Troubles digestifs fonctionnels: CƓlon irritable et estomac irritable

Les troubles fonctionnels de la digestion, en particulier le syndrome du cĆ“lon irritable (SCI) et l’estomac irritable (dyspepsie fonctionnelle, DF), font partie des maladies gastro-entĆ©rologiques les plus courantes et affectent considĆ©rablement la qualitĆ© de vie de nombreuses personnes concernĆ©es. La physiopathologie de ces troubles est complexe et comprend une hypersensibilitĆ© viscĆ©rale, une modification de la motilitĆ© intestinale, des dysbioses dans le microbiome ainsi qu’une perturbation de la communication intestin-cerveau. Le diagnostic repose sur des critĆØres cliniques, les symptĆ“mes d’alerte nĆ©cessitant des examens complĆ©mentaires. Le traitement est axĆ© sur les symptĆ“mes et comprend une combinaison de mesures mĆ©dicamenteuses, diĆ©tĆ©tiques et phytothĆ©rapeutiques. Une thĆ©rapie individualisĆ©e et holistique peut contribuer Ć  rĆ©duire les symptĆ“mes et Ć  amĆ©liorer durablement la qualitĆ© de vie des patients.

Functional digestive disorders, in particular irritable bowel syndrome (IBS) and functional dyspepsia (FD), are among the most com¬mon gastroenterological disorders and significantly impair the quality of life of many of those affected. The pathophysiology of these disorders is complex and includes visceral hypersensitivity, altered intestinal motility, dysbiosis in the microbiome, and impaired gut-brain communication. Diagnosis is based on clinical criteria, with alarm symptoms triggering further investigation. The therapy is symptom-oriented and includes a combination of medication, dietary and herbal measures. An individualized and holistic therapy can help to reduce the symptoms and sustainably improve the patient’s quality of life.
Key Words: Functional digestive disorders, irritable bowel syndrome and functional microbiome, therapy options

DƩfinition et ƩpidƩmiologie

Les troubles digestifs fonctionnels, qui comprennent le syndrome du cĆ“lon irritable (SCI) et la dyspepsie fonctionnelle, sont appelĆ©s Ā« Disorders of Gut-Brain Interaction Ā» (DGBI). Dans le cas de l’estomac irritable, les troubles se concentrent sur le tube digestif supĆ©rieur, tandis que dans le cas du cĆ“lon irritable, ils concernent le tube digestif infĆ©rieur. Ces troubles sont trĆØs rĆ©pandus, touchant environ 10 Ć  15 % de la population, avec une prĆ©valence plus Ć©levĆ©e chez les femmes (1, 2, 3).

De nombreux patients souffrent d’une diminution considĆ©rable de leur qualitĆ© de vie, car les symptĆ“mes apparaissent souvent de maniĆØre imprĆ©visible. Les patients souffrant de troubles graves sont parfois prĆŖts Ć  prendre des risques considĆ©rables pour soulager leurs symptĆ“mes (4)

SymptƓmes et classification

Le syndrome du cƓlon irritable se subdivise en cinq sous-types:

• IBS-C: avec constipation prĆ©dominante;
• IBS-D: avec prĆ©dominance de diarrhĆ©e;
• IBS-M: avec des habitudes de selles instables.
• IBS-U: IBS non classable.
L’estomac irritable peut quant Ć  lui se prĆ©senter sous la forme d’un syndrome douloureux Ć©pigastrique (EPS) ou d’un syndrome de dĆ©tresse postprandiale (SDP). Alors que l’EPS se caractĆ©rise par des douleurs et des brĆ»lures dans la partie supĆ©rieure de l’abdomen, le PDS se manifeste par une sensation de satiĆ©tĆ© prĆ©coce et de plĆ©nitude aprĆØs les repas.
De nombreux patients prĆ©sentent des symptĆ“mes qui se chevauchent, de sorte qu’il est souvent difficile de faire une distinction claire entre les deux maladies (Fig. 1).


Une mĆ©ta-analyse a rĆ©vĆ©lĆ© que le chevauchement des symptĆ“mes se situe entre 15 et 42 % (6).

Physiopathologie

Les causes exactes ne sont pas encore totalement Ć©lucidĆ©es. Des Ć©tudes rĆ©centes montrent toutefois que diffĆ©rents facteurs contribuent au dĆ©veloppement de la maladie (7–13).

• HypersensibilitĆ© viscĆ©rale: une sensibilitĆ© accrue Ć  la douleur dans le tractus gastro-intestinal.
• MotilitĆ© intestinale perturbĆ©e: des modifications des schĆ©mas de mouvement de l’intestin peuvent entraĆ®ner aussi bien de la constipation que de la diarrhĆ©e.
• Des modifications du microbiome: les dĆ©sĆ©quilibres de la flore intestinale jouent un rĆ“le dans l’apparition du SCI.
• Processus inflammatoires et activation immunitaire: les micro-inflammations chroniques peuvent jouer un rĆ“le clĆ©.
• Communication intestin-cerveau altĆ©rĆ©e: les interactions entre le systĆØme nerveux et le tube digestif sont modifiĆ©es chez les personnes atteintes.
• Le rĆ“le de l’infection Ć  Helicobacter pylori n’est pas encore totalement Ć©lucidĆ©.

Diagnostic

Le diagnostic des troubles digestifs fonctionnels repose principalement sur les critĆØres de ROME IV (14). Pour le SCI, il s’agit de:

– Douleurs abdominales rĆ©currentes au moins un jour par semaine au cours des trois derniers mois.
– Lien entre les douleurs et l’évacuation des selles.
– Modification de la frĆ©quence ou de la consistance des selles.

Pour la dyspepsie fonctionnelle, des symptĆ“mes tels qu’une douleur Ć©pigastrique, une sensation de plĆ©nitude ou de satiĆ©tĆ© prĆ©coce doivent ĆŖtre prĆ©sents sans qu’une cause organique dĆ©montrable puisse ĆŖtre identifiĆ©e.

SymptĆ“mes d’alarme

Certains de ces symptĆ“mes (15 et 16) nĆ©cessitent un diagnostic plus approfondi afin d’exclure des maladies graves, notamment:

– des difficultĆ©s Ć  avaler.
– perte de poids inexpliquĆ©e;
– sang dans les selles ou signes d’anĆ©mie;
– vomissements rĆ©pĆ©tĆ©s;
– Ballonnements persistants ou prĆ©sence d’un volume abdominal (ictĆØre);
– Nouvelle apparition de la dyspepsie ou modification des habitudes de dĆ©fĆ©cation chez les patients de plus de 40 ans.
– Indices de perte de sang ou d’anĆ©mie;

Options thƩrapeutiques:

Approches mƩdicamenteuses:

Le traitement vise Ơ amƩliorer la qualitƩ de vie et Ơ soulager les symptƓmes.
– Les spasmolytiques peuvent soulager les crampes (17).
– La rifaximine, un antibiotique non rĆ©sorbable, peut ĆŖtre utilisĆ©e chez les patients prĆ©sentant une mauvaise colonisation de l’intestin grĆŖle (SIBO) (18).
– Les inhibiteurs de la pompe Ć  protons (IPP) sont utiles en cas de dyspepsie fonctionnelle, notamment chez les patients H. pylori nĆ©gatifs (19).
– Les antidĆ©presseurs, tels que les antidĆ©presseurs tricycliques ou les ISRS, sont utilisĆ©s pour soulager la douleur (20, 21).
– Les prĆ©biotiques/probiotiques. Ils semblent ĆŖtre des traitements efficaces pour la DA, bien que les espĆØces et les souches individuelles qui sont les plus bĆ©nĆ©fiques restent floues (22).
– Les prokinĆ©tiques favorisent la mobilitĆ© gastro-intestinale, notamment dans les cas de SDP (23).

Les produits phytopharmaceutiques

Les substances actives vƩgƩtales jouent un rƓle de plus en plus important dans le traitement:
– L’huile de menthe poivrĆ©e a un effet analgĆ©sique et dĆ©contractant (24).
– L’huile de cumin rĆ©duit les ballonnements et amĆ©liore la digestion (25).
– Huile de menthe poivrĆ©e et huile de cumin combinĆ©es (CarmenthinĀ®) (26)
– L’anse amĆØre peut rĆ©guler la musculature gastro-intestinale (27, 28).
– L’artichaut et le curcuma ont des effets antioxydants et anti-inflammatoires (29, 30).
– La camomille a des propriĆ©tĆ©s apaisantes et anti-inflammatoires (31).
– Les enveloppes de psyllium favorisent la digestion, en particulier dans le cas du SII-C (32–34).

Mesures diƩtƩtique

– Le rĆ©gime Low FODMAP est l’une des interventions alimentaires les plus efficaces, car les aliments riches en FODMAP peuvent provoquer des ballonnements et des diarrhĆ©es (35-38).
– Le rĆ©gime sans gluten peut ĆŖtre utile pour certaines personnes, mĆŖme en l’absence de maladie cœliaque (39, 40).
– RĆ©gime riche en fibres: il soutient le transit intestinal, les enveloppes de psyllium Ć©tant particuliĆØrement efficaces (33, 34).

Autres options thƩrapeutiques:

Outre les mĆ©dicaments et l’alimentation, il existe d’autres approches:
– Gestion du stress: les facteurs psychologiques tels que le stress et l’anxiĆ©tĆ© jouent un rĆ“le important dans le SCI et la dyspepsie. Des techniques telles que l’entraĆ®nement Ć  la pleine conscience ou la thĆ©rapie cognitivo-comportementale peuvent s’avĆ©rer utiles.
– L’exercice physique: une activitĆ© physique rĆ©guliĆØre amĆ©liore la motilitĆ© intestinale et rĆ©duit le stress.
– Ɖducation des patients: une information complĆØte sur la maladie permet aux personnes concernĆ©es de mieux gĆ©rer leurs symptĆ“mes.

CarmenthinĀ® (MenthacarinĀ®): un effet cliniquement pertinent.

SupƩrieur au placebo.

L’étude a Ć©valuĆ© l’efficacitĆ© et la sĆ©curitĆ© de gĆ©lules gastro-rĆ©sistantes contenant une combinaison fixe de 90 mg d’huile de menthe poivrĆ©e et 50 mg d’huile de carvi (MenthacarinĀ®). Des patients souffrant de dyspepsie fonctionnelle ont Ć©tĆ© traitĆ©s avec une gĆ©lule de MenthacarinĀ® ou un placebo deux fois par jour pendant 28 jours (41). Les variables primaires d’efficacitĆ© Ć©taient la variation intra-individuelle (i) de l’intensitĆ© de la douleur et (ii) de la pression, de la lourdeur et de la sensation de plĆ©nitude entre les jours 1 et 29, ainsi que l’évaluation (iii) de l’amĆ©lioration globale (Clinical Global Impression [CGI] item 2) par les investigateurs au jour 29. Au jour 29, l’intensitĆ© moyenne de la douleur avait diminuĆ© de 40 % dans le groupe MenthacarinĀ® et de 22 % dans le groupe placebo par rapport Ć  la valeur initiale. Pour la pression, la lourdeur et la sensation de plĆ©nitude, une rĆ©duction de 43 % a Ć©tĆ© constatĆ©e dans le groupe MenthacarineĀ® et de 22 % dans le groupe placebo. Concernant la pression, la lourdeur et la sensation de plĆ©nitude, une rĆ©duction de 43 % a Ć©tĆ© constatĆ©e dans le groupe MenthacarinĀ® et de 22 % dans le groupe placebo. Pour les trois paramĆØtres cibles, la supĆ©rioritĆ© de MenthacarinĀ® par rapport au placebo Ć©tait statistiquement significative. Six patients (cinq sous MenthacarineĀ® et un sous placebo) ont signalĆ© des Ć©vĆ©nements indĆ©sirables qui n’étaient pas liĆ©s Ć  l’étude ou qui Ć©taient dus Ć  une aggravation de la maladie Ć©tudiĆ©e (42). Une autre Ć©tude multicentrique prospective, contrĆ“lĆ©e par placebo, en double aveugle, a Ć©valuĆ© l’efficacitĆ© de la MenthacarineĀ® sur les symptĆ“mes et la qualitĆ© de vie (QoL) chez 114 patients prĆ©sentant des symptĆ“mes de dyspepsie Ć  l’origine de douleurs Ć©pigastriques ou de troubles digestifs postprandiaux (32). Les principaux rĆ©sultats Ć©taient les suivants: AprĆØs 2 et 4 semaines, le traitement actif Ć©tait supĆ©rieur au placebo pour soulager les symptĆ“mes correspondant au PDS et Ć  l’EPS (p < 0.001 pour tous les cas). AprĆØs quatre semaines de traitement, les scores de douleur et d’inconfort ont diminuĆ© de 7.6 ± 4.8 et 3.6 ± 2.5 points (analyse complĆØte; moyenne ± Ć©cart-type) avec CarmenthinĀ® et de 3.4 ± 4.3 et 1.3 ± 2.1 points avec le placebo.

Toutes les mesures d’efficacitĆ© secondaires ont montrĆ© l’avantage de CarmenthinĀ®. CarmenthinĀ® s’est avĆ©rĆ© efficace pour soulager la douleur et l’inconfort ainsi que pour amĆ©liorer la qualitĆ© de vie spĆ©cifique Ć  la maladie chez les patients atteints de DF. Ces rĆ©sultats dĆ©montrent la bonne tolĆ©rance et le rapport bĆ©nĆ©fice/risque favorable de CarmenthinĀ® dans le traitement de la dyspepsie fonctionnelle (43). CarmenthinĀ® a Ć©galement montrĆ© son efficacitĆ© sur les symptĆ“mes typiques du cĆ“lon irritable, du syndrome du cĆ“lon irritable (SCI) et de la dyspepsie fonctionnelle (DF), qui sont des maladies gastro-intestinales fonctionnelles frĆ©quentes prĆ©sentant des symptĆ“mes similaires. Ā­L’efficacitĆ© et la sĆ©curitĆ© de CarmenthinĀ® ont Ć©tĆ© dĆ©montrĆ©es dans le traitement de la dyspepsie fonctionnelle. L’efficacitĆ© de CarmenthinĀ® sur les symptĆ“mes associĆ©s Ć  l’intestin irritable chez les patients atteints de DA a Ć©tĆ© examinĆ©e dans une analyse systĆ©matique d’essais contrĆ“lĆ©s randomisĆ©s en double aveugle (43). Trois des cinq essais contrĆ“lĆ©s randomisĆ©s (ECR) identifiĆ©s ont inclus un total de 111 sujets Ć©ligibles, ce qui a permis d’établir des statistiques synthĆ©tiques et de les inclure dans une analyse de sous-groupe pour les patients atteints de DA prĆ©sentant des symptĆ“mes associĆ©s au SCI.

Les valeurs d’intensitĆ© de la douleur des patients prĆ©sentant un syndrome du cĆ“lon irritable concomitant ont diminuĆ© en moyenne de 50 Ć  75 % pendant les 28 jours de traitement. L’analyse des sous-groupes indique ainsi des effets positifs du traitement Ć  base de CarmenthinĀ®, comparables Ć  ceux observĆ©s chez les patients atteints de DA dans les analyses primaires. Dans les Ć©tudes cliniques, CarmenthinĀ® s’est rĆ©vĆ©lĆ© efficace et sĆ»r lors d’une utilisation Ć  long terme chez les patients souffrant de dyspepsie fonctionnelle. Les rĆ©sultats du traitement Ć  long terme ont Ć©tĆ© enregistrĆ©s dans une Ć©tude ouverte de 12 mois sur le suivi du traitement (44). Les patients avaient auparavant Ć©tĆ© traitĆ©s par CarmenthinĀ® (une capsule gastro-rĆ©sistante deux fois par jour vs placebo) dans le cadre d’une Ć©tude clinique en double aveugle de quatre semaines. Pendant le suivi, tous les patients ayant reƧu auparavant du verum ou un placebo ont Ć©tĆ© traitĆ©s avec une capsule de CarmenthinĀ® deux fois par jour. Les critĆØres d’évaluation Ć©taient les changements d’intensitĆ© de la douleur (Fig. 2).

Copyright
Aerzteverlag medinfo AG

Pr Walter F. Riesen

riesen@medinfo-verlag.ch

Les auteurs n’ont pas dĆ©clarĆ© de conflit d’intĆ©rĆŖts en rapport avec cet article.

  • Les troubles digestifs fonctionnels, tels que le cĆ“lon irritable et l’estomac irritable, sont des maladies frĆ©quentes qui occasionnent un stress considĆ©rable pour les personnes qui en souffrent.
  • La pathophysiologie est complexe et comprend des facteurs tels que l’hypersensibilitĆ© viscĆ©rale, l’altĆ©ration de la flore intestinale et la perturbation de la communication entre l’intestin et le cerveau.
  • Le diagnostic repose sur des critĆØres cliniques, les symptĆ“mes d’alarme nĆ©cessitant un examen plus approfondi. Le traitement doit ĆŖtre adaptĆ© individuellement et associer des mesures mĆ©dicamenteuses, phytothĆ©rapeutiques et diĆ©tĆ©tiques. L’efficacitĆ© et la sĆ©curitĆ© du traitement par CarmenthinĀ® ont Ć©tĆ© dĆ©montrĆ©es, mĆŖme en cas d’utilisation Ć  long terme.
  • Une approche globale et centrĆ©e sur le patient permet de soulager les symptĆ“mes et d’amĆ©liorer la qualitĆ© de vie.

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HyperkaliĆ©mie en cas dā€™ā€Šinsuffisance cardiaque chronique

Lā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie (HK) est un trouble Ć©lectrolytique potentiellement mortel. Elle est principalement due Ć  un dĆ©placement du potassium hors des cellules ou Ć  une diminution de lā€™ā€ŠexcrĆ©tion rĆ©nale de potassium. Ce trouble Ć©lectrolytique se produit souvent chez les patients souffrant dā€™ā€Šune maladie cardiovasculaire. MalgrĆ© lā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie, le maintien du blocage du SRAA en cas dā€™ā€Šinsuffisance cardiaque (IC) avec fraction dā€™ā€ŠĆ©jection rĆ©duite (FE-VG) est essentiel, car lā€™ā€ŠarrĆŖt ou la rĆ©duction de la dose sā€™ā€Šaccompagne dā€™ā€Šune augmentation de la mortalitĆ©. MĆŖme en cas de fraction dā€™ā€ŠĆ©jection gauche (FE VG) ≄ 40 %, lā€™ā€Šadministration dā€™ā€Šun inhibiteur du SGLT2 en plus dā€™ā€Šun ARM peut ĆŖtre envisagĆ©e. La prĆ©vention, la dĆ©tection et le traitement de lā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie revĆŖtent donc une importance capitale, en particulier chez les patients cardio-rĆ©naux mĆ©taboliques.

Hyperkalemia (HK) is a potentially life-threatening electrolyte disorder. The main causes are a shift of potassium from the cells or reduced renal excretion of potassium. It is common in patients with cardiovascular disease. Maintenance of RAAS blockade in heart failure (HF) with reduced LV EF despite hyperkalemia is essential, as discontinuation or dose reduction is associated with increased mortality. The addition of an MRA to an SGLT2 inhibitor may also be considered when LVEF is ≄ 40 %. Therefore, the prevention, detection and treatment of hyperkalemia, especially in patients with cardiorenal metabolic disorders, is of great importance.
Key words: Hyperkalemia, Heart failure, RAASi, MRA, Finerenon, CKD, Diabetes Type 2, Potassium binder

Introduction

Une hyperkaliĆ©mie (HK) > 5.0–5.5 mmol/l est principalement due Ć  un dĆ©placement du potassium hors des cellules (redistribution) ou Ć  une excrĆ©tion rĆ©nale anormale de potassium. Une hyperglycĆ©mie en cas de diabĆØte sucrĆ©, une acidose ou une dĆ©sintĆ©gration cellulaire Ć©tendue entraĆ®nent un dĆ©placement des cellules (hyperglycĆ©mie en cas de diabĆØte sucrĆ©, acidose, dĆ©sintĆ©gration cellulaire Ć©tendue) qui provoque une augmentation temporaire de la concentration plasmatique de potassium, tandis quā€™ā€Šune diminution de lā€™ā€ŠexcrĆ©tion rĆ©nale de potassium provoque une HK persistante. Lā€™ā€ŠaltĆ©ration de lā€™ā€ŠexcrĆ©tion rĆ©nale de potassium peut rĆ©sulter dā€™ā€Šune diminution de la libĆ©ration de sodium dans le nĆ©phron distal, dā€™ā€Šune diminution du taux ou de lā€™ā€ŠactivitĆ© des minĆ©ralocorticoĆÆdes ou dā€™ā€Šanomalies dans le canal collecteur cortical. Dans certains cas, ces trois troubles sont prĆ©sents simultanĆ©ment. Une absorption excessive de potassium (provenant de certains aliments ou de sels de substitution) peut Ć©galement provoquer une hyperkaliĆ©mie, mais gĆ©nĆ©ralement en cas de fonction rĆ©nale rĆ©duite. Si le dĆ©bit de filtration glomĆ©rulaire (DFG) est > 60 ml/min/1.73m2, une hyperkaliĆ©mie est inhabituelle. Une nĆ©crose tissulaire ou certains mĆ©dicaments peuvent Ć©galement en ĆŖtre responsables (1, 2).

Le potassium est absorbĆ© dans la partie supĆ©rieure de lā€™ā€Šintestin grĆŖle et se trouve Ć  98 % dans la cellule. Son antagoniste physiologique est le sodium, qui est principalement extracellulaire. Ensemble, ils sont essentiels Ć  la physiologie cellulaire. Lā€™ā€ŠhomĆ©ostasie du potassium est dĆ©cisive pour la physiologie des cellules. Elle est Ć©galement essentielle pour le maintien du potentiel de repos des membranes cellulaires, en particulier dans les cellules cardiaques. Tout dĆ©sĆ©quilibre peut entraĆ®ner des troubles Ć©lectrophysiologiques, y compris des arythmies cardiaques malignes.

90 % du potassium est Ć©liminĆ© par voie rĆ©nale avec une variabilitĆ© circadienne, 10 % par voie gastro-intestinale. Le contrĆ“le hormonal est assurĆ© par lā€™ā€Šinsuline, les catĆ©cholamines et lā€™ā€ŠaldostĆ©rone (1).

ƉpidĆ©miologie, physiopathologie

Chez la population gĆ©nĆ©rale, lā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie est rare (2–3 %). Son incidence est cependant sous-estimĆ©e, car aucun dĆ©pistage du potassium nā€™ā€Šest effectuĆ©, mĆŖme chez les patients Ć  haut risque. On trouve Ć©galement diffĆ©rents seuils de potassium pour lā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie. Souvent, celle-ci nā€™ā€Šest que temporaire. Il nā€™ā€Šexiste toutefois pas dā€™ā€ŠĆ©tudes prospectives Ć  ce sujet.

Un blocage du SRAA avec un IEC/ARB/ARNI et un ARM est trĆØs efficace dans le cas de diverses maladies cardio-rĆ©nales: il est antihypertenseur, cardio- et nĆ©phroprotecteur. Chez les patients souffrant dā€™ā€Šune insuffisance cardiaque (IC) avec fraction dā€™ā€ŠĆ©jection rĆ©duite (HFrEF), les inhibiteurs du SystĆØme RĆ©nine-Angiotensine-AldostĆ©rone (SRAAi), y compris les antagonistes des rĆ©cepteurs aux minĆ©ralocorticoĆÆdes (ARM), amĆ©liorent les symptĆ“mes, rĆ©duisent le risque dā€™ā€Šhospitalisation et de dĆ©cĆØs par IC. Ils sont par ailleurs recommandĆ©s par les directives amĆ©ricaines et europĆ©ennes sur lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque (recommandation IA). Les inhibiteurs du SGLT2 ont Ć©galement ces propriĆ©tĆ©s protectrices, indĆ©pendamment de la FEVG.

Lā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie potentielle rĆ©sultant du SRAAi est souvent un problĆØme chez les patients Ć¢gĆ©s multimorbides souffrant dā€™ā€Šinsuffisance cardiaque (IC). Elle survient en particulier en prĆ©sence dā€™ā€Šune insuffisance rĆ©nale chronique (IRC) et/ou dā€™ā€Šun diabĆØte sucrĆ© de type 2 (DT2). Lā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie est associĆ©e Ć  une mortalitĆ© accrue et Ć  un risque dā€™ā€Šhospitalisation plus Ć©levĆ© (1–4). Le risque dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie le plus Ć©levĆ© est observĆ© chez les personnes qui bĆ©nĆ©ficient le plus dā€™ā€Šune inhibition du SRAA:

• jusquā€™ā€ŠĆ  40–50 % en cas dā€™ā€ŠIRC de plus dā€™ā€Šun an avec un DFGe < 30 ml/min/1.73 m2, en particulier chez les personnes atteintes de DT2 et sous SRAAi, avec toutefois un risque dā€™ā€Šacidose mĆ©tabolique;
• jusquā€™ā€ŠĆ  40 % en cas dā€™ā€Šinsuffisance cardiaque sĆ©vĆØre Ć  partir dā€™ā€Šune dose de spironolactone de 50 mg/jour.
• en cas de statut aprĆØs une hyperkaliĆ©mie.

Les patients atteints dā€™ā€ŠIRC et dā€™ā€ŠIC doivent gĆ©nĆ©ralement sā€™ā€Šattendre Ć  des Ć©pisodes dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie rĆ©currents et croissants, ces Ć©pisodes survenant alors Ć  des intervalles plus courts. Dans le registre suĆ©dois de lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque, sur 43 000 patients, 51 % avaient une IRC, 24 % un DT2, 13 % une IRC+DT2 et 21 % une fibrillation atriale. Lā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie est un marqueur de risque de mauvais rĆ©sultats, notamment en raison dā€™ā€Šune utilisation non optimale du traitement par SAARi. En raison dā€™ā€Šune hyperkaliĆ©mie, dā€™ā€Šune augmentation de la crĆ©atinine, dā€™ā€Šune hypotension, de lā€™ā€ŠĆ¢ge et de la fragilitĆ©, les mĆ©dicaments contre lā€™ā€ŠIC ne sont pas utilisĆ©s conformĆ©ment aux directives (5, www.ukidney.com). Un travail rĆ©cent publiĆ© dans le JACC a Ć©galement mis en Ć©vidence une hyperkaliĆ©mie rĆ©currente en cas dā€™ā€ŠIRC (G3/G4) chez 6 337 patients Ć¢gĆ©s, dont 2129 patients avec IC. Cela a entraĆ®nĆ© une mortalitĆ© globale accrue, plus dā€™ā€ŠĆ©vĆ©nements cardiovasculaires et plus dā€™ā€Šarythmies (6).
Une hyperkaliĆ©mie est classĆ©e en diffĆ©rents degrĆ©s de gravitĆ© – cf. Fig. 1.


La valeur est Ć©levĆ©e Ć  partir dā€™ā€Šun potassium sĆ©rique de > 5 mmol/l. Une valeur ≄ 6.0 mmol/l est dangereuse. En cas de potassium sĆ©rique confirmĆ© Ć  hauteur de ≄ 6.5 mmol/l, une hospitalisation dā€™ā€Šurgence avec monitorage par ECG et mise en place de mesures thĆ©rapeutiques spĆ©cifiques est nĆ©cessaire en raison dā€™ā€Šune menace vitale. Pour ce qui est du diagnostic diffĆ©rentiel et de la physiopathologie dā€™ā€Šune IC, voir les Fig. 2 et Fig. 3 (1–4). Cā€™ā€Šest la raison pour laquelle une hyperkaliĆ©mie doit ĆŖtre dĆ©tectĆ©e Ć  un stade prĆ©coce.

Clinique

Lā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie est gĆ©nĆ©ralement asymptomatique ou symptomatique, avec des symptĆ“mes non spĆ©cifiques tels que nausĆ©es, vomissements, diarrhĆ©e, paresthĆ©sies pĆ©roniĆØres, fourmillements et engourdissements. Ainsi, elle nā€™ā€Šest pas reconnue pendant longtemps. Des manifestations neuromusculaires telles que des paresthĆ©sies et des fasciculations des extrĆ©mitĆ©s peuvent Ć©galement apparaĆ®tre. En cas dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie sĆ©vĆØre (supĆ©rieure Ć  6,5 mmol/l), des paralysies ascendantes avec, en fin de compte, une tĆ©traplĆ©gie flasque des extrĆ©mitĆ©s ou un ilĆ©us sont possibles. Un effet dĆ©polarisant avec des modifications typiques de lā€™ā€ŠECG se produit jusquā€™ā€ŠĆ  67 % en cas dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie aiguĆ« (> 6,0-6,4 mmol/l). Cela comprend une onde T pointue (Ć  ≄ 5,5-6 mmol/l dans 31,8 %), une faible amplitude de lā€™ā€Šonde P (> 6-6,5 mmol/l), un allongement de lā€™ā€Šintervalle P-R et un QRS large (26,2 %). Des troubles de la conduction, des bradycardies, une perte de P avec onde sinusoidale, FV, une asystole peuvent se produire avec un (K+) > 8–9 mmol/l. Cependant, les symptĆ“mes et lā€™ā€ŠECG ne sont pas de bons prĆ©dicteurs de la mortalitĆ©. La sensibilitĆ© et la spĆ©cificitĆ© sont faibles, en particulier pour les maladies cardiaques. Arythmies lĆ©tales sans ECG prĆ©alable. Lā€™ā€ŠECG ne peut pas ĆŖtre utilisĆ© pour exclure une hyperkaliĆ©mie. Cā€™ā€Šest pourquoi des contrĆ“les rĆ©guliers du potassium et de la crĆ©atinine sont essentiels, en particulier lors de changements de mĆ©dicaments et de doses, toutes les 1 Ć  2 semaines (1,2,7,8).

Lā€™ā€Šimportance de lā€™ā€ŠARM dans le traitement de lā€™ā€ŠIC chronique

Lā€™ā€ŠIC est, indĆ©pendamment de la FEVG, une maladie chronique Ć©volutive, avec une mortalitĆ© Ć©levĆ©e et un risque important de rĆ©cidive, en particulier dā€™ā€Šhospitalisation. Il est donc essentiel dā€™ā€Šoptimiser le traitement par SAARi tant que le potassium sĆ©rique est infĆ©rieur Ć  5,0 mmol/l, car ce traitement a un effet cardioprotecteur et nĆ©phroprotecteur. En cas dā€™ā€ŠHFrEF, lā€™ā€Šassociation des Ā«fantastic fourĀ» (IECi/ARNI, bĆŖtabloquant, SGLT2i, ARM) amĆ©liore la mortalitĆ© globale de 61 % (9). Le facteur dĆ©cisif est ici la titration rapide pour atteindre le dosage correct, conformĆ©ment aux directives de lā€™ā€ŠESC (10, 11).

La spironolactone est associĆ©e Ć  une incidence plus faible dā€™ā€ŠhypokaliĆ©mie et Ć  une amĆ©lioration de la survie, mĆŖme en cas dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie modĆ©rĆ©e (2, 12). Dans lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque (IC), les hypokaliĆ©mies dangereuses sont nettement plus rares sous ARM en association avec des diurĆ©tiques.

Selon lā€™ā€ŠĆ©tude STRONG-HF, une stratĆ©gie dā€™ā€Šoptimisation intensive aprĆØs une hospitalisation aiguĆ« – avec une augmentation rapide de la mĆ©dication conforme aux directives et un suivi Ć©troit rĆ©duit les symptĆ“mes, amĆ©liore la qualitĆ© de vie et diminue le risque de rĆ©admission aprĆØs 6 mois (13). Des effets similaires ont Ć©tĆ© observĆ©s dans les Ć©tudes ATLAS et BIOSTAT-HF avec IECi/ARB, ou un bĆŖtabloquant Ć  la dose correcte. Lā€™ā€Šune des causes de la non-prescription ou du report de lā€™ā€Šaugmentation de la dose du SAARi ou du MRA Ć©tait une dĆ©tĆ©rioration de la fonction rĆ©nale et/ou une hyperkaliĆ©mie. Dans jusquā€™ā€ŠĆ  76 % des cas, ces mĆ©dicaments ne sont pas utilisĆ©s par la suite (2, 11, 12, 14). La rĆ©duction de la dose ou lā€™ā€ŠarrĆŖt du RAASi entraĆ®ne un risque de mortalitĆ© plus que doublĆ©. Cā€™ā€Šest pourquoi il est essentiel de dĆ©terminer la dose maximale tolĆ©rĆ©e (13, 15, 16).

Sous ARNI, le risque dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie modĆ©rĆ©e Ć  sĆ©vĆØre et dā€™ā€Šaugmentation de la crĆ©atinine est lĆ©gĆØrement plus faible que sous Ć©nalapril dans le cas dā€™ā€Šune IC (PARADIGM-HF). Il en va de mĆŖme sous traitement par un SGLT2i (10, 15, 17).

Les ARMs sont considĆ©rĆ©s comme essentiels en cas dā€™ā€ŠIC, Ć  condition que la pression artĆ©rielle systolique soit supĆ©rieure Ć  100 mmHg, que le DFGe soit supĆ©rieur Ć  30 ml/min/1.73 m² et que le taux de potassium sĆ©rique soit infĆ©rieur Ć  5 mmol/l. Comme les inhibiteurs du SGLT2 (recommandation IA), ils peuvent ĆŖtre utilisĆ©s indĆ©pendamment de la FEVG, mais nā€™ā€Šont actuellement quā€™ā€Šune indication IIb/C en cas de FEVG ≄ 40 % (15). En cas de DFGe < 30 ml/min, lā€™ā€ŠARM et lā€™ā€ŠARNI doivent ĆŖtre Ć©vitĆ©s, tandis quā€™ā€Šen cas dā€™ā€ŠIRC au stade G4-5, les preuves sont limitĆ©es, Ć  lā€™ā€Šexception des inhibiteurs du SGLT2, ce qui rend nĆ©cessaire une concertation interdisciplinaire entre cardiologie et nĆ©phrologie. En cas de FEVG < 40 % (HFrEF), des ARMs stĆ©roĆÆdiens tels que la spironolactone ou lā€™ā€ŠĆ©plĆ©rĆ©none (recommandation IA) sont prescrits. Lā€™ā€ŠĆ©tude RALES a montrĆ© une rĆ©duction de 30 % de la mortalitĆ© et de 35 % des hospitalisations pour insuffisance cardiaque avec 25 mg de spironolactone/jour (19); dans EMPHASIS-HF, lā€™ā€ŠĆ©plĆ©rĆ©none a rĆ©duit la mortalitĆ© cardiovasculaire et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque de 37 %, avec 11.8 % des patients ayant dĆ©veloppĆ© une hyperkaliĆ©mie (20). Lā€™ā€Šā€ŠeplĆ©rĆ©none provoque un peu moins dā€™ā€Šhypotension et Ć©vite la gynĆ©comastie par rapport Ć  la spironolactone.

En cas dā€™ā€ŠIC avec FEVG ≄ 40 % (HFmrEF: 41–49 % ou HFpEF: FEVG ≄ 50 %), la place thĆ©rapeutique des ARMs restait incertaine jusquā€™ā€ŠĆ  lā€™ā€ŠESC 2024, tandis que les inhibiteurs du SGLT2 continuent dā€™ā€ŠĆŖtre recommandĆ©s. Lā€™ā€ŠĆ©tude TOPCAT 2014, qui prĆ©sentait des lacunes mĆ©thodologiques, Ć©tait neutre.

Le finƩrƩnone

Ce nouvel ARM non stĆ©roĆÆdien (NS) semble prĆ©senter un avantage certain avec un bĆ©nĆ©fice plus important (sĆ©lectivitĆ© et puissance Ć©levĆ©es, t/2 plus court, rĆ©partition tissulaire Ć©quilibrĆ©e entre le cœur et les reins), mais aussi avec moins dā€™ā€Šeffets indĆ©sirables (pas de mĆ©tabolites, pas dā€™ā€Šeffets indĆ©sirables liĆ©s au sexe, moins dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie, encore moins dā€™ā€Šeffet sur la pression sanguine). ƉliminĆ© via le CYP3A4, le DFGe doit ĆŖtre initialement > 25 ml/min/1.73 m2.

Dans lā€™ā€ŠĆ©tude FINEARTS-HF randomisĆ©e, en double aveugle et contrĆ“lĆ©e par placebo, le finĆ©rĆ©none (F) a montrĆ© chez 6001 patients Ć¢gĆ©s, symptomatiques et Ć  risque dā€™ā€Šinsuffisance cardiaque une FEVG dā€™ā€Šau moins 40 % (NYHA II-IV, NT-pro-BNP Ć©levĆ©, cardiopathie structurelle, diurĆ©tiques), avec un DFGe dā€™ā€Šau moins 25 ml/min/1.73 m2 (48 % < 60 ml/min/1. Le critĆØre dā€™ā€ŠĆ©valuation composite primaire a Ć©galement montrĆ© une rĆ©duction significative de 18 % de lā€™ā€Šaggravation de lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque. Le critĆØre dā€™ā€ŠĆ©valuation composite primaire a Ć©galement montrĆ© une rĆ©duction significative de 18 % de lā€™ā€Šaggravation de lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque. En revanche, il nā€™ā€Šy avait pas de diffĆ©rence entre la finĆ©nĆ©rone et le placebo en ce qui concerne la mortalitĆ© cardiovasculaire. La qualitĆ© de vie a Ć©tĆ© nettement amĆ©liorĆ©e. Les patients Ć¢gĆ©s et tous les autres sous-groupes en ont Ć©galement profitĆ© (21).

Ces rĆ©sultats soutiennent lā€™ā€Šutilisation des MRA non stĆ©roĆÆdiens chez les patients avec insuffisance cardiaque ayant une fraction dā€™ā€ŠĆ©jection lĆ©gĆØrement rĆ©duite ou prĆ©servĆ©e – avec ou sans insuffisance rĆ©nale chronique.

Avant le dĆ©but du traitement, le taux de potassium sĆ©rique doit ĆŖtre compris entre 4.8 et 5.0 mmol/l, car le finĆ©narone est associĆ© Ć  un risque accru dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie (K+ > 5.5: 14.3 % vs. 6.9 %, > 6.0: 3.0 % vs. 1.4 %). Cependant, sous rĆ©serve dā€™ā€Šune surveillance Ć©troite et dā€™ā€Šune adaptation de la dose, le bĆ©nĆ©fice clinique de finĆ©rĆ©none par rapport au placĆ©bo a Ć©tĆ© maintenu mĆŖme chez les patients dont le taux de potassium est passĆ© Ć  plus de 5.5mmol/l. L risque d hyperkaliĆ©mie Ć©tait de 2.46. La diffĆ©rence mĆ©diane de potassium entre le finĆ©rĆ©none et le placĆ©bo Ć©tait de 0.2mmol/l (22). Le finĆ©rĆ©none a rĆ©duit le risque du critĆØre dā€™ā€ŠĆ©valuation primaire de maniĆØre similaire chez les femmes et les hommes atteints de cette forme dā€™ā€ŠIC, avec une tolĆ©rance similaire (23).

Lā€™ā€Šune des principales diffĆ©rences entre lā€™ā€ŠĆ©tude FINEARTS HF et de nombreuses autres Ć©tudes sur lā€™ā€ŠIC est que prĆØs de 20 % des patients ont Ć©tĆ© inclus dans lā€™ā€ŠĆ©tude soit Ć  lā€™ā€ŠhĆ“pital. Un aspect particulier de lā€™ā€ŠĆ©tude FINEARTS-HF est que prĆØs de 20 % des patients ont Ć©tĆ© recrutĆ©s lors dā€™ā€Šun sĆ©jour hospitalier ou peu aprĆØs la sortie. Les bĆ©nĆ©fices du traitement par finĆ©rĆ©none en particulier, et peut-ĆŖtre aussi des ARM en gĆ©nĆ©ral, Ć©taient au moins aussi importants chez les patients qui venaient dā€™ā€ŠĆŖtre hospitalisĆ©s que chez ceux qui Ć©taient plus Ć©loignĆ©s dā€™ā€Šune aggravation de lā€™ā€ŠIC (24).

Chez les patients de FINEARTS-HF, une population prĆ©sentant un faible risque dā€™ā€Šeffets secondaires indĆ©sirables, le finĆ©rĆ©none nā€™ā€Ša pas modifiĆ© de maniĆØre significative les rĆ©sultats du critĆØre dā€™ā€ŠĆ©valuation combinĆ© de la fonction rĆ©nale. Le finĆ©rĆ©none a entraĆ®nĆ© une rĆ©duction plus importante de la filtration glomĆ©rulaire au dĆ©part, mais nā€™ā€Ša pas entraĆ®nĆ© de diffĆ©rence significative de la filtration glomĆ©rulaire au cours de lā€™ā€ŠĆ©volution. Cependant le finĆ©rĆ©none a entraĆ®nĆ© une rĆ©duction prĆ©coce et durable de lā€™ā€Šalbuminurie et a rĆ©duit le risque dā€™ā€Šapparition dā€™ā€Šune nouvelle micro-et macroalbuminurie (25). Une diminution de DFGe (> 15 %) au dĆ©but dā€™ā€Šun traitement (23 %) ne devrait pas automatiquement conduire Ć  lā€™ā€ŠarrĆŖt de lā€™ā€ŠARM. Une baisse initiale du DFGe Ć©tait associĆ© Ć  une incidence plus Ć©levĆ©e de lā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale chronique. Contrairement Ć  ce qui se passe sous placĆ©bo, la perte dā€™ā€ŠactivitĆ© rĆ©nale nā€™ā€Šest pas associĆ©e Ć  une aggravation du pronostic. Selon les auteurs, si le taux de potassium sĆ©rique est infĆ©rieur Ć  5.5 mmol/l, il est possible de continuer Ć  augmenter la dose avec prudence (26). Il est important de continuer Ć  contrĆ“ler rĆ©guliĆØrement le taux de potassium et de crĆ©atinine /DFGe) au dĆ©but du traitement Ć  raison dā€™ā€Šune fois par semaine.
MĆŖme dans un sous-groupe encore trĆØs petit de 14 % des participants Ć  lā€™ā€ŠĆ©tude traitĆ©s par SGLT2i, le traitement par ARM avec finĆ©rĆ©none a montrĆ© des effets similaires Ć  ceux observĆ©s chez les patients non prĆ©traitĆ©s. Les donnĆ©es les plus rĆ©centes indiquent que lā€™ā€Šutilisation combinĆ©e dā€™ā€Šun SGLT2i et dā€™ā€Šun ARMM peut offrir une protection supplĆ©mentaire contre les Ć©vĆ©nements cardiovasculaires et jouer un rĆ“le additif chez les personnes atteintes de CI avec ou sans IRC avec une FEVG lĆ©gĆØrement rĆ©duite ou prĆ©servĆ©e (21, 27).


Dā€™ā€ŠaprĆØs une mĆ©ta-analyse des quatre Ć©tudes menĆ©es jusquā€™ā€ŠĆ  prĆ©sent sur lā€™ā€ŠIC avec ARM, les ARMs stĆ©roĆÆdiennes rĆ©duisaient le risque de dĆ©cĆØs cardiovasculaire ou dā€™ā€Šhospitalisation pour IC chez les patients atteints dā€™ā€Šune HFrEF et les ARMs non stĆ©roĆÆdiennes rĆ©duisent significativement le risque dā€™ā€Šhospitalisation pour IC chez les patients atteints dā€™ā€Šune HFmrEF ou dā€™ā€Šune HFrEF. Le risque absolu dā€™ā€Šune hyperkaliĆ©mie sĆ©vĆØre (K+) > 6 mmol/l Ć©tait faible – environ 3 % dans le groupe de traitement par ARM (28). Les hyperkaliĆ©mies Ć©taient cliniquement contrĆ“lables dans tous les sous-groupes dā€™ā€Šun traitement combinĆ© avec le finĆ©rĆ©none, avec une rĆ©duction dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mies dā€™ā€Šurgence liĆ©es au traitement en association avec les SGLT2i.

Les donnĆ©es dā€™ā€ŠĆ©tudes futures pourraient conduire Ć  une recommandation plus forte des MRA dans lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque chronique (FEVG ≄ 40 %). Actuellement, contrairement Ć  la nĆ©phropathie diabĆ©tique, lā€™ā€Šautorisation de mise sur le marchĆ© de finĆ©rĆ©none (KerendiaĀ®) pour lā€™ā€Šinsuffisance cardiaque nā€™ā€Šest pas encore disponible dans lā€™ā€ŠUE et en Suisse (une extension de lā€™ā€Šautorisation est attendue pour 2026).

Dans la nĆ©phropathie diabĆ©tique (stades G3/G4) avec albuminurie, le finĆ©rĆ©none a dĆ©montrĆ©, dans lā€™ā€Šanalyse FIDELITY (n = 13 026, 3 ans), des effets rĆ©noprotecteurs, une rĆ©duction du risque dā€™ā€ŠĆ©vĆ©nements cardiovasculaires (HR 0.86) et du progrĆØs de la maladie rĆ©nale (HR 0.77) sur un large Ć©ventail de patients (IRC et DT2). Le dĆ©pistage de lā€™ā€Šalbuminurie pour identifier les patients Ć  risque de DT2 facilite la rĆ©duction de la charge cardiovasculaire et rĆ©nale. Une hyperkaliĆ©mie a Ć©tĆ© dĆ©tectĆ©e chez 1.7 % des patients (29).

Les premiĆØres donnĆ©es suggĆØrent que la combinaison du finĆ©rĆ©none avec des inhibiteurs du SGLT2 et des agonistes des rĆ©cepteurs GLP-1 offre un bĆ©nĆ©fice rĆ©nal supplĆ©mentaire tout en rĆ©duisant le risque dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie (30, 31). Actuellement, le finĆ©rĆ©none est recommandĆ© en complĆ©ment des IEC ou des ARA chez les patients diabĆ©tiques de type 2, afin de rĆ©duire les Ć©vĆ©nements cardiovasculaires et la progression de lā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale (pour une DFGe > 60 ml/min/1.73 m² et un UACR ≄ 300 mg/g ou une DFGe de 25–60 ml/min/1.73 m² et un UACR ≄ 30 mg/g). (32).

Mesures en cas dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie

Exclusion dā€™ā€Šune pseudo-hyperkaliĆ©mie:

En prĆ©sence dā€™ā€Šune Ć©lĆ©vation du potassium sĆ©rique, il faut dā€™ā€Šabord Ć©carter toute erreur prĆ©analytique, par exemple par:
• HĆ©molyse (stase prolongĆ©e, vide excessif)
• DĆ©placement intracellulaire (effet du glucose Ć  25–30 °C)
• Centrifugation retardĆ©e (> 2 h) ou temps de repos insuffisant du sang total (< 20 min)
En cas de suspicion de pseudo-hyperkaliémie, il convient de répéter la prise de sang et de doser en parallèle la créatinine, la LDH ainsi que de réaliser, cliniquement, une gazométrie sanguine.

Recherche des causes en cas dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie confirmĆ©e

Examiner sā€™ā€Šil sā€™ā€Šagit dā€™ā€Šune ingestion excessive (aliments riches en potassium, sels de substitution), dā€™ā€Šune destruction cellulaire (rhabdomyolyse, lyse tumorale, hĆ©molyse), dā€™ā€Šun trouble de la rĆ©partition (acidose, dĆ©ficit en insuline), dā€™ā€Šune altĆ©ration de lā€™ā€ŠĆ©limination rĆ©nale ou dā€™ā€Šun hypoaldostĆ©ronisme. Il faut Ć©galement vĆ©rifier la mĆ©dication concomitante (par exemple, AINS, bĆŖta-bloquants, diurĆ©tiques Ć©pargneurs de potassium) et le statut volĆ©mique.

En cas dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie sĆ©vĆØre, les mĆ©dicaments de blocage du SRAA doivent ĆŖtre interrompus (2, 15, 18).

Une autre mesure visant Ć  rĆ©duire le taux de potassium consiste, si cela est indiquĆ©, Ć  utiliser un inhibiteur de SGLT2, qui entraĆ®ne une diminution significative du taux de potassium sĆ©rique. Cela a pu ĆŖtre dĆ©montrĆ© dans un grande mĆ©ta-analyse de 6 Ć©tudes RCT portant sur 49 875 patients atteints de DT2 et prĆ©sentant un risque cardiovasculaire Ć©levĆ© ou IRC avec une hyperkaliĆ©mie sĆ©vĆØre ≄ 6.5 mmol/l sans risque d’ hypokaliĆØmie (33).

Liants modernes du potassium selon KDIGO 2024

Cyclosilicate de sodium (CCS) (LokelmaĀ®)
• MĆ©canisme dā€™ā€Šaction: se lie au potassium dans le tractus gastro-intestinal en Ć©change de Na+ et de H+
• DĆ©but dā€™ā€Šaction: 1–12 h; effets secondaires: troubles gastro-intestinaux lĆ©gers, hypokaliĆ©mie (3–4 %), œdĆØmes
• Dosage: Initialement 3 Ɨ 10 g (chacun dans 45 ml dā€™ā€Šeau), puis 5 g tous les 2 jours jusquā€™ā€ŠĆ  un maximum de 10 g/jour

Patiromer (VeltassaĀ®) (35)
• MĆ©canisme dā€™ā€Šaction: se lie au potassium dans le cĆ“lon en Ć©change de Ca²+
• DĆ©but dā€™ā€Šaction: 4–24 h; effets secondaires: troubles gastro-intestinaux lĆ©gers, hypokaliĆ©mie, hypomagnĆ©sĆ©mie, intolĆ©rance au fructose
• Dosage: Initialement 1 Ɨ 8,4 g dans 80 ml dā€™ā€Šeau; augmentation progressive jusquā€™ā€ŠĆ  un maximum de 25,2 g/jour
• Remarque: laisser un intervalle de 3 heures par rapport rapport aux mĆ©dicaments dont la biodisponibilitĆ© pH-dĆ©pendante peut ĆŖtre affectĆ©e (par exemple, ciprofloxacine, lĆ©vothyroxine, metformine).

Autre prise en charge
• Si le taux de K est < 5 mEq/l, la thĆ©rapie par inhibiteurs du SRAA doit ĆŖtre intensifiĆ©e – un contrĆ“le rĆ©gulier du potassium est essentiel.
• Pour la prĆ©vention, en particulier en cas dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie aiguĆ« ou chronique, des diurĆ©tiques et – si indiquĆ© – des inhibiteurs du SGLT2 sont utilisĆ©s, ceux-ci rĆ©duisant significativement le potassium sĆ©rique (HR: 0,84) sans risque dā€™ā€ŠhypokaliĆ©mie.

Traitement dā€™ā€Šurgence en cas dā€™ā€ŠhyperkaliĆ©mie sĆ©vĆØre (≄ 6,5 mmol/l)

DƩplacement intracellulaire du potassium
• Administration IV dā€™ā€Šinsuline + glucose et/ou inhalation de salbutamol
– En cas dā€™ā€Šacidose (< 18 mmol/l de bicarbonate), administration de NaHCOā‚ƒ
– Pour un K ≄ 6,5 mmol/l, ajout dā€™ā€Šune administration IV de calcium
– Remarque: Ces mesures sont transitoires et peuvent entraĆ®ner un phĆ©nomĆØne de rebond.

Ɖlimination du potassium
Selon le statut volƩmique: administration IV de Lasix ou apport volumique
• En cas de MRC sĆ©vĆØre/insuffisance rĆ©nale terminale, recours Ć  lā€™ā€ŠhĆ©modialyse
• Utilisation dā€™ā€Šun liant moderne du potassium

Recommandation des lignes directrices
Selon les recommandations internationales (ERC, AHA/ACC/HFSA, KDIGO, ESC), en cas de taux de K ≄ 6.0 mmol/l, un liant moderne du potassium, patiromer ou CCS (35, 36), devrait ĆŖtre instaurĆ©, sauf si une Ć©tiologie traitable est identifiĆ©e. Ces mĆ©dicaments rĆ©duisent le taux de potassium sĆ©rique dā€™ā€Šenviron 1 mmol/l et permettent chez de nombreux patients lā€™ā€Šinitiation ou lā€™ā€Šaugmentation de la thĆ©rapie par inhibiteurs du SRAA ou par antagonistes des rĆ©cepteurs minĆ©ralocorticoĆÆdes (MRA) (dans 74–89 % des cas). Un contrĆ“le quotidien du potassium nā€™ā€Šest pas nĆ©cessaire, mais une surveillance rĆ©guliĆØre des Ć©lectrolytes est recommandĆ©e.

Cet article est une traduction (version courte) de Ā«der informierte arzt – die informierte ƤrztinĀ» 02_2025

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Aerzteverlag medinfo AG

Dr Urs Dürst

Zelglistrasse 17
8127 Forch

Lā€™ā€Šauteur nā€™ā€Ša pas dĆ©clarĆ© de conflit dā€™ā€ŠintĆ©rĆŖts en rapport avec cet article.

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Die Medizin als Quelle der Hoffnung und des Fortschritts

Ein Kollege berichtete mir kürzlich, dass er schlechte Nachrichten einfach ausblendet. Die ständig neuen negativen Schlagzeilen über das Gesundheitswesen, die Gesellschaft und globale Krisen seien lähmend und könnten zu Resignation führen. Tatsächlich kann das Gefühl, äussere Entwicklungen nicht direkt beeinflussen zu können, belastend sein. Doch gerade in der Medizin wissen wir: Passivität ist keine Lösung.

Unsere tƤgliche Arbeit zeigt uns immer wieder, dass Fortschritt mƶglich ist – durch Wissen, Engagement und Zusammenarbeit. Die Medizin ist eine Disziplin der kontinuierlichen Verbesserung: Sei es in der Patientenversorgung, in der Forschung oder in der medizinischen Lehre. Viele Kolleginnen und Kollegen setzen sich mit grossem Einsatz für die Gesundheit ihrer Patientinnen und Patienten ein, entwickeln innovative Therapien und teilen ihr Wissen – nicht zuletzt durch hochwertige FachbeitrƤge, wie sie beispielsweise bei info@gynƤkologie erscheinen. Diese Arbeit ist ein wertvoller Beitrag zur medizinischen Gemeinschaft und verdient Anerkennung.

Negative Nachrichten werden nicht verschwinden, doch unser Umgang mit ihnen kann sich verƤndern. Wenn wir uns bewusst darauf konzentrieren, was wir bewirken kƶnnen – sei es im klinischen Alltag, in wissenschaftlichen Projekten oder in der Weiterbildung –, nehmen wir Einfluss und gestalten die Zukunft aktiv mit.

Die Welt ist nicht nur voller Krisen – sie ist auch voller Chancen.
Und wir als Medizinerinnen und Mediziner sind jeden Tag Teil der Lƶsung.

 

 

Prof. Dr. med. Irène Hösli

Basel

Diagnostische Punktionen im Zeitalter von ETT und NIPT

Die Anzahl durchgeführter Amniocentesen und Chorionzottenbiopsien hat in den letzten 20 Jahren weltweit deutlich abgenommen. Neu entwickelte Screeningverfahren auf Trisomie 21,13 und 18 wie der ETT und die Einführung des NIPT in die Routine haben frühere Indikationen zur invasiven Pränataldiagnostik relativiert. Der NIPT hat sich als Screeninginstrument etabliert und geniesst aufgrund des fehlenden assoziierten Abortrisikos eine hohe Akzeptanz bei den Schwangeren. Dennoch sind die Punktionen unverändert das einzige «echte» diagnostische Verfahren und bieten das grösste Spektrum der pränatalen genetischen Diagnostik.

The number of amniocenteses and chorionic villus sampling performed worldwide has decreased significantly over the last 20 years. Newly developed screening procedures for trisomy 21, 13 and 18 such as combined first trimester screening and the introduction of non-invasive prenatal testing (NIPT) into routine practice have put earlier indications for invasive prenatal diagnostics into perspective. NIPT has established itself as a screening instrument and is widely accepted by pregnant women due to the lack of associated risk of miscarriage. Nevertheless, punctures remain the only «true» diagnostic procedure and offer the widest range of prenatal genetic diagnostics.
Keywords :  NIPT, ETT, Amniocentese, Screening, Genetik

Rückgang invasiver Verfahren in der Pränataldiagnostik

Die Anzahl an Amniocentesen (AC) und Chorionzottenbiopsien (CVS) ist in den letzten beiden Jahrzehnten in der Schweiz und vielen Ländern sehr deutlich zurückgegangen. Differenzierte Risikokalkulationen wie der Erst-Trimester-Test (ETT) ersetzen die klassische «Altersindikation» beim Screening auf die häufigsten Trisomien 21, 18 und 13. Der nicht-invasive Pränataltest (NIPT) erfährt seit seiner Einführung in die Routine 2012 grossen Zuspruch und eine hohe Akzeptanz bei den Schwangeren. Gleichzeitig hat die bildgebende Pränataldiagnostik erhebliche Fortschritte gemacht und das Wissen um genetische Erkrankungen und deren pränatale Diagnose hat sich markant vergrössert. So ergibt sich eine interessante Konstellation, in der neue, nicht-invasive Tests trotz impliziter diagnostischer Limite eine starke Rolle erhalten haben, sich hingegen das Spektrum der Indikationen und Analysen für eine Punktion deutlich verändert und erweitert hat.

Die hauptsƤchliche Indikation für AC und CVS ist die genetische Analyse des Feten. Ƅltere Indikationen wie die AC zur Bestimmung der fetalen Lungenreife oder beim M. haemolyticus haben an Geltung verloren und Punktionen zur Erregerdiagnostik (PCR auf CMV und T. gondi), Nabelschnurpunktionen und therapeutische Prozeduren stellen weiter einen sehr geringen Anteil der Eingriffe dar.

Seitens der genetischen Indikation stand historisch die Trisomie 21 stark im Vordergrund. Daraus resultierte seit den 70er/80er Jahren die Ā«klassischeĀ» Altersindikation, nach der Schwangeren ab 35 Jahren eine diagnostische Punktion angeboten wurde. Die implizite Rationale dafür war die pragmatische AbschƤtzung, dass das eingriffsassoziierte Komplikationsrisiko tiefer wƤre als die Wahrscheinlichkeit einer Trisomie 21, die für eine 36-jƤhrige Schwangere bei 12 SSW etwa 1 : 196 betrƤgt (1). Da das maternale Alter allein aber keine zufriedenstellende Performance im Screening zeigt, wurde früh nach zusƤtzlichen unabhƤngigen Risikofaktoren gesucht. Dies führte zur Implikation diverser Serummarker, beginnend mit alpha-Fetoprotein (2, 3) und spƤter sonographischen Markern wie Nackentransparenz, Nasenbein, Trikuspidalinsuffizienz oder D. venosus-Flussmuster. Das international wohl verbreitetste Verfahren zur Risikokalkulation ist der ETT nach dem Algorithmus der Fetal Medicine Foundation mit einer Detektionsrate der Trisomie 21 von 90 % bei einer Falsch-Positiv-Rate (FPR) von 3 % bei einem cutoff von 1 : 300 zum Untersuchungszeitpunkt (analog einem Risiko von 1 : 380 am Geburtstermin, (4)). Bei einem in der Schweiz definierten cutoff von 1 : 1000 ist die Detektionsrate bei steigender FPR nochmals hƶher anzusetzen und wertet den ETT zusƤtzlich auf, was der Expertenbrief No. 52 der SGGG entsprechend berücksichtigt und somit einen auffƤlligen ETT als Voraussetzung für eine Übernahme der Kosten des Basis-NIPT durch die Grundversicherung definiert (10). Der Wandel in der Indikationsstellung einer diagnostischen Punktion kann durch eine einfache Beobachtung veranschaulicht werden :  Der Anteil an Schwangeren von 35 Jahren oder darüber in der Schweiz ist von 11.5 % im Jahr 1990 auf 36 % im Jahr 2020 gestiegen (5). Abgesehen davon, dass natürlich beileibe nicht alle Schwangeren eine genetische AbklƤrung des Kindes wünschen, ist klar, dass die Punktionszahlen ohne differenzierte Alternativen wie ETT und NIPT markant hƤtten steigen müssen.

Entwicklung von Screeningmethoden

Im Gegenteil hat aber die Zahl der diagnostischen Punktionen in den letzten 20 Jahren in vielen LƤndern stark abgenommen. Zahlen der KassenƤrztlichen Bundesvereinigung in Deutschland zeigen, dass bezogen auf 100 Geburten im Jahr 2003 8.3 Punktionen (AC und CVS) durchgeführt wurden, 2013 waren dies noch 3.3 und 2020 nur noch 1.5 (6). Da der NIPT erst ab 2011/2012 in der Routine Anwendung fand, ist anzunehmen, dass die Verbreitung von Screeningverfahren wie dem ETT für den ersten und grƶssten Anteil dieser Reduktion verantwortlich sein dürfte. Auch im Hinblick auf die Konsequenzen eines auffƤlligen ETTs finden sich neue Tendenzen: Eine Studie aus Queensland verglich die Punktionszahlen in den Jahren 2014–2015 mit einer Ā«historischenĀ» Kohorte von 2002–2004 und zeigte, dass die Rate an diagnostischen Punktionen bei einem ETT-Risiko > 1 : 300 von 74.1 % auf 39.3 % gefallen war, was die Autoren auf das Aufkommen des NIPT und die Implikation erweiterter Marker wie z.B. das Nasenbein in den ETT zurückführten (7).

Was die Schwangeren selber bevorzugen, ist in der Praxis offensichtlich :  Der NIPT wird wegen des primƤr nicht existenten Abortrisikos von vielen Schwangeren gegenüber den bereits durch die Bezeichnung Ā«invasivĀ» unglücklich negativ konnotierten Punktionen favorisiert und ermƶglicht ihnen einen Kompromiss zwischen Wunsch nach hoher diagnostischer Sicherheit und der Furcht vor den Komplikationen einer Punktion (8).

Mit dem offiziellen AufklƤrungsformular der SGGG wird die Schwangere über ein Fehl- oder Frühgeburtsrisiko von 0.1–1 % aufgeklƤrt, was den neueren Metaanalysen entspricht. Salomon et al. (9) beschreiben z.B. die Abortrate vor 24 SSW durch eine Punktion für AC resp. CVS von 0.30 % bzw. 0.20 %. Bei Berücksichtigung von Kontrollgruppen mit vergleichbarem Risikoprofil liegt die Rate dabei nur noch bei 0.12 % resp. 0.11 %. Diese Datenlage erlaubt ein sehr differenziertes Eingehen auf die Sorgen der Schwangeren und sollte bei geeigneter Indikation nicht zu einem Verzicht auf eine diagnostische Punktion führen.

Bedeutung diagnostischer Punktionen im Vergleich zu NIPT

Wenn auch der NIPT als Ā«bestes nichtinvasive(s) Verfahren, um die hƤufigsten Trisomien (…) zu erfassenĀ» (10) gilt und Punktionen erübrigt, so generiert er andererseits selbst Punktionen. Zum einen sollen alle auffƤlligen NIPT-Resultate aufgrund des Screeningcharakters der NIPT durch eine diagnostische Punktion bestƤtigt werden. Zum anderen reicht das mƶgliche diagnostische Spektrum weit darüber hinaus. So wird auch der erweiterte, Ā«genome-wideĀ» NIPT mit Testung der Geschlechtschromosomen, seltener autosomaler Trisomien und der Deletionen/Duplikationen rege angewendet. HƤufig geschieht das auch als Ā«first-tierĀ» Screening bei Wunsch der Schwangeren nach weitestmƶglicher AbklƤrung und Ā«SicherheitĀ». Das Screening auf seltene Chromosomenanomalien führt jedoch hƤufiger zu falsch positiven Testresultaten und damit tieferen positiv prƤdiktiven Werten (PPV)von nur ca. 6–50 % (11, Tab. 1). Genaue Daten über die Anzahl durchgeführter erweiterter NIPTs und deren Effekt auf Punktionszahlen in der Schweiz sind nicht verƶffentlicht. Der Expertenbrief der SGGG empfiehlt aufgrund niedriger PPVs von gemittelt 18 % das Screening auf strukturelle Chromosomenanomalien explizit nicht. Weitere internationale Fachgesellschaften diskutieren den erweiterten NIPT wenn dann kritisch (12, 13, 14, 20). Allein das American College of Medical Genetics and Genomics (ACMG) erweitert die Empfehlung, allen Schwangeren einen NIPT für die Trisomien 21, 13, 18, gonosomale Aneuploidien (SCA) und die Mikrodeletion 22q11 anzubieten (15).

Insbesondere bei fetalen AuffƤlligkeiten wie einer Nackentransparenz über der 95. bzw. 99. Perzentile oder bei sonographischen AuffƤlligkeiten, früher intrauteriner Wachstumsretardierung und Fehlbildungen sollte nicht zu einem NIPT, sondern zu einer Punktion geraten werden. Schon bei einem ETT mit einem Risiko über dem international gebrƤuchlichen cutoff von >1 : 300 für Trisomie 21 und > 1 : 150 für Trisomie 13/18 kƶnnte ein NIPT bereits mit Vorsicht bewertet werden. Sicher sind die SpezifitƤten und SensitivitƤten beim Screening auf die hƤufigsten Trisomien 21,18 resp. 13 speziell in der Risikogruppe exzellent mit einer Detektionsrate (in %) von 99.7, 97.9 resp. 99.0 bei einer FPR von jeweils 0.04 % (13, 16). Ganz aktuelle Daten der Danish Fetal Medicine Database aus den Jahren 2008 bis 2018 zeigen aber beispielsweise, dass im Risikokollektiv mit ETT > 1 : 300 per Basis-NIPT (T21,13,18 und Monosomie X) nur 76 % der relevanten Pathologien detektiert worden wƤren, 24 % wƤren «übersehenĀ» worden (17). Pathogene CNVs stellten dabei ca. 9 % der auffƤlligen Resultate, wobei 79 % der CNV kleiner als 5 Mb (Megabasen) waren und somit selbst ein erweiterter NIPT mit einer Auflƶsungsgrenze von ca. 7–10 Mb nur den geringsten Anteil dieser Pathologien detektiert hƤtte.

Parallel zu den positiven Entwicklungen der nicht-invasiven Screeningverfahren gab es erhebliche Fortschritte in der Ultraschalldiagnostik und im VerstƤndnis genetischer Erkrankungen. Fetale Fehlbildungen und Marker als mƶgliche Anzeichen einer genetischen Anomalie werden an besser auflƶsenden GerƤten hƤufiger und früher diagnostiziert. Bei fetalen AuffƤlligkeiten gehƶrt mittlerweile der hochauflƶsende CGH-Array und das Whole-Exome-Screening (WES) zur Routine. Zwar bietet sich auch per NIPT die Mƶglichkeit einer Deletions-/Duplikationsanalyse bis zu einer Auflƶsung von ca. 7–10 Mb, was etwa der konventionellen mikroskopischen Analysemƶglichkeit entspricht, und einzelne Tests erreichen bei hoher fetaler Fraktion Auflƶsungen von 3 Mb. Einzelne kommerzielle Tests ermƶglichen einen NIPT auf ausgewƤhlte Monogen-Erkrankungen und jüngst wurden vielversprechende Machbarkeitsstudien eines WES per NIPT publiziert (18, 19) Abgesehen vom Screeningcharakter und fehlenden grossen Validierungsstudien dieser NIPTs erreicht aber ein CGH-Array an DNA Amniozyten oder Chorionzotten eine deutlich hƶhere Auflƶsung von 70 bis 100 Kilobasen (kB) und Punktionen ermƶglichen Analysen per Genpanel oder WES, die die Mƶglichkeiten der NIPT sehr deutlich übersteigen.

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Aerzteverlag medinfo AG

Dr. med.Joachim Kohl

Leitender Arzt Frauenklinik Luzern
Frauenklinik Luzerner Kantonsspital
Spitalstrasse
6000 Luzern 16

joachim.kohl@luks.ch

Dr. med. Sara Ardabili

Luzerner Kantonsspital
Frauenklinik
Spitalstrasse
6000 Luzern 16

Die Autorenschaft hat keine Interessenskonflikte im Zusammenhang mit diesem Artikel deklariert.

  • Trotz der Relativierung der klassischen Altersindikation durch differenzierte Screenings wie den ETT und der Verbreitung des NIPT als Ā«bestemĀ» nicht-invasiven Screeningtest bleiben die diagnostischen Punktionen das wegweisende diagnostische Verfahren für genetische Untersuchungen der Feten.
  • Eine Beratung der Schwangeren über die Vor- und Nachteile und das diagnostische Spektrum von NIPT und Punktion ist wichtig.
  • Im Falle von fetalen AuffƤlligkeiten (Fehlbildungen, Marker, IUGR) ist ein NIPT aufgrund seines limitierten diagnostischen Spektrums nicht empfohlen.
  • Diagnostische Punktionen (AC und CVS) bleiben der Goldstandard in der prƤnatalen genetischen Diagnostik (mƶgliche Indikationen siehe Tab. 2) und bieten das mit Abstand weiteste diagnostische Spektrum bei sehr tiefem Abortrisiko.

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17. GadsbĆøll K, Vogel I, Kristensen SE, et al. Combined first-trimester screening and invasive diagnostics for atypical chromosomal aberrations :  Danish nationwide study of prenatal pro-files and detection compared with NIPT. Ultrasound Obstet Gynecol. 2024;64(4) : 470-479.
18. Brand H, Whelan CW, Duyzend M, et al. High-Resolution and Noninvasive Fetal Exome Screening. N Engl J Med. 2023;389(21) : 2014-2016.
19. Miceikaitė I, Hao Q, Brasch-Andersen C, et al. Comprehensive Noninvasive Fetal Screen-ing by Deep Trio-Exome Sequencing. N Engl J Med. 2023;389(21) : 2017-2019.
20. von Kaisenberg C, Kozlowski P, Kagan KO, Hoopmann M, Heling KS, Chaoui R, Klaritsch P, Pertl B, Burkhardt T, Tercanli S, Frenzel J, C. Mundlos. AWMF 085-002 S2e LL Ersttri-mester Diagnostik und Therapie @ 11-13+6 Schwangerschaftswochen

Le diabĆØte gestationnel

Les mesures hygiĆ©no-diĆ©tĆ©tiques font partie intĆ©grante du traitement du diabĆØte gestationnel et ont un impact significatif sur l’évolution du profil glycĆ©mique. Les recommandations pour le diabĆØte gestationnel prĆ©conisent l’équilibre alimentaire avec un apport nutritionnel adĆ©quat, notamment pour les glucides. Une bonne rĆ©partition des glucides sur la journĆ©e et la consommation d’aliments complets sont indiquĆ©s. La pratique de rĆ©gimes spĆ©cifiques ou de certaines croyances peut avoir un impact sur la consommation des glucides en pĆ©jorant le profil glycĆ©mique de la patiente.

Dietary measures are an integral part of the treatment of gestational diabetes and have a significant impact on changes in the glycemic profile. Recommendations for gestational diabetes include a balanced diet with adequate nutritional intake, particularly of carbohydrates. Carbohydrates should be distributed evenly throughout the day and the intake of whole foods should be encouraged. Specific diets or beliefs may have an impact on the carbohydrate consumption, that subsequently can adversely affect the patient’s glycemic profile.
Keywords: Gestational diabetes, Nutrition, Carbohydrates, Ketones, Fiber

Introduction

Le diabĆØte gestationnel (DG) est diagnostiquĆ© par une hyperĀ­glycĆ©mie provoquĆ©e par voie orale (HGPO) contenant 75 g de glucose, rĆ©alisĆ©e entre la 24 et 28ĆØme semaine de grossesse (1). Un DG augmente le risque de dĆ©velopper un diabĆØte de type 2 en post-partum (7 x plus frĆ©quent) (2), ainsi que des maladies cardio-vasculaires (3). En premiĆØre intention, lā€™ā€ŠactivitĆ© physique et les mesures hygiĆ©no-diĆ©tĆ©tiques sont les deux axes dā€™ā€Šintervention favorisĆ©s. Si le profil glycĆ©mique ne sā€™ā€Šā€ŠamĆ©liore pas, des injections dā€™ā€Šā€Šinsuline peuvent ĆŖtre nĆ©cessaires. Cet article abordera uniquement les mesures hygiĆ©no-diĆ©tĆ©tiques proposĆ©es lors du diagnostic dā€™ā€Šā€Šun DG.

Equilibre alimentaire

Assiette ƩquilibrƩe

Les mesures hygiĆ©no-diĆ©tĆ©tiques recommandĆ©es en cas de DG sont trĆØs proches de lā€™ā€Šā€Šalimentation Ć©quilibrĆ©e prĆ©conisĆ©e pour tout un chacun. Les Ć©tudes actuelles recommandent des apports caloriques similaires Ć  ceux des femmes enceintes sans DG (4), avec une rĆ©partition des repas sur deux Ć  trois prises par jour selon les habitudes alimentaires de la patiente. Selon le niveau de faim, il est possible dā€™ā€Šā€Šintroduire une Ć  deux collations par jour, Ć  consommer en dehors des horaires de contrĆ“le glycĆ©mique (soit aprĆØs les 2 h post-prandiales). Dā€™ā€ŠaprĆØs la SociĆ©tĆ© Suisse de Nutrition (SSN), la rĆ©partition des aliments dans lā€™ā€Šassiette devrait se faire comme suit: 2/5 de lĆ©gumes, 2/5 de fĆ©culents et 1/5 dā€™ā€Šaliments protĆ©iques (5). (Fig. 1)

Trois messages clƩs au niveau diƩtƩtique

Dès la détection du DG, les gynécologues peuvent transmettre des premiers conseils diététiques pouvant favoriser une amélioration des glycémies.

1 PrivilƩgier un petit dƩjeuner faible en glucides
En Suisse, les habitudes alimentaires comprennent habituellement un petit dĆ©jeuner Ć  base de pain blanc, de beurre et de confiture. Une consommation importante de glucides lors du petit dĆ©jeuner pourrait pĆ©jorer la valeur glycĆ©mique post-prandiale. Un petit-dĆ©jeuner salĆ© Ć  base de composantes protĆ©iques non glucidiques (fromage, œuf) pourra ĆŖtre favorisĆ©. Il est encouragĆ© de supprimer la consommation de jus de fruits ou de thĆ©/cafĆ© sucrĆ©s en prĆ©conisant la consommation de boissons non sucrĆ©es. Afin dā€™ā€ŠamĆ©liorer lā€™ā€Šabsorption du fer, on pourra conseiller lā€™ā€Šutilisation du kiwi, riche en vitamine C (environ 80 mg/100 g) pour substituer le jus dā€™ā€Šorange.

2 Favoriser les aliments complets
La majoration des fibres alimentaires est une des premiĆØres mesures hygieno-diĆ©tĆ©tiques proposĆ©es dans le cadre du DG. Il existe deux types de fibres ayant toutes deux un impact positif sur le rassasiement et sur le prolongement de la sensation de satiĆ©tĆ©. Les fibres insolubles permettent de faciliter le transit des selles dans lā€™ā€Šintestin agissant en prĆ©vention de la constipation, problĆ©matique frĆ©quente dans la grossesse. Les fibres solubles ralentissent le fonctionnement des enzymes digestives par leur viscositĆ© (6). Cet effet peut rĆ©duire les pics de glycĆ©mies postprandiales (7). La majoritĆ© des aliments complets contiennent Ć  la fois des fibres solubles et insolubles. Ces deux types de fibres augmentent la satiĆ©tĆ©, de ce fait une majoration de la consommation dā€™ā€Šaliments complets peut ĆŖtre proposĆ©e. Un aliment est qualifiĆ© de Ā«riche en fibresĀ» sā€™ā€Šil contient au moins 6 g de fibres alimentaires par 100 g (8).

3 Autoriser les doubles-fƩculents en adaptant la consommation totale
Il est frĆ©quent dā€™ā€Šentendre les soignants dĆ©conseiller la prise de doubles fĆ©culents chez les patientes prĆ©sentant un DG, telle que la combinaison de lĆ©gumineuses et de cĆ©rĆ©ales. En effet, la consommation de doubles fĆ©culents entraĆ®ne usuellement un dĆ©passement des 2/5 de fĆ©culents prĆ©conisĆ©s par lā€™ā€Šassiette optimale. Cependant, lorsque lā€™ā€Šapport total en fĆ©culents correspond Ć  la rĆ©partition de lā€™ā€Šassiette de la SSN, il nā€™ā€Šest pas nĆ©cessaire de demander un arrĆŖt du mĆ©lange du fĆ©culent. Consommer un fĆ©culent unique pourrait mĆŖme ĆŖtre dĆ©lĆ©tĆØre. Si une patiente consomme du riz et des lentilles proportionnĆ©es selon les 2/5 dā€™ā€Šune assiette accompagnĆ©e de lĆ©gumes et de viande, il serait dĆ©savantageux de lui demander de consommer uniquement du riz. Une telle suppression impliquerait la perte de lā€™ā€Šeffet bĆ©nĆ©fique des fibres contenues dans les lentilles.

Regimes

Régime cétogène

Selon lā€™ā€ŠAmerican Diabetes Association (ADA), il convient dā€™ā€ŠĆ©viter, dans le cadre du DG, des rĆ©gimes qui restreignent fortement toute catĆ©gorie de macronutriments, en particulier le rĆ©gime cĆ©togĆØne (very low carb) (4). Ce rĆ©gime contient principalement des lipides et des protĆ©ines mais trĆØs peu de glucides, entre 20 et 50 g par jour. En dessous de 50 g une augmentation des corps cĆ©toniques est prĆ©visible. ƀ hautes concentrations, ils risquent dā€™ā€Šaffecter la grossesse ainsi que le dĆ©veloppement neurocognitif fœtal (9). Au CHUV, nous prĆ©conisons une mesure des cĆ©tones lorsque le rĆ©gime alimentaire apporte moins de 100 g de glucides, peu rĆ©partis sur la journĆ©e. Une mesure des cĆ©tones est obligatoire lorsque lā€™ā€Šapport glucidique est infĆ©rieur Ć  50 g. Cette mesure est effectuĆ©e en capillaire aprĆØs une nuit Ć  jeun. Une valeur de 0.6mmol/l chez la femme enceinte signifie une Ć©lĆ©vation significative (10). Comme les valeurs rapportĆ©es chez des femmes sans DG sont de 0.1-0.2 mmol/l, nous avons choisi un seuil de prĆ©caution Ć  0.3 mmol/l (10). De plus, remplacer les glucides par des protĆ©ines et des graisses dā€™ā€Šorigine animale peut augmenter la lipolyse, favoriser lā€™ā€ŠĆ©lĆ©vation des acides gras libres et aggraver la rĆ©sistance Ć  lā€™ā€Šinsuline (4). De ce fait, il est dĆ©conseillĆ© Ć  une femme de poursuivre un rĆ©gime cĆ©togĆØne dans le cadre dā€™ā€Šune grossesse, avec ou sans DG.

Croyances/RƩgimes et Jeƻne religieux

Croyances/RƩgimes.
Suite Ć  lā€™ā€Šannonce dā€™ā€Šun DG, il faut sā€™ā€Šassurer que la patiente ne rĆ©duise pas de faƧon drastique ses apports glucidiques, dans une volontĆ© dā€™ā€Šoptimiser ses valeurs glycĆ©miques. Les principales sources de glucides supprimĆ©es en premiĆØre intention sont gĆ©nĆ©ralement les fĆ©culents, qui ont le rĆ“le de Ā«carburant Ć©nergĆ©tiqueĀ» de lā€™ā€Šorganisme. Les recommandations prĆ©conisent un apport glucidique rĆ©parti en 3 repas moyens, tout en favorisant des glucides riches en fibres, tels que les lĆ©guĀ­mineuses. Une attention particuliĆØre devrait ĆŖtre portĆ©e aux femmes avec une maladie cœliaque ou une intolĆ©rance au gluten, car les produits sans gluten peuvent ĆŖtre plus riches en glucides et avoir une plus faible teneur en fibres.

Jeƻne Religieux: Le Ramadan.
Le jeĆ»ne est une coutume rĆ©pandue dans plusieurs communautĆ©s religieuses, dont la pratique du Ramadan pour la religion musulmane. Le Ramadan implique que la prise alimentaire se fasse uniquement le matin tĆ“t avant le lever du soleil (suhoor) et aprĆØs le coucher du soleil (iftar). Lā€™ā€Šoutil de stratification IDF DAR (International Diabetes Federation – Diabetes and Ramadan Alliance) a Ć©tĆ© conƧu afin de quantifier le risque chez les patientes ayant exprimĆ© leur intention de jeĆ»ner pendant le Ramadan (11). Selon le rĆ©sultat du score, le jeĆ»ne ne sera pas prĆ©conisĆ© lors dā€™ā€Šune grossesse avec DG. Le risque dā€™ā€Šaugmentation des corps cĆ©toniques est majorĆ© par le jeĆ»ne et par la grossesse. Le seuil des corps cĆ©toniques Ć  0.3 mmol/l avant le repas pourrait ĆŖtre un choix rĆ©sonnĆ© afin dā€™ā€Šaccompagner la patiente vers une sortie du Ramadan. En cas de maintien du Ramadan, la limitation de prises dā€™ā€Šaliments trĆØs riches en glucides, tels que les jus de fruits, peut ĆŖtre conseillĆ©e, tout en favorisant la consommation de fibres ainsi quā€™ā€Šune bonne hydratation.

VƩgƩtalisme

Le vĆ©gĆ©talisme ou vĆ©ganisme est une forme dā€™ā€Šalimentation qui exclut tous les produits dā€™ā€Šorigine animale, Ć  lā€™ā€Šexception du lait maternel. Dans la grossesse, les besoins en protĆ©ines de la mĆØre sont augmentĆ©s (12). Il est donc nĆ©cessaire dā€™ā€Šavoir une couverture protĆ©ique suffisante. Lā€™ā€ŠĆ©viction des protĆ©ines animales nĆ©cessite une diversification des sources de protĆ©ines vĆ©gĆ©tales. Lā€™ā€Šalimentation vĆ©gĆ©talienne se compose principalement de lĆ©gumineuses, de tofu, de tempeh, de boissons et de yogourts Ć  base de soja, de cĆ©rĆ©ales ou encore de fruits Ć  coques (13). Lā€™ā€Šutilisation de protĆ©ines vĆ©gĆ©tales sous forme de lĆ©gumineuses ou de cĆ©rĆ©ales prĆ©sente le risque dā€™ā€Šaugmenter la quantitĆ© de glucides Ć  chaque repas, impactant ainsi le profil glycĆ©mique de la patiente. Au-delĆ  du cadre du DG, lā€™ā€Šalimentation vĆ©gĆ©talienne peut amener des carences en acides gras omĆ©ga –3, en fer, en zinc, en iode, en calcium, en vitamine D et B12 (14). Une alimentation vĆ©gĆ©talienne dans le cadre dā€™ā€Šun DG nā€™ā€Šest pas recommandĆ©e, elle requiert des connaissances diĆ©tĆ©tiques trĆØs spĆ©cifiques pour prĆ©venir les risques de carences sur la grossesse et en post-partum, tout en impliquant un risque de majoration des apports glucidiques sur la journĆ©e.

Conclusion

Selon lā€™ā€ŠEndocrine Society, un suivi diĆ©tĆ©tique est recommandĆ© pour toutes les femmes enceintes souffrant dā€™ā€Šun DG (15). Le rĆ“le de la diĆ©tĆ©ticienne consiste Ć  proposer des adaptations alimentaires en fonction de lā€™ā€ŠappĆ©tit de la patiente, de ses prĆ©fĆ©rences, de sa courbe pondĆ©rale et de son IMC de prĆ©-grossesse, de lā€™ā€ŠĆ©volution de ses glycĆ©mies et si nĆ©cessaire de la prescription de lā€™ā€Šinsuline. Lā€™ā€Šenjeu est de favoriser lā€™ā€ŠĆ©quilibre glycĆ©mique, tout en assurant un apport nutritionnel adĆ©quat et en limitant la prise pondĆ©rale de la patiente selon les recommandations. La restriction et les rĆ©gimes spĆ©cifiques dans le cadre du DG peuvent entrainer des risques pour la femme enceinte et pour le fœtus. Leurs pratiques doivent donc ĆŖtre contrĆ“lĆ©es par une Ć©quipe mĆ©dicale qualifiĆ©e.

Anaƫlle Pignolet-Marti, DiƩtƩticienne ASDD 1
Sybille Schenk, DiĆ©tĆ©ticienne ASDD 1 2
Olivier Le DizĆØs, Infirmier consultant en diabĆ©tologie 1
Prof. Dr. med. Jardena Puder 2
1 CHUV, Service d’endocrinologie, diabĆ©tologie et mĆ©tabolisme, Avenue de la Sallaz 8, 1011 Lausanne
2 CHUV, Service d’obstĆ©trique, Avenue Pierre-Decker 2, 1011 Lausanne

Copyright
Aerzteverlag medinfo AG

Anaƫlle Pignolet-Marti

ErnƤhrungsberaterin SVDE 
CHUV, Service d’endocrinologie, diabĆ©tologie et mĆ©tabolisme
Avenue de la Sallaz 8
1011 Lausanne

Sybille Schenk

ErnƤhrungsberaterin SVDE 
- CHUV, Service d’endocrinologie, diabĆ©tologie et mĆ©tabolisme
Avenue de la Sallaz 8
1011 Lausanne
- CHUV, Service d’endocrinologie, diabĆ©tologie et mĆ©tabolisme
Service d’obstĆ©trique
Avenue Pierre-Decker 2
1011 Lausanne

Olivier Le DizĆØs

Diabetesberater 
CHUV, Service d’endocrinologie, diabĆ©tologie et mĆ©tabolisme
Avenue de la Sallaz 8
1011 Lausanne

Les auteurs ont dĆ©clarĆ© ne pas avoir de conflits dā€™ā€ŠintĆ©rĆŖts potentiels.

  • Les Ć©tudes actuelles recommandent aux femmes prĆ©sentant un diabĆØte gestationnel (DG) des apports caloriques similaires Ć  ceux des femmes enceintes sans DG.
  • La majoration des fibres alimentaires est un des premiers axes des mesures hygiĆ©no-diĆ©tĆ©tiques proposĆ©es dans le cadre du DG.
  • Nous prĆ©conisons une mesure des cĆ©tones lorsque le rĆ©gime Ā­alimentaire apporte moins de 100 g de glucides par jour, peu rĆ©partis sur la journĆ©e.
  • Un suivi diĆ©tĆ©tique est Ć  recommander pour toutes les femmes avec une prise de poids excessive dans les premiers mois de grossesse ou prĆ©sentant un IMC de dĆ©part Ć©levĆ©.

1. International Association of Diabetes and Pregnancy Study Groups Recommendations on the Diagnosis and Classification of Hyperglycemia in Pregnancy. Diabetes care 2010;33:676-680
2. Bellamy L, Casas JP, Hingorani AD, Williams D. Type 2 diabetes mellitus after gestational diabetes: a systematic review and meta-analysis. The Lancet. 2009;373(9677):1773-1779. doi:10.1016/S0140-6736(09)60731-5
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27. Kongress für praktische Gynäkologie und Geburtshilfe

Am 7. und 8. November 2024 fand der traditionelle Kongress für praktische GynƤkologie und Geburtshilfe zum 27. Mal in der Lintharena in NƤfels statt. Den Organisatoren gelang es, ein interessantes Programm mit hervorragenden Referentinnen und Referenten zusammenzustellen. Der folgende Bericht bezieht sich auf einige ausgewƤhlte Referate.

Management von Borderline-Ovarial-Tumoren


«Zehn bis zwanzig Prozent aller epithelialen Ovarialtumoren sind Borderline-Tumoren», so Frau Prof. Viola Heinzelmann-Schwarz, Co-Leiterin der Frauenklinik, Universitätsspital Basel. 95% sind muzinös oder serös (Histotyp), 40-50% MBOT (muzinöse Boderline-Tumoren), 53% SBOT (seröse Borderline-Tumoren). Sehr selten sind endometrioide und klarzellige Borderline-Tumoren. Ein Drittel aller Patientinnen sind jünger als 40-jährig, 82% sind diagnostiziert als FIGO I (Tumor auf das Ausgangsorgan begrenzt).

Borderline-Tumoren (BOT) werden als eigenstƤndige Gruppe klassifiziert. BOT zeigen keine Stroma-Invasion oder infiltrativ destruktives Wachstum. Karzinome dagegen zeigen Stromainvasion (destruktiv/infiltrativ oder nicht destruktiv/expansiv).

Seit 2014 gibt es eine veränderte Einteilung der Borderline-Tumoren. Früher: Nicht invasives Implantat, epithelial und nicht invasives Implantat, desmoplastisch. Heute: invasives Implantat, low-grade seröses Karzinom (LGSC), aber falls nicht-invasiv, zytologisch wie invasiv (LGSC).
Der Begriff «nicht-invasive Implantate», wird verwendet, um Gruppen von Tumorzellen aus einem serösen Borderline-Tumor zu beschreiben, die sich an einem Organ im Bauch oder Becken festgesetzt haben. Zu den Organen, die häufig von nicht-invasiven Implantaten betroffen sind, gehören das Omentum und das Peritoneum. Im Gegensatz zu «invasiven» Implantaten befinden sich «nicht-invasive» Implantate nur auf der Aussenfläche eines Organs. Nicht-invasive Implantate sind wichtig, da sie das pathologische Tumorstadium erhöhen und mit einem erhöhten Risiko für ein erneutes Tumorwachstum im Bauch oder Becken verbunden sind.

Borderline-Tumor Diagnostik: Bei den meisten Frauen wird die Diagnose eines serösen Borderline-Tumors erst gestellt, wenn der gesamte Tumor operativ entfernt und zur Untersuchung an einen Pathologen geschickt wurde. Die Referentin zeigte Daten, die mit der 3D-«Silhouette»-Beurteilung erhoben wurden.

Bei den serƶsen BOT ist das Staging sehr wichtig, betonte die Referentin. Die muzinƶsen BOT sind zwar extrem voluminƶs. Sie sind aber sonst unproblematisch.

VulvƤre intraepitheliale Neoplasien (VIN) sind meist plattenepithelial und HPV-assoziiert. Man unterscheidet die HPV-assoziierte uVIN und die seltenere HPV-unabhƤngige dVIN. Risikofaktoren sind HPV-Infektion, Immunsuppression, Nikotinabusus und Lichen sclerosus.

Borderline-Tumor-Therapie (BOT) erfordert ein prƤzises Staging. Ein vollstƤndiges Staging umfasst Omentektomie, Peritonealbiopsie, Zytologie, ggf. Appendektomie (bei M-BOT) und bilaterale Adnektomie (ausser bei fertilitƤtserhaltender OP oder Patientinnen <55 Jahre). PFS: Staging komplett vs. inkomplett HR 1,77 (95% KI 1,15–2,71).

Prognostische Faktoren waren FIGO-Stadium, peritoneale Implantate (invasiv, HR 42,3) (nicht invasiv, HR 7,7), chirurgisches Stadium (komplett vs. inkomplett), Resttumor, Fertilitätserhalt, Rezidiv. Risikofaktoren für invasives Rezidiv: Hochrisikogruppe BOT: invasive peritoneale Implantate. Resterkrankung nach Operation.

Umstrittene Faktoren sind mikropapillƤre LƤsionen, Stroma-Mikroinvasion, Zystektomie bei MBOT und intraepitheliale CA bei muzinƶsen LƤsionen.

Borderline-Tumoren – Zusammenfassung Therapie

BOT hat insgesamt gute Prognose. Sie treten häufig beidseitig auf, deshalb Fertilitätsreserve vor Operation berücksichtigen. Rezidivrate liegt bei 7,8%, maligne Transformation in 2,3% (=30% aller Rezidive) der Fälle, MBOT hat hervorragende Prognose.
Prognostische Faktoren sind: FIGO-Stadium, Therapie, Staging – QualitƤt!, Tumorrest. Eine FertilitƤtserhaltung kann nach sorgfƤltigem Staging bzw. nach Resektion aller Implantate erwogen werden sowie nach der AufklƤrung über ein erhƶhtes Rezidivrisiko.

Risikoläsionen für das Vulvakarzinom


Das Vulvakarzinom ist insgesamt selten aber mit steigender Inzidenz stellte PD Dr. Patrick Imesch, Zürich, fest. Es nimmt insbesondere bei Frauen unter 60 Jahren zu. Im Frühstadium ist es gut therapierbar. Die frühe Diagnose und das Erkennen der Vorstufen sind deshalb von zentraler Bedeutung. Die Diagnosezeiten sind relativ lang, zwischen 186 und 328 Tagen. Dies ist häufig auf eine Fehldiagnose einer vulvovaginalen Entzündung zurückzuführen.

Evolution der Terminologie und Nomenklatur

Zwei Pathways der vulvären Plattenepithelneoplasie spiegeln sich in den ISSVD-Klassifikationen (1986, 2004) wider: VIN, usual type (HPV-abhängig) und VIN, differenzierter Typ (HPV-unabhängig). Die LAST-Klassifikation (2013) vereinheitlichte die Nomenklatur für HPV-assoziierte Läsionen des unteren Anogenitaltrakts mit einer zweistufigen Einteilung: LSIL (low-grade squamous intraepithelial lesion) und HSIL (high-grade squamous intraepithelial lesion). Eine Einschränkung der LAST-Klassifikation ist, dass die dVIN trotz ihres malignen Potenzials nicht erwähnt wird, während vulväre LSIL einbezogen werden, was das Risiko von Überdiagnosen und Überbehandlungen erhöht.

Klinik

Es gibt kein pathognomonisches Merkmal der vulvƤren SIL. Die klinischen Aspekte variieren stark in Anzahl, Grƶsse, Farbe und OberflƤche. Etwa 60 % der Patientinnen berichten über Juckreiz, Schmerzen oder Blutungen. Diagnostik: EssigsƤuretest kann HPV-assoziiertes SIL identifizieren: VHSIL zeigt scharf abgegrenztes, erhabenes acetoweisses Epithel, wƤhrend dVIN meist nicht reagiert. VHSIL tritt hƤufiger bei jüngeren Frauen (Ƙ 47,8 Jahre) und multifokal im Introitus auf. dVIN betrifft meist Ƥltere Frauen (Ƙ 67 Jahre), ist unifokal, schlecht abgrenzbar und erscheint pink oder grƤulich-weiss. Eine Unterscheidung von Lichen sclerosus kann schwierig sein – therapieresistente Dermatosen erfordern eine genauere AbklƤrung. HPV-Zusammenhang: Obwohl 80 % der Vulvakarzinome HPV-negativ sind, sind die meisten vulvƤren VorlƤuferlƤsionen HPV-assoziiert. HPV-unabhƤngige VIN machen <10 % der high-grade VIN aus, haben aber eine 10-Jahres-Krebsinzidenz von 50 % (vs. 10 % bei VHSIL).

VulvƤres Paget-Syndrom

Vulväres Paget-Syndrom (VPD) wird als in situ-Adenokarzinom der vulvären Haut mit oder ohne zugrunde liegendem invasivem Adenokarzinom betrachtet. Es ist meist auf das Epithel beschränkt, in 10% der Fälle aber invasiv. Eine sekundäre Beteiligung der vulvären Haut durch Rektum-, Blasen- und Zervixkarzinom wird als «sekundäres Paget-Syndrom» bezeichnet. Das unspezifische Erscheinungsbild wird deshalb auch häufig missinterpretiert. Die Latenzzeiten von Symptombeginn bis Diagnosestellung liegen bei 20 Monaten. Meist zwischen 50. und 80. Lebensjahr. VPD sind insgesamt selten und machen weniger als 2% aller Vulvamalignome aus. Therapie der Wahl ist die wide local excision, 1-2cm im gesunden Gewebe. Die Rezidivrate ist hoch und liegt bei bis zu 60% nach Resektion. Eine Radiotherapie kann als mögliche adjuvante Behandlungsoptionen bei Invasion, LK-Metastasen oder positiven Wundrändern in Betracht gezogen werden.

Differentialdiagnosen

– Lichen simplex chronicus
– Lichen sclerosus
– Lichen planus
– Psoriasis
– Kontaktdermatitis

Sind entzündliche Dermatosen präneoplastisch?

Speziell Lichen sclerosus (LS) wurde als potentieller Präkursor beschrieben. Eine eindeutige Prävalenz ist ausstehend. Ein Vulvakarzinom wird bei 3.5-7% der Patientinnen mit LS gesehen. LS ist mit dVIN assoziiert (dVIN pathway). Das Risiko einer Neoplasie beträgt pro Jahr ca. 1%, weshalb ein langes Follow up empfohlen werden sollte. Die 20-Jahre Inzidenz für Vulvakarzinom liegt bei 6.7% vor allem bei Patientinnen mit zusätzlich Vin und bei über 70-jährigen.

Management

Derzeit gibt es keinen allgemein gültigen Standard. Es gibt verschiedene Guidelines, allerdings teils ohne Evidenzangaben. Bei dVIN sollte meist ein Exzisionsverfahren angewandt werden. Bei VHSIL können sowohl Exzisionsverfahren als auch ablative Verfahren angewandt werden. Letztere können zur Erhaltung von Anatomie und Funktion in Betracht gezogen werden und müssen zum Ausschluss von Malignität durch mehrere repräsentative Biopsien ergänzt werden. Bei VHSIL kann eine medizinische Behandlung (z.B. Imiquimod) in Betracht gezogen werden. Das Risiko eines mit Lichen sclerosus-assoziierten Karzinoms (über einen dVIN-Weg) wird durch die Behandlung mit hochwirksamen topischen Kortikosteroiden verringert und sollte bei diesen Patientinnen empfohlen werden.

Zusammenfassung

Die meisten vulvären Neoplasien sind HPV-abhängig, doch HPV-unabhängige (dVIN, DEVIL, VAAD) haben ein höheres Karzinomrisiko und eine schlechtere Prognose. Entzündliche Erkrankungen sind häufiger mit dVIN, DEVIL, VAAD assoziiert.

Therapie: dVIN sollten chirurgisch saniert werden. Die Behandlung von Lichen sclerosus und Lichen planus ist wichtig. Vor nicht-exzidierenden Verfahren (Laser, Imiquimod) sind multiple Biopsien ratsam. Imiquimod wird bei multifokaler VHSIL zur Anatomieerhaltung empfohlen. Nach R1-Resektion ohne RestlƤsion ist keine direkte Re-Resektion nƶtig. Die HPV-Impfung kann postoperativ diskutiert werden. RegelmƤssige Kontrollen nach VHSIL sind empfohlen.

Kontrazeption in der JugendgynƤkologie


Die Adoleszenz ist eine Phase wichtiger körperlicher und psychischer Entwicklungen, die etwa zwischen dem 10. und 20. Lebensjahr stattfindet, stellte Frau Dr. med. Nina Manz, Stadtspital Triemli, Zürich, fest.

Sie umfasst die Pubertät und den Übergang zur Geschlechtsreife und ist von Experimentieren in Bereichen wie Alkohol, Drogen und Sexualität geprägt. Jugendliche entwickeln im Verlauf unterschiedliche Einstellungen zur Sexualität: In der frühen Adoleszenz steht Egozentrismus im Vordergrund, später kommen erste romantische Beziehungen hinzu und in der späten Adoleszenz zeigen sich mehr Verantwortung und emotionale Reife.

Verhütungsverhalten von Jugendlichen

Laut einer Schweizer Umfrage (2021) verhüteten 5.4% der Jugendlichen beim ersten Geschlechtsverkehr nicht. Die Verhütungsraten sind hƶher, wenn AufklƤrung und Beratung zugƤnglich sind; und sie sind geringer bei niedrigem Bildungsstand oder hohem Nikotinabusus. Bei einer reprƤsentativen Umfrage in Deutschland verwendeten 70% der Jugendlichen die „Pille“, 48% Kondome und 2% ein IUD (Intrauterinpessar).

Verhütungsmethoden:
• Kondome: Einzige Methode zum Schutz vor sexuell übertragbaren Krankheiten. Sie haben einen relativ schlechten Pearl-Index aufgrund von Anwendungsfehlern und sind bei Latexallergie problematisch.
• Kombinierte Ovulationshemmer (Pille): HƤufig verwendet, auch wenn die Einhaltung nicht immer optimal ist. Nebenwirkungen kƶnnen Übelkeit, Brustspannen und Kopfschmerzen umfassen. Sie bieten Vorteile wie eine Regulierung des Zyklus und Schutz vor bestimmten Krebsarten.
• Rein gestagenhaltige Methoden: Geeignet für Frauen, die keine Ɩstrogene vertragen. Diese Methoden sind auch vorteilhaft bei unregelmƤssigen Perioden und haben weniger Auswirkungen auf das Gewicht und die Knochendichte.
• IUDs: Eine sehr effektive, langwirksame Methode mit einem Pearl-Index von unter 1, die keine Compliance-Probleme aufweist. Sie kƶnnen auch von Jugendlichen und Nulliparae gut genutzt werden, wobei ein Screening auf sexuell übertragbare Infektionen empfohlen wird.
• Notfallkontrazeption: Zu den Optionen gehƶren Levonorgestrel (Norlevo) bis 72 Stunden nach ungeschütztem Geschlechtsverkehr, Ulipristalacetat (EllaOneĀ®) bis 120 Stunden sowie Kupfer-IUDs bis 120 Stunden nach dem Geschlechtsverkehr.

Formen der Kontrazeption: IUDs

IUDs gehƶren zu den long acting reversible contraception (LARC). Sie sind 100% reversibel, haben keine Compliance-Probleme und einen optimalen Pearl-Index (<1). Sie sind kostengünstig (bei Langzeitanwendung). Sie sind sicher auch für Adoleszentinnen und Nulliparae (Tab. 1). Für alle IUDs gilt: Einlage erst nach Geschlechtsverkehr, CavumlƤnge mit transvaginalem Ultraschall und Hysterometer bestimmen.

Beratung und AufklƤrung

Die Beratung sollte individuell und umfassend sein, um die richtige Methode zu finden. Dabei ist es wichtig, Vorurteile, Ƅngste und Ƥussere Einflüsse wie Medien und Peers zu berücksichtigen. Für Jugendliche ist es entscheidend, dass sie Informationen über alle verfügbaren Methoden erhalten und wissen, welche für sie am besten geeignet ist.

Take Home Message

Die Adoleszenz ist eine sensible Lebensphase
• Aspekte wie Risikoverhalten, AdhƤrenz und Compliance bei medikamentƶser Therapie und Bedarf nach hoher Sicherheit müssen bei der Beratung zur Antikonzeption berücksichtigt werden
• Adoleszentinnen brauchen und wünschen eine übergreifende und komplette AufklƤrung über die verfügbaren Antikonzeptiva inklusive IUD/IUS
• Es steht eine grosse Platte von sicheren Kontrazeptiva (s. WHO-Kriterien) zur Auswahl mit wenigen EinschrƤnkungen und komplette AufklƤrung über die verfügbaren Antikonzeptiva inklusive IUD/IUS
• Es steht eine grosse Platte von sicheren Kontrazeptiva (s. WHO-Kriterien) zur Auswahl mit wenigen EinschrƤnkungen

Nystatin – eine Jahrhundertsubstanz

Am Satellitensymposium von Gynial AG, Rotkreuz, sprach Prof. Dr. Hans-Jürgen Tietz, Berlin, zum Thema Nystatin: «Der natürliche Feind des Scheidenpilzes». Der Referent betonte, dass Pilze keine Immunität hervorrufen und Infektionen deshalb wiederholt auftreten können. Er wies insbesondere auf die Resistenzen hin, die mit den gängigen Antimykotika einhergehen. Prof. Tietz unterstrich seinen engagierten und humorvollen Beitrag mit eindrucksvollen Bildern von Pilzinfektionen.

Prof. Tietz beschreibt Nystatin in seinem Buch mit dem Titel Ā«75 Jahre Nystatin – eine JahrhundertsubstanzĀ» wie folgt:
Nystatin wurde 1948 als erstes Antimykotikum isoliert aus Streptomyces noursei von Elizabeth Lee Hazen und Rachel Fuller Brown am New York State Department of Health. Die beiden Forscherinnen untersuchten Actinomyceten aus Bodenproben. Der Streptomyces-Stamm, aus dem sie Nystatin isolierten, stammte aus dem Gartenboden von Freunden mit dem Namen Nourse und wurde entsprechend Streptomycin noursei genannt. Hazen und Brown benannten Nystatin 1954 nach dem New York State Department Institute, in dem sie arbeiteten.

Nystatin ist das erste entdeckte Antimykotikum und eine der bis heute weltweit am häufigsten eingesetzten Substanzen, schrieb Prof. Hans-Jürgen Tietz in seinem Buch «75 Jahre Nystatin». Auch in Zeiten zunehmender Resistenzen bei Spezies wie Candida (C.) albicans und C. glabrata gegenüber Azolen wie Fluconazol, Clotrimazol und Miconazol zeigt es eine ungemindert breite und fungizide Wirksamkeit gegenüber allen relevanten Candida-Spezies. Resistenzen sind bis heute nicht bekannt.

Damit bleibt Nystatin auch nach 70 Jahren von herausragender Bedeutung in der Therapie von Mykosen. Angesichts der wachsenden Resistenzproblematik ist es unverzichtbarer denn je. Es ist hochwirksam bei Azol-Resistenz, so der Autor.

Prof. Dr. Dr. h.c. Walter F. Riesen

riesen@medinfo-verlag.ch