Science et art: progrès ou évolution?

l nā€™ā€Šy a que lā€™ā€Šart et la science pour nous faire entrevoir et espĆ©rer une vie plus haute
(Beethoven, 1770-1827)

Dans lā€™ā€Šhistoire de lā€™ā€ŠhumanitĆ©, lā€™ā€Šart prĆ©cĆØde la science. Le renne palĆ©olithique et les fresques de Lascaux remontent Ć  environ 20 000 ans avant J.-C. Une peinture rupestre datant de 40 000 ans vient dā€™ā€ŠĆŖtre dĆ©couverte sur lā€™ā€Šā€ŠĆ®le de BornĆ©o. Des « instruments » de musique sous la forme dā€™ā€Šos percĆ©s de trous, mis Ć  jour par des recherches archĆ©ologiques, pourraient avoir 35 000 ans. La datation de lā€™ā€Šapparition de la musique demeure toutefois difficile Ć  Ć©tablir (1).
La technique Ć  des fins domestiques (outils, feu) nā€™ā€Šest pas encore la science. Vers lā€™ā€Šan 1000 avant notre ĆØre commence Ć  sā€™ā€ŠĆ©laborer une pensĆ©e scientifique en MĆ©sopotamie (Ć  peu prĆØs lā€™ā€ŠIrak actuel), en Egypte puis en GrĆØce ainsi quā€™ā€Šen Chine et en Inde.
Avec les Grecs, grands mathĆ©maticiens, apparaĆ®t une science indĆ©pendante de tout dogme religieux, qui, avec la philosophie, cherche Ć  expliquer le monde. Mais, dans leur dĆ©sir de dĆ©crire et classer les phĆ©nomĆØnes par le seul recours au pouvoir dā€™ā€Šabstraction de lā€™ā€Šesprit, les savants grecs, sauf en astronomie, nĆ©gligent lā€™ā€Šobservation et ne saisissent pas lā€™ā€Šimportance de la recherche expĆ©rimentale, dĆ©pourvus quā€™ā€Šils sont, en outre, de moyens techniques suffisants.

La Science progresse, mais non sans obstacle

En effet, la culture et la philosophie grecques des Ecoles dā€™ā€ŠAthĆØnes et dā€™ā€ŠAlexandrie sont stoppĆ©es par « lā€™ā€Šemprise absolue quā€™ā€ŠexerƧait la religion chrĆ©tienne dans tout le monde occidental ; celle-ci imposait ses dogmes et submergeait tout ce qui nā€™ā€ŠĆ©tait pas elle. De cet Ć©touffoir philosophique, lā€™ā€ŠOccident ne sortira pĆ©niblement quā€™ā€ŠĆ  la fin du Moyen Age. De la pĆ©riode romaine jusquā€™ā€Šau 13ĆØme siĆØcle environ, la science occidentale nā€™ā€Ša Ć©tĆ© rien ou presque » (2). Le dogme demeure inoxydable : en 1914, lā€™ā€ŠEglise romaine met Ć  lā€™ā€ŠIndex les oeuvres de Bergson (3) et en 2018, le pape qualifie de « tueurs Ć  gages » les mĆ©decins pratiquant lā€™ā€ŠIVG. Pendant 10 siĆØcles, la science grecque fait le tour de la MĆ©diterranĆ©e et sā€™ā€Šenrichit de la science arabe, surtout dans le domaine des mathĆ©matiques et de lā€™ā€Šastronomie. « DĆØs la fin du 13ĆØme siĆØcle, lā€™ā€ŠOccident se trouvait ainsi au niveau scientifique de la fin de la pĆ©riode hellĆ©nistique » (2).
Les premiĆØres universitĆ©s se fondent alors et, grĆ¢ce aux traductions, on connaĆ®t puis on critique les thĆ©ories grecques, Aristote en particulier. Au 13ĆØme siĆØcle apparaissent les verres optiques et au 14ĆØme les premiĆØres horloges mĆ©caniques indispensables Ć  une mesure prĆ©cise du temps dans la dĆ©couverte de certaines lois physiques. Dā€™ā€Šorigine arabe et espagnole, la fabrication du papier se dĆ©veloppe en Occident suivie de lā€™ā€Šimprimerie au 15ĆØme siĆØcle. Des inventions techniques voient le jour, dont le plus gĆ©nial auteur est LĆ©onard de Vinci (1452-1519) (4).
En 1543 sort lā€™ā€Šouvrage de Copernic (1473-1543) dans lequel le polonais remplace le systĆØme gĆ©ocentrique de PtolĆ©mĆ©e dā€™ā€ŠAlexandrie par le systĆØme hĆ©liocentrique. Il introduit un concept essentiel en science, celui de mettre en doute les fondements dā€™ā€Šune thĆ©orie antĆ©rieure (4). Remarquable coĆÆncidence, la mĆŖme annĆ©e, le mĆ©decin flamand VĆ©sale (1514-1564) publie son livre dā€™ā€Šanatomie issu de la dissection de corps humains, soulignant les erreurs de Galien (131-201) quā€™ā€Šil admire cependant. Puis Harvey (1578-1657) dĆ©couvre la circulation sanguine et introduit la mĆ©thode quantitative en mĆ©decine, prĆ©curseur de Claude Bernard (1813-1878) lui-mĆŖme fondateur de la mĆ©decine expĆ©rimentale.

Vers 1610, GalilĆ©e (1564-1642) confirme la justesse du systĆØme de Copernic, crĆ©e sa longue vue astronomique et innove dans sa dĆ©marche consistant Ć  vĆ©rifier par lā€™ā€ŠexpĆ©rience la vĆ©ridicitĆ© dā€™ā€Šune hypothĆØse (4). A la fin du 17ĆØme siĆØcle, Newton (1642-1727) Ć©labore le principe de la gravitation universelle et de la force dā€™ā€Šattraction entre deux masses. 250 ans plus tard, Einstein (1879-1955) expose sa thĆ©orie de la relativitĆ© restreinte puis gĆ©nĆ©rale. Moins cosmique mais combien utile est la conception, par le cardiologue franƧais Constantin Paul (1833-1896), du stĆ©thoscope biauriculaire Ć  partir du cylindre en bois mono-auriculaire de Laennec (1781-1826), pĆØre de lā€™ā€Šauscultation cardio-pulmonaire (5).
Ce bref et trĆØs incomplet morceau dā€™ā€Šhistoire rappelle que :
1. Science et croyance demeurent inconciliables, alors mĆŖme que sĆ©vissent aujourdā€™ā€Šhui des crĆ©ationnistes, de nombreuses sectes malfaisantes et des fanatiques religieux tueurs.
2. Cā€™ā€Šest en sā€™ā€Šinspirant du travail de leurs prĆ©dĆ©cesseurs, en complĆ©tant leurs travaux, en osant critiquer leurs thĆ©ories que les hommes ont fait progresser la science.
Ses fulgurants progrĆØs au 20ĆØme et au 21ĆØme siĆØcles touchent tous les domaines de la vie (mĆ©decine, communication, transport, astrophysique, robotique …) auxquels ils fournissent des moyens exceptionnels. La science aujourdā€™ā€Šhui alimente une rĆ©flexion philosophique plus « vraie » car enrichie dā€™ā€Šune meilleure comprĆ©hension de lā€™ā€Šunivers et dĆ©pourvue de dogmes ancestraux et infondĆ©s. Elle ne rĆ©pond pas (encore ?) Ć  la question de lā€™ā€Šorigine de la vie et de savoir comment la rĆ©union de quelques molĆ©cules dā€™ā€ŠADN, signature des ĆŖtres vivants, a dotĆ© certains dā€™ā€Šentre eux de la facultĆ© de penser, de connaĆ®tre et de se projeter dans lā€™ā€Šavenir.
Seulement toute mĆ©daille a son revers. ArrivĆ©e Ć  un incommensurable degrĆ© de complexitĆ© et de puissance, la science pose actuellement la question fondamentale de savoir si tout ce quā€™ā€Šil est possible de faire en donne le droit.
Le big data, le rĆ©chauffement climatique, « lā€™ā€Šespace poubelle » (plus de 300 000 dĆ©chets en orbite autour de la terre), la procrĆ©ation mĆ©dicalement assistĆ©e, la gestation pour autrui, le prolongement de la vie … rĆ©sultent des progrĆØs de la science. Aux nombreuses questions Ć©thiques que pose leur difficile et incertaine gestion tentent de rĆ©pondre, de faƧon diverse et parfois opposĆ©e, scientifiques, bioĆ©thiciens, mĆ©decins, informaticiens, philosophes et politiques. Dā€™ā€ŠirrĆ©ductibles certitudes, un certain degrĆ© dā€™ā€ŠĆ©gotisme et la perspective dā€™ā€Šavantages matĆ©riels menacent la raison et le bon sens.
Le rĆ©ductionnisme de lā€™ā€ŠEvidence-Based Medicine ne saurait remplacer lā€™ā€Šintelligence et lā€™ā€ŠexpĆ©rience du mĆ©decin. « Ce que la mĆ©decine sait nā€™ā€Šest pas aussi bien prouvĆ© que lā€™ā€Šapparat du dispositif Cochrane-EBM cherche Ć  le faire croire » (6). Lā€™ā€Šabaissement du seuil dā€™ā€Šintervention thĆ©rapeutique dā€™ā€Šun certain nombre de « prĆ©-affections » confĆØre Ć  lā€™ā€Šassertion du Dr. Knock un caractĆØre prophĆ©tique : « Les gens bien portants sont des malades qui sā€™ā€Šignorent » (7). « La mĆ©decine a progressĆ© Ć  un tel point que plus personne nā€™ā€Šest en bonne santé » (Aldous Huxley, 1894-1963).
Lā€™ā€Šhomme bionique aspirant Ć  une grande longĆ©vitĆ© se rĆ©vĆ©lera sans doute, au mieux comme une illusion et un pĆ©chĆ© dā€™ā€Šorgueil, au pire comme une erreur et une injustice en regard des 7,55 milliards dā€™ā€Šhabitants de la terre (2017, selon lā€™ā€ŠONU) dont fort peu pourraient « bĆ©nĆ©ficier ». « On ne remplacera pas le vivant par des puces Ć©lectroniques » (8).
La plĆ©thore de revues et de publications nā€™ā€Šen garantit pas la valeur ou lā€™ā€ŠutilitĆ©. « Ce qui menace la science aujourdā€™ā€Šhui, cā€™ā€Šest moins la censure que la production forcenĆ©e de lā€™ā€Šinsignifiance » (9). Les incontournables rĆ©seaux sociaux, « sommet » de la communication, donnent la parole Ć  quantitĆ© dā€™ā€Šindividus qui nā€™ā€Šont rien Ć  dire.

Contrairement Ć  la Science, lā€™ā€ŠArt ne progresse pas

Certes, les moyens se perfectionnent, ainsi le remplacement des neumes (du grec neuma = signe) en vigueur au moyen Ć¢ge par la portĆ©e musicale Ć  5 lignes, la maĆ®trise de la peinture Ć  lā€™ā€Šhuile par Jan Van Eyck au 15ĆØme siĆØcle ou lā€™ā€Šaugmentation de la puissance du son et de la tessiture du piano au dĆ©but du 19ĆØme siĆØcle comparĆ©es Ć  celles du piano-forte. Le violon, lui, apparaĆ®t dĆØs son origine dans sa perfection grĆ¢ce Ć  lā€™ā€Šexceptionnel savoir faire des luthiers italiens (famille Amati 1520-1740, Antonio Stradivari 1644-1737, Guarneri del Gesù 1698-1744) heureusement conservĆ© par les facteurs actuels. A la monodie des Grecs succĆØdent la polyphonie maĆ®trisĆ©e par le contrepoint puis lā€™ā€Šharmonie et les accords.
Mais la Vierge aux rochers de LĆ©onard de Vinci (vers 1478) ou la Ronde de Nuit de Rembrandt (1642) ne sont pas moins belles ni moins Ć©laborĆ©es que la LibertĆ© guidant le peuple de Delacroix (1830) ou Guernica de Picasso (1937). Ā« En quoi Mozart marquerait-il un progrĆØs sur Bach ? En quoi Beethoven sur Mozart ? » (10).
Sā€™ā€Šil ne progresse pas, lā€™ā€Šart Ć©volue : la peinture de Monet nā€™ā€Šest pas celle des FrĆØres Le Nain ni la musique de Ravel celle de Monteverdi.
LĆ©onard de Vinci Ć  lui seul illustre cette diffĆ©rence entre la science et lā€™ā€Šart : les machines rĆ©volutionnaires (hĆ©licoptĆØre, scaphandre, sous-marin, automate) quā€™ā€Šil conƧoit ne peuvent pas encore ĆŖtre construites faute de progrĆØs technique alors que sa Joconde est un chef-dā€™ā€ŠÅ“uvre de perfection, sans doute Ć©galĆ© mais jamais dĆ©passĆ©. Le don dā€™ā€Šobservation de ce gĆ©nie (qui Ć©crivait de droite Ć  gauche avec sa main gauche) suggĆØre mĆŖme que la florentine Lisa Gheradini, Ć©pouse de Francesco del Giocondo, Ć©tait hypercholestĆ©rolĆ©mique car il la peint porteuse dā€™ā€Šun xanthĆ©lasma au coin interne de lā€™ā€ŠÅ“il gauche. Il ajoute un lipome Ć  la face dorsale de sa main droite (fig. 1).
Des influences sā€™ā€Šexercent dā€™ā€Šune Ć©poque sur une autre, dā€™ā€Šune Ecole sur une autre, dā€™ā€Šun artiste sur un autre. En atteste lā€™ā€Šadmiration exprimĆ©e par de grands musiciens envers leurs prĆ©dĆ©cesseurs ou leurs contemporains. Mozart (1756-1791) sur Beethoven : « Notez cet homme. Un jour il sera cĆ©lĆØbre de par le monde ». Beethoven (1770-1827) sur Schubert (1797-1828) : « En Schubert il y a une Ć©tincelle vraiment divine ». Debussy (1862-1918) sur Bach (1685-1750) : « Bach qui contient toute la musique ». Brahms commence ainsi une lettre Ć  Schumann : « Mon MaĆ®tre vĆ©nĆ©rĆ© ! ». Ravel, lui, affirme aprĆØs avoir entendu le PrĆ©lude Ć  lā€™ā€ŠaprĆØs-midi dā€™ā€Šun faune de Debussy : « Cā€™ā€Šest Ć  lā€™ā€Šaudition de cette musique, voilĆ  bien longtemps, que je compris ce quā€™ā€ŠĆ©tait la vraie musique » (11). (En revanche, on ne saurait comprendre lā€™ā€Šaberration de TchaĆÆkovski (1840-1893) : « Jā€™ā€Šenvoie au diable de tout mon cœur la musique de Moussorgski ; elle est une vulgaire et basse parodie de la musiqueĀ Ā») (12).
Quand Wagner (1813-1883) et Richard Strauss (1864-1949) Ć©largissent la gamme diatonique par le recours au chromatisme, ils ont un illustre prĆ©dĆ©cesseur : Jean-SĆ©bastien Bach (Fantaisie chromatique et fugue).
Lorsque les peintres dits impressionnistes rĆ©agissent au 19ĆØme siĆØcle contre la peinture officielle de lā€™ā€ŠĆ©poque en privilĆ©giant la vision de la nature, ils sā€™ā€Šinspirent des maĆ®tres flamands et hollandais du « paysage atmosphĆ©riqueĀ Ā» des 16ĆØme et 17ĆØme siĆØcles.
Au 20ĆØme siĆØcle, lā€™ā€Šart Ć©volue de faƧon dichotomique. En mĆŖme temps que des œuvres de qualitĆ©, apparaissent diffĆ©rents mouvements qui accordent la primautĆ© de lā€™ā€ŠidĆ©e et de la thĆ©orie sur lā€™ā€ŠÅ“uvre, donnant immanquablement lieu Ć  des productions dā€™ā€Šune rare indigence. A titre dā€™ā€Šexemples, le suprĆ©matisme de MalĆ©vitch (1879-1935) apparu en 1913, le dadaĆÆsme (issu de dada, trouvĆ© par une Ć©pingle piquant au hasard un mot dans le dictionnaire en 1916 !) de Duchamp (1887-1968), inventeur de la Joconde Ć  moustaches quā€™ā€Šil affuble de lā€™ā€Šacronyme LHOOQ (fig.2), le Pop art (1950), lā€™ā€Šart minimal (1960) et la musique alĆ©atoire où le « compositeur » laisse Ć  lā€™ā€ŠinterprĆØte un degrĆ© variable dā€™ā€Šimprovisation. LĆ , le discours change : « Si jā€™ā€Šai raison, cā€™ā€Šest Beethoven qui a tort » (John Cage 1912-1992) ou « Si lā€™ā€Šon me dĆ©montrait que Schubert a vraiment fait de la musique, cela signifierait que moi, je nā€™ā€Šen ai jamais faitĀ Ā» (Pierre Boulez 1925- 2016) (13).

Si des hommes de science ont pu souffrir de lā€™ā€Šemprise de la religion, certains artistes ont payĆ© leur tribut Ć  la politique, mĆŖme post mortem. Le mĆŖme jour, 5 mars 1953, meurent un dictateur sanguinaire, Staline, et un grand compositeur et pianiste, Prokofiev. La Pravda passe sous silence le dĆ©cĆØs de ce dernier pendant une semaine ! Le rĆ©gime nazi considĆØre comme dĆ©gĆ©nĆ©rĆ©s Schƶnberg, Bartok, Hindemith, Chagall, Picasso, Klee, Kandinsky. Julian Barnes rapporte le calvaire quā€™ā€Šimpose Ć  Chostakovitch (1906-1975) lā€™ā€Šappareil dā€™ā€ŠĆ©tat soviĆ©tique suivant la devise de LĆ©nine : « Lā€™ā€Šart appartient au peuple » (14). Moins dangereuse parce quā€™ā€ŠĆ©mise en dĆ©mocratie mais tout aussi contraire Ć  lā€™ā€Šessence mĆŖme de lā€™ā€Šart, cette assertion dā€™ā€ŠAndrĆ© Breton : « Lā€™ā€Šart doit ĆŖtre fait par tous » (15). Barnes ne manque pas de rappeler les roubles offerts par des apparatchiks Ć  Jean-Paul Sartre qui les justifie : « Nous ne refusons pas les incitations matĆ©rielles si une personne quitte le camp de la rĆ©action pour le camp du progrĆØs » (14).
Les progrĆØs de la science ont sur lā€™ā€ŠespĆØce humaine un impact sans commune mesure avec les productions artistiques. Sā€™ā€Šil apporte Ć  celles et ceux qui y sont sensibles, le reƧoivent ou le pratiquent, les plus grandes joies et un haut rĆ©confort, lā€™ā€Šart nā€™ā€Šest indispensable Ć  la vie que dā€™ā€Šune relative minoritĆ© dā€™ā€Šindividus. « Lā€™ā€Šart est absolument inutile Ć  la foule. Le gros public se complaĆ®t dans des œuvres de mauvais goĆ»t. Il y en a eu de tous les temps, elles rĆ©pondent Ć  un besoin, et on aura beau faire, rien ne lā€™ā€ŠempĆŖchera » (16).
« On reconnaĆ®t lā€™ā€Šartiste Ć  ses inventions gratuites et Ć  ce que son travail ne sert Ć  rien » (12). Oui, lā€™ā€Šart est une des expressions les plus prĆ©cieuses et les plus captivantes du gĆ©nie humain mais il ne sert Ć  rien dans la mesure où il nā€™ā€Ša guĆØre dā€™ā€ŠutilitĆ© pratique dans la vie quotidienne et cā€™ā€Šest lĆ  sa noble spĆ©cificitĆ©. Pas un jour ne passe depuis plus de 2 siĆØcles sans que retentisse dans le monde la musique de Mozart qui fut enterrĆ© dans une fosse commune ! Lorsque Constance sa femme, malade le jour de lā€™ā€Šenterrement, voulut voir la tombe de son mari, personne ne put lui dire où il reposait (11).
La science a rendu Ć  lā€™ā€Šart son plus bel hommage sous la forme de lā€™ā€Šenregistrement sonore (et aussi du cinĆ©matographe) qui non seulement vĆ©hicule, au travers de grands interprĆØtes, les chefs dā€™ā€ŠÅ“uvre de la musique mais qui encore, dĆØs le dĆ©but du 20ĆØme siĆØcle, permet dā€™ā€Šentendre dā€™ā€Šillustres compositeurs jouer eux-mĆŖmes leurs œuvres, Ć©mouvant et instructif tĆ©moignage (enregistrements au piano de Saint-SaĆ«ns en 1905, de Grieg et de Strauss en 1906, de Debussy en 1913, de Ravel en 1920, de Prokofiev en 1932).
Etrange ironie de lā€™ā€ŠHistoire : environ 3000 ans sĆ©parent, au mĆŖme endroit, lā€™ā€Šapparition de la pensĆ©e scientifique occidentale de sa disparition voulue par les barbares de lā€™ā€ŠEtat islamique.

Pr Jean Jacques Perrenoud

Cardiologue FMH
Chemin Thury 12
1206 GenĆØve

jean-jacques.perrenoud@unige.ch

1. Deliège I, Ladinig O, Vitouch O. Musique et évolution. Editions Primento, Bruxelles, 2013.
2. Franeau J. L’ évolution historique de la pensĆ©e scientifique (1). SPS no 279, Paris, 2007.
3. Waterlot G. Dieu est-il transcendant ? Archives de Philosophie, tome 71. Editions Centre SĆØvres, Paris, 2008.
4. Franeau J. L’évolution historique de la pensĆ©e scientifique (2). SPS no 281, Paris, 2008.
5. Gorny P. Histoire illustrƩe de la cardiologie. Editions Roger Dacosta, Paris, 1985.
6. Kiefer B. La discorde Cochrane. Rev Med Suisse 2018 ; 14 : 2188.
7. Romains J. Knock ou le triomphe de la mƩdecine. Editions Gallimard, Paris, 1924.
8. Marck A, Toussaint JF. Nous nous approchons des limites biologiques de l’ espĆØce humaine. The Conversation, Paris, 5 fĆ©vrier 2018.
9. Mauron A. Le gazouillis d’ Albert. Rev Med Suisse 2016 ; 12 : 523.
10. Comte-Sponville A. Dialogue sur l’art contemporain. L’ Information immobiliĆØre no 101, GenĆØve, 2010.
11. Höveler C. Sommets de la musique. 4ème éd. Editions Daphné, Gand, 1954.
12. Schmid W. Concerts. Editions Delachaux et Niestlé, Neuchâtel-Paris, 1941.
13. Surrans A. Jeu de massacre : 100 compositeurs de A Ć  Z. Editions B. Coutaz, Arles, 1988.
14. Barnes J. Le Fracas du temps (traduit de l’ anglais par Aoustin JP). Editions Mercure de France, Paris, 2016.
15. Breton A. Manifeste du surrƩalisme. Editions du Sagittaire, Paris, 1924.
16. Debussy C. Monsieur Croche antidilettante. Editions Gallimard, Paris, 1926.

Néphroprotection dans le diabète de type 2

Les patients diabĆ©tiques ont un trĆØs haut risque de dĆ©velopper une complication cardiovasculaire telle quā€™ā€Šun infarctus du myocarde, une insuffisance cardiaque ou un accident vasculaire cĆ©rĆ©bral. La survenue de ces complications est responsable dā€™ā€Šun excĆØs de mortalitĆ© chez ces patients par rapport Ć  la population gĆ©nĆ©rale. Du point de vue rĆ©nal, le risque dā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale chronique (IRC) chez les sujets avec un diabĆØte de type 2 (DM 2), est d’environ 35%. En Suisse, comme dans lā€™ā€Šensemble des pays dĆ©veloppĆ©s, le diabĆØte constitue aujourdā€™ā€Šhui la premiĆØre cause dā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale terminale (IRT) chez les patients de plus de 50 ans (1).

Lā€™ā€Šā€Šhypertension artĆ©rielle est lā€™ā€Šā€Šun des facteurs de risques les plus importants pour lā€™ā€Šapparition dā€™ā€ŠĆ©vĆØnements cardiovasculaires (CV) ainsi que pour la progression des maladies rĆ©nales. Dans lā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale, la prĆ©valence de lā€™ā€Šhypertension est Ć©levĆ©e et augmente avec la baisse de la filtration glomĆ©rulaire pour atteindre une prĆ©valence de lā€™ā€Šordre de 80 Ć  90% aux stades les plus avancĆ©s. Chez les patients diabĆ©tiques, lā€™ā€Šhypertension est frĆ©quemment associĆ©e Ć  une perturbation du rythme circadien caractĆ©risĆ©e par une augmentation de la pression artĆ©rielle nocturne et une perte de la baisse physiologique de la pression la nuit (dipping). Lā€™ā€Šabsence de Ā« dipping Ā» est en elle-mĆŖme associĆ©e Ć  une augmentation des atteintes dā€™ā€Šorganes cibles. Chez les diabĆ©tiques, on constate aussi une prĆ©valence Ć©levĆ©e dā€™ā€Šhypertension artĆ©rielle masquĆ©e, environ 40%. Lā€™ā€Šhypertension masquĆ©e est dĆ©finie comme une pression artĆ©rielle normale au cabinet mĆ©dical mais Ć©levĆ©e hors du contexte mĆ©dical.
Selon les recommandations de la SociĆ©tĆ© EuropĆ©enne dā€™ā€ŠHypertension, la prise en charge de tout patient hypertendu doit tenir compte non seulement des valeurs de pression artĆ©rielle mais aussi des comorbiditĆ©s et du risque cardiovasculaire (CV) du patient (2). Ce dernier est influencĆ© par trois facteurs : 1) le niveau des valeurs de la pression artĆ©rielle, 2) la prĆ©sence dā€™ā€Šautres facteurs de risque CV et 3) la prĆ©sence dā€™ā€Šun diabĆØte ou dā€™ā€Šune insuffisance rĆ©nale ou lā€™ā€Šexistence dā€™ā€Šune atteinte dā€™ā€Šorganes cibles (IRC, insuffisance cardiaque ou accident vasculaire cĆ©rĆ©bral). Selon ces critĆØres, les patients diabĆ©tiques sont Ć  haut risque et doivent impĆ©rativement ĆŖtre traitĆ©s pour lā€™ā€Šensemble de leurs facteurs de risque. Sur le plan du traitement antihypertenseur, il est aujourdā€™ā€Šhui recommandĆ© de dĆ©buter avec un bloqueur du systĆØme rĆ©nine-angiotensine (RAS) car cā€™ā€Šest le meilleur moyen de baisser simultanĆ©ment la pression artĆ©rielle et la protĆ©inurie. Si une combinaison mĆ©dicamenteuse est nĆ©cessaire pour atteindre les valeurs cibles, lā€™ā€Šassociation dā€™ā€Šun bloqueur du RAS et dā€™ā€Šun anticalcique semble prĆ©fĆ©rable Ć  lā€™ā€Šassociation dā€™ā€Šun bloqueur du RAS et dā€™ā€Šun diurĆ©tique.

NƩphropathie diabƩtique

La nĆ©phropathie diabĆ©tique Ć©volue progressivement sur des annĆ©es et la progression de lā€™ā€Šatteinte rĆ©nale diabĆ©tique est influencĆ©e par de nombreux facteurs mĆ©taboliques, gĆ©nĆ©tiques et hĆ©modynamiques (3). Sur le plan de la clinique et du laboratoire, elle se manifeste initialement par une augmentation de la pression artĆ©rielle et une augmentation de la filtration glomĆ©rulaire due Ć  une hyperfiltration. Puis, apparaĆ®t une micro-albuminurie qui va progresser vers une macro-albuminurie et une dĆ©tĆ©rioration plus ou moins rapide de la fonction rĆ©nale (diminution de 5 à 10 ml / min / annĆ©e du taux de
filtration glomĆ©rulaire en lā€™ā€Šabsence de prise en charge) (tab. 1).
Le but de la nĆ©phroprotection est de ralentir voire de stopper cette progression en intervenant Ć  plusieurs niveaux. Dā€™ā€Šabord, par une bonne prise en charge des facteurs de risque comme le tabagisme, lā€™ā€ŠobĆ©sitĆ© et lā€™ā€ŠinactivitĆ© physique. Ensuite, par un bon contrĆ“le des glycĆ©mies qui est essentiel pour prĆ©venir lā€™ā€Šensemble des complications liĆ©es au diabĆØte. Et enfin, par la rĆ©duction de la protĆ©inurie et le contrĆ“le de la pression artĆ©rielle. Le contrĆ“le glycĆ©mique est Ć©galement crucial pour prĆ©venir lā€™ā€Šensemble des complications micro- et macro-vasculaires du diabĆØte, y compris la nĆ©phropathie.
Aujourdā€™ā€Šhui, on peut considĆ©rer quā€™ā€Šil existe deux piliers importants pour protĆ©ger la fonction rĆ©nale des patients souffrant dā€™ā€Šun diabĆØte de type 2, Ć  savoir le blocage du systĆØme rĆ©nine-angiotensine et lā€™ā€Šinhibition du co-transport sodium/glucose au niveau rĆ©nal par les inhibiteurs de SGLT2. Ces deux approches seront discutĆ©es ci-dessous.

Les bloqueurs du systĆØme rĆ©nine-angiotensine :
la base de la prƩvention

Le blocage du systĆØme rĆ©nine-angiotensine permet non seulement de baisser la pression artĆ©rielle systĆ©mique mais aussi de rĆ©duire la pression intraglomĆ©rulaire en induisant une vasodilatation de lā€™ā€ŠartĆ©riole effĆ©rente. Par ce biais, les inhibiteurs du RAS diminuent lā€™ā€Šhyperfiltration qui est une cause reconnue de sclĆ©rose des glomĆ©rules. Cā€™ā€Šest par ces 2 mĆ©canismes conjoints que les bloqueurs du systĆØme rĆ©nine-angiotensine ont dĆ©montrĆ© un effet protecteur, quā€™ā€Šil sā€™ā€Šagisse des inhibiteurs de lā€™ā€Šenzyme de conversion ou des antagonistes des rĆ©cepteurs de lā€™ā€Šangiotensine 2.
Trois grandes Ć©tudes cliniques ont dĆ©montrĆ© que le blocage des rĆ©cepteurs de lā€™ā€Šangiotensine 2 diminue le risque dā€™ā€ŠIRT chez les patients avec un diabĆØte de type 2 et que lā€™ā€Šon peut ralentir la progression de la nĆ©phropathie en partie indĆ©pendamment du contrĆ“le de la pression artĆ©rielle. Il sā€™ā€Šagit des Ć©tudes IDNT (Irbesartan Diabetic Nephropathy Trial) (4), RENAAL (Effets du losartan chez les patients diabĆ©tiques de type 2 avec une nĆ©phropathie) (5) et IRMA (Irbesartan et micro albuminurie chez les patientes hypertendus et diabĆ©tique type 2) (6). Depuis la publication de ces Ć©tudes clĆ©s, de nombreuses Ć©tudes ont confirmĆ© lā€™ā€Šobservation en utilisant dā€™ā€Šautres mĆ©dicaments de la mĆŖme classe ainsi que des inhibiteurs de lā€™ā€Šenzyme de conversion (IEC) de lā€™ā€Šangiotensine.
Pour rappel, IDNT Ć©tait une Ć©tude randomisĆ©e qui a inclus 1715 patients hypertendus avec une nĆ©phropathie diabĆ©tique dans le cadre dā€™ā€Šun diabĆØte de type 2 (4). Les patients ont reƧu soit de lā€™ā€Širbesartan (300 mg par jour), soit de lā€™ā€Šamlodipine (10mg par jour), soit un placebo. La cible du traitement Ć©tait une pression artĆ©rielle ≤ 135 / 85 mmHg dans tous les groupes. Les paramĆØtres principaux observĆ©s Ć©taient le doublement de la crĆ©atinine sĆ©rique de rĆ©fĆ©rence, lā€™ā€ŠĆ©volution vers lā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale terminale ou la survenue dā€™ā€Šun dĆ©cĆØs. La durĆ©e moyenne du suivi Ć©tait de 2,6 ans. Les rĆ©sultats ont montrĆ© que le risque de progression de lā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale, ou de survenue dā€™ā€Šun dĆ©cĆØs est de 20% infĆ©rieur chez les patients qui ont reƧu de lā€™ā€Širbe-sartan par rapport au groupe placebo est de 23% infĆ©rieur par rapport au groupe amlodipine.
Lā€™ā€ŠĆ©tude RENAAL, Ć©galement randomisĆ©e et conduite en double aveugle, a inclus 1513 patients et comparait le losartan (50 à 100 mg une fois par jour) Ć  un placebo en plus dā€™ā€Šun traitement antihypertenseur standard comprenant, selon besoin, un antagoniste du calcium, un diurĆ©tique et un alpha- ou bĆŖta-bloquant (5). Ces patients ont Ć©tĆ© suivis pour une moyenne de 3,4 ans. Les objectifs Ć©taient les mĆŖmes que dans IDNT. Les rĆ©sultats ont montrĆ© que le losartan diminue l’incidence du doublement de la crĆ©atinine (rĆ©duction du risque relatif de 25%) et de l’insuffisance rĆ©nale terminale (rĆ©duction de 28%) mais qu’il n’a eu aucun effet sur le taux de mortalitĆ© global. Finalement, la protĆ©inurie a Ć©tĆ© rĆ©duite de 35% par rapport au groupe placebo. Il est important de relever que lā€™ā€Šadministration dā€™ā€Šun ARB ou dā€™ā€Šun IEC sā€™ā€Šassocie souvent Ć  une Ć©lĆ©vation initiale de la crĆ©atininĆ©mie. Cependant, une Ć©tude rĆ©alisĆ©e avec le losartan, a dĆ©montrĆ© une association positive entre la diminution initiale de l’eGFR et la prĆ©servation de la fonction rĆ©nale.
Finalement, lā€™ā€ŠĆ©tude IRMA a inclus 590 patients hypertendus souffrant de diabĆØte type 2 et prĆ©sentant une micro-albuminurie. Elle a comparĆ© lā€™ā€Širbesartan (150 mg ou 300 mg / jour) Ć  un placebo. Les patients ont Ć©tĆ© suivis pendant 2 ans et les rĆ©sultats ont montrĆ© que l’irbesartan diminue la micro-albuminurie et prĆ©vient le dĆ©veloppement dā€™ā€Šune macro-albuminurie indĆ©pendamment de son effet hypotenseur (6).
Ces Ć©tudes sont donc Ć  la base des recommandations de prescrire les inhibiteurs du systĆØme rĆ©nine-angiotensine chez les patients avec une atteinte rĆ©nale diabĆ©tique. Toutefois, malgrĆ© ces donnĆ©es importantes, prĆØs de la moitiĆ© des patients avec une nĆ©phropathie diabĆ©tique continue de pĆ©jorer leur fonction rĆ©nale avec le temps, ce qui suggĆØre quā€™ā€Šil reste encore des possibilitĆ©s dā€™ā€ŠamĆ©liorer la nĆ©phroprotection du patient diabĆ©tique.

Les inhibiteurs de SGLT2 : une nouvelle opportunitĆ© de prĆ©vention rĆ©nale

Au cours de derniĆØres annĆ©es, de nombreux mĆ©dicaments anti-diabĆ©tiques ont Ć©tĆ© dĆ©veloppĆ©s et mis sur le marchĆ©. Parmi eux, certains ont dĆ©montrĆ© des propriĆ©tĆ©s nĆ©phroprotectrices et les rĆ©sultats les plus impressionnants ont Ć©tĆ© obtenus avec les inhibiteurs de la rĆ©absorption de glucose (SGLT2) au niveau du tubule proximal du rein (7). En effet, les inhibiteurs de SGLT2 induisent une glucosurie qui entraĆ®ne dā€™ā€Šune part une baisse des glycĆ©mies et de lā€™ā€ŠhĆ©moglobine glyquĆ©e comparable aux antidiabĆ©tiques oraux classiques comme la metformine, et dā€™ā€Šautre part une diminution de la pression intra-glomĆ©rulaire par rĆ©duction du diamĆØtre des artĆ©rioles affĆ©rentes qui amĆØnent le sang dans les glomĆ©rules. En outre cette classe de mĆ©dicaments diminue le poids, abaisse la pression artĆ©rielle systolique et diastolique (de 4 à 6 et de 1 à 2 mm Hg respectivement) (8), ce qui peut avoir un impact favorable sur les complications rĆ©nales et cardio vasculaires liĆ©es au diabĆØte. Les effets secondaires les plus frĆ©quents sont les infections gĆ©nitales (mycoses vaginales essentiellement).
Lā€™ā€ŠĆ©tude EMPA-REG (empagliflozine, cardiovascular outcome and mortality in type 2 diabetes) publiĆ©e rĆ©cemment dans le New England Journal of Medicine, a Ć©tudiĆ© les effets cardiovasculaires et rĆ©naux de lā€™ā€Šempagliflozine chez les patients diabĆ©tiques de type 2, en comparant 10 et 25 mg dā€™ā€Šempagliflozine administrĆ© deux fois par jour Ć  un placebo (9). Cette Ć©tude a inclus 7020 patients suivis pour une moyenne de 3 ans. L’objectif principal Ć©tait lā€™ā€Šimpact sur la mortalitĆ© cardiovasculaire et de la mortalitĆ© globale. Les critĆØres d’évaluation Ć©taient un composite de mortalitĆ© cardiovasculaire, d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cĆ©rĆ©bral et d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque. Lā€™ā€ŠĆ©tude a aussi investiguĆ© les impacts rĆ©naux de ce nouveau traitement tels que le doublement de la crĆ©atinine sĆ©rique, la progression de la protĆ©inurie, le besoin de dialyse etc. Les rĆ©sultats ont montrĆ© une rĆ©duction significative du risque relatif de mortalitĆ© cardiovasculaire de 38%, une rĆ©duction des hospitalisations pour insuffisance cardiaque de 35% et une rĆ©duction de la mortalitĆ© globale de 32% chez les patients traitĆ©s avec empagliflozine. En outre, au plan rĆ©nal, les bĆ©nĆ©fices ont Ć©tĆ© importants avec une diminution du risque relatif de progression de lā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale de 39%, y compris chez les patients qui avaient dĆ©jĆ  une atteinte rĆ©nale (10). La diminution de la progression vers une macroalbuminurie Ć©tait de 38% et le besoin de dialyse a Ć©tĆ© rĆ©duit de 55% durant la pĆ©riode dā€™ā€ŠĆ©valuation. Plus rĆ©cemment, des rĆ©sultats similaires ont Ć©tĆ© publiĆ©s avec la canagliflozine dans lā€™ā€ŠĆ©tude CANVAS (Canaglifozin and cardiovascular and renal events in type 2 diabetes) dans laquelle 10 142 patients diabĆ©tiques et avec un risque cardiovasculaire Ć©levĆ©, ont Ć©tĆ© randomisĆ©s pour recevoir soit 100 mg de canagliflozine soit un placebo (11). Dans cette Ć©tude, le risque relatif de pĆ©joration de la fonction rĆ©nale Ć©tait rĆ©duit de 47% et la diminution de la protĆ©inurie Ć©tait de 18%. Toutefois, le risque dā€™ā€Šamputation semblait plus Ć©levĆ© chez les patients recevant la canagliflozine.
Il est important de signaler que ces bĆ©nĆ©fices de nĆ©phroprotection obtenus avec les gliflozines lā€™ā€Šont Ć©tĆ© chez des patients dĆ©jĆ  traitĆ©s avec une dose maximale dā€™ā€Šun bloqueur du systĆØme rĆ©nine-angiotensine. Cela indique donc que les effets bĆ©nĆ©fiques de lā€™ā€Šinhibition de SGLT2 sont additifs Ć  ceux des inhibiteurs du systĆØme rĆ©nine-angiotensine comme indiquĆ© dans la figure 1. Cela sā€™ā€Šexplique par le fait que les gliflozines agissent sur lā€™ā€ŠartĆ©riole affĆ©rente alors que les inhibiteurs du systĆØme rĆ©nine-angiotensine agissent sur le glomĆ©rule et sur lā€™ā€ŠartĆ©riole effĆ©rente.

Conclusion

La protection rĆ©nale constitue aujourdā€™ā€Šhui un aspect trĆØs important de la prise en charge des patients diabĆ©tiques car lā€™ā€Šinsuffisance rĆ©nale augmente considĆ©rablement le risque de mortalitĆ© dans cette population. Les bloqueurs du systĆØme rĆ©nine-angiotensine associĆ©s aux mesures diĆ©tĆ©tiques et au contrĆ“le de la glycĆ©mie sont les piliers de la nĆ©phroprotection. Toutefois, les rĆ©sultats rĆ©cents obtenus avec les inhibiteurs de SGLT2 dĆ©montrent que lā€™ā€Šon peut amĆ©liorer la nĆ©phroprotection de maniĆØre significative en les combinant avec le traitement standard actuel. Lā€™ā€Šassociation dā€™ā€Šun bloqueur du systĆØme rĆ©nine-angiotensine avec un inhibiteur de SGLT2 devrait devenir le traitement de choix pour prĆ©venir la progression de la nĆ©phropathie diabĆ©tique.

Pr Michel Burnier

FacultƩ de Biologie et MƩdecine
UniversitƩ de Lausanne

michel.burnier@chuv.ch

Dr ArlĆØne Ghajarzadeh Wurzner

Centre Hospitalier Universitaire Vaudois
Service de nƩphrologie et hypertension
Rue du Bugnon 17
1011 Lausanne

Les auteurs nā€™ā€Šont dĆ©clarĆ© aucun conflit dā€™ā€ŠintĆ©rĆŖts en relation avec cet article.

  • Tout patient diabĆ©tique devrait avoir une Ć©valuation rĆ©nale une fois par annĆ©e au minimum avec un calcul de la filtration glomĆ©rulaire estimĆ©e (eGFR) et une mesure de lā€™ā€Šalbuminurie.
  • Une prise en charge multidisciplinaire peut aider Ć  amĆ©liorer la qualitĆ© de vie du patient diabĆ©tique, en dĆ©tectant les problĆØmes plus tĆ“t.
  • La combinaison dā€™ā€Šinhibiteur de SGLT2 et dā€™ā€Šun bloqueur du RAS semble apporter une meilleure protection rĆ©nale dans le diabĆØte de type 2.

RƩfƩrences:
1. Molitch ME, DeFronzo RA, Franz MJ, et al. Diabetic nephropathy. Diabetes Care 2003; 26 Suppl 1: S94-8.
2. Mancia GF, R. Narkiewicz, K. Redón, J. et al. Practice guidelines for the management of arterial hypertension of the European Society of Hypertension (ESH) and the European Society of Cardiology (ESC): ESH/ESC Task force for the management of arterial hypertension. J Hypertens. 2013;31(7):1281-357
3. Thomas S, Karalliedde J. Diabetic nephropathy. Medicine 2015; 43(1):20-25
4. Lewis EJ, Hunsicker LG, Clarke WR, Berl T, Pohl MA, Lewis JB, Ritz E, Atkins RC, Rohde R, Raz I; Collaborative Study Group. Renoprotective effect of the angiotensin-receptor antagonist irbesartan in patients with nephropathy due to type 2 diabetes. N Engl J Med. 2001;345(12):851-60
5. Brenner BM, Cooper ME, de Zeeuw D, et al. Effects of losartan on renal and cardiovascular outcomes in patients with type 2 diabetes and nephropathy. N Engl J Med 2001; 345(12): 861-9.
6. Parving HH, Lehnert H, Brochner-Mortensen J, et al. The effect of irbesartan on the development of diabetic nephropathy in patients with type 2 diabetes. N Engl J Med 2001; 345(12): 870-8.
7. Heerspink HJL, Kosiborod M, Inzucchi SE, Cherney DZI. Renoprotective effects of sodium-glucose cotransporter-2 inhibitors. Kidney Int. 2018 May 5. pii: S0085-2538(18)30125-X. doi: 10.1016/j.kint.2017.12.027.
8. Baker WL, Smyth LR, Riche DM, Bourret EM, Chamberlin KW, White WB. Effects of sodium-glucose co-transporter 2 inhibitors on blood pressure: a systematic review and meta-analysis. J Am Soc Hypertens 2014; 8(4): 262-75 e9.
9. Zinman B, Wanner C, Lachin JM, et al. Empagliflozin, Cardiovascular Outcomes, and Mortality in Type 2 Diabetes. N Engl J Med 2015; 373(22): 2117-28.
10. Wanner, S.E. Inzucchi, J.M. Lachin, D. Fitchett, M. von Eynatten, M. Mattheus, et al. Empagliflozin and progression of kidney disease in Type 2 diabetes. N Engl J Med 2016; 375 (4): 323-334
11. Neal B, Perkovic V, Matthews DR. Canagliflozin and Cardiovascular and Renal Events in Type 2 Diabetes. N Engl J Med 2017; 377(21): 2099.

Le traitement du psoriasis – quoi de neuf ?

Les avancĆ©es dans le domaine de la pathogĆ©nĆØse du psoriasis au cour de la derniĆØre dĆ©cennie, ont abouti au dĆ©veloppement de nombreux nouveaux traitements biologiques, ciblant les Ć©tapes clĆ©s de la pathogenĆØse. Dans cette revue, nous analyserons le mĆ©canisme dā€™ā€Šā€Šaction, lā€™ā€Šā€ŠefficacitĆ© et le profil de sĆ©curitĆ© de ces nouveaux mĆ©dicaments.

Le psoriasis est une dermatose auto-immune, chronique, qui peut ĆŖtre associĆ©e aux comorbiditĆ©s systĆ©miques, notamment lā€™ā€Šā€Šarthrite psoriasique ou un risque accru pour des Ć©vĆØnements cardiovasculaires et qui affecte 2-3% de la population. La recherche au cours de la derniĆØre dĆ©cennie a permis de mieux comprendre le processus immunitaire impliquĆ© et, en association avec les nouvelles technologies, le dĆ©veloppement de thĆ©rapies ciblĆ©es aux Ć©tapes clĆ©s de la pathogenĆØse. Ces traitements ont changĆ© radicalement la prise en charge de patients atteints de psoriasis modĆ©rĆ© Ć  sĆ©vĆØre, notamment grĆ¢ce Ć  leur efficacitĆ©. Dans cette revue, nous analyserons le mĆ©canisme dā€™ā€Šā€Šaction, lā€™ā€Šā€Šā€ŠefficacitĆ© et le profil de sĆ©curitĆ© des nouveaux mĆ©dicaments biologiques.

Pathogénèse

Le psoriasis est une maladie auto-immune, mĆ©diĆ©e par les cellules T et des cytokines pro-inflammatoires (1, 2). La majoritĆ© des patients souffre dā€™ā€Šā€Šun psoriasis en plaques. Les lĆ©sions typiques sont des plaques Ć©rythĆ©mato-squameuses, bien dĆ©limitĆ©es, qui peuvent couvrir de larges ou plus petites zones du corps (fig 1). Le modĆØle physiopathologique actuel propose que ce phĆ©notype de psoriasis soit dĆ©clenchĆ© par des cellules dendritiques dermiques, qui sont activĆ©es et produisent des cytokines (Tumor nĆ©crosis factor, TNF, et IL-23) et stimulent lā€™ā€Šā€Šactivation de cellules CD4+ Th17 et CD8+ Tc17 (3). Une fois activĆ©es, ces lymphocytes T, migrent dans lā€™ā€Šā€ŠĆ©piderme, où ils reconnaissent des autoantigĆØnes Ć©pidermiques, comprenant la kĆ©ratine 7, le peptide antimicrobien LL37 et lā€™ā€Šā€ŠantigĆØne mĆ©lanocytaire ADAMTSL5, et produisent lā€™ā€Šā€ŠIL-17 et lā€™ā€Šā€ŠIL-22 (4-11). Les cytokines Th17 vont gĆ©nĆ©rer la rĆ©ponse prolifĆ©rative de kĆ©ratinocytes et amplifier la rĆ©ponse inflammatoire (par production de chĆ©mokines et de peptides antimicrobiens), ainsi Ć©tablissant le phĆ©notype psoriasique.
Le psoriasis pustuleux palmoplantaire (PPPP), le psoriasis pustuleux gĆ©nĆ©ralisĆ© (PPG) et lā€™ā€Šā€Šacrodermatite continue de Hallopeau constituent un autre phĆ©notype psoriasique, distinct du psoriasis en plaques, le psoriasis pustuleux (fig 1). Concernant ce phĆ©notype, une autre voie inflammatoire a Ć©tĆ© rĆ©cemment identifiĆ©e, impliquant des mutations de lā€™ā€Šā€Šantagoniste du rĆ©cepteur de lā€™ā€Šā€ŠIL-36 (IL-36RN) (12, 13), qui aboutissent Ć  une signalisation accrue de lā€™ā€Šā€ŠIL-36, et Ć  une production accrue dā€™ā€Šā€ŠIL-1 (14).
Concernant la phase prĆ©coce de psoriasis et les formes aiguĆ«s de la maladie, telles que le psoriasis Ć©rythrodermique et le psoriasis en gouttes, une autre voie inflammatoire qui est basĆ©e sur lā€™ā€Šexpression de lā€™ā€Šā€ŠinterfĆ©ron de type I (IFN-α) et a Ć©tĆ© rĆ©cemment identifiĆ©e. Les cellules dendritiques plasmacytoĆÆdes , une sous-population de cellules dendritiques, secrĆØtent dā€™ā€Šimportantes quantitĆ©s dā€™ā€Šā€ŠIFN de type I
dans la peau prĆ©-psoriasique, et stimulent lā€™ā€Šā€Šactivation chronique des cellules dendritiques dermiques (15). Cette voie inflammatoire, liĆ©e Ć  lā€™ā€Šā€ŠIFN de type I est dominante Ć  la phase prĆ©coce de psoriasis et est par la suite remplacĆ©e dans les plaques chroniques par lā€™ā€Šā€Šinflammation liĆ©e aux TNF-IL-23-Th17 (16). Lā€™ā€Šā€ŠIFN de type I est Ć©galement impliquĆ© dans le psoriasis paradoxal, soit le psoriasis induit par les inhibiteurs du TNF-α. Des lĆ©sions psoriasiques aiguĆ«s peuvent survenir (paradoxalement) comme un effet indĆ©sirable chez 2 Ć  5% des patients sous traitement anti-TNF. Il a Ć©tĆ© rĆ©cemment dĆ©montrĆ© que lā€™ā€Šā€ŠIFN de type I est Ć©levĆ©e en raison du blocage du TNF et que le psoriasis paradoxal est induit par les anti-TNF en lā€™ā€Šabsence dā€™ā€Šauto-immunitĆ© mĆ©diĆ©e par les lymphocytes T (17). Le traitement anti-TNF utilisĆ© doit ĆŖtre interrompu dans le psoriasis paradoxal et, si possible, remplacĆ© par un traitement anti-IL-12/23 ou anti-IL-17.
Donc, il existe au moins trois voies inflammatoires distinctes qui peuvent conduire Ć  des phĆ©notypes cliniques distincts dans le psoriasis : les plaques chronique de psoriasis par TNF, le psoriasis pustuleux via IL-36/IL-1 et le psoriasis aigu via lā€™ā€Šā€ŠIFN de type I.
Cependant, ces voies inflammatoires peuvent coexister et varier dans le temps, chez le mĆŖme patient.

ThƩrapies ciblƩes (traitements biologiques et petites molƩcules)

La morbiditĆ© du psoriasis sā€™ā€Šā€ŠĆ©value par des Ć©chelles. Un indice qui mesure lā€™ā€Šā€Šatteinte et lā€™ā€Šā€ŠactivitĆ© de la maladie (PASI : Psoriasis Area and Severity Index) est lā€™ā€Šoutil le plus largement utilisĆ© pour la mesure de la sĆ©vĆ©ritĆ© du psoriasis. PASI combine lā€™ā€ŠĆ©valuation de la sĆ©vĆ©ritĆ© des lĆ©sions et de la zone affectĆ©e en un score unique compris entre 0 (pas de maladie) et 72 (maladie sĆ©vĆØre). Cet indice sert Ć©galement Ć  dĆ©crire lā€™ā€Šā€ŠefficacitĆ© dā€™ā€Šā€Šun traitement. Une rĆ©ponse PASI 75 / 90 / 100 correspond Ć  une rĆ©duction du score PASI de 75 / 90 / 100%.

Anti-TNF : Il y a actuellement trois inhibiteurs du TNF-α qui font partie de lā€™ā€Šarsenal thĆ©rapeutique disponible dans le psoriasis modĆ©rĆ© Ć  sĆ©vĆØre : des anticorps monoclonaux, lā€™ā€Šinfliximab (RemicadeĀ®) ou lā€™ā€Šadalimumab (HumiraĀ®), ou une protĆ©ine chimĆ©risĆ©e avec le rĆ©cepteur soluble au TNF (aussi appelĆ©e immunoadhĆ©sine), lā€™ā€Šetanercept (EnbrelĀ®). Ces mĆ©dicaments montrent des taux de rĆ©ponse diffĆ©rents dans le psoriasis, avec lā€™ā€Šā€Šinfliximab Ć©tant la plus efficace (une rĆ©ponse PASI 75 chez 80% des patients et PASI 90 chez 54%) (18). Un quatriĆØme inhibiteur du TNF, le certolizumab (CimziaĀ®), qui est pĆ©gylĆ©, initialement approuvĆ© pour la maladie de Crohn et lā€™ā€Šā€Šarthrite psoriasique est actuellement en phase 3 dā€™ā€Šessais cliniques pour psoriasis. En essai clinique de phase 2, le certolizumab a montrĆ© une rĆ©ponse PASI 75 Ć  83% des patients (19).

Inhibiteur des interleukines IL-12/IL-23 p 40 : Lā€™ā€ŠustĆ©kinumab (StelaraĀ®) est un anticorps monoclonal dirigĆ© contre les interleukines 12 et 23 (via la sous-unitĆ© commune, p 40). Lā€™ā€ŠustĆ©kinumab a montrĆ© une rĆ©ponse PASI 75 chez 69% Ć  90 mg et 75% Ć  45 mg et une rĆ©ponse PASI 90 chez 39% Ć  90 mg et 46% Ć  45 mg (18).

ThĆ©rapies ciblĆ©es IL-17 :Ā Il sā€™ā€Šā€Šagit des anticorps monoclonaux ciblant lā€™ā€Šā€ŠIL-17A (sĆ©cukinumab et ixĆ©kizumab) ou son rĆ©cepteur (brodalumab). Le sĆ©cukinumab (CosentyxĀ®) a montrĆ© une rĆ©ponse PASI 75 chez 81.6% et une rĆ©ponse PASI 100 chez 28.6% des patients dans 12 semaines de traitement (20). SĆ©cukinumab montre une rĆ©ponse thĆ©rapeutique trĆØs rapide et le rĆ©sultat peut ĆŖtre maintenue pendant une longue pĆ©riode chez un nombre significatif de patients ayant interrompu leur traitement (21% des patients ont maintenu leur rĆ©ponse aprĆØs 1 an et 10% aprĆØs 2 ans) (21, 22). L’ixĆ©kizumab (TaltzĀ®) a montrĆ© une rĆ©ponse PASI 75 chez 89.1% et une rĆ©ponse PASI 100 chez 35.3% des patients aprĆØs 12 semaines de traitement (23). Les deux se sont montrĆ©s Ć©galement trĆØs efficaces pour le traitement du psoriasis du cuir chevelu et des ongles (24-26). Le brodalumab nā€™ā€Šā€Šest pas disponible en Suisse.

ThĆ©rapies spĆ©cifiques IL-23 : Des agents se sont dĆ©veloppĆ©s qui lient la sous-unitĆ© p19, inhibant seulement lā€™ā€ŠIL-23 et pas lā€™ā€Šā€ŠIL-12 (27, 28). Le guselkumab (TremfyaĀ®), qui a Ć©tĆ© derniĆØrement ap-prouvĆ© par Swissmedic, est un anticorps monoclonal dirigĆ© contre lā€™ā€Šinterleukine 23 et a montrĆ© une rĆ©ponse PASI 75 chez 85.1% et une rĆ©ponse PASI 90 chez 73.3% des patients, aprĆØs 16 semaines de traitement (29). Le tildrakizumab et le risankizumab ne sont pas encore disponibles en Suisse.

ThĆ©rapies ciblĆ©es IL-36-IL-1 :Ā Sur la base de lā€™ā€Šidentification de la voie IL-36-IL-1 dans le psoriasis pustuleux et des cas de rĆ©mission rapide aprĆØs traitement par lā€™ā€Šantagoniste du rĆ©cepteur de lā€™ā€ŠIL-1, l’anakinra, des essais randomisĆ©s, contrĆ“lĆ©s contre placebo, sont en cours aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et un anticorps contre lā€™ā€ŠIL-36 (ANB019) a Ć©tĆ© dĆ©veloppĆ© pour le traitement du psoriasis pustuleux gĆ©nĆ©ralisĆ© (Ć©tudes de phase 1).

ThĆ©rapies ciblĆ©es de lā€™ā€Šā€ŠIFN type I : le rĆ“le primordial de lā€™ā€Šā€ŠIFN de type I dans les formes aiguĆ«s de psoriasis, y compris le psoriasis Ć©rythrodermique et le psoriasis en gouttes, justifie le dĆ©veloppement dā€™ā€Šapproches thĆ©rapeutiques ciblant cette voie. Des anti-IFN-α
et antagonistes du rĆ©cepteurs α/β de lā€™ā€Šā€ŠIFN sont actuellement dĆ©veloppĆ©s et testĆ©s dans des essais cliniques pour des maladies autoimmunes telles que le lupus.

Petites molĆ©cules : Les avantages des petites molĆ©cules par rapport aux traitements biologiques sont le fait quā€™ā€Šā€Šelles peuvent diffuser dans la cellule et cibler les voies de signalisation intracellulaires, qu’elles peuvent ĆŖtre administrĆ©es per os et qu’elles sont moins coĆ»teuses. Cependant, les thĆ©rapies Ć  petites molĆ©cules ont aussi lā€™ā€ŠinconvĆ©nient dā€™ā€Šavoir une sĆ©lectivitĆ© de la cible infĆ©rieure et dā€™ā€Šexercer des effets hors cible, ainsi quā€™ā€Šā€Šune efficacitĆ© plus faible. Lā€™ā€ŠaprĆ©milast (OtezlaĀ®) est un inhibiteur Ć  petites molĆ©cules de la phosphodiestĆ©rase 4 (PDE4) pris par voie orale, qui est indiquĆ© pour le traitement des patients at-teints de psoriasis en plaques ou dā€™ā€Šā€Šune arthrite psoriasique. L’aprĆ©milast n’a montrĆ© quā€™ā€Šā€Šune rĆ©ponse PASI 75 chez 33.1% des patients, aprĆØs 16 semaines de traitement (30), mais semble ĆŖtre efficace pour le psoriasis palmoplantaire, du cuir chevelu et des ongles (31, 32) et ne nĆ©cessite aucune surveillance. Le tofacitinib (XeljanzĀ®) est un inhibiteur sĆ©lectif de la famille des JAK kinases, administrĆ© par voie orale. Actuellement, il est indiquĆ© chez les patients atteints dā€™ā€Šā€Šune polyarthrite rhumatoĆÆde. Dans les essais cliniques, tofacitinib a montrĆ© une rĆ©ponse PASI 75 chez 59% et PASI 90 chez 39% des patients, Ć  16 semaines.

SƩcuritƩ des thƩrapies

Il y existe maintenant plusieurs rapports de sĆ©curitĆ© Ć  long terme dā€™ā€Šagents biologiques utilisĆ©s dans le traitement du psoriasis. Beaucoup dā€™ā€Šentre eux sont des rapports provenant de grands registres prospectifs multicentriques, tels que le Psoriasis Longitudinal Assessment and Registry (PSOLAR), Ć©valuant la sĆ©curitĆ© des traitements systĆ©miques conventionnels et des agents biologiques (33).

RĆ©actions allergiques et rĆ©actions sur site dā€™ā€Šā€Šinjection : Des rĆ©actions bĆ©nignes au site dā€™ā€Šinjection, des Ć©ruptions cutanĆ©es non spĆ©cifiques, de la cellulite et des rĆ©actions dā€™ā€ŠhypersensibilitĆ© sont des Ć©vĆ©nements indĆ©sirables relativement frĆ©quents. Une grande variĆ©tĆ© de rĆ©actions cutanĆ©es causĆ©es par des agents biologiques ont Ć©tĆ© rapportĆ©es, allant de rĆ©actions bĆ©nignes et rĆ©versibles au site dā€™ā€Šinjection Ć  des rĆ©actions allergiques, nĆ©cessitant lā€™ā€ŠarrĆŖt de lā€™ā€Šagent biologique impliquĆ© (34).

Risque dā€™ā€Šā€Šinfection :Ā Les donnĆ©es de PSOLAR ont montrĆ© que, dans leur ensemble, les produits biologiques nā€™ā€Šaugmentent pas le risque dā€™ā€Šinfection par rapport aux agents non biologiques. Cependant, lorsque que chaque agent biologique a Ć©tĆ© examinĆ© sĆ©parĆ©ment, des taux plus Ć©levĆ©s des infections graves ont Ć©tĆ© observĆ©s dans les groupes infliximab (2,49 pour 100 patients/annĆ©es) et adalimumab (1,97) que dans ceux sous Ć©tanercept (1,47), ustĆ©kinumab (0,83), ou des agents non biologiques (< 1,30) (35). Le TNF-α est une molĆ©cule clĆ© dans la formation des granulomes impliquĆ©s dans le contrĆ“le des infections par mycobactéries. Les traitements immunosuppresseurs sont associĆ©s Ć  un risque accru de rĆ©activation de la tuberculose, conduisant dans la plupart des cas Ć  une maladie dissĆ©minĆ©e ou extrapulmonaire. Ainsi, le dĆ©pistage de la tuberculose est devenu obligatoire avant le traitement avec des mĆ©dicaments biologiques et une chimioprophylaxie est nĆ©cessaire en cas de dĆ©pistage positif. Dā€™ā€Šautre part, IL-17 joue un rĆ“le important dans la surveillance immunitaire Ć  la barriĆØre cutanĆ©omuqueuse des voies respiratoires et gastro-intestinales ainsi que de la peau (36, 37). Donc, les infections Ć  Candida sont plus frĆ©quentes sous ce traitement (38). Ces infections Ć©taient toutes non graves et nā€™ā€Šā€Šont pas nĆ©cessitĆ© lā€™ā€Šinterruption du traitement (39). En cas dā€™ā€Šā€Šinfection chronique connue, et si les dermocorticoĆÆdes ne sont pas suffisants, la photothĆ©rapie, lā€™ā€Šā€Šacitretin ou lā€™ā€Šā€ŠaprĆ©milast sont proposĆ©s.

Risque oncologique :Ā Les anti-TNF sont liĆ©s Ć  un risque lĆ©gĆØrement accru de cancers cutanĆ©s non mĆ©lanocytaires et possiblement aprĆØs une longue exposition (> 12 mois) Ć  une augmentation globale des taux de malignitĆ© (40, 41). Plus de donnĆ©es sont nĆ©cessaires pour confirmer ces rĆ©sultats. Chez des patients avec des antĆ©cĆ©dents de malignitĆ©, la photothĆ©rapie, le mĆ©thotrexate, lā€™ā€ŠacitrĆ©tine et lā€™ā€ŠaprĆ©milast devraient ĆŖtre favorisĆ©s. Cependant, il ne sā€™ā€Šā€Šagit pas dā€™ā€Šā€Šune contre-indication absolue Ć  la thĆ©rapie biologique. Les traitements biologiques doivent ĆŖtre Ć©vitĆ©s chez les patients atteints de tumeurs malignes actives ou de lymphomes. Concernant les autres tumeurs, un intervalle de cinq ans de rĆ©mission doit ĆŖtre respecté.

Risque cardiovasculaire : Dans des essais cliniques de phase prĆ©coce, lā€™ā€Šā€ŠustĆ©kinumab a prĆ©sentĆ© un risque accru dā€™ā€ŠĆ©vĆ©nements cardiovasculaires indĆ©sirables majeurs, fait qui nā€™ā€Šā€Ša pas pu ĆŖtre confirmĆ© dans de plus grands essais (42) et lā€™ā€Šanalyse des donnĆ©es PSOLAR nā€™ā€Ša pas montrĆ© de risque statistiquement significatif des Ć©vĆ©nements cardiovasculaires majeurs avec lā€™ā€Šun des agents biologiques (43). Des Ć©tudes chez des souris ont montrĆ© que la signalisation du TNF-α joue un rĆ“le rĆ©gulateur crucial dans la rĆ©gĆ©nĆ©ration musculaire cardiaque (44). Les anti-TNF doivent donc ĆŖtre Ć©vitĆ©s en cas dā€™ā€Šā€Šinsuffisance cardiaque sĆ©vĆØre. Cependant, les anti-TNF inhibitors, le mĆ©thotrexate et la photothĆ©rapie diminuent le risque cardiovasculaire en diminuant lā€™ā€Šā€Šinflammation au niveau cutanĆ©.

Risque neurologique : Des maladies dĆ©myĆ©linisantes du systĆØme nerveux central ou pĆ©riphĆ©rique, comme la sclĆ©rose en plaques, ont Ć©tĆ© signalĆ©es sous traitement anti-TNF, mĆŖme si elles sont extrĆŖmement rares (45). De plus dans certains cas les tentatives de traitement de la sclĆ©rose en plaques avec des inhibiteurs du TNF ont augmentĆ© lā€™ā€ŠactivitĆ© de la maladie (46). La survenue de symptĆ“mes Ć©vocateurs nĆ©cessite donc impĆ©rativement lā€™ā€Šā€ŠarrĆŖt du traitement qui est contre-indiqué chez les patients ayant un antĆ©cĆ©dent personnel dā€™ā€Šā€Šune maladie dĆ©myĆ©linisant. NĆ©anmoins, comme il reflĆØte un Ć©vĆ©nement rare, lā€™ā€Šassociation causale entre lā€™ā€Šinhibition du TNF et la sclĆ©rose en plaques reste Ć  prouver.

Effets secondaires immunologiques : le traitement anti-TNF peut aggraver des maladies prĆ©existantes ou induire de nouvelles maladies auto-immunes, telles que le lupus Ć©rythĆ©mateux et le psoriasis paradoxal (47). Ces effets secondaires sont spĆ©cifiques de lā€™ā€Šinhibition du TNF et proviennent dā€™ā€Šun dĆ©sĆ©quilibre entre le TNF et les interfĆ©rons de type I. En outre, touts les traitements anti-TNF peuvent induire des anticorps antinuclĆ©aires chez des patients atteints dā€™ā€Šā€Šarthrite psoriasique et/ou de psoriasis, sans consĆ©quences cliniques dans la majoritĆ© des cas (48).

Effets secondaires gastroentĆ©rologiques :Ā Des perturbations des tests hĆ©patiques ont Ć©tĆ© dĆ©crites, donc un contrĆ“le des tests hĆ©patiques est recommandĆ© avant lā€™ā€Šā€Šintroduction dā€™ā€Šā€Šun traitement biologique. La rĆ©activation des infections d’ā€ŠhĆ©patite B a Ć©tĆ© rapportĆ©e avec les anti-TNF (fatale chez certains patients). Pour cette raison ils sont donc contre-indiquĆ©s chez les patients atteints dā€™ā€ŠhĆ©patite B non traitĆ©e. Il nā€™ā€Šā€Šy a pas dā€™ā€Šā€ŠĆ©vidence de rĆ©activation ou de pĆ©joration en cas dā€™ā€Šā€ŠhĆ©patite C chronique (49). Parmi les agents biologiques, le blocage de lā€™ā€ŠIL-17 ou de lā€™ā€ŠIL-12 / IL-23 pourrait en gĆ©nĆ©ral prĆ©senter un meilleur profil dā€™ā€ŠinnocuitĆ© que les anti-TNF concernant leur utilisation chez les patients atteints dā€™ā€ŠhĆ©patite virale. La survenue ou lā€™ā€Šaggravation dā€™ā€Šune maladie inflammatoire intestinale a Ć©tĆ© rapportĆ©e chez des patients atteints de psoriasis traitĆ©s par des inhibiteurs de lā€™ā€ŠIL17 (50, 51). Chez les patients souffrant dā€™ā€Šune maladie intestinale inflammatoire anamnĆ©stique ou active, dā€™ā€Šautres options de traitement, surtout des anticorps anti-TNF ou de lā€™ā€Šā€ŠustĆ©kinumab montrant un effet positif sur la maladie inflammatoire de lā€™ā€Šintestin, doivent ĆŖtre considĆ©rĆ©es en premier.

Perspectives

Vers un traitement personnalisƩ du psoriasis
Actuellement, le choix du traitement est basĆ© sur le profil de sĆ©curitĆ© du traitement, les comorbiditĆ©s du patient et lā€™ā€Šindication au traitement. Cependant, les rĆ©centes dĆ©couvertes du transcriptome et de la gĆ©nĆ©tique indiquent des voies inflammatoires supplĆ©mentaires et suggĆØrent quā€™ā€Šune meilleure caractĆ©risation molĆ©culaire et qu’une stratification clinique de la maladie peuvent nous aider Ć  dĆ©terminer si un patient est plus susceptible de rĆ©pondre Ć  un produit biologique donnĆ©. Un exemple vient dā€™ā€Šune Ć©tude rĆ©cente, qui a Ć©valuĆ© lā€™ā€Šassociation entre les polymorphismes LCE3B, HLA-Cw6 et TNFAIP3 et la rĆ©ponse du traitement aux agents biologiques (52): lā€™ā€ŠĆ©tude a montrĆ© que les patients HLA-Cw6-positifs rĆ©pondaient mieux et plus rapidement Ć  lā€™ā€ŠustĆ©kinumab et que TNFAIP3 Ć©tait associĆ© Ć  une meilleure rĆ©ponse Ć  lā€™ā€Šinhibition du TNF. Comme HLA-Cw6 est exprimĆ© chez 90% des patients de type 1 (psoriasis prĆ©coce, avant lā€™ā€ŠĆ¢ge de 40ā€Š ans), cette Ć©tude suggĆØre que lā€™ā€ŠustĆ©kinumab devrait ĆŖtre utilisĆ© de prĆ©fĆ©rence chez ce type de patient.
En plus de la dĆ©couverte de biomarqueurs et du dĆ©veloppement de traitements personnalisĆ©s, le domaine du psoriasis progresse rapidement grĆ¢ce aux dĆ©couvertes scientifiques et au dĆ©veloppement de nouvelles technologies pharmaceutiques. Un domaine de recherche Ć©mergeant se concentre sur les altĆ©rations du microbiome (appelĆ© dysbiose) dans la peau psoriasique (54). Lā€™ā€Šun des principaux progrĆØs rĆ©cents dans le domaine des modalitĆ©s thĆ©rapeutiques a Ć©tĆ© la conception dā€™ā€Šanticorps multi-spĆ©cifiques, qui ciblent au moins deux Ć©pitopes. Des anticorps bispĆ©cifiques qui bloquent Ć  la fois le TNF-α et lā€™ā€ŠIL-17 ont Ć©tĆ© dĆ©veloppĆ©s et sont actuellement testĆ©s dans des essais de phase 1 / 2 pour le psoriasis (ClinicalTrials.gov Identifier: NCT02243787). Plus rĆ©cemment, la technologie de gĆ©nĆ©ration dā€™ā€Šanticorps trispĆ©cifiques a Ć©tĆ© dĆ©veloppĆ©e (55). Une autre question est de savoir si la gĆ©nĆ©tique pourra prĆ©dire le psoriasis et donc permettre une intervention thĆ©rapeutique prĆ©coce. Actuellement, plus que 40 loci de susceptibilitĆ© ont Ć©tĆ© identifiĆ©s, mais lā€™ā€Šeffet de taille de chaque variantes est trop petit pour expliquer lā€™ā€ŠhĆ©rĆ©ditĆ©. Un certain nombre dā€™ā€ŠĆ©tudes ont toutefois suggĆ©rĆ© que la combinaison de plusieurs variantes gĆ©nĆ©tiques pourrait permettre de calculer un score de risque gĆ©nĆ©tique pouvant prĆ©dire le dĆ©veloppement du psoriasis (56, 57). La capacitĆ© de guĆ©rir ou de prĆ©venir le psoriasis reste le dĆ©fi majeur pour le futur.

Pr Curdin Conrad

Service de dermatologie et vƩnƩrƩologie
HƓpital de Beaumont
Avenue de Beaumont 29
1011 Lausanne

Curdin.Conrad@chuv.ch

  • Le psoriasis, une dermatose auto-immune, chronique, peut ĆŖtre associĆ© aux comorbiditĆ©s systĆ©miques, et affecte 2-3% de la population.
  • Les nouvelles thĆ©rapies biologiques et aux petites molĆ©cules ciblent les Ć©tapes clĆ©s de la pathogenĆØse.
  • Un domaine de recherche dans la peau psoriasique Ć©merge sur les altĆ©rations du microbiome.
  • Des anticorps multi-spĆ©cifiques ciblant au moins deux Ć©pitopes prĆ©sentent un des principaux progrĆØs rĆ©cents et la technologie de gĆ©nĆ©ration dā€™ā€Šanticorps trispĆ©cifiques a Ć©tĆ© dĆ©veloppĆ©e.
  • Savoir si la gĆ©nĆ©tique pourra prĆ©dire le psoriasis permettrait une intervention thĆ©rapeutique prĆ©coce.

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Interventions d’aide au sevrage tabagique et prĆ©vention des maladies cardiovasculaires

Le tabagisme concerne 25% de la population suisse et reprĆ©sente un des principaux facteurs de risque cardiovasculaire (1). Plus de 9000 dĆ©cĆØs annuels sont attribuables au tabagisme dont 39% sont d’origine cardiovasculaire (2). Parmi les bĆ©nĆ©fices de lā€™ā€ŠarrĆŖt du tabac, la diminution du risque de dĆ©velopper un Ć©vĆ©nement coronarien est lā€™ā€Šun des plus prĆ©coce avec un risque rĆ©duit de moitiĆ© dĆ©jĆ  aprĆØs deux ans de sevrage tabagique (3, 4). Cet article rĆ©sume les connaissances actuelles sur interventions mĆ©dicales d’aide au sevrage tabagique.

Interventions mƩdicales

DiffĆ©rentes interventions augmentent significativement les chances d’arrĆŖt du tabac, notamment le conseil mĆ©dical et les traitements pharmacologiques (5).
Lā€™ā€Šā€Šintervention mĆ©dicale se base sur le modĆØle des 5 A’s (fig. 1) (6-8):

• Ask : interroger sur tabagisme
• Assess : Ć©valuer le degrĆ© de dĆ©pendance et la motivation Ć  arrĆŖter de fumer
• Advise : conseiller lā€™ā€Šā€ŠarrĆŖt du tabac
• Assist : soutenir la dĆ©marche d’arrĆŖt
• Arrange : assurer un suivi.

Traitements pharmacologiques

Trois traitements pharmacologiques sont recommandĆ©s pour le sevrage tabagique, la substitution nicotinique, la varĆ©nicline et le bupropion. Leur efficacitĆ© est largement dĆ©montrĆ©e avec des chances dā€™ā€ŠarrĆŖt doublĆ©es voire triplĆ©es Ć  6–12 mois (9).

Substitution nicotinique
Les substituts nicotiniques se prĆ©sentent sous formes de patchs et diffĆ©rentes formes orales comme la gomme, le comprimĆ©, lā€™ā€Šinhalateur ou le spray buccal, avec une efficacitĆ© supĆ©rieure lors d’une association d’un patch Ć  une forme orale par rapport Ć  lā€™ā€Šusage d’un seul substitut (10). Bien que la nicotine ait des effets sympathomimĆ©tiques, la nocivitĆ© du tabagisme sur le systĆØme cardiovasculaire est principalement liĆ©e aux effets du monoxyde de carbone et Ć  lā€™ā€Šaction thrombogĆØne induite par de nombreux composants prĆ©sents dans la fumĆ©e du tabac (11). Plusieurs Ć©tudes rapportent qu’en comparaison du placĆ©bo, lā€™ā€Šusage de substituts nicotiniques n’augmente pas le risque d’évĆ©nements cardiovasculaires majeurs (12–14).

VarƩnicline
La varĆ©nicline agit sur les rĆ©cepteurs nicotiniques avec une action Ć  la fois agoniste attĆ©nuant les symptĆ“mes de sevrage, et antagoniste bloquant les effets de la nicotine en cas de reprise de cigarettes. Une lĆ©gĆØre augmentation du risque d’évĆ©nements cardiovasculaires en association avec la varĆ©nicline a Ć©tĆ© rapportĆ©e. Le lien de causalitĆ© n’a cependant pas Ć©tĆ© Ć©tabli et les rĆ©sultats de plusieurs Ć©tudes n’ont pas mis en Ć©vidence d’augmentation du risque d’évĆ©nements cardiovasculaires (13–16). Des effets secondaires neuropsychiatriques, parfois avec des idĆ©es suicidaires ont Ć©tĆ© signalĆ©s lors de traitement de varĆ©nicline. Une importante Ć©tude n’a cependant pas montrĆ© de diffĆ©rences de risque d’effets secondaires neuro-psychiatriques entre les participants sous varĆ©nicline, bupropion, patch de nicotine et le placebo (17). L’ étude ayant exclu les participants avec une maladie psychique non stabilisĆ©e ou avec un risque suicidaire, ce traitement reste dĆ©conseillĆ© chez ces patients.

Bupropion
Enfin, le bupropion est un antidĆ©presseur augmentant les chances de rĆ©ussite du sevrage tabagique, il peut ĆŖtre associĆ© Ć  un substitut nicotinique avec une efficacitĆ© supĆ©rieure aux substituts seuls (10, 18). Il prĆ©sente plusieurs contre-indications, notamment les antĆ©cĆ©dents ou les situations Ć  risque dā€™ā€ŠĆ©pilepsie. Il existe aussi un risque d’inter-actions mĆ©dicamenteuses dues Ć  lā€™ā€Šā€Šinhibition du CYP2D6.

RƩduction de la consommation

Lorsque le patient ne parvient pas Ć  arrĆŖter de fumer ou n’est pas prĆŖt Ć  arrĆŖter Ć  court terme, une phase de rĆ©duction de la consommation soutenue par une substitution nicotinique peut ĆŖtre proposĆ©e, tout en maintenant lā€™ā€Šā€Šobjectif d’un arrĆŖt complet, cette phase de rĆ©duction augmentant lĆ©gĆØrement les chances de sevrage tabagique Ć  moyen terme (19). Lors d’un traitement de varĆ©nicline, un arrĆŖt progressif de la consommation d’une durĆ©e d’un Ć  trois mois est Ć©galement une option possible (20).

Vapotage

Les vaporettes (nous proposons de remplacer le terme « cigarette Ć©lectronique » au profit de « vaporette », afin de mieux distinguer ce dispositif de la cigarette de tabac) sont des dispositifs produisant un aĆ©rosol pouvant contenir de la nicotine. De nombreux modĆØles et un trĆØs large choix de liquides existent. La vente de liquides avec nicotine est dĆ©sormais autorisĆ©e en Suisse depuis fin avril 2018. La quantitĆ© de substances nocives prĆ©sentes dans lā€™ā€Šā€ŠaĆ©rosol produit par la vaporette est gĆ©nĆ©ralement trĆØs faible, elle varie selon le type de vaporette, du liquide, de lā€™ā€Šā€Šutilisation et de lā€™ā€Šentretien du dispositif comme le renouvellement de la rĆ©sistance. Il est actuellement communĆ©ment admis que lā€™ā€Šusage de la vaporette Ć  la place des cigarettes rĆ©duit considĆ©rablement lā€™ā€Šexposition aux substances nocives de la fumĆ©e du tabac (21, 22). MalgrĆ© des donnĆ©es encore insuffisantes sur lā€™ā€ŠefficacitĆ© du vapotage pour le sevrage tabagique, une mĆ©ta-analyse suggĆØre que le vapotage avec nicotine favorise lā€™ā€ŠarrĆŖt du tabac (23). En attendant les rĆ©sultats d’autres Ć©tudes, nous ne devrions pas dĆ©courager le vapotage chez les patients qui ne veulent pas ou n’ont pas rĆ©ussi Ć  arrĆŖter de fumer avec les aides mĆ©dicamenteuses habituellement recommandĆ©es. Dans cette situation, il importe de soutenir la dĆ©marche de sevrage tabagique, d’informer le patient sur les connaissances actuelles sur le vapotage et de donner quelques conseils d’utilisation, comme lā€™ā€Šimportance de lā€™ā€Šentretien du dispositif.

Cet article est dƩjƠ publiƩ dans
« info@coeur+vaisseau 2018;3:8-9 »

Dr Isabelle Jacot Sadowski

Policlinique mƩdicale universitaire
Rue du Bugnon 44
1011 Lausanne

isabelle.jacot-sadowski@chuv.ch

Lā€™ā€Šauteure n’a dĆ©clarĆ© aucun conflit d’intĆ©rĆŖts en relation avec cet article.

  • L’arrĆŖt du tabac est une des principales recommandations pour la
    prƩvention des maladies cardiovasculaires.
  • Le conseil mĆ©dical et les traitements pharmacologiques d’aide au sevrage tabagique augmentent significativement les chances de succĆØs d’une tentative d’arrĆŖt.
  • La substitution nicotinique, la varĆ©nicline et le bupropion sont trois traitements pharmacologiques recommandĆ©s, certaines associations augmentent l’efficacitĆ©.
  • Le vapotage rĆ©duit considĆ©rablement l’exposition aux substances toxiques par rapport au tabagisme et pourrait aider Ć  arrĆŖter de fumer, le mĆ©decin ne devrait donc pas dĆ©courager son usage chez les patients ne voulant pas ou n’ayant pas rĆ©ussi Ć  arrĆŖter de fumer avec les aides mĆ©dicamenteuses.

RƩfƩrences:
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Metformin in der Schwangerschaft und Stillzeit

Metformin ist ein orales Antidiabetikum vom Guanidintyp, ein sogenanntes Biguanid. Biguanide sind chemisch verwandt mit dem Alkaloid Galegin, das in der Geissraute, der Galega officinalis, vorkommt (Abb. 1). Metformin hat also wie sehr viele Arzneistoffe pflanzlichen Ursprung. Metformin verringert die hepatische Glukoseproduktion, wodurch Nüchternblutzucker und Insulinspiegel gesenkt und die Insulinresistenz vermindert werden. Es erfolgt kein stimulierender Effekt auf die Insulinsekretion und somit bei alleiniger Anwendung auch keine Hypoglykämie (1).

La metformine est un antidiabĆ©tique de type biguanide. Les biguanides sā€™ā€Šapparentent chimiquement Ć  lā€™ā€Šā€ŠalcaloĆÆde GalĆ©gine qui est prĆ©sent dans la plante GalĆ©ga officinalis (rue-de-chĆØvre), (cf. fig. 1). Comme beaucoup de mĆ©dicaments, la metformine est donc dā€™ā€Šorigine vĆ©gĆ©tale. La metformine diminue la production hĆ©patique de glucose. De ce fait, la glycĆ©mie Ć  jeun et le taux dā€™ā€Šinsuline circulant baissent et la rĆ©sistance Ć  lā€™ā€Šinsuline diminue. La substance nā€™ā€Šexerce aucun effet stimulant sur la sĆ©crĆ©tion dā€˜insuline et de ce fait, en cas dā€™ā€Šutilisation seule, il nā€™ā€Šy a pas de risque dā€™ā€ŠhypoglycĆ©mie (1).

Pharmakokinetik

Nichtschwangere

  • Absorption: Die Bioverfügbarkeit betrƤgt 40-60% bei Dosen zwischen 0.5 g und 1 g und nimmt mit steigenden Dosen ab (2, 3).
  • Distribution/Metabolismus: Metformin ist nicht proteingebunden und unterliegt keinem Metabolismus.
  • Elimination: Die Ausscheidung erfolgt unverƤndert hauptsƤchlich renal; in den Faeces detektierbare Konzentrationen werden als intestinal nicht resorbierte Mengen interpretiert (2). Die renale Clearance von Metformin korreliert mit derjenigen von Kreatinin. Sie übersteigt die glomerulƤre Filtrationsrate und spiegelt damit die aktive tubulƤre Sekretion wider. Metformin ist Substrat des renalen Ā«organic cation transports 2Ā» (OCT2), der einem Ā«single nucleotide polymorphismĀ» unterliegt und je nach Genotyp und Herkunft mit einer OCT2 AktivitƤtssteigerung oder -senkung verbunden ist (4).

Schwangerschaft und Stillzeit

In der Schwangerschaft nehmen die renale Clearance und die aktive Sekretion von Metformin zu. Ob eine AktivitƤtssteigerung des OCT2 durch die in der Schwangerschaft vermehrt gebildeten Sexualsteroide ursƤchlich daran beteiligt ist, ist bisher nicht gezeigt. Am hƶchsten sind die Werte der renalen Clearance und der tubulƤren Sekretionsclearance in der Mitte der Schwangerschaft (22-26 SSW: Zunahme um knapp 50% bzw. 45% gegenüber Nichtschwangeren). Die renale Clearance korreliert besser mit der tubulƤren Sekretionsclearance (r = 0.97) als mit der Kreatininclearance (5). Die Halbwertzeit ist in der Mitte der Schwangerschaft erhƶht (4.3 Std. vs. 3.8 Std. bei Nichtschwangeren), was eine Dosisanpassung nƶtig macht (5).

Metformin gelangt als kleines Molekül rasch in den fetalen Blutkreislauf: Es ist mit kindlichen Spiegeln zu rechnen, die denen im mütterlichen Blut entsprechen (90-1000 ng / ml) (5, 6). Erfolgt die letzte mütterliche Dosis < 10 Std. vor der Entbindung, sind im venƶsen/arteriellen Nabelschnurblut bei der Entbindung Konzentrationen detektierbar (5).

In der Muttermilch liegen die Konzentrationen unter Gleichgewichtsbedingungen bei einer Dosierung von 1 x 1500 mg tƤglich im Bereich von 200 ng / ml (5, 7, 8). Bei einem Trinkvolumen von 1 l pro Tag ergibt dies eine kindliche Dosis von 0.2 mg tƤglich. Ausführliche Kinetikdaten zur Muttermilch liegen nicht vor.

Anwendung

Metformin wird als Monotherapie zur oralen Behandlung des Typ 2 Diabetes eingesetzt. Zudem erfolgt bei Frauen präkonzeptionell die Behandlung des polycystischen Ovarsyndroms (9) mit Metformin und in der Schwangerschaft wird Metformin im off-label use bei Typ 2 Diabetes und Gestationsdiabetes eingesetzt. Es gibt bei der Therapie des Gestationsdiabetes noch keinerlei Expertenkonsens. Die Wirksamkeit und Sicherheit im Vergleich zu Insulin sprechen aber in vielen Untersuchungen für Metformin.

Empfehlungen der SGED 2009 zum Screening des Gestationsdiabetes basierend auf den Ergebnissen der HAPO Studie (10, 11):
Nüchternblutzucker (Plasma): Pathologisch ≄ 5.1 mmol/l
Blutzucker (Plasma) 1 Stunde nach 75 g Glukose:
Pathologisch ≄ 10.0 mmol/l
Blutzucker (Plasma) 2 Stunden nach 75 g Glukose:
Pathologisch ≄ 8.5 mmol/l

Dosierung

Initialdosis oral 0.5 g -1 g / Tag; Steigerung auf max. 2.0 g (bis im Extremfall 3.0 g) / Tag, verteilt auf 3 Einzeldosen jeweils vor den Mahlzeiten. Anpassung aufgrund der verƤnderten Kinetik und grosser individueller Unterschiede nach oben im 2., evtl. im 3. Trimenon. Eine gute Kontrolle des Blutzuckers ist notwendig.

Zielblutzuckerwerte bei Gestationsdiabetes (Plasma, gerundete Werte; Empfehlungen der SGED 2009 [11]:
PrƤprandial/Nüchtern: ≤ 5.3 mmol / l
1 Std. postprandial*: ≤ 8.0 mmol / l
2 Std. postprandial*: ≤ 7.0 mmol / l
*Zeit nach Ende der Mahlzeit

Wirksamkeit und Sicherheit bei Gestationsdiabetes

Präventiv: Bei adipösen zu Studienbeginn noch nicht-diabetischen Schwangeren, scheint Metformin keine Vorteile zu bringen gegenüber Placebo (12).

Therapeutisch: In kontrollierten Untersuchungen zur Gestationsdiabetes-Behandlung mit Metformin vs. Insulin scheint Metformin bzgl. Sicherheit und Wirksamkeit (Glukoseblutspiegel, Schwangerschaftsverlauf (z.B. Abortrate) und -ausgang sowie VertrƤglichkeit nicht hinter Insulin zu stehen (13-19). In allen Studien kommt zum Ausdruck, dass ein Teil der Patientinnen nicht ohne zusƤtzliches Insulin auskommt. Folgende Befunde aus RCTā€™ā€Šs sprechen jedoch für eine überlegene Wirksamkeit von Metformin, weshalb die Therapie als wirksam und kostengünstig beurteilt wird (15-19):

• Bei der Schwangeren erfolgt unter Metformin eine geringere Gewichtszunahme bzw. postpartal ein rascherer bzw. grƶsserer Gewichtsverlust als unter Insulin (13, 15).

• Beim Neugeborenen kommt es weniger hƤufig zu neonatalen HypoglykƤmien bzw. intensivmedizinischen Massnahmen (13, 15, 17) oder zu Makrosomien (19) als nach Insulin.

Abb. 1: Verwandtschaft von Metformin mit den Inhaltsstoffen der Geissraute

Unerwünschte Arzneimittelwirkungen (UAW)

Schwangerschaftsunspezifisch: Gastrointestinale Symptome, Vit. B12 Mangel (20).

Schwangere: In der australisch-neuseelƤndischen MIG Studie (RCT), in der 733 Patientinnen mit Gestationsdiabetes > 20 SSW zu Insulin vs. Metformin randomisiert waren, wurden in beiden Gruppen weder bei der Mutter noch beim Kind schwere Nebenwirkungen verzeichnet.

Embryo/Fetus: In Studien an Schwangeren im ersten Trimenon zur Metforminbehandlung bei polycystischem Ovarsyndrom (PCOS) oder bei Gestationsdiabetes im Vergleich zu Insulin wurde kein erhöhtes Risiko für Fehlbildungen gefunden (21-23).

Neugeborene: Viele Studien finden im Vergleich zu Insulin kein unterschiedliches oder sogar ein verbessertes neonatales Outcome wie z.B. die geringere Inzidenz an schweren HypoglykƤmien (siehe oben). Allerdings zeigten die erwƤhnte MIG Studie (13) und eine RCT aus dem Jahre 2015 (14) neben diesem Vorteil auch Nachteile; die Anzahl frühgeborener bzw. small for date Kinder war in der Metformingruppe hƶher (13, 15).

Stillzeit: Die Anwendung in der Stillzeit wird für den gestillten Säugling als unproblematisch angesehen (24), u.a. aufgrund der niedrigen Konzentrationen in der Muttermilch (siehe Pharmakokinetik).

Kontraindikationen und Interaktionen

Bei Patientinnen mit erhƶhtem Laktatazidose-Risiko (Niereninsuffizienz, Alkoholexzess) kontraindiziert (12, 20, 25).

Glukokortikoide (LRI): Stimulieren die Glukoneogenese. Cave: Lungenreifungsinduktion (LRI): Überwachung der Blutglukosekonzentration, um die antidiabetische Therapie ev. anzupassen (26, 27).

Salizylate: Hƶhere Salizylat-Dosen (> 2 g / Tag) wirken hypoglykƤmisch (20). In der Schwangerschaft ist das jedoch irrelevant (die Dosis zur PrƤeklampsie-Prophylaxe liegt bei 100-300 mg / Tag AcetylsalicylsƤure).

Empfehlungen von Fachgesellschaften

CAN: Diabetes Canada: «First-line therapy conists of diet and physical activity. If glycemic targets are not met, insulin or metformin can then be used» (28).

CH: Schweizerische Gesellschaft für Endokrinologie und Diabetologie (SGED): «Falls die Instruktion bezüglich Insulininjektion nicht möglich ist, stellt Metformin eine Alternative zur Insulintherapie dar, wobei fast 50% der Frauen mit ungenügenden Blutzuckerwerten unter Metformin auf Insulin umgestellt werden müssen» (11).

D: Deutsche Diabetes Gesellschaft (DDG) und Deutsche Gesellschaft für GynƤkologie und Geburtshilfe (DGGG): Ā«Bei Schwangeren mit GDM und nachgewiesener, ausgeprƤgter Insulinresistenz (Insulintagesdosis > 1,5–2,0 U / kg aktuellem KG) und nicht zielgerechter BZ-Einstellung sowie ggf. zusƤtzlicher asymmetrischer fetaler Makrosomie kann nach erneuter Prüfung aller Basismassnahmen und BestƤtigung einer einwandfreien Anwendung der Insulinapplikation durch die betreuende Diabetes Schwerpunkteinrichtung ein individueller Heilversuch aus fetaler Indikation mit Metformin nach entsprechender AufklƤrung der Schwangeren als off-label-use erwogen werdenĀ» (29).

UK: National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE): Ā«1.2.20 Offer metformin to women with gestational diabetes if blood glucose targets are not met using changes in diet and exercise within 1–2 weeksĀ» (30).

UK: Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (RCOG): Ein Scientific Impact Paper von 2011 deklariert Metformin wƤhrend der Schwangerschaft als wirksam und sicher, die Langzeitauswirkungen auf die Kinder sind jedoch unklar (31).

USA: American Congress of Obstetricians and Gynecologists (ACOG): «In women who decline insulin therapy or who the obstetricians or other obstetric care providers believe will be unable to safely administer insulin, or for women who cannot afford insulin, metformin is a reasonable alternative choice» (Evidence Level B) (32).

International, FIGO: Ā«Insulin, glyburide, and metformin are safe and effective therapies for GDM during the second and third trimesters…» (33).

Prof. em. Dr. pharm.Ursula von Mandach

Universitätsspital Zürich
Postfach 125
8091 Zürich

info@sappinfo.ch

Die Autoren haben keine Interessenskonflikte inĀ Zusammenhang mit diesem Artikel.

Empfehlung der SAPP:

  • Metformin kann prƤkonzeptionell und in der Schwangerschaft
    verwendet werden
  • In der Schwangerschaft dient es der Therapie des Gestationsdiabetes (im 2. oder 3. Trimenon) oder des Diabetes Typ 2, v.a. wenn Gründe gegen eine (alleinige) Insulintherapie sprechen.
  • Bei einer mütterlichen Metforminbehandlung ist beim gestillten Kind aufgrund der geringen Metforminmengen in der Muttermilch nicht
    mit unerwünschten Wirkungen zu rechnen.
  • Es muss darauf hingewiesen werden, dass der Gebrauch von
    Metformin in der Schwangerschaft einen «Off-label use» darstellt!

Messages Ć  retenir

A la lumiĆØre de la littĆ©rature rĆ©cente, les sociĆ©tĆ©s de spĆ©cialistes ont revu leurs recommandations (11, 28 - 33) ; ci-aprĆØs celles de la SAPP / ASPP :

  • La metformine peut ĆŖtre utilisĆ©e avant toute conception et pendant la grossesse et lā€™ā€Šallaitement.
  • Pendant la grossesse, elle sert au traitement du diabĆØte gestationnel (au 2me et 3me trimestre) ou du diabĆØte de type 2, surtout sā€™ā€Šil existe des arguments parlant contre le traitement par Insuline seul.
  • Une femme traitĆ©e pendant la grossesse peut allaiter. Les quantitĆ©s de metformine passant dans le lait maternel sont faibles. Des effets non-dĆ©sirĆ©s ne sont dĆØs lors pas attendus.
  • Il est Ć  souligner que lā€™ā€Šutilisation de metformine pendant la grossesse reprĆ©sente un usage hors indication (Ā« off label use Ā»).

Pour les lecteurs de Suisse romande, la rƩfƩrence supplƩmentaire est recommandƩe :
Centre de référence sur les agents tératogènes de Paris (www.lecrat.org)

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Plazentationsstƶrungen

Unter «Plazentationsstörungen» (im Englischen «Abnormally Invasive Placenta») werden Placenta accreta, Placenta increta und Placenta percreta zusammengefasst. Durch steigende Kaiserschnittraten sehen wir uns in Folgeschwangerschaften zunehmend mit diesem Problem konfrontiert. In dieser Übersicht sollen Risikofaktoren eruiert und Diagnosemöglichkeiten aufgezeigt werden. Nur so lässt sich das operative Vorgehen optimal planen und die Risiken für Mutter und Kind senken.

Dans les Ā«anomalies de la placentationĀ», le terme anglais Ā«Abnormally Invasive PlacentaĀ» rĆ©sume les placenta accreta, placenta increta et placenta percreta, soit les Ā«placentas anormalement invasifsĀ». En raison du taux de cĆ©sariennes qui continue Ć  augmenter, les AIP se rencontrent de plus en plus frĆ©quemment : dans les grossesses qui suivent une grossesse s’étant terminĆ©e par cĆ©sarienne. Cet article se promet de discuter les facteurs de risque et de prĆ©senter les possibilitĆ©s diagnostiques. C’est la seule maniĆØre pour planifier de maniĆØre optimale la prise en charge opĆ©ratoire et ainsi diminuer les risques pour la mĆØre et l’enfant.

Abnormally invasive placenta Ā»(AIP) is defined as impaired trophoblast attachment to the myometrium in the absence of decidua basalis. The most common form is placenta accreta (79%). The second most common form, placenta increta (14%), has trophoblastic performance in the myometrium. Placenta percreta (7%), the most severe variant, is a trophoblast invasion through the myometrium and beyond the serosa, possibly also to adjacent organs such as the maternal parametria and / or the bladder (Fig. 1) (1-4). Of clinical relevance are the placental disorders, in particular with regard to the delivery. Attempting to loosen the adherent placenta results in the opening of the vascular bed, thereby increasing often uncontrollable and life-threatening bleeding with disseminated consumption coagulopathy (DIC). Blood transfusions, hysterectomy and injury to adjacent organs (ureter, bladder, bowel, neurovascular structures) are complications and increase maternal mortality up to 7% (3, 5). Neonatal morbidity and mortality is increased by prematurity, as delivery is often planned or indicated before the 37th week of gestation. To reduce maternal and neonatal morbidity and mortality, prenatal diagnosis is of key importance as a planned delivery in a center with interdisciplinary expertise is associated with a significantly improved outcome for both mother and child (6). Intestine, neurovascular structures) are among the complications and increase maternal mortality up to 7% (3, 5). Neonatal morbidity and mortality is increased by prematurity, as delivery is often planned or indicated before the 37th week of gestation. To reduce maternal and neonatal morbidity and mortality, prenatal diagnosis is of key importance as a planned delivery in a center with interdisciplinary expertise is associated with a significantly improved outcome for both mother and child (6). Intestine, neurovascular structures) are among the complications and increase maternal mortality up to 7% (3, 5). Neonatal morbidity and mortality is increased by prematurity, as delivery is often planned or indicated before the 37th week of gestation. To reduce maternal and neonatal morbidity and mortality, prenatal diagnosis is of key importance as a planned delivery in a center with interdisciplinary expertise is associated with a significantly improved outcome for both mother and child (6).

Etiology, risk factors and incidence

Die genaue Ƅtiologie der Plazentationsstƶrungen ist noch nicht gƤnzlich geklƤrt. Die meistvertretene Hypothese beschreibt jedoch, dass ein Defekt im Übergang vom Endometrium zum Myometrium zu einer fehlerhaften Dezidualisierung führt, woraus eine unnatürlich tiefe Infiltration des Trophoblasten an oder in das Myometrium resultiert (7). Insbesondere die Sectio caesarea in vorangegangenen Schwangerschaften geht mit einer deutlichen Risikoerhƶhung hierfür einher. Bei gleichzeitigem Vorliegen einer Placenta praevia liegt das Risiko für eine AIP mit ihren Unterformen bei 11-25 % und erhƶht sich signifikant mit der Anzahl vorangegangener Sectiones (Abb. 2a und 2b) (8-14). Auch andere Eingriffe am Uterus, die zur Verletzung des Endometriums führen (v. a. mit Cavum-Erƶffnung) oder Endometriumablationen und Kürettagen tragen zur Entstehung von Plazentationsstƶrungen bei (15). Weitere Risikofaktoren stellen erhƶhtes mütterliches Alter, kurzes Intervall zwischen Sectio caesarea und erneuter Schwangerschaft, In-vitro-Fertilisation (IVF) sowie mütterliches Rauchen dar (Tab. 1). Insbesondere die steigende Kaiserschnittrate trƤgt somit massgeblich zur aktuell ansteigenden Inzidenz der AIP bei. So findet sich in der Literatur eine Inzidenz von 1:4000 Geburten in den 1970er Jahren, (16), 1:2500 in den ā€˜80ern (17) und ca. 1:500 im Jahre 2015 (18, 19).

Abb. 1: Schematische Darstellung der Plazentationsstƶrungen mit HƤufigkeit

Diagnostik

Die pränatale Diagnose ist von entscheidender Bedeutung für ein optimales mütterliches und kindliches Outcome. So lässt sich die Geburt im Zentrum mit interdisziplinärer Expertise planen, bevor es zu Wehen oder Blutungen vor oder unter der Geburt kommt (20). Hauptstütze der Diagnostik ist der transabdominale und ergänzend der transvaginale Ultraschall. Der Farbdoppler erhöht substantiell die Sensitivität und Spezifität bei der Diagnosestellung einer AIP. Bei Vorliegen der eingangs genannten Risikofaktoren sollte der Ultraschall von einem auf diesem Gebiet erfahrenen Untersucher erfolgen. In der Literatur wird die ultraschallbasierte Diagnose der AIP mit einer sehr hohen Sensitivität (77-97%) und Spezifität (97%) angegeben (21-25). Jedoch hatten die Untersucher in den meisten Studien Kenntnisse bezüglich der Anamnese und dem damit verbunden erhöhten Risiko. Zudem sollte beachtet werden, dass unter «AIP» verschiedene Subtypen mit unterschiedlichem Ausmass zusammengefasst werden. Folglich kann es auch nicht DAS diagnostische Kriterium geben. Vielmehr gilt es, auf verschiedene sonographische Charakteristika zu achten. Es konnten Ultraschallkriterien identifiziert werden, die wegweisend für die Diagnosestellung sein können. Diese zu standarisieren, hat sich die «European Working Group on Abnormally Invasive Placenta» (EW-AIP) zum Ziel gesetzt. Die Arbeitsgruppe definierte insgesamt 11 Ultraschallmarker, sechs in der 2D-Darstellung, vier im Farbdoppler und fakultativ einen im 3D-Power-Doppler-Modus (Tab. 2, Abb. 3 a und b) (26):

2D-Darstellung:

1. Verlust der physiologischen hypoechogenen retroplazentaren Zone («clear zone»)
2. Ausdünnung (<1mm) des darunterliegenden hypoechogenen Myometriums
3. Vermehrte irregulƤr geformte Lakunen (GefƤsserweiterungen) innerhalb Plazenta
4. Unterbrechung oder Fehlen der hyperechogenen Linie zwischen Uterusserosa und Harnblasenlumen (wichtig: Untersuchung bei gefüllter Harnblase)
5. Unnatürliche Vorwölbung der Uterusserosa
6. Durchbruch von Plazentagewebe über die Uterusserosa hinweg und ggf. in benachbarte Organe (z.B. Harnblase)

2D-Farbdoppler:

1. Hypervaskularisation des Plazentabettes
2. Hypervaskularisation zwischen Myometrium und Hinterwand der Harnblase
3. Brückengefässe («bridging vessels»): kreuzende Gefässe an der myometralplazentaren Grenzzone und der uterovesikalen Grenzzone
4. Zuführende Gefässe zu den irregulär geformten Lakunen mit turbulentem Fluss (sogenannte «jet streams» >15cm/s)

3D-Power-Doppler (derzeit kein Standard, nur ergƤnzend):
Intraplazentare Hypervaskularisation mit stark verzweigten Gefässen, welche deutliche Kalibersprünge aufweisen.

Ergibt sich sonographisch der Verdacht auf AIP, kann zur weiterführenden Diagnostik eine Magnetresonanz-Imaging(MRI)-Untersuchung zusätzliche Informationen liefern. In einem systematischen Review konnte für das MRI zur Abklärung von Plazentationsstörungen eine Sensitivität von 75-100% sowie eine Spezifität von 65-100% (21) gezeigt werden. Jedoch sollte bei der Interpretation dieser Daten beachtet werden, dass diese relativ gute Testperfomance dadurch zu Stande kommt, dass ein MRI nur bei Patientinnen mit einem sehr hohen (sonographischen) Risiko für eine AIP durchgeführt wird (oder statistisch ausgedrückt: die Prävalenz des Krankheitsbildes in der mit MRI untersuchten Populationen ist deutlich höher als jene des Ultraschallkollektivs). Hilfreiche Informationen kann das MRI auch zur Beurteilung einer Hinterwandplazenta liefern oder um das Ausmass der Invasion bei Verdacht auf Placenta percreta besser abzuschätzen.

Geburtshilfliches Management

Die prƤnatale Diagnose ist wegweisend hinsichtlich des Entbindungsortes. Bei dringendem V.a. AIP sollte die Entbindung in einem Zentrum mit Erfahrung im Management von Plazentationsstƶrungen geplant werden. Dies ist von zentraler Bedeutung, da hierdurch maternale und neonatale Risiken erkannt und antizipiert werden kƶnnen. Eine grosse Herausforderung stellt vor allem die Planung des Entbindungszeitpunktes dar. Es gilt, das Risiko der Frühgeburtlichkeit gegenüber dem Risiko für maternale Blutungen oder spontanenWehenbeginn abzuwƤgen. Als optimaler Zeitpunkt wird eine geplante Sectio caesarea in einem Zeitfenster zwischen 34+0 bis 35+6 SSW angesehen (27-30). Je nach Klinik (Blutungen, vorzeitige WehentƤtigkeit, Ausmass der AIP etc.) kann der Entbindungszeitpunkt individuell angepasst werden. Bei absehbarer Frühgeburtlichkeit sollte eine Lungenreifungsinduktion (idealerweise 2 – 7 Tage vor geplanter Entbindung) erfolgen. Die Sectio caesarea sollte, wie eingangs erwƤhnt, in einem Zentrum mit operativer Erfahrung auf dem Gebiet der AIP erfolgen. Jede Schwangere mit V.a. AIP muss indiviualisiert und von einem Expertenteam (Geburtsmedizinern, AnƤsthesisten, interventionellen Radiologen, Urologen, Transfusionsmedizin und Neonatologen) betreut werden. Wichtig ist hierbei, dass frühzeitig das operative Managment mit den mƶglichen Komplikationen in einem interdiziplinƤren GesprƤch festgelegt und dokumentiert wird. PrƤoperativ muss das mütterliche HƤmoglobin optimiert werden und zur Operation müssen passende Blutprodukte in ausreichendem Mass zur Verfügung stehen. Zur intraoperativen Blutrückgewinnung und autologen Transfusion empfiehlt sich der Gebrauch eines Cell-SaverĀ®. Zur Analgesie kann eine kontinuierliche SpinalanƤsthesie oder kombinierte Spinal-EpiduralanƤsthesie gewƤhlt werden. Allenfalls muss bei verstƤrkter Blutung intraoperativ ein Umsteigen auf AllgemeinanƤsthesie erfolgen (21). Bei Verdacht auf Infiltration der Harnblase ermƶglicht eine Zystoskopie die Beurteilung des Infiltrationsgrades und ggf. eine zystoskopische Ureterenkatheter-Einlage. Wenn ein hoher Blutverlust zu erwarten ist, kƶnnen unmittelbar vor der Sectio femoral-arterielle Schleusen (zwecks mƶglicher intra- oder postoperativer Embolisation der Aa. uterinae) platziert werden. Je nach Ausdehnung des Befundes kann das Abdomen entweder per LƤngslaparotomie oder per Pfannenstielschnitt (ggf. jedoch mit LƤngsspaltung der Faszie) erƶffnet werden. Die Uterotomie muss hƤufig, je nach Lage der Plazenta, fundal erfolgen (31, 32). Nach Entwicklung des Kindes kann versucht werden, uteruserhaltend (unter Resektion des betroffenen Uterusareals) zu operieren. Bei ausgedehnter Infiltation ist eine Hysterektomie oft unumgƤnglich. Diese erfolgt en bloc ohne vorherige Lƶsung der Plazenta. Gegenstand von Diskussionen ist nach wie vor das sog. Ā«Konservative ManagementĀ» mit Belassen der Plazenta in situ (33, 34). Das Ziel ist, dass sich die Plazenta im Verlauf selbst ablƶst oder eine zweitzeitige Hysterektomie mit reduziertem Blutverlust und niedrigerem Komplikationsrisiko erfolgen kann. Methotrexat wird wegen fehlender Evidenz und potentieller Nebenwirkungen nicht mehr empfohlen (35, 36). Eine histologische Untersuchung zur abschliessenden Sicherung der Diagnose sowie Überprüfung der prƤnatal erhobenen Befunde wird dringend empfohlen.

Abkürzungen
Aa. – Arteriae, AIP – Abnormally Invasive Placenta,
DIC – Disseminierte intravasale Koagulopathie,
IVF – In-vitro-Fertilisation, MRI – Magnetresonanz-Imaging,
SSW – Schwangerschaftswoche

Dr. med. Hanna Hürter

UniversitƤtsspital Basel
Frauenklinik
Abteilung für gynäkologische Sonographie und Pränataldiagnostik
Spitalstrasse 21
4031 Basel

hannaelise.huerter@usb.ch

Dr. med. univ. Marlene Brandl

UniversitƤtsspital Basel
Frauenklinik
Abteilung für gynäkologische Sonographie und Pränataldiagnostik
Spitalstrasse 21
4031 Basel

Die Autorinnen haben keine Interessenskonflikte in Zusammenhang mit diesem Artikel.

  • Der grƶsste Risikofaktor für Plazentationsstƶrungen (AIP) ist die Placenta praevia bei St. n. Sectio.
  • Die Inzidenz der AIP ist aktuell steigend aufgrund zunehmender Sectio-Raten. Dies führt zu erhƶhter maternaler und neonataler
    MorbiditƤt und MortalitƤt.
  • Die prƤnatale Diagnose verbessert substanziell das maternale Outcome.
  • Zur prƤnatalen Diagnosestellung sollten standardisierte Ultraschallkriterien herangezogen werden.
  • Nur die korrekte Verdachtsdiagnose ermƶglicht ein optimales Management, d.h. individualiserte Planung, Entbindung im Zentrum, Betreuung durch ein interdiziplinƤres AIP-Expertenteam.

Messages Ć  retenir

  • Le facteur de risque le plus important pour un placenta anormalement invasif (anglais Ā« AIP Ā» ) est la prĆ©sence d’un placenta praevia dans une grossesse aprĆØs cĆ©sarienne.
  • L’incidence des Ā« AIP Ā» est croissante en raison du taux de cĆ©sarienne toujours en augmentation. Il en rĆ©sulte une augmentation de la morbiditĆ© et mortalitĆ© maternelle et fœtale.
  • Le diagnostic posĆ©/suspectĆ© avant l’accouchement amĆ©liore nettement le devenir pour la mĆØre.
  • Pour Ć©tablir le diagnostic au cours de la grossesse, on devrait se servir de critĆØres ultrasonores standardisĆ©s.
  • Seulement le diagnostic posĆ©/suspectĆ© avant l’accouchement permet une prise en charge optimale, Ć  savoir la planification individualisĆ©e avec accouchement dans un centre qui dispose d’une Ć©quipe interdisciplinaire rĆ“dĆ©e dans la problĆ©matique des anomalies d’invasion du placenta.

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