elle est mĆØre avec un diabĆØte de type 2.

Compliance alĆ©atoire, avec arrĆŖt du traitement en 2019. Troubles dĆ©pressives et fibromyalgie. Reprise de suivi suite Ć  une hospitalisation en 05.2020, sous insuline 2020–2021. Revient en 1/24 aprĆØs STEMI.

Complications

RĆ©tinopathie modĆ©rĆ©e non prolifĆ©rante, pas de nĆ©phropathie, polyneuropathie symĆ©trique dde. Macroangiopathie et IC: infarctus du myocarde de type STEMI sur maladie bitronculaire et stĆ©nose Ć  90–99 % de l’IVA proximale: 1/24. Coronarographie: StĆ©nose significative de l’artĆØre interventriculaire antĆ©rieure proximale. Subocclusion de l’IVA moyenne avec longue plaque de l’IVA proximale Ć  moyenne. Implantation d’un stent axtic dans l’IVA, ETT FeVG 47 % et akinĆ©sies.

Mise sous insuline basal-bolus en 1/24: Toujeo 28U. Tabagisme rĆ©duit dĆ©jĆ  dĆ©but de l’annĆ©e et puis stop complĆØtement depuis STEMI, patch nicotine. SĆ©dentaire, a commencĆ© rƩƩducation (LigniĆØre).

9.2.24: 112.2 kg, 170 cm, BMI 38.8 kg/m2
Toujeo 28 U. Novorapide selon schĆ©ma. Brilique –90 mg 1 cpr po 2 x/j, Aspirine Cardio –100 mg – = 1cpr po 1 x/j, Metfin 850 mg 2 x/j, Beloc Zol – 25mg – comprimĆ© retard, = 1.5 cpr po 1 x/j Lisinopril – 5 mg, 2 cpr po 1 x/j. Ezetimibe / Atorvastatine 10/40 mg – 1 cpr po 1 x/j, Jardiance – 10 mg (Empagliflozine) 1 cpr po 1x/j. Nexium 40 mg 1 x/j, FluxĆ©tine 20 mg 1 x/j.

DĆ©but Mounjaro 2.5 mg le 5.3.24 (HbA1c 9.8 %). Baisser doses Toujeo 20 % et NR matin-soir 20 %.

L’intervenante a commencĆ© avec la prĆ©sentation de l’ histoire naturelle du diabĆØte de type 2, une maladie progressive. Elle a montrĆ© l’augmentation du glucose avec le temps qui est associĆ©e Ć  une production d’insuline initiale qui aboutit Ć  une diminution de la glycĆ©mie et finit par une dysfonction de la cellule bĆŖta et d’une augmentation de la rĆ©sistance Ć  l’insuline.

Caractéristiques et comorbidités chez des ­patients avec un diabète de type 2

6.4 % de la population Suisse ont un diabĆØte de type 2 (T2D), 60–90 % avec obĆ©sitĆ© (11 % de la population gĆ©nĆ©rale). 25–50 % avec T2D ont une maladie coronarienne, 25 % des patients avec T2D ont une dĆ©ficience en insuline. 50–70 % ont une stĆ©atose hĆ©patique non alcoolique, 30–40 % ont une stĆ©ato-hĆ©patite non alcoolique. 25 % avec T2D ont une insuffisance rĆ©nale chronique, 25 % des patients avec T2D ont une insuffisance cardiaque.

Recommandations de la SociĆ©tĆ© Suisse d’Endocrinologie et DiabĆ©tologie 2023

– Motivation Ć  changer de mode de vie. ActivitĆ© physique (www.diafit.ch) et thĆ©rapie multifactorielle: contrĆ“le de la tension artĆ©rielle, rĆ©duction des lipides et arrĆŖt du tabac (Fig. 1).

Intensification du traitement et prƩfƩrences du patient

Une non-intensification du traitement en temps voulu peut entraĆ®ner une hyperglycĆ©mie mal contrĆ“lĆ©e pendant des annĆ©es. Les consĆ©quences possibles d’une intensification retardĆ©e du traitement (inertie thĆ©rapeutique) peuvent entraĆ®ner des complications microvasculaires et macrovasculaires.
• Risque accru de morbiditĆ© et de mortalitĆ©
• Atteindre les objectifs glycĆ©miques seulement pour de courtes pĆ©riodes , voire pas du tout
• Diminution de la qualitĆ© de vie.

L’inertie thĆ©rapeutique peut ĆŖtre surmontĆ©e:
• AmĆ©lioration des rĆ©sultats Ć  long terme
• Retarder l’apparition de complications liĆ©es au diabĆØte.
Les prĆ©fĆ©rences du patient jouent un rĆ“le important pour la compliance au traitement. Celles-ci comprennent un comprimĆ© plutĆ“t qu’une injection, un traitement hebdomadaire plutĆ“t que quotidien, pas d’hypoglycĆ©mie, des pertes de poids et moins de comprimĆ©s (traitement combinĆ©).

Le lien entre le diabĆØte et le poids

Un IMC Ć©levĆ© est associĆ© Ć  une prĆ©valence plus Ć©levĆ©e de diabĆØte de type 2 comme l’ont montrĆ© les deux Ć©tudes SHIELD et NHANES (Bays HE et al. In J Clin Pract 2007;63:713-882).
La rƩduction de la glycƩmie et du poids a un impact important sur diffƩrents aspects liƩs au T2D: Les extrapolations ƩpidƩmiologiques montrent:
• DĆ©cĆØs liĆ©es au diabĆØte 21 %
• 37 % de rĆ©duction des complications microvasculaires par ex. maladie rĆ©nale
• 14 % de rĆ©duction d’infarctus du myocarde
• 43 % de rĆ©duction d’amputation ou Ć©volution lĆ©tale d’une maladie artĆ©rielle occlusive pĆ©riphĆ©rique.
• RĆ©duction de l’accident vasculaire cĆ©rĆ©bral de 12 %
• Toutes ces rĆ©ductions par 1 % d’HbA1c et 5–20 % de poids corporel.
Ɖtude DIRECT: 86 % de rĆ©mission du diabĆØte en cas de T2D lorsque le poids est rĆ©duit de 15 kg.
L’HbA1c et l’IMC ne s’amĆ©liorent pas chez les patients atteints de T2D selon les derniĆØres donnĆ©es de NHANES chez les adultes amĆ©ricains. Environ 90 % des personnes sont en surpoids, environ 50 % des personnes n’atteignent pas un taux d’HbA1c infĆ©rieur Ć  7 % (Tab. 1).

Traitement, buts, options et outcomes

Les tableaux suivants montrent les diffƩrents mƩdicaments et les outcomes avec les inhibiteurs de SGLT2 et les agonistes du rƩcepteur GLP-1 (Fig. 2, Fig. 3).

Dans le T2D l’effet incrĆ©tine est altĆ©rĆ©. Les personnes atteintes de DT2 prĆ©sentent une augmentation attĆ©nuĆ©e de l’insuline suite Ć  la stimulation du glucose par rapport aux personnes saines.

GLP-1 et GIP

DƩcouverte:
DƩbut des annƩes 1980
SƩcrƩtƩ par:
Cellules L (ilƩon et colon)
StimulƩ par:
La charge nutritionnelle dans l’intestin

GIP

DƩcouverte:
DƩbut des annƩes 1970
SecrƩtƩ par:
cellules K (duodƩnum)
StimulƩ par:
la charge nutritionnelle dans l’intestin
Le GIP et le GLP-1 sont responsables pour l’effet incrĆ©tine Ā­(diffĆ©rence de rĆ©ponse insuline selon administration).

AperƧu de la rƩgulation du mƩtabolisme

Les diffƩrents rƓles du GIP et du GLP-1
Cerveau
ActivitĆ© du GIP: Prise de nourriture →
ActivitĆ© du GLP-1: Prise de nourriture →, sensation de satiĆ©tĆ© ↑
Tissu adipeux blanc
ActivitĆ© du GIP: sensibilitĆ© Ć  l’insuline ↑ , capacitĆ© tampon des lipides ↑ , capacitĆ© de stockage ↑
PancrƩas
ActivitĆ© du GIP: insuline , glucagon ↑
ActivitĆ© du GLP-1: insuline ↑ , glucagon ↓
Estomac
ActivitĆ© du GLP-1: vidange de l’estomac ↓

Contribution du GIP et du GLP-1 dans la Ā­sĆ©crĆ©tion d’insuline (Fig. 4)

L’effet incrĆ©tine

Deux cibles d’action:
• Incrinopotentiateurs
– Inhibiteurs de l’enzyme DPP-4.
– Pour augmenter les taux de GLP-1
• IncrĆ©tinomimetiques
– Agonistes des rĆ©cepteurs GIP et GLP-1
– Resistants Ć  l’action de la DPP-4

Les actions potentielles du GIP et du GLP-1

Sur la base de recherches cliniques et prƩcliniques

Agoniste des rƩcepteurs GLP-1

SystĆØme nerveux central
• SatiĆ©tĆ© ↑
• Apport alimentaire ↓
• NausĆ©es ↑
• Poids corporel ↓
PancrƩas
• Insuline ↑
• Glucagon ↓
Estomac
• Retard de la vidange gastrique ↓

Agonisme des rƩcepteurs GIP

SystĆØme nerveux central
• Apport alimentaire ↓
• NausĆ©es ↓
• Poids corporel ↓
PancrƩas
• Insuline ↑
• Glucagon ↑
Tissue sous-cutanƩ adipeux blanc
• SensibilitĆ© Ć  l’insuline ↑
• CapacitĆ© tampon des lipides ↑
• Circulation sanguine ↑
• CapacitĆ© de stockage ↑
• Infiltration des cellules immunitaires pro-inflammatoires ↓
• RĆ“le bĆ©nĆ©fique potentiel sur la santĆ© cardiomĆ©tabolique

Une nouvelle classe: Tirzepatide

Le premier et unique agoniste qui active Ơ la fois les rƩcepteurs GIP et GLP-1
Une molƩcule unique conƧue pour activer les rƩcepteurs GIP et GLP-1
• Structure: Sur la base de la sĆ©quence native du GIP
• ActivitĆ© des rĆ©cepteurs: L’activitĆ© sur le rĆ©cepteur de GIP est similaire Ć  celle de l’hormone GIP native, tandis que l’activitĆ© du Tirzepatide sur le rĆ©cepteur du GLP-1 est plus faible que celle de l’hormone GLP-1 native.
• Application: Prise hebdomadaire unique, demi-vie moyenne environs 5 jours.

MounjaroĀ®

Tirzepatide: Un traitement pour le diabĆØte de type 2
MounjaroĀ® est indiquĆ© dans le traitement d’adultes souffrant du diabĆØte de type 2 insuffisamment contrĆ“lĆ© en complĆ©ment Ć  un rĆ©gime et de l’exercice: en monothĆ©rapie, en cas de contre-indication ou d’intolĆ©rance Ć  la metformine; – en association avec d’autres mĆ©dicaments hypoglycĆ©miants.

RĆ©duction de l’HbA1c

RƩsultats des Ʃtudes SURPASS(efficacitƩ)
(Fig. 5)

L’efficacitĆ© et la sĆ©curitĆ© du tirzepatide administrĆ© une fois par semaine par rapport au sĆ©maglutide, un agoniste sĆ©lectif des rĆ©cepteurs du GLP-1, ont Ć©tĆ© Ć©tudiĆ©es chez des patients atteints de diabĆØte de type 2 (Frias JP et al. NEJM 2021 Aug 5;385(6):503-515). Le tirzepatide Ć©tait non infĆ©rieur et supĆ©rieur au semaglutide en ce qui concerne le changement moyen du taux d’hĆ©moglobine glyquĆ©e entre le dĆ©but de l’étude et la 40e semaine.

Le tirzepatide en plus a montrĆ© une rĆ©duction significative de la pression artĆ©rielle, allant de 6 Ć  9 % selon la dose de 5-15mg.
MounjaroĀ® a entraĆ®nĆ© une rĆ©duction allant jusqu’à 25 %

Conclusion MounjaroĀ®

Une seule molƩcule qui se lie Ơ deux rƩcepteurs
• RĆ©duction supĆ©rieure de l’HbA1c jusqu’à 2.5 %*
• Une classe Ć  part: Premier et unique agoniste des rĆ©cepteurs GIP/GLP-1 approuvĆ©
• En rĆØgle gĆ©nĆ©rale bien tolĆ©rĆ©
• Les patients ont obtenu une rĆ©duction de poids jusqu’à 12.4 kg

Pr Walter F. Riesen

riesen@medinfo-verlag.ch

La gestion des lipides en 2024: où en sommes-nous ?

Dans le cadre des ZAIM MediDays 2024 Ć  Zurich, le professeur Georg Noll, Zurich, a parlĆ© de la gestion actuelle des lipides. Il a tout dā€™ā€Šabord Ć©voquĆ© le projet de Ā«loi sur la santĆ© du cœurĀ» (Gesundes-Herz-Gesetz) en Allemagne. Cette loi doit permettre de dĆ©tecter et de combattre le plus tĆ“t possible les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Ā«Mettre complĆØtement au rebut la loi sur le cœur de LauterbachĀ», disent Ć  ce sujet les caisses dā€™ā€Šassurance maladie. Fin aoĆ»t, le cabinet fĆ©dĆ©ral a adoptĆ© le projet de loi de Karl Lauterbach sur la santĆ© cardiaque. Cela a provoquĆ© lā€™ā€Šindignation de certains spĆ©cialistes. En Suisse aussi, on sā€™ā€Šoppose Ć  la prĆ©vention, a dĆ©clarĆ© le confĆ©rencier.

Le cholestĆ©rol LDL (LDL-C) est lā€™ā€Šun des facteurs de risque cardiovasculaire les plus importants et les mieux Ć©tudiĆ©s. Le lien entre la rĆ©duction du LDL et le risque de maladie cardiovasculaire a Ć©tĆ© prouvĆ© par des Ć©tudes cliniques, dā€™ā€Šune part par 198 503 patients traitĆ©s pendant 5 ans en moyenne, dā€™ā€Šautre part par des Ć©tudes de cohorte prospectives portant sur 403 501 patients suivis pendant 12 ans et par des Ć©tudes Mendel randomisĆ©es portant sur 194 427 sujets suivis pendant 52 ans.La causalitĆ© du LDL-C en tant que facteur de risque cardiovasculaire a ainsi Ć©galement Ć©tĆ© dĆ©montrĆ©e (1). Il sā€™ā€Šest avĆ©rĆ© que plus le LDL-C est abaissĆ©, plus le risque cardiovasculaire est faible.

Calcul du risque dans la prƩvention primaire

Le calcul du risque peut ĆŖtre estimĆ© par des scores qui dĆ©terminent le risque global sur la base de lā€™ā€Šimportance des facteurs de risque. Pour ce faire, on utilise en Suisse les scores AGLA ou les scores ESC. Le score ESC comprend les facteurs de risque suivants: Ć¢ge, sexe, cholestĆ©rol total, cholestĆ©rol LDL, cholestĆ©rol HDL, pression artĆ©rielle systolique et tabagisme. Dans le score ESC, les pays europĆ©ens sont divisĆ©s en pays Ć  haut risque et en pays Ć  faible risque. Pour le score AGLA, les triglycĆ©rides et les antĆ©cĆ©dents familiaux de maladie cardiovasculaire sā€™ā€Šajoutent aux facteurs de risque du score ESC. Le score ESC est un peu plus sensible que le score AGLA. Ā«Donc, si vous voulez traiter quelquā€™ā€Šun, utilisez le score ESC et si vous ne voulez pas le faire, utilisez le score AGLAĀ», a fait remarquer lā€™ā€Šorateur. Sur la base des diffĆ©rents rĆ©sultats dā€™ā€ŠĆ©tudes, lā€™ā€ŠESC a Ć©mis en 2019 de nouvelles directives pour la prise en charge du LDL-C (2). Celles-ci recommandent une valeur cible du LDL-C infĆ©rieur Ć  3 mmol/l pour un risque cardiovasculaire faible, infĆ©rieur Ć  2.6 mmol/l pour un risque modĆ©rĆ©, infĆ©rieur Ć  1.8 mmol/l pour un risque Ć©levĆ© et infĆ©rieur Ć  1.4 mmol/l pour un risque trĆØs Ć©levĆ©.

PrƩvention cardiovasculaire: rƩgime alimentaire

Une alimentation saine fait partie des mesures les plus importantes pour toutes les catƩgories de risque:
• Acides gras saturĆ©s < 10 % de lā€™ā€Šapport Ć©nergĆ©tique total, en cas de rĆ©duction des acides gras saturĆ©s, les remplacer surtout par des acides gras polyinsaturĆ©s et Ć©viter les acides gras trans.
• Pas dā€™ā€ŠexcĆØs de sel (Ć©viter les aliments transformĆ©s, ne pas resaler). La rĆ©duction doit ĆŖtre plus stricte chez les patients souffrant dā€™ā€Šhypertension, de maladies rĆ©nales ou dā€™ā€Šinsuffisance cardiaque.
• 30–45 g de fibres par jour, de prĆ©fĆ©rence Ć  partir de produits Ć  base de cĆ©rĆ©ales complĆØtes.
• ≄ 200 g de fruits par jour (2–3 portions).
• ≄ 200 g de lĆ©gumes par jour (2–3 portions).
• 1–2 fois du poisson par semaine, dont une fois du poisson gras- 30 g de noix non salĆ©es par jour- Alcool non recommandĆ© pour des raisons de santĆ©, en cas de consommation non quotidienne et pour les hommes/femmes < 14/< 7 boissons standard par semaine.
• Les patients souffrant dā€™ā€Šhypertension devraient sā€™ā€Šabstenir de consommer de lā€™ā€Šalcool.
• Ɖviter les boissons gazeuses sucrĆ©es et les alcopops. Dans les situations particuliĆØrement difficiles – par ex. hypertriglycĆ©ridĆ©mie prononcĆ©e, conseils diĆ©tĆ©tiques professionnels. En ce qui concerne les mĆ©thodes diĆ©tĆ©tiques, lā€™ā€Šorateur a fait rĆ©fĆ©rence Ć  lā€™ā€ŠĆ©tude Ā«PREDIMEDĀ» sur lā€™ā€Šeffet dā€™ā€Šun rĆ©gime mĆ©diterranĆ©en sur lā€™ā€Šinfarctus aigu du myocarde, lā€™ā€Šaccident vasculaire cĆ©rĆ©bral et le dĆ©cĆØs dā€™ā€Šorigine cardiovasculaire (3). Dans cette Ć©tude, Ć  laquelle participaient des personnes Ć  haut risque cardiovasculaire, lā€™ā€Šincidence dā€™ā€ŠĆ©vĆ©nements cardiovasculaires majeurs Ć©tait plus faible chez les personnes suivant un rĆ©gime mĆ©diterranĆ©en complĆ©tĆ© par de lā€™ā€Šhuile dā€™ā€Šolive extra vierge ou des noix que chez les personnes suivant un rĆ©gime pauvre en graisses.

Effet des mƩdicaments antilipidƩmiques

Si les mesures diĆ©tĆ©tiques ne permettent pas dā€™ā€Šatteindre les valeurs cibles, la prĆ©vention secondaire nĆ©cessite des mesures mĆ©dicamenteuses pour rĆ©duire les lipides. Le tab. 1 prĆ©sente les effets de diffĆ©rents mĆ©dicaments antilipidĆ©miques. Lā€™ā€Šorateur a montrĆ© que la rĆ©duction du LDL-cholestĆ©rol est particuliĆØrement importante dans le cadre de la prĆ©vention cardiovasculaire, en se basant sur les donnĆ©es des Cholesterol Treatment Trialists (4). La rĆ©duction du LDL-C de 1 mmol/l entraĆ®ne une diminution de 23 % des Ć©vĆ©nements coronariens et de 21 % des Ć©vĆ©nements vasculaires, quelle que soit la mĆ©thode utilisĆ©e pour rĆ©duire le LDL. Les statines diffĆØrent en fonction de leurs interactions avec dā€™ā€Šautres mĆ©dicaments. Le professeur Noll a mentionnĆ© la statine pitavastatine, qui a un faible potentiel dā€™ā€Šinteraction avec dā€™ā€Šautres mĆ©dicaments, et notamment chez les patients sĆ©ropositifs traitĆ©s par des inhibiteurs de protĆ©ase qui interagissent avec les statines (5).

Les statines chez les personnes âgées

Le traitement des patients Ć¢gĆ©s par des statines est une problĆ©matique qui revient souvent. Lā€™ā€Šorateur a fait rĆ©fĆ©rence Ć  une publication de MW Andersson et al. de lā€™ā€ŠannĆ©e derniĆØre (6). Il en ressort que les personnes Ć¢gĆ©es de 85 ans et plus bĆ©nĆ©ficient dā€™ā€Šun traitement par statine dans la mĆŖme mesure que les personnes Ć¢gĆ©es de 50 Ć  69 ans en termes de prĆ©vention primaire vasculaire.

Lā€™ā€ŠhypercholestĆ©rolĆ©mie familiale

Lā€™ā€ŠhypercholestĆ©rolĆ©mie familiale est une autre problĆ©matique. Les donnĆ©es disponibles Ć  ce sujet sont encore insuffisantes pour la Suisse. Le professeur Noll a prĆ©sentĆ© lā€™ā€Šexemple dā€™ā€Šun banquier de 38 ans. Il a Ć©tĆ© adressĆ© pour une hypercholestĆ©rolĆ©mie. Son pĆØre est dĆ©cĆ©dĆ© Ć  43 ans dā€™ā€Šun infarctus du myocarde. Le patient est mariĆ© et a deux enfants Ć¢gĆ©s de 8 et 10 ans. Son LDL-C est de 7.2 mmol/l, ce qui indique une hypercholestĆ©rolĆ©mie familiale. Celle-ci est transmise de maniĆØre autosomique dominante. Cela signifie quā€™ā€Šil suffit dā€™ā€Šun gĆØne modifiĆ©, transmis par lā€™ā€Šun des deux parents, pour ĆŖtre atteint dā€™ā€ŠhypercholestĆ©rolĆ©mie familiale. Les personnes concernĆ©es transmettent le gĆØne modifiĆ© Ć  un descendant dans 50 % des cas. En cas de suspicion dā€™ā€ŠhypercholestĆ©rolĆ©mie familiale, il est recommandĆ© de procĆ©der Ć  un dĆ©pistage en cascade selon les critĆØres des Dutch Lipid Clinics. Le patient a Ć©tĆ© traitĆ© par rosuvastatine 20 mg/Ć©zĆ©timibe 10 mg, Ć  la suite de quoi le LDL-C a Ć©tĆ© abaissĆ© Ć  4,1. Un effet secondaire non rare des statines est lā€™ā€Šapparition de douleurs musculaires. Il faut toutefois tenir compte de lā€™ā€Šeffet nocebo, comme lā€™ā€Ša expliquĆ© lā€™ā€Šorateur. Dans un travail paru en 2021, 8 % des personnes qui ne recevaient pas de traitement par statine avaient des douleurs musculaires. Ils Ć©taient 15.4 % dans le groupe placebo et 16.3 % dans le groupe statine.

Inhibition de PCSK9 pour rƩduire le LDL-C

Une rĆ©duction tout aussi efficace du LDL-C peut ĆŖtre obtenue par lā€™ā€Šinhibition de PCSK9, selon lā€™ā€Šorateur. PCSK9 (protein convertase subtilisin kexin type 9) est une enzyme qui transforme les cellules prĆ©curseurs inactives en une forme active. IndĆ©pendamment de sa forme catalytique, la PCSK9 se lie au rĆ©cepteur LDL membranaire des hĆ©patocytes. Le rĆ©cepteur LDL liĆ© au PCSK9 est internalisĆ© et le rĆ©cepteur est dĆ©gradĆ© dans la cellule, de sorte quā€™ā€Šil ne peut pas ĆŖtre recyclĆ© sur les surfaces membranaires. Sans PCSK9, le rĆ©cepteur est recyclĆ© et peut Ć  nouveau se lier aux LDL et les internaliser dans la cellule, où il est dĆ©gradĆ©. Lā€™ā€Šinhibition de PCSK9 a entraĆ®nĆ© une rĆ©duction du LDL-C de 59 % et 62 % respectivement dans les Ć©tudes FOURIER avec lā€™ā€ŠĆ©volocumab (8) et ODYSSEY Outcomes avec lā€™ā€Šalirocumab (9). Lā€™ā€ŠĆ©volocumab a rĆ©duit de 15 % le critĆØre dā€™ā€ŠĆ©valuation primaire, un composite de dĆ©cĆØs cardiovasculaire, dā€™ā€Šinfarctus du myocarde, dā€™ā€Šaccident vasculaire cĆ©rĆ©bral, dā€™ā€Šhospitalisation pour angor instable ou de revascularisation coronarienne (HR 0,85, IC 95 % 0,7 Ć  0,92 ; p < 0,001). Avec lā€™ā€Šalirocumab, lā€™ā€ŠĆ©tude ODYSSEY Outcomes a donnĆ© des rĆ©sultats similaires, avec une rĆ©duction de 15 % Ć©galement du mĆŖme critĆØre dā€™ā€ŠĆ©valuation primaire que dans FOURIER (IC HR.78 Ć  0.93 ; p < 0.001).

Inclisiran – petit ARN interfĆ©rent

Lā€™ā€ŠInclisiran, un petit ARN small interfĆ©rent, inhibe la PCSK9 par interfĆ©rence ARN, un processus biologique dans lequel des molĆ©cules dā€™ā€ŠARN inhibent lā€™ā€Šexpression ou la traduction des gĆØnes en neutralisant des molĆ©cules dā€™ā€ŠARNm ciblĆ©es.Lā€™ā€ŠInclisiran est un ARN small interfering (siRNA) synthĆ©tique double brin. Lā€™ā€Šinhibition de lā€™ā€ŠARN consiste en les mĆ©canismes suivants: Le Guide strand reconnaĆ®t lā€™ā€ŠARNm PCSK9, le Passenger strand est nĆ©cessaire pour le transport. Le sucre GalNAc conjuguĆ© permet le transport ciblĆ© dans le foie. Dans les Ć©tudes ORION 10 et ORION 11, une dose unique dā€™ā€ŠInclisiran administrĆ©e par voie sous-cutanĆ©e en plus de la dose maximale tolĆ©rĆ©e de statine a permis de rĆ©duire le LDL-C dā€™ā€Šenviron 50 % pendant 6 mois (10).Lā€™ā€ŠInclisiran administrĆ© deux fois par an en plus dā€™ā€Šun traitement par statine Ć  dose maximale tolĆ©rĆ©e, avec ou sans autres agents abaissant le LDL, a permis dā€™ā€Šobtenir un traitement efficace, sĆ»r et bien tolĆ©rĆ© pour rĆ©duire le LDL-C chez les adultes atteints dā€™ā€ŠhypercholestĆ©rolĆ©mie familiale hĆ©tĆ©rozygote, dā€™ā€ŠASCVD ou dā€™ā€ŠĆ©quivalents de risque dā€™ā€ŠASCVD (11). Une analyse publiĆ©e lā€™ā€ŠannĆ©e derniĆØre donne une premiĆØre impression des avantages potentiels dā€™ā€Šune rĆ©duction du LDL-C par lā€™ā€ŠInclisiran pour les maladies cardiovasculaires et suggĆØre un bĆ©nĆ©fice potentiel pour la rĆ©duction de lā€™ā€Šincidence des maladies. Ces rĆ©sultats doivent encore ĆŖtre confirmĆ©s dans des Ć©tudes de plus grande envergure et de plus longue durĆ©e (12).

Adhésion au traitement hypolipémiant par ­inhibiteur de PCSK9

La comparaison dā€™ā€Šun traitement de 12 mois par Inclisiran versus un traitement par anticorps monoclonaux anti-PCSK9 a donnĆ© 0.9 (n = 852) pour lā€™ā€ŠInclisiran, 0.71 (n = 852) pour lā€™ā€ŠAlirocumab et 0.7 (n = 852) pour lā€™ā€ŠEvolocumab. Comme on pouvait sā€™ā€Šy attendre, lā€™ā€Šinjection par le mĆ©decin traitant deux fois par an seulement donne une bien meilleure adhĆ©rence que lā€™ā€Šinjection deux fois par mois par le patient lui-mĆŖme.

Inclisiran et ƩvƩnements cardiovasculaires

Une analyse publiĆ©e rĆ©cemment donne les premiĆØres impressions sur les bĆ©nĆ©fices potentiels dā€™ā€Šune rĆ©duction du LDL-C par lā€™ā€ŠInclisiran pour les maladies cardiovasculaires et suggĆØre un bĆ©nĆ©fice potentiel pour la rĆ©duction de leur frĆ©quence (12). Ces rĆ©sultats doivent encore ĆŖtre confirmĆ©s dans des Ć©tudes de plus grande envergure et de plus longue durĆ©e.

Source
Symposium satellite des Novartis MediDays

Copyright Aerzteverlag medinfo AG

Pr Walter F. Riesen

riesen@medinfo-verlag.ch

  • Le taux de LDL-C est principalement dĆ©terminĆ© par la gĆ©nĆ©tique > DĆ©pistage en cascade en cas dā€™ā€ŠhypercholestĆ©rolĆ©mie familiale
  • Le LDL-C est un facteur de risque traitable
  • Les valeurs cibles du LDL-C devraient ĆŖtre atteintes (the lower the better), si nĆ©cessaire avec un traitement combinĆ©.
  • En cas dā€™ā€ŠintolĆ©rance aux statines (cave effet nocebo), LDL > valeur cible malgrĆ© la statine: envisager lā€™ā€Šacide bempĆ©doĆÆque/un inhibiteur de PCSK9.
  • Lā€™ā€ŠInclisiran est un moyen simple et puissant de rĆ©duire le LDL-C par inhibition de la synthĆØse de la CSK9.

1. Ference BA et al. Low-density lipoproteins cause atherosclerotic cardiovascular disease. 1. Evidence from genetic, epidemiologic, and clinical studies. A consensus statement from the European Atherosclerosis Society Consensus Panel. Eur Heart J 2017;38(32):2459-2472. doi: 10.1093/eurheartj/ehx144.
2. Mach F. et al. 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias: lipid modification to reduce cardiovascular risk. Eur Heart J 2020;41:111-188.doi: 10.1093/eurheartj/ehz455.
3. Estruch R et al. Primary Prevention of cardiovascular disease with amediterranean diet supplementd with extra-virgin olive oil or nuts. New Engl J Med 2018 ;378:e34. DOI: 10 ;1056/NEJMoa1800389.
4. Cholesterol Treatment Trialistsā€™ā€Š (CTT) Collaboration>Efficacy and safety of LDL-lowering therapy among men and women: meta-analysis of individual data from 174ā€ˆ000 participants in 27 randomised trials. The Lancet 2015; 385, 9976, 1397 – 1405
5. Grinspoon SK et al. Pitavastatin to Prevent Cardiovascular Disease in HIV Infection.. N Engl J Med 2023; ;389(8):687-699.doi: 10.1056/NEJMoa2304146
6. Andersson NW et al. LDL-C Reduction With Lipid-Lowering Therapy for Primary Prevention of Major Vascular Events Among Older Individuals. J Am Coll Cardiol 2023; 82):1381-1391. doi: 10.1016/j.jacc.2023.07.027.
7. Howard JP et al Side Effect Patterns in a Crossover Trial of Statin, Placebo, and No Treatment J Am Coll Cardiol 2021;78:1210-1222. doi: 10.1016/j.jacc.2021.07.022.
8. Sabatine MS et al. Evolocumab and clinical outcomes in patients with cardiovascular disease. New Engl J Med 2017 ;376:1713-1722.
9. Schwartz GC et al: Alirocumab and cardiovascular outcomes after acute coronary syndrome. N Engl J Med 2018 ; 379: 2097-2107
10. Ray KK et al Two Phase 3 trials of Inclisiran jn patients with elevated LDL cholesterol. New Engl J Med 2020 ;382:1507-1519
11. Wright RS et al. Pooled patient-level analysis of Inclisiran trials in patients with familial hypercholesterolemie of atherosclerosis. JACC 2021 ;77:1182-1193
12. Ray KK et al. Inclisiran and cardiovascualr events: a patient-level analysis of phase III trials.Eur Heart J 2023 ;44:129-138

Der richtige Zeitpunkt für die Palliative Care

Die Palliative Care will die Lebensqualität von Patienten mit fortgeschrittenen Krankheiten optimieren. Eine frühzeitige Integration zur bestehenden onkologischen und radioonkologischen Behandlung führt zu einem Benefit in Bezug auf Beschwerdelinderung, Umsetzung von Präferenzen bei der Therapie, der Vermeidung von Übertherapien sowie zur ­Kostenreduktion. Trotzdem erfolgt das Einschalten der Palliative Care häufig zu spät. Patienten mit einer onkologischen Behandlung profitieren von einer frühzeitigen parallelen palliativmedizinischen Behandlung, die spätestens 3 Monate nach Diagnosestellung aufgegleist werden sollte.

Einleitung

Das Ziel der Palliative Care lautet die Lebensqualität von Patienten mit fortgeschrittenen Krankheiten zu verbessern. Obwohl in diversen Studien ein Benefit bei der Beschwerdelinderung, dem Umsetzen von Präferenzen bei der Therapie, der Vermeidung von Übertherapien sowie eine Kostenreduktion nachgewiesen werden konnte, erfolgt häufig eine verzögerte Konsultation von spezialisierten Palliative Care Teams.

Die Palliative Care ist eine medizinische Disziplin, die immer wieder mit verschiedensten Missverständnissen konfrontiert wird. Häufig wird sie von Patienten, Angehörigen, aber auch von Fachpersonal, mit dem unmittelbaren Lebensende, höheren Kosten oder auch dem Stopp jeglicher krankheitsspezifischen Behandlungen assoziiert. Dieses Missverständnis führt dazu, dass wiederholt eine zu späte Integration erfolgt.

Neben einer tumorspezifischen Therapie, die insbesondere von Onkologen und Radioonkologen initiiert wird, sollte frühzeitig auch die Palliative Care hinzugezogen werden. Die Überlebenszeit von Betroffenen mit nicht heilbaren onkologischen Krankheiten hat sich in den letzten Jahren dank der verschiedensten Behandlungsoptionen deutlich gewandelt (1). Die Komplexität nimmt durch die verlängerte Dauer mit einer Erkrankung jedoch auch zu (2). Dieser Umstand führt beim Behandlungsteam zu einer zunehmenden Herausforderung und erhöhten Ansprüchen.

Eigenheiten der Palliative Care

Die Weltgesundheitsorganisation WHO empfiehlt die Palliative Care möglichst frühzeitig zu involvieren und bezeichnet dies als Early Palliative Care. Dabei sollen Beschwerden der Betroffenen aus somatischen, psychischen, sozialen, spirituellen und kulturellen Aspekten erfasst und angegangen werden (3). Advanced Care Planing als vorausschauende Therapieplanung mit Erfassung der Wertvorstellungen und der Beachtung der Autonomie der Patienten ist ebenfalls ein wichtiger Bereich der Palliative Care.

Das bio-psycho-sozio-spirituelle & kulturelle Modell

Palliativpatienten kƶnnen gemƤss dem modifizierten bio-psycho-sozio-spirituellen und kulturellen Modell nach Engel beurteilt werden (4) (Abb. 1). Dabei werden die somatischen Beschwerden wie Schmerzen, Atemnot, Übelkeit und andere erfasst und behandelt. Eine fortgeschrittene Erkrankung zeichnet sich jedoch auch mit einer psychischen Belastung aus. Diesen Teil der Krankheit kann mit einer psychologischen bzw. psychiatrischen Unterstützung günstig beeinflusst werden. Daneben müssen soziale Eigenheiten wie der gewünschte Behandlungsort, das familiƤre Umfeld, berufliche und finanzielle Fragen eruiert werden. Die spirituellen Ansichten mit Sinnfragen und religiƶs-existenziellen Aspekten sind eine wichtige Komponente bei fortgeschrittenen Krankheiten (5). Eine zusƤtzliche, das Leiden verstƤrkende Komponente kann bestehen, wenn die Betroffenen aus einer fremden Kultur stammt und das Behandlungsteam sich diesen Eigenheiten nicht bewusst wird (6). Eine Evaluation sƤmtlicher dieser Bereiche ist ein Merkmal der Palliative Care.

Die American Society of Clinical Oncology (ASCO) empfiehlt, die Palliative Care innerhalb von 8 bis 12 Wochen nach Diagnosestellung eines fortgeschrittenen Tumorleidens hinzuzuziehen (7). Trotzdem haben nur wenige Patienten im letzten Lebensjahr Zugang zur Palliative Care und dies, obwohl eine frühzeitige Involvierung als sehr wichtig angesehen wird. Die wegbereitende Studie von Temel et al. konnte einen signifikanten Benefit in Bezug auf Beschwerdelinderung, reduziertem Ausmass an Therapien sowie Kostenrückgang bei einer frühzeitigen Integration der Palliative Care dokumentieren (8). Aufgrund der lange bestehenden sehr guten Lebensqualität mit einer raschen Verschlechterung in einer kurzen Zeit wird der Bedarf nach palliativmedizinischer Betreuung unterschätzt. Falls die Palliative Care erst dann involviert wird, wenn sich der Allgemeinzustand rapide verschlechtert, können wichtige Aspekte vernachlässigt werden.

Der richtige Zeitpunkt

Es zeigt sich, dass die Identifikation von Patienten, welche von Early Palliative Care profitieren können, schwierig sein kann. Dies insbesondere, weil sich die Behandlungsoptionen und die Prognose in den letzten Jahren gewandelt haben. Der geeignete Zeitpunkt für eine frühzeitige Palliative Care wird kontrovers beurteilt. Mögliche Trigger werden eine erwartete Lebenszeit von weniger als 12 Monaten, ein Progress nach palliativer Erstlinientherapie sowie ein ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) Status Grad 2 oder höher definiert (1). Ebenso kann eine Belastung von Angehörigen ein sinnvoller Zeitpunkt sein. Da die Definition eines genauen Zeitpunktes schwierig ist, soll bereits bei der Diagnosestellung daran gedacht werden, die Palliative Care hinzuziehen und in die Behandlung zu integrieren.

Hauptmerkmal

Das Ziel einer palliativen Betreuung besteht darin, die verbleibende Lebenszeit günstig beeinflussen zu können. Dies soll nicht erst nach Abschluss der krankheitsspezifischen Behandlung erfolgen. Es handelt sich deshalb um eine parallele Behandlung und nicht um eine sequentielle Behandlung. Dieser Umstand muss einerseits dem Team der Palliative Care bewusst sein, denn eine tumorspezifische Behandlung wie Immuntherapie, Chemotherapie oder Bestrahlung wird trotz der Integration der Palliative Care weiterhin eingesetzt. Andererseits muss auch von Onkologen und Radioonkologen ein frühzeitiger Einsatz der Palliative Care als Ergänzung der Behandlung angesehen werden.

Nutzen

Der Benefit einer frühen Involvierung der Palliative Care zeigt sich mit einer Verbesserung der somatischen Beschwerden, des Gemütszustandes sowie einer früheren Besprechung von Wünschen betreffend der Gestaltung des Lebensendes. Weiter kann eine bessere Therapie der Beschwerden sowie einer höheren Zufriedenheit bei der Behandlung im Allgemeinen beobachtet werden. Da die Palliative Care ebenfalls die Angehörigen miteinbeziehen will, kann auch bei diesen eine Reduktion von Stress und psychischer Belastung nachgewiesen werden. Aufgrund der Fortschritte der Therapien werden längere Überlebenszeiten jedoch auf vermehrte Nebenwirkungen beobachtet, deren Behandlung auch eine Domäne der Palliative Care sein kann. In der heutigen Zeit, mit nicht zu vernachlässigender Achtung der finanziellen Ressourcen, konnte gezeigt werden, dass eine frühe Mitbetreuung durch ein palliativmedizinisches Team sowohl zu einer Kostenreduktion als auch zu einer Verkürzung der Hospitalisationsdauer und zur Reduktion von Überbehandlungen führt (9, 10).

Konklusion

Eine frühzeitige Involvierung der Palliative Care kann die Lebensqualität von Patienten mit einer fortgeschrittenen, malignen Erkrankung günstig beeinflussen. Gemäss Empfehlung der ASCO sollen neben Patienten mit soliden Tumoren und Patienten mit hämatologischen malignen Erkrankungen auch die Angehörigen bereits frühzeitig, das heisst während einer krankheitsspezifischen Therapie einem multiprofessionellen palliativmedizinischen Behandlungsteam zugewiesen werden.

Copyright Aerzteverlag medinfo AG

Dr. med. MSc Cristian Camartin

Leiter Palliative Care
Kantonsspital Graubünden
Loƫstrasse 170 Chur
7000 Chur

cristian.camartin@ksgr.ch

Der Autor hat keine Interessenskonflikte im Zusammenhang mit diesem Artikel deklariert.

  • Das Palliative Care Team soll frühzeitig, idealerweise innerhalb 8 bis 12 Wochen nach der Diagnosestellung, hinzugezogen werden.
  • Bei der Palliative Care handelt es sich um eine multiprofessionelle Behandlung.
  • Die Krankheitsbeurteilung erfolgt nach bio-psycho-sozio-spirituellen und kulturellen Aspekten.
  • Die Palliative Care ist eine parallele und nicht eine sequentielle Behandlung zur tumorspezifischen Therapie.
  • Eine frühzeitige Integration der Palliative Care führt zu einer verbesserten LebensqualitƤt, Erhƶhung des prognostischen Bewusstseins, verbesserten Betreuung in der Sterbephase und zur Kostenreduktion.

1. Alt-Epping B. Frühzeitige Integration von Palliativmedizin. Forum 2020. 35: 206-211
2. Vitorino JV, Duarte BV, Laranjeira C. When to initiate early palliative care? Challenges faced by healthcare providers. Front Med (Lausanne). 2023 Oct 2;10:1220370. doi: 10.3389/fmed.2023.1220370. PMID: 37849489; PMCID: PMC10577203.
3. Nadolny S, Schildmann E, Gassmann ES, Schildmann J. What is an «early palliative care» intervention? A scoping review of controlled studies in oncology. Cancer Medicine 2023; 12: 21335-53
4. Engel GL. The need for a new medical model: a challenge for biomedicine. Science 1977; 196(4286): 129-36
5. Michael NG, Bobevski I, Georgousopoulou E, Oā€˜Callaghan CC, Clayton JM, Seah D, Kissane D. Unmet spiritual needs in palliative care: psychometrics of a screening checklist. BMJ Support Palliat Care. 2020 Dec 1:bmjspcare-2020-002636. doi: 10.1136/bmjspcare-2020-002636. Epub ahead of print. PMID: 33262122.
6. Monette EM. Cultural Considerations in Palliative Care Provision: A Scoping Review of Canadian Literature. Palliat Med Rep. 2021 May 20;2(1):146-156. doi: 10.1089/pmr.2020.0124. PMID: 34223514; PMCID: PMC8241395.
7. Sanders JJ, Temin S, Ghoshal A, Alesi ER, Ali ZV, Chauhan C, Cleary JF, Epstein AS, Firn JI, Jones JA, Litzow MR, Lundquist D, Mardones MA, Nipp RD, Rabow MW, Rosa WE, Zimmermann C, Ferrell BR. Palliative Care for Patients With Cancer: ASCO Guideline Update. J Clin Oncol. 2024 Jul 1;42(19):2336-2357. doi: 10.1200/JCO.24.00542. Epub 2024 May 15. PMID: 38748941.
8. Temel JS, Greer JA, Muzikansky A, Gallagher ER, Admane S, Jackson VA, Dahlin CM, Blinderman CD, Jacobsen J, Pirl WF, Billings JA, Lynch TJ. Early palliative care for patients with metastatic non-small-cell lung cancer. N Engl J Med. 2010 Aug 19;363(8):733-42. doi: 10.1056/NEJMoa1000678. PMID: 20818875.
9. Zaborowski N, Scheu A, Glowacki N et al. Early Palliative Care Consults Reduce Patientsā€˜ Length of Stay and Overall Hospital Costs. Am J Hosp Palliat Care 2022; Jan 21;10499091211067811. doi: 10.1177/10499091211067811.
10. Davis MP, Van Enkevort EA, Elder A et al. The Influence of Palliative Care in Hospital Length of Stay and the Timing of Consultation. Am J Hosp Palliat Care 2022; Jan 24;10499091211073328. doi: 10.1177/10499091211073328.

Der Einsatz der Immuntherapie in Kombination mit Chemotherapie als neuer Therapiestandard?

Die neoadjuvante Behandlung des Magenkarzinoms hat sich in den letzten zwei Jahrzehnten erheblich weiterentwickelt. Die Integration der Immuntherapie in Kombination mit Chemotherapie zeigt vielversprechende Ergebnisse und verbessert die pathologische Komplettremissionsrate (pCR) sowie das progressionsfreie Überleben (PFS) im Vergleich zur alleinigen Chemotherapie. Dieser Artikel beschreibt die Ergebnisse der Matterhorn-, Keynote-585- und Dante-Studien, die die Wirksamkeit von Durvalumab, Pembrolizumab und Atezolizumab in Kombination mit FLOT-Chemotherapie bewerten. Dabei wird die Bedeutung des PD-1/CPS-Scores für die Vorhersage des Therapieerfolgs hervorgehoben. Die Ergebnisse zeigen, dass die Odds Ratio (OR) ein wertvoller Marker zur Bewertung der Wirksamkeit von Immuntherapien ist.

The neoadjuvant treatment of gastric cancer has significantly evolved over the past two decades. The integration of immunotherapy in combination with chemotherapy shows promising results, improving pathological complete remission rate (pCR) and progression-free survival (PFS) compared to chemotherapy alone. This article describes the outcomes of the Matterhorn, Keynote-585, and Dante studies, which evaluate the efficacy of Durvalumab, Pembrolizumab, and Atezolizumab combined with FLOT chemotherapy. The importance of the PD-1/CPS score in predicting therapeutic success is highlighted. The results indicate that the odds ratio (OR) is a valuable marker for assessing the efficacy of immunotherapies.
Key words: Neoadjuvant therapy, gastric cancer, immunotherapy, chemotherapy, Matterhorn study, Keynote-585 study, Dante study, pCR, PFS, PD-1/CPS score

Einführung

Die Behandlung des Magenkarzinoms hat in den letzten zwei Jahrzehnten bedeutende Fortschritte gemacht, insbesondere in der neoadjuvanten (perioperativen) Therapie. Früher wurden Magenkarzinome hauptsächlich chirurgisch behandelt, wobei die alleinige Operation häufig unzureichend war und zu hohen Rezidivraten führte. In den letzten Jahren hat sich die Kombination aus Chemotherapie und Operation als Standard etabliert, insbesondere durch das FLOT-Protokoll, das erhebliche Vorteile gegenüber früheren Therapiemethoden bietet.

Inzidenz und PrƤvalenz

In der Schweiz wurden im Jahr 2020 etwa 700 neue FƤlle von Magenkarzinom diagnostiziert, und die Krankheit ist für etwa 400 TodesfƤlle jƤhrlich verantwortlich. Die Inzidenzrate für Magenkrebs in der Schweiz betrƤgt etwa 6,1 pro 100 000 MƤnner und 3,4 pro 100 000 Frauen. Dies spiegelt eine Abnahme der Inzidenz in den letzten Jahrzehnten wider, teilweise aufgrund besserer PrƤvention und Früherkennungsmethoden.
www.bfs.admin.ch/bfs/en/home/statistics/health/surveys/ke.html
www.bfs.admin.ch/asset/en/19204988

Risikofaktoren

Mehrere Risikofaktoren sind mit der Entwicklung von Magenkarzinomen verbunden:
1. Helicobacter pylori-Infektion und EBV-Infektionen: Eine der hƤufigsten Ursachen für Magenkrebs ist die chronische Infektion mit dem Bakterium Helicobacter pylori, das zu chronischer Gastritis und Ulzera führen kann. Studien haben gezeigt, dass etwa 5–10 % der Magenkarzinome weltweit
mit einer EBV-Infektion assoziiert sind. Diese Form des Magenkrebses wird als EBV-assoziiertes Magenkarzinom bezeichnet.
2. ErnƤhrung: Eine ErnƤhrung reich an gesalzenen, gerƤucherten oder konservierten Lebensmitteln sowie der Konsum von rotem und verarbeitetem Fleisch erhƶhen das Risiko.
3. Rauchen: Rauchen ist ein bekannter Risikofaktor und erhöht das Risiko für Magenkrebs signifikant.
4. Genetik: Familienanamnese und genetische PrƤdispositionen, wie das hereditƤre diffuse Magenkarzinom (HDGC) Syndrom, spielen eine Rolle.
5. Alkohol: Übermässiger Alkoholkonsum wird ebenfalls mit einem erhöhten Risiko in Verbindung gebracht.
6. Geschlecht und Alter: MƤnner sind hƤufiger betroffen als Frauen, und das Risiko steigt mit dem Alter.
7. Adipositas: Übergewicht und Fettleibigkeit sind ebenfalls wichtige Risikofaktoren für Magenkrebs. Adipositas kann zu chronischen Entzündungen, Insulinresistenz und HyperinsulinƤmie führen, die das Risiko für die Entwicklung von Magenkarzinomen erhƶhen. Zudem erhƶht Adipositas das Risiko für gastroƶsophagealen Reflux (GERD) und Barrett-Ɩsophagus, die beide mit einem erhƶhten Risiko für Magenkrebs verbunden sind.
www.bfs.admin.ch/bfs/en/home/statistics/health/state-health/diseases/cancer.html

Entwicklung der Perioperativen Therapie

In den frühen 2000er Jahren lag der Fokus auf der chirurgischen Resektion, oft gefolgt von adjuvanter Chemotherapie. Die MAGIC-Studie (Medical Research Council Adjuvant Gastric Infusional Chemotherapy) war wegweisend und zeigte, dass die perioperative Chemotherapie (vor und nach der Operation) das Gesamtüberleben signifikant verbesserte. Die Studie verwendete eine Kombination aus Epirubicin, Cisplatin und 5-Fluorouracil (ECF).

In den letzten zehn Jahren hat sich das FLOT-Protokoll (5-Fluorouracil, Leucovorin, Oxaliplatin und Docetaxel) als neuer Standard etabliert. Das FLOT-Protokoll zeigt eine verbesserte Wirksamkeit im Vergleich zu früheren Regimen wie ECF, indem es höhere Raten der pathologischen Komplettremission (pCR) und eine verbesserte Langzeitüberlebensrate bietet (5). Diese Chemotherapie-Kombination wird sowohl präoperativ als auch postoperativ verabreicht, was zu einer besseren Tumorkontrolle und geringeren Rezidivraten führt.

• MAGIC-Studie: Diese Studie zeigte, dass die perioperative Chemotherapie mit ECF das Gesamtüberleben im Vergleich zur alleinigen Operation verbesserte.
• FLOT4-Studie: Verglich FLOT mit ECF und zeigte signifikante Verbesserungen bei der pCR und dem Gesamtüberleben, wodurch FLOT als neuer Standard etabliert wurde (4).

Vorteile der FLOT-Therapie gegenüber der MAGIC Studie

1. Verbesserte pCR-Raten: Das FLOT-Protokoll hat im Vergleich zu ECF hƶhere Raten der pathologischen Komplettremission (16 % vs. 6 %), was auf eine bessere Tumorkontrolle hinweist.
2. Verbessertes Gesamtüberleben: Patienten, die mit FLOT behandelt wurden, zeigen eine signifikant längere Überlebenszeit (OS 50 vs 19.3 Monate; PFS 30 vs. 11.2 Monate) im Vergleich zu älteren Chemotherapie-Regimen des MAGIC Protokolls. Diese Daten sind nicht aus dem direkten Vergleich, sondern aus einem «cross-trial comparison» zu beurteilen.
3. Bessere VertrƤglichkeit: Trotz der IntensitƤt der FLOT-Chemotherapie berichten Patienten von einer akzeptablen VertrƤglichkeit und beherrschbaren Nebenwirkungen.

Einführung der Immuntherapie

Die jüngsten Entwicklungen in der Onkologie umfassen die Integration der Immuntherapie in die Behandlung des Magenkarzinoms. Immuntherapien, wie PD-1- oder PD-L1-Inhibitoren, haben das Potenzial, das Immunsystem zu aktivieren, um Krebszellen effektiver zu bekämpfen. Studien wie die Matterhorn, Keynote-585 und Dante haben gezeigt, dass die Kombination von Immuntherapie und Chemotherapie zu besseren Ergebnissen führt als die alleinige Chemotherapie.

Bedeutung des PD-1/CPS-Scores

Der PD-1/CPS (Combined Positive Score) spielt eine wichtige Rolle bei der Bestimmung der Wirksamkeit der Immuntherapie. Der CPS-Wert wird durch die Anzahl der PD-L1-exprimierenden Zellen (Tumor- und Immunzellen) geteilt durch die Gesamtzahl der lebenden Tumorzellen multipliziert mit 100 berechnet. Ein hƶherer CPS-Wert kann auf eine bessere Reaktion auf PD-1/PD-L1-Inhibitoren hinweisen.

• Matterhorn Studie (2): In dieser Studie wurde Durvalumab in Kombination mit FLOT bei Patienten mit hohem PD-L1-Ausdruck getestet. Die Ergebnisse zeigten eine hƶhere pCR-Rate bei Patienten mit positivem PD-L1-Status.
• Keynote-585 Studie (3): Diese Studie untersuchte Pembrolizumab in Kombination mit Chemotherapie und zeigte, dass Patienten mit hohem CPS (≄ 10) eine bessere pCR-Rate und ein verlƤngertes PFS hatten.
• Dante Studie (1): In der Dante Studie wurde Atezolizumab mit FLOT kombiniert. Patienten mit einem hƶheren CPS-Wert zeigten bessere Ansprechraten und lƤngere Überlebenszeiten. Die Studie befindet sich aktuell in der Erweiterung mit der Phase III. Hierbei werden speziell Patienten mit den Einschlussfaktoren PD1/CPS >1 und/oder MSI-h und/oder EBV PostivitƤt und/oder einem TMB > 10 Muts/MB untersucht. Die Studie ist über die SAKK in der Schweiz mit 10 Zentren an der Rekrutierung beteiligt.

Ein Vergleich der Studienergebnisse findet sich in Tab. 1.

ErlƤuterungen zu den Spalten

• Autor: Name des ersten Autors- oder der Autorin der Studie.
• Jahr: Verƶffentlichungsjahr der Studie.
• Studiendesign: Typ und Phase der klinischen Studie.
• Anzahl der Patienten: Gesamtzahl der Patienten in der Studie.
• Medianes Alter: Medianes Alter der Patienten in den Studienarmen.
• Region: Geografische Region(en), in denen die Studie durchgeführt wurde.
• Arm: Behandlungsarme der Studie (beschreibt die Kombinationstherapien und deren Sequenz).
• R0-Resektionsrate (%): Anteil der Patienten, die eine vollstƤndige Tumorentfernung (R0-Resektion) erreicht haben.
• pCR Rate (%): Anteil der Patienten, die eine pathologische Komplettremission erreicht haben.
• TRAEs Rate (%): Anteil der Patienten, die behandlungsbedingte Nebenwirkungen erlitten haben.
• NCT-Nummer: Klinische Studien

Bedeutung der Odds Ratio in den Studien ­Matterhorn, Keynote-585 und Dante für die Immuntherapie beim Magenkarzinom

Einführung

Die Odds Ratio (OR) ist ein nützliches Mass zur Bewertung der Wirksamkeit von Behandlungen in klinischen Studien. In den Studien Matterhorn, Keynote-585 und Dante wurde die OR verwendet, um die Wirksamkeit der Immuntherapie im Vergleich zur Chemotherapie bei der Behandlung von Magenkarzinomen zu bewerten. Hier wird erläutert, warum die Odds Ratios in diesen Studien als Indikatoren für den Nutzen der Immuntherapie angesehen werden können.

Odds Ratio in der Matterhorn-Studie

Matterhorn Studie
• Studienarm: Durvalumab + FLOT vs. FLOT allein
• pCR Rate: 19 % vs. 7 %
• Odds Ratio: 1.66 (1.09­–2.57)

Wie kann diese OR beurteilt werden?
• Hƶhere pCR-Rate: Die pCR-Rate in der Immuntherapiegruppe war signifikant hƶher als in der Kontrollgruppe (19 % vs. 7 %), was auf eine bessere Wirksamkeit von Durvalumab in Kombination mit FLOT hinweist.
• Signifikante OR: Eine OR von 1.66 bedeutet, dass Patienten in der Immuntherapiegruppe 1.66-mal hƤufiger eine pathologische Komplettremission (pCR) erreichten als Patienten, die nur Chemotherapie erhielten. Da das Konfidenzintervall (1.09–2.57) 1 nicht überschreitet, ist dieser Befund statistisch signifikant und zeigt den Vorteil der Immuntherapie.

Odds Ratio in der Keynote-585-Studie

Keynote-585 Studie
• Studienarm: Pembrolizumab + XP/FP oder FLOT vs. XP/FP oder FLOT allein
• pCR Rate: 12.9 % vs. 2 %
• Odds Ratio: 0.98 (0.61–1.4)

Wie kann diese OR beurteilt werden?
• Deutliche Verbesserung der pCR-Rate: Obwohl die OR nahe bei 1 liegt und das Konfidenzintervall (0.61–1.4) 1 umfasst, deutet die hohe pCR-Rate von 12.9 % in der Immuntherapiegruppe im Vergleich zu 2 % in der Kontrollgruppe darauf hin, dass Pembrolizumab in Kombination mit Chemotherapie die Tumorkontrolle verbessern kann. ErwƤhnt werden sollte, dass die Kritik in der Auswahl der Chemotherapie in dieser Studie nicht dem Standard entspricht und mit einer Chemotherapie Doublette (XP/FP) im Vergleich zu FLOT als auch ein Fehlen einer Laparoskopie bei den meisten Patienten zu einem schlechteren Ansprechen als auch zu einem Ā«under stagingĀ» führte.
• Potenzial für klinische Relevanz: Obwohl die statistische Signifikanz in dieser Studie nicht erreicht wurde, zeigt die deutliche Verbesserung der pCR-Rate das Potenzial von Pembrolizumab, besonders in Subgruppen von Patienten, die von der Therapie profitieren kƶnnten.

Odds Ratio in der Dante-Studie

Dante Studie
• Studienarm: Atezolizumab + FLOT vs. FLOT allein
• pCR Rate: 22.6 % vs. 14.1 %
• Odds Ratio: 1.16 (0.83–1.54)

Wie kann diese OR beurteilt werden?
• Erhƶhte pCR-Rate: In der Dante-Studie zeigte sich eine erhƶhte pCR-Rate in der Immuntherapiegruppe im Vergleich zur Kontrollgruppe (22.6 % vs. 14.1 %), was auf eine bessere Wirksamkeit von Atezolizumab in Kombination mit FLOT hinweist.
• Tendenz zur Verbesserung: Obwohl die OR von 1.16 und das Konfidenzintervall (0.83–1.54) statistisch nicht signifikant sind, zeigt der Trend zur Verbesserung der pCR-Rate, dass Atezolizumab potenziell vorteilhaft sein kann. Zu erwƤhnen ist, dass die Daten aus der kleineren Patientengruppe der Phase II stammen. Nun werden mit den oben genannten Einschlussfaktoren die günstigeren Subgruppen für die Immuntherapie eingeschlossen und womƶglich zu signifikanten Ergebnissen mit einem kleineren und statistisch signifikanten Konfidenzintervall führen.

Fazit

Der Einzug der Immuntherapie in Kombination zur perioperativen Chemotherapie stellt vielversprechende Therapieansätze beim Magenkarzinom dar. Die Odds Ratios in den Studien Matterhorn, Keynote-585 und Dante sind Indikatoren dafür, dass die Immuntherapie bei der Behandlung von Magenkarzinomen vorteilhaft sein kann und womöglich zu einem neuen Therapiestandard führt:

1. Matterhorn Studie: Eine signifikant hohe OR zeigt, dass Durvalumab in Kombination mit FLOT eine bessere pCR-Rate erreicht.
2. Keynote-585 Studie: Obwohl die OR nicht signifikant ist, deutet die hohe pCR-Rate in der Immuntherapiegruppe auf das Potenzial von Pembrolizumab hin.
3. Dante Studie: Eine erhƶhte pCR-Rate und eine positive Tendenz der OR deuten darauf hin, dass Atezolizumab vorteilhaft sein kann, auch wenn die Ergebnisse nicht statistisch signifikant sind.

Insgesamt zeigen diese Ergebnisse, dass die Immuntherapie das Potenzial hat, die Behandlungsergebnisse bei Magenkarzinomen zu verbessern, insbesondere durch die Erhöhung der pCR-Raten. Die Odds Ratio ist ein wertvolles Mass zur Bewertung der Wirksamkeit von Immuntherapien in diesen Studien. Die DANTE Studie rekrutiert aktuell in Deutschland und der Schweiz für die Phase 3.

Fragen und Informationen können direkt an den Landes-PI der Schweiz, PD Dr. med. Alexander Siebenhüner, Hirslanden Klinik Zürich, gerichtet werden.

Copyright Aerzteverlag medinfo AG

PD Dr. med. Alexander Siebenhüner

Facharzt für Medizinische Onkologie
und Allgemeine Innere Medizin
Klinik für Hämatologie und Onkologie
Hirslanden Zürich AG
Witellikerstrasse 40
8032 Zürich

Der Autor hat keine Interessenskonflikte im Zusammenhang mit diesem Artikel deklariert.

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