Prophylaxie efficace contre les infections urinaires récurrentes chez la femme

Les infections urinaires (IU) font partie des infections bactériennes les plus fréquentes chez les femmes et constituent un défi croissant en raison de la résistance antimicrobienne (RAM) croissante. Bien que les antibiotiques constituent un traitement efficace, ils sont associés à des risques tels que le développement d’une résistance, des effets secondaires et des perturbations du microbiome. C’est pourquoi les stratégies de prévention non antibiotiques pour les IU non compliquées et récurrentes chez les femmes non enceintes font l’objet d’une attention croissante. L’article met en lumière le contexte épidémiologique, les facteurs de risque à différentes étapes de la vie ainsi que les aspects du diagnostic différentiel, et présente des mesures non antibiotiques fondées sur des preuves, telles que les changements du comportement, l’œstrogénothérapie locale ou les phytothérapies.

Urinary tract infections (UTIs) are among the most common bacterial infections in women and represent a growing challenge due to increasing antimicrobial resistance (AMR). Although antibiotics are an effective therapy, they are associated with risks such as development of resistance, side effects and disruption of the microbiome. Therefore, non-antibiotic prevention strategies for non-complicated, recurrent UTIs in non-pregnant women are increasingly coming into focus. The article highlights the epidemiological background, risk factors in different life stages as well as differential diagnostic aspects and presents evidence-based non-antibiotic measures such as behavioral changes, local estrogen therapy or phytotherapeutics.
Keywords: Infections urinaires, prophylaxie non antibiotique, résistances antimicrobiennes, microbiome urogénital

«Il est impossible pour un être humain d’apprendre ce qu’il croit déjà savoir.»
Épictète, philosophe grec (env. 50–138 apr. J.-C.)

Introduction

Les antibiotiques sont efficaces tant dans le traitement des infections urinaires (IU) aiguës que dans la prophylaxie des IU récurrentes. Cependant, compte tenu de l’augmentation de la résistance aux antimicrobiens (RAM) et des complications qui y sont associées, des traitements alternatifs efficaces et une prophylaxie non antibiotique sont nécessaires. Dans cet article, nous nous intéresserons, dans la lignée de la pensée d’Épictète, aux approches préventives alternatives efficaces et non antibiotiques actuellement disponibles en Suisse pour les femmes non enceintes souffrant d’infections urinaires récurrentes non compliquées. Nous apportons ainsi une contribution importante à la prévention de la résistance aux antibiotiques.

Définition

Une infection urinaire est une infection du tractus urogénital présentant les symptômes typiques d’une cystite, tels que dys-urie, envie fréquente d’uriner, pollakiurie, douleur sus-pubienne ou hématurie. Dans le cas d’une infection ascendante telle que la pyélonéphrite, s’ajoutent des douleurs aux flancs, de la fièvre, des nausées ou des vomissements. La pyurie et une culture d’urine positive avec détection d’un uropathogène spécifique sont déterminantes pour le diagnostic. Une IU est considérée comme compliquée en cas d’anomalies anatomiques ou fonctionnelles, de cathétérisme permanent, de grossesse ou de transplantation rénale. Les IU récurrentes sont au moins 2 infections en 6 mois ou au moins 3 en 12 mois. Une nouvelle infection par le même agent pathogène dans les deux semaines suivant la fin du traitement est en revanche considérée comme une rechute. Les symptômes d’une vessie hyperactive idiopathique ou d’un syndrome de douleur vésical ressemblent parfois à ceux d’une infection urinaire, ce dont il faut tenir compte en l’absence d’amélioration malgré la prise d’antibiotiques et une analyse d’urine normale.

Épidémiologie

Les infections urinaires comptent parmi les infections bactériennes les plus fréquentes dans le monde et les plus fréquentes chez les femmes: une femme sur deux souffre d’une infection urinaire au cours de sa vie et une sur quatre en souffre plusieurs fois (1). La première recrudescence coïncide avec le début de l’activité sexuelle, les suivantes sont liées à la grossesse et à la ménopause. 20 % de tous les antibiotiques utilisés dans la pratique clinique quotidienne sont prescrits pour traiter des infections urinaires (2, 3). Les IU aiguës et récurrentes peuvent ainsi être traitées efficacement lorsque les traitements non antibiotiques échouent (4–7). À l’échelle mondiale, l’un des plus grands défis médicaux est toutefois l’augmentation de la résistance aux antimicrobiens (RAM) (Fig. 1) avec des agents pathogènes multirésistants et, par conséquent, une augmentation substantielle de la morbidité et de la mortalité (8). Cette question préoccupe également l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (https://www.who.int/fr/health-topics/antimicrobial-resistance). La RAM est désormais l’une des causes de décès les plus fréquentes dans le monde, dépassant le VIH/SIDA ou le paludisme. En 2019, une étude a estimé que la RAM avait directement causé 1.27 million de décès et joué un rôle dans 4.95 millions d’autres (9). Il est donc urgent de trouver de nouveaux antibiotiques, mais les nouvelles autorisations sont rares.

Résistance aux antimicrobiens

Ce n’est que depuis peu qu’un nouvel antibiotique, la gépotidacin (autorisé par la FDA le 25 mars 2025), est disponible pour le traitement des infections urinaires non compliquées et de la gonorrhée (10). Son double mécanisme d’action inhibe l’ADN-gyrase bactérienne et la topoisomérase IV, ce qui pourrait réduire le développement de résistances. Reste à voir si cela fonctionnera in vivo. La vie trouve toujours un chemin – et les bactéries aussi. Investir ou non dans de nouveaux antibiotiques est avant tout une décision économique. Mais une utilisation rationnelle permet de réduire la RAM et de protéger nos systèmes de santé (11). C’est pourquoi le Conseil fédéral a lancé le 26 juin 2024 le plan d’action « One Health » dans le cadre de sa « stratégie Antibiorésistance » (StAR) 2024–2027 (12). L’objectif est le renforcement de mesures efficaces et de mettre en œuvre la StAR à l’aide de mesures contraignantes, innovantes et durables, en collaboration avec les offices fédéraux de la santé publique, de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, de l’agriculture et de l’environnement, ainsi qu’avec les cantons et d’autres acteurs. Dès lors, des mesures préventives contre les infections urinaires sont utiles pour réduire la consommation d’antibiotiques et le développement de résistances. En outre, l’utilisation d’antibiotiques est également néfaste en raison des effets secondaires suivants: Apparition fréquente de troubles gastro-intestinaux ou de mycoses vaginales, et plus rarement de réactions allergiques ou, comme dans le cas de la nitrofurantoïne, d’une fibrose pulmonaire induite. De plus, l’altération du microbiome de la vessie, du vagin et de l’intestin peut augmenter le risque pour de nouvelles IU et d’autres infections, comme p.ex. par Clostridioides difficile (4–7, 10, 13, 14). La fonction rénale et hépatique des patientes doit également être considérée lors d’un traitement antibiotique, tout comme les interactions possibles avec d’autres médicaments, en particulier chez les patientes âgées sous polypharmacie. Par ailleurs, l’expérience montre que la protection antibiotique prend fin à la fin du traitement.

Peut-on se passer d’antibiotiques?

Mais quand l’utilisation d’antibiotiques est-elle judicieuse? La détection de germes uropathogènes dans la culture d’urine, sans symptômes d’infection urinaire ( = bactériurie asymptomatique), ne nécessite en tout cas pas l’administration d’antibiotiques sauf en cas de grossesse ou d’intervention urologique. Même en cas d’infection urinaire non compliquée, du moins chez certaines patientes sans antécédents de pyélonéphrite et dont les symptômes ne durent que depuis 5 jours au maximum, un traitement non antibiotique avec hydratation accrue et anti-inflammatoires non stéroïdiens peut être tenté pendant 48 heures, (directive SSI).

Facteurs de risque d’infections urinaires récurrentes

En 2012, un changement de paradigme s’est produit: l’urine n’est pas stérile, même chez les femmes en bonne santé (15, 16). Certaines bactéries E. coli et entérocoques semblent même avoir un effet protecteur (17). Donc, si le traitement antibiotique n’est pas toujours efficace et parfois même contre-productif, des options non antibiotiques deviendraient alors judicieuses. Ainsi, la réduction des facteurs de risque représente une approche importante. Ceux-ci varient pour les femmes avant et après la ménopause (Fig. 2). Parmi les facteurs de risque anatomiques, on compte les muqueuses périurétrales, l’urètre court et les distances entre son ouverture externe et le vagin et l’anus, ce qui favorise l’exposition aux germes uropathogènes provenant principalement de la flore intestinale et leur remontée dans les voies urinaires, et donc les IU (18, 19). Plus ces distances sont courtes, plus les récidives sont fréquentes. Les facteurs de risque préménopausiques sont principalement les rapports sexuels, l’utilisation de spermicides, un nouveau partenaire sexuel, des antécédents d’infections urinaires récurrentes chez la mère, des infections urinaires dans l’enfance et le traitement d’une bactériurie asymptomatique. Les facteurs de risque post-ménopausiques sont la colpite atrophique due à une carence en œstrogènes, une cystocèle et un volume résiduel urinaire augmenté (20). La carence en œstrogènes et la modification de l’urothélium qui en résulte, avec une altération du microbiome urogénital ou « urobiome », augmentent le risque d’IU (21, 22). Les femmes ménopausées souffrant d’infections urinaires récurrentes et prenant quotidiennement des antibiotiques présentent un urobiome modifié avec une augmentation des bactéries anaérobies par rapport aux femmes sans IU (23). Cependant, ce n’est probablement pas un micro-organisme spécifique de l’urobiome qui est associé aux infections urinaires récurrentes, mais plutôt un déséquilibre et un rapport modifié entre certaines espèces de lactobacilles et les bactéries anaérobies. Les antibiotiques ont un effet négatif sur le microbiome et augmentent ainsi le risque d’infections urinaires. Les futures stratégies thérapeutiques pourraient viser à influencer l’urobiome.

Diagnostic

En cas d’infections urinaires récurrentes, un examen gynécolo- gique ou urogynécologique est indiqué. L’examen de base com- prend l’anamnèse (début des infections urinaires, facteurs déclen- chants, comorbidités et facteurs de risque), l’analyse d’urine (bandelettes réactives, sédiment urinaire et culture d’urine avec test de résistance), le status gynécologique (évaluation d’un éventuel prolapsus génital, trophicité des tissus, frottis direct) et la détermination par échographie (US) du résidu urinaire. L’US des voies urinaires sert à exclure des anomalies anatomiques (diverticules urétraux, urolithiase). En cas de facteurs de risque ou d’hématurie indolore, une cystoscopie est indiquée dans l’intervalle. L’examen urodynamique et la mesure du flux urinaire permettent de distinguer une vessie hyperactive, un syndrome douloureux vésical ou une cystite interstitielle.

Options thérapeutiques et prophylactiques

Dans la mesure du possible, les IU aiguës peuvent se traiter de manière symptomatique et sans antibiotiques dans les premiers jours (24). Jusqu’à 50 % des IU non compliquées guérissent ainsi, mais cela prend quelques jours de plus (25, 26). Toutefois, on ne doit pas craindre une infection ascendante: seuls 0.4 à 2.6 % des IU non compliquées non traitées évoluent vers une pyélonéphrite (27), qui se manifeste généralement par de la fièvre ou des douleurs aux flancs. Pour soulager les symptômes de gêne vésicale et favoriser la guérison, il est recommandé de boire suffisamment, ce qui favorise l’élimination des bactéries. En outre, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l’ibuprofène ou les phytothérapies peuvent également aider (26, 28). En fin de compte, les antibiotiques sont plus efficaces que les AINS dans le traitement des infections urinaires non compliquées, car ils permettent une meilleure éradication bactérienne. En cas d’infections urinaires récurrentes, la prophylaxie et l’identification et la réduction des facteurs de risque sont prioritaires. Une sélection de mesures prophylactiques fondées sur des preuves est résumée dans le Tab 1.

PD Dr David Scheiner, 1, 2, 3
PD Dr Daniele Perucchini 1
Dr Olivia Ziviello 1
Dr Rebecca Zachariah 2, 3
Dr Sören Lange 2, 3
Dr Nicole Keller 2, 3, 4
Prof. Dr Cornelia Betschart 2, 3

1 Centre de la vessie de Zurich, Gottfried Keller-Strasse 7, 8001 Zurich
2 Clinique de gynécologie, Hôpital universitaire de Zurich, Frauenklinikstrasse 10, 8091 Zurich
3 Université de Zurich, Rämistrasse 71, 8006 Zurich
4 Gynécologie et obstétrique, Hôpital de Grabs, Spitalstrasse 44, 9472 Grabs

Copyright
Aerzteverlag medinfo AG

Cet article est une traduction de «info@gynäkologie» 04_25.

PD Dr David Scheiner

– Centre de la vessie de Zurich
Gottfried Keller-Strasse 7
8001 Zurich

– Clinique de gynécologie, Hôpital universitaire de Zurich
Frauenklinikstrasse 10
8091 Zurich

– Université de Zurich
Rämistrasse 71
8006 Zurich

Les auteurs n’ont pas déclaré de conflit d’intérêts en rapport avec cet article.

  • Le problème croissant de la résistance aux antibiotiques nécessite l’utilisation et le développement d’approches alternatives non ­antibiotiques pour la prévention des infections urinaires récurrentes.
  • Les infections récurrentes des voies urinaires sont définies comme au moins deux infections en six mois ou trois en douze mois.
  • Les facteurs de risque anatomiques et fonctionnels diffèrent chez
    les femmes pré- et postménopausées. Ils influencent la prédisposition aux infections urinaires ainsi que les mesures thérapeutiques.
  • En cas d’infections urinaires aiguës, on peut d’abord essayer un ­traitement symptomatique sans antibiotiques.

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Immunothérapie du cancer

Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires ont transformé la prise en charge de nombreux cancers. Cette immunothérapie permet potentiellement un contrôle prolongé, voire la guérison, chez certains patients atteints de cancer avancé. Toutefois, malgré ces avancées notables, seuls environ 20 % des patients avec maladie avancée en bénéficient, et moins encore sur le long terme. Les effets indésirables, parfois tardifs, et potentiellement sévères, exigent vigilance, et une prise en charge rapide en centre expert. Transformer des tumeurs résistantes plus sensible à l’immunothérapie est un des défis majeurs. Optimiser l’administration – en termes de dose, durée, etc. – en est un autre.

Immune checkpoint inhibitors have transformed the management of many cancers. Immunotherapy can lead to prolonged disease control, and even cure, in some patients with advanced cancer. However, despite these notable advances, only about 20 % benefit from immunotherapy in the advanced setting, and even fewer in the long term. Adverse events, sometimes occurring late and potentially severe, require close monitoring and rapid management in expert centers. Among future challenges is the need to make resistant tumors more sensitive to immunotherapy. Optimizing its use – in terms of dose, duration, etc. – is another important goal.
Keywords: Immune checkpoint inhibitors; anti-tumoral immunity; oncology; PD1; CTLA-4

Introduction

Bien que le terme immunothérapie englobe diverses approches, ce terme fait le plus souvent référence aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (checkpoint inhibitors), que nous allons décrire ici. Ces inhibiteurs de points de contrôle immunitaires constituent certainement l’avancée la plus importante en oncologie de ces deux dernières décennies. Pour certains patients – par exemple ceux atteints de cancer du poumon ou de mélanome – elle a permis de transformer des maladies métastatiques autrefois incurables en affections contrôlées à long terme, permettant même parfois de parler de guérison, y compris dans des stades initialement extrêmement avancés. Toutefois, ces situations favorables, bien qu’elles fassent désormais partie de la pratique quotidienne, restent limitées à un nombre restreint de types tumoraux. En situation de maladie avancée, seule une minorité de patients bénéficie réellement de l’immunothérapie. Par ailleurs, les effets secondaires, pouvant concerner pratiquement n’importe quel organe par des mécanismes immuno-médiés, ne doivent pas être minimisées. Savoir les reconnaître et les prendre en charge est d’une importance capitale pour le praticien. Dans ce travail, nous revenons sur le rationnel biologique, les données cliniques d’efficacité et de tolérance de l’immunothérapie, ainsi que les directions envisagées pour le futur de l’immunothérapie.

Rationnel biologique

Toute personne possède une immunité naturelle anti-tumorale, dont l’objectif est d’éliminer les cellules anormales. Cette immunité est finement régulée afin qu’elle ne soit ni excessive, ni insuffisante, notamment grâce à ce que l’on appelle des points de contrôle immunitaires (immune checkpoints). Il s’avère que ces points de contrôle peuvent être détournés par les cellules cancéreuses pour échapper à la surveillance immunitaire (1).


Parmi ces points de contrôle, ceux qui ont révolutionné l’oncologie sont principalement l’interaction entre PD-1 et PD-L1, ainsi que celle entre CTLA-4 et les cellules présentatrices d’antigènes (2). D’autres points de contrôle, comme LAG-3, TIGIT ou TIM-3, font l’objet de développements récents, mais ne seront pas abordés dans ce manuscrit (3). La Tab. 1 décrit le nom des molécules, et leur cible, disponibles en Suisse.

Prenons l’exemple de l’interaction entre PD-1, exprimé à la surface des lymphocytes T, et PD-L1, exprimé par les cellules tumorales: cette interaction inhibe le lymphocyte, l’empêchant d’exercer son effet cytotoxique anti-tumoral. Le cancer, notamment via une surexpression de PD-L1, parvient ainsi à échapper à la réponse immunitaire et à poursuivre sa progression. Ce mécanisme est illustré dans la Fig. 1.

C’est précisément à ce niveau que l’immunothérapie intervient: des anticorps monoclonaux (monoclonal antibodies – «mab») bloquent cette interaction, restaurant la capacité des lymphocytes T à reconnaître et à détruire les cellules cancéreuses. L’immunothérapie n’agit donc pas directement contre la tumeur, mais indirectement, en levant les freins exercés sur la réponse immunitaire (immune checkpoint inhibitors).

Données en situations métastatiques

Une revue exhaustive des données d’immunothérapie des vingt dernières années dépasserait le cadre de ce travail. Toutefois, des exemples marquants illustrent le potentiel de cette nouvelle approche thérapeutique.

Le mélanome était autrefois associé à un pronostic très réservé, avec une espérance de vie de quelques mois dans beaucoup des situations métastatiques. C’est dans ce contexte que l’immunothérapie a été la plus révolutionnaire. Nous disposons désormais des résultats à 10 ans de l’étude CheckMate 067, qui a comparé une combinaison d’immunothérapie (anti-CTLA-4 et anti-PD-1), les anti-PD-1 seuls, et les anti-CTLA-4 seuls, en 1ère ligne de traitement pour des patients avec maladie avancée ou métastatique (4). Avec les stratégies contenant un anti-PD-1 (seul ou en combinaison), environ 40 % des patients sont encore en vie à 10 ans. Chez ces patients, on peut véritablement parler de guérison.

D’autres cancers ont vu leur prise en charge radicalement transformée par l’immunothérapie. Par exemple, le cancer du poumon, qui, en dehors de cas particuliers, est aujourd’hui traité par immunothérapie dès la première ligne en situation métastatique, avec là aussi un potentiel de bénéfice à très long terme en cas de réponse tumorale (5, 6, 7).

L’exemple du mélanome illustre également les limites de l’immunothérapie: il s’agit d’un cancer relativement rare, en situation avancée, comparé à d’autres. Cela explique qu’à ce jour, si l’on tient compte de la fréquence de chaque type de cancer, seulement environ 20 % des patients atteints de maladie avancée bénéficient d’une réponse tumorale à l’immunothérapie (8). De plus, seule une fraction de ces patients va avoir un bénéfice durable dans le temps. L’évolution au cours du temps du nombre de patients avec maladie avancée ou métastatique étant éligible, c’est à dire avec une indication à recevoir la thérapie, et ceux présentant une réponse tumorale, est représenté dans la Fig. 2. En d’autres termes, bien que l’immunothérapie représente une révolution pour certains patients, elle ne bénéficie encore qu’à une minorité des personnes atteintes de maladie avancée.

Et en situation néoadjuvante et adjuvante?

Après les résultats impressionnants observés dans certaines situations de maladie avancée, il a été logique d’étudier l’impact de l’immunothérapie dans des contextes plus précoces, notamment en situation néoadjuvante (avant chirurgie) et/ou adjuvante (après chirurgie) (9, 10).

Dans le cancer du poumon par exemple, un nombre considérable d’études de phase 3 a montré un bénéfice en survie sans maladie, et plusieurs d’entre elles ont également mis en évidence un bénéfice en survie globale, lié à l’adjonction d’immunothérapie aux traitements conventionnels de chimiothérapie péri-opératoire (11, 12 13). Aujourd’hui, l’immunothérapie peut être proposée en situation péri-opératoire dans de nombreux types tumoraux.

Il convient toutefois d’apporter certaines nuances : en effet, plusieurs études soutenant l’utilisation précoce de l’immunothérapie ont été menées y compris dans certains pays à ressources limitées. Dans ces pays, les patients du groupe contrôle qui récidivaient n’avaient pas un accès optimal aux traitements après l’essai clinique (10). Dans ces cas, il est difficile de savoir si le bénéfice observé en survie est réellement dû à l’administration précoce de l’immunothérapie, ou s’il résulte d’un traitement sous-optimal dans le groupe contrôle lors de la rechute. Un autre point important concerne la toxicité, qui, dans une situation où les patients sont potentiellement déjà guéris de leur maladie, doit être évaluée avec encore plus d’attention dans le cadre d’une véritable décision médicale partagée.

Toxicité et qualité de vie: savoir repérer et ne pas minimiser

Les toxicités potentielles de l’immunothérapie ne doivent pas être sous-estimées. Bien que sévères dans une minorité de cas, et souvent contrôlables médicalement, certaines toxicités peuvent entraîner des dommages à long terme (14), avec un impact potentiel sur la qualité de vie (15), voire des effets secondaires fatals (16).

Pour le praticien, les messages clés sont les suivants:

1. Les toxicités immuno-induites sont des atteintes d’organes qui peuvent mimer d’autres pathologies, rendant leur diagnostic parfois piégeux. Par exemple, une pneumonite immuno-médiée peut se présenter comme une pneumonie infectieuse. Les atteintes les plus fréquentes concernent les glandes endocrines (thyroïdites) poumons (pneumonites), le côlon (colites), le foie (hépatites), la peau, ainsi qu’une asthénie marquée. Des atteintes plus rares mais sévères, telles que des myosites cardiaques ou des atteintes neurologiques, peuvent également survenir (17).
2. Contrairement à la chimiothérapie, les effets indésirables de l’immunothérapie peuvent apparaître tardivement, plusieurs semaines voire plusieurs mois après le début, ou même l’arrêt, du traitement (18).
3. La corticothérapie à forte dose, initiée rapidement, constitue la base du traitement de première intention, en visant à freiner une réponse immunitaire devenue excessive. En cas de résistance, d’autres immunosuppresseurs peuvent être nécessaires, comme les anti-IL6, anti-TNF alpha, ou d’autres molécules (19) (20).
4. La gestion optimale de ces toxicités repose sur une expertise spécialisée. L’implication précoce de l’oncologue référent est essentielle pour éviter des retards de diagnostic ou de traitement.
En conclusion, bien que généralement bien tolérée, l’immunothérapie peut provoquer des effets indésirables sévères. Leur reconnaissance rapide, leur prise en charge en centre expert, et une information claire au patient comme à son entourage sont des éléments clés pour assurer la sécurité et l’efficacité du traitement.

Défis pour le futur

Sur le plan de l’efficacité, une question centrale demeure: est-il possible que l’immunothérapie ne bénéficie plus seulement à une minorité, mais à une majorité de patients? Différentes stratégies sont actuellement explorées pour atteindre cet objectif, notamment en ciblant d’autres points de contrôle immunitaires, ou en cherchant à transformer des cancers dits «froids» (résistants à l’immunothérapie) en cancers «chauds», c’est-à-dire plus sensibles.

Parallèlement, un autre défi majeur réside dans l’optimisation des traitements déjà approuvés, avec une approche centrée sur le patient (21). Par exemple:
– Les doses actuellement utilisées sont-elles réellement optimales? Certaines études suggèrent qu’une efficacité comparable pourrait être obtenue avec des doses significativement plus faibles (22).
– Le moment d’administration joue-t-il un rôle? Plusieurs données préliminaires indiquent que l’administration le matin pourrait être plus efficace que l’après-midi, mais cette hypothèse mérite d’être validée par des essais randomisés rigoureux (23).
– La durée du traitement est-elle justifiée? Beaucoup de protocoles prévoient une immunothérapie sur un ou deux ans. Or, évaluer si des durées plus courtes peuvent offrir une efficacité équivalente permettrait de limiter les toxicités, mais aussi de réduire considérablement les coûts pour la société (24).

Conclusion

Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires ont représenté une véritable révolution en oncologie, permettant à certains patients d’obtenir un contrôle durable de la maladie, voire une guérison, alors que leur pronostic aurait été rapidement létal en l’absence de ce traitement. Malgré tout, cela ne concerne encore qu’une minorité de patients atteints de maladie avancée. Comprendre comment élargir le bénéfice de l’immunothérapie à un plus grand nombre de patients reste un défi majeur. Les toxicités, des atteintes d’organes immuno-médiées pouvant survenir plusieurs semaines, voire plusieurs mois après le début du traitement, doivent être repérées précocement et traitées sans délai (la corticothérapie étant le traitement de première intention), avec une implication rapide de l’oncologue. En situation néoadjuvante ou adjuvante, ces toxicités, ainsi que certains biais méthodologiques parfois présents dans les essais cliniques, doivent être pleinement pris en compte dans le cadre d’une décision médicale partagée optimale.

Copyright
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PD Dr Timothée Olivier

Service d’oncologie
Hôpitaux Universitaires Genève
Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4
1205 Genève

Pr Alfredo Addeo

Service d’oncologie
Hôpitaux Universitaires Genève
Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4
1205 Genève

Timothée Olivier n’a pas de conflits d’intérêt à déclarer. Alfredo Addeo: Consulting or Advisory Role: BMS, Astrazeneca, Boehringer-Ingelheim, Roche, MSD, Pfizer, Eli Lilly, Astellas. Speaker Bureau: Eli Lilly, Astrazeneca, Regeneron

  • L’immunothérapie permet, dans certains types de cancers y compris en situations très avancés ou métastatiques, un contrôle durable, voire une guérison – mais cela reste limité à une minorité de patients.
  • Les effets indésirables immuno-médiés peuvent survenir tardivement et toucher divers organes ; ils doivent être identifiés et pris en charge rapidement, en centre expert, avec une corticothérapie en première intention.
  • En situation néoadjuvante ou adjuvante, l’immunothérapie est de plus en plus proposée, mais impose une évaluation rigoureuse du rapport bénéfice-risque dans une véritable décision médicale ­partagée.
  • Pour élargir le bénéfice à plus de patients, des pistes sont explorées pour transformer des tumeurs résistantes en maladies plus sensibles à l’immunothérapie.
  • Optimiser la dose, la durée d’administration, et d’autres éléments
    en lien avec l’administration d’immunothérapie déjà utilisée, pourrait potentiellement en réduire la toxicité et les coûts.

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Traitement de la carence en fer durant la grossesse

La carence en fer, avec ou sans anémie, est un facteur de risque élevé de morbidité maternelle et infantile durant la grossesse. En raison de sa prévalence élevée et de la possibilité d’ intervenir, une carence en fer vaut la peine d’ être dépistée et traitée. La plupart des femmes ne disposent pas de réserves de fer suffisantes lors d’ une grossesse pour couvrir les besoins périnataux en fer de la mère et du fœtus. Le traitement martial permet de traiter de nombreux symptômes chez la mère et de protéger déjà in utero l’ enfant de conséquences graves. L’ intervention primaire en cas de carence en fer isolée est le fer oral, qui présente toutefois une forte intolérance pour une faible efficacité. Le fer parentéral se caractérise par une efficacité élevée et une bonne tolérance en général. Dans le diagnostic de la carence en fer, une valeur limite de ferritine de < 30 μg/L s’ est imposée comme un bon seuil pour définir la carence en fer. Un taux d’ hémoglobine < 110 G/L au premier et au troisième trimestre et < 105 G/L au deuxième trimestre est à considérer comme une anémie.

Iron deficiency and/or iron deficiency anemia complicate nearly 50 % of pregnancies globally, negatively impacting both maternal and fetal outcomes. Iron deficiency can cause a range of symptoms that range from aggravating to debilitating including fatigue, poor quality of life, pagophagia and restless legs syndrome. Iron deficiency and iron deficiency anemia are also associated with maternal complications including preterm labor, increased rates of cesarean delivery, postpartum hemorrhage and maternal death. Fetal complications include increased rates of low birth weight and small for gestational age newborns. Prenatal maternal anemia has also been associated with autism spectrum disorders in the neonate, although causality is not established. Iron deficiency in the newborn is associated with compromised memory, processing, and bonding, with some of these deficits persisting into adulthood. Despite the prevalence and consequences associated with iron deficiency in pregnancy, data show that it is routinely undertreated. Due to the physiologic changes of pregnancy, all pregnant individuals should receive oral iron supplementation. However, the bioavailability of oral iron is poor and it is often ineffective in preventing and treating iron deficiency. Likewise, it frequently causes gastrointestinal symptoms that can worsen quality of life in pregnancy. Intravenous iron formulations administered in a single or multiple dose series are now available. There is increasing data suggesting that newer intravenous formulations are safe and effective in the second and third trimesters and should be strongly considered in pregnant individuals without optimal response to oral iron repletion.
Keywords: Iron, Iron Deficiency, Anemia (Anaemia), symptoms, pregnancy, iron treatment, iron therapy

Introduction

La carence en fer est la carence en micronutriments la plus répandue dans le monde et, par conséquent, l’ anémie durant la grossesse est principalement due à une carence en fer. Selon les données de l’ OMS, la carence en fer et l’ anémie entraînent des complications dans environ 30 à 60 % des grossesses dans le monde. Durant la grossesse, près de 75 % des femmes enceintes souffrent d’ une carence en fer au troisième trimestre, si l’on se base sur une valeur seuil de ferritine de < 30 µg/L. Malgré la prévalence élevée et les effets négatifs de la carence en fer et de l’ anémie sur la morbidité maternelle et fœtale, la carence en fer est souvent sous-diagnostiquée et sous-traitée (1–3).

Bien que le diagnostic et le traitement de l’ anémie ferriprive durant la grossesse soient relativement simples, ils sont souvent négligés et/ou ne sont pas gérés de manière optimale par les gynécologues traitants. L’ un des problèmes liés au diagnostic de laboratoire de la carence en fer durant la grossesse est l’ absence de consensus dans la littérature, car les études disponibles utilisent des valeurs limites de ferritine non uniformes pour déterminer la carence en fer. L’ anémie ferriprive durant la grossesse est généralement définie comme une ferritine sérique < 15–30 µg/L et une hémoglobine < 110 G/L, la valeur < 110 G/L ne tenant pas compte de la valeur seuil inférieure physiologique de l’ hémoglobine au deuxième trimestre de 105 G/L. L’ utilisation d’ une valeur limite de ferritine < 30 µg/L augmente la sensibilité de la détection de la carence en fer, mais il manque des études sur les valeurs limites spécifiques à la grossesse (5, 10, 11).

On sait que les causes de la carence en fer sont multiples et dépendent de facteurs socio-économiques, des habitudes alimentaires, de l’ âge et de l’ origine de la femme enceinte, d’ une carence en fer pré-existante et de comorbidités, en particulier de maladies gastro-intestinales comme la maladie cœliaque ou la maladie de Crohn. 30 à 50 % des femmes présentent déjà une carence en fer avant la conception (6–8).

Conséquences de la carence en fer et de l’ anémie pour la femme enceinte et le fœtus

La carence en fer peut être asymptomatique ou provoquer des symptômes pénibles. Il s’ agit notamment de la fatigue, de l’ irritabilité («brain fog»), de l’ essoufflement, des maux de tête, de la chute des cheveux, de la baisse de la concentration, de la diminution des performances physiques et du syndrome des jambes sans repos. Ces symptômes sont souvent considérés comme normaux, tant par les femmes enceintes que par les gynécologues, car ils peuvent être attribués à des changements physiologiques survenus durant la grossesse. La carence en fer isolée ou latente (sans anémie) peut augmenter la morbidité maternelle en raison des risques d’anémie, d’hypertrophie placentaire et d’hypothyroïdie qui sont augmentés (13, 16, 17, 19, 23, 26).

En outre, le risque de travail prématuré et d’ accouchement prématuré est accru (9). L’ anémie ferriprive péri-partum est associée à un risque accru de dépression post-partum, de baisse de la qualité de vie, d’ anémie post-partum et de transfusion sanguine (21). Il est prouvé qu’ une carence en fer sévère augmente la morbidité fœtale et néonatale. Les connaissances issues de modèles animaux indiquent que la carence en fer pendant les phases critiques du développement fœtal entraîne des modifications du métabolisme cérébral, de la neurotransmission, de l’ épigénétique et de la myélinisation pendant les phases critiques du développement fœtal, qui se répercutent chez le nouveau-né. Des études cliniques récentes montrent que ces conséquences se produisent également chez l’ homme et qu’ il existe par exemple un lien entre la carence en fer et les troubles du spectre autistique et le déficit d’ attention chez les adolescents. La carence en fer maternelle entraîne de faibles réserves de fer fœtal et néonatal, avec les conséquences que cela implique (14, 15, 18, 27–31) (Fig. 1).

Screening de la carence en fer

Il n’ existe pas de consensus sur les protocoles de dépistage ou sur la réalisation systématique d’ un dépistage de la carence en fer durant la grossesse. Seules quelques organisations soutiennent le dépistage de la carence en fer isolée, car il existe peu d’ études démontrant une amélioration du risque par un traitement. En Angleterre, on recommande depuis peu un dépistage basé sur les risques, chez les femmes ayant des antécédents d’ anémie, les multipares, les grossesses multiples, les intervalles de grossesse courts, les végétariennes, les femmes présentant un risque élevé d’ hémorragie à la naissance et les femmes qui refusent les transfusions sanguines. L’ American College of OBGYN (ACOG) recommande un dépistage de l’ anémie et une supplémentation générale en fer chez les femmes enceintes. Selon l’ ACOG, le test de ferritine ne doit être effectué qu’ en cas d’ anémie, avec une valeur seuil de < 30 µg/L (OMS < 15 µg/L!) (Practice Bulletin 233, août 2021). Dans la lettre d’ experts de la SSGO (n° 77), nous recommandons le dosage de l’ hémoglobine et de la ferritine au cours du premier trimestre et aux alentours de 24–28 semaines de grossesse pour détecter les carences en fer et l’ anémie chez les femmes enceintes.

Traitement

Plusieurs lignes directrices nationales recommandent une supplémentation orale générale en fer chez les femmes enceintes (ACOG, Centers of Disease Control, OMS). Celle-ci peut se faire quotidiennement ou en alternance tous les deux jours. Il a été démontré qu’ une prise orale de fer tous les deux jours augmente l’ absorption du fer tout en réduisant le taux d’ effets secondaires indésirables (4, 22). Il convient de choisir la dose de fer la plus faible possible par voie orale (environ 30 mg de fer élémentaire/dose), car les doses élevées entraînent l’ arrêt du traitement chez jusqu’ à 70 % des femmes, en raison des effets secondaires gastro-intestinaux. Il convient de noter que le fer oral constitue la seule option de traitement au premier trimestre. Il existe de nombreuses préparations orales à base de fer; en règle générale, les sels de fer II présentent un taux d’EI (effets indésirables) plus élevé que les complexes de fer III, par exemple. Selon des études, les bisglycinates de fer (composé amino-ferrique) présentent une bonne absorption et une bonne efficacité avec un faible taux d’EI (16, 25). À partir du deuxième trimestre, il existe des préparations intraveineuses à base de fer pour le traitement de l’anémie ferriprive, qui se sont avérées sûres et efficaces durant la grossesse. Contrairement au fer oral, seul le fer intraveineux convient au traitement des carences en fer et des anémies graves, en particulier lorsque nous souhaitons une efficacité à court terme (24, 25, 42–49). Les doses correspondent à celles utilisées chez les femmes non enceintes. Dans la plupart des cas, en Suisse, il est aujourd’hui possible d’utiliser des doses unitaires élevées, ce qui, en raison de la simplicité d’utilisation et de l’efficacité, entraîne également une grande satisfaction des patientes. Les préparations parentérales à base de fer les plus utilisées dans le monde sont le saccharate de fer, le dextran de fer de faible poids moléculaire (LMWD, Cave: PAS le dextran de poids moléculaire élevé!), le fer-carboxy-maltose (FCM), le ferumoxytol et le fer-III-dérisomaltose (24, 25). En ce qui concerne les réactions allergiques et les autres effets indésirables, les préparations sont comparables. Dans les études comparatives entre le fer parentéral et le fer oral, le taux d’EI est généralement plus élevé pour les préparations orales, principalement en raison des effets secondaires gastro-intestinaux. Selon les études disponibles, le fer-carboxymaltose présente le taux le plus élevé d’hypophosphatémie induite après perfusion, bien que les hypophosphatémies graves soient rares après des doses uniques. Dans une étude récemment publiée par le service d’obstétrique de l’Université de Genève, 3/22 femmes enceintes ont présenté une hypophosphatémie après carboxymaltose ferrique contre 1/22 femmes enceintes sous fer oral (13 contre 4 %). La différence n’ était pas significative et les nouveau-nés n’ ont pas présenté d’ hypophosphatémie dans le groupe carboxymaltose ferrique (49). Les préparations recommandées et les plus utilisées en Suisse sont présentées dans le Tab. 1. En cas de thérapie ferrique i.v., les directives recommandées par SWISSMEDIC doivent être respectées en général et en particulier durant la grossesse. De même, il convient de tenir compte des contre-indications telles que le premier trimestre, une infection bactérienne aiguë et un status après une anaphylaxie ou une réaction allergique grave après l’ administration de fer i.v. On estime que le risque de réaction anaphylactique est inférieur à 1 : 1000 avec les nouvelles préparations à base de fer.

Les indications pour l’ utilisation de fer parentéral sont l’ absence de réponse ou une réponse insuffisante au fer oral (augmentation de l’ Hb < 10G/L dans les 14 jours), l’ intolérance et la non-compliance à la prise de fer par voie orale, l’ absorption perturbée du fer (interventions bariatriques, maladies intestinales chroniques, maladie cœliaque), l’ anémie sévère pré-existante ou évolutive (surtout < < 90 G/L), la nécessité de corriger rapidement et efficacement l’ anémie en cas de facteurs de risque chez la femme enceinte (placenta praevia, risque hémorragique élevé, troubles de la coagulation, refus de sang étranger, status après atonie, etc.) (42, 43, 48).

Les préparations parentérales à base de fer sont également utilisées de manière standard en Suisse dans le post-partum, principalement pour traiter l’ anémie post-partum (Hb < 100G/L).

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Traduction de info@gynécologie 01/2025

Pr Christian Breymann

Gyn & Périnatal Zurich
Centre médical Hirslanden
Seefeldstrasse 214
8008 Zurich

C. Breymann donne des conférences et des formations pour CLS-Vifor Suisse et CLS-Vifor International et Pierre Fabre/ Robapharm Suisse. Il participe également à des publications sur les préparations à base de fer concernées

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Traitement des plaies chroniques au cabinet médical

Le traitement des plaies chroniques au cabinet médical est une tâche fréquente mais souvent frustrante. Il est essentiel de considérer la plaie comme le symptôme d’une maladie sous-jacente. Le traitement de cette dernière est la condition sine qua non pour une cicatrisation réussie. Le traitement local des plaies est généralement interdisciplinaire et suit le concept «TIME», qui met l’accent sur le débridement des nécroses et des dépôts de fibrine et sur la création d’un environnement propice à la cicatrisation à l’aide de pansements. En cas de réponse insuffisante au traitement local conservateur, des mesures de chirurgie plastique sont mises en œuvre. Mais même les mesures reconstructives complexes les plus impressionnantes ne fonctionnent que si les conditions de base pour la cicatrisation de la plaie sont réunies.

The treatment of chronic wounds in outpatient practice is a common but often frustrating undertaking. It is crucial to consider the wound as a symptom of an underlying disease. Identifying and treating that disease is an absolute prerequisite for successful wound healing. Local wound care is usually interdisciplinary and follows the “TIME” concept. Its keys are the debridement of necrosis and fibrin deposits and the creation of a supportive environment for wound healing using appropriate dressings. If there is insufficient response to conservative local therapy, plastic surgical interventions are often necessary. However even the most complex reconstructive procedures will only be successful, if the basic conditions for wound healing are ensured.
Keywords: Chronic wounds, wound therapy, wound healing, TIME concept

Les plaies chroniques font partie des pathologies fréquentes et exigeantes dans l’activité du médecin de premier recours et en médecine interne. Elles sont rarement un phénomène purement local, mais généralement le signe d’une maladie systémique sous-jacente. Un traitement efficace nécessite donc une approche structurée et causale accompagnée d’une réévaluation régulière.

Phases de la cicatrisation

La cicatrisation physiologique des plaies se déroule en trois phases qui se chevauchent: la phase inflammatoire, la phase de prolifération et la phase de remodelage.

Les plaies aiguës sont le résultat d’un traumatisme ponctuel, par exemple une coupure, une lacération ou une blessure chirurgicale. Avec des soins adéquats, elles guérissent généralement en deux à quatre semaines sans autre intervention. Cependant, si les conditions de base nécessaires au bon déroulement de ce processus ne sont pas réunies, la plaie reste en phase inflammatoire.

On parle de plaie chronique lorsqu’aucune tendance à la cicatrisation n’est visible dans un délai de huit semaines. Celle-ci doit être considérée comme le symptôme d’un problème sous-jacent et non comme une maladie propre.

Facteurs perturbateurs de la cicatrisation

Les facteurs perturbateurs les plus fréquents d’une cicatrisation physiologique sont en premier lieu une oxygénation insuffisante des tissus, une charge bactérienne, la formation d’un biofilm et une migration cellulaire perturbée. Sur le plan clinique, ils sont causés par des troubles circulatoires artériels et veineux, des forces de pression et de cisaillement, des infections, des œdèmes, le diabète sucré, la malnutrition, l’abus de nicotine et la prise de médicaments immunosuppresseurs ou cytotoxiques. Sans traitement ou au moins l’optimisation de ces facteurs, tout traitement local d’une plaie chronique, aussi complexe (et coûteux) soit-il, restera sans effet.

Diagnostic différentiel des plaies chroniques

Dans la pratique clinique quotidienne, les ulcères veineux, artériels et mixtes, le syndrome du pied diabétique et les escarres prédominent. Cependant, l’anamnèse des plaies chroniques est souvent ambiguë. Ainsi, certains tableaux cliniques peuvent présenter les caractéristiques et une anamnèse suggestive d’une plaie chronique, tout en nécessitant un traitement complètement différent. Le diagnostic différentiel de toute plaie chronique, en particulier en l’absence de réponse au traitement dans un délai de 2 à 4 semaines, comprend:
• les maladies auto-immunes (vasculites, lupus, etc.),
• pyoderma gangraenosum,
• les dégénérescences malignes (p. ex. ulcère de Marjolin),
• des infections rares (p. ex. ulcère tropical),
• des réactions cutanées induites par des médicaments (p. ex. Marcoumar ou stéroïdes)
• des plaies factices

Diagnostic au cabinet médical

La plupart des examens nécessaires au diagnostic initial d’une plaie chronique peuvent être réalisés ou prescrits au cabinet médical.

Pour l’évaluation clinique de la plaie, il est important de documenter la taille, la profondeur, l’exsudat, les bords de la plaie, la zone environnante et les structures profondes éventuellement exposées (os, tendons, fascia musculaire). Une bonne documentation photographique est également utile pour évaluer l’évolution.

L’examen de base comprend également:
– Status vasculaire (ICB: Indice cheville-bras, écho Doppler), éventuellement angiographie
– Laboratoire: hémogramme, paramètres infectieux, HbA1c, équilibre protéique (albumine/préalbumine), vitamines/oligo-éléments (zinc, sélénium, B12, acide folique)
– Frottis de la plaie (au fond de la plaie)
– Biopsie (toujours prélevée sur le bord de la plaie et non au centre de celle-ci)
– Radiographie/IRM (recherche d’ostéomyélite)
– Présence de forces de pression/cisaillement (mauvaises chaussures, positionnement/coussin d’assise chez les patients en fauteuil roulant, etc.)

Thérapie causale comme condition préalable à la guérison

Une fois les causes fondamentales de la plaie identifiées, leur traitement (ou au moins leur optimisation) est primordial. Cela comprend l’amélioration de la circulation artérielle (le cas échéant par intervention), l’allègement systématique de la pression (chaussures/semelles spéciales, coussins de pression), la thérapie par compression et le drainage lymphatique manuel, l’optimisation du métabolisme (ajustement du taux de glycémie, conseils nutritionnels, substitution des carences) ainsi que le traitement des infections locales ou systémiques.

Traitement local des plaies chroniques au cabinet

Le traitement local des plaies chroniques est souvent très fastidieux et exige beaucoup de patience tant de la part du patient que des professionnels. La «répartition des tâches» au sein d’une équipe interdisciplinaire composée de médecins (médecins généralistes, chirurgiens ou autres spécialistes), d’experts en plaies/infirmiers et de physiothérapeutes est donc indispensable.

La thérapie moderne des plaies s’appuie sur le concept TIME: Tissue (débridement), Infection/Inflammation (contrôle des germes), Moisture (gestion de l’exsudat) et Edge (favorisation de l’épithélialisation) (1).

Le débridement, en particulier, est souvent effectué avec trop d’hésitation. En règle générale, tous les tissus infectés et/ou nécrosés doivent être retirés. Cela vaut également lorsqu’il s’agit d’une structure anatomique fondamentalement importante (p. ex. la peau, des tendons ou des muscles). Les dépôts sur la plaie, p. ex. la fibrine, ainsi que les tissus nécrosés humides constituent un terrain extrêmement favorable à la prolifération bactérienne. C’est pourquoi un débridement radical, parfois répété, est déterminant pour la cicatrisation. Les nécroses mineures ou les dépôts de fibrine peuvent être facilement retirés sans anesthésie ou en anesthésie locale au cabinet.

Déroulement d’un traitement typique de plaie: (Tab. 1)

1. Évaluation et documentation
2. Rinçage/phase humide (n’ayez pas peur de l’eau du robinet!)
3. Débridement
4. Protection des bords de la plaie
5. Pansement
6. Fixation

Pansements

Le contrôle de l’infection, la gestion des exsudats et la promotion de l’épithélialisation peuvent être considérablement facilités par le choix approprié d’un pansement. La multitude de pansements disponibles sur le marché est impressionnante, ce qui indique qu’il n’existe pas de «meilleur» pansement. Selon la situation de la plaie, on utilise des pansements en mousse, des alginates, des hydrogels, des hydrocolloïdes ou des pansements antimicrobiens (p. ex. à base d’argent ou d’iode). Le choix dépend du stade de la plaie et de la quantité d’exsudat (Tab. 2).

Pansements «nouveaux»

Les matrices dermiques modernes ou équivalents au derme pour les plaies chroniques comprennent aujourd’hui principalement le Kerecis, des matrices dermiques acellulaires et des systèmes à base de collagène modulant les protéases. Kerecis est une matrice acellulaire à base de peau de poisson (morue) contenant du collagène naturel et des acides gras oméga-3. Elle sert de structure biologique en 3D pour la migration cellulaire et la néovascularisation. Les matrices dermiques acellulaires issues de peau humaine de donneurs, telles que AlloDerm® ou DermaGraft® (MEC), utilisées pour les ulcères du pied diabétique et les plaies chroniques complexes, fonctionnent de manière similaire. Les matrices xénogéniques telles que Oasis® (sous-muqueuse intestinale porcine), Integra® ou Matriderm® (échafaudages de collagène/MEC) favorisent en particulier la granulation et l’épithélialisation ultérieure dans les ulcères veineux et artériels.

En complément, on utilise des matrices modulant le collagène ou les protéases, telles que Promogran Prisma® ou Suprasorb® C, qui fixent les protéases en excès, stabilisant ainsi le milieu perturbé des plaies chroniques, en particulier les ulcères diabétiques et veineux. Toutes ces «méthodes avancées» sont très coûteuses et strictement réglementées en Suisse. Elles seront donc utilisées seulement après la fin du traitement causal et lorsqu’aucun progrès thérapeutique suffisant n’a été obtenu après au moins 6 à 8 semaines de traitement standard optimal.

Quand faut-il adresser le patient au chirurgien?

Comme leur nom l’indique, les plaies chroniques évoluent lentement, même dans les meilleures conditions. Il peut donc être difficile de déterminer le moment opportun pour changer ou élargir la stratégie thérapeutique. En règle générale, et pourvu que les éventuelles maladies sous-jacentes aient été/ soient traitées, une amélioration visible devrait être constatée dans les 3 à 4 semaines suivant le début d’un traitement local. Comme ­mentionné plus haut, la photo-documentation régulière est très utile à cet effet. Si aucune amélioration n’est constatée, il est recommandé de consulter un chirurgien (plastique) pour évaluation.

Les mesures chirurgicales comprennent en premier lieu le débridement chirurgical de tous les tissus nécrosés et le drainage des abcès éventuels, ainsi que, le cas échéant, des biopsies tissulaires/osseuses. Il n’est pas rare qu’un traitement par pression négative (TPN) soit temporairement utilisé pour le «conditionnement de la plaie». Celui-ci stimule la perfusion et la néovascularisation ainsi que la formation de tissu de granulation. De plus, l’exsudat est directement évacué, la stérilité est favorisée et les changements quotidiens de pansements sont évités, ce qui est particulièrement avantageux dans le cas de traitements ambulatoires. Les plaies mineures peuvent souvent être guéries par un TPN sans autre intervention. Pour les plaies plus importantes, on utilise des greffes de peau pour les plaies superficielles et des lambeaux pédiculés ou libres pour les plaies profondes, en particulier celles qui exposent des structures profondes telles que les os ou les tendons.

Copyright
Aerzteverlag medinfo AG

Cet article est une traduction de «der informierte arzt – die informierte ärztin» 2/2026

Dre Natasha Forster

Swissparc – Clinique de chirurgie
plastique et dermatologie
Steinentischstrasse 5
8002 Zurich

Les auteurs n’ont pas déclaré de conflit d’intérêts en rapport avec cet article.

  • Les plaies chroniques doivent être considérées comme le symptôme d’une maladie sous-jacente.
  • Le traitement causal prime sur le traitement local de la plaie
  • En cas de réponse insuffisante au traitement dans un délai de 4 semaines: exclure les diagnostics différentiels, impliquer un chirurgien si nécessaire
  • Traitement en équipe (médecins, experts en plaies, infirmiers, ­physiothérapeutes)

1. Schultz GS, Barillo DJ, Mozingo DW, Chin GA; Wound Bed Advisory Board Members. Wound bed preparation and a brief history of TIME. Int Wound J. 2004 Apr;1(1):19 32. doi:10.1111/j.1742-481X.2004.00008.x.
2. Wundkompendium der Schweizerischen Gesellschaft für Wundbehandlung (SAfW) https://www.safw.ch/images/pdf/Wundkompendium.pdf

Bibliographie complémentaire/Sources d’information
1. AWMF S3-Leitlinie Lokaltherapie schwerheilender und/oder chronischer Wunden aufgrund von peripherer arterieller Verschlusskrankheit, Diabetes Mellitus oder chronischer venöser Insuffizienz (https://register.awmf.org/de/leitlinien/detail/091-001)
2. European Wound Management Association – The EWMA wound care resource library (https://ewma.org/resource-library)

Gestion des comorbidités chez les personnes âgées avec troubles ­neurocognitifs majeurs

Les comorbidités jouent un rôle central dans la trajectoire des personnes atteintes de trouble neurocognitif majeur, en accélérant le déclin cognitif et en augmentant les risques de complications aiguës. Leur prise en charge exige une adaptation raisonnée des objectifs thérapeutiques: prévenir les décompensations, limiter les risques iatrogènes et préserver la qualité de vie. Cette revue propose une synthèse actualisée des données et recommandations disponibles, mettant en évidence la nécessité d’ individualiser les décisions selon la fragilité et les préférences du patient avec troubles neurocognitifs majeurs. L’ évaluation gériatrique globale s’ impose comme un outil transversal et central pour guider ces choix. En analysant quatre pathologies fréquentes – l’ hypertension artérielle, la dyslipidémie, la fibrillation auriculaire et le diabète – cet article fournit des repères pratiques pour une médecine prudente et centrée sur la personne.

Comorbidities play a central role in the clinical trajectory of individuals living with dementia, accelerating cognitive decline and increasing the risk of acute complications. Their management requires a reasoned adaptation of therapeutic goals: preventing decompensations, minimizing iatrogenic risks, and preserving quality of life. This review provides an up-to-date synthesis of available evidence and guidelines, highlighting the need to individualize decisions based on patient frailty and preferences. Comprehensive geriatric assessment is as a cross-cutting, essential tool to guide these choices. By examining four common conditions – hypertension, dyslipidemia, atrial fibrillation, and diabetes – this article offers practical guidance for a cautious and patient-centered approach.
Keywords: dementia, comorbidities, frailty, comprehensive geriatric assessment

Introduction

Les comorbidités cardiovasculaires et métaboliques telles que l’ hypertension artérielle (HTA), la dyslipidémie, la fibrillation atriale (FA) et le diabète jouent un rôle clé dans la trajectoire des troubles neurocognitifs majeurs (1). Facteurs de risque cardio-vasculaires, elles deviennent avec l’ âge des comorbidités associées, aggravant la dépendance, la morbidité et le recours aux soins (2). Ce constat reflète un changement de paradigme: si le contrôle de ces facteurs reste central en prévention, leur prise en charge chez les patients déjà atteints de trouble neurocognitif majeur nécessite une réorientation des objectifs de soins, centrés sur la qualité de vie et la prévention des complications. Dans ce contexte, l’ évaluation gériatrique globale permet d’ individualiser ces ­décisions en fonction de la fragilité et des autres syndromes ­gériatriques (3, 4). Cet article propose une synthèse des recommandations récentes sur la prise en charge de l’ HTA, de la dyslipidémie, de la FA et du diabète chez les personnes âgées atteintes de trouble neurocognitif majeur.

Hypertension artérielle

L’  HTA est un facteur de risque bien établi tant pour les événements cardiovasculaires que pour le développement de troubles cognitifs. Une HTA présente à l’ âge moyen est associée à un risque accru de déclin cognitif, tandis qu’ à un âge plus avancé, c’ est l’ hypotension qui semble davantage liée à une atteinte cognitive (4,5). Chez les personnes âgées de plus de 75 ans, un profil tensionnel modérément élevé est parfois associé à une meilleure fonction cognitive (6). À l’ inverse, de grandes variations tensionnelles sont corrélées à une augmentation conjointe de la morbi-mortalité cardiovasculaire et du déclin cognitif (6, 7). La revue de quatre grandes études d’ intervention portant sur l’ HTA et ses effets sur la cognition met en évidence des résultats hétérogènes, ne permettant pas de conclure de manière formelle à l’ efficacité d’ un traitement antihypertenseur pour ralentir la progression d’ un trouble neurocognitif (8).

Ce tableau contrasté rend les décisions cliniques particulièrement délicates, d’ autant plus qu’ il n’ existe actuellement aucune recommandation spécifique et consensuelle pour les patients atteints de trouble neurocognitif majeur. Dans les recommandations internationales, c’ est avant tout la présence de fragilité – utilisée comme critère principal de stratification – qui guide l’ adaptation des objectifs tensionnels (9). L’ évaluation gériatrique globale permet ici de mieux cerner la sévérité de la fragilité, mais aussi la fonctionnalité, les comorbidités et la charge médicamenteuse.

Une mesure ambulatoire de la pression artérielle sur 24 heures (MAPA) ou des automesures sont recommandées pour établir le diagnostic. Chez les patients présentant un trouble neurocognitif mineur ou un trouble neurocognitif majeur au stade débutant, les cibles tensionnelles restent comparables à celles de la population générale, avec une pression artérielle systolique (PAS) visée entre 120 et 140 mmHg. Une monothérapie à faible dose est privilégiée, en débutant par la dose minimale efficace et en augmentant progressivement d’ abord la posologie puis le nombre de molécules, si nécessaire, sans dépasser une trithérapie. Chez les patients très fragiles ou dépendants, une cible plus souple (< 150 mmHg) est proposée, avec possibilité de réduction ou d’ arrêt du traitement en cas d’ hypotension orthostatique ou de PAS < 130 mmHg (3).

La prise en charge repose en premier lieu sur les mesures hygiéno-diététiques: activité physique adaptée à poursuivre le plus longtemps possible, alimentation équilibrée, sevrage tabagique et alcoolique. Les traitements de première intention incluent les inhibiteurs calciques dihydropyridines, les inhibiteurs de l’ enzyme de conversion (IEC) et les antagonistes des récepteurs de l’ angiotensine II (ARA-II), auxquels un diurétique à faible dose peut être associé si besoin. Les autres classes (bêtabloquants, alpha-bloquants, etc.) ne sont utilisées qu’ en cas d’ indication spécifique, comme une cardiopathie ischémique.

La réévaluation régulière du traitement est essentielle pour ajuster les objectifs à l’ évolution cognitive et fonctionnelle (Tab. 1). Chaque modification thérapeutique ou événement intercurrent (ex.: ajout de psychotropes ou d’ un alpha-bloquant prostatique) doit alerter sur le risque d’ hypotension et motiver une réévaluation du schéma thérapeutique (10, 11).

Dyslipidémie

La dyslipidémie, en particulier l’ élévation du LDL-cholestérol, est impliquée dans les processus neurodégénératifs via plusieurs mécanismes physiopathologiques. Elle favorise l’ accumulation cérébrale de protéines β-amyloïdes, active les voies inflammatoires et altère la fonction endothéliale cérébrale, contribuant potentiellement à la survenue ou à l’ aggravation de la maladie d’ Alzheimer (9). En reconnaissance de ces liens, la Commission Lancet 2024 a intégré pour la première fois l’ augmentation du LDL comme facteur de risque modifiable de trouble neurocognitif majeur, en particulier lorsqu’ elle survient à partir de 40 ans (1).

Chez les personnes âgées, en particulier les plus fragiles, la relation entre le LDL-cholestérol et la mortalité apparaît moins linéaire. Une méta-analyse de la Cholesterol Treatment Trialists’ Collaboration a néanmoins confirmé l’ intérêt des statines après 75 ans, principalement en prévention secondaire, bien que l’ effet soit plus modeste qu’ à un âge plus jeune (13). En prévention primaire, les données demeurent limitées, en particulier chez les sujets très âgés et vulnérables, tandis que les effets indésirables – notamment musculaires, hépatiques ou liés aux interactions médicamenteuses – sont plus fréquents.

Chez les personnes vivant avec un trouble neurocognitif majeur, la décision d’ initier ou de poursuivre un traitement hypolipémiant doit être individualisée. Elle repose sur le stade évolutif de la maladie, l’ espérance de vie, la coexistence d’ autres syndromes gériatriques et les objectifs thérapeutiques, en particulier l’ amélioration ou le maintien de la qualité de vie. En prévention secondaire, la poursuite du traitement est le plus souvent justifiée. En prévention primaire, surtout au-delà de 80 ans, la décision doit s’ appuyer sur une évaluation gériatrique globale intégrant les dimensions fonctionnelles, cognitives et sociales (14). En pratique, une stratégie médicamenteuse n’ est généralement pas indiquée dans la majorité des cas.

Les recommandations de la Société Européenne de Cardiologie vont dans ce sens, en prônant une approche individualisée ­fondée sur l’ état de santé global, les préférences du patient et la balance bénéfice-risque (15). Lorsqu’ un traitement est jugé approprié chez une personne âgée fragile, il convient de privilégier les statines à faible potentiel d’ interactions médicamenteuses et à demi-vie courte, telles que la pravastatine. Une réévaluation régulière du traitement est indispensable, avec un recours à la déprescription en cas de tolérance limitée ou de bénéfice clinique incertain. Enfin, les mesures non pharmacologiques – notamment l’ activité physique adaptée et la prise en charge nutritionnelle – doivent être encouragées à tout âge, y compris chez les personnes atteintes de trouble neurocognitif majeur.

Fibrillation auriculaire

La FA est un facteur de risque bien documenté de trouble neurocognitif, par l’ intermédiaire de mécanismes convergents incluant les infarctus cérébraux, les micro-hémorragies, l’ hypoperfusion cérébrale chronique, l’ inflammation systémique, ainsi que l’ accumulation accrue de dépôts amyloïdes Aβ42 (16). Sa prévalence chez les personnes vivant avec une trouble neurocognitif majeur est estimée à environ 20 % (17). Pourtant, la prise en charge de la FA dans ce contexte reste mal codifiée, en grande partie à cause de l’ exclusion récurrente de ces patients des essais cliniques randomisés, malgré leur forte prévalence en gériatrie.

Les lignes directrices de la Société européenne de cardiologie (ESC) 2024 mettent en évidence la persistance d’ une sous-prescription des anticoagulants oraux (ACO) chez les patients présentant un trouble neurocognitif majeur, bien que l’ introduction des anticoagulants oraux directs (ACOD) ait contribué à améliorer cette tendance (18).

Cette population se caractérise par un profil complexe associant risque thromboembolique élevé et vulnérabilité accrue aux complications hémorragiques (19). L’ instauration d’ un traitement anticoagulant permet de prévenir les accidents vasculaires cérébraux (AVC) d’ origine cardioembolique et pourrait, selon certaines données, ralentir la progression du déclin cognitif (20, 21). Malgré des bénéfices cliniques bien établis, l’ anticoagulation est moins fréquemment initiée chez les patients atteints de trouble neurocognitif majeur que chez ceux du même âge sans troubles cognitifs (22–24).

Lorsque l’ anticoagulation est indiquée, les ACOD doivent être privilégiés pour leur simplicité d’ utilisation (posologie fixe, absence de surveillance INR, faible risque d’ interactions) et leur profil de sécurité supérieur aux antivitamines K (AVK), notamment concernant les hémorragies intracrâniennes (21–24). Parmi eux, l’ apixaban et l’ edoxaban semblent bénéficier d’ un meilleur profil de tolérance et d’ efficacité. Toutefois, une étude randomisée récente (25) a mis en évidence une augmentation des complications hémorragiques après un switch AVK–ACOD chez des patients âgés et fragiles. L’ ESC 2024 recommande donc de ne pas systématiquement remplacer un AVK bien toléré dans cette population (18).
La décision de poursuivre un traitement anticoagulant doit être réévaluée régulièrement, en tenant compte de la sévérité cognitive, de la qualité de vie, de l’ espérance de vie et du profil de comorbidités (3). L’ imagerie par Résonance Magnétique (IRM) cérébrale peut être utile en cas de doute étiologique, notamment pour détecter une angiopathie amyloïde cérébrale, qui représente une contre-indication potentielle à l’ anticoagulation. (26).

En cas de contre-indication, l’ antiagrégation plaquettaire n’ a pas démontré d’ efficacité dans la prévention des événements cardioemboliques et augmente le risque hémorragique (22, 23). Elle reste néanmoins indiquée en prévention secondaire en cas de maladie artérielle, notamment coronarienne, en plus du traitement hypolipémiant.

Une étude multicentrique (28) a évalué l’ edoxaban à dose réduite (15 mg/j) chez des patients de ≥ 80 ans jugés inéligibles aux doses standards. Elle a montré une réduction des événements thromboemboliques, au prix d’ un risque hémorragique accru (3.7 %/année, vs 2.3 %/année dans le groupe placebo) mais jugé acceptable. Enfin, lorsque l’ anticoagulation est contre-indiqué, la fermeture percutanée de l’ auricule gauche peut être envisagée, en concertation spécialisée (18).

Les recommandations internationales définissent clairement les critères d’ initiation de l’ anticoagulation (CHA₂DS₂-VASc ≥ 1), mais restent peu précises concernant les critères d’ arrêt. Chez la personne âgée, l’ obtention d’ un score élevé, notamment en raison du poids attribué à l’ âge, conduit à une indication dans la quasi-totalité des cas. Paradoxalement, bien que les patients présentant un trouble neurocognitif majeur soient globalement moins souvent anticoagulés, lorsque le traitement est instauré, il tend à être poursuivi jusqu’ à un stade très avancé de la maladie. Ainsi, en pratique, les anticoagulants sont fréquemment maintenus jusqu’ aux derniers mois de vie, y compris chez des patients institutionnalisés, dépendants pour toutes les activités de base et en phase terminale. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette faible fréquence de déprescription, malgré une balance bénéfice-risque défavorable en fin de vie: l’ absence de recommandations explicites concernant l’ arrêt des anticoagulants dans la démence avancée, la tendance à maintenir les traitements instaurés de longue date sans réévaluation formalisée, la crainte persistante des événements thromboemboliques, ainsi que les difficultés à engager des discussions sur les objectifs de soins avec les familles ou au sein des institutions (18).

L’ introduction des anticorps monoclonaux dirigés contre la protéine amyloïde, tels que le lecanemab, soulève de nouvelles questions cliniques chez les patients présentant à la fois une trouble neurocognitif majeur et une FA (28). Le lecanemab a récemment reçu l’ approbation de l’ Agence européenne des médicaments (EMA) pour le traitement des formes précoces de la maladie d’ Alzheimer, mais pas encore en Suisse (29). Son utilisation est associée à un risque accru d’ anomalies radiologiques liées à l’ amyloïde, notamment les formes hémorragiques (amyloid-related imaging abnormalities with hemorrhage, ARIA-H), en particulier chez les patients présentant une microangiopathie cérébrale ou recevant un traitement anticoagulant (30). En raison de ce risque, l’ EMA a formellement contre-indiqué l’ utilisation du lecanemab dans cette population, considérant que le risque hémorragique dépasse les bénéfices thérapeutiques potentiels (31).

Cette situation soulève des dilemmes concrets en pratique. D’ une part, les patients déjà sous anticoagulation pour une FA pourraient se voir exclus d’ un traitement par anticorps monoclonaux anti-amyloïde. D’ autre part, une personne atteinte de trouble neurocognitif majeur traitée par ce type de médicament qui développe une FA expose le clinicien à un arbitrage complexe entre le risque d’ accident thromboembolique en l’ absence d’ anticoagulation, et le risque d’ hémorragie cérébrale en cas de maintien du traitement combiné.

Diabète

Plus de 29 % des personnes âgées de 65 ans et plus sont atteintes de diabète (32). Parmi les personnes atteintes d’ un trouble neurocognitif majeur, la prévalence de diabète peut atteindre jusqu’ à 80 %. Une étude populationnelle prospective menée entre 2000 et 2016 a mis en évidence une augmentation conjointe de ces deux pathologies, avec une incidence annuelle de trouble neurocognitif majeur estimée à 2 % . Chez les sujets âgés, le diabète de type 2 prédomine nettement, tandis que le type 1 reste rare, en raison de sa survenue précoce et de son impact sur l’ espérance de vie (33).

La prise en charge du diabète chez les personnes avec un trouble neurocognitif majeur est particulièrement complexe. Les altérations cognitives, comportementales et fonctionnelles compromettent l’ observance thérapeutique et la capacité à reconnaître ou gérer les fluctuations glycémiques. Ces défis cliniques sont résumés dans le tableau 1. L’ objectif principal du traitement est la prévention des hypoglycémies, la réduction des complications, et l’ adaptation de la stratégie thérapeutique aux capacités fonctionnelles réelles, dans le cadre d’ une approche gériatrique globale visant à préserver la qualité de vie. Chez les personnes atteintes de troubles cognitifs légers ou de trouble neurocognitif majeur débutant, l’ objectif d’ HbA1c est < 8 %, avec une glycémie à jeun ciblée entre 5 et 8.3 mmol/l, et une glycémie au coucher entre 5.5 et 10 mmol/l . En cas de trouble neurocognitif majeur modérée à sévère, la cible d’ HbA1c est < 8.5 %, la glycémie à jeun entre 5.5 et 10 mmol/l, et la glycémie au coucher entre 8.3 et 13 mmol/l (34).

Les hypoglycémies sont fréquentes dans cette population, avec une prévalence de 33 % (30 % légères, 3 % sévères) (35). Elles peuvent se manifester par des signes neurologiques, psychiatriques, ou rester asymptomatiques, notamment la nuit. Leurs conséquences incluent les chutes (parfois compliquées de fractures) ainsi que des hospitalisations. Les causes sont multiples: apports alimentaires irréguliers, traitements hypoglycémiants – en particulier l’ insuline et les agents à demi-vie prolongée tels que les sulfamides et les glinides – dont l’ usage est risqué en cas d’ insuffisance rénale (36). Le risque est accru par des objectifs glycémiques inadaptés, une altération de la perception des symptômes ou des antécédents d’ épisodes sévères. Par ailleurs, le surtraitement reste fréquent chez les personnes âgées diabétiques de type 2 (37). Les variations d’ adhésion thérapeutique, les fluctuations des apports caloriques et les transitions de soins (hospitalisation, retour à domicile, entrée en EMS) peuvent déséquilibrer la glycémie, justifiant une réévaluation systématique à chaque changement de contexte.

Ce risque d’ hypoglycémie ne doit toutefois pas conduire à un sous-traitement. Une hyperglycémie chronique non contrôlée favorise les complications microangiopathiques (neuropathie, rétinopathie, néphropathie), les complications infectieuses (urinaires, respiratoires, cutanées) et peut altérer l’ état général du patient (38). Cliniquement, elle peut se manifester par une asthénie, une léthargie, un état confusionnel aigu, ainsi qu’ une diurèse osmotique (polyurie, nycturie), augmentant le risque de déshydratation chez les patients présentant un trouble neuro-
cognitif majeur.

Sur le plan thérapeutique, la metformine demeure le traitement de première intention chez le sujet âgé, sauf contre-indication. En cas de contrôle glycémique insuffisant, l’ ajout d’ un inhibiteur de la DPP-4 est recommandé pour son bon profil de tolérance. Les sulfamides et les glinides doivent être évités, en raison de leur potentiel hypoglycémiant. Les inhibiteurs de SGLT2 et les analogues du GLP-1 peuvent être envisagés pour leurs effets cardio-néphroprotecteurs, mais leur emploi requiert prudence en raison d’ effets indésirables plus fréquents chez les patients fragiles.
Des données récentes suggèrent également un possible effet neuroprotecteur des analogues du GLP-1. Une revue systématique parue en 2025 dans JAMA Neurology (n > 160 000) a mis en évidence une diminution du risque de trouble neurocognitif majeur, y compris de type Alzheimer, chez les patients traités par les analogues du GLP-1, comparativement à d’ autres antidiabétiques (39). Cependant, la perte de poids induite par les analogues du GLP-1 ne constitue pas un objectif pertinent chez les sujets âgés atteints de troubles neurocognitifs majeurs, en particulier aux stades modéré à avancé, en raison du risque élevé de dénutrition et de sarcopénie fréquemment associés aux pathologies neurodégénératives (38).

En cas d’ échec de la bithérapie orale, une insulinothérapie basale peut être introduite. Celle-ci peut être temporaire (épisode aigu) ou prolongée (échec des antidiabétiques oraux, contre-indication à la metformine, notamment en cas d’ insuffisance rénale sévère). Les analogues lents à injection unique quotidienne sont à privilégier, en débutant à 0.2–0.3 UI/kg/j, avec une majoration progressive de 2 UI tous les trois jours jusqu’ à stabilisation. La surveillance des glycémies capillaires – par le patient, l’ entourage formé ou un professionnel, selon le niveau cognitif – ou une mesure automatique en continu est indispensable jusqu’ à stabilisation et à chaque ajustement (40). Chez la personne âgée vivant avec une démence, le monitorage glycémique en continu s’ avère faisable et bien toléré, et pourrait contribuer à réduire les épisodes d’ hypoglycémie, tout en allégeant la charge de surveillance pour les aidants. En cas de contrôle insuffisant sous insuline basale, une injection d’ analogue rapide peut être ajoutée après le repas le plus hyperglycémiant, sous réserve d’ une prise alimentaire effective. Si le déséquilibre persiste, un schéma basale-bolus avec injections aux trois repas peut être envisagé, avec surveillance adaptée (38).

Quel que soit le schéma choisi, l’ efficacité et la tolérance doivent être réévaluées dans un délai de 3 à 6 mois, voire plus précocement en cas d’ événement clinique (hypoglycémie, hyperglycémie, intolérance). Il convient de tenir compte de l’ observance et d’ éviter l’ inertie thérapeutique, que ce soit pour déprescrire un traitement inadapté ou pour intensifier une prise en charge insuffisante (38).

Chez les personnes âgées diabétiques atteintes de trouble neurocognitif majeur, la prise en charge nutritionnelle vise à prévenir la dénutrition, maintenir l’ état général et limiter les complications métaboliques. Les régimes restrictifs sont déconseillés; l’ alimentation doit rester plaisante, avec un apport énergétique suffisant réparti sur trois repas et, si besoin, des collations. Un apport protéique de 1.0 à 1.2 g/kg/j est recommandé. Il faut assurer une hydratation adéquate et adapter les textures en cas de dysphagie. L’ implication des aidants et la réévaluation régulière de l’ état nutritionnel et fonctionnel sont essentielles pour ajuster les stratégies (41).

Le suivi du patient avec diabète peut être ajusté selon le contexte clinique, à l’ aide de la checklist présentée (Tab. 2). En situation de fin de vie, un assouplissement des objectifs glycémiques, la réduction de la surveillance invasive et la simplification maximale du traitement sont recommandés. Chez les patients atteints de diabète de type 1, la posologie et la fréquence des injections d’ insuline peuvent être diminuées, mais jamais interrompues (42).

Conclusion

La prise en charge des comorbidités cardiovasculaires et métaboliques chez les personnes âgées atteintes de trouble neurocognitif majeur exige un équilibre entre bénéfices attendus, risques iatrogènes et objectifs de soins centrés sur la personne. Les décisions thérapeutiques doivent s’ inscrire dans une démarche individualisée, éclairée par l’ évaluation gériatrique globale et guidée par les priorités du patient: maintien de l’ autonomie, qualité de vie, prévention des complications évitables. Dans ce contexte, la coordination interdisciplinaire, l’ implication des aidants et la réévaluation régulière des traitements jouent un rôle central. L’ approche gériatrique permet ainsi de réconcilier rigueur scientifique et pertinence clinique, en ajustant les stratégies thérapeutiques à la complexité et à la vulnérabilité propres à cette population.

Dr Rui Ribeiro da Costa 1*
Dre Marta Robino 1*

Pr Dina Zekry 2
Pr Christophe Graf 1
Dre Aline Mendes 1

*Les deux auteurs ont contribué de manière égale à cet article.
1 Service de Gériatrie et Réadaptation, Département de Réadaptation et Gériatrie, Hôpitaux Universitaires de Genève et Université de Genève, Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, 1211 Genève 14
2 Service de Medecine Interne de l’ Âgé, Département de Réadaptation et Gériatrie, Hôpitaux Universitaires de Genève et Université de Genève, Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, 1211 Genève 14

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Dr Rui Ribeiro da Costa

Service de Gériatrie et Réadaptation
Département de Réadaptation et Gériatrie
Hôpitaux Universitaires de Genève et Université de Genève
Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4
1211 Genève 14

Dre Marta Robino

Service de Gériatrie et Réadaptation
Département de Réadaptation et Gériatrie
Hôpitaux Universitaires de Genève et Université de Genève
Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4
1211 Genève 14

Les auteurs n’ ont pas déclaré de conflit d’ intérêts en rapport avec cet article.

  • Les comorbidités cardiovasculaires et métaboliques (HTA, ­dyslipidémie, FA, diabète) sont à la fois des facteurs de risque et
    des comorbidités associées aux troubles neurocognitifs majeurs.
  • L’ évaluation gériatrique globale permet d’ individualiser les
    stratégies thérapeutiques, en tenant compte du stade cognitif, de l’ état ­fonctionnel, des comorbidités et des préférences du patient.
  • Certaines interventions thérapeutiques initialement justifiées
    peuvent devenir inappropriées avec l’ évolution de la maladie: une réévaluation régulière du rapport bénéfice-risque est indispensable.

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Biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer (MA) est la principale cause de démence dans le monde. Malgré sa prévalence élevée, une grande proportion de cas reste non diagnostiquée ou diagnostiquée tardivement. Le développement de biomarqueurs in vivo a profondément transformé le paradigme diagnostique de la MA, en permettant une détection plus précoce et plus précise des altérations neuro-pathologiques caractéristiques, notamment les plaques amyloïdes (Aß) et la tauopathie. Les biomarqueurs sont désormais regroupés dans le cadre conceptuel AT(N), intégrant les anomalies amyloïdes (A), tau (T) et la neurodégénérescence (N). Les techniques d’imagerie moléculaire (PET amyloïde, tau, FDG) et structurelle (IRM), ainsi que les analyses de fluides biologiques (LCR et plasma), permettent une stadification fine de la maladie, depuis les phases précliniques jusqu’aux stades avancés. L’intégration de ces outils dans la pratique clinique est guidée par des algorithmes décisionnels en plusieurs étapes, tenant compte des caractéristiques cliniques et des performances respectives des biomarqueurs. Toutefois, leur utilisation doit être contextualisée, car la présence de biomarqueurs pathologiques chez des individus cognitivement normaux n’indique pas nécessairement une conversion vers la démence. De plus, l’interprétation diagnostique repose sur une approche clinico-biologique, associant données objectives et évaluation du patient. Dans cette revue, nous explorons les différents types de biomarqueurs, leurs performances, leurs limites, ainsi que leur rôle croissant dans le diagnostic des patients atteints ou à risque de MA.

Alzheimer’s disease (AD) is the leading cause of dementia worldwide. Despite its high prevalence, a large proportion of cases remain undiagnosed or are diagnosed at an advanced stage. The development of in vivo biomarkers has radically changed the diagnostic paradigm of AD by enabling earlier and more accurate detection of its key neuropathological features, notably amyloid-beta (Aß) plaques and tauopathy. Biomarkers are now integrated into the AT(N) framework, encompassing amyloid pathology (A), tau pathology (T), and neurodegeneration (N). Molecular imaging techniques (amyloid PET, tau PET, FDG PET), structural MRI, and biofluid analysis (CSF and plasma) allow for precise staging of the disease across its entire continuum, from preclinical to advanced stages. Their clinical integration follows structured diagnostic algorithms based on clinical presentation and the diagnostic performance of each biomarker. However, interpretation requires a clinico-biological integration, as pathological biomarkers may be present in cognitively normal individuals without necessarily indicating future dementia. Thus, diagnosis must rely on a combined clinico-biological approach that incorporates objective biomarker data and clinical evaluation. This review outlines the different types of biomarkers, their diagnostic and prognostic value, their limitations, and their growing role in guiding diagnosis in patients with or at risk for AD.
Keywords: Amyloid PET, Tauopathy, Biomarker Integration, Neurodegeneration, Plasma Biomarkers

Introduction

La maladie d’Alzheimer (MA) est une maladie neurodégénérative se caractérisant sur le plan neuro-pathologique par l’accumulation extracellulaire de plaques amyloïdes composées de peptides amyloïdes bêta (Aβ) agrégés, ainsi que par des dépôts intracellulaires neurofibrillaires de protéines tau hyperphosphorylée (1) (Fig. 1). Ces anomalies sont corrélées à une perte synaptique et neuronale, à des déficits en neurotransmetteurs, à une neuro-inflammation chronique, conduisant de manière progressive à la neurodégénérescence et au déclin cognitif. Le phénotype clinique typique de la MA se manifeste par une démence d’évolution progressive, marquée par un syndrome amnésique affectant la mémoire épisodique. Toutefois, des formes cliniques atypiques ou focales ont également été décrites, rendant le diagnostic fondé uniquement sur les manifestations cliniques particulièrement complexe (2,3). En effet, 15 à 30 % des patients ayant reçu un diagnostic clinique de MA dans des centres mémoire spécialisés et en l’absence de recours aux biomarqueurs, ne remplissent pas les critères biologiques et neuro-pathologiques requis pour confirmer ce diagnostic (4,5). Du point de vue épidémiologique, la MA constitue la forme de démence la plus prévalente à l’échelle mondiale, représentant environ 60-70 % des cas diagnostiqués (6) et exerçant un impact majeur sur les systèmes de santé et de protection sociale ainsi que sur les populations concernées (7–9). De plus, on estime que 75 % des individus atteints de démence demeurent non diagnostiqués à l’échelle mondiale, ce qui suggère que la prévalence réelle et l’impact de la MA sont probablement bien plus importants que les estimations actuelles ne le reflètent (10). Dans ce contexte, les limites du diagnostic clinique isolé, combinées à la fréquence élevée de cas non identifiés, mettent en évidence la nécessité d’une détection plus précoce et plus fiable de la maladie. Une identification anticipée de la MA est en effet essentielle pour optimiser les interventions thérapeutiques, retarder la progression vers la démence avérée et permettre une prise en charge globale et adaptée dès les stades prodromiques.

L’émergence de biomarqueurs in vivo reflétant les altérations neuro-pathologiques caractéristiques de la MA, a profondément transformé le paradigme diagnostique, en offrant des outils permettant de surmonter les défis précédemment évoqués. En premier lieu, l’utilisation des biomarqueurs de la MA a permis une détection plus précoce de la pathologie (11) et a mis en évidence que la progression de la MA s’inscrit dans un continuum allant de la phase préclinique (présence de biomarqueurs pathologiques sans symptômes cognitifs ou avec des troubles subtils), au stade prodromique (trouble neurocognitif mineur dû à la MA), jusqu’aux stades de démence débutante, puis modérée à sévère (2,11) (Fig. 2). L’introduction des biomarqueurs a aussi profondément modifié le paradigme diagnostique de la MA, en faisant évoluer ce dernier d’une approche exclusivement clinique vers un cadre clinico-biologique (2). De plus, l’utilisation des biomarqueurs a également permis d’affiner le diagnostic dans des situations où les données cliniques et d’imagerie cérébrale structurelle ne permettaient pas de distinguer la MA d’autres affections présentant un tableau clinique similaire (3,12). Le diagnostic précis et précoce a permis aussi de maximiser l’efficacité des traitements modificateurs de la maladie qui sont désormais approuvés dans certains pays ou en cours de développement, ciblant principalement les stades précoces de la MA. Ces thérapies, telles que le lecanemab – un anticorps monoclonal dirigé contre les formes agrégées d’Aβ récemment approuvé en Europe pour le traitement de la MA précoce (13) – ont démontré une efficacité maximale lorsqu’elles sont administrées précocement (14). Par ailleurs, un diagnostic précis facilite également la mise en place d’interventions ciblées visant à prévenir ou à réduire les facteurs de risque associés à la MA (18,19). Cette revue propose une analyse approfondie des différents biomarqueurs disponibles pour la MA, en abordant leur classification, leurs méthodes de détection, leur utilité diagnostique et pronostique, ainsi que leur intégration progressive dans la pratique clinique à travers un parcours décisionnel structuré.

Profils de biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer

L’un des principaux systèmes de classification des biomarqueurs de la MA est le système AT(N), qui regroupe ces biomarqueurs en trois grandes catégories: A pour les dépôts Aβ, T pour les agrégats de protéine tau, et (N) pour la neurodégénérescence (20). Les biomarqueurs Aβ incluent la Tomographie par Émission de Positons (PET)/tomographie axiale computérisée (CT) amyloïde, les concentrations des peptides Aβ dans le liquide cérébrospinal (LCR) (le plus souvent Aβ42 ou le ratio Aβ42/40), ainsi que, plus récemment, l’Aβ plasmatique. Les biomarqueurs de la protéine tau comprennent la PET tau et les concentrations de tau phosphorylée (p-tau)181 et p-tau231 dans les biofluides. Enfin, les biomarqueurs de la neurodégénérescence comprennent la PET au 18F-fluorodésoxyglucose, l’IRM structurelle, ainsi que la tau totale (t-tau) dans le LCR. Concernant la chronologie d’apparition des altérations des biomarqueurs de la MA, comme mentionné dans la section précédente, ces modifications précèdent l’émergence des symptômes cliniques (11). Selon le cadre conceptuel de la MA préclinique proposé en 2010 et modifié en 2013 (11,21), le stade initial est caractérisé par une positivité du biomarqueur amyloïde (Aβ), détectée d’abord dans le LCR, puis par imagerie PET/CT amyloïde, en l’absence de signes de lésion neuronale ou de perturbation cognitive. Le stade suivant se définit par la persistance d’une positivité Aβ, accompagnée de signes biologiques de neurodégénérescence induite par l’accumulation de la protéine tau, mais toujours sans manifestation clinique cognitive significative. Enfin, le dernier stade est marqué par l’accumulation d’amyloïde, la présence de biomarqueurs de neurodégénérescence, et l’apparition de troubles cognitifs subtils évoluant progressivement vers un tableau de démence avancée (Fig. 2).

Dans les prochaines sections, nous allons explorer les différents biomarqueurs, leur rôle dans le diagnostic et dans l’évaluation de la progression de la MA.

Marqueurs PET/CT

L’imagerie par PET/CT amyloïde et PET tau permettent non seulement de fournir une classification binaire des résultats (positif vs négatif), mais aussi d’apporter des informations de résolution spatiale, permettant une stadification fondée sur la progression de la distribution des lésions, facilitant non seulement le diagnostic, mais permettant également dans le contexte de la recherche, le suivi de la progression de la MA chez les patients atteints.

PET/CT amyloïde

Le PET/CT amyloïde permet la visualisation in vivo des dépôts de plaques amyloïdes à l’aide de traceurs spécifiques. Trois radiotraceurs sont actuellement disponibles en pratique clinique, présentant des performances diagnostiques comparables : le ¹⁸F-florbétapir (22), le ¹⁸F-flutémétamol (23) et le ¹⁸F-florbétabène (24). Le PET/CT amyloïde représente aujourd’hui le biomarqueur le plus rigoureusement validé pour identifier les dépôts d’Aβ, avec une haute précision. En effet, les études corrélant l’imagerie PET/CT amyloïde aux données d’autopsie retrouvent une sensibilité de 91-98% et une spécificité de 87-100 % (22–24). La séquence d’accumulation régionale de l’Aβ, représentée par la distribution du radiotraceurs, indique une accumulation initiale dans les cortex d’association médians du néocortex, tels que le cortex préfrontal médian, le cingulaire postérieur et le précuneus, suivie par les régions sensori-motrices (Fig. 3) (25–27). De plus, une alternative à la stadification topographique de la pathologie Aβ est la mesure de la charge amyloïde globale via l’échelle Centiloid, qui permet d’harmoniser les rapports de fixation standardisés (SUVR) du PET/CT amyloïde entre différents traceurs (28). Un score de 0 correspond à des sujets jeunes Aβ-négatifs, et 100 à des patients atteints de MA légère à modérée. La positivité amyloïde est généralement définie autour de 20–25 Centiloids, seuil à partir duquel les dépôts deviennent significatifs (28, 29). Malgré les nombreux avantages énumérés ci-dessus, cette technique présente également certaines limitations. Celles-ci incluent les difficultés de standardisation et de reproductibilité entre les différents radiotraceurs, cohortes et méthodes analytiques (30), ainsi que le fait que ces valeurs atteignent un plateau dès les premiers stades symptomatiques de la MA, ce qui peut en limiter l’utilité aux stades cliniques plus avancés (31). De plus, l’utilisation et la disponibilité de cette technique sont également limitées par les coûts élevés.

PET/CT tau

Le PET/CT tau permet de cibler la tauopathie en visualisant les enchevêtrements neurofibrillaires intracellulaires composés de protéine tau hyperphosphorylée (32). Le PET/CT tau fournit non seulement une information binaire (positif ou négatif), mais également des données sur la distribution topographique du radiotraceur, avec des implications à la fois diagnostiques et pronostiques. Il constitue, à ce jour, le seul biomarqueur de la tauopathie dont la distribution anatomique reflète la progression des stades de Braak, tels que décrits dans les études neuro-pathologiques post-mortem (Fig. 3), et il est également celui qui présente la meilleure corrélation avec les symptômes cognitifs (32–37). En raison de sa corrélation avec les manifestations cliniques, le PET/CT tau représente un outil qui pourrait être utilisé pour l’estimation du risque de déclin cognitif. En effet, la présence d’un signal tau néocortical élevé chez des individus asymptomatiques est associée à une probabilité accrue de progression vers une démence, contrairement à une pathologie amyloïde isolée, dont le potentiel évolutif demeure plus limité (35, 38). Toutefois, contrairement au PET/CT amyloïde, cet examen n’est pas encore disponible en pratique clinique courante et reste, pour l’instant, limité au domaine de la recherche.

PET/CT fluorodeoxyglucose

Le PET/CT au fluorodeoxyglucose (FDG) est un biomarqueur qui permet de visualiser l’hypométabolisme régional et donc la dysfonction neuronale, phénomène tardif dans l’histoire naturelle de la MA (11) (Fig. 2). Chez les patients atteints de MA, on observe généralement une réduction bilatérale du métabolisme dans les régions pariétales et temporales médiales, incluant le précunéus (39, 40). Ce profil peut contribuer à distinguer la MA des autres formes de démence, telles que la démence à corps de Lewy ou la démence fronto-temporale, qui présentent des profils de neurodégénérescence distincts, associés à une distribution caractéristique du radiotraceur (39, 41) (Fig. 3–4).

Autres traceurs

D’autres traceurs PET/CT sont en cours d’investigation, notamment ceux ciblant la densité synaptique (via la protéine SV2A) (42–44) ou la neuro-inflammation (45, 46). Bien que ces outils ne soient pas encore utilisés en pratique clinique, ils pourraient néanmoins jouer un rôle important dans le futur dans l’évaluation du stade de la maladie et de son pronostic.

Marqueurs d’imagerie par résonance magnétique

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) structurelle constitue un biomarqueur de la MA permettant de visualiser l’atrophie cérébrale et la perte de volume associées à la neurodégénérescence (47). L’échelle visuelle de Scheltens permet de graduer l’atrophie du lobe temporal mésial (MTA), une région précocement touchée dans la forme typique de la MA, à partir de coupes coronales d’IRM pondérées en T1, selon une échelle ordinale allant de MTA 0 à 4 (Fig. 3) (48). Les altérations détectées à l’IRM correspondent à celles mises en évidence par le PET/CT FDG, mais apparaissent généralement à un stade plus avancé de l’évolution de la maladie. Par ailleurs, les scores obtenus aux tests neuropsychologiques ciblant la mémoire chez les patients présentant un syndrome amnésique ont montré une corrélation significative avec le volume hippocampique évalué par IRM (49). Des techniques plus avancées d’IRM, telles que l’IRM de diffusion, l’IRM fonctionnelle, permettent d’explorer des dimensions complémentaires telles que l’état de la substance blanche et la connectivité cérébrale (50–52). Bien qu’elles ne soient pas encore intégrées à la pratique clinique, leur rôle pourrait devenir essentiel dans le futur.

Biomarqueurs du liquide céphalorachidien

Les biomarqueurs de la MA dans le LCR représentent une alternative aux techniques d’imagerie pour la stadiation in vivo de la MA avec une bonne corrélation avec la pathologie amyloïde et tau, les résultats PET/CT, ainsi qu’avec le diagnostic et le pronostic clinique (53, 54). Les biomarqueurs du LCR utilisé couramment dans la pratique clinique comprennent l’Aβ42, Aβ40, p-tau181, p-tau231 et t-tau. Une diminution de la concentration de Aβ42, ainsi qu’un abaissement du ratio Aβ42/Aβ40, est fortement associée à la présence de plaques amyloïdes (55). Les taux de t-tau et de p-tau181 et p-tau231 sont corrélés à la gravité de la neurodégénérescence et au développement des enchevêtrements neurofibrillaires respectivement (56, 57). Contrairement à l’imagerie, qui reflète l’accumulation pathologique dans le temps, les biomarqueurs fluides renseignent sur l’état biologique dynamique au moment du prélèvement (production, libération, clairance) (58, 59). Certaines études suggèrent qu’ils permettent de détecter plus précocement la pathologie amyloïde du PET/CT amyloïde (60, 61). En plus de leur intérêt diagnostique, les biomarqueurs fluides offrent des avantages logistiques notables, tels qu’un coût réduit, une mise en œuvre simplifiée et la possibilité d’analyser plusieurs marqueurs simultanément à partir d’un seul échantillon. Toutefois, l’un des aspects critiques de ces biomarqueurs réside dans la variabilité des seuils définissant la distinction entre des valeurs normales et pathologiques, en fonction des méthodes analytiques utilisées et de l’hétérogénéité des procédures de manipulation des échantillons, malgré les tentatives de standardisation des dosages (62, 63).

Biomarqueurs sanguins

Les biomarqueurs sanguins représentent une avancée prometteuse en raison de leur accessibilité. Le ratio plasmatique Aβ42/40, ainsi que les dosages de p-tau181, p-tau217 et p-tau231, ont montré une bonne corrélation avec les concentrations LCR et les résultats du PET/CT (64–66). Ces marqueurs pourraient, dans un avenir proche, permettre d’évaluer le profil de risque individuel et servir d’outils de dépistage ou de triage pour orienter les patients vers une évaluation neurocognitive plus poussée (65, 67). Notons que de grandes études validant leur utilisation dans la population générale sont encore nécessaires afin de confirmer leur utilité clinique. Les biomarqueurs plasmatiques n’ont pas encore été approuvés pour l’utilisation dans la pratique clinique mais devraient l’être dans l’année à venir.

Intégration des biomarqueurs dans la pratique clinique

Face au nombre de biomarqueurs de la MA aujourd’hui disponibles, des incertitudes peuvent subsister quant à la séquence optimale de leur utilisation et leur interprétation dans la pratique clinique. Dans cette perspective, des recommandations européennes ont été établies afin de proposer un parcours diagnostique structuré, permettant aux spécialistes de sélectionner les biomarqueurs les plus pertinents en fonction du contexte, afin d’optimiser l’évaluation des troubles cognitifs (68). Ce parcours s’articule en plusieurs étapes : il débute par une évaluation clinique visant à exclure les causes secondaires et à établir un diagnostic syndromique fondé sur les caractéristiques cognitives et les données d’imagerie structurelle par IRM ou CT. Ces syndromes orientent ensuite le choix des biomarqueurs de deuxième ligne. Le diagnostic est considéré comme causal lorsque les biomarqueurs permettent de confirmer la pathologie moléculaire sous-jacente, comme l’amyloïdose ou la tauopathie dans la MA. Ce parcours souligne également qu’un diagnostic fondé exclusivement sur les biomarqueurs, en l’absence d’évaluation clinique, peut s’avérer inapproprié. En effet, la progression de la MA varie considérablement d’un individu à l’autre, en raison de facteurs comme la réserve cognitive, la résilience ou la résistance cérébrale (2). De plus, l’interprétation des biomarqueurs, notamment chez les sujets asymptomatiques, mais positifs, nécessite un accompagnement adapté, car un résultat positif ne prédit pas systématiquement l’apparition de symptômes (69).

Conclusion

L’intégration des biomarqueurs dans le diagnostic de la MA a profondément transformé la pratique clinique, en permettant une détection plus précoce, une meilleure caractérisation des stades de la maladie et une orientation thérapeutique plus ciblée. Leur utilisation conjointe à l’évaluation clinique favorise une approche diagnostique plus précise et personnalisée. Toutefois, leur interprétation nécessite prudence et contextualisation, notamment face à la variabilité interindividuelle. Parmi les avancées récentes, les biomarqueurs plasmatiques constituent une innovation majeure, en raison de leur accessibilité et de leur potentiel à élargir l’accès au diagnostic biologique. Ils pourraient devenir des outils efficaces de dépistage ou de triage. Néanmoins, leur utilisation hors contexte clinique spécifique soulève encore certaines réserves, notamment en l’absence de validation à large échelle dans la population générale. À terme, l’optimisation de l’accessibilité des biomarqueurs existants et émergents, leur standardisation et leur intégration dans des parcours diagnostiques harmonisés permettront d’améliorer le diagnostic, le suivi et la prise en charge globale des patients atteints ou à risque de MA.

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Dre Alice Accorroni

Centre de la Mémoire
Service de réadaptation et gériatrie,
Hôpitaux Universitaires de Genève
Rue Gabrielle-Perret-Gentil 6
1205 Genève

Dr Aurélien Lathuilière

Centre de la Mémoire
Service de réadaptation et gériatrie,
Hôpitaux Universitaires de Genève
Rue Gabrielle-Perret-Gentil 6
1205 Genève

Les auteurs n’ont pas déclaré de conflit d’intérêts en rapport avec cet article.

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