Syndrome d’apnĆ©e obstructive du sommeil

Le syndrome dā€™ā€ŠapnĆ©e obstructive du sommeil (SAOS) est une maladie trĆØs frĆ©quente qui a des consĆ©quences sur la santĆ© et la sociĆ©tĆ©. La sociĆ©tĆ© moderne nous impose des exigences de plus en plus grandes – la fatigue, la somnolence et mĆŖme lā€™ā€ŠĆ©puisement professionnel ainsi que la dĆ©pression en sont souvent les consĆ©quences. Un traitement consĆ©quent et lā€™ā€Šobservance soutenue du traitement par les patients atteints de SAOS sont rapidement payants.

Le patient fatiguƩ et somnolent est un dƩfi frƩquent dans la pratique du mƩdecin gƩnƩraliste. Tout
dā€™ā€Šabord, il est important de distinguer la fatigue de la somnolence, car les diagnostics diffĆ©rentiels ainsi que les clarifications divergent. Parmi les nombreux diagnostics diffĆ©rentiels de somnolence
(cā€™ā€Šā€Šest-Ć -dire le domaine de la mĆ©decine du sommeil), il faut dā€™ā€Šabord penser Ć  la maladie la plus courante ayant des consĆ©quences sur la santĆ© et la sociĆ©tĆ©, Ć  savoir le syndrome dā€™ā€ŠapnĆ©e du sommeil. Une clarification adĆ©quate nā€™ā€Šest pas un dĆ©fi, mais il peut ĆŖtre difficile dā€™ā€ŠĆ©tablir et de maintenir la meilleure thĆ©rapie, la CPAP. Les difficultĆ©s ne sont pas dā€™ā€Šordre technique, car les machines et les masques CPAP modernes offrent une thĆ©rapie trĆØs sophistiquĆ©e et douce. Souvent, les difficultĆ©s viennent plutĆ“t dā€™ā€Šun problĆØme de motivation et de comprĆ©hension du patient. Les thĆ©rapies alternatives ne sont adaptĆ©es et efficaces que pour les formes lĆ©gĆØres et ne sont souvent pas faciles Ć  appliquer. Puisque lā€™ā€Šaffection chronique ne peut ĆŖtre corrigĆ©e et ne peut ĆŖtre guĆ©rie
(Ć  lā€™ā€Šexception des mesures chirurgicales), le traitement doit Ć©galement ĆŖtre chronique. Il nā€™ā€Šest pas rare que les patients restent somnolents pendant le traitement. Lā€™ā€Šarticle ci-dessous traite briĆØvement de tous ces aspects.

Fatigue vs. somnolence

La fatigue Ć©quivaut Ć  ĆŖtre Ā«ā€Šterne, Ć©puisĆ©, sans Ć©nergieā€ŠĀ», Ā«ā€Šcomme des muscles endolorisā€ŠĀ», le corps est fatiguĆ©, mais pas nĆ©cessairement la tĆŖte. La somnolence est Ā«ā€Šlā€™ā€ŠĆ©tage supĆ©rieurā€ŠĀ» de la fatigue –
Ā«ā€Šla tĆŖte est fatiguĆ©eā€ŠĀ», Ā«ā€Šles yeux sont lourdsā€ŠĀ», il faut se dĆ©fendre contre lā€™ā€Šenvie de dormir. Si le patient nā€™ā€Šā€Šy parvient pas, nous pouvons parler dā€™ā€Šun micro-sommeil ou dā€™ā€Šun assoupissement. La somnolence est normale le soir, et, Ć  certaines heures (postprandiales), Ć©galement pendant la journĆ©e. Lā€™ā€ŠĆ©tat peut Ć©galement varier dā€™ā€Šun jour Ć  lā€™ā€Šautre en fonction de la durĆ©e de la nuit de sommeil. Ces fluctuations doivent ĆŖtre prises en compte lors des entretiens avec les patients. Lā€™ā€Šoutil Ć©tabli (et validĆ© en franƧais) pour mesurer la somnolence est lā€™ā€ŠĆ©chelle de somnolence dā€™ā€ŠEpworth (ESS). Cet outil est largement disponible et connu (voir tab. 1.). Il sā€™ā€Šagit dā€™ā€Šune auto-Ć©valuation Ć  remplir par le patient lui-mĆŖme (pas nĆ©cessairement en consultation avec le mĆ©decin). Dā€™ā€ŠaprĆØs mon expĆ©rience, il en vaut la peine de revoir lā€™ā€ŠESS avec le patient. Souvent, le rĆ©sultat est corrigĆ© vers le bas (normalement jusquā€™ā€ŠĆ  10 points), car le patient est souvent encore Ā«ā€ŠfatiguĆ©ā€ŠĀ» lors de lā€™ā€ŠĆ©valuation. Deux autres explications importantes sontā€Š: Ā«ā€ŠVeuillez indiquer la moyenne des 4 Ć  6 derniĆØres semainesā€ŠĀ» et Ā«ā€Šne tenez compte que de lā€™ā€Šheure de la journĆ©e, cā€™ā€Šest-Ć -dire du moment où vous vous ĆŖtes levĆ© jusquā€™ā€ŠĆ  2 heures avant de vous coucherā€ŠĀ».
Le diagnostic diffĆ©rentiel de la fatigue est trĆØs largeā€Š: les causes les plus frĆ©quentes sont les maladies physiques (insuffisance cardiaque, carence en fer avec ou sans anĆ©mie, hypothyroĆÆdie, maladie
dā€™ā€ŠAddison, symptĆ“mes B dans les tumeurs ou maladies systĆ©miques) ou les maladies psychologiques telles que dĆ©pression, insomnie chronique, burn out.
Le diagnostic diffƩrentiel de somnolence comprend : Le manque de sommeil (syndrome
dā€™ā€Šinsuffisance de sommeil, perturbations du rythme circadien sommeil-Ć©veil telles que le travail par quarts, le dĆ©calage ou les changements de phase du sommeil) ; le syndrome des jambes sans repos et autres troubles du mouvement ; le sommeil inefficace tel que le syndrome dā€™ā€ŠapnĆ©e du sommeil, lā€™ā€ŠĆ©pilepsie ou les parasomnies ; les maladies neurologiques comme la narcolepsie ou les trĆØs rares hypersomnies idiopathiques.

ƉpidĆ©miologie, clinique et comorbiditĆ©s du SAOS

Un simple ronflement est courant, et ne vous rend pas somnolent. Avec le vieillissement (et une augmentation du poids), elle survient jusquā€™ā€ŠĆ  45ā€Š% chez les hommes de plus de 60 ans et jusquā€™ā€ŠĆ  25ā€Š% chez les femmes. Le SAOS est une maladie trĆØs courante, qui augmente avec lā€™ā€ŠĆ¢ge et le poids. Pour les hommes, le SAOS survient gĆ©nĆ©ralement dans 4ā€Š% de la population, pour les femmes, il reprĆ©sente 2ā€Š% de la population totale (prĆ©valence). Le SAOS est dĆ©fini par un index d’apnĆ©e-hypopnĆ©e (IAH) > 15/h en absence de symptĆ“mes ou de signes ou comorbiditĆ©s cliniques, ou par un IAH >  5/h en prĆ©sence de tels symptĆ“mes (voir ci-dessous). Formellement, la subdivision en 3 degrĆ©s de sĆ©vĆ©ritĆ© sā€™ā€Šapplique : lĆ©ger Ć  IAH 5-15/h, moyen Ć  IAH 16-30/h et lourd Ć  IAH > 30/h.
Les facteurs de risque sont le sexe masculin, lā€™ā€ŠĆ¢ge, lā€™ā€ŠobĆ©sitĆ© et les affections anatomiques comme
lā€™ā€Šobstruction de la respiration nasale et le pharynx Ć©troit. Le syndrome dā€™ā€ŠapnĆ©e centrale du sommeil, la respiration de Cheyne-Stokes et les formes mixtes ne sont pas abordĆ©s ici.
La clinique comprend des symptÓmes diurnes (somnolence, fatigue, troubles de la concentration, capacité de réaction réduite, irritabilité, humeur dépressive, troubles de puissance, gorge sèche) et nocturnes (pauses anamnestiques étranges, ronflements cycliques forts, attaques de suffocation, réveil, sommeil superficiel et agité, palpitations, sueurs nocturnes, nycturie, soif).
Les comorbiditĆ©s comprennent Ć©galement des affections trĆØs frĆ©quentes qui se potentialisent mutuellement, telles que (la prĆ©valence des SAOS dans la maladie concernĆ©e) : hypertension artĆ©rielle rĆ©sistante au traitement (83ā€Š%), obĆ©sitĆ© (77ā€Š%), insuffisance cardiaque chronique (76ā€Š%), diabĆØte de type 2 (72ā€Š%), aprĆØs accident vasculaire cĆ©rĆ©bral (62ā€Š%), fibrillation auriculaire (49ā€Š%). Le SAOS est un facteur de risque indĆ©pendant de coronaropathie. Le risque cardiovasculaire sur 10 ans (morbiditĆ© et mortalitĆ©) augmente fortement Ć  partir du SAOS modĆ©rĆ© (IAH > 15/h). De nos jours, il sā€™ā€Šagit dā€™ā€Šune faute professionnelle de ne pas penser Ć  un SAOS avec ces comorbiditĆ©s. Un SAOS influence massivement le risque peropĆ©ratoire lors de toute intervention chirurgicale sous anesthĆ©sie dā€™ā€Šintubation, en particulier lors dā€™ā€Šun pontage gastrique.
Les consĆ©quences sociales vont dā€™ā€ŠĀ«ā€Šinoffensivesā€ŠĀ» – un travail de mauvaise qualitĆ© Ć  cause de la somnolence – Ć  Ā«ā€Šgravesā€ŠĀ» – accidents du travail et de la circulation. La question de lā€™ā€Šinaptitude Ć  conduire doit ĆŖtre abordĆ©e dĆØs la premiĆØre suspicion de SAOS avec somnolence chez le patient.

Options thƩrapeutiques

Les mesures gĆ©nĆ©rales telles que le respect des rĆØgles dā€™ā€ŠhygiĆØne du sommeil (en particulier la durĆ©e du sommeil supĆ©rieure Ć  7  heures !), Ć©viter de boire de lā€™ā€Šalcool le soir, les sĆ©datifs, les hypnotiques et les opiacĆ©s, Ć©viter la conduite en cas de somnolence sont toujours recommandĆ©s en premier. Les Ā«ā€Šmesures simplesĀ» comprennent Ć©galement ce quā€™ā€Šon appelle la thĆ©rapie de position (Ć©viter la position couchĆ©e sensible). Ceci nā€™ā€Šest indiquĆ© que pour un degrĆ© de sĆ©vĆ©ritĆ© lĆ©ger Ć  moyen, si lā€™ā€Šaccentuation en position couchĆ©e ne dĆ©passe pas IAH > 30 / h.
La meilleure thĆ©rapie (de loin) est la thĆ©rapie CPAP, aujourdā€™ā€Šhui conƧue de maniĆØre flexible avec une pression auto-adaptative (AutoCPAP ou thĆ©rapie APAP). Elle fonctionne du SAOS le plus lĆ©ger au SAOS le plus sĆ©vĆØre et doit toujours ĆŖtre suggĆ©rĆ©e comme premier choix. Ce nā€™ā€Šest que lorsquā€™ā€Šelle ne sā€™ā€Šest pas Ć©tablie aprĆØs 3 mois avec tous les Ā«ā€ŠtrucsĀ» (voir ci-dessous) (essai CPAP), que le deuxiĆØme choix entre en jeu, Ć  savoir lā€™ā€Šattelle de mĆ¢choire. Les mesures chirurgicales ORL (plus frĆ©quemment indiquĆ©es) et maxillo-faciales (beaucoup moins frĆ©quemment indiquĆ©es) suivent. MĆŖme dans le cas dā€™ā€Šune intervention chirurgicale agressive Ć  plusieurs niveaux, la rĆ©duction maximale de lā€™ā€ŠILA initiale dans les mesures ORL est de 50ā€Š%, le risque de complications peropĆ©ratoires est accru (comme pour toute opĆ©ration) et les rĆ©sultats ne peuvent ĆŖtre inversĆ©s en cas dā€™ā€ŠĆ©chec. Une chirurgie nasale Ā«ā€Šsimpleā€ŠĀ» peut amĆ©liorer lā€™ā€Šobservance du traitement CPAP en amĆ©liorant la respiration nasale. Une chirurgie maxillo-faciale peut ĆŖtre curative si elle est indiquĆ©e avec soin. Elle est cependant beaucoup plus complexe.
Il convient de mentionner ici qu’un SAOS sĆ©vĆØre dĆ» Ć  une obĆ©sitĆ© morbide n’est pas guĆ©ri par un pontage gastrique, mĆŖme s’il est rĆ©alisĆ© avec succĆØs. MĆŖme en cas de perte de poids massive, les rĆ©sultats initiaux de lā€™ā€ŠIAH sont diminuĆ©s Ć  un maximum de 50ā€Š%. Une approche pragmatique consiste Ć  poursuivre une thĆ©rapie CPAP Ć©tablie. Une fois que le nouveau poids dĆ©finitif est atteint et reste stable, une polygraphie respiratoire native peut ĆŖtre effectuĆ©e aprĆØs une pause de 2 semaines de CPAP pour dĆ©terminer la position. Si lā€™ā€ŠIAH reste > 15/h, il existe toujours une indication thĆ©rapeutique.
Il faut souligner que seule la thƩrapie CPAP fonctionne dans toute la gamme des sƩvƩritƩs, alors que toutes les autres thƩrapies Ʃchouent dans les SAOS graves.

Lā€™ā€ŠadhĆ©rence thĆ©rapeutique est primordiale

La conformitĆ© du traitement commence par une bonne relation mĆ©decin-patient et exige une persĆ©vĆ©rance Ć  long terme des deux parties. Elle dĆ©bute par une explication des consĆ©quences sur la santĆ© (chez les hommes, il faut parler de lā€™ā€Šimpuissance), avec une indication sĆ©rieuse de lā€™ā€Šinaptitude Ć  conduire en prĆ©sence dā€™ā€Šun SAOS non traitĆ© (mĆŖme si la somnolence est niĆ©e).
Toutes les craintes et les prĆ©jugĆ©s Ć  lā€™ā€Šencontre de la thĆ©rapie CPAP doivent alors ĆŖtre surmontĆ©s. Ce nā€™ā€Šest que si la thĆ©rapie est abordĆ©e avec empathie par le mĆ©decin et avec patience/motivation par le patient quā€™ā€Šelle porte ses fruits.
Les Ā«ā€Šastucesā€ŠĀ» du mĆ©decin consistent Ć  choisir le bon rĆ©glage CPAP et surtout le bon masque. Les masques faciaux complets sont rarement utilisĆ©s (<ā€Š10ā€Š%). Il est trĆØs important de respirer le plus librement possible afin dā€™ā€ŠĆ©viter un problĆØme au Ā«ā€Športail dā€™ā€ŠentrĆ©eā€ŠĀ». En plus de lā€™ā€Šutilisation Ć  long terme des sprays nasaux NaCl, de lā€™ā€Šutilisation temporaire de dĆ©congestionnants (Ć©ventuellement encore des sprays de cortisone), il faut pratiquement toujours travailler gĆ©nĆ©reusement avec un humidificateur dā€™ā€Šair chaud. La petite dĆ©pense supplĆ©mentaire en vaut toujours la peine – la peur de suffocation, typique dā€™ā€Šune respiration nasale obstruĆ©e, est absente.
Lā€™ā€Šensemble de la thĆ©rapie est au dĆ©but une Ā«ā€ŠdĆ©sensibilisationā€ŠĀ» – elle doit donc ĆŖtre abordĆ©e lentement. Certains patients sont dĆ©jĆ  enthousiastes le lendemain matin, alors que dā€™ā€Šautres ont besoin de jusquā€™ā€ŠĆ  2 semaines pour bien dormir et en profiter.
Les premiers contrĆ“les de suivi sont toujours utiles Ć  la demande du patient. Le mĆ©decin doit contacter le patient par tĆ©lĆ©phone au plus tard au bout de 2 Ć  3 semaines en cas de suspicion de difficultĆ©s au dĆ©marrage. Souvent, de petits rĆ©glages de la pression, du niveau dā€™ā€Šhumidification ou un changement de masque sā€™ā€ŠavĆØrent cruciaux.
Le patient, en tant que principal malade et bĆ©nĆ©ficiaire de la thĆ©rapie, doit faire sa part du travail. En effet, la somnolence / la tension psychologique / le risque pour la santĆ© ne se rĆ©tablira que si le masque est portĆ© rĆ©guliĆØrement (au moins 80ā€Š% des nuits Ć  long terme) pendant > 4 heures/nuit. Pour lā€™ā€Šaptitude Ć  la conduite, il faut mĆŖme > 5 heures/nuit. GrĆ¢ce au logiciel moderne intĆ©grĆ© dans les appareils, tous les dĆ©tails peuvent ĆŖtre enregistrĆ©s et mĆŖme lus Ć  distance (pour le confort du patient, pas pour sa surveillance). De cette faƧon, vous pouvez savoir immĆ©diatement si le problĆØme est dĆ» au rĆ©glage de la pression, au masque (fuite) ou Ć  une mauvaise observance. En outre, vous pouvez aussi confirmer le succĆØs du traitement et cela augmente la motivation du patient.
Toutes les autres thĆ©rapies nā€™ā€Šoffrent pas ces options de surveillance.

Dr. med. Vladimir Popov

LungenZentrum Hirslanden
Witellikerstrasse 40
8032 Zürich

v.popov@lungenzentrum.ch

Lā€™ā€Šauteur nā€™ā€Ša dĆ©clarĆ© aucun conflit dā€™ā€ŠintĆ©rĆŖts en rapport avec cet article.

  • Le SAOS est une maladie rĆ©pandue qui a de grandes consĆ©quences individuelles et sociales.
  • Souvent accompagnĆ© d’autres comorbiditĆ©s pertinentes, et lui-mĆŖme considĆ©rĆ© comme un facteur de risque cardiovasculaire, le SAOS contribue de faƧon significative Ć  la morbiditĆ© et Ć  la mortalitĆ© Ć  long terme.
  • Le patient somnolent doit ĆŖtre correctement Ć©valuĆ© et clarifiĆ©.
  • Dans le cas dā€™ā€Šun SAOS important, la thĆ©rapie CPAP, avec une bonne motivation et observance, aide rapidement et de maniĆØre dĆ©cisive Ć  contrĆ“ler le SAOS et toutes ses consĆ©quences.
  • La somnolence disparaĆ®t, Ć  condition que le traitement soit suivi
    régulièrement.

Communication sans paroles

La parole a Ć©tĆ© donnĆ©e Ć  lā€™ā€Šhomme pour dĆ©guiser sa pensĆ©e
(Talleyrand, 1754-1838)

La nature a dotĆ© lā€™ā€Šā€Šhomme de la parole pour se faire entendre et, si possible, comprendre. Il en use et en abuse, poussĆ© en cela par lā€™ā€ŠomniprĆ©sence des moyens audiovisuels actuels, individuels ou collectifs.
Lā€™ā€Šincommensurable flot des propos ainsi vĆ©hiculĆ©s privilĆ©gie lā€™ā€ŠimmĆ©diatetĆ© sur la rĆ©flexion et la certitude sur le doute. Ā«ā€ŠLe con prend ses croyances pour des vĆ©ritĆ©s gravĆ©es dans le marbre, alors que tout savoir se construit sur du sable. Le doute rend fou, la certitude rend con. MĆŖme en admettant que la connerie nā€™ā€Šatteigne pas encore son paroxysme gĆ©nĆ©ralisĆ©, elle nā€™ā€Ša jamais Ć©tĆ© aussi visible, dĆ©complexĆ©e, grĆ©gaire et pĆ©remptoireā€ŠĀ» (1).

La question est de savoir si le discours est en adƩquation avec la sincƩritƩ de son auteur

Le constat que la quantité des paroles débitées chaque jour se révèle inversement proportionnelle à leur qualité se double de la question de savoir si le discours est en adéquation avec son auteur, sa nature profonde, ses pensées, en un mot sa sincérité.
Cā€™ā€Šest alors quā€™ā€Šintervient la communication non verbale qui module, de faƧon inconsciente, toute conversation. Ā«ā€ŠJe parle avec mon corps, et ceci sans le savoir. Je dis donc toujours plus que je nā€™ā€Šen saisā€ŠĀ» (2).
Pour comprendre la communication non verbale, il convient de dĆ©terminer le propre de tout ĆŖtre humainā€Š: la constitution, forte ou faible, est un agrĆ©gat dā€™ā€Šorganes formant un organisme typique ; le tempĆ©rament, cyclique ou rĆ©gulier, reprĆ©sente le mode dā€™ā€Šutilisation privilĆ©giĆ© du temps et de ses rythmesā€Š; le caractĆØre signifie Ć©tymologiquement Ā«ā€Šsigne gravĆ©ā€ŠĀ» et le corps humain est une matiĆØre biologique sur laquelle des signes innĆ©s et acquis sont gravĆ©s de faƧon permanente, rendant ainsi
lā€™ā€Šindividu reconnaissable ; la personnalitĆ© dĆ©finit lā€™ā€ŠĆ©tat diffĆ©renciĆ© dā€™ā€Šun ĆŖtre en comparaison d’un autre et rĆ©sulte du rapport entre constitution, tempĆ©rament, caractĆØre et milieu ambiant (3).
Lā€™ā€Šessence prĆ©cĆ©derait donc lā€™ā€Šexistence, ce quā€™ā€Šaffirmait dĆ©jĆ  Platon il y a plus de 2000 ans, au contraire du postulat existentialiste.

Ces gravures permanentes se révèlent par la forme du visage et du corps.
Limitons-nous au premier. De face, plus il est large et plus grande est lā€™ā€ŠĆ©nergie physique, Ć  lā€™ā€Šinverse dā€™ā€Šun cadre Ć©troit, plus fragile. Chez lā€™ā€Šhomme, il se rĆ©vĆØle angulaire avec un renforcement des structures osseuses et, chez la femme, prĆ©sente un relief osseux moins saillant avec un affinement des formes. Ā«ā€ŠOn regardera la part de fĆ©minitĆ© dans un visage masculin et celle de virilitĆ© dans un visage fĆ©minin afin de les situer indĆ©pendamment du caractĆØre de base Ć©vident et de dĆ©terminer
lā€™ā€Šaptitude pour chacun des sexes Ć  sā€™ā€Šenrichir des qualitĆ©s du sexe opposĆ©ā€ŠĀ» (3).
En forme de poire, Ć©paissi vers le bas, le visage appartient au terrien pratique Ć  lā€™ā€Šintelligence instinctive. Celui en triangle Ā«ā€Špointe en basā€ŠĀ» caractĆ©rise lā€™ā€Šintellectuel dont la pensĆ©e domine la force physique. Un facies plat aux pommettes Ć©largies, commun aux asiatiques, capte les Ć©vĆ©nements et les intĆ©riorise pour Ć©laborer une stratĆ©gie, Ć  lā€™ā€Šexemple de lā€™ā€Šimpassible prĆ©sident chinois Xi Jinping. Le profil donne une idĆ©e de la projection du sujet vers lā€™ā€ŠextĆ©rieur, un menton long, offensif, caractĆ©risant le profil du conquĆ©rant si prisĆ© dans notre sociĆ©tĆ© de compĆ©tition (fig. 1).

Sans doute moins connue est lā€™ā€ŠasymĆ©trie qui marque tout visage et exprime, Ć  des degrĆ©s divers,
lā€™ā€Šambivalence dā€™ā€Šun individu. Une sĆ©paration virtuelle passant par lā€™ā€Šaxe de la ligne du nez partage tout visage en deux cĆ“tĆ©s diffĆ©rents. Lā€™ā€ŠhĆ©miface gauche rĆ©vĆØle la partie fĆ©minine de lā€™ā€ŠĆŖtre, sa vie intĆ©rieure, tandis que lā€™ā€ŠhĆ©miface droite montre comment il rĆ©agit au monde extĆ©rieur, sā€™ā€Šy adapte ou sā€™ā€Šy oppose. Entre les deux il existe une relation guidant la gestion de la vie privĆ©e et publique de chacun. La diffĆ©rence saute aux yeux si on recompose en une seule unitĆ© les deux moitiĆ©s soit gauches soit droites.
Dā€™ā€Šun cĆ“tĆ© gauche plus dur que le droit on peut dĆ©duire que la personne montrera une figure douce et complaisante dans un environnement professionnel ou social tout en Ć©tant trĆØs ferme et rigoureuse sur des principes ancrĆ©s dans la conscience. A lā€™ā€ŠopposĆ©, un cĆ“tĆ© droit plus ferme que le gauche rĆ©vĆØle lā€™ā€Šimportance de lā€™ā€Šaspect logique et prĆ©dispose son porteur Ć  se montrer plus dur en sociĆ©tĆ© quā€™ā€Šil ne lā€™ā€Šest Ć  lā€™ā€ŠintĆ©rieur de lui-mĆŖme (3).
Maxence Brulard, graphologue et spĆ©cialiste de la caractĆ©rologie appliquĆ©e et du comportementalisme, analyse ainsi le visage dā€™ā€ŠEmmanuel Macronā€Š: Ā«ā€ŠLe visage gauche est plus Ć©troit que le droit. Plus le visage apparaĆ®t fin, Ć©troit et porteur de grands yeux, plus le caractĆØre est ultrasensible et rĆ©actif aux ambiances. Cette fragilitĆ© dont il est conscient le pousse Ć  Ā«ā€Šsurjouerā€ŠĀ» une virilitĆ© dont il nā€™ā€Šest pas sĆ»r. Le visage droit, tonique, large et plus osseux, lĆØvre infĆ©rieure plus dense, est celui quā€™ā€Šil a construit par lā€™ā€ŠexpĆ©rience, prĆ©cisĆ©ment en rĆ©action Ć  ce sentiment de fragilitĆ© perƧue dans la structuration innĆ©e du caractĆØre. Deux comportements dā€™ā€ŠEmmanuel Macron ne sā€™ā€Šopposent pas mais se complĆØtent. Il montrera une force virile par un cĆ“tĆ© de sa personnalitĆ© quand un Ć©vĆ©nement lā€™ā€Šy conduit allant jusquā€™ā€ŠĆ  lā€™ā€Šaffirmation dā€™ā€Šune idĆ©ologie. De lā€™ā€Šautre cĆ“tĆ©, laissant libre cours Ć  son Ć©motivitĆ©, il montre sa comprĆ©hension, sa compassion, sa sensibilitĆ© affective et sociale. Le prĆ©sident Macron fonctionne Ć  lā€™ā€Šinverse de ses prĆ©dĆ©cesseurs qui ont tentĆ© de brider leurs Ć©motions pour servir la raison, cā€™ā€Šest donc bien lā€™ā€Šintelligence Ć©motionnelle qui le gouverneā€ŠĀ» (4) (fig. 2).

Par un don exceptionnel dā€™ā€Šobservation et son expertise manuelle, le sculpteur vaudois FranƧois Simecek (1898-1950) rejoint les observations du comportementaliste: Ā«ā€ŠAprĆØs avoir Ć©tĆ© successivement boulanger, soldat, mineur et bijoutier, jā€™ā€Šai trouvĆ© ma vocation de sculpteur. Par elle, jā€™ā€Šai recrƩƩ des visages et des attitudes humaines dans le bronze et la pierre. Jā€™ā€Šai Ć©tĆ© ainsi amenĆ© Ć  scruter attentivement la figure des hommes et jā€™ā€Šai compris quā€™ā€ŠĆ  cĆ“tĆ© des traits mobiles et des gestes qui traduisent la rĆ©ponse de lā€™ā€ŠĆŖtre aux impressions extĆ©rieures, un autre visage et une autre nature existent qui reflĆØtent sa nature profonde et stableā€ŠĀ».
De la comparaison du buste de Debussy (1862-1918) Ć  celui de Ravel (1875-1937), quā€™ā€Šil a lui-mĆŖme sculptĆ©s, Simecek dĆ©duit que Ā«ā€ŠDebussy est un plus grand musicien que Ravel, parce que plus complet et plus humainā€ŠĀ» (5). Observer le portrait en Ć©coutant la musique du premier puis du second Ć©claire la pertinence de cette assertion.
Lorsque le visage et le corps se mettent Ć  bouger, ils vont dire davantage. Ainsi, aprĆØs les gravures permanentes, la communication non verbale Ć©tudie les mouvementsā€Š: expression, gestes, posture, dĆ©marche et voix qui confirment ou infirment le contenu du langage. Plus de 20 muscles animent les paupiĆØres, le nez et la bouche et donnent au visage Ć  communiquer non verbalement pendant que parle le sujet. Un certain mouvement des lĆØvres, par exemple, peut ĆŖtre trĆØs rĆ©vĆ©lateur. Quand, commentant les actes de pĆ©dophilie dā€™ā€Šun prĆŖtre de son diocĆØse, le cardinal Barbarin assĆØne que Ā«ā€Šla majoritĆ© des faits, grĆ¢ce Ć  Dieu, sont prescritsā€ŠĀ»ā€‰(!), la contraction vers le bas de son muscle Ā«ā€Špetit zygomatiqueā€ŠĀ» imprime Ć  sa bouche lā€™ā€Šimage de lā€™ā€Šamertume, expression dā€™ā€Šune souffrance en totale contradiction avec le discours qui se veut rassurant et justificatif.
Cā€™ā€Šest donc Ć  lā€™ā€Šaune de sa gestuelle que devrait ĆŖtre apprĆ©ciĆ© le langage dā€™ā€Šun orateur, en particulier celui des femmes et hommes politiques de tout bord. Dans le théâtre de la vie, une part de comĆ©dien habite tout personnage, avec un degrĆ© variable de talent, de conscience et de vĆ©ritĆ©. Le grand Louis Jouvet (1887-1951) prĆ©vient ses Ć©lĆØvesā€Š: Ā«ā€ŠTout comĆ©dien est un menteur qui se ment Ć  lui-mĆŖme et qui ment aux autresā€ŠĀ» (6).
Comme la parole, lā€™ā€ŠĆ©criture nā€™ā€ŠĆ©chappe pas au risque de lā€™ā€Šabondance et de la vacuitĆ©. Ā«ā€ŠLes oies font assurĆ©ment moins de sottises quā€™ā€Šon en Ć©crit avec leurs plumesā€ŠĀ» (Talleyrand). Sa singularitĆ© est cependant de rĆ©unir Ć  elle seule les communications verbale et non verbale. En effet, on peut la considĆ©rer comme verbale dans le sens où les mots traduisent la pensĆ©e du scripteur et non verbale car ce dernier nā€™ā€Šest pas conscient de ce que rĆ©vĆØle son geste graphique. Les Ć©critures de la figure 3, dā€™ā€Šhommes septuagĆ©naires, rĆ©alisent deux portraits bien diffĆ©rents qui, Ć  lā€™ā€Šinstar dā€™ā€Šune mimique, vont susciter une impression avant mĆŖme la lecture de leur contenu. Ā«ā€ŠLa graphologie relĆØve en partie du non-verbal. Elle est lā€™ā€ŠĆ©tude dā€™ā€Šun geste fossile, donc sauvĆ© de lā€™ā€ŠĆ©phĆ©mĆØre, matĆ©rialisĆ©e dans un trait, sur un support papier, cadre spatial de rĆ©fĆ©rence, espace de projectionā€ŠĀ» (7).

La communication non verbale sā€™ā€Šintroduit Ć©galement dans la pratique mĆ©dicale.

En effet, Ć  lā€™ā€ŠanamnĆØse, qui ressortit Ć  lā€™ā€Šordre du langage, succĆØde lā€™ā€Šexamen physique en quatre Ć©tapes bien connuesā€Š: inspection, palpation, percussion, auscultation. Or la premiĆØre est du domaine de la communication non verbale puisque le praticien observe ce que lui livre le patientā€Š: sa constitution, sa physionomie, la position de ses mains, bras et jambes, immobiles ou en mouvement, la couleur de sa peau et toute anomalie visible rĆ©sultant dā€™ā€Šune pathologie donnĆ©e.
Mais lā€™ā€Šauscultation cardiaque (chĆØre Ć  lā€™ā€Šauteur de ces lignes) ne relĆØve-t-elle pas aussi de la communication non verbale ? Par exemple, un galop protodiastolique (B3 pathologique) identifie une dysfonction ventriculaire gauche, un galop prĆ©systolique (B4), dĆ» Ć  une augmentation de la force de contraction de lā€™ā€Šoreillette gauche, dĆ©voile une hypertrophie ventriculaire gauche secondaire Ć  une hypertension artĆ©rielle tandis quā€™ā€Šun souffle diastolique qualifie lā€™ā€Šinsuffisance aortique. Ā«ā€ŠSi le cœur est une pompe et non pas une boĆ®te Ć  musique, cā€™ā€Šest quand mĆŖme par les bruits et les souffles quā€™ā€Šil gĆ©nĆØre que sont identifiĆ©s son fonctionnement normal ou ses souffrancesā€ŠĀ» (8).
La communication globale comprend donc non seulement les paroles mais encore le comportement. Cette inĆ©luctable dualitĆ© permet Ć  lā€™ā€Šobservateur averti de mesurer la cohĆ©rence du verbe et du geste et donc lā€™ā€ŠauthenticitĆ© de la personne. Le dĆ©trĆ“nement du tĆ©lĆ©phone classique par skype et le smartphone permet Ć  la communication non verbale de sā€™ā€ŠĆ©tablir mĆŖme en lā€™ā€Šabsence physique des interlocuteurs, la rendant ainsi ubiquitaire.

 

Pr Jean Jacques Perrenoud

Cardiologue FMH
Chemin Thury 12
1206 GenĆØve

jean-jacques.perrenoud@unige.ch

1. Marmion JF. Avertissement. In Psychologie de la connerie. Editions Sciences humaines, Auxerre, 2018.
2. Lacan J. Le SƩminaire, Livre 20. Editions du Seuil, Paris, 1975.
3. Brulard M. Du Corps Ć  lā€™ā€Šesprit. CaractĆ©rologie appliquĆ©e et comportementalisme. A paraĆ®tre.
4. Brulard M. Le prĆ©sident Macron, un stratĆØge de lā€™ā€ŠĆ©motion. Lā€™ā€ŠExtension, GenĆØve, 12. 2018.
5. Simecek F. Masque et visage. Editions nouvelles, Paris, 1947.
6. Jouvet L. In Louis Jouvet, notes de cours. Moch-Bickert E. Edition Librairie théâtrale, Paris, 1989.
7. De Grave M. Les bases scientifiques de la graphologie. Odiled.com/basescientifique.html.
8. Perrenoud JJ. Cardiogériatrie clinique. Editions Médecine et Hygiène, Genève, 2010.

ALESIA – Alectinib vs. Critozinib bei NSCLC

Zhou C et al. Alectinib versus crizotinib in untreated Asian patients with anaplastic lymphoma kinase positive non-small cell lung cancer (ALESIA): a randomized phase 3 study. Lancet Respir Med 2019; 7: 437-446

Hida T et al. Alectinib versus crizotinib in patients with ALK-positive non-small-cell lung cancer (J-ALEX): an open-label, randomised phase 3 trial. Lancet 2017; 390: 29-39

Uderzo A, Goscinny R.: Une aventure d’AstĆ©rix. Ā«Le bouclier ArverneĀ». Dargaud Editeur 1995.

Zusammenfassung: Nicht-kleinzelliges Lungenkarzinom (NSCLC) mit somatischen Mutationen im ALK-Gen wird erfolgreich mit Crizotinib behandelt, einem spezifischen ALK-Inhibitor. Ein ALK-Tyrosin-Kinase-Inhibitor der nƤchsten Generation, Alectinib, zeitigte bei ALK-positivem NSCLC in einer Phase 3 Studie als Erstlinientherapie Vorteile gegenüber Crizotinib (ALEX-Studie; NEJM 2017). Das Medikament wurde dank der ALEX-Studie in den USA und in Europa für diese Indikation registriert. Die Patienten, die in die ALEX-Studie rekrutiert wurden, stammten aus allen 5 Kontinenten. Japaner waren (offenbar wegen ToxizitƤtsbedenken) mit einer niedrigeren Alectinib-Dosis behandelt worden (2 x 300 mg tƤglich; Hida et al. 2017) als standfeste Texaner, Schweizer oder Latinos (2 x 600 mg tƤglich). Grund dafür war, dass in Japan Natrium-Lauryl-Sulfat (eine galenische Komponente in den Alectinib Kapseln) nur in einer beschrƤnkten Menge eingenommen werden darf, wƤhrend der Rest der Welt keine derartige EinschrƤnkung kennt. Die vorliegende Studie, die (weshalb?) gar keine Zentren in Japan einschloss, bestƤtigt, dass Alectinib in einer tƤglichen Dosis von 2 x 600 mg auch bei asiatischen Patienten besser wirkt als Crizotinib und (besser) vertrƤglich ist.

Harter P et al. A randomised trial of lymphadenectomy in patients with advanced ovarian neoplasms. N Engl J Med 2019; 380: 822-832.

Lymphadenektomie beim Ovarialkarzinom – Einfluss auf PFS und OS

Zusammenfassung: anlƤsslich der chirurgischen Resektion eines PrimƤrtumors wird routinemƤssig oft eine regionƤre Lymphadenektomie vorgenommen, so beim Mammakarzinom, beim Melanom, beim Ovarialkarzinom und bei anderen Neoplasien. Unbestreitbar ergibt dieser bisweilen langwierige und manchmal komplikationstrƤchtige Zusatzeingriff postoperativ ein genaueres Tumorstadium dank der histologischen Aufarbeitung der Lymphknoten. Ob jedoch eine Lymphadenektomie per se einen therapeutischen Wert hat, ist in vielen FƤllen, so auch beim Ovarialkarzinom, unklar. Nun legt eine deutsche klinische Studiengruppe eine randomisierte Studie zu dieser Frage vor bei Frauen mit Stadium IIB-IV Ovarialkarzinom. War die makroskopisch radikale Resektion aller Tumorherde erfolgt, und schien der Nodalstatus intraoperativ makroskopisch negativ, so legte man intraoperativ per Randomisation fest, ob die regionƤren Lymphknoten entfernt werden sollten oder nicht. Die Studie war im Ā«superiority designĀ» geplant – die Lymphadenektomie hƤtte zu einem hƶheren 3-Jahres-Überleben (HR 0.7) führen sollen. Der Eingriff hatte keinen Einfluss auf progressionsfreies und Gesamtüberleben (HR 1.06), führte aber zu mehr Komplikationen.

Und schliesslich ein Short Message Service (SMS) an die Leser fürs Notizbuch in der onkologischen Poliklinik:

Khorana AA et al.: Rivaroxaban for thromboprophylaxis in high-risk ambulatory patients with cancer. N Engl J Med 2019; 380: 720.

Khorana AA et al: Development and validation of a predictive model for chemotherapy-associated thrombosis. Blood 2008; 111: 4902.

Thromboprophylaxe bei ambulanten Tumorpatienten mit hohem Risiko?

Zusammenfassung: Krebspatienten weisen ein erhöhtes Thromboembolie-Risiko auf, teils wegen tumorbedingter Thrombophilie, teils wegen der Therapie. Die meisten Daten zur Frage des Nutzens einer prophylaktischen Antikoagulation liegen für stationäre Behandlung vor, unter anderem bei der postoperativen Betreuung bettlägeriger Tumorpatienten.
Auch ambulante Patienten mit diversen Tumoren mƶgen ein erhƶhtes Thrombo-Embolie-Risiko haben; eine flƤchendeckende primƤre prophylaktische Antikoagulation hat sich bisher nicht eingebürgert. Die sog. CASSINI-Studie ist demnach von praktischem Interesse, indem sie in einer ambulanten Hochrisiko-Population von Tumorpatienten ohne Nachweis einer erfolgten Thromboembolie den Nutzen einer prophylaktischen oralen Antikoagulation mit 10 mg Rivaroxaban tƤglich über 180 Tage im Vergleich zu einer Placebo-Kontrolle getestet hat. Der verwendete Khorana Risiko-Score für Thromboembolien bei Tumorpatienten ist wohl kaum allgemein gebrƤuchlich – er muss aus dem Supplement-Material und aus dem Referenzpapier ausgegraben werden. Da sich jedoch kein Vorteil zu Gunsten einer Antikoagulation für ambulante Patienten ergab, nicht einmal für die selektionierte Hochrisiko-Gruppe, ist die Kenntnis des Khorana-Score in der Praxis entbehrlich (Tab 1).

Prof. em. Dr. med. Martin Fey

Bern

martin.fey@insel.ch

Beratungsmandat bei NestlƩ Health Sciences, Epalinges. Aktien bei Novartis Roche und Johnson&Johnson

Ibrutinib und Venetoclax zur First-Line Behandlung von CLL

Quelle: Jain N et al. Ibrutinib and Venetoclax for First-Line Treatment of CLL. N Engl J Med 2019;380:2095-103.

Ibrutinib, ein Inhibitor der Bruton-Tyrosinkinase, und Venetoclax, ein Inhibitor des B-Zell-Lymphom 2 Proteins, sind für Patienten mit chronischer lymphatischer Leukämie (CLL) zugelassen.
PrƤklinische Untersuchungen haben eine potenziell synergistische Wirkung bei der Kombination beider Substanzen gezeigt.
In einer Investigator-initiierten Phase-2-Studie wurden bisher unbehandelte Hochrisikopatienten und ältere Patienten mit CLL mit einer Kombination von Ibrutinib und Venetoclax behandelt. Alle Patienten hatten mindestens eines der folgenden Merkmale: Chromosom 17p-Deletion, mutiertes TP53, Chromosom 11q Deletion, nicht mutiertes IGHV, oder ein Alter von 65 Jahren oder älter. Die Patienten erhielten eine Monotherapie mit Ibrutinib (420 mg einmal täglich) über 3 Zyklen, gefolgt von der Zugabe von Venetoclax (wöchentliche Dosiseskalation auf 400 mg einmal täglich). Die kombinierte Therapie wurde für 24 Zyklen durchgeführt.
Das Ansprechen wurde nach den Kriterien des International Workshop on Chronic Lymphocytic Leukemia 2008 beurteilt. Die minimale Resterkrankung wurde mittels Mehrfarben-Durchflusszytometrie im Knochenmark analyisert (Empfindlichkeit, 10-4).
Insgesamt wurden 80 Patienten behandelt. Das mittlere Alter betrug 65 Jahre (Range, 26 bis 83). Insgesamt 30% der Patienten waren 70 Jahre alt oder älter. 92% der Patienten wiesen ein unmutiertes IGHV, eine TP53 Aberration oder eine Chromosom 11q Deletion auf. Mit der kombinierten Behandlung nahm der Anteil der Patienten, die eine komplette Remission erreichten (mit oder ohne normalem Blutbild) und eine Remission mit nicht nachweisbarer minimaler Restkrankheit über die Jahre zu.
Nach 12 Zyklen mit kombinierter Behandlung hatten 88% der Patienten eine komplette Remission oder eine komplette Remission mit inkompletter Regeneration des Blutbildes, und 61% hatten eine Remission mit nicht nachweisbarer minimaler Resterkrankung. Das Ansprechen wurde bei Ƥlteren Patienten und allen Hochrisiko-Subgruppen nachgewiesen. Drei Patienten wiesen im Labor ein Tumorlyse-Syndrom auf. Das Nebenwirkungsprofil war vergleichbar mit dem Nebenwirkungsprofil von Ibrutinib und Venetoclax.
Die Kombination von Venetoclax und Ibrutinib war in dieser Studie ein wirksames orales Regime zur Behandlung von Hochrisikopatienten und Ƥlteren Patienten mit CLL.

Quelle: Noopur Raje et al. Anti-BCMA CAR T-Cell Therapy bb2121 in Relapsed or Refractory Multiple Myeloma. N Engl J Med 2019;380:1726-37.

Anti-BCMA CAR T-Cell Therapie mit bb2121 bei rezidiviertem oder refraktƤrem Multiplem Myelom

Präklinische Studien deuten darauf hin, dass bb2121, eine chimäre (CAR) T-Zellenantigenrezeptor-Therapie, die das B-Zell-Matura-tionsantigen (BCMA) als Ziel hat, Potenzial für die Behandlung des Multiplen Myeloms hat.
In der vorliegenden Phase-1-Studie bei Patienten mit rezidiviertem oder refraktƤrem Plasmazellmyelom, wurde bb2121 als eine einmalige Infusion von 50Ɨ106, 150 × 106, 150 × 106, 450 × 106 verabreicht oder 800 × 106 CAR-positive (CAR + ) T-Zellen in der Dosiseskalationsphase und 150 × 106 bis 450 ×106 CAR+ T-Zellen in der Expansionsphase verabreicht. Die Patienten hatten mindestens drei frühere Therapielinien, einschliesslich eines Proteasom-Inhibitors und eines Immunmodulators erhalten oder waren gegenüber beiden Wirkstoffklassen refraktƤr. Der primƤre Endpunkt war die Sicherheit.
Es wird über die Ergebnisse der ersten 33 aufeinanderfolgenden Patienten, die eine bb2121-Infusion erhielten, berichtet. Der Daten-Stichtag lag 6,2 Monate nach dem letzten Infusionsdatum. Hämatologische Nebenwirkungen waren die häufigsten Grad 3 Ereignisse oder höher, einschliesslich Neutropenie (bei 85% der Patienten), Leukopenie (bei 58%), Anämie (bei 45%) und Thrombozytopenie (bei 45%). Insgesamt 25 Patienten (76%) hatten ein Zytokin-Freisetzungssyndrom, von Grad 1 oder 2 bei 23 Patienten (70%) und Grad 3 bei 2 Patienten (6%). Neurologische Nebenwirkungen traten bei 14 Patienten (42%) auf und waren bei 13 Patienten (39%) von Grad 1 oder 2. Ein Patient (3%) hatte eine reversible neurologisch toxische Nebenwirkung Grad 4. Die objektive Ansprechrate betrug 85%, darunter waren 15 Patienten (45%) mit einer kompletten Remission. Sechs der 15 Patienten, die eine komplette Remission erreichten, erlitten ein Rezidiv. Das medi-
ane progressionsfreie Überleben war 11,8 Monate (95% Konfidenzintervall, 6,2 bis 17,8). Alle 16 Patienten, die ein Ansprechen zeigten (partielle Remission oder besser) und die auf minimale Resterkrankung (MRD) untersucht werden konnten, hatten einen MRD-negativen Status (≤ 10-4 nukleierte Zellen). CAR-T-Zellenexpansion war mit Ansprechen verbunden, und CAR-T-Zellen persistierten bis zu einem Jahr nach der Infusion.
Zusammenfassend wird über das initiale Toxizitätsprofil einer BCMA-gerichteten zellulären Immuntherapie für Patienten mit rezidiviertem oder refraktärem Plasmazellmyelom berichtet. Antitumoraktivität wurde dokumentiert.

Prof. Dr. med.Markus G. Manz

Zentrum für Hämatologie und Onkologie
UniversitätsSpital Zürich

PD Dr. med. Alexandre Theocharides

Zentrum für Hämatologie und Onkologie
UniversitätsSpital Zürich

Alexandre.Theocharides@usz.ch

Immun- und Radiotherapie beim Melanom

Jedes Jahr erkranken in der Schweiz rund 2700 Menschen an einem Melanom. Dies entspricht ungefähr 7% aller Krebserkrankungen und macht das Melanom zur fünfthäufigsten Krebsart. Die UV-Strahlung mit Ihrer DNA-schädigenden Wirkung gilt als eine der Hauptursachen für die Melanom-Entstehung und der optimale Sonnenschutz gilt als die wichtigste präventive Massnahme. Die Früherkennung ist wegen der Neigung zur Metastasierung ein wichtiges Instrument um die Prognose günstig zu beeinflussen. In den fortgeschrittenen Tumorstadien und bei nodalem Befall kommen neben der Chirurgie die Immuntherapie oder die Radiotherapie als weitere Massnahmen zur Verbesserung der Tumorkontrolle in Frage.

Chaque annĆ©e, environ 2700 personnes en Suisse dĆ©veloppent un mĆ©lanome. Cela correspond Ć  environ 7ā€Š% de tous les cancers et fait du mĆ©lanome le cinquiĆØme type de cancer le plus frĆ©quent. Le rayonnement UV avec son effet nĆ©faste pour l’ADN est considĆ©rĆ© comme lā€™ā€Šune des principales causes du mĆ©lanome et une protection solaire optimale est considĆ©rĆ©e comme la mesure prĆ©ventive la plus importante. En raison de sa tendance aux mĆ©tastases, la dĆ©tection prĆ©coce est un instrument important pour influencer positivement le pronostic. Aux stades avancĆ©s de la tumeur et en cas d’infestation nodale, lā€™ā€ŠimmunothĆ©rapie ou la radiothĆ©rapie peuvent ĆŖtre considĆ©rĆ©es comme des mesures supplĆ©mentaires pour amĆ©liorer le contrĆ“le de la tumeur en plus de la chirurgie.

The melanoma is completely excised whenever possible, with the extent of the operation on breslow tumor thickness (in millimeters), mitotic rate, and possible ulceration. Surgical repair should be done within two weeks of the suspected diagnosis. A previous trial biopsy performed without deteriorating the prognosis compared to primary total excision. The melanoma in situ is located at a safety distance of 0.5 cm. If the invasion depth of Breslow is <1 mm, the recommended safety distance is 1 cm, for Breslow ≄ 1 mm or> 0.8 mm with ulceration, the safety margins are 1 cm (<2 mm) and 2 cm (> 2 mm) Sentinel lymph node biopsy (SLNB) comes from an invasion depth after Breslow ≄ 1 mm or> 0.8 mm with ulceration into consideration and should be performed at a center with experience. If there is an invasion depth of Breslow> 4 mm or status after lymph node metastases, a staging examination should be performed before the SLNB using PET-CT or whole-body CT. If not distant metastases are present, the excision with 2 cm distance and the SLNB is recommended. If distant metastases are present, it is advisable to evaluate the patients for systemic therapy (immunotherapy) (1). If not distant metastases are present, the excision with 2 cm distance and the SLNB is recommended. If distant metastases are present, it is advisable to evaluate the patients for systemic therapy (immunotherapy) (1).If not distant metastases are present, the excision with 2 cm distance and the SLNB is recommended. If distant metastases are present, it is advisable to evaluate the patients for systemic therapy (immunotherapy) (1).

The role of radiotherapy in the treatment of melanoma

Since the successful application of immunotherapy, the role of radiotherapy in melanoma has improved over the last few years to improve both local and regional tumor control. Despite the success of immunotherapy, radiotherapy in selected situations is justified in the multidisciplinary treatment of affected patients.
Als alleinige Therapie anstelle der Chirurgie kommt die Bestrahlung beim Lentigo-maligna-Melanom (LMM) in Frage. Die Patientengruppe mit LMM sind in der Regel in fortgeschrittenem Lebensalter und prƤsentieren sich nicht selten mit grossflƤchigem Befall im Gesichtsbereich. Die Radiotherapie führt in dieser Population bezogen auf das kosmetische und funktionelle Resultat oft zu besseren Ergebnissen als die primƤre Exzision bei vergleichbarer lokaler Tumorkontrolle (2, 3). Das LMM wird je nach Grƶsse und Lokalisation mit einer hypofraktionierten Radiotherapie über wenige Wochen behandelt, was dem Patientenkomfort Rechnung trƤgt.
Eine spezielle Stellung nimmt das uveale Melanom ein. In enger Zusammenarbeit mit der Ophthalmologie erfolgt die primäre Radiotherapie mit Protonen an hierfür spezialisierten Zentren, was den organ-erhaltenden Ansatz erlaubt (4, 5).
Bei Patientinnen und Patienten, welche sich mit einem lymphogen metastasierendem Melanom prƤsentieren, wird die Radiotherapie als adjuvante Massnahme nach kompletter regionƤrer Lymphadenektomie zur Verbesserung der regionƤren Tumorkontrolle angewendet. Die randomisierte Phase 3 Studie der Trans-Tasman Radiation Oncology Group (TROG) untersuchte den Stellenwert der postoperativen moderat hypofraktionierten Radiotherapie (48 Gy in 20 Sitzungen) der betroffenen regionƤren Lymphknotenstationen und konnte zeigen, dass diejenigen Patientinnen und Patienten mit hohem Rezidivrisiko (Befall von mindestens 1 Lymphknoten parotideal, mindestens 2 Lymphknoten zervikal oder axillƤr und mindestens 3 Lymphknoten inguinal oder Grƶsse des Lymphknotens ≄ 3 cm zervikal und ≄ 4 cm axillƤr oder inguinal) von einer adjuvanten Radiotherapie profitierten. Nach einer medianen Beobachtungszeit von 6 Jahren zeigten Patientinnen und Patienten in der Radiotherapiegruppe (n = 109) gegenüber der Beobachtungsgruppe (n = 108) signifikant weniger Erstrezidive in den regionƤren Lymphknoten als auch Rezidive im gesamten Beobachtungszeitraum (18% versus 33%). Bezogen auf die isolierten Rezidive in den regionƤren Lymphknotenstationen war der Unterschied mit 8.3% versus 23% noch deutlicher. Mit Blick auf die Fernmetastasierung, dem rezidivfreien Überleben oder Gesamtüberleben ergaben sich keine Unterschiede. Im Radiotherapiearm kam es zu hƤufigeren, jedoch geringgradig ausgeprƤgten subkutanen Fibrosierungen sowie Lymphƶdemen der unteren ExtremitƤten nach Therapie im Inguinalbereich (15% versus 7.7%) was die LebensqualitƤt beeintrƤchtigte (6-8). Aufgrund dieser Ergebnisse kann bei ausgewƤhlten Patientinnen und Patienten mit lymphogen metastasierendem Melanom und einem hohen regionƤren Rezidivrisiko eine adjuvante Radiotherapie in Betracht gezogen werden, wenn auch der Preis eine hƶhere MorbiditƤt darstellt (9) und die Studie in der Ƅra vor der zielgerichteten und immunologischen Therapie geplant und durchgeführt wurde.
Obwohl das Melanom als ein wenig radio-sensitiver Tumor gilt zeigt der Blick in die aktuelle Literatur, dass die Kombination der Radiotherapie mit der Immuntherapie synergistisch zu wirken scheint und neue Therapieansätze erlauben mit vielversprechenden Resultaten aus vorwiegend noch Phase 1 Studien (10). Die Kombination von Radiotherapie und dem CTLA-4 Inhibitor Ipilimumab führt beim fortgeschrittenen Melanom zu einem sogenannten apskopalen Effekt mit Verstärkung der anti-tumor Immunantwort und Regression von Metastasen auch ausserhalb des Radiotherapiefeldes und entfernt vom primären Tumorherd. Koller et al. zeigte in einer retrospektiv durchgeführten Analyse bei 101 Patienten, dass die Kombination Ipilimumab/Radiotherapie (n=70) sowohl das Gesamtüberleben (19 Monate versus 10 Monate) als auch das Progressions-freie Überleben (5 Monate versus 3 Monate) günstig beeinflusste ohne Erhöhung der Toxizität (11). Dieser synergistische Effekt wird noch verstärkt mit der Anwendung neuer Radiotherapietechniken wie der stereotaktischen ablativen Radiotherapie mit hohen Einzeldosen pro Fraktion, was zu vermehrten letalen DNA-Strangbrüchen in der Tumorzelle mit Zelltod sowie Schädigung der Tumorgefässversorgung führt. Dies wiederum verstärkt die Immunantwort aufgrund der erhöhten Freisetzung von Tumor-Antigenen (Cancer-Immune Cycle (12)) und macht die Kombination der Radiotherapie mit der Immuntherapie sehr vielversprechend (13, 14). Bevor die Kombinationstherapien mit Radiotherapie und Immuntherapie im klinischen Alltag zur Anwendung kommen, müssen die Resultate der laufenden klinischen Studien abgewartet werden und Patientinnen und Patienten sollten zur Zeit nur innerhalb von Protokollen behandelt werden, um die Sicherheit der Kombinationsbehandlungen zu überprüfen und mehr über die möglichen Nebenwirkungen zu erfahren, gerade auch bei Patientinnen und Patienten mit Hirnmetastasen, wo eine rege Forschungsaktivität herrscht (15-17).
Eine weiterhin bedeutende Rolle hat die Radiotherapie in der Behandlung von symptomatischen Hirnmetastasen, welche beim Melanom gehäuft vorkommen(18). Hier sind vor allem die Fortschritte der stereotaktischen Radiotherapie, als Einzelfraktion (Radiochirurgie) oder über wenige Sitzungen, mit Verlassen der Ganzhirnbestrahlung zugunsten der verbesserten Lebensqualität der Betroffenen. Diese hochpräzise Radiotherapie hat die Behandlung von Hirnmetastasen revolutioniert hinsichtlich der verbesserten lokalen Tumorkontrolle als auch der besseren Verträglichkeit für die betroffenen Patientinnen und Patienten gegenüber der Ganzhirnbestrahlung (19-21).

Die Rolle der Immuntherapie in der Behandlung des Melanoms bei ZNS Metastasen

(Literatur beim Verfasser)
Der Fokus wird auf die Rolle der Immuntherapie bei Hirnmetastasen gelegt. Das Hirn ist natürlicherweise von der Blut Hirnschranke geschützt. Nach einer Metastasierung ist diese Blut Hirnschranke gestƶrt. Derweil in der Ƅra der Chemotherapie beim Melanom die alleinige Radiotherapie die Standard Behandlung darstellte hat sich im Zeitalter der Immun- und Molekulartherapien sehr vieles geƤndert. Leider war es auch bei der Entwicklung dieser Therapien so, dass Patienten nicht in grossen randomisierten Phase III Studien eingeschlossen wurden, sondern dass die Datenlage hauptsƤchlich auf Phase I und Phase II Studien beruht. Bei BRAF mutierten Patienten mit Hirnmetastasen konnten durch den Einsatz von BRAF und MEK Inhibitoren in Kombination oder auch Immuntherapie hervorragende Ansprechraten gezeigt werden, so dass diese Therapie als erste Wahl zu gelten hat, vor allem in der Patientengruppe mit asymptomatischen Metastasen, die im Zeitalter des ZNS MRI Screenings immer hƤufiger wird. Bei allen wild-type Patienten geht die Diskussion in Richtung Immuntherapie oder lokale Behandlungen wie Chirurgie und/oder Radiotherapie. Im Rahmen von nicht randomisierten Studien konnte gezeigt werden, dass Patienten welche von Seiten der Hirnmetastasen asymptomatisch waren und keine Steroide benƶtigten eine deutlich hƶhere Disease-control Rate hatten als Patienten mit Symptomen und Steroiden (24 vs 10%). Dennoch sind sowohl Überleben als auch Ansprechrate mit Ipilimumab (5 respektive 10%) allein gering. In einer 3 Arm Studie, bei welcher Patienten mit asymptomatischen Hirnmetastasen randomisiert wurden in eine Behandlung mit Nivolumab allein versus die Kombination mit Ipilimumab plus Nivolumab zeigten sich bei der Kombination deutlich hƶhere Response Raten (20 vs 46%). Im dritten Arm wurden Patienten mit symptomatischen Hirnmetastasen und Steroiden mit Nivolumab behandelt, dabei zeigte sich nur in 1/16 Patienten ein partielles Ansprechen.
Die Resultate zur Kombination bestätigten sich eindrücklich in einer jüngst im NEJM publizierten Studie mit 101 Patienten. Die Response Rate war 54%, 26% der Patienten erreichten eine komplette Remission. 64% der Patienten waren nach 6 Monaten progressionsfrei. Aufgrund dieser Daten ist bei Patienten mit asymptomatischen Hirnmetastasen die Systemtherapie gegenüber der Radiotherapie zu bevorzugen und eine Radiotherapie erst in der Rezidiv Situation oder bei neuen Symptomen in Erwägung zu ziehen.
Direkte Vergleichs-Studien zu BRAF und MEK Inhibition bei Hirnmetastasen gibt es nicht. Es konnte einzig gezeigt werden (COMBI MB) dass Dabrafenib und Trametinib bei Hirnmetastasen ähnlich gute Response Raten wie bei systemischen Metastasen zeigten (58%), derweil aber das PFS bei Hirnmetastasen deutlich kürzer war als bei systemischen Metastasen (5.6 respektive 10.2 Monate).
Die Kombination von Radiotherapie und Immuntherapie (Ipilimumab) zeigte in retrospektiven Untersuchungen keine erhöhte Toxizität. Zwei Arbeiten zeigten eine Verbesserung des Gesamtüberlebens, eine dritte Arbeit bestätigte dies nicht. Allen drei Arbeiten ist zu eigen, dass es kleine Fallserien waren.
Die Kombination mit BRAF Inhibitoren und Radiotherapie waren von zusƤtzlichen ToxizitƤten begleitet. Vor allem bei Ganzhirnbestrahlungen zeigte sich eine HauttoxizitƤt, bei stereotaktischer Radiotherapie eine erhƶhte Rate von Radionekrosen (22 vs 11%). Somit ist eine Kombinationstherapie prinzipiell mƶglich, eine sequentielle Therapie sollte aber bevorzugt werden.
Bei Patienten mit symptomatischen Hirnmetastasen ist nach wie vor die lokale Therapie (Chirurgie respektive Radiotherapie) zu bevorzugen. Bei asymptomatischen Patienten sollte bei nicht vorbehandelten Patienten zuerst eine Systemtherapie erfolgen insbesondere dann, wenn extrazerebral eine relevante Tumormasse zu verzeichnen ist. Ob bei BRAF mutierten Patienten eine Immun- oder Target Therapie zu bevorzugen ist bleibt aktuell noch unklar. Bei BRAF wild-type sollte mƶglichst eine Kombinationstherapie mit Ipilimumab und Nivolumab angestrebt werden, falls dies nicht mƶglich scheint eine Behandlung mit Nivolumab oder Pembrolizumab, da die PD1 AK deutlich effektiver zu sein scheinen als Ipilimumab alleine.

Prof. Dr. med. Roger von Moos

Direktor Tumor- und Forschungszentrum
Kantonsspital Graubünden
7000 Chur

tumorzentrum@ksgr.ch

Prof. Dr. med. Daniel R. Zwahlen

Klinik für Radio-Onkologie
Kantonsspital Winterthur
Brauerstrasse 15
8401 Winterthur

daniel.zwahlen@ksw.ch

Die Autoren haben keinen Interessenskonflikt im Zusammenhang mit diesem Beitrag deklariert.

  • Als alleinige Therapie anstelle der Chirurgie kommt die Bestrahlung beim Lentigo-maligna-Melanom (LMM) in Frage.
  • Bei ausgewƤhlten Patientinnen und Patienten, welche sich mit einem lymphogen metastasierendem Melanom prƤsentieren, wird die Radiotherapie als adjuvante Massnahme nach kompletter regionƤrer Lymphadenektomie zur Verbesserung der regionƤren Tumorkontrolle angewendet.
  • Die Systemtherapien mit TKI oder Immuntherapie stellen den Standard des metastasierten Melanoms dar. Bei ungenügender lokaler Tumorkontrolle durch die Systemtherapie kommt die Radiotherapie zum Tragen.
  • Der apskopale Effekt durch die Radiotherapie zur VerstƤrkung der Immunotherapie ist zum aktuellen Zeitpunkt in seiner klinischen
    Relevanz noch unklar.
  • Bei asymptomatischen Hirnmetastasen sollte initial eine Systemtherapie erwogen werden. Je nach Mutationsstatus kann dies eine Immun- oder TKI Therapie sein.
  • Bei symptomatischen Hirnmetastasen insbesondere, wenn Steroide wegen des Hirnƶdems notwendig sind sollten primƤr lokale Therapien wie Operation und/oder Radiotherapie erwogen werden. Dabei nimmt die stereotaktische RT einen immer grƶsseren Raum gegenüber der Ganzhirnbestrahlung ein und sollte wenn immer mƶglich bevorzugt werden.
  • Patientinnen und Patienten mit lokal fortgeschrittenem und metastasiertem Melanom sollen am Tumorboard besprochen werden. Dies garantiert eine optimierte Therapieempfehlung und die Mƶglichkeit der Studienteilnahme.

Messages Ć  retenir

  • Le traitement du mĆ©lanome de maligna de lentigo par radiothĆ©rapie peut ĆŖtre considĆ©rĆ© comme la seule thĆ©rapie au lieu de la chirurgie.
  • Chez certains patients prĆ©sentant un mĆ©lanome mĆ©tastatique lymphogĆØne, la radiothĆ©rapie est utilisĆ©e comme mesure adjuvante aprĆØs une lymphadĆ©nectomie rĆ©gionale complĆØte pour amĆ©liorer le contrĆ“le
    rƩgional des tumeurs.
  • Les thĆ©rapies systĆ©miques avec inhibiteur de tyrosine kinase ou immunothĆ©rapie reprĆ©sentent le standard du mĆ©lanome mĆ©tastatique. En cas de contrĆ“le local insuffisant de la tumeur par la thĆ©rapie systĆ©mique, la radiothĆ©rapie est utilisĆ©e.
  • Lā€™ā€Šeffet apscopal de la radiothĆ©rapie pour amĆ©liorer lā€™ā€ŠimmunothĆ©rapie n’est actuellement pas clair dans sa pertinence clinique.
  • Dans les mĆ©tastases cĆ©rĆ©brales asymptomatiques, il faut dā€™ā€Šabord
    envisager une thĆ©rapie systĆ©mique. Selon le statut mutationnel, il peut s’agir d’un traitement immunitaire ou dā€™ā€Šun traitement par inhibiteur de tyrosine kinase.
  • Dans les mĆ©tastases cĆ©rĆ©brales symptomatiques, surtout lorsque des stĆ©roĆÆdes sont nĆ©cessaires en raison dā€™ā€Šun œdĆØme cĆ©rĆ©bral, il faut
    envisager principalement des traitements locaux comme la chirurgie
    et/ou la radiothérapie. La tomodensitométrie stéréotaxique devient de plus en plus importante par rapport au rayonnement du cerveau entier et devrait être préférée dans la mesure du possible.

1. Dummer, R., et al., The updated Swiss guidelines 2016 for the treatment and follow-up of cutaneous melanoma. Swiss Med Wkly, 2016. 146: p. w14279.
2. Barker, C.A. and N.Y. Lee, Radiation therapy for cutaneous melanoma. Dermatol Clin, 2012. 30(3): p. 525-33.
3. Farshad, A., et al., A retrospective study of 150 patients with lentigo maligna and lentigo maligna melanoma and the efficacy of radiotherapy using Grenz or soft X-rays. Br J Dermatol, 2002. 146(6): p. 1042-6.
4. Hrbacek, J., et al., Practice Patterns Analysis of Ocular Proton Therapy Centers: The International OPTIC Survey. Int J Radiat Oncol Biol Phys, 2016. 95(1): p. 336-43.
5. Krantz, B.A., et al., Uveal melanoma: epidemiology, etiology, and treatment of primary disease. Clin Ophthalmol, 2017. 11: p. 279-289.
6. Burmeister, B.H., et al., Adjuvant radiotherapy versus observation alone for patients at risk of lymph-node field relapse after therapeutic lymphadenectomy for melanoma: a randomised trial. Lancet Oncol, 2012. 13(6): p. 589-97.
7. Gutzmer, R. and H. Christiansen, [Reduction of relapse in the radiation area by adjuvant lymph-node field radiotherapy in metastatic malignant melanoma patients at high risk of recurrence]. Strahlenther Onkol, 2016. 192(3): p. 190-2.
8. Henderson, M.A., et al., Adjuvant lymph-node field radiotherapy versus observation only in patients with melanoma at high risk of further lymph-node field relapse after lymphadenectomy (ANZMTG 01.02/TROG 02.01): 6-year follow-up of a phase 3, randomised controlled trial. Lancet Oncol, 2015. 16(9): p. 1049-1060.
9. Brady, M.S., Adjuvant radiation for patients with melanoma. Lancet Oncol, 2015. 16(9): p. 1003-1004.
10. Tang, C., et al., Ipilimumab with Stereotactic Ablative Radiation Therapy: Phase I Results and Immunologic Correlates from Peripheral T Cells. Clin Cancer Res, 2017. 23(6): p. 1388-1396.
11. Koller, K.M., et al., Improved survival and complete response rates in patients with advanced melanoma treated with concurrent ipilimumab and radiotherapy versus ipilimumab alone. Cancer Biol Ther, 2017. 18(1): p. 36-42.
12. Chen, D.S. and I. Mellman, Oncology meets immunology: the cancer-immunity cycle. Immunity, 2013. 39(1): p. 1-10.
13. Espenel, S., et al., Melanoma: Last call for radiotherapy. Crit Rev Oncol Hematol, 2017. 110: p. 13-19.
14. Youland, R.S., et al., Role of radiotherapy in extracranial metastatic malignant melanoma in the modern era. Clin Transl Radiat Oncol, 2017. 6: p. 25-30.
15. Kroeze, S.G., et al., Toxicity of concurrent stereotactic radiotherapy and targeted therapy or immunotherapy: A systematic review. Cancer Treat Rev, 2017. 53: p. 25-37.
16. Nguyen, S.M., et al., Stereotactic Radiosurgery and Ipilimumab Versus Stereotactic Radiosurgery Alone in Melanoma Brain Metastases. Cureus, 2017. 9(7): p. e1511.
17. Stokes, W.A., et al., Impact of immunotherapy among patients with melanoma brain metastases managed with radiotherapy. J Neuroimmunol, 2017. 313: p. 118-122.
18. Kruser, TJ, et al., Omitting radiosurgery in melanoma brain metastases: a drastic and dangerous de-escalation. Lancet Oncol, 2018. 19 (8): p. E366.
19. Aoyama, H., et al., Stereotactic Radiosurgery With or Without Whole-Brain Radiotherapy for Brain Metastases: Secondary Analysis of the JROSG 99-1 Randomized Clinical Trial. JAMA Oncol, 2015. 1 (4): p. 457-64.
Brown, PD, et al., Effect of Radiosurgery Alone Vs. Radiosurgery Using Whole Brain Radiation Therapy on Cognitive Function in Patients With 1 to 3 Brain Metastases: A Randomized Clinical Trial. JAMA, 2016. 316 (4): p. 401-409.
21. Yamamoto, M., et al., Stereotactic radiosurgery for patients with brain metastases – authors‘ reply. Lancet Oncol, 2014. 15 (7): p. E248.

Tumormutationsprofilierung

Moderne Sequenziertechnologien (Next Generation Sequencing, NGS) ermƶglichen eine umfassende genetische Analyse von Tumorzellen (Tumormutationsprofilierung). VerƤnderungen im Tumorzellgenom werden als Biomarker in der PrƤzisionsonkologie verwendet. Der nachfolgende Beitrag beschreibt Anwendungen der Tumormutationsprofilierung in der klinischen Diagnostik von onkologischen Erkrankungen.

Les technologies modernes de sĆ©quenƧage (Next Generation Sequencing, NGS) permettent une analyse gĆ©nĆ©tique complĆØte des cellules tumorales (profil de mutation tumorale). Les modifications du gĆ©nome des cellules tumorales sont utilisĆ©es comme biomarqueurs en oncologie de prĆ©cision. L’article suivant dĆ©crit les applications du profilage des mutations tumorales dans le diagnostic clinique des maladies oncologiques.

The tumor mutation profile is the totality of aberrations in the genome of a tumor. Recently, the pan-cancer atlas was published, which describes a comprehensive characterization of 33 tumor entities at the DNA and RNA levels (1). Acquired somatic mutations are key mechanisms in the development of solid tumors and haemato-oncological diseases (2). In addition to simple sequence variants, structural and numerical gene changes are differentiated.
In clinical tumor diagnostics, the focus is on the analysis of tumor-associated genes in which mutations with diagnostic, prognostic and / or predictive significance can occur (3).

Methodological aspects

For mutational profiling of tumors, high-throughput sequencing (NGS) is used, which allows parallel analysis of numerous target regions at the DNA and RNA levels (Figure 1) (4). In clinical applications, especially panels of up to several hundred tumor-associated genes are being analyzed. Mutation detection is performed by comparing the sequencing results with the corresponding sections of a human reference genome (hg19, GRCh38). For the description of sequence variants, a standardized nomenclature of HGVS is available (5). By means of suitable bioinformatics instruments NGS can also be used to detect numerical and structural changes.
Mutational profiling can be performed on paraffin-embedded tissue samples, cytological specimens, bone marrow aspirates, and tumor cells in blood samples (especially leukemias / lymphomas). Before DNA / RNA extraction, sufficient tumor cell content of the sample material must be ensured or a targeted tumor cell enrichment performed.

Assessment of the clinical relevance of a mutation

Die PathogenitƤt einer somatischen Mutation kann analog zu KeimbahnverƤnderungen klassifiziert werden (6). Bedeutsamer ist die Beurteilung der Actionability einer Mutation. Eine Mutation wird als actionable bezeichnet, falls sie ein Ansprechen oder eine Resistenz auf eine zugelassene oder experimentelle Therapie voraussagt bzw. als diagnostischer und/oder prognostischer Marker verwendet werden kann (Tab. 1) (7). Informationen zur Actionability einer Mutation finden sich in ƶffentlich zugƤnglichen Online Datenbanken (MyCancerGenome.org, PersonalizedCancerTherapy.org, Oncokb.org) (8). Kürzlich wurde im Rahmen eines AMP/ASCO/CAP Konsensus eine Evidenz-basierte Kategorisierung von somatischen Varianten/Mutationen in Hinblick auf ihre diagnostische, prognostische und/oder therapeutische Bedeutung vorgeschlagen (Tab. 2) (9).

Tumorklassifikation und Risikostratifizierung

Aktuelle Klassifikationssysteme verwenden vor allem phänotypische Merkmale zur Tumoreinteilung. Bei der Definition und Namensgebung von Tumorentitäten werden jedoch zunehmend auch genotypische Merkmale der Tumorzellen berücksichtigt. Beispiele finden sich in den aktuellen WHO Klassifikationen der ZNS Tumore, Leukämien/Lymphome und Weichgewebstumore. Die Mutationsprofilierung bietet sich an, wenn ein Tumor gleichzeitig auf Veränderungen in mehreren Genen untersucht werden muss, um eine abschliessende diagnostische und/oder prognostische Einordnung zur erreichen.

Identifikation von Patienten für etablierte zielgerichtete Therapien

Bei Tumortypen, bei denen mehrere klinisch relevante Mutationen vorliegen kƶnnen, werden durch eine parallele Testung auf verschiedene genomische Aberrationen Effizienzgewinne und eine kürzere Bearbeitungszeit im Vergleich zu einer sequenziellen Einzelgentestung erzielt. So lassen sich histologisch gleichartige nicht-kleinzellige Lungenkarzinome (NSCLC) durch den Nachweis von charakteristischen Treibermutationen in molekulare Subtypen unterteilen, für die spezifische zielgerichtete Therapien verfügbar sind (10, 11). Durch eine Mutationsprofilierung kƶnnen neben VerƤnderungen in den EGFR und ALK Genen auch seltene Treibermutationen (BRAF, HER2, MET, RET, NTRK1/2/3) detektiert werden.

Identifikation von Patienten für experimentelle Therapien

Bei onkologischen Therapiestudien mit Ā«BaskeĀ» oder Ā«UmbrellaĀ» Design erfolgt die Stratifizierung in die verschiedenen experimentellen Behandlungsarme anhand genotypischer Tumormerkmale (12). Das Mutationsscreening mittels zielgerichteter NGS ist ein effizientes Verfahren, Patienten für einen Studieneinschluss zu identifizieren. Die Machbarkeit und der klinische Nutzen einer systematischen Anwendung wird gegenwƤrtig in mehreren prospektiven Studien (MOSCATO-01, NCI-MPACT, NCI-MATCH, ProfiLER, TAPUR, etc.) unter Verwendung von klinisch relevanten Endpunkten wie Ansprechrate und Überlebenszeit untersucht (Tab. 3).

Identifikation von Patienten für eine Therapie mit Immuncheckpunkt-Inhibitoren

WƤhrend bei zielgerichteten Therapien der Nachweis bestimmter Mutationen von Bedeutung ist, so scheint bei Immuncheckpunkt-Inhibitoren die sogenannte Mutationslast eines Tumors (TML) mit dem Therapieansprechen assoziiert zu sein (13). WƤhrend die TML initial mittels Gesamt-Exom-Sequenzierung (WES) untersucht wurde, deuten aktuelle Studienergebnisse bei NSCLC darauf hin, dass die TML auch durch Sequenzierung eines kleineren genomischen Fussabdrucks (mindestens 1 Megabase) ermittelt werden kann (14, 15).

Erbliche TumorprƤdisposition

Die Tumormutationsprofilierung zielt auf die Identifikation von somatischen Genaberrationen. Ohne vergleichende Untersuchung von Nichttumorgewebe (oder Blutzellen) des gleichen Individuums kann jedoch bei positivem Mutationsnachweis nicht sicher zwischen einer bei der Tumorentstehung erworbenen Mutation und einer Keimbahnmutation unterschieden werden. Hinweise auf das Vorliegen einer Keimbahnmutation ergeben sich aus der Allelfrequenz einer Variante unter Berücksichtigung des Tumorzellgehalts des Probenmaterials. Klinisch relevant sind vor allem Mutationen in den Genen, die mit einer erblichen Tumorprädisposition assoziiert sind (16).

Regulatorische Aspekte

Somatische Mutationsanalysen fallen zukünftig in den Geltungsbereich des revidierten Gesetzes über genetische Untersuchungen beim Menschen (GUMG). Daraus ergeben sich neue regulatorischen Anforderungen auch für die molekulare Tumordiagnostik (Patientenaufklärung/-einwilligung, Vermeidung von Überschussinformation, Informationspflicht bei inzidentellen Ergebnissen, etc.).

Herausforderungen

Die Tumormutationsprofilierung mittels NGS ist mit grossen infrastrukturellen, personellen und organisatorischen Anforderungen verbunden, um kurze Bearbeitungszeiten und eine gleichbleibend hochstehende Ergebnisqualität zu erreichen. Besondere Herausforderungen ergeben sich bezüglich der bioinformatischen Datenanalyse und der Datenspeicherung.
Die Beurteilung der Actionability von Tumorzellmutationen bleibt trotz der Verfügbarkeit von öffentlich zugänglichen Datenbanken und Online-Werkzeugen schwierig. Der Inhalt von Datenbanken entspricht bestenfalls dem Wissensstand zum Zeitpunkt der Abfrage. Mit der Anzahl der untersuchten Genregionen nimmt auch die Zahl der Sequenzvarianten zu, deren funktionelle Signifikanz unbekannt ist (VUS) und deren klinische Validierung als diagnostischer, prognostischer oder prädiktiver Biomarker bislang fehlt.

Schlussfolgerungen und Ausblick

Die Mutationsprofilierung hat sich als nützliches Werkzeug der molekularen Tumordiagnostik etabliert. Hauptanwendung ist die Analyse von Biomarkern für die Diagnostik (Klassifikation), Prognoseabschätzung und Vorhersage eines Therapieansprechens bei onkologischen Erkrankungen. In der Schweiz wird die Tumormutationsprofilierung von mehreren Pathologie-Instituten angeboten. Die angebotenen Genpanel unterscheiden sich hinsichtlich Grösse und Zusammensetzung.
Trotz aller Fortschritte bei der Standardisierung (Nomenklatur, Berichtswesen, etc.) bleibt die direkte interdisziplinäre Interaktion zwischen diagnostisch und therapeutisch ausgerichteten Fachspezialisten unabdingbar, um die klinische Signifikanz molekularer Testergebnisse im Kontext einer individuellen Patientensituation zu bewerten und Therapieempfehlungen im Einzelfall zu entwickeln. Mögliche zukünftige Entwicklungen sind die Mutationsprofilierung zirkulierender Tumor-DNA (ctDNA) und die Einführung der Gesamt-Exom-Sequenzierung (WES) in die klinische Tumordiagnostik.

Prof. Dr. med. Wolfram Jochum

Institut für Pathologie
Kantonsspital St. Gallen
9007 St. Gallen

wolfram.jochum@kssg.ch

Der Autor gibt an, dass für diese Publikation kein Interessenskonflikt vorliegt.

  • Das Mutationsprofil eines Tumors beschreibt die Gesamtheit der genetischen VerƤnderungen in den Tumorzellen.
  • Zum Nachweis von Mutationen in tumorassoziierten Genen wird im klinischen Kontext vor allem die zielgerichtete Hochdurchsatz-Sequenzierung (NGS) eingesetzt.
  • Hauptanwendungen der Tumormutationsprofilierung sind die Tumorklassifikation, die Risikostratifizierung/PrognoseabschƤtzung und die Vorhersage eines Ansprechens auf zielgerichtete Therapien und Immuncheckpunkt-Inhibition.

Messages Ć  retenir

  • Le profil de mutation d’une tumeur dĆ©crit tous les changements gĆ©nĆ©tiques dans les cellules tumorales.
  • Dans le contexte clinique, le sĆ©quenƧage ciblĆ© Ć  haut dĆ©bit (NGS) est principalement utilisĆ© pour dĆ©tecter les mutations des gĆØnes associĆ©s aux tumeurs.
  • Les principales applications du profilage des mutations tumorales sont la classification des tumeurs, la stratification des risques/estimation des prĆ©visions et la prĆ©diction de la rĆ©ponse aux traitements ciblĆ©s et l’immunochimie.

1. Hoadley KA, Yau C, Hinoue T, Wolf DM, Lazar AJ, Drill E, Shen R, et al. Cell-of-Origin Patterns Dominate the Molecular Classification of 10,000 Tumors from 33 Types of Cancer. Cell 2018;173:291-304 e296.
2. Hanahan D, Weinberg RA. Hallmarks of cancer: the next generation. Cell 2011;144:646-674.
3. Hyman DM, Taylor BS, Baselga J. Implementing Genome-Driven Oncology. Cell 2017;168:584-599.
4. Reuter JA, Spacek DV, Snyder MP. High-throughput sequencing technologies. Mol Cell 2015;58:586-597.
5. den Dunnen JT, Dalgleish R, Maglott DR, Hart RK, Greenblatt MS, McGowan-Jordan J, Roux AF, et al. HGVS Recommendations for the Description of Sequence Variants: 2016 Update. Hum Mutat 2016;37:564-569.
6. Richards S, Aziz N, Bale S, Bick D, Das S, Gastier-Foster J, Grody WW, et al. Standards and guidelines for the interpretation of sequence variants: a joint consensus recommendation of the American College of Medical Genetics and Genomics and the Association for Molecular Pathology. Genet Med 2015;17:405-424.
7. Meric-Bernstam F, Johnson A, Holla V, Bailey AM, Brusco L, Chen K, Routbort M, et al. A decision support framework for genomically informed investigational cancer therapy. J Natl Cancer Inst 2015;107.
8. Prawira A, Pugh TJ, Stockley TL, Siu LL. Data resources for the identification and interpretation of actionable mutations by clinicians. Ann Oncol 2017;28:946-957.
9. Li MM, Datto M, Duncavage EJ, Kulkarni S, Lindeman NI, Roy S, Tsimberidou AM, et al. Standards and Guidelines for the Interpretation and Reporting of Sequence Variants in Cancer: A Joint Consensus Recommendation of the Association for Molecular Pathology, American Society of Clinical Oncology, and College of American Pathologists. J Mol Diagn 2017;19:4-23.
10. Hanna N, Johnson D, Temin S, Baker S, Jr., Brahmer J, Ellis PM, Giaccone G, et al. Systemic Therapy for Stage IV Non-Small-Cell Lung Cancer: American Society of Clinical Oncology Clinical Practice Guideline Update. J Clin Oncol 2017;35:3484-3515.
11. Jordan EJ, Kim HR, Arcila ME, Barron D, Chakravarty D, Gao J, Chang MT, et al. Prospective Comprehensive Molecular Characterization of Lung Adenocarcinomas for Efficient Patient Matching to Approved and Emerging Therapies. Cancer Discov 2017;7:596-609.
12. Senft D, Leiserson MDM, Ruppin E, Ronai ZA. Precision Oncology: The Road Ahead. Trends Mol Med 2017;23:874-898.
13. Gibney GT, Weiner LM, Atkins MB. Predictive biomarkers for checkpoint inhibitor-based immunotherapy. Lancet Oncol 2016;17:e542-e551.
14. Rizvi H, Sanchez-Vega F, La K, Chatila W, Jonsson P, Halpenny D, Plodkowski A, et al. Molecular Determinants of Response to Anti-Programmed Cell Death (PD)-1 and Anti-Programmed Death-Ligand 1 (PD-L1) Blockade in Patients With Non-Small-Cell Lung Cancer Profiled With Targeted Next-Generation Sequencing. J Clin Oncol 2018;36:633-641.
15. Hellmann MD, Ciuleanu TE, Pluzanski A, Lee JS, Otterson GA, Audigier-Valette C, Minenza E, et al. Nivolumab plus Ipilimumab in Lung Cancer with a High Tumor Mutational Burden. N Engl J Med 2018;378:2093-2104.
16. Kalia SS, Adelman K, Bale SJ, Chung WK, Eng C, Evans JP, Herman GE, et al. Recommendations for reporting findings in clinical exome and genome sequencing, 2016 update (ACMG SF v2.0): a policy statement from the American College of Medical Genetics and Genomics. Genet Med 2017; 19: 249-255.