Vaccins et politique: attention danger!

Comme l’évoquaient rĆ©cemment la Dre MalĆ©zieux-Piccard et al. dans leur excellent article de revue concernant les vaccins destinĆ©s aux personnes Ć¢gĆ©es (1), il y a rarement eu une telle concentration de bonnes nouvelles.

Partant, les nouvelles recommandations de l’OFSP concernant les vaccins aux personnes de 65 ans et plus ont rarement Ć©tĆ© aussi solidement Ć©tayĆ©es par des rĆ©fĆ©rences scientifiques robustes concernant aussi bien les vaccins contre l’influenza que le COVID-19, le zona ou le pneumocoque (2, 3). Signe des temps, le nouveau prĆ©sident de la commission fĆ©dĆ©rale pour les vaccinations, qui pour la premiĆØre fois n’est pas un pĆ©diatre mais un interniste immunologue, souligne dans un rĆ©cent interview qu’«une bonne couverture vaccinale est la base d’un vieillissement en bonne santé» (3).

Et effectivement, comme pour ajouter Ć  l’euphorie ambiante, les bĆ©nĆ©fices observĆ©s de certains vaccins semblent dĆ©passer la simple rĆ©duction du risque d’infection et de ses complications. Ainsi, plusieurs Ć©tudes rĆ©cemment publiĆ©es qui concernent le vaccin contre le zona rapportent des rĆ©sultats intrigants qui dĆ©montrent une association avec une rĆ©duction du risque de dĆ©mences (4, 5) et d’évĆ©nements cardiovasculaires (6).

Ces (trĆØs) bonnes nouvelles doivent bien sĆ»r ĆŖtre accueillies avec prudence, mais elles nous paraissent particuliĆØrement rĆ©confortantes au moment où nous parviennent les Ć©chos affligeants des discussions concernant les vaccins Outre-Atlantique. En effet, l’administration Trump et son secrĆ©taire d’état Ć  la santĆ© et aux services sociaux Robert F Kennedy Jr n’en finissent pas de nous Ć©blouir … AprĆØs le licenciement de Susan Monarez, directrice du CDC, et des 17 experts qui composaient le ComitĆ© consultatif sur les pratiques de vaccination, Bobby Junior a rĆ©itĆ©rĆ© une nouvelle fois les affirmations erronĆ©es concernant les vaccins Ć  ARN messager. Lors d’une dĆ©position devant la commission du SĆ©nat amĆ©ricain dĆ©but septembre, il a rĆ©affirmĆ© que l’utilisation des vaccins Ć  ARN messager chez les jeunes leur faisait courir des risques importants et justifiĆ© ainsi sa dĆ©cision de stopper le financement du dĆ©veloppement de nouveaux vaccins.

Ces nouvelles ahurissantes illustrent le danger que reprĆ©sentent certains politiciens lorsqu’ils se prennent pour des scientifiques. Et pour l’avoir personnellement expĆ©rimentĆ©, n’imaginez pas une seule seconde que nous serions … immunisĆ©s contre de tels dĆ©rapages où l’idĆ©ologie prend le pas sur les Ć©vidences scientifiques. Alors Ć  nous de rester attentives et attentifs!

Pr Christophe Büla

Dr Sylvain Nguyen

1. MalĆ©zieux-Piccard A. et al. Quels vaccins pour les ≄ 65 ans? Gazette mĆ©dicale 2025; 6: 9–12
2. Jake S. et al. Updated Evidence
for Covid-19, RSV, and Influenza
Vaccines for 2025–2026 N Engl J Med 2025; DOI: 10.1056/NEJMsa2514268
3. Schweizer C. Bulletin des mĆ©decins suisses 2025; 27: 48–51
4. Eyting M et al. A natural experiment on the effect of herpes zoster vaccination on dementia. Nature 2025 Apr 2; [e-pub]. (https://doi.org/10.1038/s41586-025-08800-x)
5. Polisky V et al. Varicella-zoster virus reactivation and the risk of dementia. Nat Med 2025 Oct 6; [e-pub]. (https://doi.org/10.1038/s41591-025-03972-5)
6. Lee S et al. Live zoster vaccination and cardiovascular outcomes:
A nationwide, South Korean study. Eur Heart J 2025 May 5; [e-pub]. (https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehaf230)

Journal Watch de nos experts

Quels bruits cardiaques sont prƩoccupants?

Dans une population vieillissante et bĆ©nĆ©ficiant de soins mĆ©dicaux de qualitĆ©, on constate une augmentation linĆ©aire des valvulopathies. Celles-ci sont encore trop rarement diagnostiquĆ©es et traitĆ©es. Depuis 210 ans, le stĆ©thoscope nous permet de diagnostiquer et de diffĆ©rencier les bruits cardiaques. ƀ la fin du XXe siĆØcle, lā€™ā€Šauscultation a pris une importance considĆ©rable et dā€™ā€Šinnombrables publications et ouvrages spĆ©cialisĆ©s ont Ć©tĆ© publiĆ©s. Cependant, avec la gĆ©nĆ©ralisation de lā€™ā€ŠĆ©chocardiographie, de nombreux mĆ©decins manquent aujourdā€™ā€Šhui malheureusement dā€™ā€ŠintĆ©rĆŖt et dā€™ā€Šexpertise pour cette mĆ©thode dā€™ā€Šexamen clinique importante. Cā€™ā€Šest pourquoi cette grande Ć©tude dĆ©mographique est particuliĆØrement intĆ©ressante.

Lā€™ā€ŠĆ©tude, menĆ©e entre 2015 et 2016 Ā­auprĆØs de 2131 participants Ć¢gĆ©s de 40 ans et plus (moyenne dā€™ā€ŠĆ¢ge: 64 ans; 54 % de femmes), a rĆ©vĆ©lĆ© un souffle cardiaque chez prĆØs dā€™ā€Šun quart des personnes (23 %) lors dā€™ā€Šune auscultation cardiaque (enregistrements Ć©lectroniques amplifiĆ©s Ć  quatre endroits) rĆ©alisĆ©e par trois mĆ©decins gĆ©nĆ©ralistes et un cardiologue. De plus, tous les participants avaient subi une Ć©chocardiographie (1). Environ une personne sur cinq (19 %) prĆ©sentait une ou plusieurs valvulopathies cardiaques pertinentes Ć  lā€™ā€ŠĆ©chographie (HKE: stĆ©nose aortique lĆ©gĆØre Ć  sĆ©vĆØre 45 fois, insuffisance mitrale modĆ©rĆ©e Ć  sĆ©vĆØre 286 fois, insuffisance aortique 148 fois, insuffisance sigmoĆÆde 3 fois; 79 fois > 1 valve). Lā€™ā€Šauscultation prĆ©sentait une spĆ©cificitĆ© Ć©levĆ©e en cas de souffle systolique distinct, mais une sensibilitĆ© limitĆ©e (35.5 %) pour le diagnostic dā€™ā€Šune HKE. La seule valvulopathie pour laquelle lā€™ā€Šauscultation dā€™ā€Šun souffle systolique prĆ©sentait une sensibilitĆ© Ć©levĆ©e (100 %) Ć©tait la stĆ©nose aortique. Une sensibilitĆ© limitĆ©e a Ć©tĆ© observĆ©e dans le cas dā€™ā€Šune IA (43 %) et dā€™ā€Šune IM (29 %). Un souffle diastolique nā€™ā€Ša Ć©tĆ© enregistrĆ© que dans neuf cas dā€™ā€ŠIA, avec une spĆ©cificitĆ© trĆØs Ć©levĆ©e. Dans de nombreux cas, les souffles cardiaques sont toutefois bĆ©nins (accidentels ou fonctionnels) et ne sont pas associĆ©s Ć  une HKE.

Le sexe masculin, lā€™ā€ŠĆ¢ge avancĆ© (≄ 70 ans) et lā€™ā€Šexistence dā€™ā€Šun antĆ©cĆ©dent dā€™ā€Šinfarctus du myocarde augmentaient considĆ©rablement la probabilitĆ© (OR: 3.3; 2.0; 2.3) dā€™ā€Šune HKE chez les personnes prĆ©sentant un souffle cardiaque, avec une VPP de 67 %. Chez une femme de moins de 70 ans sans antĆ©cĆ©dent dā€™ā€Šinfarctus du myocarde, la valeur prĆ©dictive positive (VPP) dā€™ā€Šune HKE nā€™ā€Šest que de 10 %. Dans cette Ć©tude, les femmes Ā­prĆ©sentaient davantage de souffles cardiaques que les hommes.

Selon lā€™ā€Šauteure principale, lā€™ā€Šauscultation cardiaque peut constituer une premiĆØre Ć©tape prĆ©cieuse et rentable, en particulier en cas dā€™ā€ŠAS, mais elle doit ĆŖtre complĆ©tĆ©e par une Ć©chocardiographie chez les personnes prĆ©sentant un risque Ć©levĆ© dā€™ā€Šinfarctus du myocarde (IAM).

Cela permet Ć©galement dā€™ā€ŠaccroĆ®tre lā€™ā€ŠintĆ©rĆŖt et lā€™ā€Šexpertise pour lā€™ā€Šexamen physique. Lā€™ā€Šimagerie multimodale est aujourdā€™ā€Šhui indispensable pour le diagnostic et le traitement des valvulopathies, en particulier pour Ć©valuer la physiopathologie et la gravitĆ© (2–5).

Dr Urs Dürst

Examens cliniques avec ou sans imagerie corporelle complĆØte aprĆØs chirurgie du mĆ©lanome cutanĆ© de stade II–III

La frĆ©quence des mĆ©lanomes cutanĆ©s malins augmente dans le monde entier. Cela entraĆ®ne une augmentation du nombre de personnes atteintes qui nĆ©cessitent un suivi mĆ©dical aprĆØs une excision. Un suivi structurĆ© est essentiel pour dĆ©tecter prĆ©cocement les rĆ©cidives et amĆ©liorer les chances de traitement. Ā­Cependant, les programmes internationaux de suivi diffĆØrent considĆ©rablement en termes de techniques dā€™ā€Šimagerie, de frĆ©quence et de durĆ©e des contrĆ“les, car aucune Ć©tude pertinente nā€™ā€Šest disponible. Lā€™ā€ŠĆ©tude suĆ©doise TRIM examine actuellement si lā€™ā€Šutilisation ciblĆ©e de lā€™ā€Šimagerie dans le cadre du suivi peut avoir un impact positif sur la survie globale des patients atteints de mĆ©lanomes Ć  haut risque. Lā€™ā€Šobjectif du suivi est de dĆ©tecter prĆ©cocement les rĆ©cidives et les nouvelles tumeurs primaires, et dā€™ā€ŠamĆ©liorer le taux de survie.

MƩthodes

lā€™ā€ŠĆ©tude randomisĆ©e de phase 3 a Ć©tĆ© menĆ©e sur un total de 19 sites. Le recrutement et la rĆ©partition des patients ont eu lieu entre juin 2017 et aoĆ»t 2023, dans les huit semaines suivant lā€™ā€ŠopĆ©ration. Les critĆØres dā€™ā€Šinclusion Ć©taient les suivants: Ć¢ge supĆ©rieur ou Ć©gal Ć  18 ans, excision dā€™ā€Šun mĆ©lanome malin cutanĆ© de stade IIB-C ou III, et fonction rĆ©nale suffisante pour une tomodensitomĆ©trie avec produit de contraste. Les critĆØres dā€™ā€Šexclusion comprenaient notamment une espĆ©rance de vie infĆ©rieure Ć  2 ans due Ć  dā€™ā€Šautres maladies, la participation Ć  dā€™ā€Šautres Ć©tudes interfĆ©rant avec lā€™ā€ŠĆ©tude TRIM, la prĆ©sence de cancers existants ou diagnostiquĆ©s au cours des 5 derniĆØres annĆ©es (Ć  lā€™ā€Šexception des carcinomes mammaires et cervicaux in situ, des mĆ©lanomes in situ, des mĆ©lanomes malins et des cancers de la peau non mĆ©lanocytaires), une grossesse ou une grossesse prĆ©vue. Le groupe standard comprenait des examens cliniques tous les 6 Ć  12 mois, une Ć©chographie des ganglions lymphatiques en cas de ganglion sentinelle positif, ainsi quā€™ā€Šune imagerie lors du traitement adjuvant, 6 mois aprĆØs le dĆ©but de celui-ci. Le groupe dā€™ā€Šintervention comprenait des analyses sanguines de S100B et de LDH Ć  0, 6, 12, 24 et 36 mois, ainsi quā€™ā€Šune tomodensitomĆ©trie ou un PET-CT aux mĆŖmes moments. Le critĆØre principal dā€™ā€ŠĆ©valuation de lā€™ā€ŠĆ©tude TRIM est la survie globale Ć  cinq ans. Les critĆØres dā€™ā€ŠĆ©valuation secondaires comprenaient la qualitĆ© de vie liĆ©e Ć  la santĆ©, Ć©valuĆ©e Ć  lā€™ā€Šaide du questionnaire QLQ-30, ainsi que le niveau dā€™ā€ŠanxiĆ©tĆ© et de dĆ©pression (Ć©chelle HAD) pendant la phase dā€™ā€Šintervention de trois ans. Lā€™ā€Šanalyse intermĆ©diaire a Ć©galement pris en compte la survie sans rĆ©cidive, la survie sans mĆ©tastases Ć  Ā­distance et la survie sans rĆ©cidive locale ou rĆ©gionale, en Ā­mettant lā€™ā€Šaccent sur la comparaison entre les groupes sur toute la pĆ©riode dā€™ā€Šobservation.

RƩsultats

dans lā€™ā€Šanalyse intermĆ©diaire de lā€™ā€ŠĆ©tude TRIM, 1008 participants ont Ć©tĆ© randomisĆ©s, dont 498 sont restĆ©s dans le groupe de traitement standard et 485 dans le groupe dā€™ā€Šintervention. AprĆØs une pĆ©riode de suivi mĆ©diane de 33.6 mois, aucune diffĆ©rence significative nā€™ā€Ša Ć©tĆ© observĆ©e entre les groupes en termes de survie globale, de survie sans rĆ©cidive, de mĆ©tastases Ć  distance ou de rĆ©cidives locales et rĆ©gionales. La comparaison entre la TDM et la TDM-TEP au FDG au sein du groupe expĆ©rimental nā€™ā€Ša pas non plus rĆ©vĆ©lĆ© de diffĆ©rences statistiquement significatives.

Conclusion

Lā€™ā€ŠĆ©tude TRIM est la premiĆØre Ć©tude randomisĆ©e sur lā€™ā€Šimagerie dans le suivi des mĆ©lanomes Ć  haut risque. Lā€™ā€Šanalyse intermĆ©diaire nā€™ā€Ša rĆ©vĆ©lĆ© aucun avantage significatif en termes de survie pour les patients. Des Ć©tudes antĆ©rieures et des donnĆ©es actuelles suggĆØrent toutefois que lā€™ā€Šimagerie peut permettre une dĆ©tection plus prĆ©coce des mĆ©tastases Ć  distance, sans pour autant amĆ©liorer la survie globale. Les rĆ©sultats sont prĆ©liminaires et doivent ĆŖtre interprĆ©tĆ©s avec prudence. Lā€™ā€ŠĆ©valuation finale pourrait influencer les futures lignes directrices.

Des Ć©tudes prospectives randomisĆ©es sur le traitement adjuvant dans ce groupe Ć  risque ont montrĆ© quā€™ā€Šenviron 30 % des rĆ©cidives ne concernaient que les organes viscĆ©raux. Sans imagerie corporelle complĆØte, ces mĆ©tastases passent inaperƧues. Compte tenu de lā€™ā€ŠefficacitĆ© des options thĆ©rapeutiques pour le traitement des mĆ©tastases Ć  distance, cette situation est prĆ©occupante. Qui peut affirmer avec certitude quā€™ā€Šaucun patient ne subira de prĆ©judice?

Alexander Khau, Pr Reinhard Dummer

Source
Ladjevardi C. et al._Physical examinations and whole body imaging versus physical examinations alone during follow up after radical surgery of stage IIB C_Lancet Oncol 2025

1. Davidsen AH, et al. Heart 2025;0:1-8. doi:10.1136/heartjnl-2024-325499
2. Narula J et al., Time to Add a Fifth Pillar to Bedside Physical Examination: Inspection, Palpation, Percussion, Auscultation, and Insonation. JAMA Cardiol 2018;3:346–350 doi:10.1001/jamacardio.2018.000
3. Manuel MSD, https://www.msdmanuals.com/de/profi/herz-kreislauf-krankheiten/untersuchung-des-herzpatienten/auskultation-des-herzens
4. Franke P, Auscultation gĆ©nĆ©rale et spĆ©cifique du cœur, J.F. Bergmann Verlag Munich 1984
5. Praz F et al., 2025 ESC/EACTS Guidelines for the management of valvular heart disease, European Heart Journal (2025) 46, 4635–4736 https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehaf194

Perception de la dƩprescription par la population gƩriatrique

Le vieillissement de la population est un dĆ©fi de santĆ© majeur. Les comorbiditĆ©s en gĆ©riatrie conduisent Ć  prescrire une polymĆ©dication complexe. La dĆ©prescription est un processus dĆ©cisionnel qui limite le nombre de mĆ©dicaments inappropriĆ©s. NĆ©anmoins, la perspective du patient reste insuffisamment Ć©tudiĆ©e. Une recherche exhaustive de la littĆ©rature dans plusieurs bases de donnĆ©es a identifiĆ© neuf Ć©tudes jusquā€™ā€Šen mai 2024 correspondant aux critĆØres dā€™ā€Šinclusion. Quatre thĆØmes principaux ont Ć©tĆ© identifiĆ©s autour de la perception de la dĆ©prescription par les patients: 1) la relation avec le mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste, 2) les aspects cliniques, 3) la dimension psychosociale et 4) les aspects pratiques. Plusieurs facteurs facilitant la dĆ©prescription du point de vue des patients ont Ć©tĆ© identifiĆ©s et peuvent ĆŖtre exploitĆ©s en clinique.

Ageing of the general population is a major forthcoming challenge for all healthcare systems. Co-morbidities in geriatrics lead to the prescription of complex polymedications. Deprescribing is a decision-making process that limits the number of inappropriate drugs. Nevertheless, the patientā€™ā€Šs perspective remains insufficiently studied. An extensive literature search of several databases identified nine studies up to May 2024 that met the criteria for inclusion. Four main themes have been identified around patientsā€™ā€Š perception of deprescription: 1) the relationship with the general practitioner, 2) the clinical aspects, 3) the psychosocial dimension and 4) the practical aspects. Several factors facilitating desprescribing from the patientā€™ā€Šs perspective have been identified and can be exploited clinically.
Keywords: Deprescribing, geriatrics, patient perceptions, shared decision-making

Introduction

La polymĆ©dication peut avoir des consĆ©quences importantes sur la qualitĆ© de vie, la morbiditĆ© et la mortalitĆ© (1). Une revue de 42 Ć©tudes a estimĆ© que prĆØs de 10 % des hospitalisations chez les patients de plus de 60 ans Ć©taient dues Ć  des effets indĆ©sirables mĆ©dicamenteux (1). La dĆ©prescription est une revue systĆ©matique des traitements et de leurs indications pour identifier les mĆ©dicaments potentiellement inappropriĆ©s (potentially inappropriate medications ou PIMs en anglais) et rĆ©duire leur posologie ou les arrĆŖter sous surveillance mĆ©dicale. MĆŖme si la dĆ©prescription est pertinente pour tous les patients, elle lā€™ā€Šest particuliĆØrement chez les personnes Ć¢gĆ©es (plus de 65 ans) (2). La prĆ©valence de la polymĆ©dication est globalement plus Ć©levĆ©e dans cette population en raison de la complexitĆ© des pathologies liĆ©es Ć  lā€™ā€ŠĆ¢ge et de leur prise en charge multidisciplinaire qui implique souvent plusieurs prescripteurs diffĆ©rents: une revue systĆ©matique a estimĆ© la prĆ©valence de la polymĆ©dication entre 38 et 91 % chez des patients de plus de 60 ans (Ć¢ge moyen de 61.7 Ć  86 ans) (3). De plus, la polymĆ©dication a Ć©tĆ© associĆ©e Ć  une moindre qualitĆ© de vie (4–6), que la revue de la polymĆ©dication peut amĆ©liorer, en particulier chez les personnes Ć¢gĆ©es (7).

La dĆ©prescription fait partie dā€™ā€Šun mouvement mondial vers une mĆ©decine plus efficiente (tant sur le plan financier que personnel), communĆ©ment appelĆ©e Ā«smarter medicineĀ». Parmi le top 5 des recommandations de la SociĆ©tĆ© suisse de mĆ©decine interne gĆ©nĆ©rale dans le cadre de la campagne Choosing wisely, on trouve la rƩƩvaluation rĆ©guliĆØre de lā€™ā€Šindication des inhibiteurs de la pompe Ć  protons Ć  long terme ou des benzodiazĆ©pines (8, 9).

La dĆ©prescription est un processus dynamique qui sā€™ā€ŠĆ©tend sur le long terme et constitue un exemple de prise de dĆ©cision partagĆ©e entre le mĆ©decin et le patient, dont les points de vue doivent ĆŖtre examinĆ©s sur le mĆŖme plan. En effet, la mĆ©decine centrĆ©e sur le patient est de plus en plus mise en avant dans les modĆØles de soins, ce qui implique que le point de vue du patient doit ĆŖtre explorĆ© pour devenir un outil de promotion de la santĆ©. Dans notre revue de littĆ©rature systĆ©matique intĆ©grative, nous avons cherchĆ© Ć  Ć©valuer de maniĆØre critique le point de vue des patients sur la dĆ©prescription dans une population gĆ©riatrique.

Methode

Cette revue de littĆ©rature systĆ©matique intĆ©grative a Ć©tĆ© rĆ©alisĆ©e selon le modĆØle conceptuel dĆ©crit par Whittemore et Knapf (8–9). Ce modĆØle comprend cinq Ć©tapes: identification du problĆØme, recherche de littĆ©rature, Ć©valuation des donnĆ©es, analyse et interprĆ©tation des donnĆ©es et prĆ©sentation des rĆ©sultats.

Pour identifier les Ć©tudes pertinentes, une stratĆ©gie de recherche exhaustive a Ć©tĆ© utilisĆ©e. La recherche de littĆ©rature a Ć©tĆ© effectuĆ©e en novembre 2023, avec une mise Ć  jour en avril 2024. Les bases de donnĆ©es Web of Science, MEDLINE/Pubmed, Embase et The Cochrane Central Register of Controlled Trials (CENTRAL) ont Ć©tĆ© consultĆ©es. Des synonymes, des termes libres et des Medical Subject Headings (MeSH) ont Ć©tĆ© utilisĆ©s pour dĆ©finir les mots-clĆ©s de la recherche dans les bases de donnĆ©es (Tab. 1). Deux Ć©valuateurs (NE et TFS) ont examinĆ© de faƧon indĆ©pendante les titres et les rĆ©sumĆ©s des articles et les ont classĆ©s selon leur Ć©ligibilitĆ© en fonction des critĆØres dā€™ā€Šinclusion et dā€™ā€Šexclusion (Tab. 2). Les divergences entre les deux Ć©valuateurs ont Ć©tĆ© rĆ©solues aprĆØs une discussion de consensus. Pour cette revue de littĆ©rature systĆ©matique intĆ©grative, nous avons choisi dā€™ā€ŠĆ©valuer les Ć©tudes Ć  lā€™ā€Šaide de diffĆ©rents outils, en fonction de leur conception. Les critĆØres du Critical Appraisal Skills Programme (CASP) pour les Ć©tudes qualitatives ont Ć©tĆ© utilisĆ©s pour les Ć©tudes qualitatives, sans pondĆ©ration entre les Ć©tudes. Pour lā€™ā€Šunique Ć©tude quantitative transversale incluse, nous avons utilisĆ© lā€™ā€ŠĆ©chelle de Newcastle-Ottawa adaptĆ©e aux Ć©tudes transversales. La faisabilitĆ© et la facilitĆ© dā€™ā€Šutilisation ont Ć©tĆ© les principaux critĆØres pour le choix de ces outils. Les articles retenus ont fait lā€™ā€Šobjet dā€™ā€Šune extraction de donnĆ©es par les deux Ć©valuateurs (NE et TFS) de maniĆØre indĆ©pendante et standardisĆ©e, conformĆ©ment Ć  un tableau dā€™ā€Šextraction dĆ»ment conƧu. Les divergences entre les Ć©valuateurs ont Ć©tĆ© rĆ©solues par consensus.

Resultats

CaractƩristiques des Ʃtudes incluses

Le processus de sĆ©lection des Ć©tudes est prĆ©sentĆ© en dĆ©tail sur la Fig. 1 et un aperƧu des Ć©tudes retenues est fourni par le Tab. 3.

Les donnĆ©es intĆ©grĆ©es sont prĆ©sentĆ©es sĆ©parĆ©ment sous quatre thĆØmes principaux qui ont Ć©tĆ© identifiĆ©s en relation avec la dĆ©prescription: 1) la relation mĆ©decin de famille-patient, 2) les aspects cliniques de la dĆ©prescription, 3) la dimension psychosociale de la dĆ©prescription et 4) les aspects pratiques de la dĆ©prescription. La Fig. 2 prĆ©sente les thĆØmes identifiĆ©s et la Fig. 3 illustre les relations entre ces thĆØmes. Le Tab. 4 rĆ©sume les principales conclusions.

Relation entre le mƩdecin de famille et le patient

Ce thĆØme a Ć©tĆ© celui le plus souvent identifiĆ© dans les Ć©tudes incluses (11–18). Le mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste semble ĆŖtre une figure centrale dans le processus de dĆ©prescription. Reeve et al. (2016) et Zechmann et al. (2019) ont rĆ©alisĆ© des Ć©tudes qualitatives chez des patients avec polymĆ©dication. Ils ont mis en Ć©vidence que le rĆ“le attendu du mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste est celui dā€™ā€Šun chef dā€™ā€Šorchestre qui coordonne efficacement les prescriptions des spĆ©cialistes. Cela pourrait Ć©viter la fragmentation des soins dans un rĆ©seau de santĆ©, avec une mauvaise communication entre les intervenants, souvent perƧue comme un obstacle Ć  la dĆ©prescription (11, 12, 14–17).

En revanche, dans leurs Ć©tudes basĆ©es sur des entretiens, Crutzen et al. (2020) et Linsky et al. (2014) ont montrĆ© que certains patients sont dā€™ā€Šavis que le gĆ©nĆ©raliste ne devrait pas dĆ©prescrire un mĆ©dicament prescrit par un spĆ©cialiste. Selon Reeve et al. (2016), des discussions multidisciplinaires pourraient favoriser le processus de prise de dĆ©cision et rassurer les patients sur la dĆ©prescription. NĆ©anmoins, la plupart des Ć©tudes sā€™ā€Šaccordent sur le rĆ“le central du mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste dans le processus de dĆ©prescription, grĆ¢ce Ć  une relation de confiance durable qui agit comme un facilitateur (11–18).

Aspects cliniques de la dƩprescription

Un processus de prise de dĆ©cision partagĆ©e autour de la dĆ©prescription nĆ©cessite que les patients connaissent la signification et lā€™ā€Šobjectif de cette derniĆØre, afin de promouvoir une dĆ©cision Ć©clairĆ©e. Linski et coll. (2014) et Turner et coll. (2017) ont soulignĆ© que certains patients nā€™ā€Šavaient jamais Ć©tĆ© informĆ©s de la possibilitĆ© de rƩƩvaluer la poursuite de certains mĆ©dicaments et nā€™ā€ŠĆ©taient pas familiers avec le terme Ā«dĆ©prescriptionĀ».

De plus, le manque de connaissances sur les indications pour lesquelles le mĆ©dicament a Ć©tĆ© prescrit Ć  lā€™ā€Šorigine et la faible sensibilisation des patients sur les bĆ©nĆ©fices attendus ou les effets indĆ©sirables des mĆ©dicaments (EIM) constituent un obstacle Ć  la dĆ©prescription (11, 14, 15, 18). Certaines Ć©tudes ont montrĆ© que les patients ayant vĆ©cu des EIM Ć©taient plus enclins Ć  la dĆ©prescription et quā€™ā€Šau contraire, la bonne tolĆ©rance dā€™ā€Šun mĆ©dicament peut ĆŖtre un frein Ć  la dĆ©prescription, mĆŖme en lā€™ā€Šabsence de bĆ©nĆ©fices (11, 13, 15, 18–24). En outre, les patients ayant vĆ©cu de multiples tentatives thĆ©rapeutiques avant de trouver le mĆ©dicament appropriĆ© pour une condition spĆ©cifique sont moins favorables Ć  la dĆ©prescription (11). Comme lā€™ā€Šont dĆ©crit Reeve et coll. (2016), informer le patient sur les alternatives au mĆ©dicament interrompu peut faciliter la dĆ©prescription.

Les Ć©vĆ©nements indĆ©sirables liĆ©s Ć  lā€™ā€ŠarrĆŖt des mĆ©dicaments (EIAM) sont Ć©galement un facteur Ć  prendre en compte (13, 15, 18). Les patients qui ont subi un Ć©chec dā€™ā€ŠarrĆŖt de mĆ©dicament ou qui craignent les EIAM seront plus rĆ©ticents Ć  accepter la dĆ©prescription (15), surtout si les mĆ©dicaments ciblĆ©s sont connus pour provoquer des EIAM, comme les benzodiazĆ©pines (BZD). Lā€™ā€Šorganisation de consultations spĆ©cifiquement axĆ©es sur la dĆ©prescription pourrait faciliter la dĆ©marche, en permettant une rƩƩvaluation rĆ©guliĆØre de lā€™ā€ŠopportunitĆ© de la dĆ©prescription et de sa tolĆ©rance, avec un suivi des EIAM et de la rĆ©apparition de la pathologie sous-jacente (11, 12, 15).

Dimension psychosociale de la dƩprescription

La reprĆ©sentation des patients des indications, des bĆ©nĆ©fices et des effets indĆ©sirables de leur mĆ©dicament joue un rĆ“le important dans leur acceptation du processus de dĆ©prescription. Par exemple, la crainte de manquer un bĆ©nĆ©fice potentiel futur ou de voir son Ć©tat de santĆ© se dĆ©grader constitue un obstacle Ć  la dĆ©prescription, surtout si un bĆ©nĆ©fice a Ć©tĆ© observĆ© dans le passĆ© sous le mĆŖme traitement (11, 15, 16, 18). Ainsi, le mĆ©dicament peut procurer un sentiment de sĆ©curitĆ© (12). ƀ lā€™ā€Šinverse, certains patients peuvent ĆŖtre motivĆ©s Ć  expĆ©rimenter leur Ć©tat de santĆ© sans traitement (18). Pour certains mĆ©dicaments psychotropes comme les BZD, la dĆ©pendance psychologique peut constituer un obstacle supplĆ©mentaire Ć  la dĆ©prescription (13). De plus, certains patients attribuent aux mĆ©dicaments un pouvoir presque magique de prolonger leur vie (13, 14), illustrant lā€™ā€Šimportance de les informer sur les indications de leur traitement.

Plusieurs Ć©tudes ont mis en Ć©vidence que lā€™ā€Šhabitude de prendre un mĆ©dicament dans le cadre dā€™ā€Šune routine quotidienne constitue un obstacle Ć  la dĆ©prescription (12, 15, 18).
Enfin, le processus de dĆ©prescription peut ĆŖtre influencĆ© par lā€™ā€Šentourage du patient ou par les mĆ©dias (11, 15, 19, 20).

Aspects pratiques de la dƩprescription

Le nombre de comprimĆ©s Ć  prendre par jour est souvent vĆ©cu comme un fardeau et constitue un argument majeur en faveur de la dĆ©prescription (11, 12, 14, 15, 18). Les contraintes liĆ©es Ć  la forme galĆ©nique et aux difficultĆ©s physiques Ć  prendre les mĆ©dicaments, par exemple en cas de troubles de la dĆ©glutition, mais aussi les difficultĆ©s liĆ©es Ć  lā€™ā€Šutilisation dā€™ā€Šun dispositif (par exemple inhalateurs ou collyres), sont Ć©galement importantes (14, 20).

Les coĆ»ts liĆ©s Ć  lā€™ā€Šachat des mĆ©dicaments ne sont Ć©voquĆ©s que dans une Ć©tude (15) comme un facteur facilitant la dĆ©prescription qui peut ĆŖtre important en fonction des systĆØmes dā€™ā€Šassurance et de remboursement.

Discussion

Cette revue de littĆ©rature systĆ©matique intĆ©grative a permis de dĆ©gager des thĆØmes autour de la dĆ©prescription du point de vue du patient qui influencent ce processus important de prise de dĆ©cision partagĆ©e. Il ressort de cette revue que les discussions autour de la dĆ©prescription et de sa mise en œuvre sont plus susceptibles dā€™ā€ŠĆŖtre acceptĆ©es si elles Ć©manent dā€™ā€Šun mĆ©decin avec lequel une relation durable de confiance a Ć©tĆ© Ć©tablie, le plus souvent le mĆ©decin de famille (11, 12, 16, 17, 25).

Il est intĆ©ressant de noter que certains patients estiment toutefois que la dĆ©prescription devrait ĆŖtre gĆ©rĆ©e par le prescripteur original de chaque mĆ©dicament ou par des spĆ©cialistes. Ces considĆ©rations autour du mĆ©decin de famille soulĆØvent la question de lā€™ā€ŠadĆ©quation du processus de dĆ©prescription en milieu hospitalier (26). Une communication efficace entre les mĆ©decins hospitaliers, le mĆ©decin de famille et le patient pourrait permettre dā€™ā€Šinitier le processus de dĆ©prescription en milieu hospitalier et dā€™ā€Šassurer sa poursuite en ambulatoire dans un continuum de soins (26).

Plusieurs auteurs se sont penchĆ©s spĆ©cifiquement sur la prise de dĆ©cision partagĆ©e, telle quā€™ā€ŠappliquĆ©e Ć  la dĆ©prescription chez les personnes Ć¢gĆ©es, et ont dĆ©montrĆ© une variabilitĆ© importante de la participation des patients, allant dā€™ā€Šun rĆ“le passif Ć  un rĆ“le actif dans le processus dĆ©cisionnel (22, 24, 27). Notre revue systĆ©matique montre Ć©galement cette ambivalence chez les personnes Ć¢gĆ©es, ce qui suggĆØre quā€™ā€Šune approche personnalisĆ©e devrait ĆŖtre proposĆ©e en fonction des prĆ©fĆ©rences individuelles de chaque patient. Encore une fois, en tant que soignant de rĆ©fĆ©rence, le mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste joue un rĆ“le central dans la dĆ©termination dā€™ā€Šune stratĆ©gie individualisĆ©e pour chaque patient.

Une prise de dĆ©cision partagĆ©e rĆ©ussie suppose une comprĆ©hension des enjeux par les deux parties impliquĆ©es, y compris une bonne littĆ©ratie mĆ©dicale du patient. En dā€™ā€Šautres termes, une faible littĆ©ratie mĆ©dicale peut ĆŖtre un obstacle Ć  la prise de dĆ©cision partagĆ©e. Cet obstacle peut ĆŖtre amoindri par les explications donnĆ©es par le mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste qui Ā«traduitĀ» les donnĆ©es biomĆ©dicales en un langage plus simple (11, 13, 14, 18, 19). La comprĆ©hension par le patient de lā€™ā€Šindication de ses mĆ©dicaments et des bĆ©nĆ©fices attendus est un enjeu central dans la dĆ©prescription. Cependant, notre revue a montrĆ© que les perceptions et les attentes du patient peuvent ĆŖtre modifiĆ©es par les opinions des mĆ©dias ou de lā€™ā€Šentourage. En gĆ©nĆ©ral, la diffusion dā€™ā€Šinformations biomĆ©dicales par les mĆ©dias, en particulier Internet, les rend plus accessibles aux patients, bien que lā€™ā€Šexactitude des informations fournies ne soit pas garantie (28, 29). Il existe peu de donnĆ©es sur lā€™ā€Šinfluence dā€™ā€ŠInternet et dā€™ā€Šautres plateformes de mĆ©dias sociaux sur la dĆ©prescription en particulier. Le mĆ©decin soutenant le patient dans le processus de dĆ©prescription devrait donc lā€™ā€Šinterroger sur dā€™ā€ŠĆ©ventuelles influences sociales ou mĆ©diatiques sur ses reprĆ©sentations des mĆ©dicaments et de la dĆ©prescription. Cela pourrait aider Ć  Ć©valuer sa littĆ©ratie mĆ©dicale et Ć  corriger les informations erronĆ©es qui pourraient interfĆ©rer avec le processus (11, 15, 19, 20).

Cette revue a mis en Ć©vidence des Ć©tapes essentielles pour faciliter lā€™ā€Šacceptation du processus de dĆ©prescription, soit la clarification des indications pour lesquelles le mĆ©dicament a Ć©tĆ© initialement prescrit, la comparaison des bĆ©nĆ©fices attendus par le patient avec des donnĆ©es probantes et lā€™ā€Šidentification du fardeau liĆ© aux mĆ©dicaments et des expĆ©riences prĆ©cĆ©dentes du patient. Nous avons identifiĆ© des thĆØmes rĆ©currents chez les patients, tels que la crainte des effets indĆ©sirables liĆ©s au mĆ©dicament mais Ć©galement Ć  son arrĆŖt (symptĆ“mes de sevrage par exemple), la charge quotidienne liĆ©e Ć  la prise du mĆ©dicament, la crainte de manquer des bĆ©nĆ©fices potentiels futurs et lā€™ā€ŠexpĆ©rience passĆ©e dā€™ā€Šun Ć©chec de dĆ©prescription. Nous avons Ć©galement identifiĆ© que la mise en place de consultations mĆ©dicales spĆ©cifiquement consacrĆ©es Ć  la dĆ©prescription serait un facilitateur, car ce processus Ć©volue sur un long terme et nĆ©cessite un suivi clinique rĆ©gulier pour rƩƩvaluer la pertinence et la tolĆ©rance de la dĆ©prescription (11, 12, 15).

Points forts et limitations

La principale force de cette revue systĆ©matique rĆ©side dans le fait quā€™ā€Šelle a pour objectif dā€™ā€Šexplorer le processus de dĆ©prescription du point de vue du patient. ƀ notre connaissance, seule une publication antĆ©rieure sā€™ā€Šest intĆ©ressĆ©e Ć  ce point de vue essentiel (30). Ceci est toutefois particuliĆØrement important, car les patients demeurent au centre de toute prise en charge mĆ©dicale, dā€™ā€Šautant plus que la relation mĆ©decin-patient Ć©volue vers un modĆØle de partenariat avec discussion des risques et bĆ©nĆ©fices de toute intervention mĆ©dicale.
De plus, en ciblant spécifiquement la population gériatrique, notre revue se concentre sur une population fragile qui sera de plus en plus nombreuse dans les années à venir. La déprescription chez les personnes âgées est donc un enjeu de santé actuel et futur.

Cette revue de littĆ©rature systĆ©matique intĆ©grative prĆ©sente des limites. Elle ne comptait que neuf articles, car la littĆ©rature sur ce sujet est rare, ce qui suggĆØre que la perspective des patients sur la dĆ©prescription nā€™ā€Šest pas suffisamment Ć©tudiĆ©e. Le nombre de donnĆ©es pourrait ĆŖtre considĆ©rĆ© comme insuffisant pour tirer des conclusions robustes. NĆ©anmoins, les thĆØmes identifiĆ©s dans la revue Ć©taient riches et diversifiĆ©s, ce qui rend cette revue importante pour mettre en lumiĆØre le point de vue des patients sur la dĆ©prescription. Une approche qualitative a Ć©tĆ© jugĆ©e appropriĆ©e pour rĆ©pondre Ć  notre question de recherche, car la plupart des Ć©tudes incluses Ć©taient de nature qualitative. Ce paramĆØtre pourrait avoir un impact sur la gĆ©nĆ©ralisation Ć  plus grande Ć©chelle. Des recherches futures pourraient inclure plus de recherches quantitatives pour renforcer les donnĆ©es qualitatives.

Nos rĆ©sultats reflĆØtent les points de vue des patients qui pourraient ĆŖtre utilisĆ©s pour soutenir le processus de dĆ©prescription. Deux tiers des Ć©tudes incluses ont toutefois Ć©tĆ© menĆ©es aux Ɖtats-Unis, au Canada ou en Australie. Certains facteurs culturels ou liĆ©s au systĆØme de santĆ© peuvent avoir influencĆ© la perspective des patients sur la dĆ©prescription et peuvent limiter la gĆ©nĆ©ralisation de ces rĆ©sultats Ć  notre population suisse. Lā€™ā€Šexploration des diffĆ©rences culturelles dans les perceptions de la dĆ©prescription pourrait rĆ©vĆ©ler de nouvelles perspectives. De plus, des Ć©tudes supplĆ©mentaires devraient ĆŖtre menĆ©es auprĆØs de patients europĆ©ens pour identifier des outils adaptĆ©s Ć  notre population. Le rĆ©seau des mĆ©decins gĆ©nĆ©ralistes ou des gĆ©riatres pourrait ĆŖtre mobilisĆ© pour une Ć©tude nationale en Suisse. Par ailleurs, dā€™ā€Šautres revues systĆ©matiques axĆ©es sur les perspectives des soignants et des professionnels de la santĆ© devraient ĆŖtre rĆ©alisĆ©es afin dā€™ā€Šoffrir une vision plus globale de la dĆ©prescription et dā€™ā€Šidentifier les facilitateurs parmi tous les acteurs du processus (patient, proche-aidant, soignant et mĆ©decin gĆ©nĆ©raliste) pour lā€™ā€ŠintĆ©grer dans la pratique quotidienne.

Enfin, lā€™ā€Šutilisation de deux outils diffĆ©rents pour lā€™ā€ŠĆ©valuation de la qualitĆ© (un pour les Ć©tudes qualitatives et un pour les Ć©tudes quantitatives) pourrait ĆŖtre considĆ©rĆ©e comme une limite. La justification de ce choix repose sur le fait quā€™ā€Šune seule Ć©tude Ć©tait quantitative et quā€™ā€Šil Ć©tait donc important dā€™ā€Šutiliser un outil dā€™ā€ŠĆ©valuation dĆ©diĆ© pour cette Ć©tude.

Conclusion

La dĆ©prescription chez les personnes Ć¢gĆ©es est un enjeu majeur de promotion de la santĆ©, car elle permet de limiter une source de fragilitĆ© dans une population croissante exposĆ©e Ć  la polymĆ©dication et Ć  ses consĆ©quences. Dans une mĆ©decine de plus en plus centrĆ©e sur le patient et promouvant la prise de dĆ©cision conjointe, il est important dā€™ā€Šidentifier des outils facilitant la discussion autour de la dĆ©prescription.

Le mĆ©decin de famille joue un rĆ“le central dans la dĆ©prescription en tant que personne de confiance et coordonnateur des soins. De plus, il semble que le processus de dĆ©prescription soit complexe et quā€™ā€Šil implique de nombreux enjeux liĆ©s au patient, au mĆ©decin et Ć  la sociĆ©tĆ©, qui sont interdĆ©pendants et difficiles Ć  analyser sĆ©parĆ©ment. Ces multiples aspects doivent donc ĆŖtre considĆ©rĆ©s lors de la discussion avec le patient.

Des Ć©tudes supplĆ©mentaires sont nĆ©cessaires pour Ć©valuer le point de vue des proches-aidants et lā€™ā€ŠintĆ©grer dans le processus de dĆ©prescription pour une approche globale de la personne Ć¢gĆ©e.

AbrƩviations
BZD: benzodiazƩpines
EIM: effet indƩsirable mƩdicamenteux
EIAM: Ć©vĆ©nements indĆ©sirables liĆ©s Ć  lā€™ā€ŠarrĆŖt des mĆ©dicaments
PIM: potentially inappropriate medications

Copyright
Aerzteverlag medinfo AG

Cet article est une traduction de PRAXIS 10_2025.

Dre Nadia Exquis

Département de Réadaptation et Gériatrie HÓpitaux Universitaires Genève (HUG)

PD Dre Tanja Fusi-Schmidhauser

– DĆ©partement de RĆ©adaptation et GĆ©riatrie HĆ“pitaux Universitaires GenĆØve (HUG)
– Clinica di Cure Palliative e di Supporto, Ente Ospedaliero Cantonale, Lugano
– DĆ©partement de mĆ©decine interne, Ospedale Regionale di Lugano
– FacultĆ© de MĆ©decine, UniversitĆ© de GenĆØve

Les autrices nā€™ā€Šont pas dĆ©clarĆ© de conflit dā€™ā€ŠintĆ©rĆŖts en rapport avec cet article.

  • Le mĆ©decin de famille joue un rĆ“le clĆ© dans tout le processus de dĆ©cision partagĆ©e autour de la dĆ©prescription et dĆ©termine la faƧon dont le patient le perƧoit.
  • Les aspects psychosociaux et pratiques de la dĆ©prescription doivent ĆŖtre pris en compte.
  • L’identification de plusieurs facteurs facilitant la prise de dĆ©cision conjointe favorise la dĆ©prescription dans l’activitĆ© clinique quotidienne.

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La fiche documentaire aprĆØs traumatisme de l’épaule

Les lĆ©sions de la coiffe des rotateurs sont une cause frĆ©quente de douleurs Ć  l’épaule. Avec l’âge, les tendons de la coiffe des rotateurs subissent des processus dĆ©gĆ©nĆ©ratifs, ce qui rend souvent difficile la diffĆ©renciation entre une cause traumatique ou dĆ©gĆ©nĆ©rative des lĆ©sions tendineuses. Tous les travailleurs et travailleuses occupĆ©s en Suisse sont obligatoirement assurĆ©s contre les accidents, cette diffĆ©renciation aprĆØs un traumatisme est donc extrĆŖmement pertinente pour dĆ©terminer le rĆ©pondant des coĆ»ts. Il est essentiel que les informations relatives Ć  l’accident soient saisies de maniĆØre aussi dĆ©taillĆ©e et structurĆ©e que possible lors de la premiĆØre consultation mĆ©dicale, qui a gĆ©nĆ©ralement lieu chez le mĆ©decin de famille ou dans les services d’urgence. Le groupe d’experts Ć©paule et coude de Swiss Orthopaedics et la Suva ont Ć©laborĆ© conjointement une fiche documentaire aprĆØs traumatisme de l’épaule qui devrait permettre d’y parvenir. L’objectif de cet article est de mieux faire connaĆ®tre cette fiche documentaire aprĆØs traumatisme de l’épaule et de montrer sa pertinence pour l’évaluation relative Ć  la mĆ©decine d’assurance d’un traumatisme de l’épaule.

Lesions of the rotator cuff are a common cause of shoulder pain. The tendons of the rotator cuff undergo degenerative processes with increasing age, which makes it difficult to distinguish between traumatic and degenerative causes of tendon injuries. The Swiss population is covered by a compulsory accident insurance; thus, the differentiation of trauma and degeneration is important regarding responsibilities of the insurance providers. A detailed and structured documentation of all injury-related information at the first medical consultation, which frequently is conducted by general practitioners and emergency wards, is essential. To provide a reproducible template for this critical documentation, the shoulder and elbow expert group of Swiss Orthopaedics in collaboration with Suva created a shoulder trauma documentation form. The purpose of this article is to introduce, popularise and underline the importance of this form.
Keywords: rotator cuff, shoulder injury, insurance medicine, fact sheet

Les douleurs Ć  l’épaule comptent parmi les symptĆ“mes les plus frĆ©quents des consultations musculo-squelettiques chez les premiers fournisseurs de soins (1). Une revue systĆ©matique complĆØte a inclus 61 Ć©tudes dans lesquelles la prĆ©valence des douleurs Ć  l’épaule chez les patients et patientes en soins de premier recours Ć©tait comprise entre 1 et 4.8 %. L’incidence annuelle est estimĆ©e Ć  environ 12–25/1000 (2). Environ 50 % des patients et patientes font Ć©tat de symptĆ“mes persistants six mois aprĆØs la premiĆØre consultation, sans tenir compte du traitement mis en place (3). Les lĆ©sions de la coiffe des rotateurs reprĆ©sentent une grande partie des pathologies de l’épaule (2). La prĆ©valence dans tous les groupes d’âge est d’environ 20 %, avec une nette augmentation avec l’âge (4). Il s’agit de ruptures de la coiffe des rotateurs d’origine dĆ©gĆ©nĆ©rative ou traumatique. Dans leur Ć©tude prospective sur les traumatismes de l’épaule s’étendant sur une annĆ©e, Enger et al. (5) ont observĆ© que le diagnostic de lĆ©sion de la coiffe des rotateurs Ć©tait confirmĆ© dans 4 % de toutes les blessures de l’épaule, celles-ci survenant Ć  un Ć¢ge mĆ©dian de 60 ans.

Il n’est pas rare que des difficultĆ©s surviennent lors de la diffĆ©renciation exacte entre les sĆ©quelles de traumatismes et les lĆ©sions de la coiffe des rotateurs dĆ©gĆ©nĆ©ratives/liĆ©es Ć  l’âge et Ć  l’usure (appelĆ©es Ā«acute-on-chronicĀ»).

ConformĆ©ment Ć  la loi fĆ©dĆ©rale sur l’assurance-accidents, tous les travailleurs et travailleuses occupĆ©s en Suisse sont obligatoirement assurĆ©s auprĆØs d’une assurance-accidents (art. 1 LAA). Les personnes qui n’exercent pas d’activitĆ© professionnelle bĆ©nĆ©ficient d’une couverture d’assurance en cas d’accident par le biais de la caisse-maladie. Les personnes au chĆ“mage sont obligatoirement assurĆ©es contre les accidents par la Suva. Un accident doit ĆŖtre dĆ©clarĆ© Ć  l’assurance-accidents compĆ©tente, Ć  l’employeur ou l’assurance-chĆ“mage (art. 45 LAA). Cette dĆ©claration permet de fournir Ć  l’assurance des informations sur la date de l’accident, les circonstances et l’éventuelle incapacitĆ© de travail qui en rĆ©sulte. Souvent, la dĆ©claration d’accident est faite par ou via l’employeur. Un certificat mĆ©dical LAA contient ces informations et est rempli par le premier mĆ©decin traitant. L’assurance-accidents examine, sur la base des donnĆ©es disponibles, si l’on est en prĆ©sence d’un accident (tel que dĆ©fini Ć  l’article 4 LPGA), d’une maladie professionnelle au sens de l’article 6, alinĆ©a 1, LAA ou d’un diagnostic de la liste au sens de l’article 6, alinĆ©a 2, LAA. Dans de nombreux cas, une apprĆ©ciation relative Ć  la mĆ©decine d’assurance est nĆ©cessaire.

Il est difficile de distinguer les causes traumatiques des causes dƩgƩnƩratives des lƩsions de la coiffe des rotateurs

Le dilemme de la mĆ©decine d’assurance consiste souvent dans le fait que des lĆ©sions asymptomatiques et symptomatiques de la coiffe des rotateurs existent (4). En plus des processus de vieillissement, d’une sollicitation rĆ©pĆ©titive inappropriĆ©e ou excessive (p. ex. dans les sports au-dessus de la tĆŖte) ainsi que, par exemple, des influences gĆ©nĆ©tiques, les lĆ©sions sĆ©vĆØres de la coiffe des rotateurs causĆ©es par un accident doivent ĆŖtre prises en compte. Lors de l’apprĆ©ciation relative Ć  la mĆ©decine d’assurance des cas de traumatisme de l’épaule, il s’avĆØre que des informations importantes et pertinentes pour la prise de dĆ©cision ne sont souvent pas documentĆ©es. En collaboration avec la mĆ©decine d’assurance de la Suva et le groupe d’experts Ć©paule et coude de Swiss Orthopaedics, il a Ć©tĆ© dĆ©fini quelles informations doivent ĆŖtre recueillies et documentĆ©es dans le cadre d’un examen initial. Les informations relatives Ć  l’anamnĆØse, au dĆ©roulement de l’évĆ©nement, Ć  l’évolution aprĆØs l’évĆ©nement, aux premiĆØres constatations mĆ©dicales et aux rĆ©sultats du diagnostic Ć  l’aide d’appareils ont une influence sur l’établissement du diagnostic, la planification du traitement et les rĆ©sultats des personnes blessĆ©es ainsi que sur l’apprĆ©ciation de mĆ©decine d’assurance.

Dans la pratique, il s’avĆØre que des informations dĆ©cisives font souvent dĆ©faut. Il en rĆ©sulte notamment un retard dans la consultation d’un spĆ©cialiste de l’épaule et une perte d’informations essentielles au cours du processus. Les dĆ©clarations de la premiĆØre heure (des personnes assurĆ©es sur le dĆ©roulement de l’évĆ©nement) ainsi que les rĆ©sultats des premiĆØres consultations mĆ©dicales jouent un rĆ“le important pour l’apprĆ©ciation des preuves et l’évaluation du lien de causalitĆ©.

Pour les raisons mentionnĆ©es, un contexte tendu peut rapidement apparaĆ®tre. En outre, les constatations mĆ©dicales recueillies sont Ć©valuĆ©es diffĆ©remment par les mĆ©decins soignants et les mĆ©decins d’assurance. Les affirmations de la littĆ©rature scientifique (sur la causalitĆ© des accidents) ne sont pas uniformes, notamment en raison des diffĆ©rentes dĆ©finitions de la notion d’accident.

Du point de vue des spĆ©cialistes de l’épaule

Certaines lĆ©sions tendineuses sont critiques en termes de temps et nĆ©cessitent un traitement chirurgical rapide afin d’obtenir de bons rĆ©sultats, de rĆ©duire rapidement la souffrance des patients et patientes et de limiter les dommages Ć©conomiques, comme l’arrĆŖt de travail. La dĆ©cision thĆ©rapeutique et l’évaluation de la causalitĆ© de l’accident sont soumises Ć  une certaine pression du temps. Un examen accĆ©lĆ©rĆ© des prestations par les assurances-accidents prĆ©sente des avantages pour les personnes assurĆ©es: elles ont moins d’incertitude et moins de temps d’attente pour les traitements. Si les demandes de renseignements de la part des assurances sont moins nombreuses, les mĆ©decins traitants sont allĆ©gĆ©s de certaines tĆ¢ches. MĆŖme pour la planification d’un traitement conservateur en cas d’indication non urgente, des avantages rĆ©sultent d’une durĆ©e de traitement rĆ©duite et d’une clarification concernant la prise en charge des coĆ»ts.

Du point de vue de la mĆ©decine d’assurance

Lors de l’apprĆ©ciation relative Ć  la mĆ©decine d’assurance aprĆØs un traumatisme de l’épaule, il s’avĆØre souvent que de nombreuses informations importantes et pertinentes pour la prise de dĆ©cision ne sont pas documentĆ©es. Les personnes assurĆ©es (patients et patientes) bĆ©nĆ©ficient cependant d’une collecte structurĆ©e et complĆØte des rĆ©sultats mĆ©dicaux.
En cas de doute et d’absence de base de dĆ©cision, elles supportent les consĆ©quences de l’absence de preuve. Si tous les rĆ©sultats et informations pertinents sont disponibles au moment de la prĆ©sentation Ć  la mĆ©decine d’assurance, l’apprĆ©ciation peut ĆŖtre effectuĆ©e rapidement, de maniĆØre ciblĆ©e et dĆ»ment motivĆ©e. Il convient de noter que la mĆ©decine d’assurance et la mĆ©decine curative ne font que considĆ©rer les mĆŖmes faits sous des angles diffĆ©rents.

Conclusion

Afin de simplifier et d’uniformiser la saisie des informations, la fiche documentaire aprĆØs traumatisme de l’épaule a Ć©tĆ© Ā­Ā­dĆ©veloppĆ©e en collaboration entre Swiss Orthopaedics et la mĆ©decine d’assurance de la Suva. Cette fiche doit permettre de saisir de maniĆØre structurĆ©e les informations pertinentes dans le cadre de la premiĆØre consultation en temps rĆ©el concernant un Ć©vĆ©nement. En complĆ©ment de la dĆ©claration de sinistre LAA, la fiche documentaire Ć©laborĆ©e permet, entre autres, de recueillir une description aussi prĆ©cise que possible du dĆ©roulement de l’évĆ©nement, de l’attitude aprĆØs l’incident (p. ex. arrĆŖt immĆ©diat de l’activitĆ©, nĆ©cessitĆ© d’un sauvetage, etc.), de la question des troubles antĆ©rieurs Ć  l’épaule concernĆ©e, des blessures associĆ©es, ainsi que la documentation des rĆ©sultats de l’examen clinique, y compris un test standardisĆ© de la coiffe des rotateurs. Les rĆ©sultats d’un Ć©ventuel examen radiologique de l’épaule, le traitement de premiĆØre ligne mis en place et la question de savoir si un diagnostic plus approfondi et un traitement orthopĆ©dique spĆ©cialisĆ© sont considĆ©rĆ©s comme nĆ©cessaires complĆØtent la documentation. En complĆ©ment, une documentation sur les techniques d’examen de l’articulation de l’épaule est disponible Ć  l’adresse suivante: https://tinyurl.com/4jxv3fwh.

La fiche documentaire peut ĆŖtre consultĆ©e sur medForms (https://www.medforms.ch). La fiche documentaire pour premiĆØre consultation aprĆØs un traumatisme d’accĆ©lĆ©ration cranio-cervical s’est avĆ©rĆ©e trĆØs efficace. Il faut souhaiter un succĆØs comparable Ć  la fiche documentaire aprĆØs traumatisme de l’épaule.

Nous estimons qu’il faut compter environ 5 minutes pour remplir le formulaire

Nous considĆ©rons la fiche documentaire aprĆØs traumatisme de l’épaule comme un outil utile et judicieux et souhaitons en particulier attirer l’attention des premiers fournisseurs de soins, tels que les mĆ©decins de famille et les mĆ©decins des services d’urgence, sur ce formulaire et les motiver Ć  le remplir en bonne et due forme.

QR Code: la fiche documentaire aprĆØs traumatisme de l’épaule

Dr Stefan Loske 1
med. pract. Peter Bülow 2 (shared first)
Pr Andreas Müller 3
Dr Josef Grab 2
Pr Samy Bouaicha 4
Pr Matthias Zumstein 5
PD Dr Hannjƶrg Koch 2
Dr Thomas Meier 2
Shoulder and Elbow Expert Group of Swiss Orthopaedics 6
Pr Claudio Rosso 1

1 Arthro Medics AG, Eichenstr. 31, 4054 BĆ¢le, c.rosso@arthro.ch et s.loske@arthro.ch
2 Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents (Suva), Fluhmattstr. 1, 6002 Lucerne
3 HÓpital universitaire de Bâle, Spitalstr. 21, 4056 Bâle
4 Clinique universitaire Balgrist, Forchstr. 340, 8008 Zurich
5 OrthopƩdie Sonnenhof, Salvisbergstr. 4, 3006 Berne
6 Bauer Stefan, Candrian Christian, Cikes Alec, Cunningham Gregory, Goetti Patrick, Hertel Ralph, Hoffmeyer Pierre, Holzer Nicolas, Jost Bernhard, LƤdermann Alexandre, PuskƠs GƠbor, SchƤr Michael, Schneeberger Alberto, Spross Christian, Wieser Karl, Wirth Barbara

Copyright
Aerzteverlag medinfo AG

Cet article est une traduction de Ā«der informierte arzt – die informierte ƤrztinĀ» 11_2025

Dr Stefan Loske

Arthro Medics AG
Eichenstr. 31
4054 BĆ¢le
s.loske@arthro.ch

med. pract. Peter Bülow

Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents (Suva)
Fluhmattstr. 1
6002 Lucerne

Pr Claudio Rosso

Arthro Medics AG
Eichenstr. 31
4054 BĆ¢le

c.rosso@arthro.ch

Les auteurs n’ont pas dĆ©clarĆ© de conflit d’intĆ©rĆŖts en rapport avec cet article.

  • La distinction entre une cause accidentelle ou une cause liĆ©e Ć  l’âge/dĆ©gĆ©nĆ©rative des lĆ©sions de la coiffe des rotateurs n’est gĆ©nĆ©ralement pas simple et nĆ©cessite de nombreuses informations.
  • La distinction est nĆ©cessaire pour dĆ©terminer le rĆ©pondant des coĆ»ts compĆ©tent.
  • Une documentation aussi complĆØte et dĆ©taillĆ©e que possible de la premiĆØre consultation mĆ©dicale aprĆØs un traumatisme de l’épaule fournit des informations importantes pour la prise de dĆ©cision; il n’est pas rare que trop peu de donnĆ©es soient saisies Ć  cette fin.
  • Afin de standardiser la saisie initiale, le groupe d’experts Ć©paule et coude de Swiss Orthopaedics et la Suva ont Ć©laborĆ© conjointement une fiche documentaire aprĆØs traumatisme de l’épaule, qui est dĆ©sormais Ć  la disposition des premiers mĆ©decins traitants.

1. Urwin M, Symmons D, Allison T, Brammah T, Busby H, Roxby M, et al. Estimating the burden of musculoskeletal disorders in the community: the comparative prevalence of symptoms at different anatomical sites, and the relation to social deprivation. Ann Rheum Dis. 1998;57(11):649-55.
2. Mitchell C, Adebajo A, Hay E, Carr A. Shoulder pain: diagnosis and management in primary care. BMJ (Clinical research ed). 2005;331(7525):1124-8.
3. Kuijpers T, van der Windt DAWM, van der Heijden GJMG, Bouter LM. Systematic review of prognostic cohort studies on shoulder disorders. PAIN. 2004;109(3):420-31.
4. Yamamoto A, Takagishi K, Osawa T, Yanagawa T, Nakajima D, Shitara H, et al. Prevalence and risk factors of a rotator cuff tear in the general population. Journal of shoulder and elbow surgery. 2010;19(1):116-20.

Aus der Praxis für die Praxis: Willkommen im Board

Liebe Kolleginnen und Kollegen

Mit der ersten Ausgabe im neuen Jahr richten wir den Blick nach vorn und freuen uns, Ihnen über weitere Einsitznahmen von engagierten Kolleginnen und Kollegen in unsere Boards informieren zu können. Denn die Qualität und Praxisnähe unseres Hefts sind abhängig von Personen, die Themen mitdenken, Schwerpunkte setzen und ihre fachlichen Perspektiven einbringen.

Besonders freut es uns, dass unser HausƤrzte-Board mit Frau Dr. med. Rahel Stolz von Moos verstƤrkt wird. Sie bringt als leidenschaftliche HausƤrztin ihre Erfahrung aus dem Blickwinkel ihrer lƤndlichen Hausarztpraxis am Bahnhof Cazis/GR ein, wo sie als Leitende Ƅrztin und Mitglied der GeschƤftsleitung die medizinische Leitung verantwortet. In ihrer Praxis, die mittlerweile ein sechskƶpfiges Ƅrzteteam umfasst und interprofessionell arbeitet, steht die medizinische Grundversorgung im Zentrum – genau an dem Ort, wo unsere Fortbildungsthemen ihren Ursprung haben. Denn unser HausƤrzte-Board bestimmt, welche Inhalte Sie hier monatlich lesen: aus der Praxis, für die Praxis. Mit Frau Dr. Rahel Stolz von Moos aus dem Bündnerland wird die lƤndlich geprƤgte Hausarztmedizin authentisch vertreten sein.

Auch unser Editorialboard wƤchst: Mit Prof. Dr. med. Reinhard Dummer, Dr. med. Andrea Rosemann und Prof. Dr. med. Philipp Schütz gewinnen wir drei profilierte Persƶnlichkeiten, die unser Heft fachlich weiter stƤrken. Prof. Reinhard Dummer ist Professor an der UniversitƤt Zürich und Leiter des Hautkrebszentrum, Kantonsspital Aarau. Als ausgewiesener Experte im Bereich Hautmalignome – insbesondere Melanome – bringt er umfassende klinische und wissenschaftliche Erfahrung ein. Dr. Andrea Rosemann, FachƤrztin für Kardiologie, Angiologie und Innere Medizin, leitet die Guidelines für Grundversorger am Departement für Innere Medizin, UniversitƤtsspital Zürich, und steht damit für Orientierung und Umsetzbarkeit im klinischen Alltag. Prof. Philipp Schütz, Internist und Endokrinologe mit Schwerpunkt klinische ErnƤhrungsmedizin, leitet am Kantonsspital Aarau die Medizinische UniversitƤtsklinik sowie zentrale Bereiche der Allgemeinen Inneren Medizin und Hausarztmedizin und ist national wie international bestens vernetzt.

Wir freuen uns, zusammen mit den neuen Boardmitgliedern voll motiviert ins neue Jahr zu starten: nah an der Praxis, breit abgestützt in der Expertise und mit dem klaren Ziel, Ihnen Inhalte zu liefern, die im Alltag wirklich weiterhelfen.

Wir wünschen Ihnen einen guten Start ins Jahr und eine anregende Lektüre.

Dr. med. Christian HƤuptle
Medizinische Leitung

Eleonore E. Droux
Verlegerin und GeschƤftsinhaberin

Journal Watch von unseren Experten

Frühe Krebsdiagnose mit Bluttest

35 878 Probanden (Alter über 50 Jahre, kein klinischer Verdacht auf Krebs und keine Krebsdiagnose oder Krebsbehandlung in den vorangegangenen 3 Jahren) wurden in die Studie aufgenommen. Von 23 161 auswertbaren Probanden mit einer Nachbeobachtungszeit von 12 Monaten wiesen 216 (0.93 %) einen positiven Galleri-Test auf, ein Multi-Cancer Early Detection (MCED)-Test des US-Unternehmens Grail, der charakteristische Methylierungsmuster in zellfreier DNA (cfDNA) aus dem Blut analysiert. Das Methylierungsmuster von Tumorzellen weicht von dem gesunder Zellen ab und ist zudem krebsartspezifisch (zum Beispiel Lunge, Darm, Leber). Mittels Künstlicher Intelligenz (KI) kann der MCED-Test ableiten, ob ein Krebssignal vorliegt und aus welchem Organ es vermutlich stammt. Bei positivem Test erfolgte eine gezielte Diagnostik anhand des vom Test vermuteten Ursprungsorts (Cancer Signal Origin, CSO).

Die SpezifitƤt betrug 99.6 %; der positive prƤdiktive Wert (PPV) betrug 61.6 %. Die Genauigkeit der ersten CSO-Vorhersage betrug 91.7 %. Die SensitivitƤt wƤhrend der 12-monatigen Nachuntersuchung betrug 73.7 % in einer vorab festgelegten Untergruppe von 12 Krebsarten, die für zwei Drittel der KrebstodesfƤlle in den USA verantwortlich sind, und 40.4 % bei allen Krebsarten.

Von 329 Probanden mit Krebs hatten 200 durch Vorsorgeuntersuchungen entdeckte Krebserkrankungen: 133 durch MCED-Tests (114 neue PrimƤrtumoren; 19 Rezidive), 20 durch United States Preventive Services Task Force (USPSTF) A/B (beispielsweise Mammografie, Koloskopie, Low-dose-Lungen-CT oder Zervixabstrich) und 47 durch USPSTF C (z. B. PSA-Screening) empfohlene Vorsorgeuntersuchungen. Von den 133 durch MCED erkannten Krebserkrankungen (MCED-Krebserkennungsrate: 0.57 %) gibt es für 75.2 % keine gƤngigen Screening-Optionen. Von den 114 durch MCED erkannten neuen PrimƤrtumoren befanden sich 53.5 % im Stadium I–II und 69.3 % im Stadium I–III. Die mediane Zeit bis zur Diagnosestellung betrug 46 Tage (IQR 42–59).

Von 25 114 Probanden im Sicherheitskollektiv hatten 159 (0.6 %) einen protokollbedingt veranlassten invasiven diagnostischen Eingriff. Invasive Eingriffe waren bei Probanden mit Krebsdiagnose etwa doppelt so hƤufig wie bei jenen, bei denen sich der Verdacht aufgrund eines positiven MCED-Tests nicht bestƤtigte.

Fazit: In dieser PATHFINDER-2-Studie führte ein Bluttest, der epigenetische Veränderungen in zellfreier DNA (cfDNA) erkennt, zu einer fast 7-fach höheren Zahl entdeckter Krebserkrankungen zusätzlich zu den etablierten Vorsorgeuntersuchungen (USPSTF A/B) in den USA. Die Zahl stieg um das Dreifache, wenn der MCED-Test zusätzlich zu den von der USPSTF A/B/C empfohlenen Früherkennungsuntersuchungen durchgeführt wurde.

Der positive Vorhersagewert von über 60 % liegt für ein Screeningverfahren aussergewƶhnlich hoch, verglichen beispielsweise mit der Mammografie oder der Low-Dose-Computertomografie zur Lungenkrebsfrüherkennung mit Werten im einstelligen bis niedrig zweistelligen Prozentbereich.

Die meisten durch den MCED-Test entdeckten neuen Primärtumoren befanden sich im Frühstadium.

Hinsichtlich des Sicherheitsprofils waren die unnƶtigen invasiven Eingriffe selten.

Insgesamt sprechen aus medizinischer Sicht die Ergebnisse für den Einsatz des MCED-Tests für Vorsorgeuntersuchungen in der über 50-jƤhrigen Bevƶlkerung. Hingegen besteht aus gesundheitsƶkonomischer Sicht eine Skepsis, da bei einem Preis von knapp 1000 US-Dollar pro Test rechnerisch Kosten von etwa 174 000 US-Dollar pro zusƤtzlich diagnostiziertem Krebsfall entstehen.

Einschränkend muss gesagt werden, dass es sich hier nur um ein Kongress-Abstract und nicht um eine peer-reviewed Publikation handelt. Mit Spannung können die Resultate der von den Autorinnen angekündigten 3-Jahres-Nachbeobachtung erwartet werden.

KD Dr. med. Marcel Weber

Literatur
Nabavizadeh N. et. al. Safety and performance of a multi-cancer early detection (MCED) test in an intended-use population: Initial results from the registrational PATHFINDER II study. ESMO Congress 2025 (Abstract LBA64). https://cslide.ctimeetingtech.com/esmo2025/attendee/confcal/show/session/109

Welche HerzgerƤusche geben Anlass zur Besorgnis?

In einer alternden, medizinisch gut versorgten Bevölkerung findet man einen linearen Anstieg von Herzklappenerkrankungen. Diese werden immer noch zu selten diagnostiziert und behandelt. Seit 210 Jahren haben wir das Stethoskop zur Diagnose und Differenzierung von Herzgeräuschen. Ende letztes Jahrhundert wurde der Auskultation neben der Inspektion, Palpation und Perkussion noch grosse Bedeutung beigemessen und unzählige Publikationen und Fachbücher veröffentlicht. Mit der zunehmenden Verbreitung der Echokardiographie fehlt heute leider bei vielen Medizinern das Interesse an und die Expertise für diese wichtige klinische Untersuchungsmethode. Daher ist diese grosse Bevölkerungsstudie besonders interessant.

Die Herzauskultation (hier elektronisch verstƤrkte Aufzeichnungen an vier Lokalisationen) durch drei Allgemeinmediziner und einen Kardiologen ergab in einer norwegischen Bevƶlkerungsstudie von 2015-2016 mit 2131 Probanden ≄40 Jahre (durchschnittlich 64 Jahre, 54% Frauen) bei fast einem Viertel aller Personen (23%) ein HerzgerƤusch. ZusƤtzlich lag bei allen eine Echokardiographie vor (1). Etwa eine von fünf Personen (19%) hatte im Echo eine oder mehrere relevante Herzklappenerkrankung(en) (HKE: milde bis schwere AS 45x, moderate bis schwere MI 286x, AI 148x, MS 3x; 79x >1 Klappe). Die Auskultation wies bei einem deutlichen Systolikum eine hohe SpezifitƤt, aber eine begrenzte SensitivitƤt (35,5%) für die Diagnose einer HKE auf. Die einzige Klappenerkrankung, bei der die Auskultation eines Systolikums eine hohe SensitivitƤt von 100% aufwies, war die Aortenklappenstenose. Eine limitierte SensitivitƤt fand man bei einer AI (43%) und bei einer MI (29%). Ein Diastolikum wurde nur in neun FƤllen einer AI registriert – dann besteht eine sehr hohe SpezifitƤt. In vielen FƤllen sind HerzgerƤusche aber benigne (akzidentell/funktionell) und nicht mit einer HKE assoziiert.

MƤnnliches Geschlecht, hƶheres Alter (≄70 Jahre), und ein früherer Myokardinfarkt erhƶhten deutlich die Wahrscheinlichkeit (OR: 3,3; 2,0; 2,3) einer HKE bei Personen mit einem HerzgerƤusch – PPV 67%. Bei einer Frau <70 Jahre ohne Myokardinfarkt in der Anamnese besteht ein PPV (positiver prƤdiktiver Wert) von lediglich 10% für eine HKE. Frauen hatten in dieser Studie mehr HerzgerƤusche als MƤnner.

Die Herzauskultation kann laut der Erstautorin ein wertvoller und auch kosteneffektiver erster Schritt sein, speziell bei einer AS, diese sollte jedoch bei Personen mit hohem Risiko für eine HKE durch eine Echokardiographie ergänzt werden.

So können auch das Interesse an und die Expertise für die körperliche Untersuchung verbessert werden.

SekundƤr ist die multimodale Bildgebung heute unverzichtbar für die Diagnose und Behandlung von Herzklappenerkrankungen, insbesondere für die Beurteilung der Pathophysiologie und des Schweregrads (2–5).

Dr. med. Urs Dürst

Literatur
1. Davidsen AH, et al. Heart 2025;0:1–8. doi:10.1136/heartjnl-2024-325499
2. Narula J et al., Time to Add a Fifth Pillar to Bedside Physical Examination: Inspection, Palpation, Percussion, Auscultation, and Insonation. JAMA Cardiol 2018;3:346–350 doi:10.1001/jamacardio.2018.000
3. MSD-Manual, https://www.msdmanuals.com/de/profi/herz-kreislauf-krankheiten/untersuchung-des-herzpatienten/auskultation-des-herzens
4. Franke P, Allgemeine und spezielle Auskultation des Herzens, J.F. Bergmann Verlag München 1984
5. Praz F et al., 2025 ESC/EACTS Guidelines for the management of valvular heart disease, European Heart Journal (2025) 46, 4635–4736 https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehaf194